THE WHEEL OF TIME

Chapitre 6

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Une nouvelle nuit est passée. Puis une nouvelle journée. Et voilà que commence une nouvelle nuit…

Quel sens a tout cela Harry ? Quel sens ont nos vies ?

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Un rayon de lune vient doucement éclairer mon bureau, brisant la couverture nuageuse qui a perduré toute la journée et saboté les projets de pique-nique de Granger…

Mais tu ne t'es pas départi de ta légendaire jovialité et bonne humeur en nous proposant de nous rabattre sur l'immense salon du Manoir Moonstar… J'ai franchement connu Malia plus snob que ça ! Qu'elle accepte une troupe d'adulescents –je crois que c'est le terme consacré non ?- plus connus pour leurs vertus guerrières que pour leur bienséance et savoir-vivre, dans la demeure de nos ancêtres, est une gageure sur laquelle je n'aurais certainement pas parié…

Mais tu lui ferais faire n'importe quoi, n'est ce pas ?

Est-ce cela aimer ? Réussir à engager l'épris sur des sentiers impossibles ?

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Sur quels chemins impossibles m'as-tu emmené Harry ?

M'aimais-tu alors ?

T'aimais-je ?

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La roue du temps est ma seule réponse…

Et je ne sais pas quelles vérités elle dissimule.

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Toujours est-il que je n'aurais pas dû venir.

Il m'est trop douloureux d'être confronté à tant de choses qui ne répondent ni de mon monde, ni de mes habitudes et donc encore moins de mes repères. En fait, pour être tout à fait franc, le simple terme de « pique-nique » m'est totalement étranger…

La coutume, si elle peut avoir des résonances ethnologiques intéressantes, ne m'en paraît pas moins barbare, inconfortable, voire décadente… Typiquement moldue !

J'ai beau bien vouloir me plier à tous les mea culpa de la terre dans l'exercice de ce courrier, il n'empêche pas moins que j'ai été élevé dans de la soie et que, finalement, la noble idée de vouloir mélanger les torchons et les serviettes sur le refrain de « Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil » ou de la théorie de l'amour universel, je crois que ce n'est pas mon truc…

Bien sûr, toi, Gryffondors and Co, pourrez toujours me rétorquer qu'il s'agit de lâcheté ou de vieilles inepties de Serpentard, mais est-il besoin de préciser que si Blaise a fini par « s'éclater », il n'en fut pas moins déstabilisé au départ, que si Théodore a été un joyeux drille ce fut grâce (ou à cause) de l'alcool et qu'enfin, tu as toi-même bien senti Malia éprise dans une dualité inconfortable, entre gêne et plaisir…

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Je ne sais pas pourquoi je t'évoque tout cela ici. Tu étais là après tout. Somme toute, il n'y a pas eu d'esclandre, ni même de dissensions…

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Oh merde Potter, si je n'arrive pas à te mentir dans un simple courrier, il va sérieusement falloir que j'envisage le recours à la magie noire comme de l'ordre du possible… Ce sera de ta faute !

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C'est dur de constater cela Harry. Cette lettre m'ensorcèle… Je l'ai trop empreinte de vérité ne serait-ce que pour y glisser un seul mensonge… Même flagrant et stupide.

C'est absurde mais ne rêve pas : une fois le mot fin posé, je suis sûr de pouvoir te faire avaler des couleuvres, te faire passer des vessies pour des lanternes et te mentir comme un arracheur de dents, sans même que tu t'en aperçoives…

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Ca m'a vexé…

Je t'aime bien Harry.

Je crois même que j'ai des relations à peu près saines avec l'intégralité des participants de ce « pique-nique »… C'est dire l'évolution….

Quand tu m'as vu, à ton tour, au piano, l'année dernière… Enfin tu sais, quoi !

Je veux dire c'est personnel. C'est mon monde. C'est mon intimité… Et je la partage avec qui je veux…

Je ne suis pas un piano bar ambulant Potter !

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Il n'y a pas eu d'esclandre.

Ni de dissension.

Juste un froid.

Polaire.

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Faut bien que tu t'avoues quand même que t'es lourd quand tu t'y mets…

Il y a mon histoire. Face à toi. Face aux autres.

Il y avait ma gêne. Cette invasion du Manoir Moonstar m'a parue sacrilège. Je sais que tu pensais bien faire. Le symbole de l'endroit, pour moi, nous, Malia… Et sans doute ai-je été imprudent d'accepter sans broncher, présomptueux de mes propres réactions et sentiments… A y réfléchir, le manoir Malefoy eût été plus opportun… Je délire totalement là… Le beau temps eût été sans aucun doute le plus opportun…

Au moins dans les champs n'y a t-il pas de piano…

Au moins n'aurais-tu ainsi pas eu l'occasion de me demander de jouer…

Au moins l'assemblée ne t'aurait pas soutenu dans cette sollicitation inattendue et déplacée…

Au moins n'aurais-je pas eu à refuser poliment…

Puis passer pour un faux modeste en mal d'humilité

Puis réfréner votre insistance peu clairvoyante…

Puis être déstabilisé. Happé par l'angoisse. Paniqué. Presque trahi.

Enfin, exploser…

En silence.

Même moi j'ai ressenti la chape de glace que j'ai dégagé dans ce non courtois et ferme.

Mais il vous fallait ce « non » là pour empêcher le viol…

Merlin merci, Malia sait jouer du piano. Certes c'était de la magie mais finalement, à part toi et moi, personne ne le sait…

Et Merlin merci, Ginny a chanté pour l'accompagner…

Elles m'ont permis de partir en silence… Les sirènes tentatrices vous ont manipulés pour me permettre de me soustraire à votre vindicte et – peut-être légitime ? – rancune.

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Comprends-tu pourquoi je suis parti Harry ?

As-tu désormais saisi le sens de ce « non » ?

Malia t'a-t-elle fait une explication dans le texte ou as-tu compris tout seul ?

(D'accord. Celle-là elle est vacharde ! Mais tu ne l'as pas volée…)

Je t'ai écrit mon rapport au piano dans ce courrier… Je l'ai écrit mais pas encore donné.

De fait, comment aurais-tu pu savoir ?

Mais…

J'avais l'impression que tu savais.

C'est ni plus ni moins qu'une nouvelle ineptie mais j'avais vraiment l'impression que tu savais…

Le piano…

… C'est mon ultime refuge.

C'est mon dernier sanctuaire.

C'est moi.

Alors quand bien même je m'entendrais merveilleusement avec tous les élèves de Poudlard et que les protagonistes d'aujourd'hui eussent été mes meilleurs amis… Je ne me ballade pas à poil. Même devant mes meilleurs amis.

Et ce n'est pas de la pudeur. Encore moins une forteresse à assiéger pour me connaître ou… m'apprécier ?

Non.

Rien de cela.

Si la Roue du temps m'a changé, m'a appris des choses, sur tout et moi-même, je ne pense pas que son but ait jamais été de m'anéantir…

Ce qu'il y avait à détruire l'a été.

Je crois que j'ai pas mal donné dans l'exercice. T'es pas d'accord ?

Passons.

Je n'étais sans doute pas prêt… à… trop de choses…

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Il est beau ce clair de lune Harry. Le vois-tu actuellement de là où tu es ?

L'admires-tu à quatre z'yeux, la main de ma sœur dans la tienne, son cœur battant la chamade pour toi… De ta présence, de ton odeur, de ton corps viril et protecteur… De ton souffle. De ton sourire charmeur, maladroit. De tes gestes gauches mais si naturels et spontanés…

Tu es tellement vrai Harry. Tellement dénué de méchanceté.

Qu'as-tu souffert pour voir au-delà de la rancune et de la cruauté ?

Non, tu ne sais vraiment pas mentir tu sais !

Et moi, moi, je ne le sais que trop bien…

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Mon père incarcéré à Azcaban aurait pu être le symbole de ma liberté. Une délivrance inespérée.

Mais cela ne pouvait pas être.

Sans doute parce que de toutes façons je ne le méritais pas. Mais aussi parce que l'héritage familial ne pouvait s'envoler comme une fumée dérangeante.

Trop opaque. Trop lourd pour cela.

Maman aussi ne le savait que trop bien. Elle a aussitôt mis Malia à l'abri en lui interdisant, voire par la contrainte, de sortir de Beaux Batons durant l'été précédent notre sixième année.

Narcissa savait pertinemment que le Lord Noir ne resterait pas sans réagir. L'échec de mon père dans l'épisode de l'attaque du Ministère était patent et, Bellatrix Lestrange a joué de tous ses atouts pour lui faire porter l'intégralité de ce désastre pour le camp des Mangemorts.

Je n'ai pas assisté à la fureur de ton ennemi Harry mais j'en ai directement payé le prix…

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Dès le mois de juillet, je rencontrai pour la première fois le Seigneur des Ténèbres.

Ce fut une réelle épreuve et, sans doute pour la seule et unique fois de mon existence, j'ai pu remercier mon père de l'éducation qu'il m'avait infligée.

Mère avait réussi à m'y préparer également : feindre l'exaltation. La jouissance de côtoyer le pouvoir. Tout ne fut d'ailleurs pas un jeu : je dois bien admettre que fréquenter et flirter avec ceux qui manient, sinon manipulent les enjeux, les destinées d'un certain nombre, a toujours été d'un certain attrait pour moi. Je n'en ai pas honte. J'assume.

Je ne fus toutefois pas un exalté fanatique, inconscient et reconnaissant face à celui qui allait briser ma destinée… D'évidence je devais payer la déception causée par mon père et pour cela, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom avait très pertinemment posé les alternatives : soit je survivais à une mission irréalisable et je lavais l'affront familial, soit j'y succombais. Fatalement. Et le maître de mon père se vengeait ainsi de son disciple en déchéance en tuant son héritage, son hérédité, son avenir…

Je reçus donc l'ordre d'exécuter ce que mon père, Voldemort et toute sa clique s'étaient jusqu'alors avérés incapable de réaliser : je devais tuer Dumbledore.

Ou c'était la mort de mon père. Celle de ma mère. Et bien évidemment la mienne. A plus ou moins long terme…

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Mais toi tu étais là. Là en moi.

Sournoise gangrène qui avait infecté mon corps et mon cœur. Qui m'avait conduit sur des chemins inconnus ; sur des sensations, sur des sentiments…

J'ai tout de suite su que jamais je ne pourrais réussir dans cette mission.

J'ai tout de suite su que mon temps était désormais compté.

J'ai donc dû affronter l'idée de ma mort.

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Le nombre de fois où tu t'es dressé face à ton ennemi éternel et juré Harry t'a-t-il vu envisager ta propre mort alors ?

Sans doute oui.

Je serais curieux d'échanger avec toi sur la question… Encore qu'il ne faille pas sombrer dans le morbide n'est-ce pas ?

En me dressant face au miroir de mon destin écourté, je t'ai vu toi Harry et inévitablement j'ai constaté l'étendu des dégâts en moi.

Si j'étais demeuré le gosse pourri gâté, solitaire et indépendant, stratège condescendant, manipulateur pervers, voire sadique. Immoral. Sans scrupules. Peut-être alors aurais-je pu tuer notre Directeur moi-même.

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Tout cela en un quart de seconde.

Au delà de la forme, Harry, je veux que tu comprennes qu'à ce moment là, en, inconsciemment, te révélant à moi dans ce moment incongru, tu m'as fait avancer et mûrir plus vite que n'importe qui en seize ans.

Mais n'était-il pas déjà trop tard ? Et avais-je véritablement le choix ?

Bien évidemment j'entendais la mission avec une reconnaissance éperdue où je m'engageais à ce que le nom des Malfoy ne ternisse plus jamais les projets de Notre Grand Avenir…

Je ne tenais pas à mourir exécuté sur place non plus… Tu connais la chanson hein ! Courage Gryffondor. Moi Serpentard… etc…etc…

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Et je t'en ai voulu Harry. Au-delà de ce que je croyais possible. Bien au-delà de la rancœur mesquine entretenue entre nous depuis plusieurs années… Je t'ai haï de toutes mes forces et de tout mon être… Pas parce que tu m'envoyais à la mort avec ton histoire. Non. Parce que tu me faisais prendre conscience de trop de choses à un moment où elles ne pouvaient plus me servir à rien. A un moment où elles obstruaient mon avenir. A un moment où elles m'apprenaient que jamais je ne pourrais tuer quelqu'un. En tous cas pas de sang-froid. Pas sans motif. Encore moins du coup pour une personne, aussi vieux fou soit-il, que j'estimais…

Ma mère t'a haï aussi. Pour elle c'était sans doute un réflexe défensif. Elle n'était pas dupe de l'échiquier sur lequel le Lord Noir déplaçait ses pions. Elle était donc encore moins dupe des pièces sacrifiées… Or, l'adversaire du Seigneur des Ténèbres dans ce duel, c'était toi Harry. Et ma mère ne haïssait pas le jeu mais les joueurs… Quand bien même y étais-tu malmené, contraint et sans volonté de nuire… C'était juste une mère protectrice, comme la tienne te l'avait été, et elle savait qu'à ce stade de la partie, avec le passif cumulé par mes soins, il te serait impossible – comme à moi d'ailleurs – du haut de ton jeune âge, d'accorder ta protection à son fils bien-aimé. Ta Némésis acharnée depuis cinq ans…

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Mais au moins avons-nous été en osmose cette année là puisque ta haine ne m'a pas parue plus feinte que la mienne.

Cet été là, sûr de ma disparition dans l'année à venir, j'ai couché avec Parkinson. Encore. Avec Bullstrode aussi. J'avais bu. Baisé serait sans doute le terme le plus approprié mais disons qu'elles n'ont jamais été trompées à ce sujet. Je ne sais pas ce que j'ai désespérément cherché dans la chaleur de leur corps. Peut-être à apprivoiser la petite mort. Un début pour apprivoiser ma grande mort…

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Comme lors de notre première année, nous nous sommes revus sur le chemin de traverse.

Je n'y étais pas prêt.

J'y suis mort.

Car peut-être gardais-je un espoir insensé que tu pourrais faire quelque chose pour moi. Je veux dire au-delà de m'écraser sous le poids de ma propre histoire…

Mais un seul regard a suffi à assassiner toutes mes illusions secrètes.

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Je me sais injuste de te dire cela. Qu'est-ce qui aurait pu te motiver à une quelconque tolérance, ouverture à mon égard ?

Tu venais de perdre ton parrain Sirius.

Si tu étais au trente-sixième dessous après la mort de Diggory, celle de Sirius Black t'a plongé dans une chute vertigineuse…

Je le sais.

J'étais le couillon qui tombait à côté de toi.

Et moi j'espérais ta main pour que nous tombions ensemble.

Mais toi tu ne pouvais me la tendre car tu ne voyais que les épines, pas la fleur que tu avais éclos en moi… Foutu jardinier de merde... Jamais été capable de suivre correctement les cours de Madame Chourave…

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Ce ne fut donc pas le Poudlard Express qui scella nos retrouvailles cette année là mais le magasin de Madame Guipure.

Je te haïssais alors pour de vrai. Comme un gosse. Ni toi ni moi n'avions dit « pouce » !

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Tout était dans le non-dit entre ma mère et moi alors. Cette nouvelle robe qu'elle voulait m'acheter. Bien sûr que c'était traditionnel, chaque année, de renouveler mes vêtements. Nous grandissions…

Trop ?

Bref, ce qui changeait, c'était l'insistance de ma mère pour trouver le plus beau tissu… Le plus fin, le plus soyeux… C'était son exigence que chaque couture soit parfaite, ajustée à mon corps, dans l'osmose du moindre de mes mouvements… C'était son intolérance flagrante, quasi hystérique, au moindre petit défaut… C'étaient ses mains me touchant sans cesse comme pour s'assurer de ma consistance… C'était sa sollicitude au moindre de mes caprices…

Maman me voulait parfait pour aller à la mort… Et elle volait subrepticement chaque instant pour m'effleurer, me cajoler, me bercer… De ses gestes, de ses mots, de ses regards…

Narcissa était une femme d'une classe supérieure. Elle a fait tout cela avec discrétion, subtilité… Mais une mère ne sait pas dissimuler ses peurs quant à l'avenir de sa progéniture… Et comme je ne suis pas débilo-demeuré…

Ca m'irritait.

Elle s'en rendait compte.

Ca l'agaçait.

Parce que finalement, elle était perdue.

Ca, ça m'énervait encore plus.

Un joli cercle vicieux en somme…

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Quand tu as débarqué avec tes acolytes dans le magasin, vous tombiez comme du pain béni...

Ma mère et moi dans l'état de nerfs où nous étions, ne pouvant nous renvoyer les choses en pleine figure sans nous faire exagérément mal, tous deux perclus dans l'apparence à maintenir inscrite dans nos gènes… Oui, vous étiez alors le substitutif idéal…

A cela, ajoutons notre histoire Harry…

Et ce grain de haine inexpugnable puisque, malheureusement, quelque part fondé et sensé…

Si je pose l'hypothèse que toi-même tu n'étais pas forcément disposé aux plus délicates intentions à mon encontre – si c'est pas de l'art de l'euphémisme ça ! –… je déduis que Madame Guipure n'évaluera jamais la chance qu'elle a eue de ne pas voir son magasin exploser, littéralement, ce jour-là…

Ce fut même finalement un esclandre très modéré…

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Sauf que j'ai vu tes émeraudes scintiller Harry… Je les ai senties brûler mon avant-bras, tenter de déchirer le tissu, à la recherche d'une raison supplémentaire de me haïr…

Parfois, je sens encore ce regard…

Des raisons que nous ne soyons pas amis, nous en avions. Tous deux.

Des raisons que tu ne m'estimes pas, je t'en avais données à la pelle.

Des raisons que tu me détestes, l'histoire s'était chargée de les nourrir. Et vice versa.

Sauf que dans les tréfonds de mon être, lorsque tu apparaissais Harry, j'étais un peu alors dans l'œil du cyclone…

Ne te méprends pas, ça n'ôtait rien à mon ressentiment… Je me répète, mais il avait quelque chose de bien trop légitime.

Mais quand même… L'œil du cyclone… Apaisement gratuit. Inconscient aussi. Mais là. Parce que la Roue du Temps…

La cicatrice dont tu m'as gratifié en cherchant la marque des Ténèbres sur mon bras Harry me fait encore mal.

Qu'elle y soit ou qu'elle n'y soit pas, tu l'as cherchée. Parce qu'elle pouvait y être. Et tu t'en foutais de moi et des circonstances qui auraient pu donner sens à cela parce que ta sentence était déjà sur le bord de tes lèvres…

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Bien sûr que je n'avais jamais réellement eu le choix, mais ce soir-là, j'acceptai très officiellement la mission de ton ennemi juré. Parce que je n'avais plus rien.

Sois gentil, ne m'oppose pas que j'avais à peu près tout pour être heureux, que j'avais toujours ma mère et ma sœur, mon père incarcéré n'était quand même pas mort ou encore que d'autres destins bien plus malheureux que le mien parsemaient l'histoire du monde…

Je n'avais plus rien.

Rien que d'y penser… C'est horrible…

Je n'avais plus rien.

Alors j'ai fait un choix. J'ai fait ce choix. Pour avoir désespérément quelque chose.

Mais je l'ai fait et cela m'appartenait.

Et tu vois là Harry, je ne peux pas ralentir ma respiration qui s'accélère, ma gorge qui se serre…

Je n'avais plus rien.

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Parce qu'avec une ineffable solennité… La Roue du Temps s'était arrêtée

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I changed my life, my style

I changed my mind...

My life has changed my mind

The Wheel of time

I had to change my life, my style

Cause that's the wheel

That's the wheel of time

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Certes, certes, il faut bel et bien nourrir la cruauté et le sadisme comme des religions pour vous laisser en plan sur ces mots…

Certes, certes, le 21 novembre est si loin quand on y pense…

Enfin, moi je m'en fous, je connais la fin…

Pour toute tentative de corruption, c'est "submit review", en Carte Bancaire, Chèque, Espèces… En nature uniquement sur photos S.V.P. …

Oh qu'il est drôle…

Il vous en prie !

P.O.L.