AVANT PROPOS :

Alors, comme d'habitude :

Les personnages sont à J.K Rowling

L'histoire est à Sucubei

La correction est à Lilian Evans Potter (que je remercie très très fort!)

Du coup, comme il faut bien quelque chose pour l'auteur, celle-ci s'approprie un droit d'exclusivité sur Draco Malfoy !

(S'il vous plait ne soyez pas trop durs avec elle, Rubis n'a plus toute se tête, elle s'est trop souvent fait attaquer par son loup…)

REVIEWS :

MEL : ahhhhhhhh je vois ! Alors je vais tenter de ne pas créer un robot super intelligent, au corps de déesse, à qui tout réussit et qui se sent mal dans sa peau parce que son plus gros problème dans la vie est de savoir comment faire pour ne pas abimer ses chaussures à cause de tous les courtisans qui bavent sur ses pieds… ! Mais il y aura quand même un ou deux personnages inventés (mais ils seront normaux… enfin, aussi normal que puisse l'être quelqu'un dans l'univers d'Harry Potter !)

Sinon, ta remarque est super sympa mais elle me fait un peu peur, je suis en panique, je me dis : et si la partie après Sucubei ne lui plaisait pas ? Après tout pour le coup je vais voler en solo ! Et si ce n'était pas assez aventurier ? Si c'était trop si ? Ou pas assez ça ? Mais bon, qui vivra verra…!

Et merci encore pour tous tes encouragements !

HARRYPATTENROND : Merci ! Ravie de te retrouver au rendez-vous pour me soutenir !

EMILIE : Non, Ron restera Ron ! Et c'est bien pour ça qu'il nous fera toujours autant rire ! Et oui, pauvre petit Colin, on le plaint… Non, en fait pas du tout ! Et comme c'est moi qui tire les ficelles, je n'en ai pas fini avec lui ! Tu verras dans ce chapitre…

Et pour l'histoire du psy, non ça ne sera pas vraiment comme ça, mais c'est bien dommage car c'est une très bonne idée que tu as eue là !

En tout cas merci d'être encore là !

CHAB : Hahaha ! La faute complètement pourrie ! Mais c'est la honte ! Heureusement que tu me l'a fait remarquer (même si maintenant je ne peux plus rien faire…). Mais tu as raison ! Ta remarque m'a d'ailleurs fait bien rire ! Après tout on va faire comme si c'était ce que j'avais voulu dire… On va se la jouer un peu mégalomane sur les bords !

(Sinon, je compte sur ton œil avisé pour me dire lorsque je recommence à écrire des inepties pareilles^^)

CHAPITRE 7 : LA REVETATION

« Bien monsieur Potter, et qu'elles sont vos impressions là dessus ? »

« Mes impressions ? Et bien, je ne sais pas trop. Je crois voir des choses qui n'existent pas, j'ai l'impression de vivre dans un monde chimérique et j'ai une relation pseudo sentimentale avec un être imaginaire. Je crois…j'ai l'impression d'être fou… Est-ce que je suis fou docteur ? »

Le psy le dévisagea un moment par dessus ses grandes lunettes de verre avant de répondre lentement, cherchant les mots appropriés.

« Nous sommes tous un peu fous Monsieur Potter. L'important est de savoir à quel point votre folie est grande et si vous pouvez vivre avec elle sans qu'elle ne vous dévore. »

« Oh bé sur une échelle de un à dix, je la mettrais sur neuf et demi… »

« Si vous acceptez de reconnaitre la part de folie en vous, c'est que vous êtes plus sain que vous ne le pensez. Les vrais déments s'ignorent… Dites moi, à quand remontent vos premières hallucinations ? »

Harry prit quelque temps pour réfléchir et rassembler ses idées.

« Je crois que c'est il y a environ trois ans, quand j'ai quitté mes tuteurs. J'étais très énervé car je m'étais fait renvoyer de mon travail injustement et je venais d'apprendre que je m'étais fait berné par mon oncle, qui, au lieu de bien vouloir, pour une fois, m'aider, avait préféré m'enfoncer un peu plus. J'avais dû subir leurs traitements méprisants toute ma vie et je crois que ça était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Je suis parti de chez moi en fureur et me suis retrouvé dans le parc près de chez moi, là où j'avais l'habitude de me refugier étant petit. »

« Et que vous est-il arrivé ? »

« C'est bien là le problème, je ne sais. Je garde des réminiscences d'une attaque par un clochard, je pense bien m'être fait tiré dessus, et un homme est venu. Il m'a aidé je crois…car le lendemain j'étais en vie, au chaud, et avec de l'argent… c'est fou n'est ce pas ? Je crois que le froid hivernal m'a fait délirer ! » au fur et à mesure qu'il racontait son histoire, Harry se sentait de moins en moins crédible.

« hum hum. Je pense aussi. Avez vous eu d'autres visions chimériques ? »

« Environ deux moi après, j'ai fait mon premier rêve. Le plus marquant et transcendant d'entre tous. Je m'en souviens encore comme si c'était hier, comme s'il était gravé au fer rouge. Après cela, j'en ai fait d'autres, mais plus flous, je ne pouvais me remémorer avec exactitude la situation au petit matin. Puis, pendant plus de deux ans, ils s'arrêtèrent. Et puis… »

« Oui ? »

« Avec mon ami, nous nous sommes fait attaqués il y a environ trois mois. Nous étions bien éméchés, mais nous croyons, non, nous savons, que nous nous sommes fait agressés par une sorte de gros chien enragé et un homme nous a aidé. Après, c'est là que ça devient grave, j'ai eu l'impression de me faire attaqué de toute part par des sortes de hyènes déchaînées. »

« Pourtant, après toutes vos soit disant attaques, vous n'aviez aucune blessure ? »

« Non aucune… » souffla Harry.

« Continuez »

« Peu de temps après, j'ai déménagé et, des choses étranges se sont produites dans la maison. Mes rêves ont repris, même s'ils sont toujours aussi flous. Et puis, j'ai l'impression constante d'avoir une présence à mes côtés, comme si j'étais un petit garçon qu'il fallait surveiller. Et des fois, ce…cette chose, se fait « câline », comme un amant affectueux et provocateur. C'est… C'est n'importe quoi, hein ? Vous devez me prendre pour un fou ! Je devrais peut-être partir ! Oui c'est cela, je vais prendre ma veste et… »

Tout en parlant, Harry se leva dans l'intention de quitter le cabinet quand il fut retenu par le bras.

« Ne partez pas monsieur Potter, vous n'êtes pas fou croyez-moi. Il y a une explication rationnelle à tout ça. »

« Vous êtes sûr ? » souffla Harry en s'assaillant, prêt à être rassuré.

«Vous m'avez parlez de la manière dont vous aviez été traité par votre famille lors de notre dernière séance, vous vous souvenez ? »

Il hocha la tête.

« Vous avez manqué d'affection et de protection, votre esprit crée donc un substitut à ce besoin vital que nous avons tous mais qu'on vous a refusé depuis trop longtemps. Ainsi, vous vous êtes créé un homme à votre image, qui vous semble parfait, afin de remédier à ce manque. Vous m'aviez décrit, une des séances précédentes, cet homme en utilisant des termes comme « puissant », « dangereux » ou encore « mortel », en plus de son physique des plus avantageux. C'est parce que vous en avez peur. Vous n'avez pas l'habitude de recevoir de l'amour et vous vous attachez à cet être qui a un pouvoir inconditionnel sur vous, il vous contrôle, et c'est alors vous qui ne pouvez plus rien contrôler. Or, avec la mort de vos parents faisant de vous un orphelin, le fait qu'on vous a mal traité pendant tout ce temps, le sentiment d'avoir cet impression que le monde s'écroule autour de vous, vous ne pouvez supporter le fait de perdre le contrôle maintenant que vous pouvez choisir votre vie.»

Ah ! Maintenant que le psy lui disait tout ça, ça semblait logique !

« Et vos dangereuses attaques fantastiques ne viennent que lorsque vous n'êtes pas dans votre état habituel : tourmenté, sur les nerfs et congelé par le froid, ou encore soul et en position de faiblesse face à une attaque. Votre esprit, qui garde les souvenirs d'une maltraitance qui, pour un petit enfant, laisse des marques d'un traumatisme ineffaçable, recrée une situation de terreur qui vous replonge dans les souffrances que vous avez vécues. »

Affirmer qu'il était soulagé était peu dire. Tout s'expliquait ! Ses crises de paniques, ses visions et ses sensations excessives n'étaient que le résultat de ses séquelles ! Ouf ! De suite il se sentait mieux ! Non, il n'était pas fou. Et c'est pour ça que personne ne pouvait voir cet homme qui le suivait, ne pouvait sentir cette présence dans la maison et…

Harry s'arrêta net dans ses pensées.

Ron !

Ron aussi, il les ressentait ses sensations ! Il lui arrivait aussi de voir des choses dans la maison ! Il lui avait parlé d'une ombre qui s'était faufilée dans sa chambre, et de courants d'air dans sa nuque. Et il les entendait aussi les chuchotements ! Lui aussi il…

Harry fut coupé dans ses pensées par le psy qui lui dit que la séance était terminée. Il le raccompagna à la porte mais avant de partir, le brun s'arrêta.

« Une dernière chose docteur, je comprends mieux tout ça : mes crises et mes peurs mais… il y a quelque chose qui me dérange encore. Mon colocataire aussi semble ressentir ces faits inhabituels dans la maison, qu'est ce que cela veut dire ? »

Le psy lui fit un sourire moqueur avant de refermer sa porte en déclarant :

« Peut-être que votre maison est hanté monsieur Potter ! »


Même si ces quelques séances chez le psy l'avaient aidé à comprendre ce qui lui arrivait et se sentir mieux, il n'arrivait tout de même pas à oublier sa dernière phrase.

Lorsqu'il avait raconté son entrevue à Ron, celui-ci s'était mis dans l'idée que, oui, l'appartement devait être hanté. Il avait fait des recherches pour découvrir qu'un homme était mort tué dans cette maison il y a des années, et pour le roux, ceci expliquait cela.

Harry avait beau lui dire que les fantômes ça n'existait pas, lui-même commençait sérieusement à y croire !

Surtout que les faits troublants continuaient de se perpétuer.

Harry se souvint qu'il était en train de prendre sa douche afin de se préparer pour sa soirée, car Colin avait voulu le revoir, quand il surprit du coin de l'œil une silhouette traverser la salle d'eau.

Il ne prit pas le temps d'éteindre le jet qu'il sortit à la recherche du moindre mouvement. Ne voyant rien, il se tourna dans le but de retourner sous la douche lorsqu'il se figea.

Sur le miroir d'en face, dessiné dans la buée, Harry pouvait lire :

«Mien »

Sans prendre le temps de s'essuyer et s'habiller, il se rua dans le salon en trempant tout sur son passage, à la recherche de Ron.

Ce crétin était bien capable de lui faire ce genre de blague pour qu'il approuve sa thèse de « l'esprit pervers qui les hantait ».

Mais il n'y avait personne excepté lui.

Il retourna dans la salle de bain afin de ranger la pagaille et décida de ne plus faire attention au mot.

Mais, malgré lui, il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers le miroir pour y trouver un second message :

«Tu es prévenu »

Se jetant sur la glace, il effaça toute trace de buée et, après avoir arrêté l'eau, il retourna dans sa chambre d'autant plus résolu à voir Colin.

Rien de désastreux ne se passa de la soirée et Harry ramena Crivey chez lui.

Alors qu'ils étaient torses nus sur le lit, bien échauffés et excités, près à s'enlever ce qui leur restait de vêtements, la sonnette de l'appartement se fit entendre.

«Laisse tomber » murmura Colin. « Ils repasseront demain »

Harry l'écouta et commença à tracer un sillon de baisers jusqu'au nombril de son ami lorsque la sonnette retentit encore, de manière plus importante.

Faisant fi, Harry commença à déboutonner le pantalon du jeune homme quand le bruit devint assourdissant.

Se levant en pestant et jurant comme un charretier, il délaissa Colin pour aller dire sa façon de penser à l'emmerdeur qui osait les déranger à une heure pareille.

Il eut à peine le temps de faire deux pas hors de sa chambre que la sonnerie s'arrêta et la porte de la pièce se claqua.

Il se retourna direct dans l'intention de l'ouvrir mais elle était bloquée.

Ce fut là qu'il entendit Crivey hurler de terreur.

« Colin, ouvre la porte ! Qu'est ce qui se passe ?! »

Il attrapa la poignée et la tourna dans tous les sens sans jamais pouvoir l'ouvrir. Et les plaintes de l'autre côté se faisaient plus intenses.

« Ouvre la porte bordel ! »

Pris de panique, il se rua sur la porte, la cognant à coup de poing, de pied, balançant son corps… mais rien n'y faisait. Et Colin semblait hurler à la mort. Il ne savait plus quoi faire, il ne pouvait qu'entendre les plaintes angoissées et les supplications de l'homme enfermé, sans pouvoir agir.

Etalé au sol d'épuisement, son corps le lançant de partout, après une éternité à devoir supporter les plaintes de douleurs et les cris de tourment, il vit la porte s'ouvrir en grand et Crivey en sortir.

Le jeune homme était en larmes, ses yeux remplis de terreur. Ses habits déchirés laissaient entrevoir son corps écorché, difforme comme si on lui avait cassé des os et meurtri de bleus, du sang coulant de ses imposantes plaies.

Cette vision lui donna des remontés de biles dans la gorge.

Le blond jeta à peine un regard vers Harry avant de s'enfuir difficilement avec pour seules explications un « Ne cherche plus JAMAIS à me voir ! »

Anxieux, il rentra dans sa chambre à la recherche du moindre signe d'activité paranormale mais tout semblait calme, comme s'il ne s'était jamais rien passé.

Pris de nausées il se rua dans les toilettes et y vomit tout son repas.

Il dormit très mal cette nuit là, pour ne pas dire presque pas.

Alors c'était véridique, la maison était hantée.

Si jusque là il avait pu se murer dans un déni imparable, après cette histoire, il était bien obligé de reconnaître la chose : un être fantasmagorique vivait avec eux. Il ne pouvait plus se voiler la face.

Bien, puisque c'était ainsi, il allait prendre le taureau par les cornes !

Il raconta tout à Ron le lendemain et ils cherchèrent le numéro d'un exorciste. Malheureusement, on n'en trouvait pas à tous les coins de rue. Et après moult recherches sur des forums, ils eurent un numéro d'un certain Mr Gilde.

Le problème était qu'il se trouvait actuellement en Amérique et qu'il ne pourrait venir avant deux mois.

Soit.

Au point où ils en étaient, ils étaient prêts à attendre le temps qu'il fallait, si cela pouvait les aider.

En attendant, les messages et sensations se faisaient toujours de plus en plus persistantes et ils tentèrent tout pour s'en défèrent.

Ca allait de faire venir un prête dans l'appart, de balancer de l'eau bénite dans toutes les pièces, jusqu'à placer des petites statuettes absolument hideuses et terrifiantes dans chaque recoin de la maison. Ils mirent même du sel à l'entrée des portes et fenêtres.

Ils tentèrent toutes les actions possibles et imaginables pour éloigner les esprits, qu'elles viennent de croyances médicinales, religieuses, vaudou… tout était bon !

Cela eut le mérite de calmer un peu le jeu. Il semblait que l'esprit se faisait moins pesant dans la journée. Mais à coté de cela les rêves d'Harry avaient repris de plus belle.

Il fallait dire que depuis sa discutions avec le médecin, il acceptait plus facilement ces rêves, et ressentait moins de tension le lendemain. Il remarqua d'ailleurs, que plus il les acceptait, plus ceux-ci devenaient vivaces.

Puisque ce Draco Malfoy n'était que le fruit de son imagination créé dans le but de palier à son manque affectif, autant arrêter de luter et accepter ce qu'il lui donnait. Car qu'est ce qu'il lui donnait ! Sans parler du fait qu'il ne s'était jamais senti aussi désiré, protégé et aimé qu'entre les bras et sous les caresses de son adorateur… Alors, pourquoi luter ?

Surtout que si Harry craignait, d'après le psy, de perdre le contrôle, il avait vite remarqué que le dominant du couple, ayant beau se retrouver constamment au-dessus, était celui qui se pliait aux désirs du brun.

Et si au début ils n'avaient que des relations sexuelles, au fil du temps ils se mirent à parler de tout et de rien, à apprendre à s'apprivoiser et à créer une relation de complicité.

Lorsque celui-ci ne se sentait pas bien, son fantasme venait se glisser dans ses draps, l'écoutait religieusement s'exprimer et le câlinait tendrement. Puis le blond, tout en le cajolant, le rassurait, le calmait sur ses doutes, le consolait dans ses peines. Qu'il lui offre un discours argumenté, ne fasse que chuchoter quelques paroles pour le calmer, ou une litanie de mots doux, il trouvait toujours quoi dire, quoi faire, pour le réconforter…

Ou au contraire, pour le tenter et le séduire !

Il ignorait comment le beau blond faisait ça mais il savait exactement ce qu'Harry désirait et, en fonction, devenait soit doux et tendre comme un agneau, passant des heures et des heures à vénérer le corps du brun, soit se faisait plus sauvage, le prenant dans toutes les pièces de la maison, devenant alors ardent, fougueux, impétueux et ne lui laissant aucun répit.

Mais qu'il soit doux ou dominateur, amoureux ou enflammé, son démon avait réussi à se rendre indispensable. Tel un drogué jamais lassé de sa dose, à peine le blond était-il partit, qu'Harry recherchait sa présence avec envie et crainte.

L'albâtre avait créé chez lui un besoin insatiable.

Chaque jour il était dans l'attente et l'appréhension de la nuit à venir, et avec elle, le retour de son tortionnaire aux doigts de fées. Car dans ses rêves, d'un érotisme renversant, il avait l'impression de devenir un simple instrument entre les mains parfaites d'un artiste. Plus que cela, il en devenait l'œuvre d'art. Il était son concerto, sa chapelle Sixtine, sa Venus de Milo…

Chaque rêve le laissait tremblant de désir et dans l'attente de retrouvailles qu'il savait encore plus exaltantes que les précédentes.

Il se réveilla un mardi matin avec le corps encore tremblant. Il était 7h00 et il se rendit compte qu'il n'avait eu qu'une heure pour se reposer.

La veille, alors que Ron dormait il ne savait pas trop où, il était plongé dans ses devoirs lorsqu'il sentit un souffle chaud au coin de sa nuque. Son corps se tendit directement dans l'attente de ce qu'il espérait et redoutait à la fois : cette perte de contrôle et de liberté qu'il offrait désespérément à son apollon.

Celui-ci posa délicatement ses lèvres sur la peau sensibilisée et l'emprisonna de ses bras puissants. Et Harry comme toujours, se laissa aller, telle une poupée de chiffon. Un soupir de bien être s'échappa de ses lèvres sans qu'il n'ait pu le retenir.

Draco le retourna alors et plongea ses yeux incandescents dans les siens, l'analysant, cherchant comme toujours dans quelle disposition se trouvait son compagnon.

Harry était d'humeur coquine ce soir.

Avec un sourire séducteur, le blond lui ravit ses lèvres dans un baiser passionné. Alors qu'il alternait entre douceur et passion, effleurant, taquinant, dévorant sa bouche, il le prit, balança tous les cours du brun au sol, et l'allongea sur la table.

Puis il entreprit de déguster son corps à coup de langues et de morsures. Le brun lui attrapa la nuque et plongea ses mains dans ses cheveux soyeux. On aurait dit de la soie. Il plaça sa tête dans son coup et huma son parfum. Sa simple odeur lui fit tourner la tête. Les effluves qu'il dégageait s'infiltraient dans son corps, lui envoyant des vagues de chaleurs.

En gémissant, il attrapa de ses dents un bout de peau et se mit à le sucer. Même celle-ci avait un goût de paradis !

Le blond laissa s'échapper une plainte rauque et il plaqua Harry contre la table. Puis il se releva. Le brun dépité de cette perte voulut en faire autant quand il se rendit compte qu'une force invisible le retenait allongé contre la table.

La vision du blond, vêtu simplement d'un pantalon de cuir moulant, ne cachant nullement sa musculature et son désir, le torse parfait se levant et se rabaissant au rythme d'une respiration saccadée, et le visage illuminé par l'envie, lui envoya des décharges de désir dans tout le corps au point que sa virilité se dressa à lui en faire mal.

Mais le pire fut ces incroyables yeux mercures incandescents qui le dévoraient sur place avec passion.

« Détache moi ! » gémit-il.

Il avait envie de Draco, là maintenant ! La distance lui était insupportable !

« Oh non mon amour ! » ronronna la voix dévorée par le désir « tu veux jouer, on va jouer… »

Il déchira le reste des vêtements du brun, le laissant nu, son désir en évidence, son visage rouge d'envie et son corps contracté par l'anticipation.

Il prit un tube de chantilly et son sourire se fit carnassier.

Les yeux comme des soucoupes, Harry frissonna.

Le blond leva la main, balança se tête en arrière et fit couler la crème dans sa gorge. Rien que cette vue donna à Harry l'envie de jouir.

Puis il se pencha sur son détenu et l'embrassa à perdre haleine, partageant son dû jusqu'à qu'ils ne sentent plus une parcelle du liquide.

Et là encore, il continua à lui torturer la bouche de sa langue sucrée.

Puis, il traça un long sillon partant du haut de son torse et descendit, descendit jusqu'à ce qu'il ne puisse plus aller plus loin. Le contact froid de la crème avec son membre fit geindre le brun, à la fois de surprise et d'anticipation. Rien qu'en imaginant le contraste avec cette bouche ardente, il en frémit.

Son fantasme se hissa alors sur lui, l'encadrant sans néanmoins le toucher. Puis sa langue attaqua sa gorge et, avec une lenteur vertigineuse, elle suivit minutieusement la raie blanche, se courbant afin d'épouser chaque parcelle de peau et ne laisser aucune miette.

« Draco » gémit Harry

« Chhhut mon amour »

« Mais Draco, je n'en peu… AAAAAHHH ! »

Sa verge fut prise en bouche et engloutie pour se retrouver prisonnière d'un antre qui l'aspirait avec ferveur. La langue mutine, vint tourner et tournoyer autour de sa chaire délicate et il perdit la raison.

Alternant puissance et rapidité avec une lente caresse, le suçotant ou le léchant de tout son long, pour le reprendre en bouche après, son démon ne lui laissait aucun répit.

Dans sa folie il entendit une succession de cris et gémissements sans fin pour se rendre compte que c'étaient les siens.

Et à chaque fois qu'il se sentait proche de la libération, Draco ralentissait sournoisement l'allure pour reprendre de plus belle.

Après une torture sans fin, son bourreau augmenta la pression jusqu'à le faire défaillir dans bouche.

Il martyrisa son corps de nouveau sans cesse jusqu'à ce que le désir d'Harry revienne et recommença ces jeux encore et encore.

A bout de nerfs ce dernier le supplia de le prendre et il se décida, enfin, à le délivrer de ses entraves invisibles.

Il lui attrapa alors le torse, le plaqua contre le mur, et s'enfonça en lui sans plus attendre.

Les cris du brun se noyèrent dans les rugissements du blond.

Celui-ci, le percutait avec un empressement dévastateur, heurtant sa prostate, ne s'arrêtant jamais.

Harry en pleura de ravissement et d'allégresse.

Allant toujours plus vite, toujours plus fort, Harry ne put suivre le rythme et se laissa guidé par la bête de sexe qui le pénétrait généreusement.

Draco se déversa enfin en lui en lui mordant violemment à la nuque, lui aspirant là peau avec délectation.

Après cela, il l'emmena sur le lit, lui banda les yeux et entreprit de jouer avec son corps de nouveau pendant des heures, lui accordant la vision que pendant la pénétration pour l'obliger à le regarder pendant la jouissance.

Et Harry, devenue une marionnette entre ses mains, le suivit, adaptant son corps à toutes les positions que lui soumettait son assaillant, réclamant comme un dément ses caresses et ses baisers, tentant lui aussi de l'étouffer par son attention et ses bon soins, mais perdant généralement le combat.

Et Draco lui fit l'amour jusqu'au matin, le laissant s'évanouir contre son torse brulant.

Il enferma entre ses bras et ses jambes et lui déversa une cascade de baisers papillons sur son cou et ses épaules, en lui susurrant des mots doux, jusqu'à ce que le pauvre petit s'effondre.

Et le voilà, à 7h00 pétante à devoir sortir de son repos qu'il venait à peine de retrouver.

Mais il se sentait si bien, si repu, si sexuellement et, étrangement psychologiquement, épanoui, qu'il était bien prêt à se reposer un peu moins si ça signifiait être autant en harmonie.

Cela était complètement insolite qu'il prenne plus de plaisir avec son fantasme qu'avec de véritables personnes, il se surprit à en avoir plus rien à faire.

Finalement ce sale pervers d'esprit avait bien fait d'éloigner Crivey, même s'il était toujours résolu à le faire disparaître.

Il était hors de question qu'un fantôme dérangé, lubrique et obscène continue de lui écrire des messages inopportuns et à lui caresser le corps !

De bonne humeur, Harry passa une excellente journée et rentra le soir dans l'expectative de ses agréables songes.

Aussi fut-il surpris lorsque son démon tentateur ne vint pas le retrouver. Il en fut quelque peu déçu. Mais tant pis, ça serait pour la prochaine fois. Surement que son corps ne pouvait suivre le rythme et avait besoin de repos. Ainsi, il serait plus en forme pour la prochaine fois. Oui voilà, ça valait mieux.

Le lendemain, reposé, il attendit encore la visite de Draco, trépignant sur place, mais l'autre ne vint jamais.

Et ce fut cela jour après jour, Harry espérant en vain.

Ce fut, déçu, qu'il se dit que peut-être son esprit, remarquant qu'il allait mieux, avait arrêté de créer ces fameux rêves. Après tout, ils avaient tendance à venir après qu'Harry ait vécu une situation plus ou moins traumatisante et ne duraient pas indéfiniment.

Ce fut presque avec envie de se mettre délibérément en danger pour recréer une situation de crise, qu'il se résolut à dire adieu à ses éblouissants songes orgasmiques.

Cela faisait deux semaines que tout était redevenu normal, même son ennuyeux fantôme l'avait laissé tranquille, et il en était plutôt bien content.

Il était sous la douche, se détendant après une rude journée d'examens, la tête sous le jet d'eau et les yeux clos lorsqu'il sentit des mains se faufiler sur son torse, descendant vers son aine, et des douces lèvres laissant des baisers brulants sur son épaule.

Harry se cambra, reconnaissant naturellement ces mains et cette bouche expertes.

Des dents vinrent lui titiller le lobe de l'oreille et une voix mélodieuse lui souffla:

« Bientôt mon amour »

Bientôt quoi, Harry n'en avait pas la moindre idée.

Il allait demander lorsque des doigts s'emparèrent de sa virilité pour la lui masser généreusement. Il laissa échapper un râle de plaisir et oublia complètement ses interrogations. Une bouche avide s'empara de la sienne et lui prodigua maintes attentions avec amour et minutie.

Alors que les mains firent des mouvements plus rapides, Harry sentit quelque chose frôler son anus avant de rentrer en douceur, lui laissant le temps de s'habituer à sa présence. Le brun imposa le cadence d'un mouvement de hanches et les vas et viens s'intensifièrent, en accord avec le rythme de la main sur son pénis.

« Oh mon amour ! Tu es si étroit ! Oh oui ! »

Les gémissements de la voix coulaient dans se gorge comme du miel.

Le blond lui dévorait la bouche en continuant ses mouvements agiles. Après un long moment ainsi, il quitta ses lèvres pour se concentrer sur son cou, le léchant, suçant, mordant, jusqu'à rendre la peau sensibilisée. Puis le brun le sentit sourire contre sa nuque, alors que ses coups s'intensifièrent.

« Draco » bredouilla le brun, à bout de souffle.

« Cris mon nom Harry ! Supplie moi d'aller plus vite ! Implore moi de venir plus fort ! »

La voix devenait orgasmique.

« Oh oui ! Pitié ! »

Le mouvement de hanche se fit plus brusque et percuta directement la sensibilité du brun, déversant des ondes de plaisirs suprêmes.

« Dracooooo ! »

Oh c'était si bon ! Et ça lui avait tellement manqué !

Son dieu du sexe continua son traitement comme possédé, réclamant sa bouche, imposant son rythme, obligeant Harry à suivre.

« Dra-Draco, j'arrive ! »

« Regarde-moi ! » ordonna la voix

Harry tourna la tête pour plonger ses yeux dans se métal en fusion et il finirent par atteindre l'orgasme noyés dans le regard de l'autre.

Les jambes du brun le lâchèrent et il fut rattrapé par son amant qui le plaqua contre son corps trempé.

Collé contre cette chaire chaude, il tentait de reprendre ses esprits. Il se rendit compte alors d'une chose étrange. Nous étions en plein jour et il ne dormait pas. Comment Draco pouvait-il être là ? Dans la salle de bain ? Qui était d'ailleurs habituellement le lieu privilégié de leur fantôme ? Il fut coupé dans son raisonnement lorsqu'il se rendit compte que le blond, semblant pris dans ses pensées, murmurait des bouts de phrases.

« …Oh oui mon amour,…à moi…rien qu'à moi…bientôt….après tant d'années… tu verras, même la vie ne nous séparera plus… ainsi que la mort…mien pour l'éternité… »

Etrangement, ses paroles le troublèrent et le terrorisèrent. Il repoussa d'un coup son amant qui, sous la surprise, le lâcha, et sortit de la douche.

« Qu'est ce que tu racontes ? » cracha-t-il sans le regarder.

« Oh mais tu t'en doutes, n'est ce pas ? »

A la distance de la voix, Harry jugea que le blond devait se tenir derrière lui. Il passa devant le miroir lorsque quelque chose attira son attention.

Devant lui, son image reflétait un jeune homme trempé, essoufflé, rouge et aux cheveux désordonnés. Mais ce qui le traumatisa fut l'énorme suçon pourpre trônant fièrement dans son cou et s'imposant à sa vue. Jusque là il n'avait jamais eu une seule trace de ses ébats.

« Comment ? » souffla-t-il, abasourdi.

Le blond, contre son dos, séparé de quelques centimètres, fixa le brun à travers son reflet.

« Oh, je t'en pris, amour ! Il serait tant que tu sortes de ta bulle de déni ! Ce n'est plus qu'une question de temps maintenant avant que je ne t'emmène… »

« Quoi ?! Il en est hors de question ! Tu ne m'emmèneras nulle part ! »

Deux mais fermes se posèrent sur ses épaules et entreprirent de le masser pour le détendre.

« Harry, soupira l'homme dans le miroir, ce n'est pas parce que tu te voiles la face que les choses seront différentes, tu as fais un choix et tu ne peux revenir en arrière. Tu m'appartiens amour, et je compte te faire quitter cette vie pour t'emmener dans l'autre d'ici peu, mais tu n'a rien à craindre !»

Comment ça « quitter cette vie » ? Et pourquoi n'a-t-il pas le choix ? Est-il condamné ? Non ! C'est faux ! Il n'y croyait pas !

« Tu vas bientôt mourir Harry, il va falloir t'y faire. »

« Non ! Tu es le fruit de MON imagination, je ne te suivrais jamais, un point c'est tout !

Le blond se crispa et son visage se ferma.

« Tu n'as pas le choix. »

Il fut déstabilisé. Non, il avait le choix ! Il avait toujours eu ! C'était lui qui était aux commendes. C'était parce qu'il avait accepté son fantasme, qui l'avait accueilli à bras ouverts, que celui-ci s'était fait plus puisant au fil des jours. Mais, s'il le rejetait…

« Non. Je ne veux plus jamais vous voir, ne revenez plus. » lâcha-t-il, glacial.

Les mains se contractèrent sur ses épaules, lui faisant mal.

« Oh, on est passé au « vouvoiement », cracha l'autre. Tu n'étais pas si distant toutes ses nuits ou tu hurlais mon nom de plaisir, soumis à mon bon vouloir ! »

Le brun blêmit.

« Je ne suis soumis à personne, et encore moins un être chimérique tout droit sorti de mon cerveau déséquilibré ! En fait, je n'ai pas besoin de toi! Peut-être m'as-tu donné du plaisir, mais je peux le retrouver avec des vrais hommes ! Tu ne m'es pas indispensable ! Tu… »

Le visage de l'apparition se ferma et sa voix claqua.

« Ne me parle pas ainsi, ou je te ferrai ravaler tes paroles ! »

Le brun qui, pris dans sa colère, ne perçut pas la menace, continua dans sa lancé.

«Tu ne me toucheras plus et ne viendras plus ! Et mets toi bien ça dans la tête : JE dirige, JE décide, JE contrôle ! Je ne vais pas mourir maintenant ou bientôt et tu ne m'emmèneras JAMAIS nulle part !

En une seconde son corps devint prisonnier de muscles de marbre qui le serrèrent à l'en étouffer, et sa bouche fut ravagée par des lèvres dominatrices et une langue autoritaire et despotique.

Même lorsqu'ils étaient dans leurs instants de passions, Draco ne l'avait jamais embrassé si férocement, si douloureusement.

Harry, pris de panique, tenta de se dégager, en vain. Les étaux qui l'entouraient étaient de pierre, et sa tête était retenue par une main à la force herculéenne.

Sa bouche fut dévastée par des morsures et il sentit du sang couler sur son menton. Il crut que le jeune homme allait lui arracher la langue lorsque celui-ci se retira aussi rapidement qu'il était venu.

« Je t'emmènerai ou je veux ! Tu es MIEN ! » gronda la voix de fureur contenue.

A bout de souffle, Harry le dévisagea un moment à travers la glace. Cette scène lui était familière. En regardant son sang couler sur sa mâchoire, il se surprit à avoir des flashs jusqu'à ce que les souvenirs le percutent de plein fouet, et la réalité l'ébranla.

Ce fut avec horreur que les pièces du puzzle se remirent en place : ses fantasmes nocturnes d'un être parfait, l'attaques par les monstres, les attouchements dans la maison, la fameuse nuit chimérique d'une rencontre insolite avec un être tout aussi dangereux qu'éblouissant, il se souvient de tout. Et surtout de sa soumission envers:

Un ange démoniaque,

Un pacte éternel,

Un baiser ensanglanté.

«Ton souhait sera réalisé et tu pourras mener la vie dont tu as toujours rêvé. Simplement en échange quand ta vie s'achèvera, tu seras mien.»

Il vit ce fameux diable qui le fixait, le sourire impétueux et le regard déterminé.

L'instant d'après, il avait disparut, laissant pour seule trace de sa présence le mot « bientôt » peint sur la glace en lettres de sang.

Et le poing du brun partit dans le miroir qui se brisa en mille morceaux sous son hurlement de rage.