MEL : Tu as parfaitement résumé Mais il ne faut pas être si dur avec eux. Ils sont humains après tout et pas toujours infaillibles.

Rafikis : Je suis même pu étonnée Oo. Garce, tout de suite !! Oo

G33k : Je t'en prie, étale toi, c'est toujours un plaisir ! Et je ne dirais rien à part… ça se pourrait que tu aies raison… ou pas :d Non, bon ok … je dis plus rien ! En tout cas, j'aime ton analyse, ou ton ressenti , des persos.

Alexiel974 : Oui j'aime quand vous voulez tuer les personnages Oo lol non pas forcément, mais … merci pour cette réaction qui montre ton enthousiasme !!

Jojo : Oui, bonne déduction lol C'est vrai qu'ils sont tous un peu… tête à claque en ce moment !

Julie Winchester : Oui, il recommence comme avec Sarah. Et si je te dis que c'est pas fini... non je te le dirais pas tu serais capable d'organiser un complot pour me le dégommer Oo.

Donc, sans plus attendre : voilà la suite

La dirigeante poussa un soupir et replongea dans ses dossiers.

John, lui, était dans la salle d'entraînement. Il se défoulait allègrement sur le sac de sable suspendu au milieu de la pièce. Des larmes de tristesse et de colère lui brouillaient la vue. James ! Encore et toujours James ! Il frappa plus fort. Il était toujours là pour lui pourrir la vie. Il lui piquait ses amis et maintenant Elizabeth !

Il tapait si fort que ses poings lui faisaient mal.

« Si vous continuez, vous allez faire exploser le sac ! s'éleva une voix. »

Le militaire se retourna. Ronon était adossé dans l'embrasure de la porte, les bras croisés. John fit de nouveau face au sac et recommença à frapper.

« Qu'est-ce que vous faites là ? demanda le colonel.
- On un entraînement avec Teyla, vous vous souvenez ?
- Je croyais être le seul.
- Non, mais si je vous embête, je peux faire demi tour. »

John s'arrêta de taper et se cramponna au punching ball, posant son (visage sur le cuir chaud.

« Non, restez.
- C'était pas une question, c'était ironique. »

Sheppard laissa échapper un petit rire et se tourna vers le Satédien avant de se diriger vers le banc pour y prendre sa serviette.

« Vous, vous passez trop de temps avec McKay. »

Ronon émit un grognement pouvant passer pour un ricanement lorsque Teyla pointa le bout de son nez à la porte.

« Ronon, John. John ?
- Oui, quoi ?
- Non, rien. Je suis juste surprise de vous voir à l'heure. »

Un sourire en coin se dessina sur le visage de l'Athosienne.

« Vous aussi vous passer trop de temps avec McKay. »

Teyla l'interrogea du regard mais John ne s'expliqua pas et la jeune femme n'insista pas. Ronon le ferait à sa place.

« Nous commençons ? proposa-t-elle. »

L'ex-runner se dégagea de la porte et saisit deux bâtons. John s'assit sur le banc et assista au combat. Ronon avait souvent le dessus mais Teyla gagnait toujours. Cette femme était le meilleur moyen de faire revoir aux hommes de la base leur orgueil à la baisse. Combien de fois Elizabeth avait conseillé aux chefs d'équipe d'aller faire un tour dans la salle d'entraînement une petite heure « pour lâcher la pression » disait-elle. Et combien de fois l'y avait-elle envoyé lui ? Elizabeth… le visage de John se ferma. Quel gâchis ! Il allait sombrer dans de noires pensées lorsqu'un bruit sourd le fit sursauter. Ronon venait de se faire étaler sur le tatami.

« Bon, je crois que ça va aller pour aujourd'hui, ronchonna le Satédien. »

Teyla lui sourit et lui tendit la main pour l'aider à se relever. Une fois sur ses pieds, Ronon sortit de la salle en bougonnant, sous les regards amusés des deux atlantes.

« Colonel, vous êtes toujours partant ?
- Toujours.
- Et bien allons-y. »

John s'empara à son tour de deux bâtons et entra dans la surface de combat. Les bruits des bâtons commencèrent à résonner dans la pièce. Au bout de la première minute, le colonel se fit battre. Teyla lâcha la prise et il se redressa. Le combat reprit. La minute d'après, le militaire fut de nouveau mis hors service.

« Qui y'a-t-il ?
- Rien. Allez, on reprend. »

La jeune femme croisa les bâtons sur sa poitrine.

« Non. Je voudrais savoir ce qui vous… »

Mais John ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase et l'attaqua… pour mieux finir sur les genoux. Cette fois, l'Athosienne le bloqua contre elle en positionnant ses bâtons en croix sur le torse du militaire.

« Dites-moi ce qui vous tracasse.
- Rien, ça va !
- John, je suis votre amie. Vous savez que vous pouvez tout me dire.
- Oui, j'en doute pas, surtout dans cette position. »

Teyla le libéra et il se releva. John se dirigea vers le banc, posa ses bâtons et prit sa serviette. La jeune femme le suivit de près et s'assit sur le banc.

« John ? dit-elle en posant la main sur la place vide à côté d'elle. »

Le colonel la regarda un instant puis soupira. Il s'assit aux côtés de son amie. Après tout, qui pourrait mieux le conseiller sur une femme qu'une autre femme ? Il regarda partout, sauf dans les yeux de Teyla.

« C'est à propos de James ?
- Oui et non.
- Ah ,dans ce cas, c'est à propos d'Elizabeth et James ?
- Non, j'espère pas, répondit-il faiblement en baissant la tête.
- Bien, donc le problème est avec Elizabeth.
- Oui, répondit-il en serrant les poings. »

Teyla sourit devant la mine un peu honteuse du militaire. Il était amoureux. Cela se lisait sur son visage. De toute façon, tout le monde dans l'équipe, et certainement dans la base, savait que des liens très forts unissaient les deux leaders. Ne restait plus qu'à leur faire avouer. Et ça…

« Et, quel est le problème ?

-...

- John, parlez-moi. Je suis là pour vous.
- Je sais Teyla. Mais… vous savez que je suis pas très à l'aise quand il s'agit d'exprimer ce que… je ressens.
- Oui, je le sais. Mais… vous n'avez pas à avoir peur. Prenez votre temps et expliquez moi. »

Le militaire marqua encore quelques secondes d'hésitation avant de prendre une grande inspiration et de raconter toute l'histoire à Teyla. Son récit fut ponctué de blancs hésitant dus à sa gêne de devoir avouer sa lâcheté à son amie, mais lorsqu'il parvint au bout, ce n'est pas la colère de la jeune femme qui s'abattit sur lui, mais sa main qui enserra la sienne. Il leva les yeux vers elle. Elle lui adressa un sourire de remerciement. Il lui avait parlé à cœur ouvert. Elle ne le jugeait pas. Le colonel sentit son cœur s'alléger un peu.

« Vous avez eu peur John. Rien n'est plus normal que d'avoir peur lorsqu'il s'agit de livrer ses sentiments.
- Je n'aurais jamais dû lui dire ce que je lui ai dit.
- Vous parlez de vos sentiments ou de votre rétractation ?
- A vrai dire, je ne sais pas. Lui avoir avoué ce que je ressentais m'a libéré sur le moment mais ensuite j'ai pensé à ce que pourraient être nos relations après ça et toutes les complications que ça pourrait entraîner. Alors, j'ai eu peur et je me suis dégonflé. Mais quand j'ai retiré ce que je lui avais dit, elle n'a pas semblé triste ni même en colère. Ca voudrait dire qu'elle ne ressent rien pour moi et que j'ai bien fait de … retirer ce que je lui ai dit. »

John se pencha en avant et se prit la tête entre les mains.

« Je sais plus. Teyla, qu'est-ce que je dois faire ? »

La jeune femme fut désarçonnée par cette question. Même au plus dur de la bataille, lorsque tout espoir était perdu, il ne se laissait jamais abattre et il demandait encore moins de l'aide. Mais à cet instant, il dévoila toue se fragilité. Il était complètement désemparé. Cette attitude toucha Teyla. Elle lui posa doucement la main sur l'épaule et y appliqua une légère pression. John se redressa et plongea son regard dans celui de la pégasienne.

« Vous croyez réellement qu'elle vous considère uniquement comme un ami ?
- Vu son comportement dans ses quartiers, oui.
- John, nous parlons du Docteur Weir ! Le leader de la cité, le chef qui ne laisse paraître aucune émotion, celle qui met sa vie personnelle entre parenthèse pour le bien de la cité.
- Vous pensez donc que si histoire il y avait entre nous, la cité en souffrirait ? »

Teyla ferma les yeux et secoua la tête.

« Je dis que c'est ce que vous pensez vous et que c'est ce qu'elle doit penser elle aussi. Je crois aussi que vous vous mettez vous-même des barreaux dans les roues.
- Bâtons, sourit John.
- Vous voulez recommencer à vous battre ? demanda l'Athosienne, surprise.
- Non, vous avez dit des barreaux dans les roues. On dit des bâtons dans les roues.
- Oh, excusez moi. Je ne suis pas encore très familiarisée avec vos expressions. »

L'atmosphère se détendit.

« John, ce que je peux vous dire sans me tromper, c'est qu'Elizabeth tient beaucoup à vous.
- Elle tient beaucoup à moi…, répéta-t-il amèrement.
- John, elle vous aime ! »

Une lueur d'espoir redonna vie aux yeux verts du militaire.

« Vous le croyez vraiment ?
- Oui ! »

Il soupira et un sourire redessina ses lèvres.

« Que me conseillez-vous ?
- Je vous conseille de laisser passer un peu de temps. Elle ne le montre pas, mais je suis sûre que vos paroles l'ont blessée.
- Super, merci Teyla, je me sens mieux.
- John, allez-y lentement. Séduisez-la en douceur. Ayez des intentions pour elle, montrez lui que vous voulez être plus que son ami mais sans la brusquer. Soyez patient et tout ira bien. »

Le colonel soupira et, sans un mot, enlaça la jeune femme.

« Merci Teyla. »

Tout d'abord surprise, elle lui rendit son étreinte.

« Je vous en prie. »

oooooooooooooooooooooooooo

John arpentait les couloirs sans autre but que celui de trouver une idée pour reconquérir Elizabeth. Et il fallait qu'il trouve parce qu'une chose était sûre : il ne pouvait plus se contenter de son amitié ni de sa complicité, c'est d'ailleurs ce qui l'avait poussé à avouer ses sentiments. Il réfléchissait tant et si bien qu'il heurta un corps : celui de Rodney McKay, lui-même plongé dans ses dossiers. Le scientifique se retrouva cul par-dessus tête, les dossiers éparpillés un peu partout au sol.

« Rodney ?
- Ca va pas ?! Vous pouvez pas faire attention où vous marchez ?
- Et vous ? »

Le militaire tendit la main au canadien et l'aida à se remettre sur pieds.

« Où vous courrez comme ça ?
- Voir Elizabeth. Et vous ?
- l'avoir, murmura John plus pour lui-même que pour Rodney.

Ah vous aussi ? Ben venez. »

Le militaire se rendit compte de l'incompréhension du scientifique.

« Non, j'irais plus tard.
- Ok, ben faite attention quand même dans les couloirs.
- Vous aussi. »

Ils se firent une grimace complice et chacun retourna à ses occupations.

John sourit en se rendant à ses quartiers. Rodney était toujours le même avec lui. James ne lui avait pas encore pris. Et il ne le lui prendrait pas !!

Le scientifique arriva comme une bombe dans le bureau de la dirigeante.

« Elizabeth, il me faut quelqu'un pour initialiser les objets. »

La leader sursauta violemment.

« Rodney !
- Oui ?
- Vous avez besoin de quelqu'un pour initialiser des objets anciens ?
- Oui !
- Et bien allez demander au colonel Sheppard.
- Non, je veux dire sur la planète qu'on va explorer, j'ai besoin de quelqu'un pour initialiser…
- Oui, mais cela ne change rien. Vous avez toujours John.
- Non, d'après les relevés il y a tellement d'artefacts et on a si peu de temps qu'il faudrait au moins une autre personne.
- Carson ne vous soumet pas à la génothérapie ?
- Je ne suis pas un cobaye, répliqua Rodney d'un air vexé.
- Rodney ! soupira la jeune femme.
- Non, mais ceux qui n'ont pas le gène à l'état pur mettent toujours beaucoup plus de temps que les autres et John est le seul dans notre équipe à l'avoir.
- Ecoutez, je verrais ce que je peux faire pour vous.
- Merci Elizabeth. »

Le scientifique repartit sans autre forme de procès, laissant la dirigeante enfin en paix.

oooooooooooooooooooo

Ronon passa devant les quartiers de Teyla. La porte était ouverte et il s'arrêta un instant dans l'embrasure. La jeune athosienne méditait. Ronon regarda autour de lui et ne vit personne. Il s'adossa donc dans l'embrasure et l'observa. Au bout d'un moment, qui parut trop court au jeune homme, elle lui adressa la parole.

« Ronon, vous avez quelque chose à me dire ? »

L'ex runner sursauta, surpris et gêné qu'elle ait remarqué sa présence.

« Euh… non.
- Dans ce cas, pourquoi êtes -vous là ?
- Euh… pour rien… je m'en vais. »

Teyla ouvrit les yeux et se leva, rattrapant le Satédien.

« Ronon, il faut qu'on parle.
- Si vous voulez. »

Il entra et elle referma la porte. De quoi voulait-elle parler ? Savait-elle ? L'angoisse commençait à augmenter chez Ronon et son cœur s'emballait de plus en plus. Teyla lui demanda de la rejoindre sur le lit. Il se mit alors à avoir étrangement chaud et, c'est mal assuré qu'il vint s'asseoir à ses côtés. La jeune femme baissa la tête.

« Ronon…
- Oui ?
- Je m'inquiète pour Elizabeth et John. »

Il fut à la fois triste et soulagé. Triste qu'elle n'aborde pas le sujet « eux », soulagé qu'elle n'aborde pas le sujet « eux ».

« Sheppard et Weir ?
- Oui. J'ai conseillé John sur la marche à suivre avec le Docteur Weir mais je ne sais pas s'il va s'y prendre correctement.
- Sheppard et Weir ? répéta-t-il sans arriver à y croire.
- Oui Ronon ! Ne me dite pas que vous n'avez rien vu ?
- Je ne passe pas ma vie avec eux.
- Il suffit d'être observateur.
- Oui, peut-être, répondit-il piqué. »

La jeune femme lui sourit.

« Et John m'a avoué ses sentiments.
- On parle toujours du Docteur Weir ? demanda-t-il un peu inquiet.

- Oui, pour le Docteur Weir.
- Ah, ok, répondit-il soulagé.

J'aurais besoin de votre aide pour que son entreprise soit menée à bien.
- Ah oui, et qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?
- Si vous pouviez garder un œil sur John pour être sûr qu'il ne fasse pas de bêtises.
- De bêtises ?

- Oui, comme s'emporter contre Elizabeth… ou James. »

Ronon n'apprécia que très moyennement le fait que la jeune femme appelle le Docteur Sheppard par son prénom, mais s'abstint de tout commentaire.

« D'accord.
- Merci Ronon. Ce serait vraiment dommage qu'ils ne se trouvent pas. »

L'athosienne avait l'air réellement triste. Ronon prit sur lui et lui posa une main hésitante sur le bras. Elle releva les yeux vers lui et lui adressa un faible sourire. L'ex runner était tiraillé entre deux côtés : celui qui voulait l'embrasser pour enfin lui avouer ses sentiments, après tout, cela semblait être le moment, et celui lui disant de ne rien tenter, une histoire d'amour à la fois devant être réglée. Et c'est ce dernier qui l'emporta. Il se leva, adressa un signe de tête à Teyla et sortit.

ooooooooooooooooooooooooooo

La matinée passa entre les diverses occupations de chacun. Quand l'heure du déjeuner sonna, John, prenant son courage à deux mains, se présenta à l'entrée du bureau de la leader. Et, conformément aux ordres de Teyla, Ronon était dissimulé dans un couloir, observant la scène, prêt à intervenir si des objets volaient.

« Elizabeth, je peux vous interrompre ? »

La dirigeante sourit et releva la tête.

« Bien sûr Jam… »

Mais elle s'arrêta lorsqu'elle se rendit compte que c'était John qui était sur le pas de la porte. Son visage se rembrunit. Il s'en aperçut tout de suite.

« Depuis quand me demander vous l'autorisation d'entrer ? »

Depuis que j'ai décidé de vous séduire, pensa le militaire. Mais la réponse fut toute autre.

« Depuis aujourd'hui. C'est la bonne résolution de l'année.
- On est fin mars.
- Raison de plus pour rattraper mon retard. »

Son explication vaseuse et son air de gamin arrachèrent un sourire à la leader, au plus grand contentement de John.

« Alors entrez. »

Le militaire ne se fit pas prier. Il allait pour s'asseoir sur le bureau, mais s'abstint au dernier moment et s'installa sur une chaise, à la surprise de la jeune femme. Deviendrait-il civilisé ? Malgré tout, Elizabeth ne put s'empêcher d'être un peu déçue qu'il ne prenne pas ses aises. Mais elle n'en laissa rien paraître.

« Alors, que voulez-vous ?
- En fait, je suis envoyé par McKay pour savoir si vous avez à notre disposition un autre porteur du gène.
- Non, malheureusement. Tous les porteurs du gène sont en mission.
- Pas de bol. Ah oui, et l'autre chose pour laquelle je venais vous voir c'est pour savoir si vous aviez envie de venir manger avec moi.
' Avec l'équipe ? Et bien…
' Non, rien qu'avec moi. »

John venait de se jeter à l'eau, avec la peur au ventre. Pour un simple déjeuner, il avait peur pour un simple déjeuner ! Elizabeth le regarda, surprise !

« Et bien, je… j'ai des dossiers et…
- S'il vous plait Elizabeth.Ca fait longtemps qu'on a pas eu un moment à nous. »

Mais à quoi jouait-il ?! Ca l'amusait ?! Elle fronça les sourcils. De loin Ronon se demandait ce que Sheppard avait bien pu lui avoir dit pour que la jeune femme fasse cette tête.

« Non.
- : Non ? répéta John, déconfit.
- C'est gentil John, mais non. J'ai des choses à faire.
- Et ce soir ?
- Toute cette semaine me paraît compromise.
- Mais…
- Mais pourquoi voulez-vous tant déjeuner avec moi ?! »

John se sentit subitement mal à l'aise et, donc, s'énerva. Il se leva de son siège.

« Pour rien, comme ça. Mais si vous voulez pas, tant pis. »

Et il sortit en trombe, sous l'œil mi énervé, mi interloqué d'Elizabeth.

« Mais qu'est-ce qu'il a encore fait cet abruti ?! »

Ronon partit sur les talons de Sheppard pour avoir une explication et pour ainsi faire un rapport circonstancié à Teyla.

ooooooooooooooooooooo

James marchait dans le couloir, réfléchissant à la meilleure façon de continuer dans la voie qu'Elizabeth et lui avaient tout juste commencer à emprunter. Pour ce genre de choses, il n'était pas mieux loti que son frère. Il ne savait pas toujours comment aborder une femme ou comment poursuivre une relation avec elle. Mais avec Elizabeth, il sentait que ça irait tout seul. Avec elle il pouvait être lui. Elle lui avait pardonné pour ce qui s'était passé avec John. Et il se rendit compte qu'il était davantage soulagé d'être pardonné par elle que par son frère. Ce qui ne l'empêchait pas de penser qu'il faudrait parler avec ce dernier au plus vite car la situation actuelle ne pouvait pas perdurer. Mais là encore la raison de ce constat n'était pas le fait qu'il voulait absolument faire la paix avec son frère. La raison en était une nouvelle fois Elizabeth. Il ne voulait pas qu'elle souffre davantage de cette situation. Elle… toujours elle… Elle obsédait ses pensées depuis qu'il avait posé le pied sur cette base. Elle était belle, intelligente, drôle, sévère mais juste, douce et charmante. Elle était… parfaite en somme. Il sourit à cette pensée en gravissant les marches menant au bureau de la leader. Mais son sourire disparut aussitôt lorsqu'il vit la jeune femme la tête dans les mains, accoudée à son bureau. Elle soupirait. John !! Pensa aussitôt James. Il sentit la colère monter en lui. Mais il se reprit en respirant un grand coup. Elle n'avait pas besoin qu'il s'énerve. Elle avait besoin de se changer les idées… Il hésita juste un instant avant de pénétrer dans la pièce. Il avança doucement vers Elizabeth et s'assit sur la chaise en face d'elle.

« Elizabeth…
- Quoi encore John ! soupira-t-elle. Vous ne croyez pas que… »

Mais elle s'arrêta net lorsqu'elle se rendit compte que c'était James qui était en face d'elle. Satané jumeaux ! Pourquoi devaient-ils avoir la même voix !

« Pardon James. Je croyais que c'était votre frère.
- J'avais compris, répondit-il, un léger sourire aux lèvres.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? lui sourit faiblement la jeune femme. »

Elle prenait ses distances ? Elle n'avait eu aucun geste pour lui jusqu'à présent… Mais le jeune homme se dit qu'étant donné qu'ils se trouvaient dans son bureau, vitré, et qu'elle était dans un état de nerfs avancé, elle n'était pas encline à se montrer tendre. C'était à lui de se montrer là pour elle.

« Je me demandais si vous désiriez venir manger avec l'équipe et moi. Je sais ce que vous allez me dire : « j'ai des dossiers à lire, des rapports à étudier… », mais ça me ferait très plaisir si vous veniez déjeuner quand même. Et puis, je pourrais vous aider pour votre paperasserie habituelle après. Dites oui. »

Et voilà qu'il lui faisait la tête de chien battue made in Sheppard. Celle à laquelle peu de femmes résistaient. Elle le regarda un moment. Elle avait bien envie de déjeuner avec lui. Mais s'ils allaient au mess, ils tomberaient peut-être sur John, et ça elle ne le voulait pas. Son regard s'assombrit. Et James le remarqua tout de suite.

« Mais je comprendrais que vous ne vouliez pas tomber sur mon si charmant jumeaux. »

Le jeune homme avait dit ça en grimaçant, prouvant ainsi à Elizabeth qu'il ne pensait pas que son jumeau soit si « charmant » que ça. La dirigeante sourit à cette mimique.

« En effet, je voudrais bien être seule, si ça ne vous embête pas. »

James regarda un moment autour d'eux. Personne ne pouvait les voir d'ici. Il s'enhardit donc et avança doucement sa main vers celle de la jeune femme. Elizabeth sentit son coeur s'emballer, mais ne retira pas sa main, mais que James vint bientôt caresser.

« Non, je comprends. Je vais donc vous laissez.
- Merci.
- Mais si vous voulez parler, vous savez où me trouver, dit James en retirant sa main. »

Elizabeth hocha la tête. Sheppard lui adressa un dernier sourire et sortit, laissant la leader rêveuse. Il était… parfait avec elle…

ooooooooooooooooooooooo

John marchait dans les couloirs en direction… ben il ne savait pas vraiment en direction de quoi. Mais ce qui était certain, d'après son pas décidé, c'est qu'il voulait y arriver rapidement. Il fut bientôt rejoint par Ronon qui le tira par l'épaule pour l'entraîner au calme dans la salle la plus proche, qui se trouvait être la salle d'entraînement, déserte à cette heure. L'ex runner referma la porte, sous le regard hébété du militaire.

« J'ai déjà fait ce cauchemar et je n'en sortais pas vivant.
- Sheppard, on se calme vous… vous rêvez de moi ? »

Le Satédien avait l'air mi effrayé mi amusé.

« Non, je ne rêve pas de vous… enfin si là exceptionnellement mais sinon non, je rêve de femmes, en maillot de bain, un truc de mec quoi, viril ! »

Ronon le regarda un moment avant de secouer la tête. Il faudrait que le terrien aille consulter le Docteur Highthmeyer… Le Satédien revint à son sujet principal : Elizabeth.

« Il faut qu'on parle de Weir. »

John retrouva en un instant sa mine énervée et triste que la peur et la gêne lui avaient fait quitter quelques minutes plus tôt.

« De quoi vous voulez parler ?

- Si vous voulez la reconquérir, vous ne vous y prenez mal.
-Oh oh, et comment vous y … attendez, de quoi vous parlez ? Qui vous a dit ça ? »

Devant le mutisme de Ronon, le militaire comprit tout de suite.

« Teyla ! murmura-t-il entre ses dents.
- Calmez vous Sheppard, elle m'a demandé de l'aide pour…
- Elle vous a envoyé me surveiller parce qu'elle pense que je peux pas me débrouiller seul, c'est ça ?
- Oui. »

La franchise de son ami fit perdre ses moyens à John, du moins pendant quelques secondes. Mais la colère prit rapidement le dessus.

« Non mais vous croyez quoi ? Vous croyez que je vous ai attendu pour savoir comment aborder une femme ?!
- Non, mais visiblement avec Weir vous vous y prenez mal. »

Le colonel s'approcha de Ronon, menaçant.

« Et c'est un pauvre runner qui n'a pas eu de relation avec une femme pendant 7 ans parce que trop occupé à pas crever qui va me faire la leçon ?! »

Ronon prit sur lui pour ne pas mettre son poing dans la figure de Sheppard.

« Et par la même occasion dites à Teyla que je ne lui fait plus confiance ! Elle ne mérite pas…. »

Mais il fut stoppé dans sa phrase par le bras de Ronon qui le plaqua brutalement contre le mur.

« Ne dites jamais de mal de Teyla, prévint le Satédien d'une voix sourde. Jamais ! répéta-t-il en accentuant brièvement sa pression.
- Lâchez-moi ! cracha John en soutenant son regard. »

Ronon obtempéra et John sortit comme une bombe de la salle, en direction de la salle des jumpers. Il avait les larmes aux yeux. Ses amis l'avaient blessé et trahi. Ca recommençait. Ca recommençait…

oooooooooooooooooo

Son ventre gargouilla. Elizabeth regarda sa montre. 13h30. Le mess… à cette heure-ci il devait être vide, ou du moins vide de celui qu'elle redoutait de croiser : John Sheppard. La jeune femme décida d'aller se restaurer. Lorsqu'elle arriva au mess, elle passa discrètement la tête dans l'embrasure de la porte. Personne à la table de SGA1. Elle soupira et entra d'un pas nonchalant, saluant les quelques membres de son expédition encore attablés. Elle alla se servir quelque chose à mange et revint s'asseoir un peu à l'écart, pour souffler, pour être tranquille un moment, pour ne penser à rien. Elle y parvint, du moins pendant dix minutes. Mais elle fut bientôt tirée de ses pensées par la voix d'un homme, voix qui la faisait tour à tour frissonner et exploser ces temps-ci, tout dépendait à son propriétaire.

« Elizabeth ? »

La jeune femme leva lentement la tête et soupira de soulagement en reconnaissant James.

« Je peux me joindre à vous ?
- Oui, je vous en prie. »

Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois et prit une chaise.

« Je suis heureux de vous voir manger quelque chose. »

Elizabeth le regarda d'un drôle d'air.

« Malgré ce qu'on a pu vous dire sur moi, je ne suis pas un bourreau de travail qui ne prend pas soin d'elle. Je sais m'arrêter quand il le faut.
- Oh, mais je vous fais confiance pour ça. Après tout c'est vous qui êtes la mieux placée pour savoir ce dont vous avez besoin. »

La dirigeante lui fit un signe de tête affirmatif. Elle était heureuse. Pour la raison la plus bête du monde : on lui faisait confiance pour une broutille : prendre soin d'elle. C'était bien le premier à le faire. Teyla et Ronon ne disaient rien mais elle savait qu'ils s'inquiétaient lorsqu'ils ne la voyaient pas les rejoindre. Enfin Teyla c'était sûr. Ronon… c'était comme Rodney : sauf si la personne était sur le point de mourir ils ne s'inquiétaient pas plus que ça. Ou du moins ne le montraient pas. Carson aussi s'inquiétait. Il mettait ça sur le compte de son rôle de médecin, mais tout le monde savait qu'il la réprimandait plus en tant qu'ami que professionnel. Et puis il y avait John qui, s'il le pouvait, lui donnerait la becquée pour être sûr qu'elle avale quelque chose dans la journée. Elle ne savait pas si cette attitude l'attendrissait ou l'exaspérait. Mais en ce moment elle l'exaspérait. D'ailleurs tout chez John l'exaspérait. Ne serait-ce qu'entendre son nom la mettait hors d'elle. Son visage se ferma de lui-même, sans qu'elle s'en rende compte. James le vit et décida de lui faire penser à autre chose.

« Elizabeth, j'ai deux choses à vous demandez.
- Oui, je vous écoute.
- La première est un peu délicate. »

La jeune femme vit bien qu'il hésitait à se jeter à l'eau. Elle hésita un peu mais se décida à poser sa main sur celle de James. Il releva la tête et croisa ses yeux verts. Elle l'encouragea du regard. Il prit alors une profonde inspiration et se lança :

« Vous voudriez bien dîner avec moi ce soir. »

Sa voix, transformée par le stress, sonna Elizabeth qui retira aussitôt sa main. Il lui proposait clairement un rendez-vous. Leur premier baiser était si récent. Elle ne savait pas encore ce qu'elle ressentait exactement pour lui. Elle baissa la tête et fronça les sourcils. James ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il regardait intensément Elizabeth.

« C'est trop tôt, c'est ça ? Je m'excuse. Je…
- D'accord.
- Quoi ? demanda-t-il le souffle court.
- J'accepte votre proposition, dit Elizabeth en relevant la tête vers lui.
- C'est vrai ?
- Oui.
- Ce soir, 20h30 dans mes quartiers ? »

Dans ses quartiers….

« Ah, je n'aurais pas dû dire ça. Vous vous souvenez subitement que vous avez une pile de dossiers qui vous attend du votre bureau. »

La dirigeante sourit à cette remarque.

« Non, et même si c'était le cas, je pourrais compter sur vous pour m'aider à les finir. »

James la regarda un instant avec un immense sourire. Il n'aurait jamais cru qu'elle voudrait… Il était heureux. Elizabeth, quant à elle, commençait à être gênée de faire l'objet de tant d'attention et décida de poursuivre leur conversation.

« Et l'autre chose que vous vouliez me demander ?
- Ah oui. Rodney voudrait que je parte en mission avec SGA1.
- En mission ?
- Oui.
- Pour traduire des artefacts anciens ?
- Non, pour initialiser des objets. »

Elizabeth le regarda un moment avec des yeux ronds.

« Je suis idiote ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt…
- Elizabeth, enfin je vous trouve ! lança Rodney en accourant dans le mess. Vous ne me croirez jamais. Comment ai-je pu passer à côté de cette évidence ! Enfin pas moi, les autres scientifiques qui sont censés m'épauler et me signaler les évidences pour que mon grand cerveau puisse se concentrer sur les mystères de l'univers !!
- Il a le gène…
- Oui, il a le gène, confirma le scientifique un peu mécontent de s'être fait souffler son effet de surprise. Et il a le gène pur. C'est un Sheppard y'a pas de doute ! »

Les deux regards convergèrent vers James. Il avait le gène des Anciens…

« Et pourquoi ne pas m'avoir dit ça en premier ? demanda Elizabeth à l'adresse de James.
- Parce que ce n'était pas le plus important, répliqua James en la sondant du regard. »

Elizabeth sentit son cœur s'emballer. Elle se noyait peu à peu dans ses yeux émeraudes. Rodney, lui, ne comprenait franchement rien à ce qui se passait et son excitation prit le pas. Il ne put s'empêcher de casser ce moment intense dont il n'avait même pas conscience.

« Et vous pouvez pas savoir ce que ça fait que d'avoir un porteur du gène qui ne se plaigne pas à tout bout de champ. »

Cette phrase fit sursauter James et Elizabeth. La jeune femme reprit son masque de leader qu'elle avait quitté pendant quelques secondes le temps de goûter à ce regard intense. »

« Comment l'avez-vous découvert Rodney ?

Il y a une heure, James et moi étions dans mon labo. Je voulais lui montrer le résultat de mes travaux sur les E2PZ. Je lui ai demandé de prendre une sphère ancienne et elle s'est allumée à son contact ! »

Le scientifique avait l'air aussi excité que si on lui avait dit que la prochaine arrivée du Dédale allait lui apporter des centaines de barres chocolatées.

« Et depuis une heure on fait que tester des technologies anciennes et on s'éclate comme des petits fous, pas vrai James ? »

Le Docteur Sheppard et le Docteur Weir regardaient Rodney, amusés. Ni l'un ni l'autre ne l'avait jamais vu comme ça.

« Oui, c'est vrai, concéda James. »

Elizabeth reporta son attention sur Sheppard.

« Vous n'êtes pas trop effrayé par ça ?
- Un peu je dois bien l'avouer.
- Elizabeth, est-ce qu'il pourra venir avec nous sur la planète pour initialiser les objets anciens ? »

Devant la mine plus que réjouie de Rodney, la dirigeante ne put que donner son approbation.

« Ouais ! Bon, je vais finir ce que je faisais. On part toujours dans deux heures ?
- Oui Rodney, lui sourit Elizabeth. »

Le canadien sauta sur place et sortit comme une fusée du mess, sous le sourire bienveillant de ses amis. Lorsqu'il fut hors de vue, Elizabeth se leva.

« Je crois qu'il vaut mieux que je vous explique en quoi consiste une mission de routine de SGA1. »

James se leva à son tour.

« D'après ce que j'ai lu, ils se font attaquer, ou kidnapper.
- Oui, et ça c'est quand les missions marchent comme sur des roulettes.
- Ah, je suis totalement rassuré.
- Si nous allions dans mon bureau pour que je vous explique cela en détails ?
-Je vous suis Elizabeth. »

TBC