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CHAPITRE 7
Les vrais amis sont comme les étoiles, on ne les voit pas tout le temps, mais ils sont toujours là.
_ N'ignore jamais un ami qui t'aime, s'inquiète pour toi et s'ennuie de toi. Car un jour tu pourras te réveiller et te rendre compte que tu as perdu la lune en tentant de compter les étoiles.
Je n'avais pas pu m'empêcher de relire la citation à voix haute. Elle ouvrait un chapitre du livre que je lisais entre deux photos. Elle était tellement véridique. Elle me fit penser au comportement d'Isabella sauf qu'elle s'est l'inverse elle se concentre sur la lune et perd les étoiles. Elle avait beau croire ce qu'elle voulait une histoire d'amour n'était pas éternelle un jour peut-être dans plusieurs mois ou années Edward ne serait plus là pour elle et ce jour là elle serait seule.
Je laissais tomber mon livre pour mon carnet de note, j'écrivais tout ce qui me passait par la tête et qui sait, un jour j'en ferais peut-être quelque chose. Je laissais ma main noter tout ce qui me passait par la tête sans aucune réflexion juste un besoin de coucher sur le papier des émotions, des sentiments, des souvenirs… Je me sentais lasse d'un seul coup, la solitude des deux derniers jours m'avait rendu morose et encline à la nostalgie d'un passé révolu.
_ Vivre, continuer à vivre, c'est peut-être décider que le réel ne l'est pas tout à fait, c'est peut-être choisir une autre réalité lorsque celle que nous avons connue devient un poids insupportable ?
Mon sursaute-ment me fit descendre de mon perchoir, je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un soit derrière moi. Encore moins que cette personne lise par-dessus mon épaule sans que je ne m'en rende compte. Je fermais précipitamment mon carnet gênée au possible. Je me retournais pour faire face à Embry, il me fixait avec un sourire qui me sembla triste.
_ C'est peut-être vrai, murmura-t-il. Peut-être que nous fuyons ce qui est vrai en nous convainquant d'une autre réalité moins douloureuse, plus douce…
Mon regard se fixa sur l'horizon cherchant ce qu'il pouvait bien regarder, mais il n'y avait rien à part cette étendue dont on ne voyait pas la fin. Un infini terrifiant. Je pouvais presque sentir sa douleur et elle se mélangeait à la mienne. Un silence pesant prit place entre nous, chacun dans ses pensées revivant un épisode douloureux de notre vie.
Je me réinstallais sur le tronc ou il s'était finalement assis. Le silence prônait. C'était reposant.
_ Excuse-moi, j'ai plombé l'ambiance, non ?
_ Pas du tout, je pouffe. Tu m'as sortie de ma solitude, dans laquelle on m'a lâchement abandonnée !
_ Oh, je suis heureux d'avoir pu te rendre service ! Tu écris ?
_ Oui, je rougis gênée. Enfin, « écrire » est bien grand mot !
_ Quand tu seras écrivain à succès possiblement riche n'oublie pas qui est venu te sortir de ta solitude en premier !
_ Je n'oublierai pas, promis-je en riant.
On parla de tout et de rien pendant un moment, juste des banalités sans intérêt. Le soleil pointa le bout de son nez et je ne résistais pas à sortir mon appareil photo pour prendre quelques clichés. Un sourire espiègle se forma sur mes lèvres alors que je tournais mon arme du moment vers la Call, je pris trois photos avant qu'il ne remarque mon manège.
_ Ne me dis pas…
_ Je ne te dirai rien, alors, je l'interromps.
_ Je ne suis pas photogénique, bougonna-t-il. Efface !
_ Je peux t'assurer que si, tu es très beau sur ces photos, contrais-je. Hors de question que je ne les efface.
Je pris mon sac et me sauvais en courant sur la plage alors qu'il me poursuivait je filais vers Quil et Jacob que j'avais repéré un peu plus loin. Les idiots sont rapides, le saviez-vous ? Je réussis tout de même à m'abriter dans le dos des deux autres, leur attribuant la fonction tant respectable de bouclier.
_ Aidez-moi, les suppliais-je entre deux rires.
Une vingtaine de minutes plus tard mes photos sauvées et des nouvelles de Jacob et Quil dans la boîte, je me retrouvais attablée avec eux derrière un café et un croissant. Qui aurait crut qu'il y avait un café aussi sympa caché à l'intérieur de la réserve entre forêt et mer ? Pas moi en tout cas. Je buvais tranquillement en les écoutants se chamailler. Il m'était reposant d'être avec eux, il n'y avait pas de fausses apparences et mon humour navrant ne les dérangeait pas.
Je repris mon appareil photo et regardais avec un léger sourire les photos que je venais de prendre. La dernière était une de nous quatre sur la plage, ils avaient finit par me convaincre de la faire, bien que se fut une tâche ardue de nous contenter tous les quatre de la qualité de cette photo.
_ Est-ce que vous savez ou vit Roy ? demandais-je finalement.
_ Roy… Roy Endfiel ? reprit Quil.
Je n'avais pas la moindre idée de ce que pouvait être son nom de famille. Je haussais les épaules et indiquais simplement qu'il était conducteur de taxi. Mon trio préféré sembla comprendre de qui je parlais et Embry promit de m'y conduire juste après. J'allais enfin revoir la première personne que j'avais rencontrée en arrivant ici.
Mon regard se porta sur la vitrine et dehors à la lisière de la forêt mon regard tomba sur un Quileute tout en muscle, il était peu vêtu malgré la fraicheur ambiante. Il nous fixait bien que je n'en connaisse pas la raison. Il me semblait l'avoir déjà rencontré, il était à la plage et discutait avec Lauren la toute première fois que je l'avais vu. Il était étrange et m'intriguait. A l'instar des Cullen, il y avait quelque chose chez lui qui me m'était mal-à-l'aise un secret bien gardé.
Du coin de l'œil, je remarquais que Jacob le regardais aussi. Le Black avait l'air inquiet et intrigué. Je me demandais bien pourquoi. Quil et Embry n'avaient rien remarqué et continuaient leur conversation passionnée sur un sujet dont je n'avais pas la moindre idée.
Je quittais l'homme définitivement du regard pour me concentrer sur Jacob. Ses yeux trahissaient une agitation interne, je me demandais bien ce que l'homme pouvait lui inspirer et ce qu'il pensait. Il me fit un sourire en voyant mon air inquiet et hocha simplement la tête à ma question muette. Je n'étais pas aussi sur que lui, qu'il aille aussi bien qu'il le prétendait, mais je ne cherchais pas plus loin. L'homme avait disparut quand j'avais retourné la tête et Embry m'attendait pour m'accompagner jusqu'à chez Roy.
On fit un détour pour déposer Jake après qu'il nous ait supplié de le raccompagner, soit disant qu'il était en retard selon le Call et moi, il avait simplement la flemme de marcher pendant vingt minutes pour rentrer chez lui. Quil nous avait laissé pour aller rendre le service demandé par sa mère- deux heures plus tôt.
_ Voilà, Miss, tu es arrivée à bon port, m'apprit-il.
_ Je te remercie très cher ! Je n'aurais jamais trouvé sans toi, grimaçais-je.
_ A ton service !
Je sortis de ma voiture et observais le paysage autours de moi. Je me trouvais au cœur de la réserve. La maison de Roy jouxtait une librairie que je devinais être la sienne ou celle de sa femme et sûrement la seule de toute la Push. La maison, comme la plupart des autres, était peinte en rouge et faite de bois. Un Pick-up vert détonnant avec la maison était garé devant.
_ Si tu as besoin pour repartir je ne suis pas loin, me proposa-t-il en m'indiquant une maison dans les teintes bleu vert à l'orée de la forêt.
_ J'y songerai. Merci Embry, c'est gentil de m'avoir accompagnée !
_ Pas de quoi, fit-il gêné.
Une femme dans la quarantaine cria son nom à l'autre bout de la place. Il grimaça avant de me saluer d'une étreinte et de filer rejoindre celle que je supposais être sa mère.
Me retrouvant, seule je parcourus les derniers mètres me séparant de la porte d'entrer et frappais vivement. J'espérais que Roy était là et que je n'avais pas fait tout ce chemin pour rien. Je patientais quelques instant devant la porte avant d'entendre une voix me crier qu'il arrivait. Je reconnus celle de Roy, il était là. La porte s'ouvrit sur lui, il avait les cheveux ébouriffés et semblait encore dans les vapes.
_ Désolé de te réveiller, Roy, plaisantais-je.
_ Me réveillé ?! Bien sur que non, s'exclama-t-il après m'avoir saluée. Il aurait déjà fallut que je dorme pour cela !
_ Ah oui ? C'est la crise de la cinquantaine ? On va en boîte jusqu'à pas d'heure ? Eh bien bravo, je vous jure tout dire à ces jeunes ! me moquais-je en essayant de rester sérieuse.
Il rit de bon cœur avec moi avant de me faire entrer.
_ Sache, jeune fille que je ne fais pas la bringue toute la nuit, mais que j'écris mon manuscrit. J'ai juste omis de m'arrêter pour dormir, admit-il.
_ Un manuscrit ? répétais-je intéressée.
_ Oui, je suis écrivain à mes heures perdues…
_ Tu écris sur quoi ? Tu as déjà publié ? Je peux lire ?
Je fis une moue de chiot battu en sentant le non catégorique poindre à toutes mes questions. Il avait piqué ma curiosité au vif ! Je voulais savoir sur quoi il écrivait.
_ Roy ! suppliais-je.
_ J'écris en particulier sur les légendes de ma tribu, céda-t-il après un long soupir.
_ Vos légendes ? Elles sont géniales du moins j'ai adorée la seule que je connais…
_ Tu connais une de nos légendes ? Toi ? Alors qu'elles sont précieusement tenue secrètes aux visages pâles ? Qui donc ta raconter cela ?
_ Je ne cite jamais mes sources, pouffais-je. Si je connais une de vos légendes ça fait de moi un membre honoraire de votre tribu ?
_ Non.
_ Tu me blesses, bougonnais-je en adoptant une mine triste. Mon cœur est lacéré de tant de cruauté.
_ Ma pauvre, pouffa-t-il à son tour.
Un verre de jus de pomme plus tard et il était déjà pardonné. Il me promit de me faire lire son manuscrit, mais seulement quand il l'aurait terminé… Dans un petit bout de temps autrement dit. Il s'agissait de la réécriture de la réécriture de son manuscrit commencé six ans plus tôt. J'espérais sincèrement qu'il arrive à la publication.
En repensant à mon cas, surtout depuis l'arrivée de la lettre dans ma vie, je pense que je pourrais moi aussi écrire une histoire du tonnerre.
Roy s'absenta un instant pour répondre au téléphone, je me retrouvais seule et inoccupée dans son salon. Mon regard vagabonda sur les différentes choses que comportait la pièce. Un tableau représentant des loups attira mon regard, il y avait sept loups et si on était attentif, on pouvait distinguer le spectre d'homme dissimulé dessus. Le tableau était magnifique.
Je récupérais une sorte d'annonce posée sur la table, je parcourus la demande rapidement. Une offre d'emploi à la librairie de la Push. Voilà qui était intéressant. La demande était ressente et donc le poste peut-être encore vacant. Je ne perdais rien à postuler après tout. Et puis les livres j'aimais cela, il n'y avait donc pas meilleur job pour moi !
_ Y a pas moyen de mettre la main sur un employé fiable, soupira Roy en me désignant l'annonce de la main.
_ Et… Enfin… Tu crois que je peux postuler ? Je n'ai pas d'expérience, mais j'aime bien les livres, tentais-je. Et… Tu crois que le patron serait Ok pour un entretien ?
Son regard s'accrocha sur moi et il me sembla que Roy me jaugeais.
_ Il faut que tu sois motivée à venir bosser chaque samedi de quatorze heures à vingt heures et une ou deux heures chaque soirs après les cours ?
_ Ca devrait être faisable, fis-je après un court temps de réflexion.
_ Dans ce cas, je te prends !
Mes yeux s'agrandirent de surprise alors que je l'observais interdite.
_ Comment ça « tu me prends » ?
_ A la base je suis libraire, non pas conducteur de taxi, mais bon, quand la librairie marche mal un complément fait du bien, m'expliqua-t-il. Tu peux commencer dès Lundi.
_ Merci Roy, tu ne peux pas savoir comment ça me fait plaisir !
Je passais le reste de mon après-midi en sa compagnie en parlant de tout et de rien. Cette journée avait été fructueuse : j'avais revu Embry, Jacob et Quil ainsi que Roy et je m'étais trouvé un travail dans la foulée. J'espérais être à la hauteur de la confiance que plaçait Roy en moi en m'acceptant comme employée. Je m'en voudrais énormément si je venais à le décevoir.
Coucou ? J'avais effectivement évoqué une publication le 22 de chaque mois, mais il faut croire que je ne suis pas douée pour respecter ce genre de chose. De plus, j'ai modifié deux trois trucs dans la suite de l'histoire, le chapitre 11 est tout juste commencé... Bye !
