Disclaimer : Harry Potter ne m'appartient pas, et je ne tire aucuns bénéfices financiers de mes folies littéraires
Note : Merci à Neliel d'avoir reviewé pile au moment où j'allais capituler et fermer la page Word. Grâce à toi, j'ai pu surmonter mon manque d'inspiration et puis j'ai décidé d'uploader directement le chapitre. Il devait être un peu plus long, mais déjà, c'est pas trop mal !
Petit résumé : Harry n'est plus le "Golden Boy" depuis longtemps et s'entraîne seul, tournant progressivement le dos à Dumbledore. Le jour de ses 17 ans, il quitte les Dursley et va au Chaudron Baveur passer le reste de ses vacances. Mais il rencontrera Voldemort, ils discuteront de manière (presque) civilisée. Harry rejoint ensuite Sirius dans un Manoir Black de campagne inhabité et commence une correspondance haute en couleurs avec le Seigneur des Ténèbres.
Merci de votre patience et de vos reviews toutes mimis !! Je suis vraiment une méchante, méchante auteuz'... (se cache)
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- Albus ! Le Ministre de la Magie vous a encore adressé une lettre aujourd'hui !
Minerva McGonagall venait d'entrer dans le bureau directorial, un parchemin à la main. Dumbledore lui adressa un de ses regards perçants dont lui seul avait le secret.
- Minerva ! Quel plaisir de vous voir de si bon matin ! Vous prendrez bien un thé ?
La directrice adjointe se contenta de lui donner la lettre avant de se laisser tomber dans un fauteuil en soupirant. Le vieil homme la parcourut en vitesse, ses sourcils se fronçant légèrement. Ce nouveau ministre de la Magie, un ancien Auror du nom de Gawain Robarbs, insistait depuis trois jours afin d'obtenir un entretien avec Harry Potter. Et trois jours qu'il lui répondait, toujours un peu plus fermement, qu'Harry Potter refusait toute communication avec le Ministère. Mais le Ministre commençait visiblement à s'impatienter…
- Il va falloir faire quelque chose, Albus ! Cela fait 5 jours maintenant qu'Harry a disparu de Privet Drive ! Vous ne pouvez plus continuez à refuser d'accéder à la demande de Robarbs comme cela ! Il va falloir révéler la vérité-
- Minerva, commença Dumbledore, d'un ton grave, nous ne pouvons pas nous permettre d'annoncer au monde entier qu'Harry Potter a disparu.
- Mais on ne peut pas continuer à cacher les faits ainsi ! Si Harry se met à bouger de son côté…
- Nous savons tous les deux pertinemment, vous et moi, qu'il ne fera rien de tel. Il ne veut plus avoir de rôle à jouer dans cette guerre. Il doit sûrement être avec Sirius à l'heure qu'il est, bien caché quelque part. Laissons-le de côté, il reviendra de toute façon pour la rentrée.
- En êtes-vous si sûr, Albus ?
- Nous ne pouvons rien faire d'autre qu'attendre, énonça calmement le directeur en croquant un bonbon au citron. Et espérer.
Albus Dumbledore laissa son regard se perdre dans le vide. Oui, espérer. Qu'il ne soit pas trop tard pour récupérer Harry. Et que le Ministre comprenne que contre le directeur de Poudlard, président du Magenmagot, fondateur de l'Ordre du phénix et titulaire de l'Ordre de merlin, première classe, il ne faisait certainement pas le poids.
Espérer.
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Harry et Sirius arpentaient depuis deux heures déjà le grand manoir Black. Sirius n'avait fait que le tour du rez-de-chaussée et du premier étage depuis qu'il avait pénétré dans le domaine, le reste restait une contrée sauvage où personne n'avait mis les pieds depuis au moins deux décennies.
Ils s'étaient contentés de passer la première journée après l'arrivée d'Harry à discuter de la guerre, de tout et de rien, des plans à faire pour la guerre, de ce que Sirius avait fait pendant ces derniers mois, de la guerre… Ils avaient dormi et mangé dans des salons du premier étage, le rez-de-chaussée étant uniquement constitué de grandes salles de réceptions, d'un grand hall et des cuisines. Mais il était temps "d'assainir" la grande demeure.
Les étages supérieurs révélèrent de nombreuses surprises. Notamment la présence d'un elfe de maison, qui, comme Kreattur au Square Grimmauld, avait survécu on ne savait pas vraiment comment. Il ne semblait savoir que son nom (Bulot) et avait oublié tout le reste. En autres, qu'il était un elfe de maison. Il était persuadé d'être une goule. Sirius et Harry mirent beaucoup de temps à le convaincre que non, il n'était pas une goule, et qu'il devait descendre dans les étages de la maison un peu plus civilisés. Et ils lui expliquèrent ce qu'il était censé faire. En fait, il se révéla qu'il prit son nouveau rôle de serviteur tout à cœur. Et que lorsque Harry alla boire un verre d'eau à la cuisine, Bulot se tapa la tête contre un mur, car il n'avait pas pu prévoir la demande du jeune maître.
Sirius pensait que le pauvre elfe était tout simplement un peu perdu. Harry le qualifia de "givré".
Plus tard, ils arrivèrent dans un salon aux tapisseries couleur moutarde avec une horrible odeur de renfermé. Sirius demanda à Bulot s'il voulait bien ouvrir la fenêtre. Mais la fenêtre était protégé des intrusions par un sort de magie noire, qui avait quelque peu mal vieilli et qui avait été détraqué au fil des ans. Cela, ils ne le savaient pas. Mais l'elfe le sut très vite, lorsque la poignée brûlante lui grilla la peau de la main. Quelques hurlements et quelques sorts de Guérison (grâce à Harry) plus tard, tout avait été oublié. Sirius avait annulé le sort de protection désuet. Mais l'elfe jura que, de toute sa vie, il ne rentrerait plus jamais dans cette pièce.
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Le lendemain matin, Harry et Sirius recevaient la visite de Remus Lupin au Manoir Black. Ce dernier avait réussi à échapper aux griffes de Dumbledore l'espace d'une journée et comptait bien en profiter.
- Moooooony !!!!!
- Padfoot, répondit le concerné d'une voix blasée juste avant de se faire engloutir par le tourbillon vivant qu'était Sirius Black.
Harry souri en voyant les deux Maraudeurs enlacés comme des gamins. Lorsqu'enfin Sirius relâcha sa poigne sur le lycanthrope, celui-ci se retourna avec un grand sourire vers Harry.
- Alors, Harry, comment vas-tu ?
- Comme quelqu'un qui est enfin débarrassé des Dursleys, lui répondit-il.
Sirius lui adressa un large sourire.
Ils se mirent à l'aise dans un salon – celui avec la tapisserie jaune moutarde qui sentait à présent la chair cramée à la place du vieux renfermé. Bulot leur amena du thé – de sa propre initiative – nota Harry avec amusement. Sirius raconta l'histoire de l'elfe de maison étourdi, puis ils parlèrent un moment du Manoir. Remus s'amusait de l'air blasé de Sirius, qui ne pouvait pas supporter cette bâtisse ("Tu comprends, c'est là que vivait mon horrible tante Violetta, celle qui empoisonnait les Moldus du coin en offrant des "bonbons" aux enfants…."). Lorsque Harry demanda des nouvelles de ce qui se passait au quartier général de l'Ordre du Phénix, Remus quitta son léger sourire pour grimacer légèrement.
- Je n'en ai aucune idée, soupira-t-il. Je suis encore en mission – enfin, j'étais, jusqu'à hier soir.
Remus enchaînait depuis plusieurs mois les missions à couvert dans les réseaux de loups-garous, afin de surveiller l'impact des Ténèbres sur le monde sorcier. Dans le monde souterrain, on mesurait qui exactement détenait le pouvoir. Mais Remus était plus que fatigué de ces missions périlleuses, interminables et souvent sans aucun résultats.
Remus promit de revenir deux jours plus tard. Et dès que Remus fut parti, et que Harry arriva à trouver une excuse convenable pour Sirius, le jeune Gryffondor se précipita dans sa chambre. Pour écrire une lettre.
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Cher LV,
Ton livre est plutôt intéressant. C'est peut être dû à mon cerveau lent de Gryffondor, mais j'ai quelques problèmes pour comprendre le dernier chapitre. A moins que "Son Eminence" n'aie oublié de signaler quelque chose… ? S'il était écrit en anglais, cela aiderait sûrement. C'est quoi cette écriture étrange ?
A part ça, "les autres" ne sont au courant de rien du tout. Pour tout t'avouer, je comptais leur en parler. J'ai abandonné. Si je leur répète ne serait-ce que le quart de ce dont on a parlé… Ils sont trop "Gryffondor". Alors peut être suis-je moins atteint qu'eux par le symptôme "Gryffondor" ? Simple supposition.
Et les croque-morts sont à moitié fous ? Tu veux mon avis, alors tu va l'avoir : rien d'étonnant, ce doit être dû à la façon dont ils sont dirigés. Des Doloris dès que leur boss s'échauffe un peu… La torture laisse des traces, à ce qu'il paraît. Du sang "frais" parmi eux resterait-il frais longtemps… ? Et ils ne sont pas les seuls à être fous, à en juger par ta susceptibilité : tu deviens fou de rage pour un rien. Conclusion : la faille de ton système se trouve quelque part entre tes méthodes et ta propre folie. Humble avis de Gryffondor.
HP
PS : La magie noire décrite dans ton livre est horrible.
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Potter,
Je ne sais pas quel phénomène t'a traversé l'esprit, mais tu dois très certainement devenir fou toi aussi pour écrire de telles énormités. Tu me donnes très envie d'essayer de voir quelles traces te laisserait une séance de torture.
De toute évidence, tu te fais des illusions au sujet des Mangemorts. Parle de ce que tu connais. En l'occurrence, tais-toi.
Ce livre n'est lisible que par ceux qui sont concernés. Si tu ne peux pas lire le dernier chapitre, cela veut dire que ça ne te concerne pas, tout simplement. Tu es sûrement trop bête. D'ailleurs, je suis fortement étonné que tu aie pu lire jusqu'ici.
Ton statut de Gryffondor à l'air de te préoccuper. C'est un premier pas vers la conscience, peut être ?
Lord Voldemort
PS : Toutes mes félicitations pour avoir coupé le cordon définitivement avec Dumbledore. Tu le rends complètement fou de rage.
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LV,
Comment es-tu au courant que je ne suis plus du tout en contact avec Dumbledore ?
Tu m'espionnes ou quoi ?
Ce livre est tout à fait idiot. L'écrire de façon à ce que personne ne puisse lire la fin, franchement… D'ailleurs, qui pourrait croire que cette théorie des deux "mondes parallèles" est vraie ? Ce Russe qui l'a écrit – Ruslan ou peu importe son nom – doit être mentalement dérangé.
PS : Prouve-moi que tu ne tortures pas tes Mangemorts.
HP
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Potter,
Chacun ses sources d'information. La mienne est entièrement fiable. Ce n'est pas de l'espionnage. Le Ministre de la Magie a demandé au vieux fou un entretien en privé avec toi. Quand il a refusé quatre fois de suite avec des prétextes de plus en plus faux, j'ai commencé à avoir des soupçons.
Ce livre est un véritable trésor. Tu es vraiment un idiot, Potter, pour ne pas le comprendre.
Si tu veux en parler plus longuement, et puis vérifier ta théorie sur les Mangemorts, tu n'as qu'à venir demain me rendre une visite de courtoisie. Rassure-toi, je serai tout à fait inoffensif.
Cette lettre est un Portoloin qui t'amèneras directement dans mon Manoir si tu l'actives.
Lord Voldemort.
PS : Et puis ce n'est pas des "mondes parallèles". Ce sont des dimensions énergétiques.
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LV,
Comment ça, une visite de courtoisie ? Tu veux dire, comme dans "relations pacifiques" ? Ou comme dans "prise d'otage" ? Et qu'est ce qui te fait dire que je vais accepter de venir ?
Tu as l'air très proche du Ministre de la Magie. Te rend-il lui aussi des "visites de courtoisie" ?
Au fait, le séjour de crucio-thérapie fait-il partie du forfait "visite de courtoisie" ?
HP.
PS : C'est exactement la même chose.
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HP,
Tu n'as qu'à venir le vérifier par toi-même au lieu de faire le frileux.
Ton idiotie m'agace profondément.
Lord Voldemort.
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Harry Potter, sorcier de son état, était dans une drôle de situation : il allait partir d'ici quelques minutes pour le repaire de son pire ennemi, le maléfique Seigneur des Ténèbres Lord Voldemort…
Il avait donné pour excuse à Sirius qu'il allait acheter ses livres pour la rentrée sur le Chemin de Traverse (c'était un mensonge, car il les avait achetés au début du mois d'août, mais il n'avait rien trouvé de mieux). Il avait réussi à convaincre Sirius qu'il n'avait pas besoin d'aide (cela lui avait pris pas mal de temps). Il avait choisi d'y aller avec un sortilège de Glamour pour cacher sa véritable identité (et au cas où les Mangemorts pouvaient quand même voir à travers les Glamours, il choisit d'y aller avec sa cape d'invisibilité). Son petit serpent était précautionneusement enroulé autour de son cou.
On aurait pu croire que le Survivant aurait refusé l'invitation de Voldemort, ou alors au moins qu'il aurait prévenu Sirius de sa véritable destination, au cas où. Mais voilà, Harry Potter est quelqu'un d'incroyablement téméraire (traduire par "insouciant"). Et il avait l'habitude de faire confiance facilement aux gens.
Cette fois-ci, il allait jusqu'à faire confiance au Seigneur des Ténèbres… Mais leurs précédents rapports avait quelque peu changé la donne dans l'esprit d'Harry. Il avait compris que Voldemort était vraiment sérieux quand il parlait de trêve, car il était allé au point de lui révéler des choses importantes dans la stratégie de la guerre (par exemple qu'il manipulait plus ou moins le Ministre), et même lui apprendre de la magie avancée ! Alors, Voldemort n'était certainement pas son ami, loin de là, mais il n'était plus tout à fait son ennemi…
Harry commençait tout juste à comprendre sa nouvelle position dans la guerre. Qu'il était à présent plus proche du Seigneur des Ténèbres que de l'Ordre du Phénix… Et que son parrain n'en savait toujours rien… Il se promit de tout révéler à Sirius en revenant de chez Voldemort.
Il regarda sa montre. Treize heures et vingt-cinq minutes.
Il commença à s'imaginer la réaction de Sirius quand il lui annoncerait qu'il était devenu, en quelque sorte, le "correspondant" de Lord Voldemort.
A treize heures et vingt-sept minutes, Harry se demanda ce qu'il faisait là.
A treize heures et vingt-huit minutes, il sortit sa baguette de sa poche pour la garder à la main. Au cas où.
A treize heures et vingt-neuf minutes, il compris qu'il faisait quelque chose de très dangeureux. Très bêtement dangeureux… Sarkis remua dans son cou. Il devait sûrement ressentir son agitation.
A treize heures et trente minutes exactement, il sentit une brusque attraction au niveau de son nombril et oublia, par la force des choses, tout éclair de lucidité.
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Il se trouvait dans une grande pièce richement éclairée, comme un grand hall qui suait la richesse de tous ses pores : les murs étaient ornés de fines boiseries de bois sombre, et sous de lourds tapis moelleux d'un vert bouteille un dallage de pierres massives se laissait deviner. Tout était choisi avec goût, dans la plus pure tradition sorcière : les meubles semblaient sortis d'une autre époque et les lampes qui éclairaient les murs n'étaient pas de grossières torches comme à Poudlard.
A peine ses pieds eurent-ils touché sol qu'il s'écroula sur place dans un misérable "badabom".
- Je hais les Portoloins, grommela-t-il
- Potter, quelle élégance, ricana une voix mielleuse
Harry se tourna vers le Seigneur des Ténèbres qui l'attendait de pied en cap, semblait-il. Celui-ci était, comme lors de leurs rencontres précédentes, habillé d'une robe noire élégante, ses cheveux bruns coiffés avec soin, un sourire ironique au coin des lèvres. Ses sourcils étaient légèrement froncés en ce qu'Harry interpréta une grimace de mépris.
Le Seigneur des Ténèbres l'enjoignit aussitôt de le suivre et le mena à travers ce qui sembla être au jeune Gryffondor une infinité de salles et de couloirs. Ils croisaient de temps à autre un Mangemort habillé de noir, qui marchait vite, le regard fixé sur un point, l'air décidé, comme quand on veut avoir l'air très très occupé alors qu'on ne fait rien et que l'on croise le grand et terrible Lord Voldemort. Harry n'avait jamais vu la plupart d'entre eux ou alors leurs visages lui disaient vaguement quelque chose mais il n'arrivait pas à mettre de nom sur leur visage. A chaque fois, les Mangemorts jetait un regard effaré sur le Survivant, paraissaient l'espace d'un instant prêts à dire quelque chose, mais se ravisaient et accéléraient encore le pas si c'était possible, fixant leurs pieds. Voldemort ne leur accorda pas un regard.
Ils montèrent de deux étages par un grand escalier en colimaçon. Finalement, après une nouvelle volée de couloirs interminables et de salles toujours décorées de façon plus luxueuse, après de nouveaux Mangemorts marchant comme s'ils fuyaient la peste, ils arrivèrent dans un salon un peu plus petit que les autres dans lequel Lord Voldemort l'arrêta enfin. Cela semblait être un bureau, car les murs étaient couverts de bibliothèques, il y avait un espace aménagé confortablement autour d'une grande cheminée, avec des fauteuils et une table basse et ronde, et à l'autre extrémité de la pièce, se tenait, vaillant, ce qui était le grand bureau du Seigneur des Forces Maléfiques. Il accueillait, pêle-mêle, des livres, des papiers, encore des papiers, une montagne de parchemins et un presse-papier en forme de crâne humain (mais en était-ce vraiment un ?).
- Un peu sinistre, comme ambiance, fit remarquer Harry en frissonnant, alors qu'ils prenaient place dans deux fauteuils face à face. Le froid, les crânes et tout.
Tom eut un rictus de dédain.
- Qu'imaginais-tu, Potter ? Des cochons volants et des fées partout ?!
- Je suis étonné, déclara Harry, sans relever ce que venait de dire l'autre.
- Etonné ?
- De voir que tous tes Mangemorts vivent ici.
- Tu n'as vu que quelques uns d'entre eux, Potter, fit remarquer sarcastiquement le Lord.
- Quand même, pourquoi les gardes-tu ici ? Je croyais que tu les appelais uniquement pour tes réunions
- Ceux qui restent ici ne sortent pas, pour des raisons diverses
- Sauf pour les attaques
- Sauf pour les attaques, en effet.
- Et comment se fait-il que tu loges au Manoir Malfoy ? s'étonna Harry. Je veux dire, tu n'as pas un grand domaine Slytherin, ou autre ?
- Le Château Slytherin, comme tu dis, est perdu au fin fond de l'Albanie. Je n'ai pas vraiment envie de rester à des milliers de kilomètres de la guerre. Et c'est tellement fatiguant de maintenir des liaisons pour permettre le transplanage de masse sans passer par le ministère...
- Comment ça ?
- Potter voyons, tu sais très bien que sans l'accord de tous les ministères de chaque pays, on ne peut pas transplaner sur l'international. Il faut créer des flux de transplanage, et ça demande beaucoup de magie. C'est le travail des ministères. En revanche, quand on ne veut pas être détecté et changer de pays, il faut créer un flux soi-même, tout en le rendant invisible.
- … je n'avais jamais réfléchi à ça, constata judicieusement le Gryffondor.
- Je n'en doute pas, conclut Voldemort.
Un elfe de maison vint leur apporter du thé. Il servit Voldemort et son invité en tremblant, puis disparu avant même qu'Harry ait eu le temps de dire "ouf".
Puis il prit en le temps de regarder autour de soi, inspectant la pièce. Tout était propre, cela sentait bon le cuir et le parchemin. Hermione aurait été aux anges. Mais qu'est ce qu'il faisait froid !
Lord Voldemort prit la parole, le coupant dans sa contemplation.
- Alors, Potter, il me semble que certaines choses aient changé. Entre nous, précisa-t-il devant l'air interdit du jeune Gryffondor.
- Ah… Oui, c'est vrai.
Pas très intelligent, comme réponse, mais qu'aurait-il pu dire d'autre ?
- … enfin, passons les détails, poursuivit le Serpentard après un laps de temps. Mais il me semble que tu aies changé…
- … je croyais qu'on en était déjà arrivé là lors de nos petites soirées au Chaudron Baveur ?
- … je ne sais pas vraiment comment l'interpréter, continua, imperturbable, le Lord Noir. Es-tu vraiment Harry Potter ? Où es-tu allé passé ces derniers mois ? … Tu n'es presque plus ce petit Golden Boy ignorant. Alors je me demande si tu ne me caches pas quelque chose…
Lord Voldemort le regardait, plein d'expectation, par-dessus sa tasse fumante. Harry avait bien envie de rire mais il ne pensait pas que le Lord Noir le prendrait bien s'il se mettait à lui éclater de rire à la figure.
- Désolé de te décevoir, mais c'est bel et bien moi. Mais toi, alors, que s'est-il passé pour que tu ressembles à un être humain ? Je veux dire…
Lord Voldemort eut un demi-sourire – presque sincère, semblait-il. Il allait ouvrir la bouche quand soudain, Harry sentit quelque chose remuer autour de son cou.
:Bonjour Voldie !: siffla Sarkis.
- Encore ce serpent de malheur, ronchonna Voldemort.
:Ravi de voir que tu vas bien: continua le petit reptile. :Et que tu es toujours aussi agréable:
Harry regarda son serpent avec étonnement. Que lui arrivait-il ?
:Fais attention à ce que tu dis, bestiole inutile, je pourrais bien t'arracher la tête malencontreusement…: le menaça le Seigneur des Ténèbres.
:… Mais tu n'en feras rien, nous le savons que trop bien…: souligna, ironique, le petit inconscient.
Harry choisit d'intervenir avant qu'il n'y ai de meurtre.
- Bon, Tom, Voldemort, ou peu importe comment je dois t'appeler, je suis venu ici pour quelque chose, quand même. Alors, explique-moi, comment es-tu au courant de tout ce que fait le Ministre ?
Lord Voldemort attendit que Sarkis se cache de nouveau dans le col d'Harry avant de lui répondre.
- C'est un Mangemort, bien sûr.
- Un Mangemort ?!
- J'ai des espions partout.
- Rien que ça.
- Tu veux dire, des vrais espions, ou des comme Snape qui changent sans arrêt de camp ?
- Potter, Snape est mon serviteur. Fourre-toi ça dans ton petit crâne.
Harry grimaça. Décidément, il n'en revenait pas.
- Voldemort. (Il fit une pause, prenant le temps d'avaler son thé.) Tu sais que Dumbledore lui fait vraiment confiance ? N'est-ce pas ?
- C'était le but de la manœuvre, en effet, souri le Lord Noir.
- Et en plus, tu as le contrôle du Ministère.
Harry commençait à se rendre compte à quel point Voldemort gagnait déjà la guerre.
- Il me manque seulement Poudlard, en effet, lui répondit Voldemort.
Harry contempla les flammes de la cheminée, songeur. Il savait que l'Ordre du Phénix était mal en point, mais là, Dumbledore était en fait le seul pion de la Lumière sur l'échiquier de la guerre. Mais le vieux homme n'avait pas tant d'hommes que cela. Et il devenait vieux, avec son siècle et demi. Voldemort allait prendre Poudlard un jour ou l'autre. Avec la perte de l'influence de Dumbledore, le monde basculerait bientôt sous la coupe des Ténèbres. Et Harry ne parvenait pas à savoir si c'était une bonne chose ou non…
- Alors, Potter, quelle excuse minable as-tu donnée à ton cabot de parrain ? Ou l'as-tu mis au courant ? J'espère au moins que c'est crédible.
- Bien sûr que oui, c'est crédible, idiot de mage noir. Et je vais lui dire quand je rentrerai.
- Vraiment ? Tu vas lui dire, à lui qui est un pur Gryffondor ?
- Sirius est quelqu'un de bien, se justifia Harry.
- Justement, c'est ce que je disais. Tu devrais être plus discret avec lui.
Harry leva les yeux au ciel. Comme si le Seigneur des Ténèbres pouvait lui donner des leçons de discrétion !
Un ange passa.
- Qu'est ce que c'est calme, ici, remarqua Harry. Tes Mangemorts sont vraiment discrets, et ça ça m'étonne !
Voldemort lui jeta un regard noir.
- Bon, Potter, je croyais que tu voulais en apprendre plus sur l'Ancienne Magie.
- Je t'écoute.
Et il écouta Voldemort lui parler de théorie pendant plus d'une heure. Parfois, il posait une question (que le Seigneur des Ténèbres jugerait forcément idiote). Mais la plupart du temps, il se contentait de siroter de nouvelles tasses de thé (l'elfe était de plus en plus relaxé, au fur et à mesure qu'il revenait les servir), ou encore de hocher la tête. Enfin, Voldemort lui tendit un nouveau livre, qui était censé être un manuel scolaire, mais qui avait dû être utilisé trois siècles plus tôt car il était écrit en vieil anglais. Harry souffla dessus pour enlever de la poussière imaginaire, ce qui exaspéra le pauvre professeur.
- Ecoute, Potter, j'ai beaucoup d'autres choses à faire, alors si tu restes ici pour faire des âneries, je crois que je ferais tout aussi bien de te congédier…
- Attends ! Juste un truc… C'est quoi cette histoire de mondes parallèles ?
- Ce ne sont pas des mondes parallèles ! Ce sont des dimensions énergétiques.
- Et en langage courant, ça donne ?
Après avoir encore grommelé quelques trucs sans importance, Voldemort se lança dans une longe tirade où il expliqua qu'une dimension énergétique, ce n'était pas un monde parallèle, mais une existence différente dans le monde. Harry ne comprenait franchement pas la différence, et Voldemort ne cessait de répéter qu'elle était pourtant là, idiot de Gryffondor. Au final, Harry se leva, énervé par cet homme dénué de toute patience.
- Donc, là, c'est le moment où tu pars, constata Voldemort. Tu préfères peut être que je te donne un Portoloin, ou tu rentres à pied ?
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Ils traversèrent le Manoir en sens inverse. Cette fois-ci, Harry croisa quelqu'un qu'il connaissait.
- Potter, cracha Lucius Malfoy.
- Lucius, répondit froidement Voldemort.
- Puis-je me permettre de vous demander le pourquoi de sa présence dans mon Manoir ? s'enquit Lucius, d'un ton très poli.
- Non, Lucius, répondit son Maître sur le même ton. Dolo
Finalement, Voldemort s'interrompit en pleine incantation et poursuivit sa route, visiblement excédé.
- Malfoy, je ne suis là que pour parler affaires, répondit Harry.
- Affaires ! s'exclama Voldemort au loin, ironique.
- Je ne vais pas vous importuner plus longtemps, j'étais sur le point de partir, annonça Harry, tout en souriant brièvement au Seigneur des Ténèbres. Cependant, je voulais juste vous dire…
- …
Le regard de Lucius Malfoy faisait le va et vient entre son Maître et le jeune Potter. Ils semblaient tous les deux étrangement complices. Il y avait un drôle de mystère.
- … J'aime beaucoup votre demeure, termina Harry. Un peu lugubre, mais ça donne un peu plus de cachet…
Lucius Malfoy le regardait étrangement. On sentait le dilemme de l'aristocrate entre sa stupéfaction profonde et la nécessité de garder un visage neutre. Ce qui donnait au final une drôle d'expression à mi-chemin entre celle d'un homme victime de nausées et celle d'un moine priant.
- Potter, tu feras du léchage de bottes plus tard, l'invectiva Voldemort.
- J'arrive, j'arrive, chantonnant Harry en le rejoignant.
Voldemort ricana.
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Note : Pauvre Lucius ! :)
