Rappel : Les personnages de Poudlard et l'univers appartiennent à JK Rowling et l'histoire à Fireheart, je n'ai donc aucun mérite et ne suis que la traductrice ! Vous pouvez trouver sa fic (en anglais) dans mes favoris. Et si l'histoire vous plait, n'hésitez pas à aller féliciter Fireheart !


Chapitre 7 - Patmol et Lunard

Sirius Black ferma les yeux avec lassitude alors que son dernier visiteur sortait de sa chambre à Ste Mangouste. Remus l'avait amené à l'hôpital sorcier dès que Peter avait été capturé et l'innocence de Sirius proclamée. Les soigneurs souhaitaient qu'il y reste encore deux semaines pour recevoir son traitement, y compris des potions nutritives, et suivre une thérapie. Les années à subir la présence des Détraqueurs et des repas frugaux se ressentaient sur son corps, mais aussi sur son mental.

Amelia Bones, directrice du département de la Justice magique, et Kingsley Shacklebolt, auror, venaient tout juste de le laisser seul. Il avait témoigné sous Veritaserum et sous la supervision d'un soigneur. Madame Bones avait expliqué que c'était la procédure habituelle et que Pettigrow avait déjà tout avoué, mais les aurors et la Justice magique voulaient s'assurer que, cette fois, ils ne laissaient rien passer.

Il avait du sourire au grand auror noir qui accompagnait la directrice de la Justice magique. Pendant leurs études pour devenir auror, lui et Shackebolt avaient été dans la même promotion, et puis il avait été jeté en prison. Il se souvenait d'un jeune homme aussi grand que maigre, mais maintenant il était baraqué, et surtout il était un auror gradé. Sa vie avait continué, lui. Il avait secoué la tête quand Bones lui avait proposé de revenir au sein du corps des aurors quand il serait de nouveau sur pieds. Il avait d'autres priorités aujourd'hui, une autre vie.

« Merci Madame Bones, mais le plus important pour moi est de retrouver mon filleul. Maintenant que Pettigrow a été capturé, Harry est la chose la plus importante à mes yeux. J'aurai dû être là pour lui pendant toutes ces années. »

Il se rallongea sur son lit et réfléchit à l'autre point qu'elle avait mentionné : quelqu'un aux États-Unis commençait à poser des questions sur son procès, ou plutôt sur son absence de procès. Pourquoi quelqu'un, qui plus est un Américain, s'intéressait à lui?

La porte de sa chambre s'ouvrit et Sirius leva la tête, s'attendant à voir un soigneur, mais son regard tomba sur une robe tape-à-l'oeil et une longue barbe argentée. Même sous l'influence des Détraqueurs, il aurait tout de suite reconnu Albus Dumbledore, le Directeur de Poudlard et le leader de l'Ordre du Phénix.

« Sirius, mon cher enfant, je suis tellement heureux de te voir, en vie et sur la voie de la guérison. » Ses yeux bleus habituellement si chaleureux s'assombrirent et il continua. « Je sais que tu ne pourras jamais me pardonner, mais laisse moi quand même t'offrir mes plus sincères excuses pour tout ce que tu as traversé. L'idée qu'un homme innocent ait pu souffrir comme tu l'as fait me hante et me garde éveillé la nuit. Je sais que rien de ce que je ne pourrai faire ne pourra me faire pardonner, mais j'espère qu'un jour tu trouveras dans ton coeur la force de me laisser essayer de me rattraper. »

Sirius renifla, puis sourit timidement. « Fudge m'a déjà proposé une 'compensation'. Il m'a promis 100 000 gallions par année d'emprisonnement. J'ai lu dans la Gazette que 'la vérité a vaincu grâce à sa volonté à lever les voiles du mystère'. Il a toujours été un un tel trou du cul? »

Albus sourit et répondit de façon plus politiquement correcte. « Je dirai qu'il a toujours été un excellent politicien. »

Les yeux gris de Sirius rencontrèrent le regard bleu du Directeur. « Si vous voulez vraiment m'aider, vous pouvez faire en sorte que mon filleul puisse venir me voir. Je l'ai entraperçu cet été alors qu'il montait dans le Magicobus et j'ai attendu toute la journée pour le revoir alors qu'il rentrait chez lui, mais depuis je ne l'ai pas vu. »

Les yeux bleus devinrent fuyants. « Tu me demandes la seule chose que je ne peux pas t'accorder. »

« Pourquoi? Il n'aura pas à rater les cours ! Faites le venir en fin de journée. »

« Je suis désolé mon enfant, j'aimerai plus que tout au monde te faire plaisir et t'amener Harry, mais pour être honnête avec toi, il n'est pas revenu à Poudlard cette année. Il a choisi de s'inscrire dans une autre école. »

Sirius cilla, choqué. « Harry Potter n'est pas à Poudlard? Mais… James et Lily doivent se retourner dans leur tombe ! Où est-il? Pourquoi est-il parti? »

« Mr Potter a rencontré quelques difficultés pendant ses deux premières années à l'école et il a décidé qu'il était préférable pour lui d'aller dans une autre école. Je dois admettre que je suis, bien malgré moi, une des raisons qui l'a poussé à prendre cette décision. » Il soupira légèrement. « Après la mort de ses parents, j'ai pensé que le meilleur foyer pour lui serait chez la soeur de Lily. Je croyais qu'elle l'élèverait comme son propre fils, mais ça ne s'est pas exactement passé comme ça. De plus, quand il est arrivé à Poudlard, j'ai oublié que je lui avais lancé un repousse-courrier pour le protéger des Mangemorts toujours en liberté. Quand il a découvert tout ça, il n'était pas vraiment ravi. »

« Et dans quelle école est-il parti? Beauxbâtons? Ne me dites pas qu'il est allé à Durmstrang ! » Il ne pouvait pas imaginer le fils de James en train d'étudier la magie noire à Durmstrang.

« Il a choisi de ne pas nous révéler le nom de son école, mais d'après les indices que j'ai pu rassemblés, je pense qu'il est dans une école américaine. Il a évoqué des cours magiques et moldus et était intéressé par des établissements qui proposaient des cours d'été. »

Sirius soupira et s'enfonça plus profondément dans son oreiller. « Bon, j'imagine qu'une fois sorti d'ici, je pars pour les États-Unis afin de le trouver. »

Albus chercha à le rassurer en posant une main sur son épaule. « Tu peux déjà lui envoyer une lettre. Étant donné vos liens, il te donnera peut-être plus d'informations qu'à moi. Tu pourras peut-être le convaincre de te laisser venir le voir, sans doute en compagnie de Remus. Je suis sûr qu'il adorerait entendre parler de ses parents, surtout venant de la part de deux de leurs meilleurs amis. Si je le pouvais, je m'excuserai en personne et lui ferai savoir qu'il est toujours le bienvenu à Poudlard. »

Sur ces mots, Albus laissa Sirius seul. Ce dernier, perturbé, s'endormit. Il se réveilla plusieurs fois dans la nuit en pensant à cette lettre. Il devait prendre contact avec son filleul !


Harry grogna quand la lumière qui émanait de sa boîte aux lettre le réveilla. Depuis la rentrée, Mr Stillman avait annulé des sorts de pistage sur une douzaine de lettres, la plupart venait de journalistes lui demandant de leur accorder une interview sur les raisons de son départ. Il les avait données à Anarosa qui mettait en place plusieurs plans pour « gérer la diffusion des informations ». Dans ces moments-là, il remerciait le ciel - ou plutôt Merlin et Morgane - qu'Elias ait une cousine aussi merveilleuse.

Il gloussa en entendant Xoloti râler à propos de la lumière que causait la boîte. Le lézard se comportait comme s'il était un membre de la famille royal et qu'ils étaient tous là pour le chouchouter, en particulier Elias qui était son serviteur préféré.

Il lança un coup d'oeil vers le lit de son colocataire qui dormait, un oreiller sur la tête. Harry ouvrit la partie réception de sa boîte en grimaçant. Il ne reconnaissait pas l'écriture, mais c'était rarement le cas ces temps-ci. Il était déçu de ne pas voir les pattes de mouche de Ron sur l'enveloppe. Il soupira en pensant à son ancien meilleur ami et ouvrit l'enveloppe, se demandant ce qu'on lui voulait.

Cher Harry,

Je sais que tu ne te souviendras sans doute pas de moi, mais je suis ton parrain. Quand tu étais bébé, tu m'appelais « Pa-mo » parce que mon animagus est un grand chien noir appelé Patmol. Déjà bébé, tu étais tellement intelligent ! James et Lily étaient si fiers de toi !

Tu dois sans doute te demander où j'étais ces douze dernières années. Pour tout te dire, un soit-disant ami a trahi tes parents et a révélé à ce mage noir de malheur où ils étaient. Quand j'ai compris que c'était lui qui les avait trahis, je l'ai poursuivi. Il s'est coupé le doigt et a lancé un Cofringo, puis il s'est transformé en rat, son animagus. Remus pense que son Cofringo a du toucher une conduite de gaz moldue parce que la moitié de la rue a explosé et plusieurs moldus ont été tués. Puisqu'on n'a retrouvé que son doigt, tout le monde a pensé que je l'avais tué, et que c'était aussi moi qui avait tué tous ces moldus. J'ai été emprisonné à Azkaban pour les crimes de ce rat. La vérité a enfin été révélée et je suis maintenant un homme libre.

Là, je suis à l'hôpital pour me remettre de ces années à Azkaban, mais j'aimerai vraiment te revoir. Dumbledore est venu me rendre visite et je lui ai demandé de te faire venir à Ste Mangouste, mais il m'a dit que tu n'étais plus à Poudlard. Comme tes parents m'ont choisi comme parrain, je veux juste m'assurer que tu vas bien et que tu as tout ce dont tu as besoin. J'aimerai aussi te dire que tu es le bienvenu chez moi pendant les vacances.

S'il te plait, dis-moi quand je peux venir te voir, et surtout où je dois me rendre. J'aimerai beaucoup te parler de tes parents et en apprendre plus sur toi. Tu aimes faire des blagues? Tu aimes voler? Ou alors tu préfères lire? Ta maman adorait les sortilèges et les potions. Ton père, lui, préférait la métamorphose et voler (quand il n'était pas en train d'inventer des milliers de façons de piéger les autres élèves).

Ton parrain,

Sirius Black (Patmol)

PS : un autre ami de ton père aimerait aussi te rencontrer. Il t'appelait « mon louveteau » et tu l'appelais « Lu-ard », bien que son véritable surnom soit Lunard.

Harry se rassit. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Hermione lui avait parlé de Sirius et il savait que ce n'était pas de sa faute s'il n'avait pas fait partie de sa vie jusqu'ici. Et pourtant, il offrait à Harry un foyer, même s'il sortait tout juste de prison. C'était tout ce dont le jeune garçon avait toujours rêvé : être aimé et avoir une famille !

Il installa des oreillers derrière son dos et sortit son carnet pour rédiger une réponse.

Cher Mr Black,

Merci pour votre lettre. Une de mes amies m'a raconté la capture de Peter Pettigrow à Poudlard et je suis heureux d'apprendre que vous avez été innocenté. Je vous souhaite un bon rétablissement, après ces années difficiles.

À Poudlard, ce que j'aimais le plus, c'était voler. J'étais attrapeur dans l'équipe de Gryffondor depuis ma première année. Le plus jeune attrapeur depuis un siècle, d'après ce qu'on m'a dit. J'aimais bien les sortilèges et la métamorphose, mais je détestais les potions. C'était surtout à cause du professeur, parce que maintenant je commence à apprécier cette matière. J'ai un emploi du temps très chargé cette année : lutte magique (qui se rapproche de la Défense contre les forces du mal), herbologie (botanique), sortilèges, histoire, latin, mathématiques, musique, éducation physique, astronomie, potions et métamorphose. Les cours peuvent durer une heure, une heure et demie ou deux heures, ça dépend des matières. Ici, ils commencent l'arithmancie en première année, donc je prends des cours particuliers pour rattraper mon retard.

Je ne suis pas vraiment un farceur, pas comme les jumeaux Weasley. Ils sont diaboliquement géniaux ! Mais mon nouveau professeur de métamorphose nous dit tout le temps que quand on apprend un nouveau sort, on doit imaginer une demi-douzaine de façons de l'utiliser. Je vais essayer de trouver des façons marrantes d'utiliser ces sorts. J'adorerai entendre quelques unes des blagues que vous avez pu faire, mon père et vous, quand vous étiez à l'école. Et aussi savoir ce que vous avez fait après vos ASPICs.

Je reviens vers vous pour vous dire quand nous pourrions nous voir. En attendant, je serai ravi de continuer à échanger par lettre et je suis impatient de vous rencontrer.

Votre filleul,

Harry

Harry dupliqua la lettre de Sirius, ainsi que sa réponse, pour les envoyer à Anarosa et lui demander comment s'organiser. Il entendit qu'Elias commençait à remuer dans son lit, donc il attrapa des vêtements et se précipita dans la salle de bain pour pouvoir se doucher avant son colocataire.

Les repas étaient bien plus bruyants maintenant que les trois promotions hébergées à Blair House étaient de retour. Il choisit des gaufres, des saucisses et du jus d'orange et les vit rapidement apparaître devant lui, avec sa potion nutritive. Il devait encore la boire deux fois par jour pendant une semaine et après il n'aurait plus qu'à la prendre une fois par jour. Et enfin, dans un mois, il n'aurait plus à la boire.

Alors qu'il mangeait, il entendit un petit pop et dans son dos une voix aiguë demanda « Mr Harry Potter? ». Un petit elfe de maison se tenait à côté de lui. Il avala sa bouchée et répondit, « oui, je suis Harry Potter. Qui es-tu? »

L'elfe sourit. « Je suis Trixie, Monsieur. Le soigneur Masuto m'a demandé de vous donner ceci » Elle lui tendit un papier, s'inclina et disparut.

Curieux, Harry ouvrit le message, conscient des regards interrogateurs de ses camarades. Harry, s'il te plait, passe à la Clinique une fois tes cours finis. Nous devons parler des analyses de sang que nous avons commencées en juillet. Il cilla. Il avait totalement oublié que le soigneur lui avait fait une prise de sang et voulait étudier les effets potentiels du mélange de venin de basilic et de larmes de phoenix.

« Le soigneur Masuto me rappelle que je dois venir faire une visite de contrôle après les cours. » dit-il à ses camarades curieux. Il plia la note et se remit à manger. Les autres élèves ne posèrent pas de question, ils savaient tous que le soigneur était très à cheval sur le suivi médical.

À la fin de la journée, il se dirigea vers la Clinique et se présenta à la réception. « Bonjour ! Je suis Harry Potter et le soigneur Masuto m'a demandé de passer ». Quelques minutes plus tard, il était installé dans le bureau du soigneur.

Il lui sourit gentiment, rassurant. « Bonjour Harry. Comment vas-tu? »

« Très bien Monsieur, répondit poliment l'adolescent. Vous vouliez me voir? »

« Oui, merci d'être venu aussi rapidement. Quand nous nous sommes vus pour la première fois, j'étais très intéressé par ta morsure. Tu m'as dit que tu avais survécu parce qu'un phoenix avait pleuré sur ta blessure, c'est bien ça? »

« Oui Monsieur. Fumseck m'a sauvé. »

« J'ai fait quelques analyses par moi-même puis j'ai envoyé un échantillon de ton sang à des spécialistes pour confirmer les résultats. Tout d'abord, laisse-moi te rassurer, tu n'es pas en danger. En fait, il semble même que tu aies pu en tirer quelques avantages. »

Confus, Harry fronça les sourcils. « Des avantages, Monsieur? »

« Ma première inquiétude était que le venin de basilic avait pu attaquer tes veines ou tes organes, mais mes analyses m'ont permis de voit que toutes les blessures ont été soignées par les larmes de phoenix. Cependant, tu restes la seule personne au monde à avoir survécu à une morsure de basilic. C'est un des venins les plus mortels qu'il existe. »

Harry hocha la tête. Il savait déjà tout ça.

« Nous pensons que le venin a agit comme une sorte d'inoculation. En général, une inoculation, ou vaccin, consiste à introduire dans le sang un agent pathogène affaibli pour aider le corps à développer une immunité. Dans ton cas, tu as reçu un flot de venin. Même si notre échantillon était trop petit pour faire des tests exhaustifs, il semble que tu aies développé une immunité à la plupart des venins et poisons. »

Il se cala plus confortablement dans son fauteuil et dit d'un air grave « mais je ne veux pas que tu fasses des essais, Harry. Nous n'avons testé que quelques venins et cela ne signifie pas que tu ne serais pas victime d'autres effets secondaires. Mais tu survivrai probablement à quelque chose qui tuerait n'importe qui d'autre. Si tu veux, nous pouvons faire davantage de tests. J'ai plusieurs collègues qui seraient très intéressés par ton cas. »

Harry se retint de grogna et secoua immédiatement la tête. « Hum, non merci Monsieur. » En voyant la surprise du soigneur, il ajouta « je suis déjà connu pour être la seule personne à avoir survécu à un sortilège de mort. À cause de ça, je suis célèbre dans le monde sorcier. Je n'ai pas vraiment envie d'être encore plus connu. Ils commenceraient sans doute à me donner des surnoms du genre le Garçon-qui-refuse-de-mourir. »

La déception se lut sur le visage du soigneur, mais, compréhensif, il acquiesça. « D'accord Harry. C'est à toi de décider. »

L'adolescent se radoucit et dit « j'espère pouvoir commencer les cours de soins dans un ou deux ans. Peut-être que je pourrai étudier ça, comme projet d'études indépendant. » Masuto sourit et l'envoya dîner.


Cher Harry,

Ta lettre m'a fait très plaisir, mais, s'il te plait, tutoie-moi et appelle-moi Sirius. Mr Black c'est bien trop guindé. Sinon, si tu préfères, tu peux m'appeler Patmol.

Le plus jeune attrapeur depuis un siècle ! Félicitations ! Tu aimes autant voler que ton père. Quand on était à Poudlard, nous étions très proches tous les quatre (avant que Pettigrow nous trahisse). On nous appelait les Maraudeurs et on adorait faire des blagues. Nous étions à Gryffondor et nous piégions tout le monde, même si notre cible préférée était les Serpentard.

Une fois, pour le 1er avril, on a fait un concours de blagues. James a ensorcelé la porte de la grande salle pour que tous ceux qui y entrent sautillent vers leur chaise et se mettent à parler avec la voix d'un professeur. C'était tellement drôle de voir une petit fille délicate parler comme Slughorn ou un grand gaillard avoir la voix de Flitwick ! Peter s'était attaqué aux armures qui se sont mise à faire des déclarations d'amour aux élèves et à les suivre toute la journée en déclamant des sonnets. Lunard a trafiqué l'eau des robinets et tous ceux qui se lavaient les mains s'enduisaient sans s'en rendre compte d'une teinture invisible. Au bout de quelques heures, l'encre multicolore se révélait. Elle recouvrait tout ce qu'on touchait - nos mains, nos visages, nos livres, les murs… Ma propre farce a commencé au déjeuner. Elle n'était pas vraiment inoubliable, tout le monde s'est juste transformé en kangourou dansant. Pourquoi des kangourous? Et bien, c'était ça ou des fourmiliers, et je m'étais dit que des kangourous danseraient bien mieux le disco. Mais contrairement à ce que pensait James, ça ne venait pas de la nourriture. J'avais lancé un sort à retardement sur toutes les chaises, y compris celles des professeurs. J'avais du piqué sa cape d'invisibilité à James pour pouvoir organiser ça en pleine nuit, quelques jours avant le 1er avril.

Après Poudlard, ton père et moi avons tous les deux décidé de suivre une formation pour devenir aurors. Nous avons aussi rejoint Dumbledore et son organisation qui combattait Voldemort. Ta mère envisageait de suivre des études en sortilèges, mais elle est tombé enceinte. Mais elle était ravie de ta naissance et n'a jamais regretté d'avoir remis son master à plus tard !

Je vais mieux, merci. Je dois encore prendre quelques kilos, mais cela va prendre du temps. J'espère que je pourrai bientôt venir te voir.

Ton parrain,

Sirius

Quand elle avait reçu la demande de Harry concernant la visite de son parrain, Anarosa Diaz avait rapidement appelé la principale Graham. « Le parrain de Mr Potter aimerait rencontrer son filleul. Mr Potter est d'accord. Cependant, comme vous le savez, Mr Potter est célèbre en Grande-Bretagne et quelques pourvois en appel pour le faire rentrer ont été tentés. J'aimerai qu'ils utilisent une des salles de réunion sur le campus de l'Académie, afin de s'assurer que les protections de l'école empêcheront un enlèvement. »

La principale Graham était surprise. « Vous pensez que cela est possible, Ms Diaz? »

« Fort peu probable, mais possible. Mieux vaut prévenir que guérir. Nous avons à notre disposition sur le campus des salles parfaitement sécurisées, autant les utiliser. Harry veut faire confiance à son parrain, mais je préfère prendre toutes les précautions imaginables. »

« Bien. Nous autorisons souvent les étudiants à accueillir leur famille ou leur amis dans ces salles. Cependant, nous demandons une liste des visiteurs et la confirmation qu'ils ne chercheront pas à blesser les élèves ou le personne. Les créatures sont également autorisées sur le campus, mais nous devons être sûrs qu'elles ne sont pas dangereuses. »

Ensuite, Ms Diaz rejoignit Harry et ils passèrent en revue les questions qu'ils avaient à propos de ses parents, de Black et du rôle de ce dernier dans la guerre contre Voldemort. Ils évoquèrent aussi son incarcération, puis Harry répondit à son parrain.

Cher Sirius,

Votre concours de blague du 1e avril avait l'air super ! J'aurai aimé voir ça, vous aviez des idées géniales. Je suis sûre que les jumeaux Weasley adoreraient te rencontrer, tu serai une source d'inspiration pou eux !

Bonne nouvelle : tu es autorisé à venir sur le campus un samedi, de 9h à 17h. Dis-moi quelle date t'arrange. Et dis-moi aussi si tu viens seul ou si quelqu'un viendra avec toi. S'il y a quelqu'un en plus, nous devons être sûr que cette personne ne blessera pas les élèves. Par exemple, un vampire doit emmener avec lui sa réserve de sang, un loup-garou qui ne prend pas la potion Tue-loup ne peut pas venir pendant la pleine lune et une vélane doit pouvoir contrôler son charme.

La principale de mon école va te faire envoyer un portoloin dès que tu nous auras dit quand tu viens.

J'ai quelques photos de mes parents qu'Hagrid (le garde-chasse) m'a donnée, mais si tu en as quelques unes, j'aimerai beaucoup les voir.

À très vite,

Harry

Dès le lendemain, Harry reçut une lettre très enthousiaste de Sirus.

Cher Harry,

J'ai hâte de venir ! Je sors de l'hôpital dans une semaine, donc on peut dire le samedi qui suit ma sortie, dans deux semaines? Ça fait tellement longtemps que je ne t'ai pas vu ! Bon, en fait, j'ai eu un petit aperçu après m'être évadé. J'étais sous ma forme d'animagus et je t'ai vu monter dans le Magicobus. Je suis resté dans le coin toute la journée et je t'ai vu rentrer chez toi un peu plus tard, mais après je ne t'ai plus jamais revu. Mais c'était déjà suffisant pour voir que tu as définitivement les cheveux de James !

Si cela ne te dérange pas, j'aimerai bien amener quelqu'un. Je t'ai parlé de Remus Lupin, ou Lunard, non? Tu n'as pas peur des loup-garous? Parce que Remus a été mordu quand il était enfant, mais notre visite tomberait une semaine après la pleine lune, donc ça ne serait pas dangereux, et puis tu l'adorais quand tu étais bébé.

J'apporterai autant de photos que possible.

Ton parrain surexcité,

Sirius


En sortant de l'hôpital, Sirius ne voulait pas s'installer dans la vieille demeure des Black à Londres. Il était sûr que la maison était pleine de poussière, mais surtout pleine d'artéfacts de magie noire. Il décida de louer une chambre au Trois Balais, à Pré-au-lard, pour être proche de Remus. Le village n'était pas autant fréquenté que le Chemin de Traverse, ce qui lui permettrait de s'habituer progressivement à avoir du monde autour de lui. Après des années à Azkaban, il avait du mal à se réhabituer à la vie normale et trouvait tout trop grand et trop bruyant.

Quand le fameux samedi tant attendu arriva enfin, Sirius ne tenait pas en place. Ils ne partiraient qu'en début d'après-midi à cause du décalage horaire et il avait bien du mal à se calmer alors qu'après toutes ces années il allait enfin revoir son filleul. Il vérifiait sans cesse sa poche pour s'assurer qu'il avait bien le portoloin qu'il avait reçu.

Il attendait Remus dans la partie bar des Trois Balais en buvant une bièraubeure. Quand le loup-garou poussa la porte, Sirius fut immédiatement sur ses pieds. Il était déjà à mi-chemin vers la porte quand il remarqua qu'une silhouette suivait son ami.

« Albus, que faites-vous là? », demanda-t-il, confus. Il jeta un coup d'oeil à Remus qui hausse les épaules d'un air désolé.

« Bonjour mon enfant. Tu as l'air bien plus en forme que la dernière fois que je t'ai vu », dit joyeusement le vieil homme.

« Oui, il me reste encore un bout de chemin à parcourir, mais je me sens chaque jour un peu mieux. Je suis ravi de vous avoir revu. Je ne veux pas paraître impoli, mais Remus et moi devons y aller. »

« Je sais mon enfant, c'est pour ça que j'ai demandé à Remus si je pouvais l'accompagner jusqu'ici. J'aimerai avoir l'opportunité de m'excuser auprès d'Harry pour tous les torts que je lui involontairement causés. Je voudrais être sûr qu'il sais qu'il peut revenir à Poudlard quand il veut. Je ne veux certainement pas m'immiscer dans votre journée, juste vous chaparder quelques minutes pour me faire pardonner. »

Sirius fronça les sourcils. « Je ne sais pas, Albus. Je n'ai pas parlé de toi à Harry, seulement de Lunard. »

« Il n'y en aura que pour quelques minutes et après je reprendrai immédiatement un portoloin pour rentrer. Je dois au moins ça à ce garçon, Sirius. J'ai fait des erreurs et je lui dois des excuses. » Comme Sirius hésitait encore, il ajouta « s'il te plait, Sirius. C'est ma seule occasion. »

Impatient de partir, Sirius finit par accepter à contre-coeur. Il sortit le parchemin de sa poche et une fois sûr que les trois hommes le touchaient, il dit « Académie Sainte Croix ». Après l'habituelle sensation d'être tiré par le nombril, ils atterrirent dans une salle sans fenêtre et pourtant éclairée où un panneau demandait aux visiteurs d'attendre l'arrivé d'un accompagnateur pour sortir. Ils entendirent un faible fredonnement qui signalaient que la présence de visiteurs internationaux était enregistrée.

L'unique porte de la pièce s'ouvrit, laissant apparaître une grand femme élancée à la peau cuivrée et aux cheveux bruns. Elle haussa un sourcil en remarquant les trois silhouettes. « Bonjour Messieurs. Je suis Christina Sadler, la surveillante de la résidence de Mr Potter. Je suis chargée de vous guider jusqu'à la salle de réunion. » Elle s'arrêta et ajouta, « je crois savoir que Mr Potter n'attendait la visite que deux hommes. Puis-je vous demander vos nom? »

Sirius s'avança, s'inclina légèrement et sourit. « Sirius Black, je suis le parrain de Harry. Voici mon ami, Remus Lupin, dont la venue a été annoncée à Harry. Et voici Albus Dumbledore, le Directeur de l'ancienne école de Harry. Il m'a demandé ce matin s'il pouvait m'accompagner pour parler quelques minutes à Harry. »

La femme hocha la tête et lança un sort de patronus. Un huard* argenté apparut et voleta dans la pièce avant de se poser devant Ms Sadler. « Va informer Ms Diaz que Sirius Black, Remus Lupin et Albus Dumbledore sont arrivés. » L'oiseau s'envola et traversa le mur.

Elle sourit et dit « Messieurs, nous préférons ne pas avoir à confisquer les baguettes de nos visiteurs, donc, s'il vous plait, ne lancez aucun sort sans l'autorisation de votre hôte, Mr Potter. Maintenant, si vous voulez bien me suivre. »

Le huard argenté atterrit dans la salle de réunion de Blair House devant Anarosa. La voix de Christina Sadler annonça l'arrivé de Sirius Black et Remus Lupin, ainsi que d'Abus Dumbledore. »

« Par les caleçons de Merlin, s'exclama Harry. Qu'est-ce qu'il fat là? Sirius ne m'a jamais dit qu'il allait l'amener, il m'a juste parlé de Remus Lupin. »

« Il semble que tu avais raison quand tu disais qu'il s'intéressait un peu trop à toi », dit Anarosa en secouant la tête. « Mais cela nous donne la parfaite opportunité pour demander à Dumbledore pourquoi il n'a rien fait, ou pourquoi il en a parfois trop fait. La discussion aura juste lieu plus tôt que prévu. » Elle pencha la tête, semblant analyser la situation. « Peut-être que poser ces questions devant ton parrain est même une bonne idée. »

« Quand même, je n'aime pas ça, se plaignit l'adolescent. Je ne l'ai pas invité, il n'est pas le bienvenu. Et puis c'est impoli de s'incruster comme ça aux retrouvailles avec mon parrain. » Malgré sa mauvaise humeur, il passa en revue avec Anarosa les questions à poser jusqu'à ce qu'un carillon annonce l'arrivée de leurs visiteurs.

Harry se leva pour faire face à la porte, le coeur battant. Un grand homme fin aux cheveux noirs entra et repéra immédiatement Harry. Il s'avança, commença à tendre les bras pour les baisser aussi tôt. « Harry », dit-il d'une voix vacillante. Il avala sa salive avant de continuer. « Je suis si heureux de te voir. Tu ressembles tellement à ton père. » Il baissa la tête. « Je suis tellement désolée de ne pas avoir été là pour toi, le Chiot. »

« Sirius », commença Harry. Il s'arrêta et sourit. « Patmol ». Sirius redressa la tête et grimaça un sourire. « Je suis content de te revoir ». Harry tendit la main et Sirius l'attrapa pour le rapprocher de lui et le serrer brièvement dans ses bras. Il libéra l'adolescent et s'essuya rapidement les yeux.

« Lui, dit il en tendant la main vers un homme aux cheveux poivre et sel, c'est Remus Lupin, aussi connu sous le nom de Lunard. » L'homme sourit, un lueur chaleureuse dans les yeux et tendit timidement la main. Il fut soulagé de voir l'adolescent la serrer sans hésiter. « Je suis ravi de te revoir, Harry. »

« Moi aussi je suis content, Lunard, dit Harry en souriant. J'ai appris à prononcer le son 'N' depuis la dernière fois qu'on s'est vu. »

Remus gloussa doucement. « C'est vrai, tu m'appelais Lu-ard. »

Le sourire de Harry s'effaça quand il se tourna vers le troisième homme. Il dit d'une voix neutre « bonjour Professeur. Je ne m'attendais pas à vous voir aujourd'hui. »

Albus prit son air rassurant de grand-père et dit « je suis vraiment désolé de m'imposer, mon garçon. J'ai demandé à Sirius de me laisser juste quelques minutes pour me permettre de m'excuser en personne auprès de toi pour toutes la peine que j'ai pu te causer. Ce n'était pas dans mon intention. Je voulais seulement assurer ta sécurité en ces temps troublés. »

« Bien entendu, Professeur. » Il désigna les trois sièges installés face à la cheminée. Le thé était servi. « Vous avez déjà rencontré la surveillante de ma résidence, Ms Sadler, mais je vous présente Anarosa Diaz. » Il la désigna vaguement de la main. « Asseyons-nous. Puis-je vous offrir quelque chose à boire? » Albus sembla soulagé d'être inclus dans la conversation et accepta rapidement le siège qu'on lui proposait. Harry prit son temps pour servir les tasses de thé fin de calmer la colère qui grondait en lui.

Alors que tout le monde sirotait sa tasse de thé, Harry prit une profonde inspiration et commença à parler, suivant le plan que lui et Anarosa venaient de mettre en place. « Sirius, puis-je poser quelques questions au professeur Dumbledore pendant qu'il est encore là? J'aimerai entendre son interprétation de certains faits »

« Bien sûr. » L'ancien prisonnier s'installa confortablement sur sa chaise, cherchant à cacher la nervosité qu'il ressentait face à son filleul et ces deux inconnues.

« J'ai du mal à comprendre pourquoi tu as été emprisonné, encore moins pour presque le tiers de ta vie. » Anarosa remarqua le tressaillement d'Albus suite à ce commentaire. « Si j'ai bien compris ce que j'ai pu lire, le professeur Dumbledore était aussi le grand manitou du Mangenmagot, donc je ne comprends pas pourquoi les Mangemorts capturés ont eu le droit à un procès et pas toi. »

Albus soupira bruyamment et Sirius se tourna vers lui pour le laisser répondre. « J'ai bien peur d'être responsable de ce tragique évènement, mon garçon. J'ai laissé la confusion et la tourmente qui ont suivi la défaite de Voldemort se substituer à la justice. Je n'ai aucune excuse et je sais que je ne pourrai jamais racheter ma faute auprès de Sirius. »

Harry jeta un coup d'oeil à son parrain et fronça les sourcils en voyant la douleur hanter son visage décharné. « Sirius, tu m'as dit dans une lettre qu'en plus d'être un auror, tu faisais aussi partie d'une organisation qui avait pour but de vaincre Voldemort, c'est bien ça? »

Sirius hocha la tête, ne comprenant pas où Harry voulait en venir avec ses questions. Il voulait en savoir davantage à propos de Harry, parler de son enfance et lui demander s'il serait d'accord pour passer ses vacances avec lui, pas ressasser le passé et parler de Dumbledore.

« Et bien, c'est ça que je n'arrive pas à comprendre Sirius. Je trouve ça bizarre qu'un membre de l'organisation du professeur Dumbledore n'ait pas eu le droit à un procès. Si tout l'ordre te croyait coupable, cela n'aurait-il pas été utile de t'interroger sous Veritaserum pour savoir jusqu'où ta traitrise était allée? Je veux dire, comment ont-ils pu savoir quels secrets, plans et stratagèmes tu avais pu révéler? »

Le visage de Remus affichait une prise de conscience progressive au fur et à mesure que Harry parlait et il regarda le vieux sorcier, inquisiteur.

Harry se tourna vers le Directeur. « Dites-moi, professeur Dumbledore, aviez-vous demandé aux membres de votre groupe de faire serment d'allégeance, ou alors un serment inviolable ? » Anarosa souligna que cela aurait pu aider à prouver l'innocence de Sirius.

« Non Harry. Nous nous faisions confiance. Je comprends que tu sois troublé par ce qu'il est arrivé à ton parrain, mais il n'y avait aucune mauvaise intention derrière tout cela. Il s'agit juste d'une horrible et dramatique erreur. »

Harry acquiesça et continua à dérouler ses questions. « Quand vous avez commencé à soupçonner qu'il y avait des fuites, avez-vous au moins demander aux membres de votre groupe de signer un contrat magique pour s'assurer qu'ils ne trahissent pas l'Ordre? »

« Bien sûr que non Harry. S'il y avait eu un espion, cela lui aurait mis la puce à l'oreille. Et puis, cela aurait été irrespectueux vis-à-vis des membres loyaux. »

L'adolescent roula des yeux et demanda « je suppose que leur demander de remonter leur manche pour regarder leur bras aurait aussi été trop irrespectueux pour vous? » Sirius et Remus baissèrent la tête, pensant à Queudver.

Harry passa au sujet suivant. « Professeur, pour en revenir à votre intérêt pour moi et votre volonté de me voir revenir à Poudlard, j'ai une autre question. Pourriez-vous me dire pourquoi je n'ai jamais été traité pour malnutrition quand j'étais à Poudlard? »

« Malnutrition ! » En une seconde, Sirius était à genoux devant le siège de Harry et attrapa le bras de son filleul, scrutant son visage et sa frêle carrure. « Pourquoi étais-tu sous-alimenté? »

« Parce que pendant les dix années qui ont précédé mon entrée à Poudlard, je n'étais pas assez nourri. Pourquoi je n'ai pas été correctement soigné à mon arrivée, Professeur? »

Les yeux bleus de Dumbledore n'étaient plus aussi joyeux, ils s'étaient même obscurcis. « À l'évidence, personne n'avait réalisé que tu étais sous-alimenté, Harry. Si nous l'avions su, nous t'aurions bien sûr donné un traitement. »

« Personne ne l'a réalisé? Après tout mes séjours à l'infirmerie? Hum… Intéressant. L'Académie Sainte-Croix m'a mis sous potion nutritive dès mon deuxième jour ici. »

La voix de Sirius se fit plus forte. « Harry, pourquoi n'étais-tu pas assez nourri? Albus, qu'est-ce que tout cela signifie? » Remus fixa lui aussi le Directeur, en attente d'une réponse.

« Vous ne leur avez pas raconté, Professeur? Comment vous m'avez laissé sur le pas de la porte da ma famille, famille qui détestait la magie au moins autant qu'elle me détestait moi? Que j'ai vécu dans un placard, placard qui était l'adresse indiquée sur l'enveloppe de ma lettre de Poudlard, et que je n'ai pas été mis au courant de l'existence du monde magique, sous vos directives? Ou qu'à la fin de ma première année j'ai supplié pour ne pas retourner dans cette maison, mais que vous m'y avez quand même renvoyé et ce sans même me proposer un soutien psychologique alors qu'un professeur avait essayé de me tuer? Ou encore qu'à la fin de ma deuxième année j'ai encore supplié pour ne pas y retourner, après m'être battu contre un basilic et avoir sauvé Ginny Weasley du fantôme de Voldemort, mais qu'encore une fois j'y ai été envoyé sans aucun traitement? Et vous vous demandez pourquoi j'ai voulu partir pour une autre école? »

Les yeux de Remus brillaient d'une lueur inquiétante et un grognement s'échappa de ses lèvres serrées. Sirius se releva d'un bond et se tourna vers Dumbledore, furieux. « Qu'avez-vous fait à mon filleul? Pourquoi un professeur a-t-il essayé de le tuer? Et par les caleçons de Merlin, qu'est-ce qu'un basilic faisait à Poudlard? Et pourquoi ne l'avez-vous pas soigné !? »

Dumbledore déploya son aura et poussa Sirius plus loin. « Harry, honnêtement, je n'ai jamais voulu te faire de mal. Je pensais sincèrement que bien que Petunia n'apprécie pas la magie, son instinct familial l'obligerait à prendre soin de toi. Je pensais qu'en te faisant entrer dans le monde magique avant Poudlard, des Mangemorts essaieraient de te faire du mal. C'est aussi pour cette raison que j'avais placé un repousse-courrier sur toi, et, dix années plus tard, je l'ai tout simplement oublié. » Il inspira profondément et se leva, forçant Sirius à reculer.

« De toute évidence, ma venue aujourd'hui était une erreur. Je souhaitais juste m'excuser pour le rôle que j'ai pu jouer dans ta décision de quitter Poudlard et te répéter que tu étais le bienvenu pour revenir dès que tu le voulais. Néanmoins, ma présence t'empêche de faire plus ample connaissance avec les amis de ton père, je vais donc repartir pour Pourdlard. » Il hocha la tête, « Mesdames, Messieurs » et quitta la pièce, rapidement suivi par Christina Sadler qui le guida vers la zone de transplanage.

Désespéré, Sirius regarda l'adolescent. « Je ne savais rien de tout ça, Harry. Je le jure sur Merlin, je ne savais pas. Je suis désolée de ne pas avoir été là pour toi. Ma faute, tout est de ma faute. » L'émotion ébranla l'homme et Harry et Remus durent l'aider à se rassoir.

Harry, paniqué, regarda Anarosa qui sortit tranquillement une potion calmante de sa mallette. Elle la tendit à Remus qui tint la tête de Sirius pour lui faire boire. Une fois Sirius calmé, Harry s'assit. « Le passé est le passé, Sirius. Je ne t'en tiens pas pour responsable. Je blâme Dumbledore, mais pas toi. Et j'aimerai apprendre à te connaître. »

Sirius releva la tête. « Vraiment? Je… J'en serai ravi, Harry. Je sais que je ne suis pas encore vraiment d'aplomb. J'ai des journées encore difficiles, mais je vais de mieux en mieux. »

Remus l'interrompit avec douceur. « Tu n'es sorti que depuis quelques mois, Patmol et tu as été en fuite pendant un bout de temps. Et tu as quitté l'hôpital il y a seulement deux jours. Ne tire pas trop sur la corde. »

Reconnaissant, Harry sourit au loup-garou. Devant ce sourire, Remus sembla pensif et regarda, presque effrayé, le fils de son ancien meilleur ami. « Pourrais-je moi aussi apprendre à mieux te connaître, Harry? »

« Tant que vous n'essayez pas de me faire retourner à Poudlard, je serai plus qu'heureux de parler aux amis de mon père, Lunard. J'ai tout de même une question. Je sais pourquoi Sirius n'est pas venu me voir quand j'étais chez les Dursley, mais êtes-vous venu? Ou vous êtes-vous assuré que j'allais bien? »

« Je n'y étais pas autorisé. » Gêné, il continua. « Sirius m'a dit qu'il t'avait expliqué que j'avais été mordu par un loup-garou quand j'étais enfant. Les sorts autour de ta maison te protégeaient des Mangemorts, mais aussi des 'créatures du mal'. Mon état m'empêche aussi d'adopter ou d'avoir la tutelle d'enfants. »

Anarosa l'interrompit. « Aux États-Unis, la loi et l'opinion publique sont plus clémentes, Mr Lupin. Tant que Harry n'y voit pas d'inconvénient, le gouvernement non plus, enfin si vous prenez votre potion Tue-loup ou que vous êtes dans une pièce sécurisée pendant la pleine lune. »

L'homme à l'air si las leva ses yeux vers Harry, attendant sa décision. À sa grande surprise, le garçon dît seulement « c'est pour ça qu'on vous appelle Lunard? Bon surnom. Quel était le surnom de mon père? »

Remus resta bouche bée sous le choc. C'était tout? Il était accepté, malgré son état? Le gamin n'allait pas le repousser? Il était prêt à le traiter normalement?

Sirius ricana faiblement et mit sa main devant sa bouche pour cacher son rire. « Cornedrue, on l'appelait Cornedrue parce que son animagus était un cerf. Je dois avoir des photos quelque part. » Sirius commença à fouiller dans ses poches et en sortit un petit livret qu'il agrandit rapidement. Anarosa transforma une des chaises en un canapé où Harry s'assît, l'album photo sur ses genoux. Sirius et Remus s'installèrent chacun d'un côté du garçon et lui racontèrent les anecdotes liées à chaque photo.

Finalement, ils passèrent un très bon après-midi et les trois coeurs brisés commencèrent à guérir.


Chère Hermione,

J'espère que tu vas bien. Comment se passent les cours? Je te mets dans l'enveloppe les notes que j'ai prises pendant mes cours de soutien d'arithmancie. Dis-moi si ça ressemble à ce que toi tu apprends.

Je t'ai dit à quel point j'aime les cours maintenant? Je m'entends bien avec presque tous mes camarades. Il y en a juste deux que je n'approche pas trop (Tony et Larry) parce que je pense qu'ils fument une substance bizarre ; ils sentent toujours l'herbe et sont un peu étranges. Sinon Rich peut être un peu pompeux, mais il n'atteint pas le niveau de Malefoy. Son père est diplomate et il participe donc à plein de grands dîners. Du coup, il a appris à parler comme un adulte et ça ne passe pas toujours très bien avec les gens de notre âge.

J'ai eu l'opportunité de rencontrer Sirius Black et Remus Lupin ce week-end. Crois-le ou non, mais le professeur Dumbledore a eu le culot de venir avec eux sans être invité ! Il a dit que c'était pour s'excuser, mais quand je l'ai mis face à tout ce qu'il a fait, il a juste dit que ce n'était pas son intention et est parti.

Sirius et Remus, ou Patmol et Lunard comme on les appelle, m'ont apporté des photos de leurs années à Poudlard et de mes parents à Godric's Hollow. On a passé des heures à parler d'eux.

Je me sens si mal pour Sirius, Azkaban l'a sérieusement amoché. Il est à fleur de peau, mais sous la peine et l'angoisse, je peux voir l'homme qu'il était. J'ai hâte de le revoir. Il envisage de louer une maison près de mon école une fois qu'il sera totalement rétabli, pour passer davantage de temps avec moi et pour m'offrir un endroit où aller pendant les vacances. Il aime m'appeler le Chiot (je pense que c'est parce que son animagus est un chien) ou mini-Cornedrue, parce que l'animagus de mon père était un cerf appelé Cornedrue. Je l'apprécie vraiment.

Remus Lupin a l'air gentil. Il était très doux, sauf quand il a appris tout ce qu'il m'est arrivé. Il était vraiment énervé contre Dumbledore. Quand il est en colère, je n'aimerai pas le rencontrer dans une ruelle sombre ! Il peut être assez effrayant. Comment est-il comme prof?

Oups, Elias me crie dessus, il est temps d'aller prendre le petit-déjeuner, donc je ferai mieux d'y aller !

À bientôt,

Harry.


Notes de traduction

*Un huard est une espèce de rapace qu'on appelle aussi pygargue à queue blanche. Pour info le pygargue à tête blanche est l'emblème des États-Unis, il est notamment présent sur les sceaux officiels.

Bien sûr, en anglais on ne sait pas si Harry tutoie ou vouvoie Sirius dans sa première lettre, mais puisqu'il l'appelle Mr Black et qu'il le connaît à peine, j'ai opté pour le vouvoiement. Et comme Remus ne lui propose pas de le tutoyer, je me suis dit qu'il restait sur le vouvoiement concernant Lupin, en tout cas pour l'instant.

Monologue

J'ai adoré le coup du Garçon-qui-refuse-de-mourir ! C'était vraiment bien trouvé.

Sinon, mon cher Albus, t'as vraiment joué au c** sur ce coup là, à t'incruster dans la visite de Sirius et Remus… Mais encore une fois, personnellement je ne vois que de la maladresse dans cette décision. Il voulait juste parler à Harry de vive voix pour s'expliquer. Sauf qu'il n'a pas pris en compte le fait qu'Harry avait besoin de temps et de prendre du recul avant de revoir ce cher Directeur qui, il faut l'admettre, a légèrement merdé.

J'avoue que j'aurai aimé avoir un vrai affrontement entre Sirius et Dumbledore, qu'il fasse un peu son papa poule (ou plutôt son parrain poule), mais là vu qu'il est encore faible et qu'il était sous le choc des révélations, il n'a pas vraiment moufté…

Vous avez le chapitre un peu plus tôt que prévu puisque je suis rentrée de vacances vendredi, j'ai donc eu un peu de temps pour travailler dessus avant de reprendre le boulot ! Par contre, vous n'aurez sans doute pas le prochain chapitre aussi rapidement, même si je vais essayer d'aller plus vite que pour le chapitre 6 ;) Mais ils sont longs ces chapitres, alors j'avoue qu'il me faut pas mal de temps pour les traduire.

Encore merci pour vos reviews !