Kili retrouva Tauriel sur le haut du mur qui séparait le château de la lande déserte qui serait bientôt le champ de bataille. Il s'installa à ses côtés, les deux avec le carquois plein, leur arc dans les mains et une épée à la ceinture. Kili était sure aussi que Tauriel avait au moins trois poignards cachés quelque part dans son habit. Ils échangèrent un regard, mais ne dirent rien. Comme tous les autres, ils attendirent.
Ils n'eurent pas à attendre longtemps. À peine était-il là depuis dix minutes que le grondement lourd des pas des orcs et des wargs se fit entendre. Les elfes et Kili bandèrent leurs arcs et deux minutes plus tard, l'armée ennemie fut visible. Il fallut attendre près de cinq autres minutes pour les archers avant de tirer.
– TIRER! Hurla Thranduil au moment où l'on put distinguer le visage des orcs.
Dans un mouvement de symétrie presque parfait, les arcs tirèrent et firent tomber une pluie de flèche sur l'ennemi. Incessamment, Kili, Tauriel et les autres archers tirèrent sur l'ennemi alors que les nains leur balançaient des projectiles. En moins de temps que Kili l'eut cru, les échelles commencèrent à s'élever et les orcs à monter. En en voyant une se poser entre eux, Kili et Tauriel échangèrent un regard, et d'un même mouvement, saisir les barreaux de l'échelle pour la repousser violemment. Certains avaient réussis à monter par contre et la bataille se continua sur le mur jusqu'à ce tous les orcs et wargs furent morts et toutes les échelles tombés.
Peu de temps après, les renforts de Thranduil arrivèrent et attaquèrent l'ennemi par derrière. Thorin et lui hurlèrent des ordres et une partie d'entre eux courir rejoindre les humains qui sortaient déjà sur le champ de bataille, Bard en tête. Tauriel se trouvait toujours au côté de Kili, se qui le contraria un peu. Elle était meilleure combattante que lui, il le savait, mais il aurait aimé la savoir en sécurité… tout comme Thorin et Fili qu'il repéra avec un pincement au cœur un peu loin devant eux.
À peine avaient-ils mis le pied en-dehors des murs que l'armée adverse leur tomba dessus. Ils réussirent à en tuer quelques uns à coup de flèches, mais bientôt, ils durent sortir leur épée. Le plus dur était de se battre sans trébucher sur un corps. Kili se forçait à ne pas regarder de peu d'entre reconnaître un. Car il n'y avait pas que des orcs et des wargs étendus par terre.
Ils livrèrent bataille sans relâche. Legolas se trouvait au côté de Tauriel et lui, mais Kili avait perdu son frère et son oncle de vu. En les cherchant dans la foule, il remarqua un orc qui visait le dos Tauriel. Et qui tira.
– NON! Hurla Kili en sautant entre le projectile et Tauriel.
D'un même mouvement, Tauriel et Legolas se retournèrent vers Kili, étendu au sol, une flèche plantée dans l'abdomen. Voyant que l'orc avait rechargé son arc, Kili s'écria :
– Legolas!
Ce dernier compris aussitôt, tira sur celui qui avait attaqué Kili, et se remit à tirer avec plus de ferveur encore sur tout les orcs et wargs qui s'approchaient d'eux.
Mais Kili n'avait d'yeux que pour Tauriel qui tomba à genoux à côté de Kili. Son regard exprimait une vulnérabilité à l'état pure, une souffrance si intense que Kili la ressentait presque autant que celle prodigué par la flèche.
– Non, non, non, non, non, non… murmura Tauriel. Non…
Alors elle poussa un hurlement de rage et entreprit de vider son carquois sur tout ce trouvait dans un rayon de cinquante mètres d'eux. Une fois que son carquois fut vide, elle extirpa la flèche du corps de Kili et tira un ultime coup. À peine avait-elle fait ça qu'elle retomba à genoux au côté de Kili. Avec toute la force qu'il lui restait, Kili réussit à lever la main pour lui caresser la joue et essuyer les larmes qui coulaient incessamment des yeux de Tauriel.
– Ne pleurs pas, lui dit-il. C'est la meilleure façon de mourir qui soit. Je suis mort pour la meilleure des causes, pour protéger la meilleure des compagnies. Ne pleurs pas…
Mais les larmes continuaient de couler sur les joues de Tauriel.
– Je t'aime, lui dit-il ultimement.
– NON! Hurla Tauriel. Non! Non, non, je t'aime, je t'aime, je t'aime… reviens-moi… Kili, reviens-moi… s'il-te-plaît.
Tauriel s'effondra complètement au côté du corps de Kili.
– Reviens-moi…, murmura-t-elle incessamment. Reviens-moi... je t'aime, je t'aime.
Tauriel entendit à peine Legolas approcher et ne se rendit vraiment compte de sa présence lorsqu'il lui saisit brusquement l'épaule pour la remettre debout et l'entraîna à l'intérieur des fortifications. Elle se laissa guider sans réagir, les larmes coulaient toujours. Avant de rentrer, elle trébucha sur un corps.
Fili.
Tauriel se serait effondré complètement si Legolas ne l'avait pas à moitié porté. Oin prit rapidement la relève de Legolas qui retourna tout aussi rapidement sur le champ de bataille. Tauriel mit un certain temps à se rendre compte qu'Oin pleurait aussi. Ils s'assirent côte-à-côte, loin de la porte, et ne dirent rien durant un long moment.
– Alors, il est mort? Demanda Oin d'une voix dure.
Tauriel acquiesça.
– Il est mort et je n'ai même pas eu le temps de lui dire que je l'aimais.
Elle ferma les yeux et les larmes se remirent à couler. Oin et elle restèrent ainsi des heures durant, sans bouger, jusqu'à ce que Bofur les rejoignent en catastrophe. Il sembla si soulagé de les trouver là qu'il s'effondra à leur côté. Il ne pleurait pas, mais il y avait des sillons propres sur ses joues sales, comme s'il avait pleuré quelque temps avant les avoir trouver.
– Thorin est mort, annonça-t-il.
S'en fut trop pour Oin qui laissa échapper une longue plainte de douleur et se remit à pleurer. Bofur lui serra l'épaule avec compassion, l'air dur. C'était trop de douleur pour Tauriel qui se décida à aller trouver le corps de Kili pour l'enterrer proprement. Pour ça, elle dut revenir dans le hall et tomba sur Legolas en train de bander la jambe d'un nain et lui expliquer qu'il devait faire attention. Le nain répondit quelque chose et Legolas sourit tristement. À leur gauche, Thranduil serrait l'épaule de Bard – qui était tombé à genoux – en guise de soutient. Plus loin derrière, elfes, humains et nains se réconfortaient les uns les autres, penchés sur la dépouille de Thorin. Elle remarqua que Kili et Fili se trouvait juste à côté.
Gandalf vint se poster à sa droite et Bilbon à sa gauche. La guerre était fini, pour l'instant, mais personne qui avait participé à cette bataille ne serait plus jamais les mêmes. »
