Auteur : Ariani Lee

Bêta-lecture : Shangreela

Rating : T

Note : Pardon de vous avoir fait attendre !


Coups et Blessures

Chapitre 7, première partie : Premier round

Un duo sur un ring

En baskets et jogging

J'attends, tu me scrutes

Prêts pour les uppercuts

Que le combat commence

Deux ou trois coups d'avance

Une droite, une esquive

Chacun sur le qui-vive

(Alizée, K.O.)


- GETSUGA TENSHÔ !

La déferlante d'énergie rouge balaye le Hollow, pulvérisant au passage son masque qui est réduit en poussière. La créature s'effondre au centre de la clairière jonchée des cadavres de ses congénères, dont certains se décomposent déjà. Ichigo se retourne en entendant quelqu'un siffler derrière lui. Madarame approche, le sourire goguenard, le crâne luisant dans la lumière du soleil. .

- On peut pas dire que tu fasses dans la dentelle, aujourd'hui ! Cette énorme patate pour un petit Hollow de rien du tout…

Pas loin, les dix mètres cube de cadavre du "petit Hollow de rien du tout" commencent à se déliter. Ichigo jette son sabre sur son épaule avec un sourire jusqu'aux oreilles

- J'avais pas envie de me retenir.

Il s'étire.

- Ahhhh, que c'est bon...

- Ça faisait combien de temps que tu t'étais plus battu, en fait ? Demande Renji, qui se pose la question pour la première fois.

- Depuis le mille-pattes géant que t'as dû piéger pour que je puisse l'aligner.

Renji écarquille les yeux.

- Un mois ! C'est pour ça que t'étais si susceptible !

Ichigo le foudroie du regard. Rangiku éclate de rire, les mains sur les hanches.

- Heureusement qu'ils étaient plus nombreux que prévu ! Hoqueta-t-elle. On aurait rien eu à faire, nous, sinon !

- C'est vrai, se souvient Ichigo, que tu m'avais parlé de trois Hollows.

Renji hausse les épaules.

- Ils restent jamais seuls bien longtemps. Ils ont eu le temps de se regrouper.

C'est une quinzaine de corps qui git dans la clairière.

- Bah, tant mieux, fait finalement Ichigo. Bien gentil à eux de s'être rassemblés pour qu'on puisse les défoncer plus facilement.

- Tu me fais penser au capitaine, dit Madarame en souriant toujours. Tu sais, si ça te démange encore, il est dans ses quartiers. Je parie qu'il serait ravi de t'accueillir, Ichigo. Tu sais comme il aime rendre service.

- NON MERCI !

Les trois Shinigamis éclatent de rire. Ichigo a assez souvent profité de l'hospitalité de Zaraki, et il n'a aucune envie de devoir se battre pour sauver sa peau aujourd'hui. Un peu de sport avec des Hollows, c'est tout ce qu'il voulait. Il rit avec les autres et les suit hors du champ de bataille. L'avantage avec les Hollows, c'est qu'ils disparaissent très vite et sans laisser de traces. Comme ils sont biodégradables, pas besoin de nettoyer le charnier après.

Ichigo se laisse charrier par Madarame et Rangiku sur le chemin qui les ramène au Seireitei. Renji, lui, suit le mouvement sans vraiment prendre part à la conversation. Il se contente de jeter, une fois de temps en temps, un coup d'œil à Ichigo, et d'afficher un petit sourire destiné à personne en particulier. Alors qu'ils pénètrent dans l'enceinte et se dirigent vers les quartiers de la 10ème Division, pourtant, il se rapproche d'Ichigo, laissant leurs deux compagnons prendre un peu d'avance. Ceux-ci, plongés dans une discussion animée (Vaut-il mieux boire le saké chaud ou froid? Il serait également intéressant d'avoir l'avis du capitaine Kyoraku sur la question, c'est un professionnel.), ne s'aperçoivent de rien.

- Alors, ça va ? Demande le vice-capitaine. Tu t'amuses ?

- Carrément !

L'adolescent affiche à nouveau un grand sourire ; il a effectivement l'air de passer un excellent moment.

- T'es sûr ? Pas de regret pour la petite visite à la 11ème Division ? Parce que ça peut toujours s'arranger, hein...

- T'es bien gentil mais je suis pas venu ici pour subir une énième tentative d'assassinat. Et oui, je sais, ajouta-t-il en voyant Renji ouvrir la bouche pour protester. C'est comme ça qu'il montre son respect, et je suis flatté, mais là, j'ai pas envie.

Le vice-capitaine hausse les épaules.

- C'est toi qui vois.

- Pourquoi t'as l'air déçu ? T'essayes de te débarrasser de moi ou quoi ?

- Mais non... C'est juste que t'es tellement mignon quand tu pisses dans ton froc...

- Va te faire foutre, réplique Ichigo, râlant autant du compliment que de l'insulte. "Mignon", tu parles...

Mais Renji lui adresse un sourire narquois.

- Avec plaisir, lui dit-il à voix basse. Mais peut-être pas tout de suite.

Le sous-entendu fait courir un frisson dans l'échine d'Ichigo, excitation et appréhension étroitement mêlés.

- Allez, allez, Ichigo ! Fais pas ton timide ! Bois ! Laisse-moi te resservir !

- Mon verre est déjà plein, répond l'adolescent toujours sobre au chauve déjà bourré.

- Mais vide-le, alors, que j'te resserve !

Madarame lève son propre verre avec une telle énergie qu'il s'en verse la moitié dessus. Heureusement, c'est Rangiku qui a eu le dernier mot : le saké est froid. Parce que c'est chez elle, les choses se passent à sa façon. D'après ce qu'Ichigo a entendu dire, il comprend qu'aucun de ses potes n'ait envie de se brouiller avec elle et de se retrouver persona non grata à ses petites sauteries : c'est la meilleure hôtesse des 13 Divisions de la Cour.

Yumichika pose une main apaisante sur l'épaule de son comparse.

- Laisse-le tranquille, Ikkaku, dit-il de sa voix snobinarde, que le saké a rendu encore un peu plus traînante. Il est jeune, il a pas l'habitude.

Ichigo tique un peu. Rien à faire, avec les intonations de sa voix, dès que Yumichika ouvre la bouche en sa présence, l'adolescent a l'impression qu'il le prend de haut. Il a beau savoir que ce n'est pas le cas, il a encore du mal à laisser passer, mais bon, il ne va pas ruiner l'ambiance en se mettant à faire la gueule. Madarame, de son côté, ne se prive pas de grogner sa désapprobation et Rangiku se marre. Ichigo jette un regard à Renji, qui sourit toujours tranquillement dans son coin, et trempe ses lèvres dans son verre. C'est vrai, qu'il n'a pas l'habitude : il est mineur, même si dans la Soul Society, ça ne veut pas dire grand chose. Il a déjà bu de l'alcool, à une ou deux occasions (un verre de vin pétillant les soirs de réveillon, avec la bénédiction paternelle, ce genre de choses), mais il n'a aucune chance de rester conscient s'il essaye de suivre les autres. Qui sont déjà bien allumés, d'ailleurs. Madarame a entonné une chanson paillarde dont les paroles sont trop vulgaires pour que Yumichika s'abaisse à chanter, il se contente donc de battre la mesure du bout des doigts. Rangiku chante, elle aussi. Les joues cramoisies de boisson, elle fait cul-sec pour saluer la prestation de son collègue et brandit son verre vide en réclamant qu'on la resserve. Yumichika s'exécute avec la distinction qui le caractérise.

- Hé ben, Renji, dit la jeune femme en se penchant vers le vice-capitaine, mettant la stabilité de son décolleté à rude épreuve. On t'entend pas, ce soir !

- Oh ! Se défend Renji. Faut bien qu'il y en ait un qui garde les yeux en face des trous histoire de vous surveiller ! Des fois qu'Ichigo ici présent roule sous la table à la sixième gorgée...

Ledit Ichigo adresse à Renji un doigt d'honneur et un regard noir, auxquels le Shinigami répond d'un sourire éblouissant et vraiment plein de dents. Rangiku se retourne aussitôt vers Ichigo et, d'un mouvement bien vif compte tenu de son degré d'ébriété, s'affaisse contre lui. Il sursaute si fort qu'il se laisse déséquilibrer par le poids de la vice-capitaine et tombe à la renverse, l'entrainant avec lui. Il se rattrape de justesse d'une main, mais Rangiku semble se trouver très bien là où elle est et ne fait pas le moindre geste pour s'en aller. Elle lui brandit sous le nez son verre plein à ras-bord. La déconfiture du jeune homme est si évidente que les autres s'étouffent de rire.

- Allez, bois, Ichigo ! L'exhorte-t-elle en gloussant. Même si tu t'endors, Renji te mettra dans son... Au lit ! Oups !

Le bras d'Ichigo a finalement cédé sous la pression et celui-ci s'est complètement étalé par terre, Rangiku toujours pendue à son cou. Les autres continuent de se marrer comme des baleines, Renji y compris. Quand Ichigo croise son regard, il devine que son amusement est plus lié au lapsus qu'a fait Rangiku qu'à son décolleté qui menace a tout instant de se répandre hors de son uniforme, et sur lui. Cela semble par contre beaucoup intéresser Madarame.

- Tu veux pas rester dormir ici ? Continue Rangiku, indifférente aux autres qui redoublent d'hilarité.

- Non merci ! Crie Ichigo, pour se faire entendre par dessus le vacarme, sans cesser d'essayer de se dégager.

- Mais pourquoi ? Allez, viens, j'te laisserai même m'offrir un verre !

- Mais je peux pas ! Proteste Ichigo, au comble du désespoir. Je peux pas ! Là d'où je viens, c'est illégal, je devrais même pas boire d'alcool !

- Personne ne posera de question, roucoule la jeune femme qui semble s'amuser comme une folle. Je sais ce que je fais, et il y a pleiiiiiiin d'avantages à sortir avec moi, tu verras !

- Maimaimais non ! Je peux pas !

- Mais pourquoi ?

Ichigo se creuse la cervelle à toute vitesse pour trouver d'autres excuses.

- Déjà je suis même pas vraiment un Shinigami !

- Hors-sujet !

- Je suis suppléant, et vous, vous êtes vice-capitaine, tente-t-il.

À court d'idées, il se tourne vers Renji et lui lance un regard suppliant. Mais le Shinigami est trop occupé à rire pour lui être d'aucune aide : il se tient le ventre, une grimace douloureuse sur son visage pourtant hilare, et ses yeux débordent de grosses larmes. Son visage en dégouline.

- On s'en fiche, de ça ! Mon rang m'a jamais empêchée de faire ce que je voulais et ça va pas changer !

- Mais je suis bien trop jeune pour vous ! S'exclame-t-il finalement.

Il comprend tout de suite qu'il a dit une énorme connerie. Alors que les trois autres semblaient partis dans une crise de fou rire incontrôlable, un silence de mort s'abat soudain sur la pièce. Rangiku se redresse d'un seul coup et le regarde fixement, les yeux étrécis.

- Et c'est censé vouloir dire quoi, ça ? Demande-t-elle d'une voix bizarrement calme et ferme.

Une goutte de sueur glacée coule dans la nuque de l'adolescent qui frissonne.

- Hum, hé bien, ça veut dire que je n'ai pas, heu, l'expérience et, euh, la maturité que, hum...

- Tu t'enfonces, Ichigo, souligne inutilement Madarame.

Mais Ichigo a assez de problèmes dans l'immédiat et ne le regarde même pas. Rangiku s'est levée et l'a chopé par les revers de son uniforme. Elle le tire debout, c'est limite si elle ne le soulève pas de terre.

- Je suis trop mature pour toi, c'est ça ? Gronde-t-elle, menaçante.

- Je suis sûr que quoi que je dise, ce sera une mauvaise réponse.

- TU ME TRAITES DE VIEILLE ?! Hurle la jeune femme en secouant Ichigo comme un prunier, son calme retrouvé déjà disparu.

- C'est pas ce que j'ai voulu –

- COMMENT OSES-TU ?!

- J'ai pas dit –

- JE SUIS DANS LA FLEUR DE L'AGE !

- Mais j'ai jamais dit le –

- MATSUMOTO !

Rrrrrrac ! La porte qui s'ouvre. Rangiku s'immobilise, sans lâcher Ichigo qui laisse tomber sa tête en arrière pour voir ce qui se passe. Il lève la main pour saluer le nouveau venu avec un grand sourire.

- Hé, tiens, mais qui voilà ! Salut, Toshiro ! Salue-t-il joyeusement la tête en bas.

- Capitaine Hitsugaya, réplique l'intéressé avec impatience.

C'est le salut d'Ichigo qui vient d'apparaitre en la personne du petit Capitaine furieux. Rangiku le lâche d'un seul coup, et il s'écarte vivement pour ne pas se prendre une balle perdue. Mais le Capitaine, qui sort visiblement de son lit, a comme qui dirait déjà verrouillé sa cible.

- Il est une heure du matin et tu brames comme un cerf, dit-il, qu'est que c'est que tout ce barouf ?

La question, posée fermement et d'une voix où l'on perçoit bien que la colère qui gronde est difficilement maîtrisée, appelle une réponse claire et rationnelle, formulée avec les formes qui s'imposent sous peine de représailles glacées. Mais la jeune femme ne semble pas s'en formaliser une seconde.

- Ichigo dit que je suis trop vieille pour lui, répond-t-elle d'une voix impérieuse en pointant d'un doigt accusateur l'adolescent qui s'est prudemment replié à côté de Renji.

Ce n'est pas une réponse satisfaisante. Rangiku a beau se draper dans son indignation scandalisée, le Capitaine ne partage pas son opinion. Visiblement, ce serait plutôt le tapage nocturne qui le scandalise. Une énorme veine palpite sur sa tempe gauche, et Ichigo, sentant venir la tempête, ferme les yeux et serre les dents.

Point de carnage enneigé pour lui ce soir, cependant. Hitsugaya n'a rien eu de plus pressé que d'expulser tout ce beau monde pour pouvoir incendier Rangiku à son aise. Et de fait, à peine les quatre fêtards sont-ils sortis de chez la jeune femme qu'ils ont entendu s'élever la voix du petit Capitaine. Ce dernier aura sans doute achevé de tirer du sommeil ceux de la Dixième Division que Rangiku n'avait pas déjà réveillés. Sa voix résonne encore quand ils se séparent, Madarame et Yumichika reprenant le chemin de la Onzième Division pendant qu'Ichigo accompagne Renji dans ses quartiers de la Sixième. Comme Renji et les autres lui ont assuré que ce genre de scène est monnaie courante et qu'elle ne risque pas grand-chose d'autre qu'une corvée de paperasse qu'elle trouvera un moyen de resquiller, Ichigo se permet de rire de la situation de la jeune femme avec Renji pendant qu'ils marchent.

- Mais quand même, dit-il. C'est comme ça tout le temps ?

- Les teufs de Rangiku ? Ouais, répond le Vice-Capitaine, la plupart du temps. Bon, le Capitaine Hitsugaya se déplace pas à chaque fois, mais pour le reste, carrément. Tout le monde boit comme un trou et quand Rangiku repère un innocent, elle l'asticote toute la soirée.

« Innocent ». Ichigo fronce les sourcils, mais comprend un peu mieux l'attitude de la jeune femme. Il n'a jamais eu l'impression de lui plaire, avant ce soir.

- Et ça l'amuse, de se jeter à la tête du premier venu, comme ça ?

- Elle sait choisir ses victimes. Hanataro y a eu droit aussi.

- Tu plaisantes !

- Nan, c'était presqu'aussi drôle qu'avec toi mais lui a pas osé parler de la différence d'âge. T'as des couilles, toi !

- J'aurais pas été obligé de dire ça si tu m'avais donné un coup de main au lieu de te foutre de ma gueule avec les autres.

- Hé, j'ai fait que tenir ma promesse. Je t'avais dit que tu aurais droit à une soirée typique de chez Rangiku, et ça en faisait partie. Je savais qu'elle te tomberait dessus à bras raccourcis, ça faisait partie du jeu. Mais elle fait son show qu'à des mecs que ça met super mal à l'aise et qui la repoussent, je savais que tu risquais rien.

- Et quand y en a un qui la repousse pas ? râle Ichigo.

- Pour autant que je sache, c'est pas encore arrivé. Après, dans le privé, je sais pas, mais elle sait ce qu'elle fait.

- Tu parles d'un passe-temps.

- Bah, chacun son truc.

- Et moi qui pensais que l'entomologie était un passe-temps tordu...

Il a plus dit ça pour lui que pour Renji, mais ce dernier l'entend quand même et lui lance un regard intrigué. Comme Rukia, il est toujours curieux et fasciné par les étranges rituels et autres coutumes bizarres qui ont cours dans le monde des humains.

- L'entolomoquoi ?

- Entomologie, répète Ichigo en articulant bien. C'est l'étude des insectes. C'est un truc scientifique, mais y a aussi des gens qui font ça pour le plaisir. En gros, ils collectionnent des insectes morts.

- C'est dégueulasse, dit Renji. Vous êtes graves, quand même.

- T'as vu combien de papillons ou de criquets épinglés dans des boîtes, chez moi ? Ça me concerne pas, je te signale.

- Mais oui, je sais... Allez, râle pas, t'avoueras que ce serait un peu dommage. Entre, plutôt.

Ichigo n'avait pas remarqué qu'ils étaient arrivés, mais Renji fait glisser une porte en papier de riz parmi cinquante autres identiques, et voilà, ils y sont.

- Bienvenue chez moi, dit le Vice-Capitaine avec un grand sourire, l'invitant d'un geste à entrer.

Ichigo déglutit durement en jetant un œil à l'intérieur qu'éclairent de simples lampes sourdes. Elles sont sûrement alimentées à l'énergie spirituelle, pense Ichigo, sinon il ne les laisserait pas allumées en sortant. Il se passe une main nerveuse dans les cheveux.

Maintenant qu'il y est, il commence - peut-être, un peu - à flipper.


I wanna lock you up in my closet when no one's around

I wanna put your hand in my pocket because you're allowed

I wanna drive you into a corner and kiss you without a sound

I wanna stay this way forever, I say it loud

Now you're in, you can't get out

You make me so hot, make me wanna drop

It's so ridiculous, I can barely stop, I can hardly breathe

You make me wanna scream, you're so fabulous

You're so good to me, baby

(Avril Lavigne, Hot)