Note commune à tous les chapitres :

L'histoire de Harry Potter, son monde et les personnages qui le compose appartiennent tous à J.K. Rowling, écrivain talentueuse, qui a eu l'extrême gentillesse de nous prêter son univers pour nos petits délires narratifs. Merci à elle, même si elle doit souvent le regretter.

J'ai traité dans cette fiction (et les suivantes apparentées) de sujets délicats : inceste, viol, et violence. Donc, par avance, je préviens que certains passages sont difficiles, et je tiens à m'en excuser. J'espère juste que l'évolution des personnages pourra apporter un peu de réconfort.

Je compte mener cette histoire en 3 parties, qui retraceront les années fin et post-Poudlard de Draco Malfoy : Sang-Pur (au temps de Poudlard, déjà publiée), Sang-Mêlé (les années après la fin de la guerre, que vous êtes en train de lire), et Sang-de-Bourbe (qui devrait se situer juste après le roman de JKR, soit « 20 ans après », en cours d'écriture).

Je compte également rester le plus possible fidèle au roman (si vous voyez des erreurs, merci de me les signaler, je les corrigerai si possible). Dans cette optique, bien que ce soit un Dramione, le rapprochement sera long. D'autre part, les propos de Draco doivent être pris avec recul, et ne véhiculent pas toujours mes propres convictions.

Et puis, juste comme ça, j'aime bien utiliser des mots inusités de la langue française. Si l'utilisation d'un dictionnaire vous paraît superfétatoire, ma fiction risque de vous agacer ;). Cependant, le Bescherelle et moi sommes en froid et, à ce sujet, je vous remercierai de me remonter les inévitables erreurs que, malgré toute ma bonne volonté, vous ne manquerez pas de découvrir.

Et puis, parce que je m'en fous un peu, je ne réclame pas de review. Cette fic est une catharsis pour moi. Je ne l'ai écrit pour personne d'autre que ma petite personne, égoïste que je suis. Donc, ne vous sentez pas obligés, même si je les apprécie. Sur ce, bonne lecture, si vous êtes encore là...

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Un arbre généalogique -bienvenu- récapitulatif pour ce chapitre :

Abraxas, le grand-père de Draco, mort à un âge avancé de la dragoncelle (merci EHP), a eu, dans cette fiction, trois enfants d'un premier mariage :

Lucian (qui s'est lui-même marié avec Philippine, dont il a eu lui-même trois enfants : Dimitri, Ilian et Virginia)

Lugh (marié à Demelza, et qui a eu quatre enfants : Dante, Daemon, Echidna et Sandre)

Lumina (décédée récemment, mais qui, avec Armand Vindictus, a eu trois enfants : Mordred, Nimüe et Loth)

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Et puis, d'un second mariage, tardif, il a eu Lucius. Qui s'est marié avec Narcissa, et dont il a eu un fils. Hum... Draco (au hasard)

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LUCIUS

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Lucius était fatigué.

Ses obligations nouvelles auprès du Lord lui laissaient de moins en moins de temps pour lui-même ou pour sa famille. Et il ne pouvait pas se dédoubler, par Merlin !

Sentant la migraine poindre, il appela un elfe de maison pour qu'il aille lui chercher un peu de potion revigorante.

L'éclat glacé de ses prunelles se durcirent quand il pensa aux troubles qui fragilisaient sa position actuelle.

Les soucis se pressaient de toute part, et ce n'était qu'une question de temps avant que les premières dissensions apparaissent au sein du clan Malfoy.

Il était parvenu à freiner les ardeurs de ses demi-frères et sœurs bien avant qu'Abraxas ne le nomme expressément son successeur, mais la donne était en train de changer, avec le retour du Lord.

Et les aspirants au poste de chef du clan Malfoy ne manquaient pas.

Il soupira. Draco était en danger, même s'il ne le savait pas encore.

Et la menace ne provenait pas que d'une seule direction.

Semaine après semaine, il avait senti le pouvoir de son fils grandir, et il se souvenait avec un curieux mélange de fierté et d'effroi le Serpent-Magie de son fils, un an auparavant.

La vision avait été extraordinaire, même pour lui.

Si le Lord apprenait le potentiel de Draco, il insisterait encore plus qu'il ne le faisait déjà pour asseoir son emprise sur la nouvelle génération. Et Lucius ne pourrait plus protéger Draco. Et Merlin savait comme il souhaitait retarder le moment où son fils serait marqué dans ses chairs.

Il se laissa aller en arrière, confortablement adossé à son large fauteuil en cuir de licorne.

Il devait avertir Draco. Progressivement, lui faire prendre conscience de sa position nouvelle.

Des dangers qui le guettaient.

Les visibles et les cachés.

Entre les intrigues du côté Malfoy, qui avaient, par le passé, défrayé la chronique par des fins de vie aussi tragiques que surprenantes et la pression du Lord qui voulait Draco dans son camp pour asseoir son pouvoir et assurer sa main-mise sur la famille -et la richesse- Malfoy, Draco devrait se montrer rusé s'il voulait survivre jusqu'à son dix-septième anniversaire. Mais Lucius serait là pour le protéger.

Du moins autant que possible. Même lui ne pourrait aller au delà d'un certain point.

Après, Draco devrait se débrouiller seul.

Soudain effrayé pour sa progéniture, il invectiva l'elfe qui lui versait obligeamment son remède ainsi qu'un remontant fort approprié.

Il but sans sourciller le verre de whisky Pur Feu que son domestique lui présentait, puis sortit rapidement, jugeant inutile de tergiverser plus longtemps, alors que Draco résidait présentement au manoir pour les fêtes de fin d'année.

D'un pas plus assuré, il se dirigea vers la pièce du repas du midi, où Narcissa et Draco ne tarderaient pas à le rejoindre pour le déjeuner.

Encore une fois, il allait devoir faire grandir Draco.

Il s'en serait haï.

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NARCISSA

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- Draco, je t'attends dans mon bureau.

Narcissa se tourna brièvement vers son époux, un sourcil élégamment relevé en un questionnement silencieux. Lucius l'ignora délibérément, et sortit de table, le repas à peine achevé, sans ajouter une seule parole.

A l'ordre de son père, Draco s'était figé sur sa chaise. Depuis qu'il avait été lié à sa Source, il obéissait à Lucius avec la plus extrême diligence, mais Narcissa souffrait de voir à quel point son fils s'était renfermé sur lui-même, plaquant de plus en plus aisément un masque de mépris et de froideur sur ses traits fins adolescents.

Narcissa s'en était voulu de ne pas avoir pu faire davantage pour Draco que de le veiller lorsqu'il était revenu, à peine conscient, porté par un Lucius à peine plus vaillant que son fils. Des heures durant, elle était restée au chevet de son fils, passant encore et encore ses doigts dans la chevelure ivoirine de son fils, qui ne tranchait même plus avec la pâleur de son teint.

Elle se souvenait de la dispute qui avait suivi. Probablement le plus terrible conflit qu'ils aient jamais traversé, pire encore que la dispute qu'ils avaient eu lorsque Narcissa avait avoué son penchant pour Lugh.

Parce que ce conflit concernait Draco. Et que, bien qu'elle saisisse pleinement les terribles motivations de Lucius, Draco restait la chair de sa chair, son enfant, et qu'elle aurait préféré se trancher un bras plutôt que de le voir ainsi. Et pourtant elle avait donné son aval, consciente que, parfois, il n'y avait pas de bons choix, et qu'il s'agissait juste alors de décider lequel serait le plus supportable. Elle avait fait pour elle même ce choix, des années auparavant.

Pour l'heure, le visage fermé de Lucius ne laissait pas de l'inquiéter, laissant présager de funestes pensées. Elle prit acte du congé de son fils, non sans l'avoir gratifié au passage du sourire le plus réconfortant possible, puis elle se dirigea rapidement vers son boudoir préféré.

Celui qui jouxtait le bureau de Lucius.

Elle se demandait parfois si son époux s'était réellement rendu compte de cette proximité. Même si, la plupart du temps, le silence seul régnait dans le bureau de Lucius, Narcissa aimait cette contiguïté avec les appartement de son époux.

Il la taquinait bien assez souvent sur ses moments romantiques.

Et, en se posant sur le vieux sofa confortable de son boudoir aux tons mordorés, elle pencha doucement la tête vers le mur mitoyen, fermant les yeux pour mieux se concentrer sur les sons qui filtraient, étouffés et à peine audibles à travers les anciennes parois.

Elle devait savoir ce que Lucius voulait à Draco, et se tenir prête à agir si nécessaire.

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DRACO

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Il n'avait pas fait attendre son père très longtemps. Depuis que Lucius l'avait lié à la Source, Draco n'osait plus désobéir à Lucius.

Non pas qu'il ait jamais été un fils rebelle, bien au contraire, mais, à présent, la crainte plus encore que l'envie de rendre Lucius fier de lui le poussait à une telle conduite. Il savait que son comportement était excessif, à la limite de la servilité qu'il méprisait tant chez les autres, mais le fait est qu'il craignait Lucius comme il n'avait jamais craint personne.

Et il le haïssait, aussi, mais essayait de ne pas s'attarder outre mesure sur cette émotion trop conflictuelle. Pas plus que sur celle qu'il éprouvait encore pour son père.

Pour l'heure, il attendait, crispé, que Lucius lui adresse la parole. Ce dernier s'était levé de son fauteuil en cuir à l'arrivée de son fils, et s'était servi un verre de Whisky PurFeu, comme pour se donner du courage.

Draco n'aimait pas ce que ça impliquait. Il serra les mâchoires, bien résolu à ne pas craquer en premier. Après tout, c'était encore la seule fierté qui lui restait face à Lucius.

- Tu dois te demander pourquoi je t'ai fait venir, Draco.

Draco ne répondit rien. Il ne s'agissait que d'une façon déguisée de Lucius de se lancer, et il n'avait pas envie de lui faciliter la tâche.

Il se contenta de lever paresseusement un sourcil, en attendant que Lucius se décide :

- Un jour, tout ce que je possède te reviendra de droit. Les terres, les titres, les richesses... Tout sera à toi...si tu peux le prendre.

- Je ne comprend pas ce que vous me dites.

La réplique hargneuse lui avait échappé. Draco continua, essayant de trouver où Lucius voulait en venir :

- Si tout doit légalement me revenir, pourquoi devrais je avoir à le prendre ?

Lucius se mordilla l'intérieur des joues. Il lui faudrait être plus explicite s'il voulait que Draco comprenne.

- Tu ne m'écoutes pas. Est ce que tu crois que tout te reviendras sans que tu aies à te battre ? Tu n'imagines pas que la succession se fera sans heurts, quand même.

Draco se crispa. Il savait que des conflits avaient agités la famille lorsque Lucius avait pris les rênes du clan Malfoy, à la mort d'Abraxas,le vieux patriarche. Est ce que les serments d'allégeance n'avaient pas été correctement été appliqués ?

- Les serments...

- ...ont été prononcés par mes demi-frères et sœurs, le coupa son père. Pas par leurs enfants, sauf Dimitri et Ilian. Mais les autres sont aussi jeunes que toi. Probablement aussi ambitieux, à ce que j'en sais.

- Mais ils devront te prêter allégeance à leurs dix-sept ans, de toute façon, si ils veulent rester partie prenante du clan, rétorqua Draco. En quoi peuvent-ils se révéler dangereux pour...

Il s'interrompit brusquement, sous le regard scrutateur de son père. Il était fils unique. Pendant des années, il avait apprécié cet état de fait, n'ayant l'envie de partager ni l'affection de ses parents, ni sa future fortune. Mais cela voulait également dire qu'il était isolé. Et que, si Lucius venait à tomber, une guerre de succession aurait lieu, très probablement. S'il ne se battait pas, l'héritier de Lucius deviendrait probablement l'un de ses cousins ou cousines. Était-ce que sous-entendait Lucius ?

Son père était en train de le mettre en garde contre une tentative d'assassinat ? Ce ne serait pas le premier depuis la fondation de la lignée, mais il ne s'était jamais senti concerné ainsi. Oh, bien sûr, Draco avait pris l'habitude, comme tous les membres Black et Malfoy, et des grandes familles pour ce qu'il en savait, de consommer régulièrement des doses de poison de plus en plus fortes pour déjouer les empoisonnements les plus simples, mais cette nouvelle information changeait la perspective de ce qui lui avait paru, pendant longtemps, faire plus partie du folklore que d 'une nécessité.

Il regarda son père, toujours un verre de Whisky à la main.

- Qui, entre eux tous, trouveraient le plus de bénéfice à ma... défection ?

Il ne pouvait parler de sa propre mort aussi aisément, Merlin.

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NARCISSA

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De l'autre côté de la cloison ,Narcissa soupira. La mise en garde de Lucius était la bienvenue. Les Malfoy étaient tous aussi retors, voire davantage, que les Black, et les premières années de son mariage, avant la naissance de Draco, avaient été...pénibles. Avant l'intronisation de Lucius, son demi-frère Lucian avait intrigué pour reprendre les rênes de l'empire de son père, Abraxas. Heureusement pour Narcissa, la naissance de la première fille de son beau-frère si ambitieux, Virginia, avait rapidement changé ses priorités. Aussi brune que ses parents étaient blonds, ses grands yeux chocolats se confrontaient innocemment aux regards si clairs, mi-moqueurs, mi-dédaigneux des adultes Malfoy. Narcissa n'avait eu qu'à laisser traîner quelques remarques sur l'incapacité de cet homme à gérer son mariage et la fidélité de sa femme. Alors régner sur l'empire Malfoy...

Il ne lui avait jamais pardonné, mais avait été mis hors course assez aisément.

Toutefois, Narcissa conservait à l'esprit à quel point les membres du clan Malfoy étaient dangereux. Lugh ne la trahirait pas, même pour l'amour du pouvoir-, mais elle ne pouvait en dire autant de Lucian et Philippine, ou de Lumina et Armand. La demi-sœur de Lucius avait toujours brillé par sa morgue et son ambition. Si la lignée Malfoy ne passait pas que par les héritiers mâles, Lumina aurait succédé sans problème à Abraxas, au détriment de Lucius.

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LUCIUS

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Lucius ne pouvait répondre à son fils de façon certaine. Les ambitions des parents se répercutaient sur leurs enfants, mais beaucoup de variables entraient en jeu. De ses trois demi-frères et sœurs, nés de la première union d'Abraxas au printemps de sa vie, seul Lugh l'avait réellement inquiété, au moment de son accession au statut si convoité de chef du clan Malfoy.

Il avait su s'en défaire, en faisant la différence aux yeux d'Abraxas, qui l'avait expressément nommé, peu avant d'être emporté par la dragoncelle. Par la suite, la liaison entre son demi-frère et Narcissa avait servi ses intérêts, et il avait laissé faire. De toute façon, Narcissa avait eu l'obligeance d'attendre d'avoir donné naissance à Draco avant de prendre Lugh pour amant.

Lucius ne craignait pas de trahison venant de Narcissa. La fidélité n'avait jamais fait partie intrinsèque de leur mariage. Ni d'un côté ni de l'autre. Et Lucius était au moins aussi discret que sa femme. Mais Narcissa ne le trahirait pas pour son amant régulier. Elle était trop attachée à Draco, de toute façon. A ses habitudes, aussi. Et à lui également, peut être un peu.

Mais les enfants de Lugh et de Demelza, sa femme, pourraient se révéler dangereux pour Draco.

Ceux de Lucian et de Philippine, par contre, n'avaient jamais fait part de leur envie d'accéder à son poste. Virginia n'entrait pas, pour des raisons évidente, en ligne de compte.

Lucius s'inquiétait un peu moins des enfants de Lumina et d'Armand, encore un peu jeunes, plus encore que Draco.

- Je ne sais pas d'où les attaques viendront. Mais il y en aura, sois en persuadé. Et prépare toi en conséquence. Les serments d'allégeance les empêchent de me nuire de façon directe. Mais toi, tu es exposé, malgré tes fiançailles avec Daphné Greengrass. Tu sais ce que tu as à faire.

Draco opina. Trouver des alliés, former des alliances, en plus de celle des Greengrass. Il savait le faire. Il était un Malfoy, il avait cela dans le sang.

Il survivrait.