Merci à tous pour vos nombreux encouragements qui me motivent à écrire cette fiction. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.

Bonne lecture à tous

Il y a moins d'un mois de cela, si quelqu'un m'avait dit que les vampires existaient et que leurs pires ennemis étaient les loups-garous, je leur aurai ris au nez, rétorquant que Van Helsing était une fiction et que cela n'était pas la vraie vie. Aujourd'hui, je passais des heures dans une bibliothèque gigantesque à essayer de me concentrer sur l'histoire et les mythes de ces grosses bêtes poilues. Essayer ? Oui, parce que depuis l'épisode qui a failli me coûter la vie il y'a de cela quelques jours, mon esprit semblait se fixer sur un vampire en particulier, Demetri et ce n'était pas une bonne chose. Pourquoi ? Parce que c'est un vampire. V.A.M.P.I.R.E !!!! C'est vrai, pour lui, je suis un en-cas, rien de plus et, peut-on tomber amoureux de sa source de nourriture ? Personnellement, je n'ai jamais été physiquement attirée par un paquet de pâtes mais bon, ce n'est qu'un point de vue.

« Réveille toi ma fille, c'est contre nature ! » J'étais perchée sur un escabeau, me maudissant à haute voix en raison de mon penchant pour mon geôlier. Sûrement une dérive du syndrome de Stockholm, rien de plus.

J'avais plusieurs tomes sur les Mythes et Légende d'Asie du Sud Est dans les bras et au moment où je me penchais pour en replacer un sur les étagères, je me sentis basculer en avant et bien sûre, avec mon agilité légendaire, je ne pus me retenir. Mon derrière heurta violemment le sol et par je ne sais quel miracle, aucun des livres ne me tomba dessus. En me relevant, je constatai que j'avais une énorme coupure le long de mon avant bras. Je ne portais qu'un chemisier blanc et le sang commençait déjà à se propager sur le tissu.

Il faut absolument que je soigne cela au plus vite, inutile de tenter le diable.

Après avoir retourné la totalité du bureau, enfin du vieux, très vieux secrétaire, je devais en venir au fait, les vampires n'ont pas de kit de premier secours.

J'avais donc deux options, soit je restais ici en attendant de me vider de mon sang soit, je tentais un périple risqué jusqu'à l'entrée du château afin de demander de l'aide à Carla.

Dans la mesure où je croisais relativement peu de vampires en temps normal, il n'y avait pas de raison pour que, juste aujourd'hui, je tombe sur la moitié du château. Enfin, si, il y a une bonne raison, je n'ai jamais de bol.

J'avais l'impression d'être dans un film d'espionnage old school, dans le style de chapeau melon et bottes de cuir sauf que Miss Peel avait l'air un tantinet plus douée que moi. Mais, c'est un détail d'autant qu'elle ne vivait pas au milieu de vampires, moi oui.

En parlant de vampires, j'avais rapidement compris que leur perception du monde était bien plus précise que la mienne ce qui signifiait que je devais faire vite avant qu'il ne sente mon sang. J'essayais de me refaire mentalement le parcours depuis la bibliothèque jusqu'à l'accueil de Carla.

J'ouvris lentement la porte menant au couloir sombre, personne en vue. Je m'élançai alors dans le long corridor, prenant soin de longer les mûrs et de faire le moins de bruit possible.

Mon cœur battait la chamade et ma respiration était lourde. Heureusement que je respire le calme quand les circonstances l'exigent.

J'anticipais déjà les rochaines étapes de mon parcours du combattant, comme une vraie pro : traverser le patio principal, passer par le vestibule, traverser la cours et prier pour que Carla soit en poste.

Heureusement pour moi, il faisait un temps magnifique et les vampires n'étaient pas autorisés à sortir lorsque le soleil brillait. Seulement voilà, consignes ou pas, j'avais bien appris ma leçon et je savais que les jeunes vampires ont le self-control d'un tigre en cage.

J'arrivai enfin devant la porte de bronze marquant l'entrée du petit vestibule de pierre. Je poussai précautionneusement la lourde porte qui ne manqua pas de faire un bruit à réveille les morts. Ou attirer les vampires, au choix.

Tout c'était relativement bien passé jusqu'ici et contre toute attente, le vestibule était vide de chez vide. Je tendis l'oreille dans l'espoir d'entendre quoique ce soit même si je savais que même si la garde entière débarquait, ils le feraient dans le plus grand silence.

Je trottinai sur la pointe des pieds jusqu'à l'autre bout de la pièce où la porte menant à la cours était grande ouverte. Je m'élançai alors dans la cours, mes talons raisonnant sur les pavés.

Une fois dans l'entrée mon regard se posa sur Carla. Je l'avais entrevu une fois ou deux et on se saluait courtoisement. J'avais du mal à comprendre comment une jeune fille pouvait volontairement s'enrôler dans une telle galère. Oui, il fallait l'admettre, les vampires sont des créatures fascinantes sur bien des points mais ce sont des tueurs et je savais par expérience, qu'elle se trouvait aux premières loges à chaque festin. Elle voulait les joindre, elle voulait devenir l'un d'entre eux. Gianna avait échoué et de ce que je savais d'elle, elle n'était pas incompétente, ni laide. Il était difficile de définir les critères de sélection car la plupart des vampires de la garde, hormis les hauts-gradés comme Jane, Felix ou… Mon Demetri. Stop Sara ! C'est un tueur, un fieffé tueur.

Pour en revenir aux autres membres de la garde, ils étaient tous les mêmes et n'avaient qu'une seule obsession : manger. J'ai connu plus glamour comme perspective d'avenir que de passer son temps à attendre le prochain repas.

Carla était une très jolie fille et je devais avouer que je me sentais particulièrement complexée à côté d'elle. Bien entendu, elle n'égalait en rien la beauté d'Heidi mais c'était différent et nul doute que si Carla en venait à voir ses délires exhaussés, elle serait tout simplement sublime. Grande, de longs cheveux blonds et de grands yeux turquoises. Certes, caricaturale à souhait mais sans doute terriblement efficace auprès de la gente masculine. J'aurai aimé dire qu'elle était niaise mais ce n'était pas non plus le cas. La vie est injuste, snifff. Moi aussi j'aurai voulu être parfaite.

En me voyant, elle m'adressa un sourire contenu. Moi aussi, je suis contente de te voir Carla.

« Carla, comment vas-tu ? » Demandais-je sur un ton neutre.

La blonde me sourit.

« Très bien, mais qu'est –ce que c'est calme. » Sans blague. Tu as essayé de fabriquer une catapulte à gommes ?

« Je suis malencontreusement tombée lorsque je faisais des recherches dans la bi… »

« Oh mon Dieu ! » Quoi ? J'ai une deuxième tête qui vient d'apparaître ?

Les yeux de Carla étaient fixés sur ma chemise ou plutôt la tâche de sang qui ornait désormais une bonne partie de la manche.

« Tu as des pansements ou quelque chose ? » Fis-je en gesticulant du côté de son bureau.

Carla acquiesça et se mit à farfouiller dans son sac à mains qui avait plus ou moins la taille d'une valise. Tout sourire, elle en sortie une trousse hello kitty rose pâle. Vampires et chatons, quel charmant mélange.

« Heureusement pour toi, je suis prévoyante et j'ai tout ce dont on a besoin. C'est important de ne pas se blesser lorsqu'on travaille avec des vampires. » Elle m'a tué là, qu'elle perspicacité.

« Et toi, tu viens au travail avec l'équivalent d'une pharmacie ? » Carla leva ses yeux sur moi.

« Tu aurais dû être plus prudente. » Non mais, je te rassure, je ne l'ai pas vraiment fait exprès tu sais.

Caral releva ma manche et commença à nettoyer ma blessure avec de l'alcool à 90°c. Bizarrement, je trouvais cela rassurant que la seule humaine travaillant pour les Volturi, ait un sens pratique aigu comparé au mien. Elle spraya ensuite un pansement liquide qui sécha rapidement.

«Il isolera la plaie. Ainsi, j'espère que l'odeur du sang ne sera pas trop forte. »

Enfin, elle plaqua un coton et banda la plaie.

« Merci Carla, on peut dire que tu me sauves littéralement la vie. » Elle me regarda surprise et me sourit chaleureusement. Bon d'accord, il se peut que l'on devienne amie… Peut-être.

C'était une jeune fille curieuse. A première vue, c'était une jeune fille de 22 ans on ne peut plus normal pourtant, elle avait fait un choix de vie bien éclectique. J'avais de la peine à comprendre ses motivations et au moment où je m'apprêtais à lui poser la question qui me brûlait les lèvres. Felix et Alec pénétrèrent à vive allure dans le hall. J'étais infiniment déçue de ne pas voir Demetri, mais qu'importe.

Felix adressa un sourire charmeur à Carla qui se mit à glousser comme une dinde. Mais elle a quel âge, 15 ans ! Pourvu que la gloussonite ne soit pas contagieuse.

« Je resterai bien Dulce Mia, mais je dois y aller. » Dit Felix d'une voix suave.

Ce que je ressentis à ce moment-là m'exaspéra au plus haut point : J'étais jalouse de l'attention qu'il lui portait et mes vieux démons revinrent au galop. Ma pauvre Sara, comment veux-tu rivaliser avec une fille pareille, un homme, même mort, reste un homme et toi, tu es juste toi. Rien d'extraordinaire là-dedans.

Puis, il me fit un clin d'œil avant de descendre en direction de la Grande Salle. Seigneur, c'est reparti.

Alec ne nous jeta même pas un regard mais je préférais nettement l'ignorance à une quelconque remarque sadique venant de ce petit démon. Je n'avais qu'une envie, partir me cacher dans ma bibliothèque et ne plus en sortir. Une fille comme Carla peut éventuellement intéresser un vampire, mais moi…

Je me tournai vers Carla qui fixait toujours l'endroit où Felix avait disparu.

« Tu l'apprécies n'est-ce pas ? » Elle se tourna vers moi, visiblement troublée par ma franchise. Mais qu'est ce qui me prend de lui demander ça !

« Oui, enfin il est gentil avec moi… » Je te l'accorde, l'amabilité n'est pas le fort de nos employeurs.

J'acquiesçai d'un signe de tête. Tout d'un coup, Carla devenait plus humaine que je l'étais puisqu'elle avait le courage de dire à haute voix les émotions que son cœur laissait transpirer.

« Je dois y aller, j'ai encore beaucoup de travail. Merci encore pour le pansement. » Elle me fit un sourire et je m'en allai. Confuse par ma propre faiblesse et mon incapacité à dominer des complexes qui m'avaient rongé depuis les premières heures de mon adolescence.

Cela faisait déjà plusieurs heures que j'avais regagné mon antre. Je me plongeais à corps perdu dans mes recherches ce qui représentait de loin, la meilleure échappatoire à l'ensemble de mes problèmes. C'était tout de même ironique que, captive de vampires, mon plus gros problème soit la perception de moi-même et surtout mes sentiments, enfin, mon faible pour un mystérieux vampire. L'art de se trouver des problèmes. Bien sûre qu'il ne ressent rien pour moi.

«Tu sais que tu dois manger et dormir ? » Je fis un bond sur ma chaise en entendant la voix grave de Felix. Il éclata de rire en voyant mon air on ne peut plus perdu.

« Bon, mon petit snack à moi, je t'explique. L'être humain, pour fonctionner correctement doit manger et dormir. » Je levai les yeux au ciel.

« On m'a dit que tu n'étais pas retournée dans ta chambre depuis ce matin et comme il est déjà près de 10h00, je me suis dit qu'il fallait vérifier que tu ne sois pas morte. »

« Merci, mais je vais bien. » Je me levai et sans le vouloir, le pan ensanglanté de ma chemise se trouva sous ses yeux qui virèrent au noir. Il me regarda avec un air inquiet et s'enfuit en poussant un long râle de frustration.

Une fois qu'il était hors de vue, je réalisai que j'avais arrêté de respirer durant toute la scène. Il s'en ait fallut de peu.

Je repensais à ce qu'il m'avait dit. Il est vrai que je n'avais rien mangé depuis ce matin et j'avais été tellement prise par mes recherches que j'en avais ignoré les bruits de mon estomac. J'hésitais à traverser tout le château pour regagner ma chambre bien qu'à cette heure, la plupart des gardes étaient en patrouille.

Je sortis de la bibliothèque et marchai rapidement jusqu'à ma chambre sans croiser âme qui vive. Façon de parler, bien sûre.

Une fois à l'intérieur je constatai qu'il y avait un plateau avec un sandwich et une barre chocolatée. On voit qu'ils n'ont pas mangé de vraie nourriture depuis longtemps.

Je mangeai rapidement mon dîner. Si on peut appeler ça un dîner. Je tuerai pour les pâtes maison de ma mamy. Puis, je pris une douche rapide et me mis au lit.

Ce n'est qu'au milieu de la nuit que la brise fraîche me réveilla mais je n'avais pas envie d'ouvrir les yeux par peur de constater que ces dernières semaines n'étaient pas qu'un cauchemar. .. Un long frisson me parcourut le corps et c'est là que je sentis deux lèvres froides effleurer délicatement mon épaule dénudée afin d'y déposer un léger baiser. J'étais encore assoupie et l'espace d'un instant je crus rêver jusqu'à ce que je ne sente ma couverture être remontée le long de mon corps exposé au froid et dont la trop légère nuisette n'était pas d'une grande utilité par ces températures.

« Une chance que Felix ait pu se contrôler à temps. » Je connaissais cette voix et au moment où j'ouvris les yeux, ma chambre était vide.