Yo !

Vous allez probablement me détester pour ce chapitre mais dites-vous que je me déteste déjà moi-même pour en avoir eu l'idée, eheh.

On se retrouve en bas,

Enjoy !


/!\ CHAPITRE AVEC LE POV DE CLINT


Tandis que Natasha parvenait non sans savoir comment à se changer au milieu de la noirceur et de la puanteur des égouts sans un mot. Clint, lui, se contentait de faire face aux murs humides, de servir de porte-manteaux en chair et en os et d'armer les deux seules armes qu'ils possédaient. Le tout en dehors du champ de vison de la russe.

Il allait devoir se contenter de l'une d'entre elles. Ils n'avaient pas assez de temps pour faire une petite escapade chez Stark pour récupérer l'un de ses arcs et quelques-unes de ses flèches qui trainaient là-bas. L'espionne russe avait décidé de provoquer un contact direct avec leur prochaine victime en sachant qu'ils leur parvenaient toujours aux oreilles des cris de l'extérieur.

— Comment vont Laura et les enfants ? lança son ancienne coéquipière en s'approchant dans sa direction.

Clint lui jeta un regard en biais, le sourcil levé, pour la découvrir en tenue de combat sur le point de ranger ses vêtements dans le sac à dos qui se tenait maintenant sur les épaules de l'archer. Avant de lui répondre, il lui passa une des armes qu'elle fourra dans son holster autour de sa cuisse. Lui, il se contenta de la coincer entre son pantalon et son corps, et de la cacher sous son t-shirt.

— Ils vont bien. Nathaniel est toujours aussi râleur comme son homonyme féminin, commença-t-il le sourire aux lèvres qui disparut aussitôt quand Natasha lui pinça le bras. Je te taquine, Nat. Tu es la plus drôle et la plus gentille espionne russe à qui j'ai eu à affaire.

— J'espère que c'est le cas. Je ne comptais pas tuer une deuxième personne aujourd'hui, répliqua l'espionne, le nez à nouveau plongé dans le sac.

— On pourrait le capturer et le donner à Fury, il saura quoi faire avec lui.

Barton sentit la russe se figer à ses côtés. Lorsqu'il voulut se tourner pour lui lancer un regard interrogateur, elle se trouvait déjà devant lui.

— Ça me paraît être une bonne idée, lui annonça-t-elle en lui tendant un tube métallique qu'il attrapa. On fait comme d'habitude, et prions pour qu'il n'ait pas un mauvais souvenir de nous. Parce que cette fois-ci, on n'a ni un bouclier indestructible, ni une sorcière capable de maitriser quelqu'un avec seulement son petit doigt.

— Mais on a une ancienne espionne qui a réussi à surpasser l'un des meilleurs agents du SHIELD, répliqua l'archer en commençant à monter l'échelle qui menait vers le chaos de l'extérieur.

Il entendit un petit rire venant de Natasha avant de ressentir sa petite tape sur sa cheville pour lui intimer de monter un peu plus rapidement son fessier. Arrivé au bout, il détacha une de ses mains des barres métalliques pour soulever la plaque d'égout. Après de nombreux soupirs et quelques moqueries de la part de la jeune rousse, la plaque se retrouva sur le goudron. Clint, sorti, se tourna immédiatement pour aider Romanoff à sortir à son tour.

De leur petite ruelle, ils n'apercevaient que la troupe de personnes qui se ruait comme un seul homme vers la droite.

— Allons faire notre job d'Avengers, Barton ! s'exclama la russe d'un seul souffle avant de partir à la suite de toutes ces personnes.

L'intéressé se mit immédiatement à sa poursuite, le sourire aux lèvres. Quand même ravie de reprendre son ancien poste.

Il n'avait fallu que quelques secondes avant que les premières personnes ne les reconnaissent. Enfin plus particulièrement Natasha. Elle faisait partie de ceux qui ne passaient jamais inaperçus, et son costume ne fessait que favoriser ce statut. Toute cette attention portée sur elle lui permettait toujours de se faufiler discrètement pour faire le tour de la scène et de se placer à l'opposer. Sans se faire repérer que ce soit par la population ou par celui qui était à l'origine du chaos.

Pourtant, il ne fit pas ce qu'il avait l'habitude de faire. Il suivit l'espionne jusqu'au bout et se tint près d'elle. Leur coin, assez peu occupé, leur offrait un panorama complet de la situation.

Et il était tout bonnement incapable de déterminer ce qui lui paraissait le plus étonnant ; les hommes en combinaison militaire noire couchés au sol sous une couche fine et blanche composée d'une multitude de fils ou l'homme qui se cachait sous un étincelant costume rouge et bleu qui effectuait des figures acrobatiques tout aussi compliquées que celles de Natasha ou de Steve, assez pour les rendre tous les deux jaloux. Le tout, en lançant des toiles sur les pieds du colosse à la combinaison noire qui lui fessait face.

Clint, médusé, recula d'un pas.

— Putain de merde, c'est quoi ça ? chuchota-t-il en portant inconsciemment sa main vers son arme sans pourtant la sortir.

La russe esquissa un sourire en entendant son compagnon d'infortune jurer entre ses dents.

— Beaucoup de choses se sont passées durant ta retraite anticipée, dit-elle en pointant du doigt l'homme qui semblait prendre un malin plaisir à recoller le colosse au sol lorsque celui-ci parvenait à s'extirper. Lui en est une. Je te présente Spider-Man, nouveau venu sur le marché des superhéros.

Le sujet de leur discussion se tourna brusquement vers eux, comme la majorité des personnes présentes autour de la scène. Avant de se diriger vers eux, le dénommé Spider-Man lança un dernier jet de toiles sur la main de son opposant qui tentait d'arracher la première couche.

— J'étais en train de me demander si j'allais être seul sur ce coup-là. Ça fait bien cinq bonnes minutes que je canarde ces rigolos pour les coincer au sol sans qu'aucun d'entre vous ne pointe le bout de son nez, s'exclama-t-il d'une seule traite.

Clint ne put s'empêcher de froncer les sourcils en sa présence. Il pensait avoir tous vu avec les jumeaux, dont l'une était capable de soutenir un gros bloc de façade d'un immeuble seulement à l'aide de ses pouvoirs. Et maintenant, il se trouvait devant un être humain capable des pires acrobaties sans avoir une inconnue dans l'équation qui lui casserait son pauvre dos, et capable d'un autre côté de produire des toiles d'araignées grandeur nature aussi collantes que les originales. Sur quoi il allait tomber la prochaine fois ? Une femme mi-extraterrestre mi-humaine produisant des rayons d'énergies pures ?

Mais il ne semblait pas être un mauvais gars, peut-être que c'était le masque aux grands yeux blanc ou encore le fait qu'il paraissait plutôt nerveux, à force de décoller le bout de ces pieds du sol en leur présence.

— Tu ne devrais pas être là, l'informa Nat d'un ton amical.

— Je sais mais je suis fatigué de me cacher, répliqua l'homme araignée en pointant du pouce ce qui se déroulait derrière lui. Et je n'accepte plus le fait que des hommes comme lui marchent dans New York sans qu'il n'y ait quelqu'un en face d'eux pour les arrêter.

Il tourna brusquement la tête sur le côté comme pour écouter un son que lui seul percevait. Quelques instants plus tard, le son d'une sirène policière se répercuta sur les tympans de tous ceux présents sur place.

Natasha se tourna vers lui avant de lui adresser un hochement tête et de partir en courant avec Spider-Man à ses côtés.

Il ne lui suffisait de pas plus pour se mettre en marche de son côté. Il revint sur ses pas pour atteindre l'extrémité du groupe des spectateurs puis, il se mit à courir en tâchant de rester le plus près possible de l'action pour ne pas en perdre une miette. À l'écoute de certains commentaires qui lui parvenaient aux oreilles, la jeune russe et l'homme araignée se débrouiller plutôt bien sans lui.

Au bout de quelques mètres, il s'arrêta et se faufila entre tous ses corps fervents d'un peu d'adrénaline. Son espace personnel à nouveau rétabli, il fit face à la horde qui se déployait devant lui. Certains le regardaient interloqués, d'autres commençaient à comprendre ce qu'il allait leur annoncer.

Avec l'aide de ses mains et de sa voix, il tenta avec plus au moins de succès à faire reculer la majorité des groupes mais il restait toujours quelques récalcitrants et ce fut Spiderman qui les fit déguerpir par une folle acrobatie.

Son travail de prévention enfin terminée, il se retourna en jetant sa veste au sol vers Natasha qui lui adressa un bref regard avant de se redresser. Il allait surement regretter le geste qu'il allait faire. C'était même presque certain. L'entaille à son bras n'était peut-être pas profonde mais l'utilisation intensive des muscles de son bras provoquerait Dieu sait quoi.

Tandis que les deux autres amenaient peu à peu l'homme en direction des immeubles, lui partit en petit trot vers ce même endroit. Un peu plus rapide qu'eux, il était déjà positionné à l'interstice de deux immeubles et avait déployé le petit joujou de la russe quand Natasha assigna son dernier coup.

Le colosse tombé à ses pieds, il prit le relais en un claquement métallique. Dans un premier temps, il attrapa à pleines mains les deux grosses plaques, situées sur les épaules de Crossbones avant de le tirer sur quelques bons centimètres dans sa direction. Il réussit à le remettre sur pied après plusieurs soupirs de douleurs. Entre-temps, Spider-Man s'était emparé de sa position de toutes les armes qui lui était apparente.

Clint avait regretté son geste dès que son bras droit se retrouva autour du cou de la machine de guerre. Il lança un bref regard à Natasha qui tentait de reprendre son souffle, un filet de sang s'échappant de ses lèvres. Son hochement à lui seul démontrait son consentement pour ce qu'ils comptaient faire depuis le début.

Dans une totale synchronisation, l'homme commença à gesticuler pour sortir hors de son emprise alors que Clint calait contre lui le bout métallique dans un point stratégique du dos ; assez loin de tout pour seulement mettre un homme à terre. À ce contact, l'homme marqua un temps d'arrêt.

— Je te déconseille de faire ce que tu comptais faire dans les secondes qui vont arriver. Parce que la jeune femme ainsi que le jeune homme en costume moulant ici présents se feront un malin plaisir de vous de te mettre définitivement à terre. Ou ça sera peut-être moi avec le petit jouet cauchemardesque que j'ai entre mes mains.

Pour affirmer ses dires, l'archer fit bouger délicatement l'objet.

— Ou on pourrait tout simplement te laisser à la police avant qu'on ne disparaisse.

— Comment tu peut-être aussi sure que ce soit des policiers ? le questionna Crossbones après un court silence, d'un ton froid.

Parfois, il ne dirait pas à non pour avoir le petit Maximoff dans les pattes. Il aurait encore pu sauver ces fesses, encore une fois, en comprenant avant lui ce qui se mijotait sous son nez. Sans cette présence, il venait de tous les condamner.

Le coup de boule l'avait clairement assommé et cloué à terre. Lorsqu'il posa sa main sur la racine de son nez, il prit enfin conscience du gaz fumigène blanc qui les entourait à présent. Quand il tenta de se remettre sur pieds, il entendit un cri et des bruits de lutte qui lui retourna l'estomac. Alors qu'il croyait avoir vécu le pire, son monde entier implosa dans un panel de couleurs qu'il avait toujours qualifié de chaleureuses. Sans qu'il ne puisse y interférer. Son corps entier refusait de faire le moindre mouvement de plus alors, il se contenta d'espérer que ses deux compagnons d'infortune n'allaient pas le suivre dans le voyage qu'il leur avait concocté. Et qu'ils ne pissaient pas le sang autant que lui.

La première personne qui se distinguât dans ce brouillard blanc fut Crossbones qui le jugeait de sa hauteur. La dernière chose que Clint ressentît avant de sombrer dans l'inconscient fut l'importante décharge électrique qui parcourra la moindre parcelle de son corps en un temps-record. Le tout dans un univers qui tremblait avec lui.


Le retour au monde ordinaire fut douloureux. Ses oreilles bourdonnaient. Tous ses muscles lui faisaient souffrir le martyre. Et le pire était peut-être la froideur et la rugosité du sol sur lequel il reposait.

Il lui avait fallu plusieurs secondes avant de redevenir le Hawkeye que tout le monde connaissait. Quand il reconnut la silhouette qui l'observait d'un coin sombre de la pièce, il fronça le nez et regretta immédiatement son geste. Ah oui.

— Si ça peut te rassurer, tu as l'air plus vivant qu'il y a deux minutes. J'ai même cru à moment que tu ne te réveillerais jamais.

Clint émit un bref grognement pour toute réponse. Ils s'étaient foutu dans le pétrin tous les deux, et il ne voyait toujours comment ils allaient pouvoir sortir de là dans les heures qui suivaient. Il était lui-même entravé au niveau des mains et des pieds, les deux niveaux liés entre eux par un lien en acier. Et il n'avait même pas la force de faire un pas. Quant à Spider-Man, il était dans le même cas que lui mais, le scotch autour de ses poignets en plus.

— On est là depuis combien de temps ? parvint-il à lancer d'une voix faible et grave.

— Quatre bonnes heures sont bien passées depuis l'explosion. Ils ont claqué la porte il y a trois heures.

Il tourna sa tête pour jeter un coup d'œil à la porte en face des barreaux qui les empêchaient de l'atteindre. Ce fut à cet instant qu'il prit conscience qu'ils étaient dans une seule et unique pièce. Et qu'il manquait quelqu'un à l'appel.

—Où est-elle ?

— Loin de tout ça. Je ne l'ai vu qu'un quart de secondes avant de me faire assommer par une crosse de leurs fusils. Elle se trouvait déjà sur pied avec une femme à ses côtés qui la soutenait du mieux qu'elle pouvait.

— Elle est capable de se débrouiller, se murmura-t-il d'une petite voix comme pour se convaincre lui-même.

Barton ne savait même pourquoi il se mettait lui-même le doute. Il l'avait vu un bon nombreux de fois se battre avec des côtes cassées ou une main totalement cassée. Elle avait toujours réussi à venir à ses fins, au grand malheur de ceux qui se trouvaient du côté opposé. Pas comme lui.

Il avait l'impression d'avoir fait un bond de plusieurs années en arrière ; il avait été dans la même position à Budapest. Le sang sous son nez avait séché et le démangeait à n'en plus finir. Au bout de quelques secondes, il se redressa avec beaucoup de difficultés à l'aide de ses coudes. Puis, lorsqu'il appuya son dos contre les barreaux, il ramena ses jambes contre son corps afin de pouvoir gratter les plaques de sang séché avec ses mains à semi-libres.

L'homme araignée entre-temps s'était levé et s'était assis non loin de lui contre le mur de pierre. Son costume rouge et bleu était parsemé de déchirures dévoilant de multiples coupures sur la peau de celui qui se cachait sous un masque.

— Qu'est-ce que tu as fait pour te retrouver avec tout ce scotch ?

— J'ai voulu leur rendre de la monnaie de la pièce, lui répondit Spiderman en levant ses mains collées d'un air sarcastique. Et j'ai réussi à les énerver, je crois.

— Je vois ça, nota Clint. Rassure-moi, tu as visé leurs yeux ?

— C'est la première chose que j'ai faite.

L'archer lui adressa un sourire. Ses oreilles avaient arrêté de bourdonner. C'était au moins ça. Mais maintenant qu'il était assis, sa respiration avait pris le relais, et était devenue mauvaise, sifflante. Le métier de superhéros avait lui aussi ses inconvénients. Quand il déplia à nouveau ses pieds, il ressentit une épaisseur sous sa voûte plantaire et ce fut comme une illumination.

— Est-ce qu'ils m'ont fouillé ? le questionna l'ancien Avenger.

— Trois hommes t'ont carrément tripoté de la tête aux pieds. Ils ont récupéré tout ce qui leur apparaissait dans leurs champs de vison. Ne me dis pas que … ?

Toutes ses années au sein du SHIELD lui avaient appris à parer à toutes les éventualités dans n'importe quelle situation. Dans chacune de ses tenues, il y avait au moins une cachette contenant une de ses propres versions miniature du Mouse Hole – créé par un petit génie du SHIELD.

— Notre situation ne me paraît plus aussi désespérée, finalement.

Il se devait de l'aider à sortir d'ici. La machine lui permettra de se libérer de ces chaines et avec quelques minutes de plus, il pourra se sortir de là. Pour lui, c'était une autre histoire. Il n'était pas en état de se défendre, ni de riposter. Et il devait bien y avoir une raison pour qu'ils l'aient emmené ici. C'était peut-être son ancien statut d'Avengers qui en était la cause. Ou… Il n'en savait trop rien.

Sa chaussure droite fut rapidement au sol. Heureusement pour lui, il était plutôt souple et efficace même si ses muscles lui demandaient encore de se reposer. En cinq minutes, la chaussure se retrouva à nouveau sur son pied et le petit tube métallique dans ses mains.

Il ne l'avait utilisé que de rares fois, et il ne l'avait jamais trompé. Et cette fois-ci, quand il le pointa en direction du mur et qu'il l'alluma, ce fut encore vrai. Sous le regard qu'il supposait étonné de l'homme araignée, il l'éteignit avant d'apercevoir le petit trou qu'il venait lui-même de créer.

Clint le lui lança silencieusement, la seconde suivante.

— Je vais t'aider, lui lança-t-il en s'avançant ridiculement sur ses fesses.

S'il avait bien une chose qu'il devait bien avouer, c'était que Spider-Man fessait parti des hommes les plus expressifs au monde malgré le masque. Assez pour l'effrayer, lui, un agent du SHIELD surentraîné et pour le faire revenir à sa place initiale en un claquement de doigts.

Ils entendirent des bruits de pas quelque temps plus tard. L'archer posa ses yeux sur son compagnon de cellule et lui indiqua de cacher le mini-laser aussi loin que possible d'un petit mouvement de main. Au même moment, deux hommes entrèrent et ils leur avaient fallu que quelques secondes pour les rejoindre dans leurs cachots.

Barton s'était mentalement préparé à recevoir un autre coup, et, à vrai dire, l'un des hommes ne l'avait pas manqué. Au sol, il lança un dernier regard à Spider-Man tenu à l'écart par le deuxième homme avant de se faire emmener à dans un lieu inconnu. Il comptait au moins sur lui pour qu'il réussisse à sortir d'ici. Vivant. Lui, il n'avait plus aucune chance.

Sur le chemin, il n'hésita pas à se laisser trainer pour embêter les deux sbires. Il avait toujours été rancunier. En tout cas, ils le méritaient. Ils l'avaient rendu défiguré.

Finalement, après quelques minutes de balade forcée, ils entrèrent ensemble dans une pièce aussi sombre que l'humour de Stark. Il se retrouva rapidement projeté contre le dossier d'un fauteuil indissociable du ciment à ses pieds. Les liens métalliques furent directement remplacés par quatre lanières de cuir. Clint avait l'impression d'avoir trouvé chez LE dentiste ayant des pulsions psychotiques et qu'il ne tarderait pas à les subir. Un jour tout à fait ordinaire chez les superhéros.

— Hors de ma vue, s'exclama Crossbones en apparaissant de derrière de rideau qui cachait à ses yeux la deuxième partie de la pièce et de ce qu'elle contenait.

Les deux intéressés disparurent aussi vite que des chatons apeurés. À cet instant, la seule chose cohérente qui lui parvenait à l'esprit, c'était que ces deux-là ne ferait pas long feu devant les regards noirs de Natasha ou celui de Wanda. Et dans le pire des cas, celui de Rogers. L'une de ses scènes serait plutôt amusante à voir.

De son côté, le colosse s'était emparé d'une chaise et s'était positionné en face de lui. Alors que le silence se fessait de plus en plus oppressant, celui-ci retira son casque de son crâne.

— Est-ce que tu as la moindre idée de mon identité ?

— Chirurgien ? Parce que j'ai vraiment besoin d'un chirurgien pour mon nez, répliqua Clint, le nez en l'air, d'un air peu intéressé.

Ce n'était pas la première fois qu'il allait passer un interrogatoire musclé. Avec le temps et avec un peu d'entrainement, il avait appris à ne pas s'en faire et à faire face à celui qui était en face de lui.

Son interlocuteur poussa un long soupir.

— Je peux te le casser une deuxième fois si tu continues à te comporter comme l'autre. Ce n'est pas un problème. Regarde-moi, Barton !

Il n'avait pas besoin de le regarder. Il avait déjà identifié celui qui se trouvait devant lui.

— Brock Rumlow. Leader de l'une des STRIKE du SHIELD. Des années au compteur au service d'HYDRA. Tu as vainement réussi à capturer Steve et à neutraliser Natasha et Sam. La liste est encore longue je crois pour toutes les personnes que vous comptiez éliminer à la surface de la terre. On pourrait rester ici jusqu'à demain. Et pour finir, tu es supposé être mort dans ce building à Washington, conclut l'archer en le regardant cette fois-ci.

À l'époque, il avait suivi la situation à la télévision. Nat n'avait pas tardé à l'appeler pour lui expliquer la situation et de lui demander de rester à la ferme pour sa sécurité. Dès qu'il jugea que la situation s'était calmée, il avait été le premier à filer auprès de Cap et d'elle. C'était peut-être à cette période-là qu'ils ont pris conscience de l'importance des Avengers dans ce monde.

— Techniquement, je n'étais pas mort, déclara Rumlow après avoir éclaté dans un rire franc et de s'être relevé. ILS m'ont laissé pour mort. S'il ne s'était pas acharné, je ne serais peut-être ici à ma place. Mais aujourd'hui, je me dois de me payer ma dette.

Clint roula des yeux. Pourquoi tombait-il toujours sur les pires ?

— Et qu'est-ce que je viens faire dans cette histoire avec Spider-Man ? Vous aviez Natasha à dix pas.

Rumlow, d'un pas lent, s'était dirigé en direction de la table métallique contenant un tas d'objet dont plusieurs armes à feu. Pourtant, il n'en prit aucune et lui fit encore face.

— Une femme s'est interposée. Quelques secondes plus tard, les soldats les plus proches d'elle se sont retrouvés au sol dans un boum retentissant. Elles se sont sauvées avant que je ne puisse m'occuper de leurs cas personnellement. J'ai été plus déçu sur ce coup-là.

Barton fronça les sourcils. Elle avait donc réussi à se sauver avec ce qui semblerait être une alliée à ses côtés avec desdits pouvoirs. Et la jeune femme avait aussi réussi à être assez persuasive pour convaincre Natasha de filer et de les laisser.

— Mais je t'ai toi et c'est amplement suffisant.

Crossbones se retourna brusquement vers la table pour s'emparer de la même arme électrique qui lui avait fait perdre conscience quelques heures plus tôt et d'une arme à feu. Malgré son calme apparent, Clint commençait sérieusement à s'inquiéter. Les lanières ne semblaient pas prêtes à le laisser partir d'aussitôt.

— J'ai besoin de toi pour mettre la main sur le petit copain de Rogers. Vivant serait plus envisageable, par contre. Mort, il n'a plus vraiment d'intérêt et ça ferait incroyablement plaisir à Tony Stark. Et je suis bien conscient de la petite troupe qui le protège coute que coute. C'est pour ça que j'ai besoin de ton statut. Tu es bien capable de jouer l'agent double, pas vrai Barton ?

— Non.

Il ne pouvait pas faire ça. Il n'avait même pas besoin de remettre en question sa réponse, car celle-ci ne changerait sans doute jamais.

— Non ?

— Je ne suis pas un traitre. Pas pour des personnes comme toi.

— Oh ? Alors, tu devrais peut-être changer d'avis en entendant ce qui arrivera à l'un de tes petits protégés dans les jours qui arrivent.

Le colosse s'était rassis en face de lui, les deux armes posées sur ses cuisses. S'il n'avait pas été attaché, il lui aurait déjà sans doute sauté dessus. Peu importe la douleur qui l'anesthésiait depuis des heures. Il avait vécu cette situation trop de fois pour porter attention à ce qu'il se déroulait à l'intérieur de lui. Personne ne devait payer pour ses propres erreurs.

— Pietro Maximoff. Lui, il devrait mort depuis des mois. Et quelle surprise de le voir à vos côtés, il y a quelques heures. J'ai été le premier à apporter une réponse à la rumeur. Depuis, des dizaines de personnes sont à sa recherche dont mon patron. Et tu ne seras probablement content d'apprendre ce que certains sont prêts à faire n'importe quoi pour l'avoir entre les mains.

Alors, ça s'était nouveau. S'il avait bien compris, Pietro n'était lui-même pas au courant du pourquoi du comment. Il était aussi perdu qu'eux. Clint depuis Loki, s'était carrément arrêté de s'interroger sur le pourquoi du comment. Si des dieux vivants pouvaient marcher à leurs côtés, pourquoi n'y aurait-il pas des choses encore pire que les deux réunit ?

— Dont moi. D'ailleurs, c'est fou à quel point la technologie aujourd'hui peut nous simplifier la vie, murmura Rumlow en le quittant une nouvelle fois pour se diriger en direction du long rideau vert.

L'ancien traitre d'HYDRA tira le rideau d'un coup sec.

Il s'était toujours demandé si ce moment-là allait arriver un jour ou l'autre. Coulson et Fury l'avaient averti de la certitude de cet événement. Être un agent du SHIELD amenait beaucoup d'inconvénients. Chacune des minutes de leur vie était consacrée à leur boulot. Et ce job n'était pas celui qui apportait des repas d'affaires, il ne fournissait plutôt que des ennemis prêts à tout pour vous faire tomber. Et les familles leur offraient un accès facile. Mais, ils avaient été tous les deux têtus.

Pendant quelques instants, il se contenta de regarder la personne qui se trouvait devant lui en se demandant si ce n'était pas le fruit de son imagination. Puis quand il prit conscience que ce qui se trouvait devant lui était bien réel, sa propre vieille carcasse d'espion surentrainée se fendit en un soupir.

— Je n'aurais jamais pensé que le grand Clint Barton, l'ancien petit préféré de Coulson, avait une famille cachée. Lui qui était plutôt du style à suivre à la lettre les principes qu'on a tous plus ou moins acceptés en entrant au SHIELD, je pensais avoir sa copie conforme devant moi. Mais non, et je trouve ça amusant.

Laura semblait être dans une semi-léthargie, le nez pointé au sol. Ses cheveux plongés en avant ne lui offraient qu'un maigre aperçu de la moitié de son visage, qui lui ne semblait ne pas être amoché.

— Laura, regarde-moi, murmura Clint, d'un ton calme malgré qui était à deux doigts d'entrer dans des états émotionnels encore inconnu pour lui.

Elle redressa sa tête d'un mouvement lent à son appel. Il se devait de la sortir d'ici, elle n'avait rien à faire ici.

— Reste avec moi, Laura. S'il te plait.

Cette fois-ci, elle ne put relever la tête.

— Qu'est-ce que vous lui avez fait ? lança l'archer d'un ton grave, les poings serrés à en faire apparaitre ses phalanges qui avaient brisé tant de mâchoires qu'il s'était arrêté de les compter.

— Elle a reçu le même traitement que toi. Un peu d'électricité dans le corps.

Clint tira une nouvelle fois rageusement sur les lanières lorsque Rumlow se plaça entre elle et lui. Son pire cauchemar ne devait pas se réaliser. Pas maintenant. Les enfants n'en survivraient pas.

— Qu'est-ce que vous voulez de moi ? Dites-le-moi !

— C'est plutôt simple.

En face de lui, Laura ne lui montra pas un signe de vie autre que sa respiration irrégulière. Dans un élan désespéré, il tira encore une fois ses membres supérieurs en direction de son torse. Ce fut encore un échec retentissant. Un membre des Avengers allait peut-être finalement tomber aujourd'hui.

L'ancien chez des STRIKE arma subitement l'arme à feu dans ses mains avant de pointer le canon en direction du patriarche de la famille Barton. Celui-ci ferma les yeux. Quelqu'un allait arriver, stopper l'un des derniers représentants d'HYDRA et emporter Laura loin d'ici auprès des enfants. Il pouvait bien demander ça à la vie après lui avoir lui donner tant de bonnes choses ; Laura, les enfants, Natasha, les Avengers, Wanda, Pietro…

— Où sont-ils ? s'écria le dénommé Crossbones.

Clint, les yeux toujours fermés, inspira profondément avant de baisser sa propre tête lui aussi.

— Je ne sais pas.

— Où sont-ils, Barton !?

— Je…

— Où est James Buchanan Barnes ? Où est le Soldat de l'Hiver, Barton ?

— Je suis…

Il pouvait le sentir dans chacune de ses propres cellules. Son corps entier pouvait le sentir. Quelque chose de mauvais allait se passer, et il n'y avait pas d'obstacles pour stopper ce qui arrivait à toute allure.

— Comment Pietro Maximoff est revenue ? Est-ce que c'est sa sœur, la grande Scarlet Witch, qui est intervenue ? Ou est-ce quelque chose de totalement nouveau qui a pris le malheureux sous son aile ?

— Je n'en sais rien ! hurla l'archer, hors d'haleine. Je n'en sais absolument rien.

Il entendit la détonation dès que sa voix se tue. Mais étrangement, il ne ressentit aucune douleur. Il n'y avait rien d'autre que de l'adrénaline qui se propageait comme une trainée de poudre dans son corps meurtri par des années de combat à mains nues. Quelqu'un avait-il donc entendu sa prière ? Pour avoir la réponse à sa propre question, il ouvrit les yeux.

Devant lui, Rumlow se tenait toujours debout. Derrière lui, Laura avait relevé enfin la tête et semblait sur le point de sombrer définitivement. Sa situation actuelle ne lui permettait de ne faire qu'une seule chose, être un spectateur. Clint, le cœur au bord des lèvres, ne pouvait qu'assister en direct à la mort de sa femme. Assister à l'écoulement du sang de la femme qui avait mis au monde leurs enfants. Assister sans ne pouvoir y intervenir.

Alors qu'il pensait que le monde s'était ligué contre lui, il aperçut l'assassin de sa dernière part d'humanité chuter à terre, à la recherche de la moindre molécule d'oxygène autour de lui. Avant de disparaitre comme un traitre, il avait eu l'honneur de faire face et de découvrir les deux responsables de sa chute brutale ; un bouledogue aussi gros qu'une voiture ainsi qu'une femme qui tendait un de ces poings dans sa direction, celle-ci ne relâcha la pression qu'elle exerçait que lorsque l'intéressé disparut de son champ de vision.

L'archer vit la jeune femme se diriger d'un pas lourd dans la direction de Laura. Au bout de quelques secondes, elle lui détacha finalement des liens qui la liaient à la chaise. Rapidement, elle fit demi-tour pour le rejoindre et le détacher à son tour. La jeune femme l'observait d'un air coupable pendant toute la durée de son action.

— J'aurais aimé pouvoir arriver plus tôt. Je suis désolé pour tout, chuchota-t-elle finalement d'une voix triste en se détachant de lui pour retourner auprès de l'énorme chien auquel elle posa l'une de ses mains sur la base de sa nuque. Elle ne survivra pas le voyage, Lockjaw. Rentrons.

Ils disparurent aussi vite qu'ils étaient apparus.

Clint courut presque immédiatement pour rejoindre Laura. Malgré que ses propres jambes flanchées sous la douleur, il la prit dans ses bras avant de les descendre tous les deux à terre. Alors qu'il essayait de maintenir le plus près possible de son corps, elle posa les yeux sur lui et utilisa les dernières forces qui lui restaient pour caresser les pommettes de son mari avec son pouce. L'ancien Avenger attrapa cette main et la colla plus intensément contre sa joue.

— Reste avec moi, Laura. Reste avec moi, je t'en supplie. On… va trouver un moyen pour sortir d'ici. Les secours ne sont plus très loin.

— Qui était… cette femme ? murmura la jeune femme d'une voix tellement faible qu'elle ne lui parvenait presque pas jusqu'aux oreilles.

— C'est celle qui m'a offert une chance de pouvoir te sauver.

— Il n'y aura pas d'équipe de récupération pour moi, Clint… Il n'y en aura pas.

Le sang continuait à couler à flots continus sous son t-shirt violet et l'avait imprégné d'une tache indélébile. L'archer reposa la main de sa femme contre son torse mais il ne put se résoudre à la lâcher.

— Tout est de ma faute, Laura. Tu ne devrais pas être à cette place. Je devrais y être.

— Regarde-moi, articula faiblement sa femme. C'était notre erreur.

Clint la cala immédiatement contre son propre torse et la berça sur l'air le plus doux qu'il connaissait, les larmes aux yeux.

— On va réussir à le faire Laura. On a juste à attendre quelques instants. D'accord, ma belle ? Je sais que tu es capable de le faire. Tu as toujours été la plus forte d'entre nous deux. C'est bien toi qui as réussi à faire plier l'un des membres des Avengers. Ce n'est pas cette balle qui va te stopper. Tu m'entends ? Tu es plus forte qu'elle, dit-il en fermant les yeux. Fais-le pour les enfants. Fais-le pour eux.

Les larmes dévalaient toujours sur ses joues lorsque Natasha déboula dans la pièce. Elle ouvrit la bouche, choquée, quand elle comprit ce qui se passait sous ses yeux. Les yeux brillants, elle s'installa à côté de lui avant de repousser une mèche de cheveux bruns du visage de celle qu'il tentait coûte que coûte de la garder un peu plus auprès de lui.

Le Captain fut le suivant à entrer suivit de près par Pietro. Il lui adressa quelques mots avant de repartir en courant les poings serrés. Le Maximoff, le visage rempli de compassion, se rapprocha d'un pas rapide et franc auprès d'eux.

— On peut encore le faire, Clint. On peut encore la sauver à l'hôpital, lui dit-il en s'agenouillant. Mais j'ai besoin que tu me donnes ton accord.

Clint hocha simplement la tête. Pietro s'empara précautionneusement de Laura et disparut avec elle dans un éclair bleuté. Il était le plus compétent d'entre eux ici pour la faire tenir à la vie encore un peu plus.

Natasha le prit dans ses bras dès qu'ils furent seuls. Il s'effondra sur son épaule tandis que celle-ci essayait de tenir au moins pour lui. Ils avaient ensemble assisté à tellement de mise à morts, qu'ils étaient eux-mêmes capables de prédire le temps qu'il restait aux condamnés. Et c'était toujours le cas, même pour Laura. Ils savaient qu'elle ne survivrait pas plus d'une heure.

À l'extérieur, la seule chose qui s'encra à l'encre noire dans sa mémoire fut l'image de Tony qui les observait de l'intérieur de sa voiture, garé sur le bas-côté.


Comme on dit ; une guerre amène toujours à la mort d'innocents. Et d'un côté, cette mort me permet d'explorer le côté sombre de Clint. Le seul truc fun. x)

Pour ceux qui sont toujours inquiets, cette Civil War va plus être plus un tremplin pour l'arrivée d'un certain groupe de personnes ou pour encore un autre groupe . [D'ailleurs, vous avez un gros indice dans ce chapitre.] Il faut aussi prendre en compte qu'il n'y a que les points de vue de Pietro et de Clint qui ont loupé la plus grosse partie de l'histoire. c:

Chose à part, les spoilers commence lentement à tomber pour le film et j'adore ça. x)

Je tiens encore à tous vous remercier de vouloir me suivre dans mes délires ; vous êtes tous géniaux et je ne le dirais surement jamais assez.

Le prochain chapitre sera toujours avec le point de vue de Clint ! Les choses sérieuses vont enfin commencer !