Voici le chapitre 6...
Vous avez de la chance, je ne suis pas bloqué par la neige
C'est presque la fin de la fic...
Chapitre 6
1 semaine plus tard
McKay n'avait rien dit. Depuis qu'ils étaient revenus sur Atlantis, il n'avait pas dit un mot. Même Carter n'avait pas été capable de le sortir de son mutisme. Le scientifique savait que ça finirait par se savoir, que c'était lui qui avait tiré sur Sheppard. Soit c'était le militaire qui le dirait, s'il se réveillait, soit il irait voir Carter, si jamais il mourrait. Tous les jours, quelque soit l'heure, il se revoyait en train de tirer. Et ce n'était plus la scène qu'il avait vu et cru vivre, c'était la scène qui s'était réellement passer. Il voyait constamment l'éclair de lucidité dans les yeux de Sheppard quand celui-ci comprenait que quelque chose n'allait pas et qu'il tirait à côté.
Personne ne semblait se douter de quoi que ce soit. Ils avaient pourtant passé non pas une journée comme ils l'avaient cru, mais trois jours enfermés que tout les deux dans une pièce minuscule et personne ne semblaient se douter de rien. A vrai dire, McKay leur semblait vraiment traumatisé et il ne quittait pas le chevet du militaire. Le docteur Keller avait dit qu'il était sauvé, mais ça faisait une semaine qu'ils étaient revenus et il ne s'était toujours pas réveillé. Quand à McKay, ils avaient essayé tous les moyens pour le faire dormir, y compris des menaces de Ronon, mais rien n'y faisait : Keller était obligée de lui injecter un somnifère au moment où il s'y attendait le moins pour qu'il se repose. Son état était d'autant plus inquiétant qu'il ne mangeait presque plus.
Par la force des choses, Carter avait été obligé de suspendre leurs missions, mais Ronon avait fini par rejoindre l'équipe de Lorne, ne supportant pas d'attendre. Quand à Teyla, elle passait ses journées à méditer.
Finalement, une semaine et un jour après être revenus, le militaire revint à lui. Dès qu'il l'avait vu bouger, McKay s'était enfui de l'infirmerie. Keller avait trouvé ça si surprenant qu'elle était allée voir Sheppard et elle l'avait découvert en train de se réveiller. Elle appela immédiatement Carter, qui elle-même prévint Teyla, Ronon étant partit en mission. Les deux jeunes femmes arrivèrent au même moment à l'infirmerie, mais Sheppard mit pas mal de temps à émerger suffisamment pour tenir une conversation.
- John, comment allez-vous ? Demanda assez stupidement Carter étant donné que l'homme était inconscient depuis une semaine.
- Euh, à peu près bien, je crois.
- Vous vous êtes pris une balle dans le torse, colonel. Vous avez beaucoup de chance d'être encore là, lui dit Keller.
- Je vais devoir rester à l'infirmerie combien de temps ?
- Pas mal de temps, je le crains.
- Je sens que je vais m'ennuyer. Comment va Rodney ?
- Physiquement, il n'a rien. Mais il n'a absolument rien dit depuis qu'on vous a retrouvé. Vous savez pourquoi ? demanda Teyla.
- Oui, je pense savoir.
- Et ? demanda Sam après un silence.
- Et je le sais, c'est tout.
- Vous ne voulez pas nous le dire ? S'étonna Teyla.
- Il ne vous a rien dit ? Alors, je ne dirais rien. Est-ce que je pourrais lui parler ?
- Il a disparu quand vous vous êtes réveillé. D'ailleurs, vous allez me faire le plaisir de vous rendormir. Je me charge de garder McKay, s'il revient.
- Je veux lui parler seul à seul.
- Alors, je vous enfermerais tous les deux, mais vous devez me promettre de vous reposer.
- D'accord.
Elles ignoraient ce qu'il s'était passé, mais ça devait être important pour que Sheppard accepte ce genre de demande sans rechigner.
McKay ne se représenta pas de lui-même à l'infirmerie, mais il fut emmené de force par Ronon qui avait réussi à le mettre KO juste avec une petite tape sur l'épaule, deux jours après le réveil du militaire. Sheppard était d'ailleurs en train de dormir lorsqu'il arriva, mais Keller tint parole. Elle savait pour l'avoir régulièrement soigné que le colonel était un patient exécrable, quoique loin derrière McKay et Ronon mais il n'était pas de tout repos dans son genre, et durant ces deux journées, il avait été un véritable ange. Elle donna un énergisant à McKay en le sermonnant et quitta l'infirmerie le temps qu'il observe Sheppard. Elle avait emmené ordinateurs et cristaux de contrôle pour qu'il ne puisse pas sortir. Mais elle avait laissé l'alarme au cas où un des deux, enfin surtout Sheppard, avait un problème.
Et donc Sheppard se réveilla avec la « douce » voix de McKay, qui en train en train de s'acharner sur la porte pour sortir.
- Je sais que je suis alité, mais tu es quand même dur à attraper pour quelqu'un qui passe trois fois par jour à l'infirmerie.
- Sheppard ?
- C'est toujours mon nom, aux dernières nouvelles.
- Arrêtez ça. Je vous ais tiré dessus, alors ne faîtes pas comme s'il ne s'était rien passé.
- Tu m'as tiré dessus, et alors ? Moi aussi je t'ai tiré dessus.
- Mais ce n'était pas pareil !
- Tu savais que c'était moi ?
- Non ! Je voyais un Wraith qui s'apprêtait à tuer Jeannie. Mais ça ne change rien. Je ne me suis pas rendu compte que quelque chose n'allait pas. La minute d'avant, j'étais enfermé avec vous et je me retrouve soudain au milieu de la salle-à-manger de ma sœur avec une arme dans les mains sans que ça ne me surprenne. Et je vous aie tiré dessus.
- Et moi, j'étais dans un vaisseau ruche avec une reine qui allait se servir de toi comme déjeuné. La machine a dû avoir un bug ou alors elle n'a jamais rencontré de reine, parce qu'au moment où elle m'a tiré dessus, elle ne me contrôlait pas. C'est pour ça que j'ai tiré à côté.
- Oui, tout est là. Vous avez tiré à côté !
- Rodney, moi non plus je ne me suis pas rendu compte que quelque chose n'allait pas avant de tirer. Je ne me rappelais pas comment on était arrivé au vaisseau ruche, et je n'ai jamais pensé une seule fois à cette foutu machine. Je ne t'ai pas tiré dessus parce que quelque chose n'était pas normal, mais je savais parfaitement que moi, j'allais me prendre cette balle. J'étais libre de mes mouvements, j'aurais pu esquiver.
- Pourquoi vous ne l'avez pas fait ?
- Je ne sais pas. Mais si je l'avais fait, je pense qu'on serait toujours enfermé.
- Jeannie m'a dit que j'avais perdu.
- Non. Certes, tu m'as tiré dessus, mais vois plutôt le fait que tu as réussi à tirer sur un Wraith pour sauver ta sœur. La machine a parfaitement compris que tu étais sûrement le plus vulnérable de nous deux. C'est donc toi qui as fait la plus grande avancée.
- Pourquoi est-ce que vous me rassurez ? Et pourquoi vous me tutoyer ?
- Je te rassure parce que tu en as besoin et je te tutoie parce que tu m'as tiré dessus et parce que tu es au courant de mes intentions.
- Quelles intentions ? Vous avez toujours l'intention de sortir avec moi malgré le fait que j'ai failli vous tuer ? Vous n'avez pas pris un coup à la tête en même temps ?
- Non. Et je ne vais pas te dire pourquoi maintenant pourquoi j'ai décidé de ne choisir que toi. Ça serait beaucoup moins drôle sinon.
- Qu'est-ce qui serait moins drôle ?
- Eh bien, comme tu n'as pas l'air décidé, ni convaincu, on va faire ça dans les règles. Et dès que je sors de cette foutue chambre, je t'emmène diner.
- Au secours, sortez-moi de là, cet homme est fou.
- Allez, laisse-toi faire un peu. De toute façon, tu as au moins deux semaines, si ce n'est plus, avant de me voir de nouveau dans les couloirs de la cité. Tu as le temps de t'habituer à l'idée.
- Tu vas me faire la cour ?
- Le mot est un peu vieillot, mais c'est l'idée. Et comme ça, on ne sera pas obliger de dire que tu m'as tiré dessus.
- Tu ne vas pas leur dire ?
- Pourquoi est-ce que je le ferais. Ça mettrait ta carrière en danger, alors que tu as simplement cru que Jeannie était en danger. Et puis, tu ne m'as pas tué et je sens que ça va quand même te poursuivre pendant un long moment. Je n'ai pas envie d'en rajouter. Et profite un peu de l'alibi que je te donne au lieu de protester.
McKay eut un sourire timide mais s'échappa brusquement quand Keller entra dans l'infirmerie. Le rythme cardiaque du militaire s'était un peu emballer et elle s'était inquiétée. Elle eut juste le temps de voir McKay sortir de l'infirmerie en trombe.
- Doc, quand est-ce que je sors ?
- Oh, pas tout de suite. Deux semaines minimum, et si vous n'êtes pas sage, ça sera trois.
- Dans deux semaines, Rodney, s'écria Sheppard. Deux semaines, n'oublie pas !
Keller fronça les sourcils en constatant qu'elle ne comprendrait vraiment jamais rien au militaire. Elle se demanda vaguement pourquoi il se mettait soudain à tutoyer le scientifique, mais la brusque chute de tension de Sheppard la ramena à des préoccupations plus terre-à-terre. Elle le sermonna en lui disant que c'était bien fait pour lui, qu'il n'avait pas à gesticuler et à crier comme il l'avait fait. Sheppard pria pour que ces deux semaines passent vite.
Oui, je sais, Sheppard est toujours un peu méchant, mais il va s'améliorer...
Je préfère ne pas m'avancer sur le prochain post, mais je vous promets qu'il aura lieu pendant les vacances...
