Mais en les ouvrants, la réalité était bien là. Je n'avais pas le temps de me laisser aller à mes sentiments, on frappait à la porte. C'était lui, il était de retour. Je le fis entrer dans un silence quasi religieux, cachant mes yeux pleins de honte. Sur le coup qu'il soit un membre de la famille de mon père je me fichais un peu. J'avais tellement à me faire rattraper que je n'avais pas la tête à me battre
- Madison, commença-t-il furieux
- Je suis désolée pour le coup de la police, répondis-je avant de m'éloigner.
J'avais besoin de me rafraîchir les idées. Je montais me prendre une longue douche sous de l'eau froide, ma tête était en ébullition, je ne comprenais pas ce qui venait de se passer. Roxane me suivit, comprenant que je n'allais pas bien. Comme quoi elle avait du nez.
Je m'assis un moment sur mon lit lorsque je sentis sa patte sur ma cuisse, et elle qui me regardait l'air confus. Après m'être calmé, je pris une autre douche, une longue douche froide pour essayer d'analyser la situation. Diverses analyses s'offraient à moi mais je préférais retenir celle qui serait la moins douloureuse pour nous deux. Enfin surtout pour moi.
Pour me changer les idées, je me plongeais dans un monde complétement différent, le droit était un monde hybride, un mixte entre des gens normaux et des accros de la cocaïne. J'avais une affaire à préparer pour la fin de la semaine mais je me demandais comment mon professeur voulait que je défende une personne qui … tenez vous bien, insufflait de l'air comprimé dans son rectum ? Il y avait vraiment une personne qui avait fait ça ?
Me prenait-il pour un magicien ? Je ne pouvais que rire devant ce genre de chose, et sincèrement, me changer les idées de cette façon était une façon comme une autre, un peu moins ludique mais efficace.
Mon estomac se manifestait enfin après trois heures à plancher. Je fixais la porte déroutée, que devais-je faire ? Il allait être ici pour un bout de temps et connaitre le lien de parenté qu'il pouvait entretenir avec moi me rendait tellement malheureuse.
Je n'avais jamais connu cet homme, je le haïssais, j'avais appris à cacher mes sentiments pour ne pas faiblir et lui m'annonçait cela comme si de rien n'était ? Qu'espérait-il ? Que je le pardonne ou que j'essaie de comprendre un homme qui a abandonné sa famille ?
J'aurais tellement aimé disparaitre et ne jamais être confronté dans une telle situation. Ce genre de merde n'arrivait qu'à moi !
Après de longue minute, je décidais enfin de descendre, je ne pouvais pas me terrer ad vital æternam dans ma chambre, il était pour moi le moment d'affronter le grand méchant loup, et il allait morfler.
Je descendis les escaliers tranquillement, avant d'aller à la cuisine pour me prendre une assiette et me faire un rapide sandwich, sa seule vue, désolée pour lui, me donnait envie de vomir.
Lui était assis à une table dressée et assis à sa place. Moi, mon sandwich, mes chips et mon soda en main je pouvais repartir et retourner à ma petite vie.
- Madison, interpella-t-il
- Quoi ? Demandai-je en le fusillant du regard qu'il répondit avec un regard noir sans pour autant rectifier mon comportement
- Le dîner est prêt alors installes toi, ordonna-t-il
- Je suis peut-être obligée de supporter votre présence DANS ma maison mais je ne suis pas obligée de la supporter dans la même pièce que vous ! Répondis-je sur un ton peu commode
- Evites de me parler sur ce ton où toi et moi allons mal nous entendre, prévint-il
- On va faire une chose, vous me voyez mais vous m'oubliez, j'ai 17 ans et pas 7, je sais donc me gérer, commençai-je. Vous n'aurez aucun problème avec mes sorties car je ne sortirais plus, mon emploi du temps sera sur le frigo mais pour le reste je vous défends de m'imposer quoi que ce soit, de me dire quoi que ce soit et encore moins de vous prendre comme le maitre des lieux, expliquai-je. Nous nous en tiendrons à de simples bonjours, au revoir et bonne nuit, enchainai-je rapidement pour terminer cette conversation sans intérêt
Une fois l'explication donnée je me mise en route alors qu'il avait l'air consterné par mes propos, mais je m'en fichais complétement car il n'était pas question qu'il s'installe. Alors que j'étais sur le point de disparaitre un dernier détail et pas des moindres fit surface
- Ah dernier détail, commençai-je, touchez moi encore une fois, une seule et unique fois et je vous fais enfermer ! Et là croyez-moi, même ma mère n'y pourra rien pour vous ! Ajoutai-je définitivement avant de partir.
Le décor venait d'être planter et pas des moindres, s'il voulait une jolie entente, il allait devoir m'éviter car je n'avais qu'une seule envie lui foutre mon poing dans la gueule à chaque fois que je le voyais.
Moi qui avais faim, cela me coupa nettement l'appétit. Comment pouvait-on être aussi con pour s'imposer surtout dans cette maison ?
J'étais énervée et je décidais de me mettre au lit sans même manger. Il était inutile pour moi de forcer surtout si c'était pour me rendre malade.
Le lendemain, la situation dans la maison était tendue. J'étais enfin sortie de cours, épuisée par la journée et heureuse de retrouver mon chez moi et ma chienne … le comble pour une personne à qui la maison était censée vous appartenir est de ne plus être maitre de son chez soi et être obligé de supporter malgré soi des individus dont vous vous passerez bien la présence
Je m'étais installée dans mon canapé, ne demandant rien à personne, juste le temps pour moi de me reposer, me relaxer et enfin, enfin ne plus rien faire.
J'avais mis mes lunettes, étalés mes cours comme à mon habitude et je me plongeais dans les divers commentaires d'arrêts à faire. Je me concentrais, entre code, dictionnaire et terme juridique, j'étais dans mon monde à moi mais cela ne dura qu'un bref instant. Lorsque l'autre réapparut, je pouvais sentir son regard sur moi avant que celui-ci ne me tende une enveloppe ouverte. Sans même la prendre, je levais les yeux vers lui avant de les ramener à l'enveloppe
- C'est une lettre de ton école Madison, nous sommes convoqué demain à 15h00, informa-t-il, aurais-tu quelque chose à me dire avant que je ne décide d'une potentielle punition demain ?
J'en avais assez entendu, je me levais, énervé de l'entendre jacasser pour rien
- Je te préviens Madison, le moindre écart sera puni et je n'aurai nullement besoin de te toucher pour te faire sentir mon mécontentement ! Ajouta-t-il de façon sévère
Je me levais à mon tour, énervée, pour qui se prenait-il ? Il croyait être mon père ? Je m'allongeai me demandant l'objet de la lettre. Je terminais mon exercice, allant directement me coucher. Je repensais aux dires de l'autre con. Il me faisait rager. Roxane réussit à me faire oublier son existence un bref instant.
Je ne savais pas vraiment pourquoi ma mère m'imposa cet individu. Elle voulait peut-être veiller sur moi mais bon elle ne l'avait jamais fait avant. Lors de ses précédents voyages, elle n'avait aucun remord en me laissant seule, pourquoi aujourd'hui cela était différent ? Pourquoi m'imposer une personne ? Un sorcier qui plus est.
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