Chapitre 7

Une visite chez Hagrid

Le lendemain matin, Aurélien se réveilla après avoir passé la meilleure nuit de sa vie. Les grands lits à baldaquin de Poudlard étaient autrement plus confortables que les petits lits au somier à ressorts de l'orphelinat. Une fois hors des chaudes couvertures, le fils de Voldemort se dirigea vers la petite salle de bain attenante à sa chambre et se glissa dans la cabine de douche. Il laissa le jet d'esau brûlante le réveiller totalement en douceur puis revêtit l'élégant uniforme noir de Poudlard agrémenté des couleurs de serpentard et monta dans la salle commune où Drago l'attendait, l'air ensommeillé.

En silence, les deux garçons suivirent un troisième année de serpentard jusqu'à la Grande Salle et prirent leur petit déjeuner en silence. C'est ainsi qu'Aurélien décida qu'un Drago Malfoy bouffi par le sommeil était un bon Drago Malfoy: il ne disait pas un mot! De ce jour, le jeune orphelin se fit la promesse d'épuiser le blond autant que possible.

Une fois leur petit déjeuner englouti, Drago et Aurélien tentèrent de trouver leur chemin vers leur salle de cour. Le château était un vrai labyrinthe. Il y avait cent quarante deux escaliers, à Poudlard, des larges, des étroits, ds courbes, des carrés, des délabrés, certains avec une ou deux marches ecamotables qu'il fallait se souvenir d'enjamber pour ne pas tomber, ou d'autres qui menaient ailleurs le vendredi. Il y avait aussi les portes qui refusaient de s'ouvrir si on ne le leur demandait pas poliment, ou si on ne les chatouillait pas au bon endroit, et d'autres qui n'étaient que des pans de murs déguisés en portes. Il était aussi très difficile de se souvenir où les chose se trouvaient car tout bougeait sans cesse. Les gens représentés sur les tableaux accrochés aux murs passaient leur temps à se rendre visite les uns aux autres et Aurélien était persuadé que les armures se promenaient parfois dans les couloirs.

Quant aux fantômes, ils ne facilitaient pas la tâche. C'était toujours un choc désagréable lorsque l'un d'entre eux traversait une porte au moment où on essayait de l'ouvrir. Si la plupart d'entre eux étaient heureux d'aider les première année à trouver leur chemin, Peeves, l'esprit frappeur, était pire que deux portes verrouillées et un faux escalier; il bombardait les nouveaux de morceaux de craie, tirait les tapis sous leurs pieds, renversait des corbeilles à papier sur leur tête ou se glissait silencieusement derrière eux et leur attrapait le nez en hurlant: "JE T'AI EU!" d'une voix perçante.

Mais pire encore que Peeves, si toute fois c'était possible, il y avait Argus Rusard, le concierge. Drago, et par associaton Aurélien, était parvenu à se le mettre à dos dès le premier jour. Rusard avait supris le jeune Malfoy alors qu'il essayait d'ouvrir une porte qui, par malchance, s'était révélée être l'entrée du couloir interdit du troisième étage. Il avait refusé de croire Aurélien lorsque celui-ci lui avait expliqué qu'ils s'étaient perdus. Pour ne rien arrangé, Drago avait insulté le concierge de "sale cracmol qui n'a rien à faire dans ce château", ce sui avait eu pour effet de faire enrager le vieil homme plus qu'il ne l'était déjà. Rusard était sur le point de forcer les deux serpentards à le suivre et à les enfermer dans un cachot lorsque le professeur Quirrell était arrivé et leur avait sauvé la mise en bégayant.

Rusard avait une chatte qui s'appelait Miss Teigne, une créature grisâtre et décharnée avec des yeux globuleux qui brillaient comme des lampes, à l'image de ceux de son maître. Elle sillonait les couloirs toute seule et dès qu'elle voyait quelqu'un commettre la moindre faute, ne serait-ce que poser un orteil au-delà d'une ligne interdite, elle filait prévenir son maître qui accourait aussitôt en soufflant comme un boeuf. Aurélien remerciait déjà sa capacité à contrôler les animaux en les fixant du regard, cela lui éviterait probablement pas mal d'ennuis.

Rusard connaissait les passages secrets de l'école mieux que personne (à part peut-être les frères jumeaux de Ronald Weasley, Fred et George, qui, selon Aurélien, pouraient se révéler très utiles) et pouvait apparaître aussi soudainement que l'un des fantômes. Tous les élèves le détestaient et nombre d'entre eux auraient été ravis de donner un bon coup de pied à Miss Teigne.

Le premier cours de la semaine que durent suivre les première année Serpentard fut Enchatements avec les Poufsouffles. Flitwick, le professeur et tête de la maison Serdaigle, était un minuscule sorcier qui devait monter sur une pile de livres pour voir par-dessus son bureau. Durant leur premier cour, qui consistait à apprendre à allumer et éteindre sa baguette grâce au sortilège "Lumos" et à son contre sortilège "Nox", Drago informa Aurélien avec dégoût que Flitwick était à moitié Gobelin, ce qui expliquait sa taille...réduite.

Le second cour était Histoire de la Magie avec les Serdaigle. Un vrai désastre. Il s'agissait du cour le plus ennuyeux auquel Aurélien ait jamais assisté. La matière était enseignée par le seul fantôme professeur de l'école. Alors qu'il était déjà d'un âge très avancé, le professeur Binns s'était endormi devant la cheminée de la salle des professeurs et quand il s'était levé le lendemain matin pour aller faire sa classe, il avait laissé son corps derrière lui. Binns parlait sans cesse d'une voix monocorde tandis que la plupart des élèves, même les Serdaigle, griffonaient des noms de sorciers et sorcières célèbres en confondant Emeric le Hargneux et Ulric le Follingue. Aurélien avait fait de son mieux pour suivre le cour et prendre des notes, mais il devait s'admettre vaincu: la tâche semblait tout bonnement impossible. Il se résigna donc à sortir son livre d'Histoire de la Magie, qu'il connaissait déjà quasiment par coeur, et recopia le contenu du premier chapitre tout au long de l'heure, en appliquant les principes qu'il avait appris grâce à son kit de qualigraphie.

Le lendemain matin, un mardi, ils eurent cour de Défense contre les forces du Mal avec Quirrell. L'enseignement de l'homme tournait plutôt à la farce qu'autre chose, ainsi que s'y attendait Aurélien. La salle de classe était imprégnée d'une forte odeur d'ail destiné à éloigner le vampire que le professeur avait rencontré en Roumanie et qu'il craignait de voir arriver un jour à Poudlard. Son turban, avait-il expliqué à ses élèves, lui avait été offert par un prince africain pour le remercier de s'être débarassé d'un zombie, mais son histoire sonnait faux. Quirrell, en effet, avait été incapable de raconter comment il avait combatu le zombie après qu'Aurélien ne lui ait posé la question. En plus, le turban dégageait la même odeur que la classe, ce qui avait fait dire à plusieurs élèves, dont Drago, que le professeur l'avait empli d'ail pour se protéger des vampires en permanence. Malgré la farce qu'était le cour, Aurélien ne put s'empêcher de remarquer que le regard du béguayant professeur se tournait très souvent dans sa direction.

Le mardi après-midi était une période libre durant laquelle Drago et Aurélien se rendirent à la bibliothèque pour compléter leurs devoirs. Drago avait d'abord refusé de s'y rendre,prétextant que leurs manuels étaient largement suffisants pour les aider, mais Aurélien avait insisté. Et il avait eu raison. L'endroit était une vrai mine d'or. Car si leur manuel expliquait la théorie derrière les sorts qu'ils étudiaient, ils n'en expliquait ni l'histoire, ni une théorie approfondie. Aurélien découvrit ainsi plusieurs nouveaux sorts reliés à ceux décrits dans leur manuel ou créés par les mêmes inventeurs. Il se promit de revenir dans les lieux chaque fois que nécessaire.

Chaque mardi soir, après dîner, ils observaient le ciel au télescope et apprenaient les noms des étoiles ainsi que le mouvement des planètes en compagnie des Serdaigles. Ils devaient se rendre au cour dès que la nuit tombait et devaient faire bien attention à emporter une cape ben chaude. En effet, le cour avait place en haut de la plus haute tour du château, justement nommée la tour d'Astronomie, à ciel ouvert et la température était glaciale.

Le mercredi matin était dédié à l'Herbologie où ils étudiaient les plantes et champignons magiques et leurs propriétés. Aurélien se rendit vite compte que ce cours allait être plus compliqué que prévu. Il n'avait pas du tout la main verte. Il s'en était rendu compte lorsqu'une Agripaume Ensorceleuse, plante utilisée dans la plupart des potions d'amour, était parvenue à s'entortiller autour de son poignet et à l'hypnotiser si bien qu'il avait failli proférer son amour inconditionnel à Drago Malfoy, son partenaire. Heureusement, le professeur Chourave s'était endu compte du problème et était intervenue à temps.

Le mercredi après-midi, était à nouveau consacré aux enchantements et à l'histoire de la magie en compagnie des Poufsouffles. Le jeudi matin, en revanche, les première années de serpentard avaient cour de Métamorphose avec les Serdaigles. Fidèle à elle-même, le professeur McGonagall s'était adressée à a classe d'une voix très stricte:

- La métamorphose est l'une des formes de magie les plus dangereuses et les plus complexes que vous aurez à étudier, avait-elle dit. Quiconque fera du chahut pendant mes cours sera immédiatement renvoyé avec interdiction de revenir. Vous êtes prévenus.

Elle s'était alors changé en chat avant de reprendre sa forme naturelle. Il s'agissait là d'un acte très avancé de métamorphose que peu de sorciers parvenaient à accomplir, leur avait-elle expliqué. Elle était une animagus, autrement dit, une sorcière ayant la capacité de se métamorphoser en un animal donné correspondant à sa personnalité tout en gardant ses facultés mentales, comme par exemple la capacité de réfléchir comme un humain. La démonstration était impressionante et les élèves avaient hâte de commencer les cours au plus vite, mais ils s'étaient bien vite rendu compte qu'ils n'étaient pas près d'en faire autant. Néanmoins, Aurélien était déterminé à travailler au mieux de ses capacités dans cette matière encore plus que dans les autres car il voulait absolument devenir un animagus avant la fin de ses études.

Après avoir suivi des explications très compliquées, les élèves avaient commencé à s'exercer en essayant de changer une allumette en aiguille, mais seu Aurélien avait obtenu un résultat. Grâce à son entraînement l'été passé, son allumette était devenu une jolie aiguille en or gravée de minuscules serpents. Cela lui avait pris presque cinq essais avant de parvenir à passer d'une aiguille argentée commune à un résultat satisfaisant, mais il y était parvenu. Le professeur McGonagall n'avait pu caché sa surprise en voyant l'objet et s'était empressée de montrer l'aiguille à la classe. Elle avait ensuite accordé vingt points à Serpentard avec la plus grande réluctance.

Aurélien constata avec plaisirqu'il n'avait guère de retard sur ses camarades. Il était au contraire très en avance sur eux. Il avait craint que le fait qu'il ait été élevé dans un orphelinat moldu ne le retarde mais le traail qu'il avait effectué cet été là s'était prouvé d'une aide précieuse. La plupart des autres élèves n'avaient jamais ouvert leur manuel avant d'arriver à Poudlard et il y avait tellement de choses à apprendre que même quelqu'un comme Drago ne tirait pas grand chose de son appartenance à une vieille famille de sorciers.

Le jeudi après-midi avait été consacré à un nouveau cour de Défense Contre les Forces du Mal et le vendredi matin, Aurélien et Drago parvinrent à trouver tout seuls le chemin de la Grande Salle où était servi le petit déjeuner.

- Qu'est-ce qu'on a, aujourd'hui? demanda Aurélien.

- Un cour commun de potions magiques avec les Gryffondors, dit Drago. On va bien s'amuser, tu verras. Il parrait que Rogue saisi n'importe quelle occasion pour retirer des points au Gryffondors et en donner aux Serpentards.

- Vraiment? J'ai hâte de voir la tête de Weasley, Londubat et Granger, alors, répondit Aurélien.

Drago et Aurélien n'avaient en effet pas eu l'occasion de voir les trois Gryffondors de la semaine, n'ayant aucun cour commun avec eux et étant trop occupés pour les voir entre les cours.

Au même moment, le courrier arriva. Aurélien s'était habitué à voire entrer chaque matin dans la Grande Salle, au moment du petit déjeuner, une centaine de hiboux qui tournoyaient au-dessus des tables en laissant tomber lettres et paquets sur les genoux de leur propriétaire.

Jusqu'à présent, Morganna n'avait rien apporté à Aurélien. Parfois, elle venait le voir pour se faire caresser ou pour grignoter un morceau de toast avant de retourner dans la volière réservée aux hibous et aux chouettes messagères. Ce matin-là, cependant, elle vint voleter entre un pot de confiture et un broc de chocolat chaud et déposa une lettre à côté de son assiette. Curieux, Aurélien prit délicatement la missive entre ses fines mains blanches et ouvrit précautionneusement l'enveloppe. Il en sortit un mot griffonné d'une écriture serrée et irrégulière:

Cher Aurélien,

Les Gryffondors ont l'après-midi de libre et Hagrid nous a invité à venir prendre le thé chez lui aux alentours de trois heures. Neville et moi nous demandions si ça vous disait à Drago et à toi de venir avec nous? A quelle heure êtes-vous libres? Je voudrais bien savoir comment s'est passé votre première semaine. Réponds-moi avec ta chouette.

Ron

Aurélien emprunta la plume de Drago et écrivit d'un e écriture fine et élégante au dos du papier:

C'est d'accord, mais les Serpentards ont Métamorphose et Herbologie cet après-midi. On fini à quatre heures. Tu penses pouvoir reporter le rendez-vous?

Aurélien

Il redonna la lettre à Morganna qui alla la reporter à Ron.

- Ca venait de qui? s'enquit Drago.

- De Weasley. Apparament, Hagrid a invité Granger, Weasley et Londubat à venir prendre le thé chez lui, cet après-midi, à trois heures et il Ron voulait savoir si nous voulions venir.

- J'espère que tu as répondu non! S'exclama le blond.

- Bien au contraire, j'ai répondu que s'ils reportaient le rendez-vous d'une heure, on se ferait une joie de se joindre à eux.

- Mais t'es malade! Pourquoi voudrais-tu aller prendre le thé dans la cabane d'un ivrogne haut de trois mètres?!

- Tu sais, Drago, je n'y vais pas pour prendre le thé, j'y vais pour faire la connaissance de l'homme de confiance de Dumbledore. Naïf comme il est, Hagrid pourra toujours s'avérer utile un jour ou l'autre.

Un rictus de compréhension malsaine se dessina sur le visage de l'unique héritier des Malfoy.

- C'est bon, dit-il, j'ai compris ta technique. Peu importe de qui ou de quoi il s'agisse, peu importe tes goûts, le plus de relations tu te crées, le plus d'oportunités tu auras. C'est...rusé, comme plan. Mais j'aime. Je crois même que j'adore! C'est brillant! s'exclama-t-il avec enthousiasme, une lueure d'exitement brillant dans ses yeux gris pale.

Peu de temps après, Morganna attérit de nouveau à sa table avec un nouveau message. Aurélien lui prit le papier du bec et lui donna un morceau de bacon frit. Il déplia la missive et lu:

Hagrid est d'accord. On se rejoint chez lui à quatre heures et demi?

Ron

Une fois de plus, Aurélien retourna le parchemin et écrivit au dos: " C'est entendu, à tout l'heure". Puis il confia le message à Morganna qui l'emporta à son destinataire.

*HP*HP*HP*HP*HP*HP*HP*HP*HP*HP*HP*

Le cours de potion avait lieu dans les cachots. Il y régnait un air froid et humide qui vous transperçait les os et les animaux qui flottaient dans des bocaux de formol alignés le long des murs rendaient l'endroit plutôt effrayant.

Le souvenir de ce cour ferait sourir Aurélien pour plusieurs années. Car ce que Drago lui avait dit sur le maître des potions avait, étonnament, été tout à fait vrai.

Rogue commença par faire l'appel. Lorsqu'il fut arrivé au nom de Londubat, il marqua une pause.

- Ah oui, dit-il. Neville Londubat. Notre nouvelle... célébrité.

Le Survivant se recroquevilla dans sa chaise encore plus qu'il ne l'était déjà, le visage cramoisi. Plusieurs élèves de Serpentard ricanèrent en se cachant derrière leurs mains tandis que Drago et Aurélien tentaient vaillament de rester impassible. Rogue acheva de faire l'appel et releva tête. Il avait des yeux d'un noir aussi profond que les cheveux d'Aurélien, mais ils n'avaient pas l'attirance de ces derniers. Les yeux de Rogue étaient vides et froids et étaient encadrés par des cheveux noirs et gras.

- Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions, dit-il.

Sa voix était à peine plus élevée qu'un murmure, mais on entendait distinctement chaque mot. Tout comme le professeur McGonagall, Rogue avait le don de maintenir sans effort le silence dans une salle de classe.

- Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillone doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens... Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cancres idiots à qui je dispense habituellement mes cours.

Cette entrée en matière fut suivie d'un long silence. Aurélien et Drago échangèrent un rictus et un regard impatient. Neville et Ron, de l'autre côté de la salle, palirent jusqu'à en rendre un mort jaloux. Hermionne Granger, quant à elle, était assise au bord de sa chaise et avait visiblement hâte de prouver qu'elle n'avait rien d'un cancre, ni d'une idiote.

- Londubat! Dit soudain Rogue. Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise?

Les yeux de Londubat montrèrent clairement sa confusion. Le Survivant jeta un coup d'oeil à Ron qui paraissait tout aussi décontenancé que lui. La main de Granger, en revanche, s'était levée à la vitesse d'un éclair.

- Je ne sais pas, m...m...monsieur, répondit Neville dans une imitation passable du professeur Quirrell.

Rogue eut un rictus méprisant.

- Il semblerait que la célébrité ne soit pas tout dans la vie, dit-il sans prêter la moindre attention à la main levée de Granger. Essayons encore une fois, Londubat, reprit Rogue. Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard?

Granger leva à nouveau la main comme si elle essayait de toucher le plafond depuis sa chaise, mais Neville n'avait apparament pas plus d'idée que précédemment de ce que pouvait bien être un bézoard. Drago était à présent secoué d'un fou rire silencieux, qui ne fut, heureusement, pas remarqué par les Gryffondors. Aurélien avait lui-même un mal fou à se contrôler et à rester impassible.

- J... j...je ne sais pas, m...m...monsieur, répondit enfin Londubat.

- Vous n'alliez tout de même pas vous donner la peine d'ouvrir un de vos livres avant d'arriver ici, n'est-ce pas, Londubat?

Neville baissa les yeux sous le regard brûlant du Maître des Potions et devint écarlate. Rogue, de son côté, ne faisait toujours pas attention à la main frémissante de Granger.

- Londubat, reprit le professeur, quelle est la différence entre le napel et le tue-loup?

Cette fois, Hermionne se leva carrément de sa chaise, le bras toujours tendu au-dessus de sa chaise.

- J..j...je ne sais pas, monsieur, répondit Neville dans un murmure honteux, aussi rouge qu'une tomate.

- Vous ne savez pas. Peut-être aurais-je plus de chance avec un élève n'étant pas aveuglé par sa propre célébrité pour daigner ouvrir son livre. Un élève de ma Maison, pourquoi pas? Malfoy!

Drago releva tête, encore écarlate dû à son fou rire, et porta toute son atention sur le professeur.

- Malfoy, dîtes-moi, connaîssez-vous la différence entre le napel et le tue-loup?

- Oui, professeur, répondit le blond, soudain tout à fait sérieux. Le napel et le tue-loup sont la même plante, nommée différement. Elle est aussi connue sous le nom d'acconite.

- Très bien Malfoy, cinq points pour Serpentard. Quelqu'un peut-il répondre aux deux autres quetions que j'ai posé à Londubat?

Granger, toujours debout et la main levée, se mit sur la pointe des pieds et semblait prête à sautiller pour attirer l'attention. Aaurélien, quan à lui, leva doucement la main juste au dessus de son crâne, une expression impassible sur son visage aux traits d'ange. Rogue lui jeta un regard surpris et haussa imperceptiblement un sourcil.

- Mr Jedosorr? interrogea-t-il.

- L'asphodèle est une plante à fleurs blanches associée à l'au-delà depuis toujours. Elle était utilisée pour fleurir la tombe des morts dans l'antiquité et elle possède des propriétés hallucinogènes et, associée à certains ingrédient, elle peut devenir mortelle. L'armoise, quant à elle, est une plante herbacée qui, en infusion, permet de régulariser le rythme cardiaque et les hormones. L'association d'une infusion d'armoise de racines d'asphodèle en poudre est la composante principale d'un somnifère si puissant qu'on l'appelle la Goutte du Mort Vivant. Un bézoard est une pierre formée dans l'estomac d'une chèvre qui constitue un antidote à la plupart des poisons et un remède sûr contre la peste.

Rogue hocha légèrement la tête tout en observant Aurélien d'un regard intéressé. Puis il dit:

- Parfait, Mr Jedosorr. Je vois que vous avez pris la peine de vous préparer pour ce cour. Voilà qui donnera vingt points à Serpentard. Alors? dit-il encore en s'adressant à la classe silencieuse et immobile. Quest-ce que vous attendez pour prendre note? Et rasseyez-vous, miss Granger, à moins que vous ne vouliez coûter à votre maison cinq points supplémentaires?

Le visage écarlate, Hermionne regagna précipitament sa chaise et trempa sa plume d'aigle dans son encrier. Quelques secondes plus tard, la classe, Aurélien compris, notait les informations gagnées en ce début de cour.

Rogue répartit ensuite les élèves deux par deux et leur fit préparer une potion destinée à soigner les furoncles. Il passait et repassait parmi les élèves, sa longue cape noire flottant derrière lui, en les regardant peser des orties séchées et écraser des crochets de serpent. Chacun eut droit à de sévères critiques, sauf Malfoy et Aurélien, pour qui il semblait éprouver de la sympathie, si toute fois il était capable d'éprouver une telle chose.

Aurélien et Drago suivirent les instructions nottées au tableau et ajoutèrent, ainsi qu'indiqué, les pensée sauvages peu avant d'éteindre le feu sous leur chaudron. Ils attendirent que la solution cesse de bouillir, puis Aurélien remua trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre et laissa Drago ajouter les aiguilles de porc-epic. La potion prit alors une couleur bleuté ainsi qu'indiqué dans la recette. Ils s'apprêtaient à remettre le chaudron sur le feu et à y glisser deux crochets de serpent écrasés lorsque soudain, un nuage de fumée verte accompagné d'un sifflement sonore emplit le cachot.

Neville s'était débrouillé pour faire fondre son chaudron et la potion qu'il avait préparée avec Ron se répendait sur le carlage en rongeant les chaussures des élèves. Un instant plus tard, toute la classe était debout sur les chaises et Neville et Ron, aspergés de potion lorsque le chaudron avait fondu, gémissaient de douleur tandis que des furonceles rouges et enflammés leur poussaient sur tout le corps.

- Imbéciles! gronda Rogue en faisant disparaître d'un coup de baguette la potion répandue sur le sol. J'imagine que vous avez ajouté les épines de porc-épic avant de retirer le chaudron du feu?

Neville pleurnichait alors que des furoncles lui poussaient à présent sur le nez.

- Emmenez-les à l'infirmerie, ordonna Rogue à Seamus Finigan et Dean Thomas.

Puis il se tourna vers Granger qui faisait équippe avec une fille de Serpentard appelée Milicent Bulstrode.

- Granger, puisque vous semblez déjà tout savoir sur les potions, pourquoi ne leur avez-vous pas dit de ne pas ajouter les épines tout de suite? Vous pensiez que s'ils rataient leur potion, vous auriez l'air plus brillante? Voilà qui va coûter cinq points à Gryffondor.

Les yeux d'Hermionne se remplirent de larme contenues mais elle ne répondit rien. Rogue recommença à faire les cents pas à travers la classe tandis que les élèves retournaient à leur potion.

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Á quatre heures vingt-cinq, Drago et Aurélien quittèrent le château et traversèrent le parc. Hagrid habitait une petite maison de bois en bordure de la Forêt interdite. Une arbalète et une énorme paire de bottes en cuir de dragon tanné étaient posées à côté de la porte.

Lorsqu'Aurélien frappa, un grand fracas retentit à l'intérieur de la maison, accompagné d'aboiements sonores. Puis, la voix bourrue de Hagrid domina le vacarme:

- Ça suffit, Crockdur!dit-il. Vas-t'en de là.

Le visage hirsute de Hagrid apparut dans l'entrebaîllement de la porte.

- Du calme, Crockdur!

Puis, enfin, Hagrid leva, ou plutôt baissa, les yeux sur les deux première année de Serpentard qui se tenaient gauchement devant sa porte en regardant, pas rassurés, l'énorme colosse noir que le géant retenait d'une main par son collier. Lorsque Hagrid posa les yeux sur Aurélien, il pâlit visiblement sous sa barbe hirsute.

- Qu'est-ce que voulez? demanda-t-il brutalement.

Aurélien haussa un sourcil, surpris par l'attitude du géant. Drago, lui, était toujours occupé à fixer le gros chien noir de Hagrid d'un air craintif.

- Ronald Weasley nous a proposé de venir prendre le thé chez vous lui, Hermionne Granger et Neville Londubat. Il nous a dit que vous étiez d'accord, répondit Aurélien d'une voix qu'il tentait désespérément de rendre timide.

Hagrid se détendit immédiatement et redevint le sympathique et naïf garde-chasse que tous connaissaient. Il fit entrer les deux première année à l'intérieur en leur disant que les autres n'étaient pas encore arrivés.

La "maison" ne comportait qu'une seule pièce. Des jambons et des faisans étaient suspendus au plafond, et une bouilloire en cuivre était posée sur le feu. Un coin de la pièce était occupé par un lit massif recouvert d'une courtepointe en patchwork.

- Faites comme chez vous, dit Hagrid en lâchant Crockdur qui bondit sur Drago et entreprit de lui lécher consciencieusement les oreilles. Á l'image de son maître, Crockdur était beaucoup moins féroce qu'il ne le paraissait. Il était en revanche, si on en jugeait par la tête dégoûtée de Drago, beaucoup plus baveux et puant.

- Alors, comment vous vous appelez? demanda Hagrid en versant de l'eau froide dans une théière qu'il mit ensuite sur le feu.

- Je suis Aurélien Jedosorr et lui, c'est Drago Malfoy, répondit Aurélien en s'asseyant à côté de Drago, qui essayaient tant bien que mal de repousser Crockdur, sur un énorme tabouret, devant la table.

- Malfoy? demanda Hagrid. Le fils de Lucius Malfoy?

- Oui, répondit Drago fièrement.

- Et tu es ami avec des Gryffondors? demanda Hagrid, incrédule.

Drago jeta un coup nerveux à Aurélien qui lui jeta un regard lourd de sens. Drago haussa alors expertivement les épaules avant de répondre:

- Je sais que mon père peut être parfois un peu...étroit d'esprit, mais, moi, la différence de maison ne me dérange pas.

Aurélien fut impressionné que Drago put émettre un tel mensonge sans ciller. Il apprenait vite, le blondinet! Toujours est-il que le mensonge sembla avoir un effet positif car Hagrid parut soudain rayonner.

On entendit alors des coups frappés contre la porte et bientôt, Drago, Aurélien, Ron, Hermionne et Neville étaient installés autour de la table à boire du thé et à se casser les dents sur les biscuits maison de Hagrid.

- Encore un Weasley, à ce que je vois, remarqua Hagrid en regardant les tâches de rousseur de Ron. J'ai l'impression d'avoir passé la moitié de ma vie à poursuivre tes frères jumeaux quand il leur prenait l'envie d'aller faire un tour dans la forêt.

Les cinq première année racontèrent à Hagrid (et à eux même, entre gryffondors et serpentards) leur première semaine de classe pendant que Crockdur, la tete posée sur les genoux de Neville, bavait abondamment sur sa robe de sorcier.

Lorsqu'il enendit le récit de la rencontre entre Rusard et les deux serpentard, Hagrid qualifia le concierge de "vieille ganache".

- Et un de ces jours, j'aimerais bien présenter son horrible Miss Teigne à Crockdur. À chaque fois que j'entre dans l'école, elle me suit partout. Impossible de se débarasser d'elle. C'est Rusard qui me l'envoie.

- Lorsque Neville raconta ce qu'il s'était passé durant le cours de Rogue le matin même, Hagrid lui dit qu'il ne fallait pas y prêter attention et que Rogue avait toujours été jaloux des personnes célèbres, à l'exception de Dumbledore. D'autre part, Rogue n'avait jamais voulu devenir professeur et n'avait jamais aimé grand monde parmi ses élèves, même parmi les serpentards.

- Ben en tout cas, on a l'impression qu'il aime bien Aurélien et Drago, dit Ron.

- Ça, c'est normal, répondit Drago, Sev est mon parrain.

Les yeux d'Aurélien s'agrandirent de surprise. Voilà une chose très intéressante et surtout, très utile à savoir.

- Oui, mais ça n'explique pas pourquoi il aime bien Aurélien, interjecta Neville timidement.

- Oh, vraiment! S'exclama Granger. C'est évident, non? Aurélien est non seulement à serpentard, mais il a en plus répondu parfaitement aux question du professeur Rogue et rapporté beaucoup points à leur maison, cette semaine. Bien sûr que Rogue aime bien Aurélien!

Sentant la tension monter, Hagrid s'empressa de changer de sujet.

- Comment va ton frère Charlie? demanda-t-il à Ron. Je l'aimais beaucoup. Il savait très bien s'y prendre avec les animaux.

Pendant que Ron parlait de Charlie, Aurélien prit un morceau de journal posé sur la table. C'était un article découpé dans La Gazette du sorcier:

"LE CAMBRIOLAGE DE GRINGOTTS"

L'enquête sur le cambriolage qui s'est produit le 31 juillet dans les locaux de la banque Gringotts se poursuit. La piste suivie par les enquêteurs devrait les mener dans les milieux de la magie noire.

Les gobrlins de Gringotts ont répété que rien n'avait été volé. Le coffre numéro 713, la chambre forte fracturée, avait en effet été vidé le même jour.

" Mais nous ne révèleront pas ce qu'elle contenait et, dans votre propre intérêt, nous vous conseillons vivement de ne pas vous mêler de cette affaire" a déclaré le porte-parole des gobelins.

Aurélien se souvint brusquement de ce qu'avait dit Hagrid, lorsqu'il l'avait croisé à Gringotts: "J'ai aussi une lettre du professeur Dumbledore, au sujet de vous savez quoi dans le coffre numéro 713 ".

Hagrid était donc, en toute logique, celui qui avait vidé le coffre peu avant le cambriolage. Et ce, à la demande de Dumbledore. Granger avait-elle vu ce qu'il avit pris du coffre? Ce devait être un objet exessivement précieux pour que quelqu'un tente de le voler à Gringotts, la banque la plus sécurisée au monde.

Lorsqu'il revint au château avec Drago, Neville, Hermionne et Ron, leurs poches pleines de biscuits qu'il aurait été impoli de refuser, Aurélien estima qu'aucun des cours qu'il avait suivis jusqu'à présent ne lui avait donné autant à penser que cette visite chez Hagrid. Il se demanda où pouvait bien se trouver le contenu du coffre, à présent. Le géant avait dû vider la chambre forte juste à temps! Aurélien se posait aussi une autre question: qui avait bien pu avoir les capacités de cambrioler une chambre forte de Gringotts sans se faire prendre?

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La suite au prochain chapitre, Mwahahahahahaha!

Oui, vous avez tout compris, l'auteur a pété un plomb. Eh, docteur?! Où est la camisole de force?!