Lancer apercevait d'entre les arbres qui jouissaient d'une glorieuse densité, le faisceau de lumière qu'il reconnu au premier coup d'œil.
- Saber ?!
Il se dépêcha de regagner le bord du lac, découvrant avec stupéfaction Rider étalé sur le sol tiède que l'éclat du soleil nourrissait d'une douce chaleur, accompagné de son char en débris.
- Iskandar ?!
- Yo, Lancer ! Saluait sympathiquement celui-ci.
- Que s'est-il passé ?
- Hmmm. J'ai encore perdu contre Saber, ahaha !
Le char en mille morceau disparaissait dans une fine poussière d'argent. La blonde rejoignait les deux hommes sur la terre ferme, d'une démarche boiteuse qu'elle tentait de dissimuler.
Le soleil se ralliait au Zénith, s'unissant avec la teinte pastel du ciel bleu. L'air se faisait humide et lourd.
- Arturia ! Serais-tu inconsciente ?! Tu as encore besoin de repos ! S'excitait le lancier.
- N'ait crainte, Lancer. Je peux te l'assurer, même si cette blessure me fait encore souffrir, je vais bien à présent, souriait la jeune blondinette.
- Mais quand bien même, fait attention. Je ne souhaiterais pas qu'il t'arrive quelque ch...
- Oh ! Lancer, Saber, regardez ! Coupait Iskandar plein d'entrain. Il désignait de son index un petit tas composé de fruits, de plantes et de racines qui jonchait sur le sol granuleux.
- Ceci est le résultat de ma chasse. Certes, je n'ai point trouvé d'animal dans les parages, il faudra se contenter de cela.
- Ce n'est pas très glorieux en effet, mais ça nous suffira pour survivre, rétorquait Saber.
Le roi des conquérants allumait un feu. Les trois servant s'assaillaient autour des flammes flamboyantes. Rapidement, une ambiance bonne enfant s'installait. Rider, malgré son honorable titre de roi, ne cessait de taquiner la blondinette, qui restait cependant impassible.
Le chevalier des Fianna les observait attentivement, où plus précisément, il observait Arturia. Jamais il ne l'avait vu rire, jamais il n'aurait pensé la voir pleurer. Il voulait être celui qui lui ferait oublier la douleur de son passé, celui qui la ferait rire de tout ses poumons, celui qui ferait radier d'avantage son doux visage que les remords viennent ravager parfois et surtout, celui qui lui ferait goûter pour la première fois à la saveur de l'amour. Mais elle qui n'avait guère eu le temps d'éprouver ce genre d'émotions, serait-elle prête à accepter ces sentiments ?
C'est ce genre de questions qui tourbillonnaient dans la boîte crânienne du prestigieux chevalier.
Un grondement sourd éclatait tout à coup dans le ciel qui s'assombrissait, se couvrant en moins de rien de gros nuages noirs. Une pluie diluvienne s'abattit grossièrement sur les trois recrues du Graal.
- 'Manquait plus que ça ! Filons nous mettre à l'abri ! Criait Rider sous cette pluie des plus bruyantes.
Tout les trois quittaient au pas de course le petit littoral sur lequel ils s'étaient remplie la pense, afin d'entrer dans la vaste forêt qui entourait une partie de l'île toujours méconnue.
- Saber, dépêche-toi ! Aboya Rider qui était largement devant la servante. La jeune blonde aux yeux verts, peinait à courir au rythme d'Iskandar et de Diarmuid. Le dit chevalier se stoppait alors.
- Roi des conquérants, par devant, nous te rattraperons !
Lancer se dirigeait vers Arturia, empoignant sa main afin de la tirer dans sa course. Les serviteurs du Graal se séparaient alors dans la densité verdoyante de la forêt.
Cela faisait maintenant plus un quart d'heure que les deux chevalier courraient à vive allure entre les arbres. La forte pluie fouettaient leur visages ainsi que leurs habits à présent trempés. La britannique s'arrêtait brusquement, coupant le lancier dans son élan. Hors d'haleine, elle prenait appuis sur ses jambes à l'aide de ses bras. Le lancier lui laissait reprendre son souffle, guettant les environs.
- Nous avons perdu la trace de Rider. Il faudra trouver un endroit pour s'abriter en attendant que la pluie se calme un peu, proposait Lancer, de sa voix naturellement charismatique.
- La moindre que l'on puisse trouver pour le moment serais un arbre avec un assez grand feuillage, suggéra Saber, récupérant son souffle.
- Comme celui-là ?
Le noiraud montrait un grand arbre munis d'un ample feuillage qui laissait difficilement passer les gouttes froides de l'averse.
- Ça fera l'affaire.
Ils se déplaçaient alors, s'abritant sous cet arbre. Saber s'adossait contre le tronc refroidi et humide, frissonnant. Le servant qui lui faisait face l'enlaça au creux de ses larges épaules, lui offrant un peu de chaleur.
- Lancer .. ?! S'exclamait la blondinette surprise et confuse. Son rythme cardiaque s'accélérait, tandis que ses joues se réchauffaient malgré la basse température. Le charme magique du noiraud n'avait aucun effet sur elle, et pourtant, elle se sentait toute chose.
Diarmuid saisissait les fines épaules de l'héritière, afin de la plaquer avec douceur contre l'arbre. Il fixa intensément son visage aussi rouge qu'une tomate pendant quelques secondes, enveloppant le doux minois de cette dernière dans le creux de ses mains. Son cœur battant la chamade, les pommettes aussi rouge que celle de sa dulcinée, il avançait sa tête contre la jeune blondinette, déposant dans la plus fine des tendresse ses lèvres sur celle d'Arturia.
