Chapitre 7 : Aveux.

Drago saisit Hermione par les épaules et tenta doucement de la faire reculer. Mais à peine eut-il fait un geste que le monstre se fléchit dangereusement sur ses huit pattes et se mit en position d'attaque. Une éprouvante période de totale immobilité s'en suivit, chacun attendant une réaction de l'autre camp.

« Oh mon dieu, murmura Hermione qui retrouva brusquement la parole, On est très mal !

- Mais non… On va bien trouver une solution… temporisa Drago, tout sauf sûr de lui.

- C'est une scytodidae ! Souffla la sorcière. Elles sont très dangereuses. Au moindre geste elle projettera un venin gluant et paralysant !

- Super, grogna Drago. Mais pourquoi elle ne bouge pas, elle n'a pas l'air si méchante…

- C'est une créature nocturne, elle est aveugle et sourde mais détecte ses proies grâce à des trichobotries situées sur ses métatarses. C'est une sorte de sonar, un capteur de mouvement. Cet animal est un prédateur exemplaire, ne t'y trompe pas !»

Drago ne comprit pas la moitié de son discours mais réussi à saisir le plus important. Ils fallaient qu'ils partent au plus vite pour fuir cette machine de mort campée sur ses huit pattes.

Doucement, ils tentèrent de faire demi-tour sans éveiller l'attention de l'araignée. Peine perdue, la bête se mit brusquement et avança tel un tank dans leur direction.

Effrayés, les deux proies se dispersèrent. Chacun partit de son côté, ne laissant que du vide entre ses puissantes mandibules.

Elle se retourna rapidement en un mouvement fluide, mais à peine eut-elle fait un geste que les deux sorciers se mirent à hurler de concert

« ARAGNA EXIME !!! »

Le corps de l'immonde créature frissonna un instant comme seul réaction au sortilège. Sa rage parut soudainement décuplé alors qu'elle comprenait que ses proies d'aujourd'hui ne se rendraient pas sans combattre.

Repliant ses huit membres, le prédateur se mit à violemment frapper son thorax sur le sol. Après quelques uns de ses coups répétés, l'extrémité de l'abdomen se couvrit d'une substance jaunâtre.

« Cours Drago ! Elle va attaquer ! »

La voix paniquée d'Hermione le fit réagir plus vite que n'importe quelle gifle. Rapidement, il s'enfuit loin de la zone de tire de l'arachnide.

A l'endroit même où il se trouvait quelques secondes auparavant, la place se trouvait recouverte du venin qui s'étendait lentement.

Drago rejoignit Hermione.

« Pourquoi nos sorts n'ont pas d'effets ??? S'exclama-t-il.

- Nous sommes trop petits ! La puissance s'en ressent ! Expliqua la sorcière à toute vitesse. Vas-t-en ! »

Elle le poussa brutalement sur un côté et s'enfuit de l'autre. Un réflexe heureux car la aussi, ils manquèrent de peu une autre projection de venin !

Les minutes qui suivirent ne furent qu'un chassé-croisé exténuant pour les deux jeunes humains. Ils ne cessaient de courir, sauter, bondir dans tout les sens, échappant à chaque fois aux projections gluantes de l'araignée ou à ses mandibules.

Hermione était de plus en plus essoufflée, ne parvenant à éviter la bête que d'extrême justesse à tous les coups. Drago, dans un aussi piètre état, craignait pour elle. Il la voyait trébucher, se relever et se remettre à courir immédiatement. A chaque seconde, il admirait son courage et maudissait leur impuissance.

Ils ne pouvaient rien faire, juste s'enfuir. S'arrêter reviendrait à se peindre une cible multicolore sur la poitrine. Il ne cessait d'observer la jeune fille du coin de l'œil, se tenant prêt à intervenir dès qu'elle serait trop en danger.

Cette inattention lui fut fatale.

Un violent choc lui faucha les jambes et il tomba brutalement sur les pierres de couloir. Il se retourna le plus vite qu'il pouvait et vit avec effroi que toute sa cheville droite était prise dans une espèce de toile d'araignée. Frénétiquement, il tenta de s'en défaire en gigotant dans tout les sens, ne parvenant qu'à s'engluer d'avantage. L'araignée avait sentit grâce à ses capteurs qu'une de ses proies était enfin prise au piège. Elle s'avança lentement pour l'emmailloter dans une toile pour le paralyser totalement.

Hermione ne comprit pas tout de suite pourquoi la créature avait brusquement cessé de la poursuivre. Puis elle vit l'était dans lequel se trouvait son compagnon. Perdant toute mesure, elle s'arrêta et cria de toute ses forces pour détourner l'araignée de sa futur macabre besogne.

Hermione désespéra quand elle vit que son hurlement de rage, de peur et de colère n'avait eu strictement aucun effet. Elle se traita de tous les noms soudainement, se rappelant que la bête était sourde ! Ne réfléchissant pas plus longtemps, elle brandit sa baguette et répéta le sort anti-arachnoïde.

« ARAGNA EXIME ! »

Bien sûr, il n'eut aucun résultat physique sur le monstre mais eut au moins le mérite de détourner son attention de Drago.

Huit yeux rougeâtres se fixèrent sur Hermione, qui se sentit tout de suite très mal à l'aise. Elle était comme hypnotisée par ces rubis rougeoyants. L'araignée s'approchait lentement et avec circonspection de cette proie d'apparence inoffensive mais qui parvenait quand même à lui infliger de cuisantes douleurs avec son bâton à la main. Redoutant le pire, Drago ne put se retenir.

« Bordel, Hermione ! Qu'est-ce que tu fous ??? Casse toi ! Vas-t-en ! Laisse-moi ! »

Les cris du jeune homme attirèrent la bête qui se rappela que son déjeuner l'attendait déjà coincé dans sa toile. Elle retourna vers Drago qui sentait tout son sang froid le quitter.

« PETRIFICUS TOTALUS ! »

Le sort ne fit rien d'autre que décupler la rage qui saisissait la créature. Elle chargea alors que le serpentard usait tout son répertoire de sortilège.

« Locomotor mortis ! Rictusempra ! Flippendo ! MERLIN !!!

- EXPELLIARMUS ! » Hurla Hermione tandis que Drago tentait le stupefix.

L'araignée parut alors perdre la tête, ne sachant plus vers lequel de ses agresseurs se lancer. Elle tourna plusieurs fois sur elle-même et jeta son dévolu sur Hermione. Courrant à tout allure vers la jeune fille terrorisée, le monstre ne prêta pas attention à Drago qui préparait son dernier sort.

« DOLORIS !!! »

Il l'avait lancé avec toute sa force, toute sa rage, et l'araignée s'arrêta net, convulsant quelques secondes, tordant dans tout les sens son horrible corps prit par la douleur à l'état pur. Dès qu'il se reprit, le monstre n'eut plus qu'un seul but : attraper Drago, le faire souffrir et le dévorer.

Sans perdre une seconde, elle relança vers lui une autre salve de venin. Le jeune homme, qui avait enfin réussi à se détacher, ne fut libre que peu de temps. Il fut aussitôt reprit par la matière gluante que balançait l'arachnide sur la même jambe qu'auparavant. Aussitôt il se remit à tenter de se libérer. Il commençait à perdre les dernières miettes d'espoir qui lui restait, maudissait le ciel ou quiconque d'autre plus responsable de tout les problème qui leur arrivaient !

Renonçant à toute tentative d'évasion, il se mit rapidement en posture de combat et attendit la baguette bien levée au dessus de sa tête que l'araignée soit assez prêt de lui. Le sort qu'il souhaitait envoyer était son dernier atout, sa dernière carte et pour qu'il soit un minimum efficace, il fallait que la bête se rapproche. Elle ne se fit pas prier, avançant, sans que rien ne puisse la stopper, vers ce repas qui lui tendait les bras.

Drago entendit vaguement Hermione hurler de terreur et la vit du coin de l'œil lever sa baguette. Alors tout les deux, ensemble et en même temps, s'égosillèrent en lançant leurs sorts.

Les deux rais de lumière fusèrent et se rencontrèrent sur l'abdomen de leur ennemi.

Sans se faire attendre, l'effet des sortilèges conjugués fut redoutable, l'araignée mourut enfin.

Les deux jeunes gens contemplèrent sans mot dire la carcasse coupée en deux et totalement carbonisée.

« Tu as utilisé quel sort ? Demanda Drago, légèrement dégoutté.

- Incendio…, la voix d'Hermione était encore tremblante. Et toi ?

- Sectumsempra.

- Il a un effet redoutable… »

Drago acquiesça. Il ne se souvenait que trop bien de l'efficacité du maléfice lorsque Potter l'avait utilisé contre lui l'année dernière. Depuis il s'était renseigné sur cette incantation. Sectumsempra : le même résultat qu'un coup d'estoc. En la lançant, Drago avait tranché l'animal en deux.

L'adrénaline du combat finit par retomber. Hermione était exténuée, elle se laissa glisser le long du mur jusqu'à se retrouver assise sur le sol près de Drago. Celui-ci était couché, les bras en croix et la cheville toujours prise dans les sucs de l'araignée. Il se redressa et tenta pour la énième fois de se dégager. Il batailla seul quelques minutes jusqu'à ce qu'Hermione s'y mette pour l'aider. Grâce à des sorts bien choisit et un peu d'huile de coude, ils parvinrent à défaire les liens pour enfin permettre au sorcier de se lever.

Ce qu'il fit avec prudence en prenant appui contre le mur et sur sa jambe valide. Il tenta d'effectuer quelques pas mais à peine eut-il essayer qu'il retomba lourdement sur le sol. Il se retourna avec un air de surprise éberluée peinte sur le visage.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? S'inquiéta Hermione.

- Je ne sens plus ma jambe en dessous du genou ! »

Il fronça les sourcils en une moue préoccupée et tapa fortement son mollet. A son expression, la Gryffondor comprit qu'il n'avait absolument rien sentit. Alors doucement, elle s'approcha de lui et passa son bras sous le sien pour l'aider à se lever. Drago résista par réflexe au contact d'Hermione mais finit par se laisser faire avec soulagement. De toute façon, ils leur fallait continuer et il n'avait pas d'autre choix.

Ils se remirent en route de façon chaotique, parvenant rarement à marcher droit à cause de la jambe blessée du serpentard. Une fois la dépouille de l'insecte loin derrière eux, ils se permirent enfin de prendre une pause.

Ce déplacer à deux sur trois jambes était assez athlétique et cet effort s'ajouter à celui fournit pour rester en vie quelques instant auparavant. Ils étaient tout les deux considérablement essoufflés quand ils s'assirent dans un grand couloir à l'horizon bien dégagé, de façon à voir arriver de loin les attaques, de n'importe quelle forme possible.

Poussant un profond soupir, Drago se posa lourdement en étendant se jambe blessée devant lui.

« Et maintenant ? S'enquit-il. On fait comment pour aller chez Dumbledore ? »

Hermione eut un léger sourire en coin et murmura du bout des lèvres :

« J'ai peut-être bien une solution…

- Vraiment ? S'étonna Drago. Tu sais où est le bureau de Dumbledore ? »

Elle acquiesça, un léger sourire de contentement affiché sur ses lèvres. Et c'était en contemplant ces lèvres que Drago déclara :

« Granger, tu es géniale ! Je ne sais pas ce qui me retient de t'embrasser ! »

Il plaisantait, mais effectivement, il ne savait pas ce qui le retenait. Depuis le début de cette aventure, ses sentiments pour la jeune femme allaient croissant au point même que toutes ses pensées étaient désormais uniquement tournées vers elle. Il en oubliait même de se plaindre de leur situation, de sa jambe ou de n'importe quoi d'autre, c'est dire !

« Mais… Hermione, si tu le savais, pourquoi courir quand même après Potter ?

- En fait, répondit-elle, c'est bien grâce à Harry si j'ai connu l'emplacement du bureau ! Dans le sac, quand j'ai tout fait tomber sur toi, c'était parce que je cherchais… »

Hermione s'interrompit. Même si ses relations avec Drago Malefoy s'étaient considérablement améliorées, elle n'était pas certaine qu'Harry accepterait qu'elle lui révèle le secret de la carte du Maraudeur. Cette pensée la fit hésiter pendant de précieuses secondes, le temps qu'elle trouve un mensonge plausible.

« … C'est parce que je cherchais… une convocation qu'Harry avait reçue. Il devait aller voir le directeur alors… le lieu du bureau était inscrit sur le parchemin. »

Hermione n'était absolument pas fière de son mensonge, il était un peu bancal, mais c'était tout ce qui lui était venu à l'esprit. Drago la regarda fixement un instant, puis hocha la tête pour accepter son invention.

« Et c'est loin d'ici ?

- Non, heureusement !

- Bien. Ne perdons plus de temps alors. On y va ? »

Elle acquiesça et l'aida à se relever. Il eut encore quelques réticences à se faire aider mais ne rechigna pas. Ils reprirent le chemin avec le pas lent qu'ils étaient forcés à utiliser.

« Tu connais bien les sorts interdits ? » demanda soudainement Hermione.

Drago fut surpris par sa question et faillit s'arrêter pour répondre. Il reprit gracieusement le rythme quand il vit que la jeune fille ne ralentissait pas.

« Je les connais. Comme beaucoup de monde. Pourquoi cette question ? »

Il savait très bien qu'elle lui demandait cela parce qu'il avait jeter un Doloris sur l'araignée. Malgré tout, Drago ne se sentait pas coupable. Le sort leur avait fait gagné un temps précieux qui avait été utilisé à bon escient. Il attendit qu'Hermione développe le fond de sa pensée.

« Et bien… Les rares personnes que je n'ai jamais vu jeter un sortilège impardonnable étaient… des mangemorts.

- Tu te demandes toujours si j'en suis un ? La voix de Drago était calme, comme un calme avant une tempête… Hermione hocha difficilement la tête.

- Non. Répondit-il d'une voix ferme et glaciale. Non, je ne suis pas un de ces foutus bouffeurs de cadavres ! Crois moi si tu le souhaites mais leur idéologie me repousse ! Me répugne même !

- Pas pour tout… Tu n'est pas bien disposé envers les sang de … de bourbe, tu penses en la suprématie des sangs purs, tu…

- Arrête. Sa voix était sans appelle. Il me semble juste évidant qu'un sorcier n'ayant que du sang magique dans les veines soit plus puissant qu'un autre ayant le sang souillé par les moldus. Quand aux sang de bourbe… Je n'en ai pas contre eux… J'en avais contre toi. »

Hermione affichait une mine stupéfaite. Tout ce qu'elle croyait savoir s'écroulait comme un château de cartes. Drago se sentit obligé de préciser sa pensée devant l'incrédulité de la Gryffondor.

« Tu es tout simplement ma rivale directe Hermione. Mon esprit de compétition supporte très mal être battu dans toutes les matières. Alors je me vengeais, comme je pouvais… »

Il rougit devant son aveu et Hermione ne le trouva que plus irrésistible maintenant qu'elle le voyait barrières abaissées.

« J'ai utilisé le doloris car aucun autre sort ne fonctionnait, c'est tout. » reprit-il de manière plus assurée. Hermione lui signifia qu'elle le croyait désormais.

Ils hâtèrent leur rythme, pressés d'arriver chez Dumbledore.

La jeune fille se sentait décoller sur un petit nuage. Tout les doutes qu'elle aurait encore pu avoir étaient enfin levés. Bien sûr le Serpentard pouvait mentir, ça ne serait pas la première fois, mais Hermione ne le pensait pas. Elle le sentait sincère avec elle et n'en était que plus heureuse. Voir Drago se comporter comme un ami était un source de joie intarissable.

Le jeune homme, lui, se posait de plus en plus de question quand à sa volubilité du moment. Il avait admit ne pas en vouloir à Hermione. Il avait renié la politique de son père. Il avait avoué que son égo ne supportait pas être seulement second. Il se justifiait pour l'utilisation d'un sortilège qu'il avait appris à l'age de 10 ans.

« Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça, ajouta Drago, désabusé, ça doit être une « séquence émotions »… Tu ne veux toujours pas me dire qui est ton épouventard ? »

Hermione se contenta de secouer la tête. Elle s'en voulait de garder son secret, surtout après tout ce que lui avait raconté le jeune homme, mais comment dire à quelqu'un qu'on veut apprécier qu'il est votre plus grande peur ?

« C'est si affreux ? reprit Drago.

- Non…

- Honteux ?

- ...

- Effrayant ?

- …

- Gore ?

- Non, rien de tout ça…

- Alors POURQUOI tu refuses de le dire ? Ca me dépasse ! La plupart des élèves ont montrés à toute la classe l'apparence que prenait leur épouventard pendant les cours de Lupin !

- Oui et bien moi, je n'ai pas eu cet honneur, et crois moi, j'en suis tout à fait ravie ! Et pour autant que je sache, personne ne connaît non plus TON épouventard !!! Alors lâche-moi ! »

Hermione s'était soudainement énervée et avait retiré son soutien à Drago sous le coup de la colère. Celui-ci perdit un peu de sa grâce naturelle et vacilla autant par manque d'équilibre qu'à cause de la virulence de la jeune fille. Vive l'impulsivité des Gryffondors, pensa-t-il avec ironie…

« Oui, reconnut-il, personne n'a vu mon épouventard… Mais…

- Et je suppose qu'il s'agit d'une prérogative uniquement accordée aux Malefoy ?!! cria-t-elle.

- Non ! Drago commençait à perdre patience. C'était juste plus prudent pour les âmes sensibles dans ton genre ! déclara-t-il avec mépris.

- Oh et bien crois-moi, mon épouventard heurte également la sensibilité des braves gens !!! »

Hermione avait l'impression d'être mesquine quand lui jeta cette phrase à la figure même si Drago ne pouvait pas savoir pourquoi. Heureusement, ajouta-t-elle en aparté.

« Trop facile comme excuse Granger ! s'énerva Drago. Tu m'as dit que ton épouventard n'avait rien de choquant !

- M'en fiche. Peu importe !

- Dis-moi ! exigea Drago, même s'il se doutait que ce n'était absolument pas la bonne méthode.

- Non ! Révèle donc le tien, après seulement tu pourrais me demander quelque chose !

- C'est privé !

- Ah ça te vas bien de dire ça ! se moqua Hermione.

- Oh et puis merde ! craqua Drago. Mon épouventard, c'est le cadavre de ma mère ! La chute du dernier rempart qui me protège encore de la folie furieuse de mon père ! La mort de la seule personne qui m'ai jamais aimé et protégé ! Ton épouventard est-il le corps supplicié de ta propre mère, Granger ?!!! »

Hermione en resta bouche bée. Jamais elle n'aurait imaginait qu'il avouerait si vite ! Les neuroleptiques injectés dans son corps par le venin de l'araignée devait y être pour beaucoup dans sa rupture si rapide… Elle frissonna. L'épouventard de Drago était effroyable. Jamais elle n'aurait imaginé cela. Elle était encore choquée quand il reprit la parole. Elle entendit à peine ses mots : «Pourquoi j'ai dis ça… S'il te plait, Hermione, oublie ce que j'ai dit… » Elle acquiesça machinalement.

Drago se morigéna, jamais il n'aurait du dire quoi que ce soit sur son épouventard, même sur sa vie privée. Il se maudit pour sa stupidité. Dès lors, il sentait les larmes lui monter aux yeux. Merlin ! Il détestait être faible ! L'arachnide avait entièrement miné ses défenses et il se sentait mis à nu. Il n'avait plus qu'une envie : craquer, déchirer sa couverture, enfin hurler sa frustration, sa colère.

A cloche pied, il s'éloigna de la jeune fille sans savoir où aller ni ce qu'il fuyait.

En le regardant partir le dos droit, la tête haute et avec une attitude très digne malgré son handicap, Hermione se sentit soudainement très seule. Elle eut l'impression qu'un courant d'air glacé avait pris la place qu'occupait Drago quelques instants auparavant. Il l'enveloppait comme dans un linceul et elle eut envie de pleurer. Jamais… Jamais elle n'aurait voulu lui causait de la peine, le forcer à se remémorer des souvenirs difficiles… Le masque du Serpentard arrogant était tombé depuis longtemps déjà et depuis Hermione pouvait lire sa souffrance comme dans un livre ouvert. Ainsi elle savait qu'elle était tant physique qu'émotionnelle. La jeune fille en était peinée, car elle sentait instinctivement que c'était en partie de sa faute. Il s'était dévoilé devant elle alors qu'elle était restée aussi inaccessible qu'une statue de glace.

Hermione aimait Drago Malefoy. Elle en était consciente depuis plus d'un an déjà. Son épouventard prenait son apparence en train de la repousser et de se moquer d'elle car telle était l'angoisse qui étreignait la courageuse Gryffondor à chaque instant de sa vie. Jamais elle n'avait eu plus peur de Drago que quand elle l'imaginait la détester toute sa vie.

En le regardant s'éloigner toujours plus loin d'elle, Hermione prit douloureusement conscience que les rôles s'étaient inversés : c'était ELLE qui venait de le repousser.

Elle se rappelait encore comment une simple attirance physique s'était complexifiée en le désir le plus profond qu'elle n'en eut jamais ressenti pour finie par se sublimer en un sentiment extraordinairement pur, l'amour (pur et dur ). Elle l'aimait pour sa beauté, son élégance, son intelligence, même si elle était trop souvent utilisée à mauvais escient, pour sa force et pour son esprit acéré.

« Drago. »

Elle avait parlé d'une voix douce, à peine un murmure, mais il l'entendit quand même. Il s'arrêta sans se retourner, attendant la suite.

« Je… Et bien… Elle hésitait encore malgré sa détermination. Mon épouventard, c'est toi ! »

Elle avait parlé à toute allure, comme si le dire plus vite en atténuait la difficulté. Il se retourna lentement vers elle, l'incrédulité était peinte sur son beau visage. Il fixait Hermione avec une intensité surnaturelle, semblant pouvoir la sonder d'un simple regard.

« Tu as peur de moi ?! Il était sidéré par la nouvelle.

- En fait, précisa Hermione, J'ai peur que tu passes ta vie à me détester, que tu me méprises pour toujours… »

Elle était rouge pivoine tant sa confusion était grande et sentait les larmes affluer vers ses yeux. Elle détourna le regard, cet instant était trop intense pour elle. La réaction de Drago déterminerait pas mal d'éléments quand à sa vie future.

« Est-ce que j'ai l'air de vouloir continuer à me comporter comme ça ? »

Les larmes dévalaient désormais ses joues, Hermione ne put répondre à la question. D'une main délicate, Drago essuya l'eau salée qui ruisselait sans retenue. Doucement, il l'attira contre lui et l'enlaça de ses bras. Sans avoir besoin d'y réfléchir, il savait comment calmer cette tristesse qui fendait son propre cœur.

Hermione étouffait ses sanglots contre la poitrine du serpentard tandis qu'il lui caressait tendrement les cheveux.

Petit à petit, la Gryffondor reprit contenance. Elle s'écarta doucement de Drago et reprit son rôle de béquille. Ils avancèrent lentement, l'un et l'autre troublés par leur propre attitude.

« Je crois bien que nous sommes tout près… » annonça-t-elle d'une voix qui ne trahissait rien de son état précédent. Drago hocha calmement de la tête, mais poussa un long soupir intérieur. Il s'épuisait rapidement à marcher sur une jambe uniquement. Plus vite il serait arrivé chez Dumbledore, plus vite son calvaire prendrait fin.

Ils tournèrent à un angle de couloirs et un sourire éclaira simultanément leur deux visages. La monstrueuse gargouille qui gardait l'entrée du bureau du directeur de Poudlard était enfin en vue. Ils mirent quelques minutes de plus à l'atteindre et purent enfin contempler de face l'ultime épreuve de leur quête.

« Pas trop tôt, souffla Drago, Je vais pouvoir retrouver mon irrésistible taille d'athlète… »

Hermione sourit faiblement devant sa maigre tentative d'humour. Un tout petit, un minuscule détail venait de lui effleurer l'esprit…

« Je crois qu'il y a un problème…

- Quoi ? Quel problème ?

- Et bien… Comment dire ? Je n'ai absolument aucune idée du mot de passe ouvrant cette porte… »

Drago ferma les yeux. Toute cette aventure commençait à sérieusement en gonfler pour parler poliment. Il se laissa glisser doucement sur le sol. Hermione alla s'asseoir à ses côtés.

« Je suis fatiguée, et j'ai plus de bonnes idées pour nous sortir de là…

- Moi non plus, soupira Drago.

Quand il la regarda, la gargouille semblait vouloir le narguer. Le jeune homme décida qu'il n'avait rien de mieux à faire que d'essayer de se reposer… Merlin… Il était crevé.

OOOOOOOOOOOO

C'est fini !!! Je vous raconte pas la galère pour le boucler celui là ! Jamais j'ai autant eu la flemme d'écrire ! Mais bon, l'essentiel, c'est qu'il soit là non ? Allez, à bientôt les gens, il ne me reste plus qu'un dernier chapitre et je vous abandonne pour de nouvelles aventures .

P'tite bise à tout mes lecteurs et méga bise pour les rewiewer (vi vi, c'est du favoritisme, je confirme, vous savez ce qu'il vous reste à faire)

A+ les gens.