Peines de cœur :
Chapitre 7 : Retrouvailles
Auteur : Shizuka Kurai
Genre : Yaoi, lemon
Série : Gravitation
Pairing : Hiro X Tomo
Persos :
- Seki Tomokazu
- Nakano Hiroshi
- Yuki Eiri
- Shindô Shûichi
- Kineko Mitsuko
- K-san
-Sakano-san
- Fujisaki Suguru
Disclaimer : Persos de Murakami Maki-sama, sauf Seki Tomokazu qui est de moi (mais son nom est celui du doubleur de Shuichi dans l'anime)
Commentaires : Bon, étant donné que je n'ai plus de bêta-lectrice, je me débrouille donc seule pour la correction, et si vous trouviez des erreurs, des fautes de frappe ou des incohérences dans l'histoire, n'hésitez pas à me le dire. Je m'excuse d'avance auprès de mes lectrices (et lecteurs), pour la médiocre qualité de cette fic, et le temps que j'ai mis à poster la fin. En ce moment, j'ai tellement d'inspiration que je travaille sur plusieurs projets à la fois, au du coup au lieu d'avancer, je stagne un peu. Je devrais vraiment finir mes fics en cours moi… Enfin bref, j'espère que la conclusion de cette fic vous plaira, et si non, ben c'est tant pis. Je l'ai écrite comme cela, et puis voilà.
Et puis aussi, je souhaite une bonne année, une bonne santé et plein de manga yaoi à toutes mes lectriiiiiices !!!! Et ma bonne résolution 2008, poster plus souvent mes fics !
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Résumé du chapitre précédent : Après avoir découvert son amour pour Tomokazu, Hiro rompt avec Ayaka se prend un méga rateau avec le comédien qui s'enfuit en Europe...
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3 mois plus tard, Paris, Europe.
Cela faisait maintenant un certain temps que Tomokazu avait quitté le Japon pour les fastes de l'Europe, et plus particulièrement la France, ses spécialités culinaires, ses sites touristiques, ses vins… Sa manager lui avait fait acheté un petit mas provençal près de Marseille, où il pouvait se détendre à loisir. Cependant, il en avait encore fort peu profité, ayant un emploi du temps surchargé, et surtout un moral au plus bas. Tout lui semblait fade et insipide, et malgré les recommandations de Kineko Mitsuko, il grignotait à peine ses repas, et avait déjà perdu 4 kilos. Pourtant la cuisine française était excellente et très riche en calories inutiles. Mitsuko comprenait très bien ce qui arrivait à son poulain : celui-ci se languissait d'amour. Cependant, elle ne s'inquiétait pas trop pour lui, en raison du plan ingénieux qu'elle avait élaboré avec K pour lui redonnait sa joie de vivre…
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Dans le même temps, au Japon…
De son côté, Hiroshi avait vécu cette période tout aussi difficilement que le doubleur, d'autant plus qu'il avait été celui qui avait été plaqué sans aucune chance de s'expliquer. Heureusement pour lui qu'il avait Shuichi avec lui, qui l'avait soutenu et encouragé. Fujisaki n'avait pas été de reste et s'était lui aussi montré un ami précieux. Quant à K, il lui avait remonté le moral d'une façon très énergique, c'est-à-dire à coups de magnum et de fusil-mitrailleur, tout en complotant derrière son dos. Tout le monde était au courant du projet de retrouvailles du bassiste avec l'élu de son cœur élaboré pas l'Américain, tous sauf Shuichi qui aurait trop facilement vendu la mèche à son ami d'enfance, et bien entendu sauf Hiroshi.
Tout ce que les deux copains de toujours savaient, c'est qu'il était prévu que le groupe Bad Luck fasse une grande tournée de quatre mois en Europe. Les préparatifs avaient déjà commencé depuis plusieurs semaines, et le départ était prévu dans une dizaine de jours. Hiro essayait autant qu'il pouvait de se réjouir de ce voyage se languissant encore de son amour perdu, tout comme Shuichi qui avait du mal à envisager les quatre prochains mois sans son Yuki adoré. Fujisaki, lui, était très enthousiaste et ne semblait pas se soucier de l'état plus ou moins dépressif de ces deux camarades, s'étant habitué depuis longtemps à leurs sautes d'humeur. Ni Shuichi ni Hiro n'imaginaient à cet instant ce que leur réservait l'avenir…
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Quelques semaines plus tard, Paris…
La tournée avait commencé depuis quelques temps déjà. Les Bad Luck avaient déjà effectué une série de concerts à Dublin en Écosse, à Londres en Angleterre, à Berlin en Allemagne. À présent, ils parcouraient les routes de France et de Navarre, se produisant d'abord en province, dans les plus grandes villes du pays, Lille, Bordeaux, Marseille, Clermont-Ferrand, Marseille, Lyon… Shizu : Oui, ils passent à Bordeaux, et aussi à Clermont!!! KYAAAA !!! Et oui, même perdu en Auvergne, nous avons un zénith. On est chanceux quand même en France avec tous ces concerts). Et maintenant, ils venaient de rejoindre la capitale, Lisbonne !!!... heu… non… Paris ! Shizu : Shu, me souffle pas des débilités !!!).
Après avoir atterri à l'aéroport, en début d'après-midi, puis s'être rafraîchi à l'hôtel, le groupe avait donné une conférence de presse. Le lendemain matin, un samedi, ils avaient participé à l'émission Hit Machine sur M6, provocant presque une émeute parmi le public féminin. L'après-midi, ils avaient profité de leurs quelques heures de liberté avant leur concert pour visiter la capitale. Notre Dame de Paris les impressionna tout particulièrement, pauvres petits japonais n'ayant jamais connu l'architecture gothique avant leur venue en Europe. Depuis leur arrivé dans le Vieux Monde, Hiroshi ne cessait de penser que son Tomokazu était là quelque part dans l'immensité de cette région du monde. Cependant, il ignorait où il pouvait se trouver, et n'avait aucun moyen de le savoir. Il aurait pu demander à K d'effectuer des recherches, mais il ne voulait pas que l'on se mêle de ses histoires de cœur, et il était persuadé que le comédien ne voudrait jamais lui parler, alors Hiro préférait se taire et se concentrer sur la tournée.
Vers 18H, ils avaient donné leur première conférence de presse dans la capitale, puis avaient pris un léger repas dans un restaurant végétarien, avant de se rendre au Zénith pour leur concert. La soirée fut un succès total, toutes les petites fans de beaux mecs asiatiques se pâmant au moindre sourire de leurs idoles. Shûichi se donnait à fond, montant dans des notes d'un aigu dont on ne l'aurait jamais cru capables avec une perfection presque divine. Le concert se termina finalement beaucoup plus tard que prévu, les Bad Luck se faisant sans cesse rappeler. Ce fut vers une heure du matin que tout pris fin, les artistes comme le public repartant vers leurs pénates le cœur bondissant d'enthousiasme et d'excitation.
C'est donc passablement agité que le groupe retourna à son hôtel. Même Hiroshi avait quelque peu oublié ses problèmes de cœur, et Shûichi, lui, se réjouissait du succès de leur performance. Ils eurent donc beaucoup de mal à s'endormir, et surtout à se lever le dimanche matin. Heureusement pour eux que leur séance photo n'était prévu qu'en début d'après-midi. Après le déjeuner, les Bad Luck partirent donc en virée dans les rues de Paris, s'arrêtant sur les meilleurs sites pour se faire tirer le portrait Shizu : non, pas "se faire refaire le portrait", ni se faire tirer dessus). Le beau temps aidant en cet été rayonnant, la séance dura toute l'après-midi, et ne se termina que vers 19h. Le souper fut pris sur la Seine en bateau-mouche, donnant lieu à quelques photos supplémentaires. Hiro et Shuichi ne s'étaient guère étonné de l'absence de K lors de cette visite touristique, Sakano leur ayant expliqué qu'il avait des "détails" à régler. Quels genres de détails, ils l'ignoraient, mais ils avaient tout de suite pensé que c'était en rapport avec la tournée et les conférences de presse qu'ils devaient encore donner, donc ils n'avaient pas demandé de précision.
Le retour à l'hôtel se fit largement après 21h, mais tout le monde était ravi de ce séjour dans la plus belle ville du monde. Cependant, Hiro et Shûichi ne s'attendaient pas à avoir la surprise de leur vie en arrivant à leur domicile provisoire. En effet, en descendant de la voiture, le chanteur eut l'immense joie de tomber nez à nez avec…
- « Yuki !!! »s'écria le garçon aux cheveux roses en lui sautant au cou, attirant aussitôt sur eux tous les flashs des photographes.
- « Raaah ! Mais qu'est-ce que tu fous, baka ? pesta le blond, en se libérant des bras de son amant. T'as vraiment envie que toute la France sachent qu'on est ensemble ? »
- « Oh, ça, toute l'Europe le sait déjà, Yuki-san… »fit timidement Sakano-san derrière eux.
- « Hein ? Et comment ils ont pu… ? »
- « Ben, c'est grâce à notre manga, Yuki, » répondit Shuichi.
- « Hé ? »
- « Ben oui ! Une très grande mangaka s'est proposé de mettre mon histoire, enfin notre histoire en manga, et Seguchi-san a immédiatement accepté. Il m'a assuré que ça allait booster les ventes de mes albums, et même de tes romans. »
- « Et c'est qui cette sale pouffe ? » cracha le blond, franchement agacé de cette nouvelle initiative de son beau-frère.
- « Murakami Maki-sama ! Et son manga s'appelle Gravitation ! Elle s'est inspirée d'une de mes chansons pour le titre, tu te rends compte ? » fit le chanteur, tout content.
- « Masaka… »souffla le romancier, désespéré d'être encore une fois la cible de tous les médias.
C'était justement là le plan manigancé par K pour assurer des retrouvailles tranquilles entre un certain bassiste et son doubleur d'amoureux : organiser une rencontre entre Yuki et Shûichi, sans en informer ces derniers pour qu'ils réagissent exactement tel qu'ils l'avaient fait, et attirent ainsi l'attention des médias, tandis que l'Américain entraînait Nakano à l'écart. Et c'était ce que K était en train de faire, au grand étonnement dudit bassiste.
- « K-san ? Qu'est-ce que vous faites ? Où m'emmenez-vous ? » demanda Hiroshi, intrigué.
- « Je te conduis vers ton Destin, Nakano-kun… » fit énigmatiquement le manager blond en l'entraînant vers l'entrée de service.
- « Hein ? »
- « Regarde… » lui fit l'Américain en lui indiquant quelque chose du doigt, quand il furent arrivé dans le hall.
Et là, Hiro l'aperçut…
- « To… Tomokazu ? » souffla le brun, le visage décomposé.
- « No no no, Nakano, le réprimanda l'Américain. Il ne faut pas faire cette tête d'enterrement quand on retrouve son "little darling", voyons ! »
- « Mais… comment… que fait-il ici ? C'est…»
- « Ne te préoccupe pas des détails, Nakano-kun, le coupa K. La manager de Mister Seki et moi-même avons tout fait pour organiser vos joyeuses retrouvailles de façon discrète, alors cours et rattrape-le avant qu'il ne te file encore entre les doigts. Et cette fois-ci, tu lui dis pour de bon tout ce que tu as à lui dire, c'est compris ? »
- « Haï ! acquiesça le guitariste, un sourire rayonnant venant illuminer son visage. Arigato, K-san ! »
Et le musicien partit en courant dans la direction qu'avait prise l'élu de son cœur.
- « Aaaah, ces amoureux… Ils sont désespérants, n'est-ce pas,"Pussycat" ? »fit K à la jeune femme brune qui venait de le rejoindre.
- « Tellement désespérants que ça me donne envie de leur coller des baffes, répondit-elle en soupirant. J'espère que cette fois-ci, tout ira bien. »
- « Don't worry, honey ! On va maintenant passer à la phase B du plan« Joyeuses Retrouvailles » ! Hohohohoho !!! »
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Hiro avait foncé tête baissée, sans se soucier des problèmes que cela pourrait causer, ou de ceux qu'il pourrait avoir. Forçant le passage à travers la horde de journalistes et les gardes du corps qui entouraient le comédien, le guitariste s'était jeté sur lui et avant que personne ne puisse réagir, l'avait entraîné dans l'ascenseur ouvert, et appuyé sur un bouton au hasard. La porte s'était refermée sur les deux artistes japonais, dont l'un avait plaqué l'autre au fond de l'ascenseur et l'embrassait à pleine bouche.
Le comédien, les yeux écarquillés de surprise, ne réagit pas sur le coup. La poigne ferme du bassiste le retenait de tout mouvement, et il se laissa aller un instant au baiser fougueux de son kidnappeur improvisé. Ce fut quand il sentit la main du musicien lâcher son bras pour descendre vers son entrejambe, qu'il se révolta et repoussa violemment Hiro qui alla s'affaler au sol. Du sang coulait légèrement de la lèvre du guitariste, là où Tomo l'avait mordu avant de l'envoyer valser. Les deux jeunes hommes restèrent quelques instants ainsi, silencieux, l'un debout dans un coin de l'ascenseur, l'autre allongé sur le sol, se redressant sur un coude pour essuyer le sang qui coulait le long de son menton. L'ascenseur montait toujours, et Tomo n'arrivait plus à aligner deux pensées cohérentes, quand soudain, un rire amer brisa le silence.
- « Tu m'en veux donc tellement pour un baiser volé ? » fit tristement Nakano en s'asseyant, la tête basse.
- « Tu as du culot, Nakano ! explosa l'acteur. Tu me suis jusqu'en Europe, tu m'enlèves en plein milieu d'un hôtel, tu me roules une pelle et je devrais me laisser faire sans rien dire ? »
- « Je parlais d'un autre baiser, Seki-san… Celui que vous avez surpris au Japon et qui m'a valu ma disgrâce à vos yeux… »
Devant l'attitude vindicative du comédien, Hiro était repassé au vouvoiement. Tomokazu n'avait décidément rien compris. Mais cette fois-ci, le guitariste ne le laisserait pas s'enfuir avant qu'il se soit expliqué et qu'il lui ait avoué son amour. Au moment où le doubleur voulut appuyer sur un bouton pour arrêter l'ascenseur, le musicien se releva et l'en empêcha en le plaquant à nouveau sur la paroi du fond.
- « Lâche-moi, Nakano ! »
- « Pas question ! Maintenant que je te tiens, je ne te lâche plus, sinon tu vas encore fuir je ne sais où. »
- « Mais pourquoi me poursuis-tu ainsi ? Ta copine ne te satisfait pas au lit et tu espères que ce sera mieux avec moi ? Tu es mignon, tu pourrais t'envoyer qui tu veux alors pourquoi moi ? Tu aimes piquer les petits copains et copines des autres ? C'est plus excitant pour toi, c'est ça ? »
BLAF !
- « URUSAI !!!s'écria Hiro après avoir giflé le comédien. Tu ne comprends vraiment rien à rien, baka ! Tu es la seule personne pour laquelle je serais capable d'aller au bout du monde pourvu que tu ne me repousses pas ! Tu es le seul que j'aime et que j'aie jamais aimé ! »
- « Alors comment explique-tu ce que tu as fait avec cette Ayaka et Shuichi ? »
- « Ce sont eux qui m'ont fait des avances ! Je n'ai jamais été qu'un substitut de Yuki pour eux ! Si à l'époque, je suis tombé sous le charme d'Ayaka, c'était juste pour essayer d'oublier Shuichi, parce que je confondais mon affection pour lui avec de l'amour. Elle a été un temps ma bouée de sauvetage, mais elle était trop obnubilé par Yuki pour me voir. Elle me parlait sans cesse de lui, me comparait à lui à longueur de temps, j'en avais vraiment assez ! Et alors, il y a eu cet accident, et Shuichi qui était aussi désemparé et perdu que je l'étais. Notre nuit ensemble n'a été qu'une vaine tentative d'oublier nos soucis, mais elle n'a fait qu'en ajouter d'autres. »
- « Nakano… »
- « Et toi alors ? Quand tu m'as embrassé, c'était parce que tu me voyais aussi comme un substitut ? Je suis le remplaçant de Shuichi, c'est ça ? Finalement, je crois que tu as raison… Je dois aimer ça, piquer le copain des autres et devenir le substitut de celui qu'ils aiment… »
- « Hiro, ne dis pas n'importe quoi… »
- « C'est la vérité pourtant ! Ayaka, Shuichi, toi… Comment j'ai pu être assez bête pour croire que ce serait différent avec toi ? Comment ai-je pu être assez stupide pour tomber amoureux de toi au point de ne plus pouvoir penser à autre chose et de me languir de ton retour à chaque minute? »
À bout de souffle, et des larmes dans la voix, Hiroshi se tut en s'écartant du beau brun. L'euphorie qu'il avait ressentie tout à l'heure quand il avait aperçu Tomo dans le hall était retombée après la froideur avec laquelle le comédien l'avait reçu. Il ne savait même plus ce qu'il venait de dire. Il n'avait plus dans sa tête et dans son cœur qu'une douleur déchirante qui lacérait les derniers lambeaux d'espoir qui lui restaient encore.
- « Comme tu es cruel, Tomo… murmura-t-il alors que la cabine ralentissait lentement à l'approche d'un étage. Tu ne m'as même pas laissé t'expliquer que j'étais en train de rompre avec Ayaka quand tu nous as surpris, et que cette pauvre folle m'a embrassée parce qu'elle ne voulait pas abandonner le gentil benêt qui lui permettrait de reconquérir son Eiri… J'en ai assez de n'être qu'un faire-valoir…»
Un « ding » joyeux contrastant avec l'ambiance lourde retentit soudain, et l'ascenseur s'immobilisa enfin au 5e étage. Décidément, ces ascenseurs français se traînaient vraiment pour monter à peine quelques étages. Cette pensée traversa un instant les deux jeunes hommes, du moins jusqu'à ce que les portes s'ouvrent. Hiro leva un visage ravagé de larmes vers Tomo puis s'engagea par la porte. Cependant le comédien le retint soudain par le bras et le ramena à l'intérieur de l'ascenseur qui referma lourdement ses portes de métal. Le brun appuya sur un autre bouton, et la cabine reprit sa lente ascension. Mais cette fois-ci, la situation à l'intérieur s'était quelque peu inversée.
En effet, c'était le guitariste qui se retrouvait adossé au fond de l'ascenseur, les mains retenues au-dessus de la tête tandis que des doigts avides s'occupaient de la fermeture éclair de son pantalon. La langue de l'acteur enfoncée au fond de la gorge, il ne pouvait ni se débattre ni protester. Les seuls sons qu'il pouvait produire étaient de petits gémissements plaintifs, tout en essayant sans conviction d'échapper à l'agréable torture à laquelle le soumettait son bourreau… des cœurs évidemment… Au bout de quelques intenses minutes, Tomo libéra les lèvres du musicien. Celui-ci ouvrit alors ses yeux pour les plonger dans les émeraudes du doubleur.
- « Tu n'es pas le remplaçant de Shuichi pour moi… Tu es celui dont je suis tombé amoureux… » fit le guitariste à mi-voix.
- « Hiro… Je… »
Le brun hésita un instant, craignant de ne se tourner vers le musicien seulement par dépit. Mais quelques secondes de réflexion, abîmé dans les yeux de l'autre, lui firent comprendre que ce qu'il éprouvait pour ce jeune homme aux longs cheveux était plus fort encore que ce qu'il avait pu ressentir pour Shuichi.
- « Pour moi non plus, tu n'es pas un remplaçant, Hiro… Aï… Aï shiteru… »
- « Comment puis-je croire à tes paroles alors que tu n'as pas cessé de me fuir ? J'en ai assez de courir après des chimères ! Lâche-moi maintenant ! Je préfère partir avant que tu ne finisses de me briser ! » cria Hiro en se débattant.
- « Il n'est pas question que je te laisse partir, Nakano ! Tu es venu jusqu'ici pour qu'on s'explique, alors faisons-le une bonne fois pour toute ! »
- « Je n'en ai plus envie ! Pourquoi… Pourquoi c'est à moi de me justifier alors que c'est toi qui as fui comme un lâche ? J'aurais encore préféré que tu m'envoie ton poing dans la gueule en me disant mes quatre vérités plutôt que de t'éloigner de la sorte… »
Hiro n'arrivait plus à retenir ses larmes, au grand désarroi du comédien. Lui-même était aussi perdu que semblait l'être le musicien, et il ne savait pas s'il devait le prendre dans ses bras pour le réconforter ou bien le laisser s'en aller comme il le demandait. Cependant, Tomo n'eut pas à réfléchir très longtemps, car soudain l'ascenseur stoppa net en plein milieu de sa course, et la lumière s'éteignit brusquement, avant qu'un éclairage de secours ne prenne le relais. Il ne dispensait qu'une faible lueur qui n'aurait pas permis de lire quoi que ce soit, mais c'était déjà mieux que rien, et le doubleur le savait, car souvent en France, les ascenseurs sont vieux et exigus, sans aucune lumière de secours. Manifestement, il y avait soit un problème général d'électricité et le générateur de secours de l'hôtel allait bientôt se mettre en marche, soit l'ascenseur lui-même était en panne, et on allait les sortir de là d'ici quelques heures. Cela laissait au beau brun bavant aux yeux verts éclatants le temps de profiter de la situation dans cette ambiance feutrée.
- « Hiro… » commença l'acteur à mi-voix, en passant ses bras autour du musicien qui s'était agrippé à lui quand l'ascenseur s'était arrêté.
- « C'est pas vrai ! On est en panne ? » grommela le guitariste, trop agacé pour se rendre compte du geste du comédien.
- « Ne t'occupe pas de ça, Hiro… susurra doucement le brun. Ils vont nous sortir de là dans peu de temps… En attendant, on va clarifier les choses. »
- « Tomo… »
- « Oui, c'est vrai que je me suis enfui lâchement, mais c'était parce que je croyais que je me tournais vers toi par dépit. Je ne voulais pas te faire souffrir comme je l'avais fait avec Shuichi. Alors j'ai voulu te préserver de mes sentiments volages et je suis parti… Et moi aussi, j'ai voulu me préserver de la douleur… J'aurais voulu rester auprès de toi, mais je pensais… Je ne savais plus quels étaient mes sentiments… J'ai voulu remettre de l'ordre dans ma tête et dans mon cœur, et j'ai cru qu'en m'éloignant de toi, tout se résoudrait… Cependant, plus l'avion mettait de la distance entre le Japon et moi, plus je me sentais mal. Et c'est là que j'ai compris. En posant le pied sur le sol français, j'ai compris quels étaient mes sentiments pour toi. Un instant, j'ai pensé revenir aussitôt, mais j'étais persuadé que tu ne voudrais plus jamais me voir, alors je suis resté en essayant de me faire une raison. Mais tu es finalement venu à moi, et maintenant, je n'ai plus de doute : aï shiteru, Hiro-chan… »
- « Si tu t'aimes autant que je t'aime, alors prouve-le… » murmura le bassiste sans quitter son vis-à-vis des yeux.
- « Tu n'as donc pas confiance en moi, Hiro ? »
- « Ce serait plutôt à moi de dire ça, Tomokazu-chan… »
- « Et si on arrêtait plutôt de parler, Hiro-chan ? »
- « Huuum…réfléchit un instant le musicien. Ça me parait une bonne idée… » murmura-t-il en offrant ses lèvres au comédien.
Tomo s'en empara aussitôt avec une avidité gourmande. Son genou vint se glisser subrepticement entre les cuisses du guitariste qui laissa une plainte douloureuse. Le brun ne put s'empêcher de sourire en sentant l'entrejambe gonflé de Hiro à travers le tissu de son jeans.
- « Tu n'as pas l'air très à l'aise ici, Hiro-chan… susurra Tomo à l'oreille du jeune homme en affermissant sa pression. Tu veux que je t'aide à te soulager un peu ? »
- « Hugnn… Non… Tomo… » gémit Hiro quand la main du comédien entreprit d'ouvrir lentement la fermeture éclair de son pantalon.
- « Non ? Pourquoi non, Hiro ? Je suis un mec moi aussi, et je sais combien ça peut être désagréable de rester dans cet état dans un pantalon trop étroit… »
- « Demo… lâcha le bassiste, devenu écarlate, en baissant la tête. Si l'ascenseur se remet en marche… et qu'on nous surprenne… »
- « Daijôbu… On est en France ici. Ils vont mettre des heures avant de remettre l'ascenseur en marche. On a tout le temps qu'il faut pour commencer les réjouissances… »
- « Demo… »protesta encore le musicien, qui n'avait pas imaginé que les choses puissent s'encanailler de la sorte dans ce lieu exiguë.
- « Je ne peux plus attendre, Hiro… » souffla Tomokazu, soudain pressant, en se collant contre le bas-ventre du guitariste.
Hiro rougit encore plus en sentant la bosse brûlante sous le pantalon du brun. Il pouvait aussi percevoir les battements du cœur de Tomo, si vifs, si forts. Tout aussi saccadés que ceux de son propre cœur. La langue du doubleur lui titillait doucement l'oreille, s'attardant parfois sur son coup, sa nuque, ses lèvres. Si Hiro essayait encore sans grande conviction d'échapper au comédien, c'était que les mains baladeuses du brun le mettaient au supplice. L'une d'elle s'était glissé sous son T-shirt pour s'amuser avec ses tétons, tandis que l'autre libérait sa virilité de sa prison de tissu.
Complètement pris au dépourvu par une situation dont il avait perdu le contrôle, le musicien se retenait autant que possible de gémir, craignant d'attirer l'attention à l'extérieur de la cabine. Quand le doubleur s'agenouilla soudain à hauteur de son entrejambe avant de lui baisser brusquement son pantalon et son caleçon, le bassiste étouffa un cri de surprise avec ses deux mains. Une larme glissa doucement le long de sa joue à l'instant même où Tomokazu s'emparait de son membre à pleine bouche. Les coups de langue avides de l'acteur lui firent soudain plonger les doigts dans la chevelure d'ébène avec un gémissement plaintif.
- « Iie… Tomo… ka…zu… bredouilla le musicien d'une voix tremblante, le pantalon sur les chevilles.Je vais… je vais… »
- « Attends-moi pour jouir, Hiro-chan, » fit le brun en abandonnant sa sucette avant de se relever et d'obliger son compagnon à se retourner.
À moitié abruti par le plaisir et la frustration, Hiroshi se laissa guider, et bientôt il se retrouva face au miroir qui ornait toute la partie supérieure de la paroi du fond de l'ascenseur. Dans le reflet devant lui, le guitariste aperçut son visage couleur de pivoine, et rougit encore plus en voyant la main du comédien s'emparer de son intimité pour la masser légèrement. Il baissa alors la tête pour l'appuyer contre la glace, mais son tortionnaire l'obligea à la relever. Les yeux de Hiro croisèrent ceux du doubleur dans le reflet, et malgré la pénombre ambiante, le bassiste put apercevoir l'émoi de celui qu'il aimait. Il ne voyait désormais plus que ces deux émeraudes pures le fixer avec tendresse et amour.
Le jeune musicien se retourna juste assez pour pouvoir quémander un baiser qu'il obtint aussitôt. Leur échange se brisa quand le brun, n'y tenant plus, ouvrit son pantalon et pénétra violemment Hiro par derrière. Celui-ci poussa un cri de souffrance bien vite remplacé par des gloussements de plaisir. Emportés tous les deux dans leur élan passionnel, peu importait les préliminaires et la préparation de la pénétration. Hiro supporta courageusement la douleur, trop heureux de se retrouver entre les bras, et même mieux, entre les cuisses de son aimé.
Tomokazu avait perdu tout contrôle de sa raison et de son corps. Il savait qu'il faisait mal au guitariste, mais il ne pouvait stopper en si bon chemin. Quand les couinements douloureux de son amant firent place à des gémissements lascifs, il força le musicien à lever une jambe pour l'appuyer sur la rambarde du fond de l'ascenseur, lui offrant ainsi une plus grande facilité de mouvement. L'intérieur de Hiro était si chaud et doux. Et puis ses sentiments pour le bassiste étaient si forts que la sensation de bien-être était décuplée par 100, par 1000. La passion l'embrasait, et il sentait que c'était également le cas pour son jeune compagnon.
Hiro suivait avec son bassin les mouvements de l'acteur. Chaque coup de rein le rapprochait de extase, à mesure qu'ils s'intensifiaient en puissance et en cadence. Dans un commun accord, les deux amants accéléraient le rythme de leur danse sensuelle, ne retenant à présent plus leurs cris de plaisir. Toute la cage d'ascenseur tremblait de leur ébats, semblant les accompagner jusqu'aux portes du paradis, baignés d'une chaude et douce lumière.
Cependant, en fait de paradis, l'ascenseur qui s'était remis en marche, les conduisit bel et bien trois étages plus haut sans que les deux occupants fort occupés ne s'en aperçoivent. C'est au moment où Tomokazu donnait un ultime coup de hanche avant de se libérer que la cabine s'arrêta lentement, tandis que Hiro et lui criaient leur extase à grand bruit. Le « ding » d'ouverture retentit alors et la double-porte s'ouvrit sur… Une armée de CRS armés jusqu'aux dents qui braquèrent leurs armes vers l'intérieur, en entendant ces horribles cris de souffrance manifestement poussé par le pauvre comédien égorgé sauvagement par son détraqué de kidnappeur. Quelle ne fut pas leur stupéfaction de surprendre pareil spectacle, avant de s'imaginer que l'immonde détraqué avait commis le crime atroce de violer un homme, et ils braquèrent de nouveau leurs armes vers les deux occupants, tandis que leur chef criait une sommation en français :
- « Ne bougez plus, vous êtes cernés !!! »
Encore tout à leur jouissance, les deux amants n'avaient pas remarqués tout de suite que la porte s'était ouverte et qu'ils étaient en fâcheuse posture. Cependant, l'invective hargneuse du commandant les alerta, et ils tournèrent les yeux vers le couloir. Les CRS purent alors s'apercevoir avec surprise que le monstrueux violeur qui avait enlevé l'acteur Seki Tomokazu-san était celui qui était en train de se faire violer. En effet, le comédien était toujours en Hiro, un filet de sperme leur coulant lentement le long des cuisses. Un frisson d'horreur parcourut tous les hommes présent, aussi bien Hiro et Tomo, pétrifiés de honte et de terreur d'avoir été surpris et d'être ainsi accueilli, alors que les CRS étaient glacés d'effroi de voir deux mecs en train de s'envoyer en l'airShizu : cocasse ça, de s'envoyer en l'air dans un ascenseur ! MDR !). L'un des hommes en uniforme se précipita même vers une poubelle pour régurgiter tout son dîner.
Profitant de la stupéfaction des forces de l'ordre, Tomokazu se retira de son amant, et le fit se rhabiller lestement, avant de se précipiter vers les boutons de la cage d'ascenseur pour le relancer. Manque de chance, les portes refusaient de se refermer, et l'ascenseur de repartir. La cabine avait été volontairement bloquée !!! Là, Hiro et lui étaient vraiment dans la merde. Surtout quand le chef des CRS recouvra ses sens, et ordonna à ses gars de lancer l'assaut. Mais au même instant, une grenade fumigène vint s'échouer aux pieds des policiers d'élite, et les stoppa net dans leur attaque. La fumée commençait à pénétrer dans la cabine, faisant tousser Hiro qui n'avait pas eut le réflexe de couvrir son visage. Tomo, soudain inquiet, vint s'agenouiller près de lui en passant ses bras autour de lui pour le protéger. Les deux amants aperçurent alors une silhouette à travers le nuage de fumée, silhouette que Hiro reconnut très vite.
- « Teuh teuh… K-san ? »
- « Don't worry, guys, fit l'Américain en tenant son magnum d'une main et le chef des CRS par la col de sa veste de l'autre. Je m'occupe de ces clowns, et vous filez vers votre chambre. »
- « Demo, K-san, l'ascenseur est bloqué, » intervint le comédien.
- « All's fine, j'ai débloqué la cabine. »
- « Demo… Et les flics alors ? » renchérit Hiro.
- « Don't worry, je vais tout leur expliquer trèèèèès gentiment, lança le blond avec un sourire sadique qui n'étaient pas pour rassurés les deux artistes. Allez, let's go ! It's time to go for you (1) ! »
Et sur ce, le manager appuya sur le bouton du dernier étage, la porte se referma sur K et les CRS, et les deux amants se retrouvèrent à nouveau seuls dans la cabine qui s'élevait lentement. Un silence soudain s'était installé entre eux, contrastant avec l'agitation d'il y avait encore quelques minutes. Hiro et Tomo semblaient passablement secoués après ce qui venait de se passer. Les policiers, mais surtout leur petite sauterie sensuelle dans l'ascenseur. Le guitariste avait les joues rougies par l'émotion. Son désir le plus ardent venait de se réaliser, et il avait encore du mal à y croire. En attendant que son trouble passe, il s'était réfugié au fond de la cabine d'ascenseur, dans un coin, tournant le dos au comédien qui, lui, fixait les doubles portes.
Tomokazu entendait la respiration du musicien. Sans doute son cœur battait-il aussi fort que le sien en ce moment même. Et visiblement, le guitariste n'arrivait pas à en maîtriser les battements aussi bien que le faisait le brun. Quand le bassiste déglutit bruyamment, le comédien se décida à parler.
- « Hiroshi… »
- « …Ha… Hai ? » balbutia l'interpellé sans oser lever les yeux.
- « Regarde-moi… »
- « Hé ? Ah… heuuu… je…»
Hiro ne parvenait plus à contrôler son trouble grandissant. La simple voix du doubleur suffisait à accélérer la cadence de son cœur par 1000. Se retourner pour lui faire face était pour l'instant au-dessus de ses forces. Il ne savait pas s'il pourrait tenir sur ses jambes s'il croisait les deux émeraudes éclatantes de Tomokazu. Son cœur battait trop vite, trop fort. C'était comme s'il voulait sortir de sa poitrine pour hurler son amour pour le comédien. Le guitariste se sentait défaillir, si bien qu'il n'entendit pas l'acteur s'approchait pour lui enlacer tendrement les hanches.
- « Hééééé ! Lâche-moi ! » protesta le musicien en essayant de se dégager.
- « Pourquoi ça ? » demanda innocemment le doubleur, en glissant ses mains sous T-shirt de Hiro.
- « I…Iie… Yamete… Yamete kudasai… Je vais… Je vais me sentir mal… »
- « Pourquoi ? Es-tu sûr de vouloir que j'arrête ? N'est-ce pas justement parce que je t'apporte trop de bien-être que tu te sens si étrange ? »
- « Aah… Yamete… »
- « Aï shiteru, Hiro-chan… »
Comme il l'avait prédit, Hiro se sentit partir et ses jambes se dérobèrent soudain sous son poids. Tomokazu le retint de justesse, et en profita pour l'obliger à se retourner tout en le soutenant.
- « Tomo… »
- « Hiro… »
Les deux jeunes hommes éprouvaient un trouble similaire qui rosissait leurs joues encore brûlantes d'émotion. L'un et l'autre ne pouvaient détourner le regard de celui qui lui faisait face, comme si quelque envoûtement secret leur avait été jeté.
- « Tomokazu… Ne t'enfuis plus jamais loin de moi… » murmura le guitariste en offrant ses lèvres au brun.
- « C'est promis, Hiro-chan… Je ne m'enfuirai plus… Je resterai toujours prêt de toi… » répondit le comédien en s'emparant de la bouche gourmande du garçon aux longs cheveux châtains.
Ils s'embrassaient encore passionnément quand l'ascenseur s'arrêta au dernier étage de l'hôtel, ouvrant ses portes sur un couloir heureusement vide. L'acteur entraîna le musicien vers sa chambre à l'autre bout du couloir sans abandonner une seule seconde la chair délicate des lèvres de Hiro. La porte en bois se referma vivement sur les deux amants, tandis que le plus jeune Note pour info, j'ai fait de Tomokazu un personnage d'environ 24 ans, contre 19 pour Hiro) était plaqué sans ménagement contre ladite porte.
- « Iie, Tomokazu, pas ici… Allons plutôt dans le lit… » protesta faiblement le bassiste tandis que le comédien le déshabillait à la hâte.
- « Très bien… répondit le brun en laissant seulement son pantalon à Hiro. Vos désirs sont des ordres, hime-sama… »
Le doubleur posa ses chaussures et souleva alors l'artiste dans ses bras, pour aller le déposer délicatement sur le lit aux draps de soie. Le commentaire du musicien sur le luxe de la literie se perdit dans un nouveau baiser, encore plus profond que les précédents. Tomo s'amusait à réchauffer l'ardeur du bassiste, qui se manifesta bien vite par une érection nerveuse, que leurs péripéties de l'ascenseur n'avaient pas complètement satisfaites.
- « Je crois que je devrais te débarrasser de ceci, fit le comédien en tripotant sans l'ouvrir le bouton de pantalon de Hiro. T'as l'air à l'étroit là-dedans… »
- « Parle pour toi, Tomo… T'es encore plus dur que moi… » répliqua le guitariste en pliant un genou pour le plaquer contre l'intimité du brun.
Tomokazu gémit et appuya son front contre l'épaule de Hiro. Il devait bien reconnaître qu'il était tout aussi excité que l'était le musicien. Mais la torture même de ce genou mal placé était le plus merveilleux des délices.
- « Gomen nasaï, Hiro-chan… Je t'ai fait souffrir, parce que mon cœur était égaré… Tout ce que je voulais, c'est être aimé par quelqu'un qui ne regarde que moi… »
- « Pareil pour moi, Tomo… Et maintenant, je n'ai plus que toi au fond des yeux… »
Le comédien sourit tendrement, les yeux soudain humides.
- « Aï shiteru, Hiro… » murmura-t-il avant de déposer à nouveau ses lèvres sur celles du garçon aux cheveux longs.
Le baiser s'éternisa de longues minutes pendant lesquelles les deux amants étaient en apnée totale. Puis manquant soudain d'air, Tomo s'écarta du musicien, et il finit rapidement de le dévêtir. Ses habits allèrent très vite rejoindre le pantalon de Hiro au pied du lit. Serrés l'un contre l'autre, les deux amants observaient leur nudité commune, comme deux nouveaux-nés découvrant le monde avec des yeux émerveillés. Tous deux s'extasiaient de la beauté de l'autre, et tous deux voulaient apprendre à le connaître. Découvrir chaque partie intime, chaque endroit qui faisait frémir le corps de l'être aimé, trouver chaque geste qui comblerait son partenaire, deviner chaque parole qui ravirait un cœur aimant et aimé.
Les deux artistes étaient sur leur petit nuage. Le comédien jouait avec les mèches châtain du bassiste, tandis que ce dernier caressait le torse du brun. Mais alors même que Hiro attendait que son seme le possède, celui-ci rougit brusquement comme une lycéenne prise de panique au moment de passer à l'acte.
- « Tomokazu ?s'étonna-t-il.Qu'est-ce qu'il y a ? »
- « Rien…je… balbutia le doubleur en essayant de calmer les battements de con cœur. Je trouvais juste que tu avais de beaux cheveux… »
- « Hé ? »
- « J'ai toujours adoré caresser les cheveux de mes partenaires, avoua l'acteur d'une voix troublée, et ça m'excite encore plus quand ils sont aussi doux et soyeux que les tiens… »
Ce fut au tour du musicien de rougir intensément. Les joues en feu, il détourna un instant la tête avant de regarder à nouveau le brun.
- « Tes cheveux aussi sont très beaux, Tomo… » souffla-t-il, ému.
- « A…Arigato ! »
- « Embrasse-moi, Tomo… Aime-moi… »
- « Haï… »répondit le comédien en souriant.
Les mots se turent alors pour laisser à la simple passion de la chair. Cette fois-ci, Tomokazu prit soin de préparer soigneusement le terrain pour que le plaisir vienne avec douceur. Humidifiant deux doigts avec sa salive, il les glissa entre les cuisses de Hiro et les introduisit doucement dans l'étroit orifice. Le musicien grimaça un instant, mais un baiser du brun l'aida à se détendre. Quand les doigts du comédien touchèrent le point sensible, le guitariste souleva ses hanches avec un petit cri de surprise. Son anus s'était resserré dangereusement et Tomo attendit un instant que son amant se décrispe pour retirer ses doigts.
Le doubleur se positionna alors entre les cuisses de Hiro, et lui écarta les jambes pour le pénétrer. Il le fit avec lenteur, guettant un éventuel signe de douleur sur le visage de son aimé, mais celui-ci ne paraissait pas souffrir le moins du monde. Au contraire, le musicien semblait plutôt s'impatienter, et il passa ses jambes autour de la taille du brun en l'attirant à lui. Le membre de Tomo rentra d'un seul coup, faisant gémir d'un même frémissement les deux amants. Hiro se mit alors à onduler du bassin, invitant l'autre dans une danse sensuelle.
Tandis qu'il entamait des va-et-vient vigoureux, Tomokazu observait le visage rougissant du bassiste. Le musicien paraissait tellement beau et sexy. Les yeux fermés, il se laissait porter par le bien-être que lui apportait son compagnon. Ses adorables petits gémissements de plaisir échauffaient encore plus l'ardeur du comédien qui s'allongea sur lui pour le serrer dans ses bras. La température ambiante augmenta très vite de plusieurs degrés quand Hiro murmura quelques mots tendres à l'oreille du brun. Tomo donna alors un coup de rein plus puissant que les autres en se redressant, ce qui eut pour effet de faire se libérer abondamment le guitariste.
Profitant de l'hébétude de son compagnon, le doubleur se retira, l'obligea à se retourner puis à se mettre à quatre pattes devant lui, avant de le pénétrer à nouveau. Enserrant ensuite la taille du musicien d'un bras, Tomokazu souleva l'une des jambes de Hiro, juste assez pour ce dernier puisse l'appuyer contre la hanche du comédien. Dans cette position un peu délicate pour le bassiste, la pénétration était plus profonde et plus exaltante. Le dos cambré, le uke essayait de ne pas succomber immédiatement à ce trop-plein de plaisir. Mais c'était peine perdue sous les coups de bassin énergiques de l'acteur, et le jeune artiste répandit sur les draps un nouveau flot de sperme laiteux.
Lui accordant un instant de répit, le comédien se retira et le laissa s'allonger sur le flanc. Les deux amants étaient essoufflés et leur respiration saccadée. Quand Hiro rouvrit les yeux après un instant de repos, il surprit le brun à se masturber. Celui-ci avait réussi à tenir deux joutes et son membre était dressé en une douloureuse érection qu'il devait soulager au plus vite. Cependant, il avait voulu épargner son compagnon, et décidé de se finir seul, mais le résultat ne semblait guère satisfaisant au vu de la grimace cuisante qu'affichait son visage. Le bassiste posa alors sa main sur celles de Tomo et l'invita à le prendre une troisième et ultime fois.
Avec un soupir reconnaissant, l'acteur vint s'allonger derrière lui, et glissant une jambe entre les cuisses du musicien, il se fraya doucement un passage dans l'intimité de son amant. L'échange fut cette fois-ci beaucoup plus doux que les précédents. En sentant la virilité du brun tendue comme un bâton de jade, Hiro comprit que le comédien était à sa limite et qu'il était trop excité pour le prendre sans souffrir. C'était pourquoi Tomokazu se mouvait avec moult précautions, ce qui rendait la chose encore plus enivrante et exquise. Bientôt, la langue et les mains expertes du brun vinrent s'ajouter à la pénétration, et commencèrent à lécher et caresser le corps du guitariste avec sensualité.
Peu à peu, l'érection de Tomo se fit moins violente, ce qui lui permit d'intensifier la puissance et la fréquence de ses coups de rein. Une main posée sur le membre du bassiste, l'acteur sentait le corps de son amant se mettre à frémir, tandis que de petites exclamations pantelantes s'échappaient de sa gorge à chaque poussée. Le brun accéléra encore le rythme et au moment où l'étroit fourreau de chair se rétrécit sensiblement, il se retira presque entièrement avant de donner une forte poussée qui le fit pénétrer profondément la chaude caverne. Les deux amants jouirent alors en même temps avec un grognement rauque, et ils tombèrent à moitié évanouis sur le matelas. D'une main maladroite, Hiro ramena un drap sur leurs deux corps luisants de sueur, et ils s'endormirent dans une position quelque peu incongrue…
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Le lendemain matin, le réveil se fit avec beaucoup de difficulté. Il était 11h passée, et le téléphone portable de Hiro, ainsi que celui de Tomo, puis celui de l'hôtel posé à côté du lit, sonnaient successivement, provoquant peu à peu le retour à la réalité des deux amants. Hiro ouvrit une paupière qu'il referma aussitôt, pour somnoler encore quelques instants. Les bras de Tomokazu tendrement enlacés autour de lui réchauffaient agréablement son corps. Le guitariste mit quelques minutes pour analyser où il trouvait, dans quelle situation il était et pour se rappeler les événements de la nuit passée.
Le musicien esquissa un sourire à la pensée des instants torrides qu'il avait passé entre les cuisses de l'acteur, et il eut un mouvement pour se pelotonner un peu plus contre le brun. Mais à ce moment-là, il ressentit quelque chose d'étrange entre ses cuisses. En glissant la main sous les draps, il constata qu'il s'agissait du genou du comédien. Tout allait pour le mieux. Sauf que… Il y avait une autre chose insolite, vers son entrejambe, et même plus précisément entre ses fesses. Hiro essaya de se tourner pour voir ce que le gênait et c'est là qu'il comprit ! Le membre à présent calmé de l'acteur était encore en lui ! Une exclamation de profonde…hum… surprise lui échappa alors qu'il se redressait sur un coude en pivoinant brusquement.
- « Huuum… fit un Tomokazu ensommeillé. Qu'est-ce qui s'passe ? »
- « Tomokazu ! Tu t'es endormi avec ta… ton… fulminait Hiro qui ne trouvait plus ses mots. Raaaah ! Ton engin est encore en moi, baka ! » finit-il en essayant de se dégager.
- « Hein ? »s'exclama le brun en finissant de se réveiller quand il comprit enfin les mots de son amant.
- « ENLÈVE-LE, BON SANG ! »
- « Ah ! Hai ! » répondit le comédien en s'empressant d'obéir.
- « ITAIIIIII ! Fais un peu attention ! Tu me fais mal ! »protesta Hiro.
- « Aaah ! Gomen ne, Hiro-chan ! s'excusa aussitôt l'acteur. Mais tu t'es resserré maintenant et ça a forcément du mal à sortir… »
- « Raaah ! Épargne-moi les détails ! Sors-là, c'est tout ! »
Il fallut quelques instants et de laborieux efforts à Tomokazu pour se retirer sans faire (trop) mal au musicien. Furieux, celui-ci partit prendre une douche une fois libéré de l'emprise virile du comédien. Pendant ce temps, Tomo resta allongé sur le dos, le regard tourné vers la fenêtre où filtraient les rayons chauds du soleil. Aujourd'hui était une belle journée, autant à l'extérieur que dans son cœur. Le vide qui depuis des mois avait creusé un abîme dans sa poitrine était désormais comblé. Un nuage solitaire obscurcit soudain le ciel, et le comédien ressentit brusquement comme une profonde angoisse.
Et s'il se laissait seulement emporté par l'émotion du moment ? Si tout cela n'était qu'un rêve aussi éphémère que la brise légère qui agitait doucement le rideau à travers la fenêtre entrouverte ? Le doubleur se redressa d'un coup et s'assit au bord du lit, le cœur battant. Il repensa à Shuichi, et une sensation de malaise l'étreignit. Il lui avait fait tellement de tort en s'immisçant entre lui et Yuki Eiri. Tomo se sentait coupable, mais il n'avait pas regretté d'avoir laissé le chanteur des Bad Luck repartir vers son écrivain adoré. Au contraire, savoir Shuichi heureux le rendait heureux lui-aussi.
Mais pour Hiro, qu'en était-il ? Que ressentirait-il s'il le laissait partir dès qu'il aurait pris sa douche ? Une douleur vive oppressait sa poitrine à cette seule pensée. Comme un écho de ses pensées, le guitariste choisit cet instant-là pour sortir de la salle de bain. Le comédien l'observa attentivement tandis que le musicien s'essuyait les cheveux avec la serviette posée sur sa tête. Remarquant l'attitude du brun, le guitariste leva les yeux vers l'acteur et lui lança un regard noir, ne lui ayant manifestement pas pardonné de s'être endormi dans une position précaire. Peiné de cette colère, Tomokazu, complètement nu, se leva brusquement et se jeta sur le musicien pour le serrer dans ses bras.
- « Na…Nani ? fit le bassiste, vaguement inquiet. Qu'est-ce qu'il y a tout d'un coup ? »
- « Hiro… »murmura le brun.
- « Haï ? »
- « Aï shiteru… »
Hiro se transforma en tomate bien mûre et balbutia :
- « Ba… Baka ! Me dis pas des trucs pareils dans cette tenue ! »
- « Mais c'est la vérité pourtant, Hiro-chan… » souffla Tomo en l'embrassant.
Troublé et la bouche pleine d'une langue avide, Hiro ne put répondre tout de suite.
- « … Huum… Moi aussi, Tomo… Aï shiteru… »
Et sans se soucier des téléphones qui sonnaient, des coups frappés à la porte par un Shuichi exultant de joie de savoir que tout s'était résolu pour son meilleur ami et par la presse qui voulait absolument un cliché exclusif de cette fabuleuse romance qui avait éclos sous le ciel de Paris, les deux amants se dirigèrent à nouveau vers le lit pour partager encore et encore leur passion…
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OWARI !!!
Commentaires de fin : Et voilààààà ! c'est finiiiii ! Je crois que j'ai encore laissé mes personnages parler un peu dans ce dernier chapitre, mais l'essentiel, c'est que toute cette malheureuse histoire se termine bien pour tout le monde, et surtout se termine par un lemon !!!! Héhéhéhé….baaaaaave…. (Gaaaah ! Apportez-moi un seau et une serpillière, viiiiiite !!!). J'espère que vous aurez trouvé quelque intérêt à cette fic qui est loin d'égaler la splendeur de ma fic Roméo et Juliette (…Hum… Sans me vanter du tout…).
Envoyez-moi quelques reviews si l'envie vous en dit, moi je serai toujours contente de les recevoir, et d'écrire pour vous. J'ai plein d'histoires en cours, que je vais m'empresser de finir avant de commencer les autres que j'ai en tête. Vous allez aussi trouver un petit one-shot faisant suite à cette fic-là. Bonne lecture et à bientôt !!!
Lexique :
Ai shiteru Je t'aime
Arigatô / arigatô gozaimasu : merci
Baka imbécile, idiot, crétin, bête, con, abruti, stupide, maladroit
Chan/kun/san Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)
Daijobu : ça va
Demo mais
Gomen / Gomen Nasaï pardon, désolé, excusez-moi
Haï oui (je le mets pour les baka qui le sauraient pas)
Hime-sama : princesse
Iie : non (le contraire de « hai » donc… hum… je pense que c'est évident)
Itaï : Aïeuh ! Ça fait mal !
Nani : quoi
Owari : FINI !
Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » attaquer
Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme
Urusaï Ta gueule, ferme-la, tais-toi
Yaoi : genre apparu dans les années 70 au Japon, c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.
- serait l'acronyme de « Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi » « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP Plot what plot)
- viendrait aussi de l'expression « YAmeteOshiri ga Itai » littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ? héhéhé…. Nyark nyark nyark…
- Le yaoi décrit une relation comportant des scènes sexuelles parfois trèèès explicites. Le « shonen-aï » en est une forme dérivé, mais ne comporte pas de scènes de sexe, juste un petit bisou par-ci par-là, mais surtout beaucoup d'amour.
Yamete kudasaï: arrête, s'il te plaît
