Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34;


RàR : Christine, pour découvrir les nouveaux pouvoirs de nos amis, il faudra patienter un peu.

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Fin de la mission "Iphigénie".

Bonne lecture !


Les Sorciers et la guerre de Troie - Le Devin

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"AAATCHA !

- Oh mon pauvre Massacre !" se désola Elspeth.

Le Chien des Enfers regarda sa maîtresse d'un œil larmoyant.

Depuis qu'il avait été privé de sa toison laineuse, son corps était devenu sensible au froid et il avait attrapé un rhume XXL pendant le voyage-retour de l'île d'Eole aux montagnes d'Aulis, qu'ils avaient rejointes au crépuscule suivant. Le Dieu des Vents n'avait rien trouvé de mieux pour les y expédier que de leur confier un mini-ballon dirigeable avec nacelle - n'ayant de dirigeable que le nom - que le Zéphir* ballota de son souffle froid comme linge en machine. A l'arrivée, Ben-Hur les récupéra frigorifiés et au bord du malaise.

"Vous ne pouviez pas utiliser la Magie pour rentrer ?

- Trop loin, et trop hasardeux. Le transplanage nécessite de suivre les forces telluriques, à notre époque c'est facile, car elles sont synchronisées avec celles de la Magie, expliqua un Severus plus pâle qu'à l'accoutumée, ici rien de tel, nous nous serions perdus ou pire, désartibulés.

- Et Asclépios, il ne pouvait rien faire ?

- Il faut croire que non. Et de toute façon, son aide n'aurait guère été plus sûre. Avant le décollage, Eole lui a dit quelque chose qui l'a fait blêmir, et depuis mon ancêtre s'est refermé...

- ... comme une huître devant un jus de citron !

- Merci de la précision, Alistair. Oui, il s'est coupé de nous et je l'ai laissé tranquille. Je connais bien cette attitude. Cela n'aurait servi à rien de le presser de questions.

- Bizarre, y'a un d' ses descendants qui réagit souvent de la même façon, et... Aïeuh ! T'avais besoin de me frapper si fort ?

- Non, mais ça soulage ma frustration," grogna le Potionniste en s'éloignant, donnant ainsi raison à son compagnon.

Il avait conscience de se conduire comme un idiot, n'en pouvait mais et espérait seulement que quelques minutes de répit lui permettraient de se reprendre. La fatigue et trop d'inconnues dans l'équation le rendaient irritable, et cela, c'était dangereux pour la sécurité des siens.

La survie dépendait parfois d'une décision prise en une demi-seconde. Il n'était pas en état pour cela.

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"Bien, on peut dire que l'on a avancé mais de peu, commenta Nemo, et l'on n'a toujours pas d'idées pour régler le 'cas' Iphigénie."

Ah oui, Iphigénie !

D'après la feuille de route, il fallait qu'elle vienne à Aulis pour y être sacrifiée.

"Nous nous sommes mis d'accord avec Eole pour que les vents se lèvent dans dix jours, rappela-t-il..."

Le vieil homme eut un sourire presque méchant.

"... cela nous laisse du temps pour travailler au corps ce cher Agamemnon et l'amener à suivre le scénario."

Re-sourire sadique.

"Tu vois, Sev, fit Alistair, c'est quand il est comm'ça que nous, Enquêteurs, sommes heureux d'être dans son équipe.

- Pour échapper à sa vindicte ?

- Pour morfler moins que les autres. On a un abattement certifié dans notre contrat de travail."

Le Potionniste écarquilla les yeux. Mais non, Alistair ne plaisantait pas !

Ce cher Nemo avait un côté Mister Hyde insoupçonné.

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"Un devin, dis-tu ?"

Agammenon, le Roi d'Argos et chef de l'expédition contre Troie - uniquement parce qu'il apportait le plus gros contingent de bateaux - ne semblait pas convaincu par la proposition d'Ulysse. Celui-ci, contacté par Ben-Hur, avait été plus qu'heureux d'apporter son aide aux Voyageurs du Temps, même s'il n'en comprenait pas le but.

"Alors, ça marche ?"

Severus ne répondit pas tout de suite, concentré qu'il était sur l'oreille à rallonge qu'il avait glissé dans la pièce où se trouvaient les deux Achéens.

"Non, le Roi d'Argos semble sceptique.

- S'il a rencontré une ancêtre de Trelawney, ça se comprend.

- Je pencherai plutôt pour une tendance naturelle à ne pas considérer ce qui dérange ses certitudes. Fudge est pareil.

- Mouais ! Le genre de type qui nierait le changement climatique même si la moyenne des températures grimpait de dix degrés. Le ciel nous préserve de tels inconscients.

- Chut ! Cela devient intéressant."

Finalement, Ulysse obtint gain de cause et rendez-vous fut pris pour la tombée de la nuit, en présence des autres chefs de bateaux. Achille étant aussi annoncé, Ben-Hur fut mis à l'écart, ainsi que la plupart des membres de l'équipe.

" Ben alors, qui va y aller ? demanda Alistair.

- Moi, fit Nemo, je jouerais le rôle du devin. Asclépios me donnera une apparence de noble vieillard.

- Vieux, tu l'es déjà. Noble... Aïeuh ! Mais qu'est-ce que vous avez tous à me taper dessus ?!

- C'est pour te remettre les idées en place, quoi qu'avec toi, il faudrait aussi réparer les étagères internes où tu les ranges.

- Rhôôô, comme si c'était le bazar, dans ma tête !

- J'aurais employé un autre mot, mais... oui."

Sur cette flèche du Parthe, Nemo alla se préparer. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Ce soir, il allait tenir le rôle de sa vie.

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Les torches illuminaient la pièce où s'étaient rassemblés les chefs Achéens, donnant aux armes et cuirasses un éclat pareil à celui de soleils miniatures. Le vin de Malvoisie colorait les visages et le murmure ambiant, d'abord discret, augmentait de volume à chaque gorgée bue. Ulysse était nerveux, Agamemnon pressé d'en finir et les deux soupirèrent de soulagement quand le rideau qui masquait la porte se souleva.

Sur un Nemo fulminant de rage.

"Fais-moi penser à étrangler Asclépios quand tout sera fini, chuchota-t-il à Harry qui l'accompagnait.

- Pourquoi ?

- Ce plaisantin m'a donné l'apparence de Panoramix.

- Euuuh...

- Je suis sûr que c'est une idée d'Alistair, et que cet idiot doit s'écrouler de rire en ce moment-même, derrière la maison.

- Il ne ferait jamais cela.

- Tu crois ?!

- Bien sûr ! Il serait trop proche, derrière la maison, et risquerait de se faire pincer par les patrouilles."

Nemo allait tancer le jeune Gryffondor mais Ulysse l'en empêcha. Prenant la main aux veines bleues, il amena le faux devin en face du Roi d'Argos.

"Quel est ton nom ? fit la voix ennuyée de ce dernier.

- Les gens me nomment Quasimorderix.

- Je n'ai jamais entendu parler de toi. D'où viens-tu ?"

Mince, c'était pas prévu qu'il me demande mon C.V... bah, improvisons !

"J'étais le disciple de Saumon Fumeux, le prêtre chargé d'interpréter les rêves, au Sanctuaire d'Asclépios, à Epidaure. Il a remarqué que j'étais plus doué que lui pour cela, et...

- ... tu as eu de l'avancement ?

- Non, il a trouvé un prétexte pour me faire mettre dehors. Ah, que c'est dur de vivre dans un monde qui refuse de reconnaître vos talents !"

La phrase de Nemo était calculée et atteignit son but. Agamemnon, qui pensait la même chose, le trouva tout de suite plus sympathique et l'invita à sa table. Les conversations reprirent et le vin aidant, le vrai faux devin put vendre sa salade comme un escroc chevronné.

"C'est bon il a tout gobé ! rassura-t-il ses compagnons dès qu'il les eut rejoints, il va faire venir Iphigénie, sous prétexte de la marier à Achille. Dès qu'elle sera là, elle sera sacrifiée à la Déesse Artémis.

- Mais vous avez une idée pour qu'elle s'en sorte, hein ?!

- Oui, Harry. Et ce sera ton père et toi qui la sauverez.

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Le matin du dixième jour, une Trière vint à la force des rames s'amarrer au port.

"Iphigénie et Clytemnestre sont là !"

La tragédie s'ouvrit : sous les cris déchirants de la mère, la fille fut conduite au sacrifice. Un prêtre brandit un couteau de bronze, et...

"Maintenant !"

Une nuée générée par Asclépios la déroba aux yeux des mortels. Severus, qui n'en était pas affecté, vint prendre la jeune fille dans ses bras et recula avec elle. Dès qu'il furent en sécurité, Harry entra en action.

"SPERO PATRONUM !"

Dans l'affolement, personne ne fit attention au cri du jeune Gryffondor, mais tous purent en voir la conséquence : Un grand cerf argenté se tenait fièrement devant le prêtre abasourdi.

"Artémis, dans sa bonté infinie, a décidé d'épargner celle qui devait mourir pour apaiser sa colère, dit très vite Ulysse à ce dernier, fais ton office !"

D'un bras tremblant, l'homme plongea son couteau dans la chair argentée qui explosa en mille éclats de brume que le vent, enfin revenu, dispersa dans les airs.

C'était fini.

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Severus contemplait la jeune fille évanouie.

"Que va-t-on faire d'elle ?

- On va la transférer en Tauride, comme le veut la légende. Le reste... ce sera à elle de décider."

Au moins pourrait-elle choisir son avenir.

Ce n'était pas leur cas.

Ils plongeraient bientôt dans le cœur de la guerre.

...

* Le Zéphir est le vent d'ouest.