Décadence
Auteur: Zowl
Genre: Drama/Angst... La première fois que j'écris un truc comme ça... Je m'auto-choque...
Disclaimer: Aucun personnage n'est à moi, mais à Lionhead, car sinon le héros et le méchant finiraient ensemble !
Rating: T pour des raisons évidentes...
Résumé: Dans l'Arène, le Héros est hypnotisé par son regard. Il y succombe comme à la plus puissante des drogues...
Note: J'avoue, c'est parti en cacahuète, mais j'avais envie de le voir tomber dans les pommes... Et le premier qui me dit que je change le scénario et que ça lui plaît pas bin il va lire une autre fic, hein, non mais... 'faut pas pousser mémé dans les orties...
Ah, et vous remarquerez que les chapitres redeviennent plus longs. J'ai des choses à dire, moi ! Bon, je vais m'inhumer sous mes couvertures et je finis d'écrire...
Chapitre 7 : La Volonté
Je me réveillai plus tard, dans un lit, la lumière déchiquetant mes yeux, des courbatures tendant mon corps, des grincements dans les oreilles. Et un mal de crâne rugissant. Pourquoi tout cela ? La fatigue ? L'effroi ? Ou peut-être la tristesse ? Je n'en savais rien. Je savais juste que je devais quitter cet endroit qui me paraissait familier. Et le retrouver. L'anéantir. Annihiler sa volonté, détruire son corps, réduire sa raison à néant. Je me levai, les jambes tremblantes, et me dirigeai vers une porte.
Le monde commença à tourner. Mais je tins bond. M'agrippant à une des bibliothèques qui ornaient les murs, je repris mes esprits et continuait mon avancée. Mon corps m'obéissait à nouveau, ma tête vainquait son mal, mes yeux s'habituèrent à la clarté environnante, mes oreilles domptèrent les bourdonnements.
À nouveau d'attaque je reconnus la Guilde et me guidai sans mal vers la sortie. Les apprentis et autres visiteurs me fixaient impressionnés, ou effrayés selon ce qu'ils savaient de moi, et le maître tenta de me retenir. Mais je courus vers la porte en chêne qui s'ouvrit sous mes paumes, je courus vers les bois qui m'accueillirent dans un bruissement de feuilles, je courus vers les cris et lumières qui brouillaient le calme habituel de l'endroit. Je courus vers celui que je devais tuer.
Cette volonté se faisait de plus en plus présente dans mon esprit, rien jusqu'alors ne m'avait paru aussi clair, aussi précis, concis, aussi puissant. Et cette haine que je sentais couler en moi, qui se prolongeait dans ma lame, qui aurait fait trembler le plus terrible des démons. Cette haine que je déverserais sur lui.
Je ne fus pas surpris du nombre incalculable d'ennemis qui m'attendaient. Des minions, des zombies, des voleurs, des assassins. Et de mon côté des apprentis de la Guilde, d'autres héros moins connus, des paysans armés de fourches et de faux, hommes ou femmes au regard farouche.
Je traversais la mêlée sans m'y perdre. Je le sentais moins éloigné, peu à peu, plus proche, ma volonté ne faiblissait pas.
« Tu vas mourir, Jack of Blades » me dis-je à moi-même.
Et je le trouvai enfin, brandissant la « clef » au-dessus de sa tête, faisant briller une énorme sphère de roc, la striant de milles signes bleus, activant je ne sais quel sceau ou rituel. Et à dire vrai, je me foutais bien de ce qu'il faisait, je voulais juste le voir étendu, sans vie.
Mais à la seconde où il me vit, il éclata de rire.
« Essaie donc de m'arrêter, si tu le peux ! »
Et il disparut dans ce même éclat saphir qu'à Hookcoast. La voie qu'il avait tracée était toujours ouverte, et je courais à ses trousses par ce portail bleu, lumineux, sans contrôler mes mouvements.
À peine eus-je reparu à l'air libre qu'une lame se planta devant moi. Je vis un homme à la gorge trouée sur ma gauche, et son bourreau occupait ma droite, et dans le reflet, mon reflet, qui se projetait sur l'épée, j'aperçus mes yeux cernés, lourds, rouges, mon teint pâle, mes traits creusés. En un rien de temps, le détenteur de l'arme fut tranché vif, et je continuai ma course effrénée. Je traversai ainsi Witchwood, mais mon ennemi s'enfuit de la même manière.
Et j'atteignis une grotte sombre aux murs ornés de cristaux vaguement lumineux. Une odeur de viande faisandée empestait l'air, et les créatures courtes sur pattes qui couraient çà et là parmi les combattants m'indiquèrent mon emplacement. Une caverne, repère de hobbes, et encore cette même impression qu'il se rapprochait de moi.
Je me dirigeai encore vers lui, lui, lui, mon esprit obnubilé par sa présence. Mais quelqu'un me barra la route. Une armure couverte de traits, de griffures, mais brillante, reluisant du sang des adversaires vaincus, où je me vis à nouveau, et une main puissante saisit mon col pour me plaquer à la paroi de granit.
« Toi… » murmura Tonnerre en me fixant haineusement.
Je lui rendis un regard bien plus terrible, car la haine seule n'y faisait pas figure, la souffrance, la trahison, et surtout la tristesse l'y secondaient, effroyables. Il n'osa rien dire, troublé par mon expression hésitant entre fatigue et énergie, entre frénésie et anéantissement. Il me lâcha et me dit encore :
« Dès que c'est fini… Je venge ma sœur…
- Tu n'y arriveras pas. » répliquai-je simplement, d'un ton sans équivoque.
Je n'étais pas juste sûr de moi, je le savais. Il ne me tuerait pas, il ne pourrait pas, non pas car il ne le voulait pas, mais bien plutôt parce que je ne désirais en rien mourir. Non, il ne vengerait pas sa sœur de cette manière. Il ne la vengerait jamais, il succomberait. Et ce de ma main. Je le savais, c'était comme ça. Inévitable.
Mais il ne me retint plus, puisque déjà je rejoignis la salle où Jack m'avait attendu. Oui, attendu. Il me fixait, les bras croisés, son regard hautement amusé me fixant d'un air qui en disait long.
« Tu es drôlement lent, pour un héros de ton rang ! Je m'attendais à mieux. » se plaignit-il, faussement déçu.
Je me ruai sur lui, ma colère décuplée par ce numéro. Il rigola. D'un rire presque enfantin, tant il s'amusait de la situation. Et à peine eus-je le temps de dire « Tu vas le regretter ! » qu'il s'évaporait à nouveau.
Encore une dernière pierre à activer. Une dernière avant de récupérer ce qu'il voulait. Une dernière avant d'échouer dans ma tentative pour le détruire. Mais il réussit. Il gagna, et se volatilisa une dernière fois.
« On se retrouve à la Guilde. » m'avait-il glissé avant de disparaître.
La Guilde. Je m'y téléportai sans attendre.
À suivre…
