Salut tout le monde!

Une fois de plus, je m'excuse pour l'attente! J'espère que vous ne vous êtes pas encore découragés pour lire cette fic!

Merci aux rescapés qui continuent à lire. J'espère qu'en dépit des nombreuses interruptions, vous suivez toujours cette fanfic délirante avec autant de plaisir.

Etant donné que ça fait longtemps que je n'ai plus rien publié, petite piqûre de rappel: le précédent chapitre s'achève sur l'arrivée de Remus au sein de l'Ordre du Phénix.

Ce chapitre 7 marque le retour à la cour (Avouez que ça vous manquait! ^^)

Je vous souhaite une excellente lecture!


Chapitre 7 : L'aube du poète

A la cour de Poudlard, les nobles étaient loin d'imaginer ce qui se tramait parmi l'Ordre du Phénix. Les mondains étaient bien trop occupés à fustiger contre Sa Majesté et ses ministres pour avoir le temps de s'intéresser plus précisément aux affaires d'Etat. Ces salons particuliers étaient nombreux dans les villes périphériques de la capitale ainsi qu'au sein de la capitale elle-même mais de tous, il n'en existait aucun qui pût rivaliser en popularité avec celui de Madame de Lestranges.

Celle-ci recevait des gens à toute heure du jour et de la nuit dans son magnifique appartement ministériel généreusement prêté par l'Etat à son époux, le marquis de Lestranges. A cette heure avancée de l'après-midi, une vingtaine de courtisans et intellectuels pavoisaient en se prélassant dans ses fauteuils de luxe. En bonne maîtresse de maison, Madame de Lestranges passait d'un convive à l'autre pour s'y entretenir quelques instants.

- Ah mon seigneur ! s'exclama-t-elle avec un enthousiasme mesuré et particulièrement bien imité en s'arrêtant auprès du baron d'Avery. Je vous félicite pour votre fable satirique… j'en ai beaucoup ri !

Le baron, un grand escogriffe efflanqué au visage patibulaire, leva les yeux vers la marquise et son teint devint érubescent sous l'effet de l'émotion.

- Vos congratulations sont la plus belle récompense à laquelle un auteur puisse rêver Madame, bafouilla-t-il en fixant un point à côté de la jeune femme pour éviter de la regarder directement.

C'était comme cela avec tous les hommes ! Bellatrix de Lestranges dominait littéralement toutes les dames de la cour et même de Poudlard. A quoi devait-elle son inestimable succès ? Le mystère restait entier. Certes ses appas étaient incontestables : une femme grande, aux formes gracieuses et bien brune, au regard décidé sous ses paupières lourdes, toujours maquillée et parée avec ce qu'il suffisait pour être parfaite et à la dernière mode… Ses manières dans les mondanités étaient optimales. La marquise savait toujours quel ton et quelles tournures employer en toutes circonstances.

Pour la cour entière, elle était LA première dame de Poudlard… en place de la soi-disant reine ! Pas peu fière de son succès mais avec une réserve de rigueur, la belle marquise savourait triomphalement mais avec argutie son éternel succès. Elle s'installa dans le fauteuil de satin proche de celui d'Avery et sortit un éventail de sa bourse, signe qu'elle était prête à engager la conversation avec lui.

- Oh vous êtes trop modeste ! susurra-t-elle en feignant d'être intimidée. Comment ne pas se laisser charmer par vos subtiles métaphores? L'idée de choisir une brebis pour illustrer notre roi me paraît plus relever de la vérité que de la parodie.

- Vous avez donc reconnu la brebis, s'esclaffa Avery.

- Voyons monsieur ! lança-t-elle en faisant mine d'être vexée. Un pareil jocrisse se reconnaîtrait entre mille bien que vous ayez pris toutes les précautions nécessaires pour le cacher derrière un masque. J'aime particulièrement la fin de votre petit conte lorsque les serpents du ministère étouffent la naïve brebis de leurs anneaux.

- Cette métaphore est l'image que je me fais de notre gouvernement Madame, se justifia Avery avec une verve éruptive.

- Je ne peux que vous approuver mon bon ami surtout après l'offense que Sa Majesté nous a fait ce matin même en refusant de se présenter dans mon salon, fit Bellatrix en agitant gracieusement son éventail répandant dans un rayon de plusieurs mètres son parfum musqué, on a parfois tendance à oublier qui nous gouverne. Seul le premier ministre semble véritablement chercher des solutions aux arias du peuple. Le roi est toujours absent. Il pourrait laisser Poudlard s'étioler sans états d'âme. Toute sa vie se situe dans les arcanes de son jardin intérieur…

La jeune femme aux longs cheveux blonds, qui partageait le fauteuil de velours rouge capitonné, se désintéressa de sa tasse de thé fumante pour prendre part à la conversation.

- Que nous vaut cet anathème contre son Altesse, ma chère sœur ? s'informa-t-elle avec calme.

Bellatrix regarda sa sœur Narcissa, épouse de Lucius de Malefoy, avec une indolence discrète, qui ne la rendit que plus belle dans sa rêverie.

- Je m'ennuie, dit-elle enfin, les jours se ressemblent tous. On dit que Poudlard était plus amusant sous le règne d'Orion. Notre cher cousin Sirius se soucie bien peu de nous. Les seules distractions qui nous sont données sont les petits esclandres tels que les satires de Monsieur Avery. En plus il reste si peu d'hommes…

- Normal, répliqua espressivo Andromeda la troisième sœur, ils sont tous en Orient.

Cette dernière ressemblait fort à Madame de Lestranges mais sa timidité et sa vertu de dévote la privaient de ce charme sensuel et mystérieux que dégageait sa sœur.

Bien qu'encore jeune, on la surnommait la « Mademoiselle » avec une certaine raillerie pour souligner son statut de jeune vierge effarouchée incapable de se dénicher un mari alors que ses sœurs étaient casées avec des hommes d'état. En plus ce n'était pas faute d'être courtisée qu'elle se retrouvait seule, Andromeda avait gagné malgré elle les faveurs de bon nombre de riches aristocrates venus demander sa main, dont le ministre Yaxley et le contrôleur des finances Fudge, mais la jeune femme les avait tous éconduits au grand dam de sa famille, qui craignait de la voir finir au couvent. Avery, qui était charmé par sa ressemblance avec la marquise, se tourna aussitôt vers elle.

- Ma belle Mademoiselle, lui dit-il d'une voix douce, ne soyez pas si affligée ! Tous ces braves reviendront chargés d'or !

- Le ciel vous entende ! murmura Andromeda d'une voix sombre.

- Et puis en attendant, il reste toujours d'autres hommes pour vous satisfaire mesdames ! renchérit Avery avec un grand sourire en les balayant toutes les trois des yeux.

Bellatrix et Narcissa le regardèrent avec mépris puis échangèrent un coup d'œil éloquent avant de se laisser aller à un petit rire cristallin.

- Citez m'en un qui vaille la peine mon bon ami ! dit la brune sur un ton de défi en se cachant à moitié derrière son éventail.

Ce fut Andromeda qui répondit avec un franc enthousiasme, qui contredit largement son ton morne précédent.

- Monsieur ! répondit-elle. Le duc de Black !

Ce fut au tour d'Avery d'oser ricaner mais il cessa aussitôt en voyant les deux sœurs hocher la tête en guise d'approbation.

- Voilà effectivement quelqu'un qui saurait tromper l'ennui ! fit remarquer Bellatrix. Souhaitons qu'il rentre de sa province au plus vite !

- Il paraît qu'il a quitté son duché il y a quelques jours, annonça Narcissa.

- Voilà une nouvelle que je suis bien aise d'apprendre, fit Bellatrix en servant le thé à ses convives, espérons qu'il saura nous faire oublier un temps que notre pays est sous le joug d'une bande d'ignares qui se prennent pour un aréopage !

- Mais ; rétorqua Avery surpris ; ma chère Bellatrix, votre époux ne fait-il pas partie de ce cercle de mollusques que vous venez de décrire ?

Narcissa le regarda avec de grands yeux, effarée de son audace, mais Bellatrix sourit.

- Vous avez raison, reconnut-elle sans la moindre acrimonie, et ça ne m'empêchera pas de récrier. Tant que mon mari travaillera comme secrétaire d'Etat à la maison du roi, je serai condamnée à rester prisonnière de cette cour mais j'ai bon espoir qu'il parvienne à décrocher un nouveau poste.

- Un nouveau poste ? releva Avery intrigué.

- Oui, confirma la jeune femme en secouant la tête, premier ministre par exemple !

- Comme vous y allez ! fit Narcissa en rejetant sa tête en arrière. Vous pensez vraiment que mon cher beau-frère Rodolphus pourra rivaliser avec l'esprit de Severus Rogue ?

Bellatrix sembla sur le point de répliquer à sa sœur par une parole cinglante mais elle fut interrompue par l'intervention inattendu d'un jeune garçon qui s'avança vers le petit groupe d'un pas mal assuré et se fendit d'une légère révérence à l'égard des femmes avant d'oser véritablement parler.

- Pardonnez ma discourtoisie mesdames ! murmura-t-il avec tout le protocole de rigueur. Je ne voulais nullement espionner votre conversation mais j'ai entendu malgré moi et j'aimerais pouvoir émettre mon avis sur vos propos si vous le permettez.

Bellatrix le regarda par-dessus son éventail comme s'il s'agissait d'un insecte de marais. Un bref échange visuel chargé de malice avec Narcissa et toutes deux approuvèrent d'un même signe de tête non sans détourner leur regard cynique du nouveau venu.

C'était un jeune homme de petite taille au physique intermédiaire entre le charme naïf d'un jeune provincial plein de rêve et d'ambition et la négligence manifeste d'un sujet de basse naissance. Ses cheveux châtains apparaissaient comme étrangement ternes et ses yeux glauques ne manifestaient guère plus d'éclat. Pour terminer, ses vêtements passés de mode et rapiécés le boudinaient légèrement, ce qui n'était pas du meilleur effet.

A cette vision du grotesque et de la trivialité, la belle marquise ne pouvait attacher aucun prix et ce fut non sans un regard complice avec le baron hilare qu'elle se résolut à dire avec hauteur.

- Qui demande donc une telle faveur ?

- Ted Tonks, se présenta celui-ci dans une seconde révérence maladroite, jeune poète, étudiant des arts et des lettres… pour vous servir.

- Un poète ? releva Avery dont l'hilarité s'accentua aussitôt. Voilà qu'il se dit poète le gringalet ! Comme c'est amusant ! Avant de juger de vos attributs spirituels, corne verte, dites un peu ce que vous pensiez et qui vous chatouille au point d'interrompre notre discussion.

Tonks déglutit difficilement devant le peu de cordialité qu'accompagnait son accueil mais se résolut à ne point se laisser démonter et se redressa pour se donner une mine altière qui ne lui seyait guère malheureusement.

- Je suis assez surpris de constater le manque de loyauté que vous accordez à notre roi, confessa-t-il d'une voix un peu timide et sans oser regarder la moindre de ces dames, certaines de ses décisions sont peut-être parfois discutables… mais j'ai ouï dire de personnes très bien informées que la source tyrannique du pouvoir devait plutôt se chercher du côté du premier ministre.

Sa litanie s'accompagna d'un silence de mort, interrompu seulement par le froissement des éventails et quelques expressions outrecuidées prononcées à voix bien basse. La marquise de Lestranges, loin de se départir de son sourire malveillant d'intelligence, se leva et commença à décrire des cercles autour du malheureux Tonks comme un oiseau de proie guettant un campagnol innocent sur le point d'être dévoré.

- Allons mes amis ! lança-t-elle à la cantonade pour faire taire les chuchotements indisposant. Chacun ici a le droit d'avoir son avis !

Instantanément, le silence devint total et Bellatrix s'avança majestueusement vers Tonks, qui sembla hésiter à reculer d'un pas, pris d'un effroi tout à fait compréhensible.

- Dites-moi jeune sot ! poursuivit-elle en plongeant ses yeux pétillant de malice dans les yeux vitreux du jeune homme. Vous aimez notre roi n'est-ce pas ?

Tonks se vit mal revenir sur ses propos à présent qu'il les avait lancés et se décida à répondre vaillamment et sans trembler.

- Oui.

- Vous estimez qu'il possède toutes les plus belles qualités pour gouverner notre pays ? continua Bellatrix de ce même ton inquisiteur sans faillir.

Cette fois, Tonks eut une brève hésitation. Il ne pouvait pas répondre n'importe quoi en présence de gens si importants et prit le temps de considérer la question.

- Je ne le connais pas personnellement pour juger de ses qualités, répondit-il alors avec prudence, mais je trouve que le peuple est bien sévère avec le roi. Après tout beaucoup de décisions émanent de Rogue mais personne ne lui en adresse de reproches. Je veux dire… c'est un peu facile de se décharger sur le roi alors qu'en réalité… c'est quelqu'un de sacré ! Le roi n'a de compte à rendre à personne et nous devons accepter tout ce qu'il fait avec le respect qui lui est dû parce qu'un roi ne peut pas faire d'erreur.

- Quel magnifique petit discours soigneusement appris par cœur ! commenta Bellatrix en se fendant d'un applaudissement perfide qui fut repris par toute l'assemblée. Qu'il est bien triste de constater à quel point la jeunesse se perd dans nos campagnes ! J'espère pour vous que vous êtes meilleur poète qu'orateur sur les affaires d'Etat, ce dont je doute car bien souvent l'un ne va pas sans l'autre. Merci en tous les cas de nous avoir honoré de votre présence des plus divertissantes monsieur Tonks, conclut-elle en accentuant sur son nom comme si elle le trouvait ridicule.

Celui-ci comprit par là qu'il se faisait congédier en bonne et due forme : des ricanements à peine perceptibles s'élevèrent un peu partout dans le salon à son attention et Tonks baissa la tête, les joues soudain rouges de honte. Il avait le sentiment de s'être couvert de ridicule à cause de sa fidélité aveugle envers la couronne.

Sa famille avait toujours été des plus respectueuses envers les membres de la couronne et lui avait inculqué cette valeur, comment le jeune Ted aurait-il pu imaginer en montant à Poudlard, subir les foudres de courtisans jaloux et médisants ? Lui qui avait espéré rencontrer les plus fervents admirateurs de Sa Majesté, il essuyait là une effroyable désillusion.

Il quémanda des yeux un regard de sympathie qui ne vint pas ; chacun ayant visiblement rayé ce garçon de leurs existence paisible. Seule la jeune Andromeda paraissait moins hermétique que le reste de ses congénères et lui adressa ce qui ressembla à un souffle de courage comme pour le rassurer.

- Bien ! s'exclama Avery, qui sembla considérer Tonks comme déjà parti. Revenons à présent à nos moutons si j'ose dire. Ma chère, ajouta-t-il à l'attention de Bellatrix, il me vient à l'esprit quelques vers que je brûle de vous déclamer.

- Je vous en prie mon brave baron, accepta Bellatrix en reprenant sa place de reine sur une ottomane autour de laquelle quelques curieux se rassemblèrent.

Avery se leva d'un bond et réajusta sa tenue avant de s'éclaircir la gorge et de réciter d'une voix théâtrale et indubitablement pompeuse qui manqua de faire pouffer de rire Andromeda :

S'il faut qu'une attente éternelle

Pousse à bout, l'ardeur de mon zèle,

Le trépas sera mon recours.

Vos soins ne m'en peuvent distraire ;

Bellatrix, on désespère

Alors qu'on espère toujours (1)

Avery se tut enfin et balaya la salle des yeux attendant les flatteries et les applaudissements. Andromeda, qui était devenue cramoisie à force de se retenir de rire, noya son hilarité dans une coupe d'hydromel, tandis que Bellatrix et Narcissa se consultaient du regard. Visiblement, les tercets d'Avery ne faisaient pas l'unanimité.

- Très… très délicate attention monsieur le baron, finit par marmonner Narcissa d'un ton peu convaincue.

- Cela vous a-t-il plu, marquise ? s'enquit Avery avec anxiété.

Bellatrix ne répondit pas tout de suite et prit le temps de détailler avec soin le visage d'une beauté discutable du noble pour exacerber sa tension au point névralgique.

- C'était tout à fait exquis, mon cher ami ! dit-elle avec un pharisaïsme indétectable en tendant au galant sa main pour que celui-ci y déposât le baisemain qu'il réclamait.

- Vos éloges m'honorent madame, remercia-t-il avec dévotion, vous êtes la plus…

Bellatrix ne sut jamais ce qu'elle était exactement car Avery fut interrompu cavalièrement dans sa déclaration passionnée par le rire inattendu et pourtant spontané de Tonks, qui s'était mis légèrement en retrait sans partir pour autant.

- Avez-vous encore quelques plaisanteries à nous raconter monsieur Tonks ? questionna Avery d'un ton enflammé, furieux de cette intervention intempestive.

- Avec tout mon respect monsieur le baron, bredouilla Tonks qui avait du mal à articuler tant il riait, ce que vous venez de réciter-là… c'était tout sauf de la poésie !

- Comment ? s'indigna Avery en se redressant de toute sa hauteur.

- Vous en conviendrez ? renchérit Tonks en se calmant un peu et s'adressant cette fois à l'assemblée. Ses vers étaient vraiment mauvais.

- Par mon titre, ce jeune présomptueux m'insulte !? s'écria Avery outragé en prenant la marquise à témoin d'un regard. Je ne peux laisser mon honneur être sali et bafoué par un misérable gueux tout droit sorti de son trou à rat ! Amenez-vous si vous êtes un homme ! Nous règlerons cette affaire comme de vrais gentilshommes !

- Voyons baron maîtrisez-vous ! trancha la marquise en se levant d'un bond, le visage courroucé. Avant de songer à un duel à l'épée, efforcez vous de vaincre par votre plume ! Ce jeune homme doit probablement être capable de faire mieux que vous puisqu'il vous porte un jugement si sévère.

- Je demande à voir ! siffla Avery d'un ton railleur en toisant Tonks avec mépris.

- Justement, intervint Narcissa avec douceur en se tournant vers Tonks, jeune homme montrez-nous donc vos talents !

- C'est que…, fit Tonks soudain hésitant, je ne sais si je suis digne de…

- Ne faîtes donc pas tant de manières, Tonks ! grinça Avery. C'est vous qui cherchez la confrontation. Conduisez-vous dignement pour changer !

Les regards qui se posèrent sur lui étaient si insistants, si sournois, si avides de se moquer de lui que Tonks ne put se retenir de vouloir briller à son tour de sa petite étincelle de gloire. Il acquiesça d'un signe de tête et s'éclaircit la gorge.

- Je voudrais dédier ces quelques vers à la plus jolie dame de la cour, annonça-t-il galamment comme c'était l'usage.

Bellatrix eut un sourire exaspérée et lui fit signe de passer outre les politesses mais elle eut alors la surprise de voir Tonks la contourner comme si elle n'existait pas et s'approcher d'Andromeda dont il saisit la main avant de déclamer avec lyrisme :

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.
(2)

Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Andromeda et Ted ne se quittèrent nullement des yeux pendant les quelques secondes que dura la récitation et ce fut comme si un ange passait au-dessus du salon. Les paroles du jeune homme comportaient toute la sensibilité et toute l'harmonie de voix qui donnaient à sa représentation un caractère particulièrement poignant.

Quand il eut fini, Narcissa voulut se laisser aller à applaudir mais Bellatrix l'en dissuada d'un regard féroce. Ce jeune prétentieux ne venait-il pas de la blesser dans son orgueil en lui préférant cette écervelée qui lui servait de cadette ? Sans doute fut-ce à cause de cette imprudence que personne n'osa accorder à la poésie du jeune prodige tout le dithyrambe qu'elle méritait… si l'on excluait Andromeda bien évidemment.

- C'est… c'est tellement joli, bredouilla-t-elle émerveillée.

- Joli ? releva Avery, brisant le silence par son ton contrarié. Qu'appelez-vous « joli » dans ce blasphème honteux ? Des références au satanisme et à la sorcellerie ! Vous mériteriez que je vous dénonce aux mangemorts pour votre insolence, jeune homme ! Vous êtes tous d'accord avec moi ?

Ted s'écarta aussitôt d'Andromeda et soutint le regard menaçant que lui lançait son rival. Les éloges de la jeune femme emplissaient son cœur d'un baume aux effets dévastateurs : il se sentait le courage et la force d'un lion à présent qu'il avait eu l'audace à la fois de clamer son admiration pour le roi et démontrer son talent d'artiste.

Il fut d'ailleurs sur le point de répliquer mais fut interrompu à son tour et de manière totalement imprévisible par la métamorphose impromptue de son salon en véritable basse-cour à l'instant précis où un domestique fit irruption en glapissant d'une voix étranglée :

- Le roi arrive !!


Mouha ha ha ha rire sadique !!! Je sais c'est bidon parce que pour le suspense on repassera mais j'avais envie de me faire croire que j'étais sadique de couper comme ça… c'était mon petit plaisir (okay je sors -)

Bon j'espère que vous avez aimé ce 7ème chapitre ^^ ! Je reconnais qu'il y a nettement moins d'action que dans les deux chapitres précédents étant donné que Ted et Avery n'en sont pas venus aux mains et sont restés gentlemen lol.

En fait ce chapitre avait pour but de montrer un autre aspect de la cour et plus généralement de la société de Poudlard, c'est-à-dire les salons. La source d'inspiration n'était pas très loin, je l'avoue, au moment de l'écrire, j'étais en train d'étudier la préciosité et les relations entre les différents ordres au XVIIème siècle c'est ce qui m'a ramené sur cette fiction.

Comme vous pouvez le constater, j'essaie de faire apparaître à peu près tous les personnages, disons les plus importants. C'est aussi une occasion de parler des couples qui se font un peu oublier, celui d'Andromeda et Tonks me plaît. Déjà dans le livre, j'aime bien l'idée d'un couple mixte « moldu-sorcier », j'ai l'intention d'en développer un dans cette fic (pas forcément Ted et Andromeda d'ailleurs lol).

Je me doute que le rôle de Ted peut surprendre, c'est un personnage assez peu développé que je me permets donc de modeler à ma manière. Je ne peux pas prétendre qu'il sera un personnage très important mais j'y suis attachée malgré moi comme vous pourrez le voir dans la suite.

Puisqu'on parle de la suite, c'est le moment de vous mettre l'eau à la bouche. Comme vous l'avez constaté, je n'ai pas réussi à faire ce que je voulais : j'avais l'intention de ne faire qu'un chapitre avec la scène du salon de Bellatrix mais je suis encore obligée de couper la scène en deux. Dans le prochain chapitre, vous verrez donc Sirius au milieu de ses courtisans qui l'aiment tant et… un nouveau personnage va apparaître (si si je vous assure…)

Voilà avant de vous quémander quelques reviews comme je sais si bien le faire, je veux juste faire une précision sur les poèmes qu'ont récités Avery et Ted et que je n'ai malheureusement pas écrits moi-même, faute d'avoir le talent requis. Celui d'Avery (1) est tiré du Misanthrope de Molière et rassurez-vous si je me permets de critiquer les vers c'est parce que le héros de la pièce les critique aussi mdr. Quant au poème de Ted (2), il est anachronique je sais bien mais bon le langage d'époque n'étant pas respecté, je me permets cet écart : il s'agit des deux premiers quatrains de « l'hymne à la beauté » tiré du recueil de Baudelaire Les fleurs du mal. Voilà le disclaimer est fait !

J'espère que ça vous a plu et à bientôt ! Merci d'avoir lu !! Reviews please ???