Déjà, un grand MERCI à Circae qui se charge de la relecture et de la correction^^ (sauf pour la fin, donc c'est normal s'il y a des fautes. Je mettrais tout à jour plus tard)
Puis, un énorme désolée pour le retard.
Je n'ai pas vraiment d'excuses (le travail, les cours...) donc je ne vais pas m'attarder davantage avec des explications inutiles et sans intérêts. Juste un énorme désolée. Le chapitre 8 est pratiquement fini et le 9 est bien commencé donc la suite viendra beaucoup plus vite.
Merci pour vos reviews, j'essaye désormais de vous répondre à tous, désolée si j'en ai oublié certains,n'hésitez pas à me le signaler ! En tout cas elles me font énormément plaisir et j'espère que cette suite tardive vous plaira.
Lucie Jones avait passé le début de la journée absorbée par les préparatifs du repas familial qui se déroulerait le soir-même. Ces diners la fatiguaient plus qu'autre chose mais son mari y tenait vraiment. Il était très attaché aux traditions familiales, pour son plus grand malheur.
Elle sillonnait la maison, veillant à ne rien laisser en plan. Tout devait être absolument parfait ! Pour cela, elle passait tout en revue dans les moindres détails, ne voulant surtout pas que quelque chose échappa à son contrôle. Sa belle-mère vénérait l'ordre, et elle pouvait se montrer particulièrement désagréable lorsque quelque chose d'inopportun venait troubler son milieu parfaitement structuré.
C'est donc en parcourant le salon à la recherche d'une quelconque trace de laisser-aller qu'elle le revit pour la troisième fois. S'arrêtant net, elle se tourna vers les grandes baies-vitrées qui offraient une une vue idéale sur le jardin. Elle capta son regard et sourit largement lorsqu'elle le vit s'agiter frénétiquement. Elle poussa la baie vitrée et s'exclama joyeusement Ne bouge pas ! Je reviens avec la soupe ! avant de se précipiter dans la cuisine. Elle était parfaitement conscience qu'il ne pouvait pas la comprendre, mais lui parler était devenu une habitude. Elle ouvrit son frigo et le fouilla rapidement du regard. Un sourire satisfait s'empara de ses lèvres lorsqu'elle retrouva les deux bols préparés spécialement pour lui. S'emparant des restes plus que copieux du diner de la veille, elle se hâta de le rejoindre et renversa dans l'empressement l'une des chaises du séjour. Elle lui lança un regard mauvais sans pour autant s'arrêter, au diable le désordre !
Elle fut soulagée de voir qu'il n'avait pas bougé. Elle sortit dans le jardin avant de se diriger à sa limite, où le chien noir l'attendait patiemment.
- Salut toi ! Dit-elle lentement comme si elle s'adressait à un enfant en bas âge.
Mais le chien ne fit guère attention à elle, ses yeux sombres étaient focalisés sur les deux bols qu'elle tenait entre ses mains. Cela fit sourire Lucie.
- Je t'ai apporté une petite surprise, continua t-elle tout en déposant les deux bols sous le nez de l'animal.
Avec joie, elle observa la bête renifler sa cuisine avant de se précipiter dessus. Elle s'installa à même le sol, repliant ses jambes contre sa poitrine et les encerclant de ses bras. Elle posa le menton sur ses genoux et contempla avec un air rêveur le chien manger. Il était toujours un peu trop mince, mais plus aussi maigre que le jour où elle l'avait découvert. Elle avait prit le soin de laisser les restes des repas bien en évidence dehors, espérant qu'il reviendrait les engloutir. Et il était revenu, chaque soir, fidèle à sa cuisine. Elle aimait tout simplement les animaux et ne supportait pas l'idée que des gens puissent affamer une pauvre bête.
Elle l'avait vu pour la première fois en début de semaine. Elle était occupée à arracher les mauvaises herbes de sa pelouse lorsqu'un mouvement furtif avait attiré son attention. Elle s'était redressée tout en écartant ses mèches humides avec le revers de sa main, dégageant son front et ainsi sa vision. La maison toujours déserte du voisin la titillait encore, mais depuis l'épisode de la lettre mystérieuse qui faisait étalage de sa curiosité mal placée, elle n'y était plus retournée. Le chien était dans le jardin de monsieur Lupin, caché dans les arbustes. S'il n'avait pas changé de poste d'observation, elle ne l'aurait certainement jamais vu.
Au départ elle avait pensé qu'il s'agissait du chien de Rémus Lupin. Mais en le détaillant bien, il était plus qu'évident que c'était une bête abandonnée, errant dans le quartier. De plus, Rémus Lupin n'avait jamais précisé qu'il avait un chien. Comme toute personne adorant les bêtes, Lucie s'était prudemment approchée du canidé, l'observant avec une réelle curiosité. L'animal semblait en faire autant.
Elle lui avait demandé ce qu'il faisait dans le jardin de ce pauvre Monsieur Lupin. Bien sûr, elle n'attendait pas vraiment de réponse de sa part, elle pensait juste à voix haute. Mais il y avait quelque chose d'étrange dans le regard anormalement fixe de l'animal, une drôle de lueur qu'elle ne pouvait identifier. Elle s'était redressée, mal à l'aise. Ce chien n'avait pas un comportement normal – du moins pour un chien. Ses orbites sombres semblaient la jauger avec acuité, si bien qu'elle détourna les yeux, gênée.
Et soudain, elle réalisa où elle se trouvait : dans le jardin du voisin. Si quelqu'un la surprenait ici... Elle ne voulait pas recevoir une nouvelle lettre étrange. Elle s'était alors précipitée dans son jardin avant de jeter un regard soucieux au chien. Elle ne pouvait tout simplement pas le laisser dans cet état ! Elle avait donc laissé les restes des repas bien en évidence devant sa terrasse, et il était revenu chaque soir. Et grâce à elle, il retrouvait lentement un peu de force.
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Harry Potter leva à nouveau son regard sur la veille pendule qui ornait l'un des murs du bureau de Rogue. Midi approchait, et il ne s'était toujours pas décidé. Tournant une page du livre que son professeur lui avait prêté, il parcourut d'un air absent la grille représentant les ingrédients d'origine animale correspondant à la catégorie 1.
Mais plus rien ne semblait vouloir entrer dans sa tête bien trop préoccupée. Il jeta un nouveau regard vers son professeur qui était plongé dans un livre dont l'épaisseur donnerait des vertiges à Ron. Cela faisait maintenant plus d'une heure que le maitre des potions lui avait donné une Encyclopédie des potions qui faisait étalage de tous les ingrédients de base. Il lui avait annoncé avec un petit rictus moqueur qu'il devait connaître non seulement les ingrédients rudimentaires de première année, mais également ceux au programme de deuxième année ! Ainsi se résumait le cour particulier de potion de ce matin.
Installé dans un coin de la pièce, Harry avait l'impression de se transformer en Hermione Granger.
Il ferma doucement l'ouvrage et regarda une nouvelle fois la pendule. Rogue lui avait dit qu'il pouvait partir à midi, et qu'il ne l'interrogerait que le lendemain. Il était presque midi, et il ne restait donc que peu de temps au jeune sorcier pour se décider.
Harry avait tout simplement décrété, ce matin, qu'il était temps qu'il obtienne des réponses précises aux nombreuses questions qui se bousculaient dans sa tête. Depuis que le professeur McGonagall l'avait emmené ici début juillet, Rogue n'avait jamais répondu clairement à toutes ses interrogations. Harry n'avait jamais trop insisté, ne voulant pas déclencher une confrontation dont il savait qu'il en sortirait perdant. Mais aujourd'hui, leur relation avait évolué positivement, et le jeune sorcier sentait que c'était enfin le moment. Se levant maladroitement, il rassembla nerveusement toutes les affaires qu'il avait étalées sur le petit bureau pour y remettre de l'ordre bien que ce fût peut-être tout aussi bien pour retarder le moment où il s'entretiendrait avec son professeur. La chose qui l'intriguait le plus, c'était la relation que Rogue avait pu partagée avec sa mère. Il lui avait avoué un soir qu'il connaissait sa tante car il habitait tout près de chez les Evans. Depuis une foule de questions se bousculaient dans la tête du jeune Gryffondor. Il devait avoir des réponses, il insisterait, et ne laisserait pas le choix à Rogue.
Installé derrière son bureau, ce dernier était occupé à lire un épais ouvrage dont le cuir s'effritait. Harry s'avança lentement, tout en se tortillant les mains d'appréhension derrière son dos. Il réfléchissait à toute vitesse, cherchant désespérément la meilleure approche pour lui poser toutes ces questions délicates sans le froisser. Il fallait qu'il soit prudent, car il avait la désagréable intuition que son professeur ne tolérait aucune indiscrétion, même si leurs relations s'était adoucies.
Il détailla Rogue mais ses cheveux le dissimulaient, retombant sur son visage comme d'épais rideaux. Alors il s'attarda sur les divers objets qui jonchaient le bureau tout en se mordillant les lèvres, hésitant.
- Que voulez-vous Potter ? lui demanda soudainement Rogue sans lever les yeux de son livre.
- J'aimerais vous poser une question.
- Et depuis quand demandez-vous l'autorisation pour cela ?
- C'est une question personnelle...
Redoutant la réaction de l'homme, Harry se raidit aussitôt. Mais à sa grande surprise, Rogue resta calme, levant enfin les yeux de son livre pour lui lancer un regard méfiant. Encouragé par son silence, le jeune homme poursuivit :
- Je voulais juste savoir quelque chose... qui me préoccupe depuis quelques jours.
Rogue se redressa sur son fauteuil, ses yeux sombres vrillant ceux d'Harry. Le jeune sorcier se passa une main derrière le cou pour se gratter les cheveux à la base de la nuque. Il n'était plus sûr de rien et son courage de Gryffondor lui faisait à cet instant cruellement défaut. Finalement, ce fut Rogue qui vint à son aide en lui lançant froidement :
- J'ai pas tout mon temps, Potter !
- Je voulais vous demander si, un jour, il se pourrait que vous et ma mè... je veux dire, je suis heureux de ne plus être chez les Dursley, mais j'aimerais comprendre pourquoi. Je sais bien que l'autre jour vous avez dit... mais c'est encore confus et j'aimerais bien comprendre... non, heu...
Rogue haussa les sourcils.
- Votre manque d'éloquence est remarquable, se moqua t-il tandis que ses lèvres se recourbaient sur ses dents jaunes.
Harry devint aussitôt écarlate.
- C'est pas évident à dire... avoua t-il faiblement.
Il avait du éveiller la curiosité de l'homme, car ce dernier l'invita à s'assoir. D'abord surpris, Harry s'empara maladroitement de la chaise qui faisait face au bureau avant de s'y laisser glisser. Ne pouvant soutenir le regard perçant de Rogue, il fit mine de s'intéresser aux nombreux ouvrages qui tapissaient le mur de derrière.
- Je suis heureux de ne plus être chez les Dursley mais, j'aimerais comprendre pourquoi vous faites cela pour moi.
Un livre, un peu plus gros que les autres, attira son attention. Il se focalisa dessus tout en poursuivant :
-Quirrel et le directeur m'ont dit que si vous me détestiez, c'est parce que vous détestiez mon père.
Il risqua un regard vers le sorcier. Son visage s'était contracté mais ses yeux restaient insondables.
-Se peut-il alors qu'un jour, ma mère et vous, vous étiez amis ? Cela expliquerait bien des choses...
Un long silence tendu suivit ses paroles. Pendant quelques secondes, le regard de Rogue se troubla avant de redevenir impassible, le teint plus pâle en revanche. Harry baissa les yeux, redoutant l'explosion de colère.
-Je ne vous déteste pas Potter, s'exclama Rogue d'une voix basse et posée, insistant bien sur chaque mot.
Harry releva un peu trop brusquement la tête, se faisant presque mal. Il ne s'en préoccupa nullement, se contentant de dévisager son professeur, bouche-bée.
-Cela concerne uniquement votre père.
Le silence revint, plus pesant qu'avant. Abasourdi par cette révélation inattendue, Harry ne pouvait s'empêcher d'écarquiller les yeux de surprise.
-Mais...mais... vous n'avez pas arrêter de me prouver le contraire tout le long de l'année ! répondit-il avec une moue mi-dubitative mi-stupéfaite.
Rogue poussa un profond soupir tout en s'appuyant plus franchement contre le dossier de son fauteuil. Se passant une main sur le visage, il reprit d'une voix neutre.
-Croyez-vous vraiment que je me fatiguerais à vous donner des cours de potions si cela était le cas ?
Harry fit lentement non de la tête, toujours déstabilisé par cet aveu.
-Je n'aimais pas votre père et... vous lui ressemblez.
-Je ressemble à mon père ? S'exclama innocemment Harry avec un petit espoir dans ses yeux verts.
-Physiquement du moins, répondit l'homme avec une grimace dédaigneuse, mais cela me suffit à me rappeler à son souvenir.
Il ne prit pas la peine de cacher son dégout sous un masque d'impassibilité, lui laissant apercevoir toute l'antipathie qu'il vouait à James Potter. Harry allait dire quelque chose lorsque Rogue le coupa, froidement :
-Mais je vous déconseille vivement Potter de faire la moindre allusion à votre père devant moi, car, croyez-moi, vous n'aimerez pas m'entendre parler de lui.
Une véritable amertume, difficilement contenue, amplifiait chaque mot si bien qu'Harry se tassa un peu plus dans son fauteuil.
-Ai-je été clair ?
-Oui monsieur.
L'expression de Rogue se détendit aussitôt avant de redevenir totalement neutre. Encore quelque peu surpris par cette brutale manifestation de rancoeur, Harry mit du temps à retrouver ses esprits. Il repoussa ses lunettes sur son nez avant de demander dans un murmure :
-Et ma mère ?
Rogue se crispa.
-Vous étiez amis ?
La question s'était échappée de ses lèvres sans qu'il ne put la retenir. Rogue ne dit rien pendant un long moment, le fixant avec circonspection. Harry essaya de soutenir son regard sans ciller, déterminé à connaître la réponse.
-Oui.
Le mot claqua dans la pièce avec fatalisme tandis qu'Harry regardait son professeur avec stupéfaction. Il avait soupçonné depuis un moment cette éventualité, mais l'entendre de la bouche de Rogue... c'était la rendre vraiment réelle.
Sa stupeur devait clairement se voir sur son visage car Rogue fronça les sourcils avant d'aborder une expression austère pour décourager toutes les questions qui se bousculaient dans l'esprit complètement chamboulé d'Harry.
Mais le garçon ne se laissa pas intimidé par cette façade.
-Vous étiez vraiment amis ? Dit-il.
-Oui Potter, mais les détails ne vous regardent pas ! Donc maintenant que vous avez vos réponses j'aimerais que...
-Monsieur ! S'empressa de le couper le Gryffondor, je voudrais juste savoir... Mon oncle et ma tante ne me parlaient jamais de mes parents et je n'ai jamais rencontré leurs amis... Je ne connais donc pratiquement rien sur eux...
Suite à cette confession, ses joues s'étaient colorées.
-Et vous, vous l'avez connue... ma mère.
Il planta son regard dans celui de Rogue, lui laissant ainsi pleinement voir la tristesse qui recouvraient ses yeux verts. Il serra les dents, parfaitement conscient qu'il jouait dangereusement avec la patience de l'homme. Mais une fois de plus, il fut surpris du calme olympien dont faisait preuve le sorcier.
-Vous ne savez rien d'elle ? Répéta Rogue avec un mouvement de sourcil perplexe.
-Je sais des choses ! Se défendit vivement le jeune sorcier, mais j'aimerais connaître certains détails.
-Je vois et pouvez-vous me faire part de vos connaissances ?
Harry rougit. Triturant nerveusement le bas de son tee-shirt, il chercha rapidement dans sa mémoire des petits détails insignifiants qu'avait pu lâcher sa tante Pétunia, au détour d'une conversation, sur ses parents.
-Je sais qu'elle était à Gryffondor avec mon père, commença t-il d'une voix peu assurée.
Rogue leva les yeux au ciel.
-Mais encore ? Dit-il
-Elle était une élève sérieuse... tenta Harry en se souvenant d'un commentaire de McGonnagal, et elle était... elle aimait... elle aimait...
Sur la fin de sa phrase, sa voix avait changé d'intonation, se faisant plus tremblante. Il détourna ses yeux qui s'étaient embué, ne voulant pas que Rogue remarque son égarement. Il se sentait complètement idiot et surtout horriblement mal. Il ne connaissait rien sur ses parents et cette constatation lui donna envie de vomir.
-Elle aimait beaucoup les jeux sorciers comme les échecs ou la bataille explosive, confia Rogue d'une voix étrange.
Harry leva des yeux étonnés sur son professeur. L'ombre d'un sourire éclaira brièvement son visage tandis qu'il enregistrait les maigres informations qu'il venait d'apprendre sur Lily Potter. Sa mère aimait les échecs comme lui et jouait à la bataille explosive, jeu dans lequel il excellait !
-Potter.
La voix de Rogue le ramena brutalement à la réalité.
-Il est midi passé, Wonka doit vous attendre pour manger.
Il saisit parfaitement la demande silencieuse qui se cachait derrière cette phrase. Lily Potter semblait être un sujet délicat pour l'homme. Il ne devait donc pas exagérer en le noyant de questions épineuses qui pourraient mettre à bout sa patience. Alors il se leva et se dirigea lentement vers la porte. Il posa la main sur la poignée et jeta un regard par dessus son épaule. Rogue le fixait toujours étrangement.
-Merci monsieur.
Il sortit, et avant de refermer la porte, il lâcha un timide moi aussi je ne vous déteste pas, puis il dévala les escaliers quatre à quatre, sans se douter que, pour une fois, Severus ne s'offusqua pas le moins du monde du bruit qu'il pouvait faire.
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Les faibles révélations de Rogue avaient suffit à ébranler toutes les convictions du jeune Gryffondor. Après un repas rapidement avalé, Harry s'était précipité dans sa chambre pour s'emparer de l'album photo de ses parents qu'Hagrid lui avait offert.
S'allongeant confortablement sur son lit, les jambes repliées sous ses fesses et le menton reposant nonchalamment sur ses mains jointes, il examina les différentes photographies d'un œil avisé. Il les connaissait pratiquement par cœur, mais peut-être, avec ces nouvelles informations, un détail qui lui avait semblé insignifiant sur le moment pouvait devenir des plus frappants. Mais Lily Potter était toujours accompagnée soit par son père et les trois hommes inconnus, soit par une jeune fille aux cheveux blonds délicatement ondulés. Il n'y avait rien, pas le moindre petit truc pouvant rattacher Rogue à sa mère.
Rogue et sa mère, cela paraissait tellement invraisemblable !
Hagrid lui avait confié un jour que sa mère était une personne juste et aimante, des qualités qu'il ne pouvait associer à Rogue. Alors comment une personne aussi chaleureuse que semblait l'être Lily Potter avait pu être un jour amie avec quelqu'un d'aussi aigri que Severus Rogue ?
Harry délaissa l'album pour se retourner sur le dos. Il joignit ses mains derrière sa tête et, d'un air absent, il fixa le toit. Il resta de longues minutes ainsi, s'interrogeant sur le curieux mélange de fascination et de crainte qu'il ressentait envers Rogue. Cet homme était une énigme à lui tout seul. Le plus étrange, c'était qu'il commençait à aimer sa compagnie. Mais il ne devait pas. Il ne devait pas s'attacher à un homme qui finirait par l'abandonner. Si Rogue avait avoué ne plus le détester, ce n'était pas pour autant qu'il l'appréciait. Il ne voulait surtout pas être une fois de plus déçu par un adulte, car il le savait, le jour où Lupin réapparaîtra, Rogue l'oublierait. Il était juste le fils d'un ennemi et d'une ancienne amie, rien de plus.
Cette dernière pensée l'attrista pour une obscure raison. Ne voulant surtout pas broyer du noir, il décida de profiter du soleil. Une balade dans le village lui rafraîchirait les idées. Il informa rapidement Wonka avant de se précipiter dehors où une douce chaleur l'accueillit. Les mains dans les poches, il vagabonda dans les différentes petites ruelles qui offraient une fraicheur des plus appréciable.
Il pensa vaguement aux Dursley, s'attarda un peu plus sur Poudlard, et sourit largement en songeant à ses deux meilleurs amis. Ron et Hermione lui manquaient. Ron semblait beaucoup s'inquiéter pour lui, ne voulant pas croire que Rogue pouvait se montrer correct. Dans un sens, Harry le comprenait très bien. Le maitre des potions l'avait injustement ridiculisé et puni tout le long de sa première année, lui assénant des regards des plus mauvais. De plus, ils l'avaient soupçonné d'être à la solde de Voldemort. La méfiance de Ron était justifiée.
Hermione avait toujours été la plus vive d'esprit, la voix de la sagesse de leur petit groupe. Si au départ elle s'était montrée dubitative, elle avait vite demandé à son ami les détails de ses vacances pour pourvoir juger convenablement cette situation. Elle ne comprenait pas les motivations de Rogue, ce brusque changement, mais elle avait avoué qu'il faisait quelque chose de très bien pour son ami. Ses lettres étaient pleines de bon sens. Elle était également plus observatrice que Ron. Dans ses lettres, glissé discrètement entre les lignes pour ne pas le braquer, elle essayait de lui demander pourquoi le sorcier l'avait retiré à sa famille. Elle avait compris que sa vie chez les Dursley devait être vraiment horrible pour faire intervenir leur directrice de maison, mais surtout Rogue, et elle s'inquiétait pour lui à ce sujet.
Harry passa devant la boulangerie dont la devanture rouge criarde ne passait pas inaperçue, avant de virer sur sa droit où se trouvait la maison de la presse, dernier commerce avant le parc. Il jeta un bref regard au présentoir où s'étalaient tous les journaux moldus ainsi que quelques magasines féminins. Il allait continuer son chemin mais un hebdomadaire attira son attention, l'arrêtant net. Il s'approcha lentement, les yeux braqués sur la photo d'un homme au visage émacié. Juste au dessus on pouvait lire en grosses lettres : « Sirius Black : Un criminel en fuite ! ».
Levant un sourcil, Harry reporta son attention sur le portrait de l'homme. Les joues creuses, de longs cheveux emmêlés et poisseux, et des yeux vitreux, ce visage lui disait vaguement quelque chose. Où avait-il vu le regard complètement fou de cet homme ?
-Il fait peur à voir, hein p'tit ?
Il sursauta avant de se tourner vers un homme au crâne dégarni, adossé à l'embrasure du commerce.
-Qu'a t-il fait ? Demanda Harry.
-C'est un tueur en série, sacrément dangereux … Un peu comme on en trouve à la télé!
Harry hocha la tête, ses yeux verts rencontrant ceux démentiels de Black. Il y avait quelque chose de particulièrement effrayant sur ce cliché moldu qui ne donnait nullement envie de croiser le chemin de ce Black.
-Il s'est évadé il y a peu, continua l'homme d'une voix un peu trop enthousiaste au goût d'Harry. Il est armé en plus !
Pourquoi ce visage ravagé lui disait quelque chose ? Il avait la désagréable impression de l'avoir déjà vu récemment. Il cligna longuement des yeux pour forcer son cerveau à se mettre en action.
-Toute cette histoire va être palpitante ! j'espère qu'il aura des rebondissements intéressants dans cet affaire.
-Il vaut pas mieux vite l'attraper, non ?
L'homme eut l'air aussi interloqué que si Harry lui avait posé une question des plus absurdes. Puis, se reprenant, il lâcha d'une voix plate qui avait perdu de son épouvantable entrain.
-Oui.. oui.. c'est sûr. J'espère bien vendre des journaux au moins avec cette histoire.
Le jeune sorcier préféra laisser le commerçant et sa curieuse fascination pour le morbide. Il reprit vite son chemin tout en essayant de chasser ce Sirius Black de son esprit. Il se dirigea vers le parc, espérant bien se reposer tranquillement sous un arbre. Mais à peine fut-il arrivé qu'un homme se dirigea activement vers lui avec une expression furieuse.
Harry reconnut très bien son professeur de potion qui avait troqué ses longues robes noires pour des habits moldus... tout aussi noirs. Rogue se planta devant lui, le détaillant de la tête au pied. Harry crut lire du soulagement dans ses yeux sombres.
-Ne vous ai-je pas dit de me prévenir de vos déplacements ? Attaqua t-il froidement.
-J'ai dit à Wonka que je sortais, comme d'habitude ! Se défendit vivement Harry, quelque peu surpris par le comportement atypique de son tuteur.
Au loin, une jeune femme qui balançait avec précaution son enfant sur les veilles balançoires du parc, leur lança un regard curieux. Harry ne pouvait s'empêcher de rougir, n'ayant pas l'habitude de se faire réprimander en public par un parent en colère.
-Suivez-moi, ordonna finalement le sorcier avant de tourner les talons.
-Mais... j'ai rien fait !
Rogue se stoppa avant de dévisager durement son élève.
-Je vous conseil vivement de me suivre Potter, répondit-il d'un ton qui n'admettait guère la contestation.
Harry secoua la tête en signe d'agacement. Mais face au regard noir de l'homme, il lui emboita finalement le pas tout en prenant soin de bien lui montrer son mécontentement.
-Je pourrais au moins savoir pourquoi je dois rentrer alors que je n'ai rien fait ! Dit-il en jetant un regard peu amène au maitre des potions.
Mais Rogue ignora sa question. Il marcha vite et il ne cessait de jeter des regards aux alentours. Il semblait sur ses gardes. Arquant les sourcils, Harry demanda aussitôt :
-Que se passe t-il ?
Le sorcier lui lança un bref regard agacé.
-Potter, taisez-vous !
Harry allait répliquer quelque chose de désagréable lorsqu'un détail le coupa net. La main droite de Rogue était plongée dans la poche de sa veste, resserrée sur ce qui devait être sa baguette. Une sourde inquiétude monta aussitôt en lui tandis qu'il demanda d'une petite voix qui trahissait son inquiétude.
-Il y a un problème ? Monsieur ! S'empressa t-il de rajouter.
-C'est vous Potter qui allait avoir des problèmes si vous vous pressez pas !
Harry abandonna pour le moment. Il suivit silencieusement son professeur tout en lui jetant des petits regards au coin, intrigué. C'était presque avec soulagement qu'ils franchirent la porte du jardin. Rogue l'amène à l'intérieur de la maison où Wonka les attendait avec impatience, la mine soucieuse.
-Que sa passe t-il ? Redemanda Harry.
Rogue lui lança un regard mi-sévère mi-agacé.
-Ne sortez pas, je reviens.
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Rogue s'agitait dans le jardin avec sa baguette, exécutant des mouvements rapides et parfois complexes. Harry suivait sa progression grâce aux nombreuses fenêtres présentes dans toute la maison. Allant du salon à la cuisine en passant par l'une des salle de bain, il accompagnait son professeur de l'intérieur. L'homme renforçait les protections, il l'avait parfaitement compris, mais la raison lui échappait. Que se passait-il dans le monde magique ?
Ron, dans sa dernière lettre, n'avait rien signalé d'alarmant. Un événement récent donc. Il avait essayé d'interroger Wonka mais l'elfe s'était contenté d'hausser les épaules tout en prenant soin d'éviter son regard. Harry avait fini par abandonner, préférant s'installer sur l'un des canapés du salon pour y attendre patiemment son professeur.
-Peut-être que vous voulez boire quelque chose, monsieur Potter ? Se renseigna Wonka, soulagé de le voir enfin sagement assit.
-Non, merci...
La porte d'entrée claqua, les faisant sursauter. Il entendit des bruits de pas précipités avant de voir Rogue apparaître, toujours l'air furieux.
Harry se leva aussitôt.
-Que se passe t-il ?
Wonka se faufila jusque dans le couloir en prenant bien soin de leur jeter un regard préoccupé avant de disparaître probablement dans la cuisine.
-Rien qui ne vous concerne Potter, lui dit Rogue.
-Oui, mais il se passe bien quelque chose ? Insista Harry.
Rogue le dévisagea avec une expression soucieuse, le visage tiraillé par le doute. Harry arqua les sourcils, peu habitué à voir l'homme hésiter.
-Une évasion à Azkaban.
-Azkaban ?
-La prison sorcière, précisa l'homme tout en poussant un soupir exaspéré.
Et soudain, comme si quelqu'un avait enfin enclenché l'interrupteur, la lumière se fit dans le cerveau d'Harry.
-Sirius Black ? Demanda t-il vivement.
Rogue se raidit brusquement. Il se tourna vers lui pour lui jeter un regard incisif, ses lèvres plus fines que jamais.
-D'ou connaissez-vous Black ? Demanda t-il d'une voix furieuse.
-Les journaux moldus en parlent, je l'ai vu avant que vous ne veniez me chercher, répondit précipitamment Harry tout en reculant malgré lui d'un pas.
Les traits de Rogue se détendirent aussitôt. Il s'installa sur l'un des canapés et agita sa baguette pour faire venir à lui parchemin et encre.
-Black est un Mangemort très... dangereux, dit-il avec un horrible rictus aux lèvres.
Harry se remémora de l'expression complètement démente de Black sur le journal moldu. Sur ce point, il ne pouvait qu'être que d'accord avec le maitre des potions. Il baissa son regard sur Rogue qui s'était emparé d'une plume qu'il trempa délicatement dans l'encre sombre.
-C'est vrai qu'il n'avait pas une tête très rassurante dans les journaux moldus, s'exclama le jeune Gryffondor.
Rogue lui jeta un bref regard avant d'inonder le parchemin de sa fine écriture. Ses lèvres s'étaient légèrement étirées pour former un petit sourire satisfait.
-Parfaitement Potter, reprit-il calmement tout en continuant à écrire, c'est pour cela qu'à partir d'aujourd'hui je vous interdis de sortir de cette maison...
-Mais je croyais que je n'étais pas concerné ? L'interrompit vivement Harry.
La main de Rogue se crispa sur sa plume tandis qu'il leva les yeux sur son élève pour lui jeter un regard des plus noirs.
-Là n'est pas la question, répondit-il froidement.
-Je ne vais pas rester enfermé car un fou s'est échappé d'une prison ! C'est ridicule ! Lâcha rageusement Harry.
Il ne voulait pas rester de nouveau cloitré dans la maison comme pour l'histoire des lettres disparues avec Dobby. Il repensa aussitôt aux jumeaux Weasley qui se donnaient du mal pour venir le voir.
-Sur un autre ton Potter ! Ordonna Rogue tout en claquant sa langue.
Harry ferma la bouche mais soutint le regard de l'homme, décidé à ne pas ciller. Il prit soin de lui adresser le regard le plus noir dont il était capable. Au bout de quelques secondes, Rogue finit par lever un sourcils avant de réprimer un rictus.
-Potter, je n'ai ni la patience, ni l'envie de supporter une crise existentielle d'un gamin d'onze an.
-J'en ai pratiquement douze ! S'offusqua Harry.
-Mais si vous persistez à agir comme un sale gamin, continua Rogue comme si il n'avait jamais été interrompu, je peux vous traiter comme tel.
Harry ouvrit aussitôt la bouche pour déverser toute sa colère sur l'homme mais il se ravisa. Il ne devait pas continuer à l'énerver, cela ne l'emmènerait à rien. Il prit une profonde inspiration pour se calmer avant de lâcher doucement :
-Je ne fais pas de crise, je veux juste comprendre !
-Il n'y à rien à comprendre Potter.
Harry leva les yeux aux ciels avant de se dandiner nerveusement sur ses pieds. Rogue ne lui dirait rien de plus. Se mordant les lèvres, il observa l'homme qui s'était de nouveau penché sur son parchemin, le noyant rapidement d'encre noire.
-Je connais ce Sirius Black, lâcha brusquement Harry.
La plume grinça aussitôt sur le parchemin tandis que Rogue releva rapidement la tête. Un silence un peu trop lourd flotta dans l'air. Harry, les mains glissées dans ses poches pour éviter de les agiter nerveusement, fixait avec détermination un pied de la table basse. Il sentait parfaitement le regard du maitre des potions sur lui.
-Vous pouvez répéter Potter ? Demanda t-il entre ses dents.
Harry releva doucement les yeux.
-Je le connais, j'en suis sûr ! Dit-il lentement. son visage m'est familier.
Rogue passa ses doigts dans ses cheveux, l'observant intensément.
-Potter, Black est dangereux. Il n'y a rien d'autre à comprendre.
Harry réprima une grimace mais n'ajouta rien. Rogue le fixa quelques secondes avant de revenir à son parchemin.
-Je ne tolérerais aucun écart comme la dernière fois.
Harry savait que l'homme lui parlait du jour où il avait aperçu Dobby dans les buissons. Il aurait aimé poser plus de questions sur ce fameux Sirius Black mais il sentait confusément que c'était un sujet que Rogue n'aimerait pas aborder. Il avait déjà remarqué qu'il répugnait à prononcer son nom. Black et Rogue se connaissaient-ils ?
Secouant la tête pour chasser toutes les questions qui s'y bousculaient, Harry essaya de rester silencieux. Rogue semblait particulièrement énervé, ce n'était tout simplement pas le moment. Il avait déjà suffisamment joué avec sa patience pour aujourd'hui, et c'était déjà un miracle que l'homme ne l'ait pas envoyé dans sa chambre.
Mais l'évasion de Black et l'effet qu'elle produisait sur le maitre des potions le déstabilisait, il avait la certitude qu'on lui cachait quelque chose.
Ses réflexions furent interrompues par des coups secs contre la porte. Rogue se redressa vivement, une main sur sa baguette. Il fit signe à Harry de ne pas bouger avant de disparaître dans le couloir. Harry se dressa sur ses pieds, écoutant le bruit métallique que produisait la porte lorsqu'on l'ouvrait.
-Severus ! Je viens de découvrir la nouvelle !
Reconnaissant la voix de sa directrice de maison, Harry se glissa dans le couloir. Minerva McGonagall se tenait raidement à l'entrée, la mine soucieuse. Le chapeau de travers, la cape tassée sous ses bras, tout hurlait au départ précipité.
-Evidemment, lâcha Rogue tout en s'écartant pour laisser entrer sa collègue.
-J'ai la désagréable impression que tout cela n'est pas une simple coïncidence, dit-elle d'un ton sec tout en déposant sa cape sur le meuble le plus proche, vous pensez qu'il aurait pu être au...
-Potter !
Harry sursauta avant de se tourner vers Rogue.
-Monsieur ?
-Dans votre chambre.
Harry allait protester lorsqu'il découvrit le regard sévère de sa directrice. Il ne savait pas ce qu'il se passait mais une chose était certaine, sa présence n'était pas du tout désirée.
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Installé confortablement sur l'un des canapés du salon, Harry observait par la fenêtre le ciel étoilé d'un air absent. Le visage ravagé de Sirius Black continuait à flotter dans son esprit, occupant toutes ses pensées. Il avait déjà vu ce visage, il en était certain. Mais il avait beau se creuser la tête, il n'arrivait pas à se souvenir. Peut-être que Ron ou Hermione pourraient l'aider ?
Il délaissa la fenêtre pour s'intéresser au salon. Ce soir là, le ciel était tellement dégagé que la lune inondait la pièce d'une lueur bleutée, projetant des ombres surdimensionnées contre les murs. Il posa son regard sur la table basse où se trouvait un exemplaire de la Gazette du Sorcier. La photographie de Black occupait toute la une mais Harry ne vit que ses yeux délirants. Les yeux. C'étaient les yeux du Mangemort qui le tourmentés, il les avait déjà vus !
Il était tant absorbé par la photo qu'il ne vit pas Rogue s'approcher et prendre le journal. Il leva des yeux étonnés sur son professeur qui le jaugeait sévèrement du regard tout en pliant la Gazette du Sorcier.
-Il est bientôt 22 heures Potter.
-Je peux pas rester un peu plus tard ce soir ? Supplia presque Harry.
Dans presque deux heures, il aurait douze ans, et il ne voulait pas manquer son anniversaire. C'était devenu une habitude chez lui, attendre minuit pour pouvoir se souhaiter à lui même un joyeux anniversaire. Les Dursley ne faisaient jamais rien pour son anniversaire, c'était un jour comme un autres pour eux. Attendre minuit, c'était sa façon de rendre cette journée spéciale. Mais il ne voulait pas le faire dans sa chambre car Rogue, avec son obligation de se coucher à 22 heures, l'avait habitué à un nouveau rythme. Son lit serait trop tentant et il ne voulait pas s'endormir avant l'heure.
Rogue l'observa un instant avant de s'installer sur l'autre canapé.
-Dois-je m'attendre à énormément de courrier ce soir ? Dit-il d'une voix mi-moqueuse mi-enuyée.
Harry leva les sourcils.
-Du courrier ?
-Pour votre anniversaire ! S'exaspéra le maitre des potions. Il posa la gazette à ses cotés, pliée en
quatre.
-Oh !
Harry poussa ses lunettes sur son nez tout en regardant curieusement son professeur, l'air visiblement surpris que Rogue puisse connaître cette date.
-Heu... Je ne sais pas... Pourquoi recevrais-je du courrier ?
Il se traita aussitôt mentalement d'idiot mais la question du sorcier l'avait pris au dépourvu. Il n'avait jamais rien reçu pour son anniversaire, pas le moindre petite carte. Alors pourquoi cette année serait différente ? Bien sur il y avait Ron et Hermione mais il n'avait jamais précisé la date exacte de son anniversaire, ils ne devaient pas savoir que dans quelques petites heures leur ami allait avoir douze ans.
Rogue le regarda d'un air méfiant comme s'il le soupçonnait d'essayer d'être drôle. Mais devant l'expression de franche incrédulité du jeune sorcier, il fronça des sourcils.
-Car généralement on reçoit des cartes pour cet événement, dit-il d'une voix étrangement calme.
Mais Harry se contenta d'hausser les épaules.
-Je veux tout simplement attendre minuit, je le fais chaque année ! Alors ?
Rogue le fixa étrangement avant de se pincer le nez et de reprendre la gazette.
-Si vous y tenez temps...
Il déplia le journal et observa brièvement la photo de Black. Harry vit une véritable haine déformer ses traits mais cela ne dura que quelques secondes. Rogue connaissait ce Black, c'était désormais une certitude pour le jeune sorcier.
Harry balançait ses pieds dans le vide d'un air absent. Sa directrice de maison n 'était pas restée longtemps cette après midi, il ne l'avait même pas vu partir. Il était certain que Rogue et elle avaient discuté de Black.
Peut-être que Black en avait après Rogue ? Cela expliquerait toute cette agitation. Il leva son regard sur le maitre des potions toujours occupé à lire la gazette. Il croisa de nouveau les yeux de Black et la même sensation de déjà vu envahit son esprit. Il secoua la tête, s'efforçant de faire fonctionner son cerveau.
Rogue leva les yeux sur lui et son expression se fit plus dure lorsqu'il remarqua ce qu'Harry observait avec intensité. Il replia aussitôt le journal de façon que la photographie de Black disparaisse.
-Vous n'avez rien d'autre de mieux à faire que de rester planté stupidement sur ce canapé ?
-Heu... non.
Le jeune sorcier se mordit les lèvres tout en fixant un point imaginaire au dessus de l'épaule du maitre des potions.
-J'ai vraiment l'impression d'avoir déjà vu ce Black quelque part, confia t-il après un long silence.
Le visage du maitre des potions était totalement lisse, ne laissant filtrer aucune de ses émotions. Cela agaça sérieusement le jeune Gryffondor. L'homme ne pouvait-il pas se montrer plus démonstratif parfois ?
-Chassez ce Black de votre tête pour l'instant. N'avez-vous pas mieux à penser ? Comme votre anniversaire ?
Harry grimaça.
-Heu.. oui.
Rogue se massa lentement les tempes comme pour aider ses idées à se remettre en place avant d'observer son pupille. Un long moment passa avant qu'il ne se décida à parler à nouveau.
-Le professeur McGonagall va se joindre à nous demain pour le diner, elle a insisté pour emmener un gâteau, dit-il tout en grimaçant, comme si l'idée d'un gâteau pour un anniversaire était complètement ridicule.
Mais cela ne semblait pas être l'avi du jeune garçon si on en jugeait son sourire plus qu'ébahi.
-Un gâteau ? Répéta t-il.
-Oui.
-Wouah ! J'aurais vraiment un gâteau !
Devant cette parfaite manifestation de naïveté, le maitre des potions ne put s'empêcher de lever les yeux aux ciels.
-Je me passerai de commentaire Potter.
Rogue s'empara d'un livre et disparu derrière, laissant Harry seul avec ses réflexions. Le jeune Gryffondor se tourna alors à nouveau vers la fenêtre, attendant patiemment ses douze ans avec l'image réjouissante d'un gâteau aux couleurs éclatantes.
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Lorsque minuit sonna, Harry se redressa aussitôt sur le canapé puis réajusta ses lunettes. Un petit sourire aux lèvres, il se leva doucement avant de s'étirer tout en baillant.
-Merci monsieur de m'avoir autorisé à rester, dit-il.
Rogue leva les sourcils avant d'abaisser son livre pour mieux l'observer.
-En générale Potter, lorsqu'on patiente jusqu'à minuit on n'est plus à quelques minutes près pour attendre son courrier.
-Mais je n'attends pas de courrier ! Hagrid est le seul à savoir qu'aujourd'hui c'est mon anniversaire...
Un petit sourire s'empara de ses lèvres lorsqu'il pensa au garde chasse de Poudlard, peut-être qu'Hagrid allait lui envoyer une carte ?
-Oh, ne vous inquiétez pas pour cela. Qui ne connait pas la date d'anniversaire du célèbre Harry Potter ? Je suis persuadé que Sorcière Hebdo doit y consacrer un article chaque année, lança sarcastiquement Rogue.
Le jeune Gryffondor fronça les sourcils, ignorant complètement ce qu'était Sorcière Hebdo, mais tout bien considéré le sourire goguenard du maitre des potions, cela ne devait pas être quelque chose de très flatteur. Il se laissa retomber dans le canapé, attendant patiemment le cœur battant. Wonka se précipita dans le salon pour lui souhaiter son anniversaire tandis que Rogue disparut à nouveau derrière son livre.
Ses yeux commencèrent à se fermer lorsque des petits coups insistant se firent entendre contre le carreau de la fenêtre. Harry tourna la tête d'un geste brusque, observant avec étonnement les deux hiboux qui s'étaient posés sur le rebord de la fenêtre.
-Potter ! C'est pas en restant planté sur ce canapé qu'ils pourront entrer, lâcha Rogue par dessus son livre tout en jetant un regard agacé aux deux oiseaux qui continuaient à frapper contre la vitre.
Harry sursauta. Il hocha vigoureusement la tête avant de se précipiter sur la fenêtre qu'il ouvrit avec des mains tremblantes. Les hiboux s'engouffrèrent dans le salon pour se poser sur la table basse. Ils fixèrent Harry de leurs grands yeux jaunes, attendant patiemment qu'il se décida à venir chercher son paquet et ses lettres. Un paquet !
Laissant l'ombre d'un sourire éclairer son visage, il se précipita sur les hiboux pour en détacher maladroitement le petit colis soigneusement enveloppé dans du papier rouge brillant. Ses gestes étaient hésitants et ses mains tremblaient légèrement sous l'effet de la surprise et de la curiosité. Il avait un cadeau !
Le premier hibou venait de Poudlard et c'est avec joie qu'il découvrit l'écriture brouillonne d'Hagrid qu'il lui souhaitait un très joyeux anniversaire dans une lettre qui regorgeait de fautes. Il lui avait également envoyé des gâteaux maisons à l'apparence douteuse qu'Harry se jura de ne pas manger. Un sourire rayonnant accroché aux lèvres, il posa la carte du garde chasse pour s'emparer de la lettre du deuxième hibou. Il fut étonné de découvrir des lettres soignées former son nom sur un papier élégant. Levant un sourcil, il ouvrit doucement la lettre.
Harry Potter,
Je t'envois ce petit message pour te souhaiter un joyeux anniversaire.
J'espère que tes vacances d'été se passent relativement bien. Ma mère qui travaille au Ministère m'a informée que tu ne vivais plus chez les moldus mais chez notre professeur de potion ! Donc permets moi de te demander si tout va bien ?
Il me semble qu'avec mon directeur de maison vous ne partagez pas de bonnes relations, donc si tu veux un conseil, ne bois rien de ce qu'il te propose !
Affectueusement, Daphnée Greengrass
Avant qu'Harry puisse reposer la lettre, un autre hibou s'engouffra par la fenêtre restée ouverte pour s'écraser brutalement sur la table, faisant ainsi s'envoler précipitamment les deux autres oiseaux. Grâce à ses réflexes d'attrapeur, il put attraper de justesse la boite de gâteaux maisons d'Hagrid qui allait dangereusement basculer de la table.
-Qu'est-ce que... c'est que ça ? Demanda brusquement Rogue tout en jetant un regard dégouté vers le pauvre Hiboux qui peinait à se relever.
-C'est Errol ! S'exclama vivement Harry tout en aidant doucement l'oiseau à se redresser.
Rogue plissa du nez.
-Et je pourrais savoir à qui appartient cet... oiseau de malheur ?
Harry leva des yeux incertains sur son professeur avant de répondre doucement.
-C'est le hibou des Weasley.
Puis, comme s'il se rendit compte de ce que cela signifiait, un large sourire s'empara de ses lèvres, découvrant ainsi ses fossettes.
-C'est Ron !
Il bondit sur les lettres et fut plus que touché de voir que les jumeaux, mais également Madame Weasley qu'il ne connaissait pratiquement pas, s'étaient joints à son ami pour lui souhaiter un très joyeux anniversaire.
Un mélange de joie et d'émerveillement déforma ses traits, les yeux plus brillants que jamais. Sa joie fut à son comble lorsque Hedwige arriva avec la lettre d'Hermione. Il rassembla tous ses cadeaux au centre de la table et les admira sans vraiment y croire. Il ne les avait pas encore ouvert sauf celui d'Hagrid. Il le ferait tranquillement dans sa chambre, ne voulant pas être observé par son professeur.
-Vous n'avez jamais reçu de cadeau pour votre anniversaire.
Harry leva les yeux vers Rogue. Le sorcier avait posé son livre pour mieux l'observer de son habituelle expression indéchiffrable.
-Si, répondit-il doucement, Hagrid m'a offert Hedwige l'année dernière.
Le maitre des potions lui lança un regard qui le rendit mal à l'aise. Il le regardait d'une étrange façon, comme lorsqu'on réévalue sérieusement l'opinion que l'on a sur une personne. Sentant ses joues se colorer, Harry se tourna vers Hedwige pour lui caresser affectueusement la tête.
-Je vais allé dans ma chambre, merci de m'avoir autorisé à rester, dit-il en prenant bien soin d'éviter de croiser les yeux de l'homme.
Il se leva, s'empara de ses paquets avec difficulté avant de se diriger dans le couloir.
-Potter.
-Oui ? Demanda Harry en se tournant vers Rogue, les bras plus que chargés.
Rogue se leva avant de se diriger vers lui. Il se stoppa à sa hauteur et lança un regard neutre aux quelques paquets qui oscillaient dangereusement. Il en prit un pour le remettre en équilibre.
-Ne vous couchez pas tard, n'oubliez pas que votre directrice de maison vient demain à midi pour votre anniversaire.
Puis il se tourna avant de se diriger vers son bureau tout en jetant par dessus son épaule :
-Et joyeux anniversaire Potter.
Harry sourit largement, le cœur plus léger.
-Merci.
Il baissa les yeux sur ses cadeaux et leva aussitôt un sourcil. Un petit paquet sombre trônait aux milieu des autres, un paquet qu'il n'avait pas reçu avec les autre.
-Professeur ? Demanda t-il incertain.
Rogue qui venait d'ouvrir la porte de son bureau, se tourna brièvement vers lui avant de pénétrer dans son antre.
-Ne vous couchez pas tard ! Répéta t-il avant de fermer la porte.
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C'était avec soulagement que Severus se retrouva seul. Il se laissa tomber dans son fauteuil, celui juste derrière son bureau, avant de se masser les tempes tout en poussant un petit soupir.
Puis, il s'installa confortablement contre le dossier du fauteuil et laissa son regard dériver vers la photo de Lily. Mais à cet instant précis, ce n'était pas la jolie rousse qui hantait ses pensées mais plutôt son rival. James Potter.
James Potter venait d'une famille riche et puissante, mais surtout respectée. Et ça, son ancien ennemi en avait parfaitement conscience à en juger sa tête plus qu'enflée déjà à l'époque de Poudlard. Potter avait tout et pourtant, ce soir là, son unique fils se réjouissait de recevoir de minables gâteaux qui finiraient certainement à la poubelle dès le lendemain. Il se réjouissait du fait que l'on pense simplement à son anniversaire... et cette constatation accentua le malaise du maitre des potions. C'était une preuve de plus sur la dure vie qu'il avait dû subir chez les Dursley. Une preuve de plus qu'Harry Potter n'était pas James Potter.
Dans un sens, il ne connaissait pas James Potter, du moins il s'était surement trompé sur certains points car une fille comme Lily Evans n'aurait jamais épousé le Potter qu'il pensait connaître.
Il secoua la tête avant de se pincer l'arrête du nez. Toutes ces réflexions lui donnaient la migraine et le simple souvenir de son rival faisait naitre en lui une haine qu'il ne pouvait maitriser. Il préféra se concentrer sur le petit paquet qu'il avait laissé à Potter et que le môme avait malheureusement remarqué en sa présence. Ce n'était rien d'extraordinaire, juste des pièces d'échec d'excellente qualité. Les pièces blanches de Lily. Il était important qu'un joueur d'échecs conserve les mêmes pions, car les petites figurines lui accordaient leur confiance et leur dévouement au fil des années. Il l'avait expliqué à Lily lors de leur première année à Poudlard et la jeune fille avait insisté pour s'en acheter, voulant posséder ses propres pions comme tout sorcier amateur d'échec.
Minerva McGonnagal, qui faisait partie des volontaires pour aider Lupin et les Londubat pour vider la maison des Potter des affaires personnelles du couple après le drame, avait ramené les pions en marbre blanc. Elle adorait les échecs, il était donc logique qu'elle ne put les jeter.
Severus les avait immédiatement reconnus, un soir d'hiver lorsqu'il était rentré dans le bureau de la directrice des Gryffondors pour lui signaler le comportement grossier de l'un de ses lions. Dans un moment de nostalgie, la sorcière les avait sortis avec d'autres babioles ridicules appartenant sûrement à Potter père. S'était-elle souvenue de l'amitié qu'il partageait avec Lily Potter il y avait maintenant bien longtemps ?
Car elle lui avait proposé de les prendre, et lui, pris au dépourvu, avait refusé. Alors la sorcière s'était levée, annonçant qu'elle devait se rendre dans la salle des professeurs et, avant de quitter son bureau, elle avait jeté par-dessus son épaule l'air de rien : « C'est dommage, je vais donc les jeter ».
Severus savait très bien qu'elle ne les jetterait jamais, tout comme Minerva savait très bien que son collègue n'accepterait jamais son offre devant elle. Elle était donc partie, sans même demander la raison de sa venue. Et lui, il s'était rapidement emparé des pions de Lily où ses initiales étaient soigneusement gravées, avant de vite disparaître dans son bureau.
Il avait été interloqué ce matin lorsque le môme lui avait avoué ne rien connaître sur ses parents, sur elle...
Les souvenirs de Lily étaient trop douloureux pour qu'il puisse les partager. Alors lui offrir ces pions, qui avaient appartenu à sa mère, pouvait peut-être lui faire plaisir.
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Severus Rogue aimait les petits déjeuners. Ils lui offraient un moment de tranquillité qu'il chérissait, une pause des plus estimée. Chose qu'il ne pouvait pas retrouver à Poudlard avec les nombreux étudiants qui jacassaient sans cesse, formant un fond sonore continu et étourdissant.
Il observa un moment son café des plus noir et se délecta de son odeur amer. Il aimait prendre son temps, profiter entièrement du calme mélodieux qui recouvrait la demeure. Mais aujourd'hui, une ombre se dressa sur ses projets. Reposant sur le coin de la table, la nouvelle édition de la gazette du sorcier exhibait fièrement sa chronique sur l'évasion d'un ancien mangemort.
Une photo inquiétante de Sirius Black occupait toute la une. L'ancien Gryffondor fixait Rogue avec une expression goguenarde, ses lèvres esquivant un petit sourire démentiel. Severus s'empara du journal, s'arrêta brièvement sur la photo de Black avant d'ouvrir le quotidien d'un geste un peu trop brusque. Il se rendit immédiatement à l'article consacré au fugitif. Il le parcourra rapidement des yeux et constata que rien n'avait changé depuis la veille, Black restait désespérément introuvable. Une autre photo de Black accompagnait l'article. Comme sur les précédentes, l'homme paraissait complètement aliéné et agressif. Il ne restait plus grand chose du beau Sirius Black de Poudlard, le grand séducteur qui collectionnait les filles sans aucune pudeur avec son petit camarade Potter.
Severus s'autorisa un sourire moqueur en songeant à James Potter. Cet imbécile n'avait pas su choisir correctement ses amis, trop idiot pour remarquer la trahison de Black. Lily aussi n'a rien vu venir, lui susurra une petite voix désagréable dans sa tête.
Il reposa le journal avant de se masser les tempes délicatement. Lorsqu'il leva à nouveau les yeux sur la gazette, il recroisa le regard démentiel du Gryffondor. Pourquoi cet homme avait soudainement trahi son meilleur ami ? Il avait beau détester Potter et Black, il pouvait quand même admettre qu'une profonde amitié les avait solidement lié.
Tu aimais Lily et pourtant tu as rejoins Voldemort en sachant parfaitement bien qu'il exterminait des gens comme elle, lui rappela cette garce de petite voix.
Il était jeune et naïf, il voulait uniquement de la reconnaissance mais surtout, il ignorait que toute cette histoire allait prendre de telles proportions ! Il avait sincèrement espéré que Lily soit épargnée de toute ces horreurs... et il n'avait pas hésité à trahir Voldemort lorsque ce dernier avait décidé de s'en prendre à elle.
Peut-être que Black pensait la même chose pour son ami, peut-être qu'il avait demandé au seigneur des ténèbres d'épargner James Potter ! Exactement comme tu l'as fait pour elle, insista la voix.
Black pensait-il faire adhérer James Potter à la cause du mage noir ? la famille Potter avait beaucoup intéressé Voldemort, avait-il espéré que son ami allait le suivre comme il le faisait toujours à Poudlard ?
Des bruits de pas se firent entendre dans les escaliers, interrompant ses réflexions. Il se redressa tandis qu'un Harry Potter, fraichement réveillé, débarqua dans la cuisine. Ses cheveux étaient encore plus ébouriffés qu'à l'accoutumé et son visage portait toujours les traces de l'oreiller.
Rogue leva un sourcil avant de lancer sur un ton moqueur :
-Etes-vous tombé du lit Potter ?
Harry le regarda quelques secondes tout en clignant des yeux avant de se laisser tomber sur une chaise.
-Non... pourquoi ? Répondit-il tout en se passant une main hésitante dans les cheveux.
Rogue émit un faible ricanement face à son incrédulité avant de boire une longue gorgé de son café. Il observa silencieusement Wonka qui apportait l'habituel thé de Potter. Du coin de l'oeil, il pouvait distinguer la photo de Black qui le narguait. Il avait un mauvais pressentiment. Black allait-il s'en prendre au gamin ?
Potter était naïf comme tous les mômes de son âge et il n'avait aucun instinct de survie, Black en fera qu'une bouchée. Severus se pinça les lèvres, les yeux dans le vague. Il y avait des grandes chances que Black s'en prenne à Potter, il était trop lié au garçon pour le laisser tranquille.
Rogue leva les yeux sur l'enfant qui était occupé à manger une tartine à la confiture, indifférent à ses inquiétudes. Il ne devait pas se voiler la face, si Black a tué son meilleur ami sans hésitation, il en fera de même avec Harry Potter.
Des coups à la porte retentirent, interrompant brusquement ses pensées. Potter fronça des sourcils avant de lui lancer un regard interrogateur qu'il ignora. Il se leva tout en caressant la poche qui contenait sa baguette et, dans un frôlement de cape, il disparut dans le couloir.
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Harry suivit son professeur des yeux avant qu'il disparaisse dans le couloir. Il patienta quelques secondes avant de vite se lever et de rejoindre le maitre des potions. Il vit l'homme ouvrir la porte d'un geste brusque avant de se raidir instantanément.
Arquant les sourcils, Harry s'avança timidement avant de se hisser sur ses pieds pour observer par dessus l'épaule de Rogue. Il se figea aussitôt. Un homme attendait patiemment, détaillant Rogue avec un air incertain.
Cet homme Harry le connaissait pour avoir plusieurs fois croisé son regard sur les photos de l'album qu'Hagrid lui avait offert. Rémus Lupin était juste un peu plus âgé aujourd'hui.
Merci de votre passage
