Je suis désoléeeeeee pour le mega big retard dans les updates, mais ces dernières semaines ont été de la folie entre les révisions, les vacances, les fêtes, Noyel et le Nouvel An, les révisions, les partiels, les cours, les articles à rendre, le mémoire à préparer, la vie sociale (oui, ça aussi ça existe). Bref, désolée.

En plus de ça, je dois avouer que j'ai eu un peu de mal avec ce chapitre. Je ne suis pas une experte du fluff et j'ai toujours eu du mal avec les scènes de transition, et j'ai perdu ma Bêta-Lectrice qui m'aidait à me mettre au clair avec mes idées. Néanmoins, promis, ça va mieux maintenant et j'essaierais d'être plus régulière dans mes mises à jour. Croix de bois, croix de fer !

Comme toujours, Criminal Minds et tous les personnages s'y rattachant appartiennent à Jeff Davis et CBS. Je ne touche aucune rétribution financière sur ce texte, qui n'est là que pour nous divertir !

J'espère que ce chapitre vous plaira, et si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à me le faire savoir !

Dernière chose : Cher Santa, je suis désolée de n'avoir pas pu me prendre au jeu. Néanmoins, je suis bonne perdante, alors j'accepterais avec plaisir le défi que tu me lanceras, toi dont j'ignore l'identité ! Si tu lis ceci, n'hésite pas à m'envoyer un MP !


Sa deuxième tasse de café entre les mains, Emily jeta un coup d'œil à l'horloge intégrée à son four. Sept heures du matin. Autant pour ses plans de grasse matinée, elle n'avait pas été capable de trouver le sommeil après les événements de la veille. Elle avait passé la nuit à se tourner et se retourner dans son lit, luttant contre l'adrénaline et la tension qui mordait chaque parcelle de son corps après la révélation de JJ. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle était passée à côté des signes. L'addiction, quelle que soit sa forme, était pourtant un sujet qu'elle connaissait bien, et elle se détestait d'avoir manqué le fait que sa meilleure amie y soit directement exposée. Elle se détestait de n'avoir pas été capable d'empêcher la situation de dégénérer autant, d'avoir laissé JJ endurer tout cela toute seule. Elle détestait la gravité de la situation. Elle se détestait, mais ce n'était rien comparé à ce qu'elle ressentait pour William LaMontagne Jr.

Après avoir renoncé à trouver le sommeil, elle s'était levée et était allé jeter un coup d'œil dans la chambre d'amis où JJ avait rejoins son fils. Elle avait trouvé les deux têtes blondes profondément endormies, et sourit devant le spectacle angélique. Elle nota que les bras de JJ étaient verrouillés avec force autour de son fils, le protégeant, mais se félicita que malgré l'angoisse de la veille, la jeune femme ait réussi à trouver le sommeil. Elle devait probablement être tellement épuisée qu'elle avait dû sombrer aussitôt sa tête avait touché l'oreiller.

Emily avait quitté la chambre sur la pointe des pieds et rejoins sa cuisine en silence. Là, elle avait allumé sa cafetière et préparé une quadruple dose. Elle avait franchement besoin d'un remontant, et comme il était encore trop tôt pour attaquer à la Tequila, elle se contenterait de caféine. En plus de ça, elle avait la plus grande consommatrice de café du continent sous son toit. Elle avait savouré sa boisson en essayant de calmer la tourmente de ses pensées. Elle savait que dès que JJ serait levée, elle aurait besoin d'être en forme et apte à maintenir un calme apparent pour le bien de son amie et d'Henry.

Elle s'était pourtant vite trouvée à court d'activités et avait commencé à tourner en rond dans sa cuisine. Juste le temps de s'apercevoir que ses placards étaient aussi déserts que son frigo, elle s'empara de son téléphone pour appeler le concierge de son immeuble, ravie que le loyer exorbitant de son trop grand appartement comprenne des services comme une conciergerie disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.

JJ apparut dans le salon sur les coups de neuf heures trente, Henry dans les bras. Elle trouva Emily blottie dans un large fauteuil, un livre ouvert sur les genoux. La brune leva les yeux dès qu'elle les entendit et posa aussitôt son livre, un sourire ravi aux lèvres :

« Hey, » salua-t-elle doucement. « Bien dormi ?

-Euh, oui, merci, » répondit JJ, légèrement surprise de trouver son amie debout et claire d'esprit à cette heure. « Je pensais que tu dormirais encore, » fit-elle remarquer.

« Il faut croire qu'il n'y a pas tant de raisons que ça de se moquer de mes réveils tardifs, » sourit Emily en se levant de son siège.

Elle se leva et rejoint JJ en deux enjambées, tendant la main pour aller chatouiller les côtes d'Henry qui glapit joyeusement. Puis, elle se retourna vers la blonde et lui adressa un sourire rayonnant :

« J'ai préparé du café, si tu veux. Il doit être froid, maintenant, mais tu peux le faire réchauffer ou en refaire, à toi de voir. »

JJ hocha la tête, confuse par l'attitude étrange et inopinée de son amie. Elle s'attendait à trouver une Emily furieuse après les événements de la veille. Elle aurait eu toutes les raisons de l'être. JJ ne s'était pas seulement contenté d'avoir été méchante avec sa meilleure amie, elle l'avait ensuite réveillée, tenue debout toute la nuit, lui avait déballé tout son linge sale et avait même avoué, même involontairement, qu'elle lui avait menti et caché la vérité pendant plus d'un an. Mais Emily était calme, joyeuse, aussi normale qu'à l'ordinaire. Ni furieuse, ni même perturbée.

La brune tourna les talons et s'éloigna vers la cuisine, et, mal à l'aise, JJ lui emboîta le pas.

« Alors, » demanda Emily. « Frais ou réchauffé ?

-Réchauffé, ce sera très bien.

-Je te laisse faire, alors, » sourit la brune en tendant les bras. « Je peux prendre Henry pendant que tu déjeunes, si tu veux. Ça fait longtemps que je n'ai pas passé de temps avec mon neveu préféré ! »

Henry parut enchanté par l'idée et manqua de tomber des bras de sa mère en essayant de rejoindre l'étreinte offerte par Emily. JJ hocha nerveusement la tête, trouvant la situation décidément anormale, et confia son fils à son amie avant d'aller se servir une tasse de café et d'aller la placer dans le micro-onde.

Lorsqu'elle se retourna, elle découvrit Emily, qui avait calé Henry sur sa hanche et ne le tenait que d'un bras, en train de jouer avec le garçonnet qui riait aux éclats devant les frasques de la profiler. Elle s'adossa au comptoir de la cuisine, sa tasse en main, et observa un instant l'interaction entre son amie et son fils, attendrie par la scène. Elle se prit à rêver un instant que ce soit son quotidien, la normalité, la légèreté, un bonheur béat et sans ombre.

Malheureusement, l'ombre était là, et elle reprit très vite le dessus. L'angoisse, l'incertitude, la peur que JJ ressentait quotidiennement depuis des années maintenant refirent brutalement surface, et elle se rappela de toutes les raisons qui faisaient que tout cela était trop beau pour être vrai. De nouveau fébrile, elle déposa la tasse sur le comptoir et s'éclaircit la gorge :

« Je... Il faut qu'on rentre, » annonça-t-elle, essayant de garder sa voix la plus posée possible. Emily leva vers elle des yeux surpris, mais JJ se força à n'y prêter aucune attention. « Ça fait longtemps qu'on est parti maintenant. Will va commencer à s'inquiéter, et je n'ai rien pris pour Henry. Il faut qu'il déjeune, et il faut changer sa couche, et je dois trouver une solution pour...

-Respire, » sourit Emily en interrompant la divagation de la blonde. Elle s'approcha jusqu'à être placée juste devant elle, droit dans son champ de vision. Là, assurée que la blonde la regarde en face, elle afficha un large sourire et murmura : « Tu ne vas nulle part. Henry et toi restez ici jusqu'à ce qu'on ait eu le temps de vraiment parler de tout ça, d'accord ?

-Mais...

-Non Jen, pas de mais. Tu ne peux pas t'attendre à ce que je te laisse repartir comme ça et que j'oublie tout ce que tu m'as dit. Tu es ma famille. Henry est ma famille. Et je vais faire ce qu'il faut pour que toi comme lui ayez la vie que vous méritez. Ayez tout ce que vous méritez. »

JJ se dandina d'un pied sur l'autre, clairement mal à l'aise. Elle savait, bien sûr, qu'après ses confidences de la veille, Emily ne la laisserait pas s'en tirer aussi facilement. Que la profiler ne ferait pas comme si de rien n'était et ne la laisserait pas prétendre le contraire. Et si elle avait bien réfléchi à toutes les conséquences que ses aveux provoqueraient inévitablement, probablement qu'elle n'aurait jamais pris le risque d'en parler à Emily. Maintenant, c'était trop tard, et JJ n'était pas sûre d'être prête à affronter ce qui allait inévitablement suivre, ni même de le vouloir et...

« Jennifer Jareau, ne m'oblige pas à mêler Garcia et Morgan à tout ça, » l'interrompit Emily, un sourcil haussé en signe de menace.

JJ se redressa d'un bond, paniquée à l'idée même, et vit aussitôt un sourire victorieux se dessiner sur le visage de la brune. Bien sûr, une menace en l'air. JJ ne doutait pas une seconde, pourtant, qu'Emily soit capable de tenir cette promesse si la blonde se montrait trop réticente à accepter son aide.

La brune recula de quelques pas, Henry toujours dans les bras, et observa avec intérêt les expressions qui défilaient sur le visage de JJ. La chargée de liaison, habituellement si impassible, était clairement trop épuisée, anéantie ou terrifiée pour maintenir son si célèbre masque, ou peut-être qu'Emily avait fini par la connaître suffisamment pour pouvoir lire au travers. Restait que la profiler n'eut aucun mal à lire la confusion, la panique, le doute, l'espoir, la culpabilité, la volonté, la soumission, la rébellion, puis de nouveau la peur et la culpabilité, se bousculer sur le visage angélique. Elle devinait sans mal que JJ essayait de trouver une excuse valable pour s'enfuir et faire comme si rien ne s'était jamais passé, mais les deux femmes avaient conscience que ça n'arriverait jamais.

Alors que JJ se creusait les méninges pour trouver une échappatoire improbable à une situation qui la paniquait clairement, la sonnette retentit dans l'appartement, la faisant sursauter. Elle leva des yeux affolés vers Emily, qui lui souriait à pleines dents.

« Juste à temps ! » s'exclama la brune avec conviction en tendant Henry à sa mère.

JJ récupéra son fils avec hésitation alors qu'Emily tournait déjà les talons pour rejoindre la porte.

« Em, » l'interpella aussitôt JJ, les yeux tremblants. La profiler se retourna vers son amie, dans l'expectative, et les épaules de la blonde s'affaissèrent alors qu'elle murmurait : « Dis à Will que je serais prête dans deux minutes. »

Emily la regarda, sourcils froncés, avant de réaliser. Elle secoua aussitôt ses mèches brunes :

« Ce n'est pas lui, Jennifer. Et je te l'ai déjà dit, tu ne rentres pas encore chez toi. »

JJ fronça les sourcils, mais Emily avait déjà disparu. La blonde entendit la porte s'ouvrir et retint sa respiration, attendant avec défaitisme l'explosion de hurlements qui aurait inévitablement lieu lorsque son amie se retrouverait nez à nez avec Will. Il n'y eut pourtant que des chuchotements, et elle fronça les sourcils lorsqu'elle entendit la porte se refermer moins de quelques secondes plus tard.

Emily réapparut dans la cuisine, les bras chargés de paquets, et adressa un sourire rassurant à la blonde :

« Tu vois, pas d'inquiétude. Et comme toujours, un timing parfait ! »

Elle déposa les sacs sur l'îlot de la cuisine sous les yeux étonnés de JJ et commença à en vider le contenu.

« Tiens, pour nourrir ce petit homme » dit-elle en déposant une boîte de lait en poudre sur le comptoir.

JJ la regarda faire, ébahie, alors qu'Emily continuait à s'activer, vidant les sacs et rangeant tout ce qu'elle avait acheté dans les placards et le frigo. Lorsqu'elle eut fini, elle se retourna vers JJ et constata que celle-ci n'avait toujours pas bougé d'un iota, figée. Elle ne paraissait même pas remarquer Henry qui commençait à s'ennuyer ferme et avait entrepris de sucer méthodiquement les cheveux de sa mère, les emmêlant franchement par la même occasion.

Emily l'observa, inquiète, et demanda, hésitante :

« Jen ? Ça va ? Qu'est-ce qu'il y a ?

-Tu... Tu as acheté du lait pour Henry, » balbutia la blonde, l'air défait.

« Et bien ? » s'étonna Emily, clairement étonnée par la réaction anormale de son amie. « Ce n'est pas la bonne marque ? Il me semblait que c'était ce que tu avais acheté la fois où nous sommes allé faire les courses ensemble... Tu as changé ? »

JJ ne disait toujours rien, les yeux fixés sur la boîte de lait, l'air complètement perdu. Emily la rejoint en deux pas, récupérant Henry par la même occasion, et essaya de la rassurer :

« Ce n'est pas grave, Jen. On peut acheter autre chose, je te promets. On peut aller faire les courses, ou demander au concierge de nous rapporter autre chose. On peut aller manger dehors. Tout va bien, d'accord ? »

JJ secoua doucement la tête, très lentement, puis chuchota, les larmes perlant ses yeux azurs :

« Non. Non, c'est parfait, Em. C'est... C'est la bonne marque. »

Emily fronça les sourcils, étonnée et se demandant franchement quel était, dans ce cas, le problème. Elle tendit une main hésitante et la posa sur l'épaule de JJ, qui accepta enfin de lever les yeux et de la regarder en face, la lèvre tremblante, les yeux brillants de larmes qu'elle luttait pour retenir :

« Tu... Tu connais la marque, » chuchota-t-elle, la gorge serrée. « Tu sais quelle marque de lait j'achète pour mon fils... Tu l'as acheté pour lui... Tu lui as acheté du lait...

-C'est normal, Jen, » répondit Emily, légèrement mal à l'aise devant l'ampleur inattendue et démesurée que prenait son initiative de faire les courses. « C'est juste du lait. Je t'ai vu lui acheter cette marque, alors j'ai pensé que c'était ce qu'il fallait lui prendre. Je voulais simplement qu'il ait le meilleur petit-déjeuner. »

JJ la regarda une seconde, troublée, puis éclata en sanglots, décontenançant totalement la brune :

« Will ne sait même pas ce qu'il mange au petit-déjeuner, » avoua-t-elle dans un sanglot brisé.

Emily sentit son cœur éclater alors qu'elle comprenait tout à coup ce qui perturbait son amie. Aussitôt, elle enroula son bras libre autour de la jeune femme et l'attira contre elle, la laissant une nouvelle fois pleurer contre sa poitrine, enfouissant son nez dans les cheveux blonds. Henry, perché sur l'autre bras d'Emily, observait la scène avec étonnement, surpris par des comportements qui n'avaient clairement aucun sens. Néanmoins, il savait ce que voulait dire pleurer et il tendit ses petites mains pour caresser doucement les cheveux de sa mère, les yeux tremblant d'inquiétude.

Emily sourit à l'attention du fils pour sa mère et embrassa les fronts des deux blonds qu'elle tenait dans ses bras. Contre elle, JJ se calma rapidement et après avoir laissé échappé un long soupir, elle s'extirpa de l'étreinte et sécha rapidement ses joues avant d'adresser un grand sourire à son fils :

« Alors, Champ', prêt pour ton petit-déjeuner ? Emily s'est occupée de tout. »

Henry afficha un immense sourire et hocha fièrement la tête, comprenant qu'on lui parlait. Emily rit doucement et rendit le bébé à sa mère :

« J'ai laissé le biberon dans le sac, » dit-elle en désignant le sac en papier resté sur l'îlot. « Il est en plastique, j'espère que c'est bon. »

JJ hocha la tête à l'affirmative, touchée de voir que son amie se préoccupait du moindre détail, et s'éloigna pour préparer le petit-déjeuner de son fils. Emily la regarda faire, accoudée à l'îlot, avant de sourire :

« Pendant que tu t'occupes de monsieur, ça te dirait que je nous prépare quelque chose pour adulte ? Nous aussi, il faut qu'on se nourrisse !

-Tu n'es pas obligée, Emily, » répondit doucement JJ en jonglant entre le biberon, le lait en poudre, l'eau et Henry. « Tu en as déjà trop fait.

-Je n'ai rien fait du tout, » répondit la brune dans un immense sourire. « Et moi, j'ai faim, alors j'espère que toi aussi ! »

JJ, les yeux baissés sur l'évier, étouffa un sourire et hocha doucement la tête :

« Très bien. Alors merci.

-De rien, » répondit Emily en se redressant. « Bon... Je suis nulle en cuisine, mais je dois pouvoir arranger quelque chose. » Elle rejoint le frigo qu'elle avait rempli moins de cinq minutes plus tôt et se pencha à l'intérieur. « Bacon, œufs, gaufres surgelées, c'est bon pour toi ?

-C'est parfait.

-Super. Alors prépare-toi à être renversée par les talents culinaires les plus mauvais que tu es jamais vus ! » s'enthousiasma Emily.

Dix minutes plus tard, Henry avait fini son biberon, gagné une couche propre et commençait à somnoler dans les bras de sa mère alors que les deux femmes étaient installées à table autour du petit-déjeuner improvisé par la profiler.

« Désolée, j'ai fait cramer le bacon, » se confondit Emily, l'air embarrassé.

JJ ne put s'empêcher de rire :

« Comment peut-on faire cramer du bacon ? » taquina la blonde, revenant lentement à son moi habituel.

« Eh ! » protesta Emily, faussement vexée. « Tout doux, Tiger. Je ne suis peut-être pas douée en cuisine, mais j'ai un tas d'autres talents, » conclut-elle en tirant la langue, puérile.

« Je n'en doute pas, » sourit JJ en se servant. « Ce que je me demande, c'est comment tu as fait pour te nourrir durant toutes ces années !

-Comment ça, toutes ces années ? Jareau, je ne suis pas si vieille que ça !

-En maturité, c'est sûr.

-Très fin, » bouda Emily en croisant les bras. « Et pour répondre à ta question, c'est héréditaire. Ma mère est incapable de faire cuire un œuf. Et je n'exagère pas ! Un jour, la mère de mon père est venue nous rendre visite quand nous étions stationnés à Dubaï, et l'Ambassadeur s'est sentie obligée de préparer le petit-déjeuner pour éviter un énième sermon de sa belle-mère.

-Et alors ?

-Et alors, » sourit Emily, un air machiavélique sur le visage, « la moitié de la ville s'est retrouvée en alerte rouge après que l'Ambassadeur ait tellement fait brûlé ses pancakes qu'elle avait déclenché toutes les alarmes incendies de l'ambassade. La sécurité a cru à un attentat ! »

JJ éclata de rire devant l'air ravi d'Emily :

« Et ça a l'air de beaucoup te faire rire, fille indigne ! »

Le sourire d'Emily disparut aussitôt, et JJ s'en voulut aussitôt de sa dernière remarque. Emily n'avait jamais vraiment parlé de son enfance, ni de ses parents, mais il était de notoriété publique qu'entre la mère et la fille, c'était plutôt l'Ambassadeur qui avait été indigne dans la relation. JJ se rappelait bien de l'apparition de l'Ambassadeur dans leurs bureaux, et de la réaction de son amie.

« Em, » chuchota JJ, le cœur lourd. « Ce n'est pas ce que je voulais dire...

-Je sais, » se força à sourire Emily. « Ce n'est pas grave. Après toutes ces années, » répondit-elle en reprenant son air moqueur et décontracté, « j'ai fait mon deuil. »

JJ n'était pas dupe. Elle connaissait suffisamment Emily pour savoir quand celle-ci se cachait derrière son humour. Néanmoins, elle jugea que ce n'était ni le moment, ni son rôle de confronter la brune à la réalité de sa relation avec sa mère. Elle se contenta donc de dévorer le petit-déjeuner cramé préparé par sa collègue, qui passait plus de temps à fixer Henry, qui dormait paisiblement lové contre la poitrine de sa mère, qu'à savourer son plat.

« Merci, » dit tout à coup JJ.

Emily leva vers elle des yeux surpris et interrogateurs :

« Merci de quoi ? » demanda-t-elle, sincèrement confuse.

« De te préoccuper de nous. D'aimer Henry comme tu le fais. »

JJ se mordit la joue de malaise et détourna le regard. Voilà qu'elle redevenait toute émotionnelle, comme avec cette histoire de lait.

« Il n'y a pas de quoi, Jayje, » sourit tendrement la brune. « C'est très difficile de ne pas aimer ce petit bonhomme. Et toi, tu es ma meilleure amie. Vous êtes ma famille. »

JJ hocha doucement la tête et inspira profondément, alors qu'elle sentait les yeux d'Emily continuer à la fixer, visiblement perdue entre inquiétude et affection. La blonde songea un instant qu'il valait mieux laisser là ce sujet avant qu'elle ne s'embarrasse plus avant, puis changea d'avis. Elle avait vu la douleur dans les yeux d'Emily lorsqu'elles avaient parlé de sa mère, et tout à coup, elle sentait le besoin de rassurer la brune sur le fait que ses sentiments étaient réciproques.

« Merci quand même, Emily. Je sais que tu croies que tout ça, » dit-elle en faisant un geste ample pour désigner la table remplie, « est normal, mais ça ne l'est pas. Personne n'a jamais été aussi attentif à moi avant toi. Personne. Pas même Will, pas même au début de notre relation. Tu aurais pu me jeter dehors hier soir, ou ce matin. Tu n'avais pas à faire les courses pour moi, à acheter tout le nécessaire pour Henry et à te souvenir de ce qu'il lui fallait, tu n'avais pas à nous préparer le petit-déjeuner alors que nous nous sommes littéralement incrustés chez toi.

-JJ, » commença Emily pour l'interrompre.

« Non, Em. Je sais que tu vas dire que c'est normal, que c'est ce que font les amis, ce que font la famille. Mais ce n'est pas vrai. Tu sais comme moi que ce n'est pas vrai. Ce sont les bonnes personnes qui font ça. Je sais que tu aurais agis de la même façon si j'avais été une étrangère. Et je sais que tu aimes Henry sincèrement. Alors merci. Je ne sais pas comment quelqu'un d'aussi froid et insensible que l'Ambassadeur a réussi à élever une fille aussi douce et compatissante que toi, mais autant je la déteste de t'avoir fait souffrir, autant je dois dire que je suis heureuse qu'elle t'ait apporté dans nos vies. Alors s'il-te-plaît. Laisse moi te dire merci. »

Emily inclina lentement la tête et déglutit doucement, visiblement touchée au cœur par le discours spontané de son amie, qui se trouvait un peu ridicule d'avoir été aussi lyrique, mais soulagée d'avoir su transmettre à Emily la force de sa reconnaissance. Elles restèrent en silence quelques secondes, quelques secondes suffisantes pour que JJ remarque que la brune luttait pour cacher tous les signes d'émotivité qui la tourmentaient à cet instant, avant qu'Emily ne relève la tête et esquisse un petit sourire :

« Wow. Je crois que nous sommes un peu émotives ce matin, non ? » plaisanta-t-elle. JJ sut aussitôt qu'Emily utilisait l'humour pour éviter de trahir ses sentiments, mais elle préféra laisser couler. Elle voyait dans les yeux chocolats que la brune était touchée par ce discours, mais un peu trop sensible pour continuer sur ce sujet. « Alors, » reprit Emily pour changer de sujet, « qu'est-ce que tu veux faire aujourd'hui ? »

La question prit JJ au dépourvu. Comment ça, ce qu'elle voulait faire ? À part s'enfouir sous la couette pour pleurer et espérer que toute cette histoire avec Will n'ait été qu'un mauvais rêve, que ses comptes en banque soient de nouveau pleins, et que rien de tout cela n'ait d'impact sur la vie d'Henry, elle n'avait pas vraiment d'idée sur comment occuper sa journée après un désastre comme la veille. Emily attendait probablement d'elle qu'elle essaie de trouver une solution et commence à prendre ses dispositions pour régler le problème, le genre d'attitude que l'on pouvait attendre d'une fille d'ambassadeur, agent du FBI, femme forte et indépendante, mais JJ n'était comme ça et elle n'avait pas la moindre idée de comment elle était sensée s'y prendre pour solutionner l'incroyable merdier qu'était devenu sa vie.

« Je... » Elle essaya de chercher au plus vite la réponse qu'Emily voulait entendre. « Je crois que je vais rentrer chez moi et essayer de discuter de ce qu'il s'est passé avec Will. Voir... Comment on peut se sortir de tout ça. Étudier mes comptes et peut-être...

-Non, non, » l'interrompit Emily en secouant la tête, un petit sourire aux lèvres. « Ce n'est pas du tout ce que je voulais dire. Nous parlerons de tout cela, de comment régler le problème, mais pas maintenant. Aujourd'hui, ma chère, nous allons passer la journée ensemble et nous allons nous détendre. Tu vas te changer les idées, parce que je ne veux plus voir autant de tristesse sur ce visage, compris ? Les problèmes, pour plus tard. Alors, que veux-tu faire ? Centre commercial ? Zoo ? Piscine ? »

JJ la regarda avec surprise. Elle ne s'était pas vraiment attendu à ce genre de réaction. Confuse, elle balbutia :

« Je ne sais pas... Avec Henry, c'est un peu difficile de trouver quelque chose à faire, » avoua-t-elle en baissant les yeux sur son fils de moins d'un an, trop petit pour profiter de la majorité des activités proposées par son amie.

Pourtant, elle vit tout à coup le visage d'Emily s'illuminer, et elle ne put s'empêcher de se demander ce qui venait de traverser l'esprit de la brune. Pourtant, celle-ci se levait déjà pour débarrasser la table, visiblement extatique devant son idée :

« J'aurais dû y penser plus tôt ! » s'exclama la brune avec enthousiasme. « J'ai exactement ce qu'il nous faut ! Apprête toi à retomber en enfance, mademoiselle Jareau, et à découvrir Zygoland ! »


Voili voilà. J'ai essayé d'y mettre un peu d'humour, histoire que ce ne soit pas trop sombre, mais ça a été un peu compliqué. J'espère que vous n'avez pas été déçus après toute cette attente. Ne vous inquiétez pas, plein de rebondissements à venir ! Comme toujours, les commentaires, les critiques constructives, les encouragements, et surtout les idées ou les envies pour la suite sont les bienvenues ! Elles aideront peut-être ma muse à faire un peu mieux que ce ridicule mois et demi d'attente ! =)

Merci d'avoir lu,

Love,

Pegaze