COMME UNE ADDICTION

Fiction courte (comme ma… hein, quoi ?) sur SysyTheHotdog et DidiChandouidoui, eh oui, encore une, on change pas une équipe qui gagne ! [Sydi]

Là encore on est dans les 6-7 chapitres, mais plus longs que ceux de la précédente ;)

EDIT : ce dernier chapitre (eh oui…) est plus long que les autres ;)

Nota Beignet (haha lolilol quel humour) :

Les deux personnes réelles qui inspirent cette histoire ne m'appartiennent évidemment pas, j'ai inventé une partie de leur personnalité pour les besoins de cette fiction. Voilà, ça tombe sous le sens mais je le précise pour la forme.

Et euh… Les gars, si vous tombez là-dessus (pour de vrai, du coup)… Je suis navrée x)

Bonne lecture, les gens ! :)

Arcs-en-ciel, pandas et licornes x3


Chapitre 7 : Aveux


Bien que ce geste, dont la spontanéité est sûrement révélatrice, me surprenne, j'y réponds très volontiers, l'enlaçant à mon tour. Nous restons ainsi en silence pendant quelques secondes, puis il se recule et m'adresse un sourire un peu crispé, nerveux. Comme s'il ne savait pas comment agir. Et moi-même, je n'en ai aucune idée.

Ne sachant que faire d'autre, je me dégage de son étreinte pour retirer ma veste et mes chaussures, détournant un peu mon attention de l'étrange gêne qui semble s'être installée. En même temps, que faire dans ce genre de situation ? D'un côté, comme on ne s'est jamais vraiment pris la tête jusque là, il n'y a pas de raison de le faire là, alors je pourrais simplement écouter la petite voix dans ma tête qui me hurle de lui sauter au cou sans plus de cérémonie, d'autant plus que la première chose qu'il a faite a été de me serrer dans ses bras. Mais, de l'autre, je ne sais pas vraiment ce qu'il en pense, je ne veux pas le brusquer après tout ce temps sans se voir, et de toute façon je n'en ai même pas l'audace, comme si ça me bloquait.

On ne s'est pas vus pendant une quinzaine de jours, on ne s'est envoyé ni plus ni moins de messages que d'habitude, on a repris chacun notre routine et tout ce qui s'était passé semble s'être progressivement estompé, comme dissout dans le temps. Et là, je me retrouve planté devant lui, à ne pas savoir que faire de ces retrouvailles. Enfin, visiblement, lui a en revanche un début d'idée. Alors que je reste presque immobile, comme un con, le regard à moitié dans le vide, il me reprend dans ses bras et niche son visage dans mon cou, sans mot dire. Je n'ose pas parler non plus, de peur de briser quelque chose, mais ce silence me trouble, je n'en ai pas l'habitude avec lui.

Le seul son que je laisse s'échapper est un discret sursaut, qui me saisit dès que je sens des petits baisers déposés juste sous mon oreille, tout en douceur et en sobriété. Pourtant, comme les fois précédentes, ça me rend déjà tout chose. Une vague d'euphorie commence déjà à monter en moi, estompant peu à peu mes pensées, prenant la place de ma conscience. Par automatisme, mes paupières se ferment et mes doigts se resserrent. Je frissonne à ce contact insistant et, en même temps, une bouffée de chaleur m'envahit, chaque seconde un peu plus. Ses baisers remontent le long de ma mâchoire, jusqu'à la commissure de mes lèvres, tandis qu'il glisse ses mains jusqu'à ma cambrure rénale en prenant bien soin de les passer ensuite sous ma chemise. Chemise qui d'ailleurs, entre temps, voit ses boutons défaits un à un et se retrouve ouverte devant son regard enthousiaste, je dirais même presque avide.

Même si tout ça est bien loin de me déplaire, je ne peux m'empêcher de me sentir déstabilisé. Même si c'est ce que j'espérais – je ne vais certainement pas le nier – ça me fait bizarre, au fond, un peu comme si c'était trop beau pour être vrai. Moi qui appréhendais qu'il n'ait pas les mêmes pensées que moi, ou qu'il n'ose pas agir lui non plus, il est en fait encore plus démonstratif que moi. Un peu dérouté, je descends mes mains sur son buste pour le repousser doucement, ce qui me vaut un regard d'incompréhension. J'ouvre la bouche pour parler, mais aucun son ne sort. Sûrement parce que je ne sais pas vraiment comment m'expliquer, en fait. Je me doute que son étreinte et ses baisers ne sont pas là par hasard, mais il y a en moi une certaine appréhension qui subsiste, sans que je sache pourquoi.

« - Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est… Uhm… Tu vas trouver que je radote, mais… On n'exagère pas un peu… ?

- Bah non. Enfin, tu trouves, toi ?

- Disons que… Je suis pas sûr. C'est pas que je veux pas, mais… C'est…

- Quoi, ça te bloque ?

- Non, non… Mais je… Je suis pas sûr…

- Eh, ça te dérangeait pas avant, que je sache.

– Oui, bah désolé de me poser des questions ! »

Par réflexe, j'ai pas mal haussé le ton alors que lui-même l'avait à peine monté, juste un peu agacé. Je me reprends et baisse la tête en soupirant longuement.

« - Désolé, c'est juste… Ça fait beaucoup.

- Non, c'est moi… Je veux pas que tu te sentes obligé à quoi que ce soit. »

Oh, ça, jusque là je ne me suis jamais senti forcé à rien, je n'aurais jamais dit non… Je hausse simplement les épaules pour lui signifier que je ne lui en tiens pas rigueur. C'est normal qu'il soit perdu, je n'avais presque pas remis tout ça en question jusqu'alors. Confus, il s'approche à nouveau et pose ses mains sur mes bras.

« - Peut-être que j'y ai pas assez réfléchi, en fait.

- Non, c'est pas toi. C'est juste que… Au début, je me posais pas vraiment de question, et là, en venant ici, en te retrouvant… J'ai douté. Enfin, au début, je savais pas comment agir vu le temps qui s'est passé depuis… Mais même là, je doutais encore, aucune idée de pourquoi.

- Y a quelque chose qui te fait peur… ? »

Cette question semble un peu déplacée, mais elle a le mérite de soulever le débat. C'est peut-être ça. Peut-être que j'ai peur de tous ces changements. Peut-être que j'ai peur qu'on ne soit pas tout à fait sur la même longueur d'ondes. Peut-être que j'ai peur qu'on profite inconsciemment l'un de l'autre. Peut-être que j'ai peur de le perdre, bêtement, à cause de ça.

Et, pourtant, je ne veux pas m'arrêter à ça. Dès le début, j'ai aimé le contact beaucoup plus intime et poussé avec lui. J'ai aimé ses baisers, ses caresses, la sensation de son corps contre le mien, de nos souffles qui se mêlaient, de nos cœurs qui se déchaînaient. J'ai aimé son côté entreprenant, voire un peu sauvage, avec ses morsures dans mon cou dont je ne me suis jamais lassé, son attitude parfois impatiente, ses étreintes souvent fébriles. J'ai aimé me perdre avec lui dans les méandres des plaisirs charnels, et même si la weed et l'alcool ont sûrement aidé à une telle désinhibition la première fois, les suivantes étaient loin de me déplaire.

« - Possible… »

En guise de réponse, il me serre de nouveau contre lui et caresse mon dos d'un geste attentionné, reposant sa tête sur la mienne. Non, je ne veux pas que ça s'arrête, ça me manquerait trop, d'ailleurs ça m'a déjà trop manqué, pendant ces quelques jours. Et la chaleur de ses bras autour de moi, son nez dans mes cheveux, son souffle près de mon oreille ne font que me conforter dans cette idée.

« - Je veux pas me prendre la tête. Mais… J'ai pas pu m'empêcher de douter. Un peu.

- T'en fais pas, je comprends.

- Je me sens bien, là.

- Mmh… Moi aussi. »

J'ai senti qu'il a hésité, vu que je suis un peu passé du coq à l'âne, mais ça a le mérite de montrer qu'on est, là encore, sur la même longueur d'ondes. Rassuré et enthousiaste, je relève la tête et dépose un baiser sur le coin de sa bouche, à la fois un peu timide et provocateur. Sa réaction ne se fait pas attendre, il m'embrasse avec fougue et passion, et ses bras me resserrent encore un peu plus fort, de manière presque possessive, comme si je risquais de partir. Je réponds très volontiers à ce baiser, dans lequel passent toute la frustration, tout le soulagement, toute la joie de nos retrouvailles, toute l'envie et tout l'attachement accumulés. Petit à petit, nos lèvres se cherchent plus nerveusement, plus impatiemment, nos mains se font plus baladeuses, des soupirs de contentement commencent à nous échapper. Tout ça nous avait manqué, et ça se ressent tellement qu'on n'a même pas besoin de se le dire.

Sans un mot, il me pousse sur plusieurs mètres, jusqu'à ce qu'on se retrouve sur son lit, de sorte que je sois prisonnier sous son corps, complètement de travers. Il me fixe d'un regard aguicheur et ses doigts remontent lentement le long de mon ventre, écartant mon vêtement au passage et caressant ma peau avec une sensualité qui me fait frissonner et me mordre la lèvre par réflexe. L'air satisfait, il reprend de plus belle ses baisers dans mon cou et descend le long de mon torse, laissant sa langue s'y poser furtivement par moments. Je glisse mes mains dans ses boucles brunes et ferme les yeux. Rien qu'avec ça, il commence déjà à me rendre dingue. Une douce chaleur bien caractéristique s'est installée en moi, alors qu'il n'a quasiment rien fait. Comme quoi, même après tout ce temps, même après ces quelques instants de doute, je suis resté tout autant réceptif à ses gestes.

Ses lèvres remontent ensuite lentement jusqu'à mon cou et ses dents en coincent la peau pour ensuite s'attaquer à mon oreille. Ses mains repassent sous ma chemise pour me la retirer et nos regards se recroisent pour ne plus se lâcher pendant quelques longues secondes. Un léger sourire accompagne la lueur malicieuse dans ses yeux rendus un peu plus sombres par l'envie qui a pris possession de lui, comme c'est le cas pour moi. Alors que je continue de flatter ses cheveux, il s'amuse à frôler mes lèvres des siennes, sans vraiment les toucher.

« - T'es adorable.

- Mmh… Maaais, c'est pas vrai.

- Bah si.

- Mais te moque pas ! »

Il pouffe de rire et m'embrasse pour de bon cette fois, sûrement dans le but de stopper mes protestations, avant de retourner vers le creux de mon épaule. Bien décidé à ne pas rester sans rien lui faire, je glisse des doigts fouineurs sous son haut et frôle sa peau déjà un peu moite, probablement à cause de son excitation que je peux déjà sentir grâce à son souffle haletant dans mon cou, ses caresses de plus en plus lascives et le léger renflement qui se forme contre ma cuisse. Ses initiatives tactiles sont de plus en plus osées et je suis incapable de me retenir de manifester explicitement le bien-être qu'elles me provoquent. D'autant plus qu'il recommence à faire traîner ses dents sur ma peau, en plus des bisous.

« - Mais t'arrêtes pas de me mordre, toi, en fait…

- Mmh. Ça te plaît pas ? »

Alors que j'allais répliquer, il vient titiller mon lobe et l'arrière de mon oreille, ce qui ne manque pas de me faire frémir assez vivement, étant donnée la sensibilité de cet endroit. Il s'empare de mes poignets et les bloque contre le matelas l'un après l'autre, esquissant un sourire mesquin. Ses lèvres descendent le long de ma jugulaire, jusqu'à mon buste, et là, il commence à titiller l'un des deux points les plus sensibles de mon torse, caressant la chair du bout de sa langue. Ce contact me soutire un gémissement pas discret du tout, je frissonne violemment et me mords la lèvre, me tortillant légèrement sous lui.

Lorsque l'une de ses mains longe mon flanc pour aller se poser directement entre mes cuisses et masser le renflement au travers de mon jeans, je sens l'adrénaline monter à toute vitesse, mon cœur tambouriner entre mes côtes et la moiteur de mon corps s'intensifier, sans compter le relief naissant au niveau de mon entrejambe. Il descend ses lèvres jusqu'à mon nombril pour le tripatouiller de sa langue, puis il trace un long sillon humide jusqu'à ma clavicule. Des couinements un peu étranges s'échappent de mes cordes vocales et je me sens perdre pied petit à petit, encore plus lorsqu'il entreprend de défaire mon pantalon avec une lenteur que je soupçonne calculée.

Je le repousse pour me redresser et être face à lui, sous son regard un peu surpris mais curieux. Je pose mes mains sur ses hanches avant de les remonter lentement le long de son torse pour retirer son haut. Ceci fait, je niche ma tête dans son cou pour le parsemer de longs baisers entrecoupés par moments d'une légère morsure. Confiant, il se laisse totalement faire et semble apprécier mes gestes, au vu de ses soupirs s'écrasant sur mon épaule et de sa voix rauque manifestant le bien-être qu'ils lui procurent. Je pose mes mains en bas de son dos, puis les descends pour défaire son jeans, et il en profite pour terminer de me retirer le mien.

Une fois en sous-vêtements, nous resserrons simultanément l'étreinte et, déjà, ses doigts se faufilent sous mon dernier tissu pour caresser avidement mon postérieur. Enivré par un tel empressement, je nous fais basculer sur le lit et reprends mes cajoleries dans son cou en effleurant son corps de mes doigts, m'attardant sur les zones les plus réceptives. Je me délecte de ses réactions, de ses soupirs, de ses couinements un peu timides au débuts mais de plus en plus affirmés, de ses mains qui me touchent de façon plus aléatoire. Je me redresse de temps en temps pour l'embrasser tendrement, marquant une petite pause.

Son cœur battant de plus en plus fort près du mien et ses frémissements m'encouragent tout de même à avancer d'une étape. Je descends mes mains jusqu'à ses hanches et baisse son sous-vêtement. Dans le même temps, je me penche pour mordiller son oreille et lui murmure, d'un ton délibérément aguicheur, quelques mots qui font écho à ceux qu'il m'avait déjà chuchotés auparavant.

« - Tu m'excites… »

Alors qu'il frémit à cette phrase courte mais visiblement efficace, je continue ma descente pour aller couvrir son torse de baisers appliqués. Mon excitation croissante devient presque insupportable et c'est avec des gestes un peu plus vifs que je retire mon dernier tissu et finis de lui enlever le sien pour ensuite les virer du lit à l'aveuglette. Je poursuis ma descente vertigineuse jusqu'à son nombril, puis encore en-dessous, esquissant un sourire lorsque je le sens tressaillir à ce contact. Je longe l'os de son bassin pour aller embrasser l'une de ses cuisses, puis je me décale petit à petit vers son entrejambe, dans une lenteur calculée et aguicheuse. Les yeux clos, il se mord nerveusement la lèvre et frémit d'impatience.

Lorsque je me décide à effleurer de mes lèvres le sujet de ma convoitise, il étouffe un gémissement rauque, qui m'encourage à poursuivre dans ma lancée. Sans plus de cérémonie, je l'entoure de ma bouche et entame un petit mouvement, tout en faisant jouer ma langue sur la muqueuse sensible. Sa réaction ne se fait pas attendre, il se cambre en contractant ses muscles et laisse partir des couinements à peine retenus, le souffle de plus en plus court.

C'est la première fois que je lui fais ça. Non pas que l'idée ne m'était pas venue en tête auparavant, mais c'était souvent lui qui prenait ce genre d'initiative et insistait implicitement pour s'occuper de moi, même si ça ne me déplaisait et que, de toute manière, je ne suis jamais vraiment resté passif à proprement parler. Là, j'ai envie de tenir un peu plus les rênes, de le couvrir de ces attentions qu'il a pu me témoigner, même si j'ai bien sûr déjà eu bien des occasions pour le faire les fois d'avant. Et ça lui plaît, il n'hésite pas à me le faire comprendre, en se tortillant sous moi, en gémissant de plus en plus et d'une façon délicieusement indécente qui ne fait que me stimuler d'avantage, en attrapant mes mains pour les serrer fermement dans les siennes. Ayant eu tout le temps de le cerner les autres fois, je continue jusqu'à le faire approcher de sa limite, jusqu'à l'amener au bord de sa jouissance sans qu'il ne l'atteigne.

Lorsque je le sens sur le fil, je m'interromps dans mon action et me redresse pour me réinstaller sur lui. Frustré et grisé par l'envie, il passe ses bras autour de ma taille et, avant même que je n'y songe, il tire sauvagement mon bassin contre le sien. Ses mains viennent masser langoureusement mes fesses, se stoppent par moments pour se loger au creux de mes reins et presser mon bas-ventre contre le sien, tandis qu'il resserre ses jambes autour de moi. Il penche la tête sur le côté lorsque ma main se glisse derrière son oreille pour caresser une partie sensible de son cuir chevelu, ce qui lui soutire un adorable ronronnement. Esquissant un sourire, je continue de grattouiller ce même endroit et reviens faire jouer ma bouche sur son épaule et son cou, laissant parfois ma langue ou mes dents s'en mêler.

Tout aussi impatient que lui, je faufile une main entre ses cuisses pour enserrer doucement son sexe et entamer un va-et-vient régulier et assez lent. Un peu pris de court, il se crispe à ce contact, puis il se détend à nouveau. Depuis le temps, il me fait confiance et sa pudeur s'envole facilement avec moi. Il se mord la lèvre, étouffant un couinement, et se cambre de nouveau. Attentif à ses réactions, je poursuis mes flatteries dans son cou, tout en écoutant ses soupirs hachés et fébriles, qui deviennent plus longs et surtout tellement sensuels que j'en perds sérieusement le nord, je ne vais plus tenir. Et visiblement, lui non plus...

« - Hnn, Dylan… S'il t-te plaît… »

Ces quelques mots, cette demande implicite exprimée en un soupir, mon prénom prononcé de la sorte, me font craquer complètement. J'accélère un peu le mouvement de mon poignet et le rend plus irrégulier, ce qui ne tarde pas à accentuer ses réactions. Je le sens trembler, dans un état quasi-euphorique. Ses doigts venus se percher sur mes épaules resserrent brusquement celles-ci, il laisse sa tête partir en arrière et ses paupières se refermer sur ses yeux embrumés par l'excitation culminante. Ses cordes vocales se délient de plus belle, me stimulant encore plus, il n'en est qu'encore plus attirant, je ne peux m'empêcher de penser à quel point je le trouve beau en le voyant ainsi.

J'augmente encore la fréquence des allers-retours de ma main sur son intimité en y frottant la mienne dans un geste à peu près synchronisé. Au fil des minutes, nos mouvements deviennent plus vifs, frénétiques, débridés, et nos respirations s'affolent. Je me sens vite approcher de la ligne d'arrivée mais je m'efforce de tenir, pour nous deux, pour lui. Même s'il me fait un effet démesuré, même si je me languis de le voir au point culminant de sa jouissance, j'ai envie de l'entendre encore exprimer son plaisir, de le voir prendre son pied, toujours plus, de partager avec lui ce moment intime et intense le plus longtemps possible.

J'ai l'impression de me noyer dans un océan de sensations et d'émotions, qui se bousculent les unes les autres. Je sens la chaleur de son corps contre le mien, ses hanches se relever pour accompagner mes coups de reins, son souffle brûlant sur ma peau, ses baisers erratiques, ses mains tremblantes se crisper sur mon dos, ses jambes se resserrer autour de moi. J'entends ses soupirs et gémissements de plaisir se mêler aux miens, sa respiration haletante, le froissis des draps à chaque mouvement de nos bassins. Je profite de sa proximité pour humer son odeur et goûter sa peau légèrement salée par la moiteur, la mordant par moments comme lui aime tant me le faire. Je vois son corps en sueur comme le mien, ses cheveux éparpillés et un peu humidifiés, ses lèvres entrouvertes quand il ne les mordille pas, son visage rougi, son buste qui se soulève à un rythme désordonné, ses yeux embués.

L'accumulation de toutes ces sensations finit par nous mener, l'un après l'autre, à un orgasme intense, celui qui prend tout entier, qui coupe le souffle l'espace d'un instant pour ensuite le rendre encore plus erratique, qui se diffuse dans la chair, dans les os, dans les muscles, qui propage une chaleur indescriptible d'un seul coup depuis le plus profond des entrailles, qui accélère les battements du cœur jusqu'à en donner l'impression d'être sur le point d'exploser. Alors que nos gémissements rauques et presque obscènes se mêlent dans l'air qui semble s'être alourdi, ses mains viennent agripper mes cheveux et les tirent par automatisme, les miennes maintiennent ses hanches contre moi.

Les derniers instants défilent vite, trop vite. Les derniers spasmes, les derniers sons de plaisir intense, les dernières larmes d'émotion, les dernières caresses fébriles, avant que tout s'arrête. J'abandonne un long soupir et me laisse retomber, encore tremblant. Aussi exténué que moi, Sylvain entrelace nos doigts et me presse un peu maladroitement contre lui, puis s'approche de mes lèvres pour les embrasser avec tendresse. Répondant un peu faiblement à son baiser, je passe ma main libre dans ses cheveux et les grattouille d'un geste affectueux. Nous restons un petit moment comme ça, simplement enlacés, récupérant petit à petit, profitant du contact entre nos corps encore frémissants, empreints des dernières sensations.

« - Je propose… Qu'on passe sous la douche… Vite fait… »

Très intéressé par cette proposition, qu'il a marmonnée entre deux reprises de respiration, j'acquiesce et me redresse avec un grand sourire enthousiaste. Amusé de ma réaction, il s'assied à son tour et nous nous levons tous les deux. La démarche un peu chancelante, nous allons main dans la main à la salle de bains et entrons dans la douche. Après avoir réglé la température de l'eau, il me reprend spontanément dans ses bras, un geste auquel je m'attends certes plus qu'avant et que je commence à connaître, mais dont je ne me lasse pas.

Les yeux clos, détendu par son étreinte et par l'eau tiède qui coule sur nous, je profite de ce moment apaisant. Je frissonne au contact de ses doigts qui viennent effleurer mon visage, puis me titiller les cheveux, pour ensuite descendre le long de mon bras, passer sur mon dos et finalement caresser le creux de mon dos. Je lui rends ces petites attentions et dépose quelques baisers sur son cou et ses épaules, souriant à la vue des quelques marques que je lui ai laissées. Nous restons assez peu de temps, en définitive, mais suffisamment pour nous rafraîchir et nous détendre un peu, enlacés tendrement dans l'intimité de la cabine de douche.

Après quelques minutes, nous nous décidons tout de même à sortir, histoire de ne pas non plus abuser de l'eau. Une fois à peu près secs, nous retournons dans sa chambre pour aller nous vautrer au chaud dans son lit. A quelques pas de celui-ci, sans que je ne m'y attende, il profite que j'ai le dos tourné pour me mettre une petite tape sur les fesses.

« - Non mais oh, dis-donc !

- Héhé, je t'ai eu ! »

Faussement outré par son geste et son sourire narquois, j'attrape son bras et essaie de lui rendre la pareille, mais il bloque mes mains à temps. Il me pousse pour me faire tomber sur le lit, me suivant dans cette chute, et me coince sous son corps. Riant aux éclats, comme des gamins en train de chahuter, nous revenons tout naturellement dans les bras l'un de l'autre, nous embrassant avec passion et tendresse. Puis, il repose sa tête sur moi et ferme les yeux, flattant doucement ma hanche de ses doigts. Je le contemple en lui titillant les cheveux, me plongeant petit à petit dans mes pensées.

Par rapport à avant, je le regarde différemment, très différemment même. Mais je ne le regrette pas. Encore une fois, tout ça aurait pu paraître impensable, tordu, anormal pour une relation amicale. Sauf que ça ne l'est pour aucun de nous deux, nous nous sommes laissés emporter dans cette fantaisie, et nous ne voulons plus en sortir. Avant, on se donnait des petits surnoms et on se taquinait pour plaisanter, on se faisait des blagues truffées d'allusions sans s'y attarder, on était très proches mais jamais de cette façon. Maintenant, je pourrais difficilement me comporter à nouveau de cette façon avec lui sans arrière-pensée, le regarder sans vouloir le serrer dans mes bras, être tout près de lui sans vouloir l'embrasser et le toucher.

« - Sysy ?

- Mmh ?

- Ça veut dire quoi, tout ça… ?

- Euh… Hein ? T'as de ces questions ! »

Nous nous regardons et nous mettons à rire nerveusement, comme deux cons. Je hausse les épaules et repose ma tête sur l'oreiller, pensif. Après tout, c'est vrai que ma question sort de nulle part, elle m'a d'ailleurs un peu échappé sans que je m'en rende compte. Même si, au bout d'un moment, il était peut-être temps qu'on se la pose. Pas forcément qu'on y réponde, mais qu'on se le dise.

« - Non mais, je vois ce que tu veux dire… Et, franchement, je sais pas.

- Mais… Comme ça, ça te convient ?

- Bah… Ouais. Pourquoi ? Y a un truc qui va pas pour toi ?

- Non, non, y a pas de problème. Mais… Tu te sens comment, par rapport à… Tout ça ? »

Perplexe, il reste silencieux quelques instants, semblant y réfléchir sérieusement.

« - Ben… Je me sens bien. Et si c'est pareil pour toi, y a pas à se prendre la tête, enfin je pense. Je t'apprécie et je tiens à toi autant qu'avant, sauf que là y a des trucs en bonus, on va dire. Et ça me plaît comme ça… J'aime quand on se fait des câlins, quand on s'embrasse, quand on fait l'amour, même juste quand t'es près de moi. Tout bêtement. Après… C'est pas comme quand je suis amoureux d'une fille, c'est… C'est encore autre chose, tu vois. Enfin voilà, honnêtement, sur ce plan-là, je sais pas trop…

- Si ça peut te rassurer, je sais pas non plus. »

C'est peut-être ridiculement cliché, mais il faut croire qu'on a le même ressenti. On a clairement dépassé le stade de l'amitié « standard », on est bien plus que ce que le terme « meilleurs amis » inclut, en tout cas dans la norme… Et pourtant, c'est un peu comme s'il y avait encore tout un spectre inexploré, une sorte d'amour amical dans lequel tout semble possible, puisqu'on s'affranchit des codes établis par les notions courantes d'ami et de couple.

« - Avec le temps, peut-être qu'on saura…

- Ouais. »

Sur cette brève réponse, il m'adresse un petit sourire taquin et s'approche pour m'embrasser, tendrement et simplement. Amusé, je souris à mon tour et recommence à lui grattouiller les cheveux. Il prend ma main libre dans la sienne et entrelace nos doigts.

« - Et puis, au pire, hein… »

Il hausse les épaules, sans terminer sa phrase. Mais il n'a pas besoin de le faire, on sait tous les deux ce que ça signifie. Et là, même rien qu'en se regardant, sans parler, je suis prêt à parier que la même réflexion à tout ça nous vient en tête. La même.

« C'est cool, donc on s'en fout »


Et vualaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! Fin de ce méga-chapitre, et de cette fiction… J'avoue, je suis un peu tristoune de la finir :( Mais y en aura d'autres :D

En attendant, qu'avez-vous pensé de tout ça ? Du chapitre ? De la fin ? De toute la fic ? Dites-moi tout, faites-vous plaisir, mes n'amours ! x3