Fais de moi un Serpentard
Auteur : Schmarties
Genre : Comedy/Romance
Couple : Draco Malfoy/Harry Potter (What a surprise!)
Disclaimer : Madame Rowling est toujours l'auteur et possesseur de Harry Potter, tout ça blabla... Et j'ai pas d'argent sur ça et c'est bien triste que Draco soit pas à moi mais je doute fortement qu'elle me les offre un jour. C'est bon ? I solemnly swear that I am up to no good.
Avertissement : Fic avec une histoire homosexuelle de jolis garçons. Z'êtes préviendus. Par rapport aux livres... euuuh... C'est durant la septième année inexistante des gens à Poudlard... Je ne prends plus trop en compte après le 5ème livre mais je peux être amenée à picorer quelques détails dedans. Oilà.
Résumé : Harry est amoureux et ne sait comment faire pour atteindre ledit mâle. Dans un moment de lumière il met au point un plan machiavélique... le plus risqué de l'histoire de l'humanité, et sans doute le plus crétin aussi. Mais que se passe-t-il quand le parfait Draco Malfoy a exactement la même idée ?
Note du début de chapitre : Salut les gars ! Bon ben je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu, comme on dit :D J'ai réussit à reprendre mon rythme de deux semaines entre chaque postage, j'espère que vous êtes contents x)
Bonne lecture à tous...
Sourire effrayant et cervelle de Scroutt
Comme il se le répétait chaque jour que Merlin daignait accorder aux sorciers, Théodore Nott était réellement enchanté d'être l'ami de Draco Malfoy et de connaître sa véritable personnalité de fond en comble, même dans ses sombres recoins, et cetera et cetera. Il savait qu'il était privilégié de voir la vraie nature et de pouvoir entendre les vraies sentiments et pensées de ce cher ange blond, célèbrement impassible.
Théodore, ainsi que son ami Blaise, étaient chanceux. Oui oui, ils le savaient.
Pourtant, il y avait des jours où Théodore aurait bien aimé céder ce privilège merveilleux en échange d'un verre de jus de citrouille, d'une paire de chaussettes ou même d'une vulgaire punaise, car aussi étrange que cela puisse paraître, cette bénédiction pouvait parfois se révéler comme la pire des malédictions.
Ce jour, par exemple, Théodore Nott se laissa à penser qu'il avait une hâte terrible de voir Harry Potter partager la vie du Prince des Serpentards, et que ce soit sa tâche à lui de supporter les crises de colère épouvantables du garçon. En effet, ce que beaucoup ignorait d'un Malfoy, c'est qu'aussi froid et impénétrable soit-il en public, en privé, c'était pire.
Chacun en ce monde savait qu'avoir un membre de cet éminente famille sur le dos était la dernière chose que l'on accomplissait dans sa vie. Le seul être à y avoir survécu durant 7 ans ne portait pas pour rien son surnom de "Survivant"...
Ainsi, mettre un Malfoy en colère, c'était entrer en guerre contre lui, ce qui équivalait à plonger dans un précipice sans fond et auto-anéantir sa vie sociale, sa situation financière et son travail. La seule fois où Théodore avait pu assister à la destruction d'une vie par l'un de ses cousins, il avait admiré toute la classe, le charisme, le mépris, l'indifférence et le sadisme dont usait la famille pour se débarrasser de l'élément perturbateur. C'était encore pire que de son propre côté de l'arbre généalogique.
Mais ce que beaucoup ignoraient, c'était qu'avant l'étape d'extermination de l'individu gêneur, la colère d'un Malfoy était dévastatrice pour son entourage proche.
Un cadre photo frôlant son oreille pour allez s'écraser contre le mur d'en face arrêta Théodore dans ses pensées.
- Je le déteste, hurla Draco en attrapant cette fois son livre de potions pour le balancer contre un autre mur.
Blaise se pencha et murmura un rapide sort de réparation sur la photo de Draco et de sa mère, avant de la replacer sur la table de nuit du garçon. Puis, il partit ramasser le manuel de cours.
- Vous n'imaginez même pas combien je le hais !
Blaise se releva avec un soupir, rangea le livre sur la commode de Draco avant de s'y appuyer pour jeter un regard désapprobateur au blond.
- Tu as bientôt fini ?
Draco se tourna vers lui, les yeux grands ouverts de surprise, et lui jeta un regard si froid que Théodore eut l'impression qu'il avait réussit à congeler l'atmosphère. S'il soufflait, il risquait bien de faire de la condensation.
- Tu vas continuer de détruire toute ta chambre juste parce que Monsieur Harry Potter ne t'a pas serré la main ?
- C'est la deuxième fois Blaise, susurra Draco d'une voix dangereuse.
Blaise ferma les yeux en hochant doucement de la tête, sentant la silhouette de son ami s'approcher de lui pour souffler sur son nez.
- Et non, je ne peux pas accepter ça. Je vais le faire payer, je vais le torturer.
- Parce que tu es un Malfoy et que ton honneur est bafoué, oui oui.
- Parce que c'est un connard.
Dans un geste violent, Draco donna un grand coup de poing dans son meuble de bois. Il défia le noir du regard avant de regarder Théodore, comme s'il s'attendait à ce que son ami approuve Blaise. Le garçon leva simplement les bras en l'air, signifiant clairement qu'il n'était du côté de personne et que cette histoire lui passait au-dessus de la tête.
Blaise soupira de déception.
- J'ai été gentil avec lui depuis un mois, je suis ami avec sa meilleure amie, je lui ai même laissé copier mon devoir de Potions mais ça ne suffit pas à Sir Potty. Il m'emmerde !
Draco poussa un grognement sonore avant de commencer les cent pas, les mains perdues dans sa chevelure, le nez en l'air.
- Mais qu'est-ce que je dois faire pour qu'il accepte ma putain d'amitié ? Qu'est-ce que je dois faire ? Je refuse d'abandonner parce qu'il est complètement obtus.
- Tu le hais et pourtant tu le veux toujours ? souffla Théodore avec un sourire narquois. Arrête donc de l'insulter pour rien.
Draco soupira en baissant les épaules avant de le regarder d'un air blasé, une légère grimace sur la figure.
- Mais vous ne comprenez rien par Salazar. Évidemment que je le veux toujours et c'est bien pour cette raison que je le déteste de m'avoir rejeté. Je veux qu'il s'en morde les doigts.
Il plissa un peu les yeux, semblant réfléchir à une nouvelle idée, et un fin sourire fleurit bientôt sur ses lèvres.
- Je vais me venger, et je vais le séduire jusqu'à ce qu'il crève d'envie d'être le meilleur ami qu'il me soit possible d'avoir.
Blaise s'approcha et lui glissa un bras autour des épaules en lui tapotant le bout du nez, tentant de le calmer un tout petit peu... et de protéger Harry Potter.
- Oooh, ne lui demande pas tant, murmura-t-il. C'est trop dur de me dépasser...
Draco lui jeta un regard en coin où brillait une étrange lueur diabolique.
- Je vais le séduire comme un Serpentard déguisé en Gryffondor... Il ne se doutera de rien, et il va souffrir.
Blaise pinça les lèvres, observant le visage tout aussi tendu que lui de Théo.
- Déguisé en Gryffondor ?
Draco se dégagea alors du bras de son ami, s'avança vers le miroir en face de commode, et commença à se décoiffer minutieusement, triant ses mèches sur le volet pour les faire retomber avec grâce devant ses yeux.
- C'est le plan que j'ai mis au point depuis un peu plus d'un mois, commença Draco d'une voix impassible. C'est pour ça que je suis ami avec Granger.
Blaise apparut derrière lui dans le reflet du miroir, mais il ne lui prêta aucune attention et ne vit donc pas ses sourcils froncés.
- Comment ça ? demanda le noir
- Harry Potter n'est jamais sortit qu'avec des garçons de Gryffondor. Donc, j'ai demandé à Granger de m'expliquer comment agit un Gryffondor, ainsi, j'attrape cet imbécile dans mes filets et je ne le laisse plus jamais repartir.
Il se tourna vers ses deux amis et leur tendit un grand sourire.
- Il est vraiment bon d'avoir des amis comme vous. C'est gentil de me soutenir toujours comme ça.
Il leur fit un clin d'œil mais aucun de ses deux compères ne manqua l'air indubitablement sarcastique sur les traits de son visage. Ils gardèrent donc un silence religieux alors que Draco changeait brusquement de sujet, revenant vers de sombres devoirs de Botaniques.
-
Assis au premier rang, en bas de l'amphithéâtre de la salle de sortilèges, Théodore prenait soigneusement ses notes, essayant de faire abstraction de la présence nerveuse de Draco Malfoy à ses côtés. Le blond avait beau être aussi distant que d'habitude, son aura diffusait sans cesse une animosité électrique autour de lui, et le jeune brun mettait cette attitude sur le compte du Survivant National.
Alors qu'il soupirait pour la énième fois en se disant qu'il en avait assez des mouvements hargneux de Draco, Théodore se reçut une boulette sur la tête et vit le petit papier roulé pour atterrir en plein milieu de ses notes. Plissant les yeux, il regarda avec rage le parchemin laisser une trace de son encre sur ses cours avant de le déplier froidement.
"Qu'est-ce qu'on fait ?"
Théodore serra les dents avant de relever la tête. Il regarda son professeur tenter d'expliquer à Parkinson comment tourner correctement son poignet, et tourna les yeux vers le fond de la classe. Trois rangées plus haut, Blaise lui tendit un petit sourire en plissant le nez de la manière qu'il savait la plus adorable du monde.
Devant l'affront, Théo se rassit correctement et attrapa un bout de parchemin vierge.
"Tu proposes quoi ?"
Il plia soigneusement son papier avant de le faire léviter silencieusement pour l'envoyer sur son camarade.
- Qu'est-ce que tu fais ?
La voix de Draco le fit sursauter et il le regarda avec de grands yeux innocents.
- Hein ?
Draco haussa un sourcil, lança un regard vers Blaise, aperçut le papier, et revint vers sa baguette en secouant la tête.
- Des gamins. Vous êtes de lamentables gamins.
Théo esquissa un sourire narquois en s'accoudant à son siège, se penchant vers le blond pour lui murmurer à l'oreille.
- Et c'est toi qui me dis ça ?
Draco ne fit même pas l'effort de le regarder, il resta droit sur son siège comme si son exercice lui demandait une concentration intense. Théo ricana à côté de lui avant de battre des paupières sous son nez.
- Oooh Théo, Harry c'est plus mon copain parce qu'il a pas voulu me serrer la main. Je l'aime plus...
Il vit les mâchoires de Draco se crisper alors que la main du blond sautait à sa gorge pour le serrer avec fureur. Draco approcha lentement son visage du sien pour lui envoyer un regard glacial.
- Arrête de te foutre de ma gueule si tu tiens à la vie Théo. Je ne suis pas une putain de fillette.
- Alors arrête de te comporter comme tel, siffla le brun avec un regard agacé.
- Messieurs ?
Draco relâcha aussitôt son ami pour se tourner vers leur professeur qui le regardait d'un air inquiet.
- Que se passe-t-il ici ?
- Rien, répondirent les deux garçons en chœur.
Flitwick hocha doucement de la tête en retournant vers son bureau sans les quitter des yeux. Théodore retourna vers son exercice avec un sourire faussement bienveillant vers son voisin.
- Arrête de pleurer sur ton sort Draco et fais lui sa fête. Je vais pas te supporter longtemps comme ça.
Il le vit souffler pour garder son calme au milieu de la classe.
- Comme quoi ?
- Un faible.
Il rata l'étranglement du garçon en remarquant le parchemin qui venait de revenir sur sa table.
"Hors de question de trahir Draco en le disant à Harry... Il nous croira pas de toute façon. Même moi j'ai du mal. (Qu'est-ce que tu lui as encore fait pour qu'il t'étrangle en plein cours ?)"
Théo ouvrit de grands yeux en lisant la note. Il secoua la tête d'un air las avant de répondre.
" On parle à Draco alors ? (Je le pousse à l'action, cette situation m'ennuie.)"
Il renvoya le bout de feuille et tenta de revenir enfin vers son cours, faisant délibérément semblant de ne pas remarquer le regard suspicieux de Draco sur lui.
- Vous y arrivez ?
Théo haussa un sourcil vers son professeur qui lui souriait gentiment. Flitwick baissa les yeux vers le rat qui tournait en rond sur le bureau de l'élève, attendant visiblement que celui-ci accomplisse le sortilège du jour sous ses yeux.
- Bubble Head, marmonna Théo en agitant sa baguette dans un rond parfait.
Le sourire de Flitwick s'élargit en voyant la bulle parfaite formée autour de la tête du rat.
- Excellent Nott, excellent.
Il continua sa petite ronde d'un air ravi qui désespérait le jeune Serpentard.
"C'est pareil espèce d'idiot, on ne va pas trahir Harry non plus. L'une des premières choses qu'on lui a dite c'est de ne pas vendre ses amis et de les laisser se débrouiller. (Tu étais avec Williams cette nuit ?)"
Du haut de sa rangée, Blaise vit Théodore se masser lentement les tempes avant de se retourner à nouveau pour lui jeter un regard noir qui ne lui fit aucun effet. Il sautilla un peu sur son siège en voyant le garçon arracher un nouveau morceau de parchemin pour lui répondre.
"Alors pourquoi tu me demandes au juste ? On les laisse se démerder et puis c'est tout."
Blaise fit la moue et soupira, le menton dans une main. Il resta un instant immobile, semblant plongé dans ses pensées, avant de se ressaisir et de se précipiter vers son voisin. Il poussa sans ménagement le coude de la jeune fille de son parchemin et en tira un morceau.
- Ben vas-y, je t'en prie, ne te gênes surtout pas, s'indigna Daphné Greengrass en récupérant sa feuille des mains du noir.
Blaise tiqua et se rapprocha tout doucement d'elle, un fin sourire aux lèvres. Il s'arrêta à deux centimètres de son visage et lui déposa un bisou sur le nez.
- S'il te plaît, ma belle, tu veux bien me donner un tout petit bout de parchemin ?
Les yeux grands ouverts, Daphné ne put empêcher une intense rougeur d'apparaître sur ses joues alors qu'elle tendait son paquet au garçon.
- Merci, susurra-t-il.
Il se détourna et reprit ses écrits.
"Je suis sûr qu'il y a un autre moyen que de leur avouer directement qu'ils sont débiles... Il faut juste trouver lequel. (Tu n'as pas répondu. J'ai juste alors ?)"
Il en fit une petite boulette et attendit que Flitwick se tourne à nouveau vers Pansy d'un air anéantit avant de la balancer sans douceur sur le crâne de son tendre meilleur ami.
"Fais comme bon te semble. (Jaloux ?)"
- Blaise ?
Le garçon, les sourcils froncés, regarda sa voisine d'un air absent.
- Quoi ?
- J'ai un peu de mal, fit Daphné avec un sourire gêné. Tu veux pas m'aider, s'il te plaît.
- Ouais ouais, c'est ça, marmonna-t-il avec un vague geste de la main.
Il se pencha sur sa table sous le regard outré de la jeune fille.
"Je croyais que cette situation t'ennuyait... Tu pourrais montrer un peu plus de bonne volonté."
A peine Théo avait-il lu la missive que la sonnerie retentit et que chacun se releva dans un brouhaha impressionnant, rangeant leurs affaires. Le brun profita du fait que Draco venait de se faire harponné par une Daphné les larmes aux yeux et une Pansy hystérique, pour foncer sur Blaise et l'attraper à la sortie.
- Ça m'ennuierait encore plus de m'occuper de leurs soucis à leur place, rétorqua-t-il. Tout ce que j'ai fait, c'est l'énerver un peu pour qu'il aille discuter avec cet imbécile de Potter et qu'il arrête de nous pourrir la vie avec son humeur de Scroutt en colère.
- Okay okay, répondit Blaise en haussant les épaules. J'essayais juste de faire avancer les choses plus vite.
- ... et t'assurer que je ne vendrais personne. Mhm. Comme ils m'agacent et que je ne veux pas m'engager dans un grand plan machiavélique pour leur faire ouvrir les yeux, la chose la plus simple serait en effet de lâcher : "Eh Draco tu le croiras jamais, Harry est venu me supplier de faire de lui un Serpentard parce qu'il est fou amoureux de toi. Quelle ironie, n'est-ce pas ?"
- Mais tu ne le feras pas, répliqua Blaise avec une toute petite pointe de menace dans la voix.
Théo s'arrêta et le fixa un long moment avant d'acquiescer.
- Je promet. A la condition que tu trouves une de tes super idées pour changer tout ceci avant que je ne tue l'héritier de la noble famille Malfoy. Et vite.
Blaise ferma solennellement les yeux, une main sur le coeur.
- Tu peux compter sur moi.
Théodore reprit sa marche.
- Tu es jaloux, Blaise ?
- Absolument pas.
- De moi ou d'elle ?
Blaise haussa les sourcils en enfonçant ses mains dans ses poches, la tête tournée vers les fenêtres en ignorant le regard diabolique de Théo.
- Je ne suis pas jaloux, tu es un imbécile.
- Pourtant, c'est très amusant, minauda Théo en se passant une main sur les lèvres. Chaque fois que j'approche une fille... tu la trouves laide, minable et tout un tas d'autres adjectifs sinistres...
Blaise éclata d'un petit rire en lui jetant un regard en biais.
- Et ça va être ma faute si tu les choisis mal ? Maggie Williams est moche, c'est un fait.
- Tu es en colère Blaise, chantonna Théo.
Le noir fit la moue en soupirant.
- Ce que tu es bête ma parole ! Je ne dirais plus rien, voilà. Je te laisserais traîner avec des filles horribles.
Théo lâcha un léger "hunhun" moqueur avant de le dépasser pour se rendre à leur prochain cours.
-
Dans un mouvement parfait, la pile de feuilles s'éleva du bureau et se scinda, chaque copie s'envolant vers son propriétaire. Ronald Weasley grimaça en voyant arriver son seul parchemin. Il ferma les yeux en l'ouvrant et poussa un soupir en voyant un "Acceptable" orner son devoir pitoyablement recopié sur Hermione, qui, comme à son habitude, avait obtenu un "Optimal".
Le jeune homme s'épongea le front avant de tendre un pauvre sourire à son meilleur ami. Mais Harry ne le regardait pas le moins du monde, il était occupé à tendre le cou vers l'avant de la classe.
- Tu as réussi ? demanda Ron en fronçant les sourcils
Harry se tourna vers lui d'un air préoccupé et le détailla du regard avant de se tourner à nouveau vers le tableau.
- Aucune idée, je n'ai pas ma copie.
Mais Ron n'eut pas le temps de compatir qu'il vit apparaître le maître des potions en personne juste aux côtés du brun.
- Ha-Harry... murmura-t-il d'une voix faible
- Monsieur Potter, vous cherchez quelque chose ?
Harry sursauta en se tournant vers son professeur qui lui tendait un rictus mauvais. Nullement impressionné, le Gryffodor se rassit correctement avant d'ouvrir la bouche.
- Vous ne m'avez pas rendu ma copie, Professeur.
Rogue acquiesça lentement alors que la sonnerie stridente de fin de cours résonnait dans les grands couloirs.
- Venez avec moi, Potter.
Harry regarda l'homme se diriger d'un pas lent vers son bureau et commença à déglutir. Il eut soudainement peur d'avoir un peu trop copié sur Draco, et que Rogue l'ai remarqué. Sentant sa fin approcher, il rassembla ses affaires et fit signe à Hermione et Ron de ne pas l'attendre.
Ron l'encouragea en levant le poing, et disparut avec la foule d'élèves vers la sortie, un "tiens bon" encore inscrit sur les lèvres. Le visage pâle, Harry Potter monta sur l'estrade du professeur et baissa la tête vers son bureau.
- Qu'y-a-t-il, professeur ?
Rogue s'assit en face de lui et lui tendit sa copie.
- J'aimerais que vous m'expliquiez ceci.
Empêchant à grande peine sa main de trembler, Harry attrapa son devoir et l'ouvrit pour découvrir un "Optimal" noté clairement sur le haut du parchemin. Interloqué, il ouvrit de grands yeux avant de dévisager son professeur.
- J'ai un Optimal ? demanda-t-il d'une voix aigüe, sans trop y croire
Rogue croisa les mains, ses yeux brillant d'une lueur de sadisme à peine cachée.
- Je vois que nous avons à peu près la même réaction, Potter.
Harry se figea derrière son parchemin et ferma les yeux en prenant de grandes inspirations. Ce n'était pas le moment de s'énerver. Ce n'était pas le moment de tout faire rater, d'être recalé et de se prendre des retenues jusqu'à la fin de l'année.
- Donc Potter, pourriez-vous m'expliquer comment vous avez fait ce devoir sans copier Mademoiselle Granger ?
- Je n'ai pas copié Hermione !
Rogue donna un coup sec de son poing contre son bureau.
- Je le sais bien Potter, je viens de vous le dire ! Votre devoir est radicalement différent du sien, vous ne l'avez pas structuré de la même façon comme vous le faîtes, vous et Weasley, depuis votre première année. Il ne ressemble à aucun des devoirs de toute cette classe et croyez-moi ce n'est pas avec vos notes minable en potions que vous auriez pu réussir à faire cet excellent devoir seul. J'exige une explication.
Harry tentait de réfléchir à toute vitesse mais l'air hargneux de Rogue juste devant lui ne l'aidait pas à rester calme. Loin de là.
- J'ai travaillé, professeur.
Il vit l'homme frémir avant de se relever. Rogue fit le tour de son bureau pour s'approcher de lui en le fusillant du regard, son visage à quelques centimètres seulement du sien.
- Je ne vous crois pas une seule minute Potter. Que ce soit bien clair, je vous tiens à l'oeil. Et si au prochain contrôle à la rentrée de vos vacances, vous n'obtenez pas la meilleure note possible, je trouverais le moyen de vous faire sortir de ma classe. Est-ce clair ?
Harry plissa les yeux en repliant son devoir avec un air de défi.
- Oui, professeur.
Il se détourna et descendit de l'estrade avant de prendre la direction de la sortie. Ce n'est qu'alors qu'il remarqua la porte ouverte de la salle de classe et la foule des septième années Serpentards et Serdaigles qui attendaient dehors. Harry fronça les sourcils et aperçut bien vite Blaise qui levait le pouce vers lui en ricanant.
Harry leva un sourcil dans sa direction avant d'hausser les épaules de dédain. Il s'approcha lentement avant de lui claquer dans la main.
- Bravo Potter, tu lui as correctement cloué le bec, murmura le noir avec un sourire démoniaque.
Il ne remarqua pas le regard brumeux que lui jetait Draco. Le blond le dévisageait sans totalement s'en rendre compte, imprimant dans ses prunelles grises chaque mouvement du Gryffondor. Le garçon esquissa un maigre sourire, ses lèvres bougeant sans que Draco n'écoute un seul son de sa conversation animée avec Blaise. Il se contentait de le manger des yeux, le visage un peu flou. Il le vit s'ébouriffer la tignasse et le Serpentard ne put s'empêcher de détourner la tête, cachant l'envie évidente qui se lisait sur son visage.
Il sentit tout de même Théo le bousculer et lui faire signe de se dépêcher d'avancer pour entrer dans la salle. Il le vit ensuite tapoter l'épaule de Harry avec un sourire un peu maladroit avant de pousser Blaise vers l'entrée. Puis, tout s'arrêta.
- Euuh... Salut ?
Draco crispa la mâchoire avant de tourner lentement son regard glacial vers le Gryffondor qui lui tendait un petit sourire gêné.
- Bon courage... avec Rogue, tenta le Gryffondor en se grattant de nouveau le dessus de la tête, les joues rougies.
Draco prit une longue inspiration avant de le regarder droit dans les yeux et de lui tendre l'un des plus grands sourires qu'il n'eut jamais tendu de sa vie. Son visage entier resplendissait de ce magnifique sourire et Harry faillit s'évanouir... Faillit... S'il n'avait pas vu l'envie de meurtre qui apparaissait en grands caractères dans les yeux froids du blond. Il y avait quelque chose d'absolument terrorisant dans son expression.
Draco finit par redresser la tête, le contourna en l'ignorant totalement et entra dans sa classe.
Le premier mot que pensa Harry avant de fermer les yeux de dépit, fut très vulgaire.
-
Comme très souvent lorsqu'il se sentait dans le besoin de réfléchir le plus calmement et correctement qu'il lui était possible de le faire, Harry Potter s'isola. Il avait envie de remettre son esprit à l'endroit, sans avis extérieur, sans que personne ne puisse le guider et lui dire que faire. Il voulait mettre ses impressions à plat et essayer de les analyser seul, pour en tirer les meilleurs conclusions possible. Il n'avait jamais aimé devoir tout raconter à ses amis et entendre des avis qui divergeaient en tout point du sien.
Il rentra les épaules, baissant la tête en sortant du Grand Hall pour partir s'aérer dans la fraîcheur du Parc du collège. La neige recouvrait déjà le sol et Harry esquissa un sourire bienheureux en pensant aux vacances qui arrivaient déjà en fin de semaine. Hermione n'allait pas tarder à se rappeler qu'elle avait oublié d'envoyer ses cartes de voeux, au milieu de ses multiples devoirs, et Harry prévoyait une tornade de cris plus aigüs les uns que les autres.
Chaque année c'était la même chose. Ensuite, Ron se rendrait compte que Noël approchait, en effet, et qu'il n'avait fait aucun cadeau à ses amis...
Harry renifla, le nez quelque peu rougi, avant de finalement s'asseoir au pied d'un arbre blanc, en face de la forêt interdite. De l'extérieur, les immenses arbres étaient aussi magnifiques que majestueux, de l'intérieur, c'était une autre affaire. Harry sortit ses mains de ses poches et les frotta l'une contre l'autre, soufflant sur ses doigts, le regard perdu vers les quelques flocons qui tombaient encore.
Bientôt, il se mit à penser qu'il serait curieux de voir Draco au milieu de cette neige, et qu'emmitoufflé dans ses vêtements, le garçon serait sans aucun doute bien trop adorable pour être un Malfoy. C'est ici que Harry Potter se rappela pourquoi il était sortit et qu'il en revint à ses préoccupations premières.
Pourquoi Draco Malfoy était-il ami avec Hermione ? Et pourquoi Diable lui avait-il demandé son amitié l'autre jour ?
En soit, ça ne le dérangeait pas exactement, ça l'arrangeait même et si le garçon eut été un Poufsouffle ou un Gryffondor, il n'aurait pas cherché plus loin. Mais Draco était un Serpentard et il était de connaissance publique qu'un Serpentard ne fait absolument rien au hasard, mais qu'il est toujours motivé par un intérêt quelconque. De plus, il voyait très mal Draco demander à Hermione de copiner avec lui par pur plaisir.
Le jeune brun s'était donc décidé à éclaircir tout ceci, en parler à Hermione et l'empêcher de se faire tourner en bourrique. Il y avait aussi le fait que le garçon ne supportait plus de les voir aussi proche alors que lui n'arrivait qu'à se mettre le blond à dos... Mais ceci était une autre affaire.
Bien sûr, la première chose à laquelle il avait pensé fut que le blond pourrait être amoureux de sa meilleure amie ; mais il avait vite réfuté cette théorie qui lui paraissait complètement absurde. Après tout, Hermione était avec Ron maintenant.
D'abord, il se rapprochait d'Hermione, ensuite il devenait bizarre, ne s'habillait plus correctement, paraissait presque apprivoisé, lui prêtait ses cours, pour finir par lui tendre la main comme si de rien n'était. Que cherchait Draco Malfoy ?
- Tu attends de te changer en glaçon ?
Harry releva si précipitamment la tête qu'il ne put éviter le choc avec le tronc d'arbre derrière lui, poussant une exclamation à la fois de surprise et de douleur. Il entendit un ricanement sur sa droite avant de sentir une étoffe lui tomber sur le nez. Retenant un gémissement, le brun se dégagea pour lever son regard vers son vis-àvis.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il d'une petite voix où pointait encore sa souffrance
Draco épousseta quelque peu sa grosse cape d'hiver avant de replacer ses cheveux pour finir par tapoter son écharpe sous ses lèvres, se laissant assez d'espace pour parler correctement.
Harry avait vu juste, il était beaucoup trop adorable.
- Hermione te cherche partout, lâcha Draco sur un ton polaire. J'ai faillit mourir dans la tâche mais je n'ai pas réussit à l'empêcher de me pousser à l'aider à te trouver.
Il fronça les sourcils en pinçant un instant les lèvres, les yeux ailleurs.
- Elle a des arguments redoutables parfois.
Harry se redressa avec difficulté, le dos collé à l'arbre, ses yeux ne quittant pas l'être tout droit sortit d'une autre dimension et qui avait pris le corps de Draco Malfoy, juste devant lui.
- Qu'est-ce qu'elle me veut ? s'entendit-il dire
Draco haussa un sourcil avant de détourner la tête vers le château.
- Une histoire de carte pour les fêtes, je n'ai pas tout compris.
Le garçon semblait prendre sur lui pour rester calme en la présence du brun. Hermione l'avait coincé comme une souris, sans aucune retraite possible. Il était certain que c'était simplement un piège pour qu'il se retrouve seul avec le brun... Ce qu'il voulait à tout prix éviter ces derniers jours.
Il n'avait rien raconté à Hermione de sa tentative ratée d'approche envers Harry, attendant que lui-même le fasse pour connaître au travers de la jeune fille sa version des faits. Dire qu'elle pensait faire une bonne action.
C'est ainsi que Draco se retrouva en face d'Harry Potter, en train de se persuader que jamais cet imbécile ne l'avait humilié et que tout allait bien. Il n'avait qu'à le ramener dans le château.
- Malfoy, c'est bien toi ? demanda Harry avec un air surpris. Tu vas bien ?
Draco empêcha à grande peine ses yeux de se plisser dans un réflexe mesquin et se força plutôt à prendre une petite inspiration de courage.
- Qui veux-tu que ce soit d'autre ? Je vais bien merci. Toi, en revanche, tu dois avoir quelque chose de pas correct pour venir ici à peine couvert. Remarque, la mort par le froid est un suicide comme un autre...
Il se répimanda en son fort intérieur de n'avoir pas su retenir ses sarcasmes aussi bien que ses mimiques de dédain.
- Tu es bizarre, souffla Harry fronçant le nez, pas comme d'habitude...
Draco resta un instant sans réagir avant de lui tendre un sourire crispé et de lui attraper la manche pour le pousser devant lui et l'obliger à avancer vers le chemin du retour.
- Réfléchis à tout ceci sur le chemin Potter, je te ramène à cette folle d'Hermione, et ensuite je vais m'occuper de mes affaires, ça te va comme ça ? Chacun de notre côté et les hyppogriffes iront tous bien.
Harry acquiesça avant d'entamer la marche, jetant des coups d'oeil furtifs au blond qui semblait toujours aussi impassible et qui menait un combat intérieur terrible.
- Arrête de me regarder comme ça Potter. Je vais bien.
Pris sur le vif, Harry détourna la tête de l'autre côté en bougonnant des paroles incompréhensibles pour le commun des mortels. Il ne lui fallut pourtant pas longtemps pour se rappeler qu'il avait Draco Malfoy avec lui pour encore quelques minutes, seuls et que c'était l'occasion ou jamais de s'excuser et de se montrer aussi Serpentard que le blond pouvait l'aimer.
- Au fait, je suis désolé de t'avoir planté l'autre jour.
Draco s'arrêta net, forçant Harry à faire de même. Et il espéra très fort que Harry ne parlerait pas du jour J qu'il avait décidé d'oublier le temps de le ramener à Hermione.
- De quoi tu parles ? demanda-t-il d'une voix faible
Harry haussa les sourcils en le regardant d'un air un peu surpris.
- Quand tu voulais être mon ami, j'ai dû partir précipitamment... Mais j'ai réfléchi...
Il l'avait fait. Draco ferma les yeux de colère en se répétant de rester calme mais ses barrières s'éffritaient.
- Ne dis rien, coupa le blond. C'est bon d'accord ? Je disais juste ça comme ça.
- Ah. Mais je suis désolé parce que...
- Potter, arrête. Est-ce qu'on peut parler d'autre chose ?
Il y eut un instant de flottement et Draco, la mâchoire serrée, tenta un nouveau sourire si tendu qu'il en était effrayant.
- S'il te plaît ? ajouta-t-il
Les yeux de Harry s'écarquillèrent de surprise alors qu'il se tordait les doigts, se demandant comment réagir maintenant.
- Euuh... Mais je voulais juste te dire que je voulais pas partir comme ça en fait, c'était pas vraiment sympa.
- Je le sais ça, claqua Draco sans pouvoir s'empêcher d'être sec.
Il reprit sa marche et Harry courrut un instant derrière lui avant de revenir à sa hauteur, sans parvenir à se décider s'il devait à tout prix se faire pardonner ou agir réellement comme un Serpentard et oublier le sujet.
Sa nature profonde gagna.
- Alors tu ne m'en veux plus ?
Draco se répéta combien un Gryffondor comme il était censé être est gentil, serviable, agréable, loyal, courageaux... chiant, teigneux et têtu.
- Pourquoi tu voulais être ami avec moi au juste ? insista Harry, la tête penchée vers celle du blond.
Draco poussa subitement un hurlement de rage, les "ne t'énerve pas" disparaissant comme de la fumée dans sa tête alors qu'il attrapait Harry par le col de sa cape et le plaquait contre le premier arbre venu.
- Mais est-ce que tu vas te taire avec cette histoire par Merlin ? Qu'est-ce que ta petite cervelle de Scroutt ne comprend pas dans "Est-ce qu'on peut parler d'autre chose" ?
Alors que son visage irrité n'était plus qu'à quelques centimètres de celui à peine stupéfait de Harry, Draco déglutit un peu difficilement. Il s'était énervé, il avait perdu. Leur position lui rappelait maintes et maintes de leurs anciennes batailles, quand ils en venaient aux poings...
Il ne se rappelait pas combien c'était monstrueusement agréable de simplement se tenir si près de Harry, de sentir l'effluve de son parfum autour de lui. Son regard vacilla et il aperçut le sourire narquois du brun.
- Je savais que tu allais craquer. Revoilà mon bon vieux Malfoy.
Ce à quoi il ne fit pas vraiment attention, ce fut la petite lueur qui ressemblait à de la joie dans les yeux du Gryffondor.
Draco se dégagea presque aussitôt, comme s'il s'était brûlé. Il se passa une main sur le visage avant de baisser les épaules.
- Hem... Je suis désolé. Je ne voulais pas.
Harry lissa ses vêtements sur son torse avant de laisser échapper un petit rire.
- Evidemment que tu le voulais, tu t'énerves toujours pour rien.
- Qu'est-ce que tu as Potter ?
Harry resta interdit quelques secondes avant de le regarde avec curiosité.
- De quoi tu parles ?
- Tu dis que je suis bizarre, mais tu l'es encore bien plus que moi... Tu agis toujours comme si tu essayais de... je ne sais pas... des fois, tu agis normalement et puis tu te met à faire des choses complètement... comme si Théo et Blaise déteignaient sur toi... Je ne comprends pas.
Harry voulut se forcer à soutenir son regard, mais il ne tint pas et ses yeux se baissèrent alors que sa main se levait pour gratter sa joue d'un air un peu mal à l'aise.
- Et toi, pourquoi tu m'as prêté ton devoir de Potions, hein ?
Heureusement que Harry regardait vers le sol, car jamais Draco n'aurait supporté qu'il le voit aussi gêné.
- J'essaie d'être un peu plus... chaleureux.
C'était le mot utilisé par Hermione, mais de sa bouche, ça devait sonner plus étrange vu la tête abasourdie du brun.
- Je m'entends vraiment bien avec Hermione, lâcha-t-il. C'est une... chouette fille.
Il parut un peu perplexe à utiliser ce genre de vocabulaire conseillé si vivement par Hermione.
- Qu'est-ce que tu attends d'elle ? demanda assez abruptement Harry
Draco soupira en hochant de la tête.
- Rien Potter. Je n'attends rien d'elle, tout comme tu n'attends rien de la part de Blaise et Théo, d'autre qu'une simple amitié parce que ce sont des gens biens, avec qui tu as de potentiels points communs. Et si c'est ça ta question cachée, je ne veux la piquer ni à toi, ni à Ron.
- Et de moi, tu attends quoi ? Pourquoi tu veux qu'on soit amis ? Tu crois qu'on a des "points communs" ?
Harry n'avait pas voulu mettre autant de froideur dans sa question mais il lui sembla que sa peur avait tout commandé. Sa surprise aussi.
Il regarda Draco grimacer de lassitude avant de caler ses mains dans les poches de sa cape.
- Rien Potter. Oublie ça. Hermione t'attend dans votre Salle Commune.
Il se retourna sans plus regarder le brun et repartit sans essayer de comprendre la discussion qu'ils venaient d'avoir. Tout ce qu'il pensait maintenant, c'était à la façon dont il le ferait payer pour s'être moquer ainsi de lui. Ainsi que comment le faire supplier d'attendre quelque chose de lui. Quelque chose que ce Gryffondor de pacotille lui donnerait ensuite à outrance, il se le promettait.
-
Ce jeudi soir là, Draco avait un nouveau rendez-vous avec Hermione, dans leur salle habituelle et c'était la première fois qu'elle était en retard. Cela faisait déjà dix minutes que Draco tournait entre les chaises, les yeux fixés sur la porte, en lâchant des soupirs profondément agacés.
Lorsqu'enfin il entendit la porte grincer, il se tourna vivement vers la jeune fille. Mais il eut à peine le temps de s'exclamer "Par Salazar ! J'ai eu le temps d'attraper la mort..." qu'il se paralysa instantanément. Tout s'expliquait.
Juste en face de lui se trouvait Hermione Granger, un sourire gêné nanoscopique sur les lèvres, les sourcils froncés d'appréhension ; et derrière elle se trouvait Ron Weasley.
Draco Malfoy n'avait jamais réfléchit aussi vite de toute sa vie, et ce n'était pas peu dire.
Il pensa tout d'abord au fait que Ron était le meilleur ami de Harry Potter, l'homme qui était à la fois élu de son coeur et ennemi public numéro 1. Puis, au fait qu'étant censé agir comme un Gryffondor, rouspéter serait mal avisé et si Ron allait le répéter auprès d'Harry, tout ses efforts s'écrouleraient. Enfin, il se dit que si Hermione l'avait emmené, il devait y avoir une bonne raison. Par conséquent, Draco croisa simplement ses mains avant de s'asseoir sur une chaise face aux deux jeunes gens.
- Salut, Draco... commença doucement Hermione
Le garçon répondit par un simple geste de la tête avant de tourner son regard vers Ron, un sourcil en l'air.
- Salut, grinça Ron en croisant les bras sur son torse.
- Bien, qu'est-ce qu'il fait là ?
Ron lui jeta un regard noir, une moue irritée sur le visage, mais la main d'Hermione sur son bras l'arrêta. La jeune fille regardait Draco d'un air inquiet.
- Je lui ai tout raconté.
Draco Malfoy n'aurait jamais cru que cinq petits mots pourraient un jour le tuer. Il se figea, les yeux grands écarquillés, la bouche entrouverte, aussi pâle qu'un mort.
- C'est une blague ? souffla-t-il d'une voix éteinte
L'esprit de Draco n'était à présent qu'un vide blanc où résonnait un éternel "ça ne peut être qu'une blague". Il sentait son coeur commencer à ralentir.
- Non, ricana Ron. Je sais vraiment que tu essaies de devenir un Gryffondor pour sortir avec Harry...
- Ron !
La voix outrée d'Hermione réussit au moins à faire baisser le regard moqueur du roux, mais ne changea rien à l'anéantissement du Serpentard. Il devait rêver. Il nageait en plein délire. Hermione ne pouvait pas avoir...
- Je suis vraiment désolée, commença Hermione.
Sans un bruit, Draco s'était levé, une main sur le front, avant de s'avancer vers la sortie. Ron ouvrit la bouche mais Hermione lui donna un grand coup derrière la tête qui le fit crier et se masser le crâne.
- Sale brute ! grommela-t-il
- Tais toi donc un peu Ronald Weasley ! Draco, attends, deux minutes, laisse-moi t'expliquer.
- Je crois... répondit faiblement Draco alors qu'Hermione le rejoignait vers la porte, que j'ai besoin de rester seul... juste quelques minutes.
Hermione poussa un profond soupir avant de l'attraper par le bras pour le forcer à les rejoindre et le rasseoir sur sa chaise, gardant ses deux mains sur les épaules du blond.
- Okay, tu arrêtes ce mélodrame, rien de dramatique ne s'est produit.
Elle pensa être allée un peu trop loin en voyant Draco se resaisir pour lui envoyer un regard meurtrier.
- Très bien, explique-moi pourquoi tu t'es sentie obligée de raconter ma vie à cette tête de... cette tâche.
- Hey ! Comment ça une tâche ? Tu sais ce qu'elle...
Hermione se retourna et fit signe à Ron de la boucler, les sourcils dangereusement froncés.
- S'il vous plaît, un peu de calme... Restons civilisés.
- J'attends tes explications, grogna le blond.
Hermione acquiesça avant de retourner s'asseoir et de lui adresser un petit sourire.
- Je dois partir pendant les vacances de Noël, je retourne voir mes parents et je ne pourrais donc pas rester avec toi et t'aider. Seulement, j'ai pensé que sans cours, la situation risquerait de bouger un peu plus vite, vous aurez beaucoup plus d'occasions de vous rapprochez avec Harry...
A cette phrase, Ron grimaça et Draco l'assassina du regard.
- ... donc j'ai préféré mettre Ron au courant pour qu'il puisse... disons, me remplacer quelques temps.
Cette annonce fut suivie d'un grand silence. Draco la regarda comme si elle venait de lui avouer être la fille de Rogue et il se demanda un instant quelle était censée être sa réaction. Devait-il applaudir, mourir de rire ou partir en claquant la porte ?
Les deux dernières réponses le tentaient assez.
- Cette fois... c'est vraiment une blague, chuchota-t-il.
Il tourna la tête et vit que Ron n'avait pas l'air très emballé par l'idée non plus ; le roux le regardait avec un ennui évident.
- Reste calme, s'affola aussitôt Hermione. Ecoute, je pense que c'est vraiment le mieux. Ron est un Gryffondor de toute façon et c'est le meilleur ami de Harry donc techniquement même moi je connais moins bien Harry que lui... Même si ça reste à voir, mais enfin, voilà.
- Justement, s'exclama Draco avec un grand sourire, c'est ça le problème exact tu vois.
Hermione se passa une main hésitante sur le front avant de se tourner vers son petit-ami, cherchant du soutien.
- Tu peux avoir confiance en lui tu sais, tenta-t-elle. J'ai confiance moi.
Draco leva les yeux au ciel avec un sourire désabusé.
- Je te jure que je n'en dirais pas un mot à Harry, râla Ron avec une mauvaise foi évidente.
- Me voilà rassuré, railla le blond.
Ils se lancèrent un regard emplis d'animosité alors qu'Hermione se tordait les doigts, légèrement désespérée par la tournure de la conversation.
- Ecoute Draco, je pense que ça fera grandement avancer les choses avec Harry si tu arrives à être ami avec Ron.
Draco plissa les paupières avant de daigner regarder à nouveau le rouquin, l'observant rapidement ; mais la mine triomphante et pleine de défi du garçon ne l'aidait pas totalement à accepter cette situation.
- Crois-moi Draco, je sais que ça va être dur, mais Ron peut t'aider. Je t'assure que ce sera mieux que si tu restes seul.
Draco hocha de la tête, la mine détruite, sans trop y croire, son visage n'affichant qu'un petit sourire hypocrite.
- Bien, murmura Hermione en baissant les épaules.
- Je crois, commença alors Ron d'une voix pensive, que la première chose à travailler, c'est ton sourire... Tu fais peur quand tu étires ta bouche, c'est assez effrayant, on dirait un psychopathe.
Draco ferma les yeux. Ces vacances seraient longues.
A suivre...
Yo!
Booon... Alors j'espère que ça vous a plu... J'attends donc, comme d'habitude D vos réactions, commentaires, protestations, réclamations et cetera... via review.
Merci beaucoup à tout ceux qui prennent le temps de laisser un mot. Vraiment, merci beaucoup, ça me motive comme vous ne pouvez pas imaginer !
Bises et bonne deux semaines!
