DANS L'ATTENTE DU SOUVENIR

Auteur : Elehyn

Disclaimer : Les romans Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling.

NdA : Petit éclaircissement : le titre de ce chapitre fait aussi bien référence au lieu où vont se trouver Harry et Severus qu'à l'amnésie dont souffre Harry car, pour lui, beaucoup de choses sont des 'Domaines inconnus'.

Je n'ai pas relu le chapitre donc je présume qu'il y a des fautes. N'y prêter pas attention s'il vous plaît. J'ai horreur d'en faire mais quand on tape, on ne les voit pas forcément et j'avoue avoir vraiment beaucoup de flemme concernant la relecture.

Ca fait longtemps que je n'ai pas mis à jour cette histoire. Il a fallu que je la relise entièrement pour écrire ce chapitre avec cohérence. Je vais faire la même chose pour mes autres fics en cours afin de les terminer même si je ne peux pas vous dire le temps que je mettrais entre deux updates. Je ferai de mon mieux même si je manque de temps.

Je suis en vacances pour une semaine mais je ne sais pas si je serais en mesure de beaucoup écrire et si j'y arrive, ça sera pour updater un autre chapitre de « C'était écrit ».

En espérant que vous aimerez ce chapitre, je vous fais de gros bisous.


DANS L'ATTENTE DU SOUVENIR

Chapitre 7 : Domaines inconnus

Harry passait ses journées à la construction de la maison et il commençait à apercevoir les fruits de ses efforts. Certes, il revenait toujours exténué le soir mais il été fier du résultat et avait hâte de le montrer à Severus.

Ce dernier avait également beaucoup de travail. A Poudlard, c'était la saison des examens et le professeur donnait un surcroît de travail à ses élèves afin qu'ils soient prêts à aborder et réussir n'importe quel sujet. Ils ne se voyaient donc que brièvement en début de matinée où ils n'avaient le temps que de se souhaiter une bonne journée, et en soirée où ils en profitait pour discuter, aider Harry à retrouver la mémoire ou simplement rester de longues heures dans les bras l'un de l'autre.

Cela faisait maintenant un peu plus d'un mois que Harry était rentré de l'hôpital avec son mari et seuls, quelques autres souvenirs avaient refait surface dans son esprit. Il avait passé les examens cérébraux qui lui avaient été prescrits et qui n'avaient révélé aucune séquelle de son accident.

Le médico-mage qu'il avait vu concernant son amnésie lui avait indiqué qu'il ne devait pas s'inquiéter outre mesure et qu'avec les progrès qu'il avait faits en retrouvant quelques souvenirs, les autres reviendraient certainement en totalité avant que l'année civile ne soit terminée.

Lorsqu'il avait rapporté la nouvelle à Severus, celui-ci n'avait pas eu de réaction particulière mais s'était excusé peu après, prétextant une migraine. Harry ne l'avait pas revu de la journée.

« Et voilà ! » dit-il en fixant par magie les derniers clous sur la toiture. Un sourire satisfait s'était épanoui sur ses lèvres et il contempla un bref instant l'avancée des travaux.

La maison ressemblait à celle dans laquelle Severus et lui avaient habité avant leur divorce mais le jeune homme amnésique n'en était pas conscient. Elle était certes un peu plus grande mais conservait les aspects généraux de leur premier foyer.

Une fois les outils rangés et le charme protégeant la maison installé, Harry transplana à Pré-au-lard. Il passa par Honeydukes avant de rentrer au collège afin d'acheter les confiseries dont raffolaient son mari et lui-même.

Arrivé dans leurs quartiers, au sein des cachots, Harry fut ravi de voir que Severus était à moitié allongé sur le canapé, un épais livre à la main.

Lorsqu'il vit son ex-époux, le maître des potions sourit, glissa son marque page dans l'ouvrage qu'il posa sur la petite table, annexe au sofa.

« Bonsoir ! » lança le jeune sorcier, en se laissant tomber à côté de son compagnon avant de se pencher pour baiser brièvement ses lèvres. « Tu as déjà dîné ? » demanda-t-il en avisant qu'il était 21h30.

« Non, je t'attendais ! » répondit-il en se penchant à son tour pour presser de nouveau ses lèvres sur celles de Harry.

Harry entrouvrit la bouche et Severus en profita pour approfondir leur baiser.

Lorsqu'ils se séparèrent, ils n'étaient ni haletants, ni excités mais tout simplement heureux, en paix.

Depuis un mois, leur relation n'avait pas changé : ils dormaient tous les soirs l'un à côté de l'autre, s'embrassaient mais cela n'allait jamais plus loin – Harry n'étant pas encore prêt.

Intérieurement, Severus se persuadait qu'il en était satisfait et qu'il n'était pas impatient que son ex-mari veuille pousser les choses plus loin, comme il ne pourrait alors que le repousser avec dégoût.

Ils dînèrent en se racontant ce qu'ils avaient fait de leur journée, tout en étant ravi d'avoir un jour de repos le lendemain.

« Le dernier examen pour les cinquième année se passera mardi et pour les septième année, ce sera jeudi » expliqua Severus, après avoir avalé une bouchée de salade. « Ce soir, j'ai terminé de corriger les dernières copies donc je suis tranquille à présent ! Je vais leur rendre leurs copies avant les examens mais maintenant, c'est à eux de prouver que ce que j'ai tenté de leur apprendre aux cours de ces années n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd… ce dont je ne suis absolument pas certain compte tenu de leurs médiocres résultats. »

Harry sourit intérieurement. Il avait appris au cours de ce mois passé avec son compagnon, que Severus était très exigeant – aussi bien avec ses élèves qu'avec lui-même. En y réfléchissant bien, il l'était beaucoup moins avec Harry pour qui il paraissait ne pas se rendre compte des phrases naïves qu'il proférait parfois ou des petites bêtises involontaires qu'il faisait parfois.

« En ce qui me concerne » commença le jeune sorcier, en posant sa fourchette pour prendre sa petite cuillère en vue de savourer la mousse au chocolat-orange qui était leur dessert. « J'ai fini la toiture ce soir. Il me reste encore à recouvrir les murs, faire l'isolation, poser les fenêtres, installer toute la plomberie et les meubles fixes, à poser le carrelage et le parquet et faire d'autres menus travaux avant de pouvoir passer à la décoration. J'espère que tu vas bientôt passer me voir comme tu auras fini ton année scolaire la semaine prochaine. »

Harry regardait Severus avec un espoir non dissimulé et il vit l'homme lui sourire avant d'acquiescer sans hésitation, avec un amour évident dans les yeux.

« Je viendrais vendredi prochain, après la réunion de fin d'année avec Dumbledore et les autres professeurs ! » promit-il. « Tu as prévu de faire quelque chose demain ? »

« Me lever tard, voir mes amis à partir de 10h puis revenir déjeuner avec toi et passer l'après-midi et la soirée avec mon mari. Et toi ? »

« Me lever tard, finir de lire mon livre, voir Poppy pour le stock de potions de l'école mais ça ne devrait pas être long. Déjeuner avec toi et passer l'après-midi et la soirée avec mon mari. »

Les deux hommes sourirent, ravis de leur beau programme.

OOOoooOOOoooOOO

Le lendemain, Severus finissait de mettre la table lorsque Harry déboula dans ses quartiers, confus.

« Sev ! » l'appela-t-il en entrant comme une trombe dans le salon.

L'interpellé leva la tête, une interrogation dans les yeux.

« Combien a-t-on de maison exactement ? »

Le maître des potions fronça les sourcils et son mari expliqua.

« Je viens de voir Ron, Hermione, Remus et l'homme qui disait être mon majordome la dernière fois que je l'ai vu. Tu te souviens… Henry ! »

Intérieurement inquiet, Severus acquiesça d'un mouvement de tête, attendant la suite.

« On m'avait dit qu'il perdait la tête mais, peut-être a-t-il la mémoire défaillante mais il se souvient de certaines choses qui sont réelles. »

Snape était de plus en plus inquiet. Il croisa les bras sur sa poitrine et attendit encore, se demandant ce que Henry avait bien pu avouer à Harry.

« Il a mentionné la maison qui m'appartient et où il travaillait. Quand il a dit ça, il y a eu un lourd silence, tu aurais vu ça ! On aurait presque pu toucher la tension tant elle était palpable ! Hermione a pris la parole m'expliquant qu'il y avait bien une maison à mon nom, que je l'avais achetée avant que nous soyons ensemble, en prévision de mon départ de Poudlard… pour que je puisse avoir un pied-à-terre quelque part… mais, apparemment, je n'aurais pas habité longtemps là-bas comme nous avons emménagé ensemble assez rapidement, c'est bien cela ? »

L'enseignant hésita avant de répondre mais pensa qu'il était plus judicieux d'abonder dans le sens de Miss Granger que de donner une autre explication mensongère.

« En fait, tu as bel et bien acheté une maison avant de partir du collège. Tu y as habité quelques mois avant que nous nous installions dans une autre maison qui était plus adaptée à notre vie à deux. Par exemple, dans notre maison, il y avait un laboratoire pour moi qui me permettait de préparer mes potions » dit-il en maintenant au moins une vérité et en espérant que la maison qu'avait achetée Harry après avoir quitté son mari – et dont ils étaient en train de parler - n'en avait pas. « Tu n'as tout de même pas voulu vendre ta première maison car, comme tu venais de l'acheter, tu aurais dû la vendre à perte étant donné qu'il faut revendre au moins cinq ans après achat une maison si tu veux la revendre à un bon prix. De plus, elle se trouve dans une autre région que celle que nous avons acheté ensuite » ajouta-t-il en sachant qu'il avait raison comme il se rappelait que Dumbledore lui avait dit que Harry avait emménagé à côté des Weasley. « Comme tu le sais, j'ai voulu vendre notre première maison car un événement marquant pour moi s'était déroulé à l'intérieur et que je ne voulais plus y vivre. »

Severus vit Harry acquiescé et vit aussi que, même si son ex-époux s'efforçait de ne pas demander la raison, il était assuré qu'il ne poserait pas de question sur le sujet tant que Snape ne lui aurait pas autoriser à le faire… ce qui n'adviendrait jamais. Harry saurait suffisamment tôt pourquoi il avait vendu leur première maison, celle où ils avaient vécu deux ans de bonheur avant que Harry ne le quitte, lui déchirant le cœur.

« J'ai acheté une nouvelle maison qui a brûlé comme tu le sais et c'est sur ce même terrain que tu es en train de bâtir notre nouveau foyer donc, hormis celle que tu fabriques et celle qui t'appartient, nous n'avons aucune autre. »

Harry hocha la tête de compréhension.

« Tu viens à table ? » suggéra Severus. « Parce que c'est prêt et j'ai peur que ça refroidisse si nous tardons encore ! »

Harry s'installa. Pour une fois depuis longtemps, ils avaient enfin un après-midi pour eux. A cette pensée, une idée traversa l'esprit de l'ex-Gryffondor.

« Et si nous allions passer la journée dans mon ancienne maison ? »

Cette idée le ravissait tellement qu'il ne vit pas l'éclair sombre qui traversa le regard de son mari, ni son visage se renfrogner.

« Ca nous permettrait de voir autre chose, de décompresser ailleurs, de se couper un peu du quotidien… et puis, peut-être que des éléments familiers là-bas me permettront de retrouver la mémoire ! »

« Non ! »

A peine Harry avait-il fini de s'exclamer joyeusement que Severus lâchait sa réponse péremptoire.

« Mais… pourquoi ? » interrogea Harry, confus, dont la déception était apparente.

En avisant ce regard vert, limpide et innocent, Severus se résigna à attendre sa propre douleur. Il savait que la maison qui avait été celle de Harry pendant l'année suivant son divorce pouvait faire ressurgir les souvenirs manquants dans l'esprit de Harry et que si celui-ci les retrouvait, il le quitterait de nouveau, plus haineux que jamais à son égard.

Les mains tremblantes et se traitant d'imbécile, il sourit avec une bonne humeur feinte. « Oui, excuse-moi ! Si j'ai refusé, c'est parce que j'avais peur que tu ne te pousses trop toi-même à te remémorer mais tu as totalement raison, nous pouvons aller passer le week-end là-bas, ça nous changera les esprits et peut-être que ça sera bénéfique pour toi en fin de compte. »

'Et je serais peut-être sous peu débarrassé de toi !' se dit-il dans un ton mauvais, rempli d'une jubilation qu'il était loin de réellement ressentir.

OOOoooOOOoooOOO

Lorsqu'ils arrivèrent devant la maison, Severus contempla la grande demeure qu'il n'avait jamais vu, réfléchissant à toute vitesse.

Heureusement que l'explication que lui avait fournie Miss Granger lui permettrait de dire qu'il ne connaissait pas beaucoup cette résidence car il n'aurait jamais pu faire croire à son ex-mari qu'il savait où était située l'emplacement de chaque pièce ou les éléments que composaient la cuisine.

Snape contempla le lieu avec avidité. C'était une place qui lui avait été interdite. Où Harry – le Harry qui ne voulait plus le voir – ne l'avait jamais accueilli et ne voulait même plus être en présence ne serait-ce que de son ombre. Il jubilait donc de se trouver là, de marcher sur la terre qu'avait foulée le jeune divorcé, de toucher les pierres et les colonnes de marbre dont été constituées l'entrée.

C'était une maison atypique pour le coin, grand sans l'être démesurément, un mélange paradoxal de simplicité et de sophistication, d'antique et de moderne qui ne desservait en rien la propriété, au contraire.

« Wouah ! » s'esclaffa Harry, les yeux perdus parmi les multiples merveilles de sa maison. « Je comprends bien maintenant pourquoi je n'ai pas voulu vendre cette maison ! »

'Et moi je comprends pourquoi tu l'as acheté !' se dit Severus en admirant les lignes épurées de la belle bâtisse aux teintes claires.

« Viens ! » s'écria Harry en riant, après avoir attrapé la main de son mari pour l'entraîner avec la vivacité passionnée qui caractérisait le jeune homme.

L'intérieur était aussi beau que l'extérieur. Là encore, c'était un savant mélange d'ancien et de moderne, de luxueux ou de sommaire, de grand et d'intime.

On retrouvait là le bon goût de Harry en matière de décoration.

Ils déposèrent leur bagage et entreprirent aussitôt de faire le tour du propriétaire.

Le cœur battant, Severus découvrait le lieu qui avait abrité Harry après leur divorce. Sans en avoir conscience et contrairement à ce qui était coutumier chez lui, il touchait à tout, laissant sa marque, son odeur, ses empreintes, comme pour s'approprier les lieux… ou laisser les traces indélébiles pour lui de son passage dans ce fort défendu, une fois que Harry l'aurait à nouveau chasser de sa vie.

« Et là, c'est notre chambre, regarde ! »

Le cœur de Severus se broya en entendant ce « nous » qui n'existait pas en ces lieux.

La chambre était de bonnes mesures, dans les tons crème avec des poutres en bois vernies dans une chaude couleur brune plus foncée. Un large lit à deux places trônait au milieu de la pièce, côté tête contre un mur. De larges fenêtres – dont une était ronde -, sur deux pans de mur, assuraient une luminosité diffuse et abondante. Les meubles en bois, d'un ton brun un peu plus léger que les poutres étaient soient incrustés dans le mur (pour les armoires), soit savamment posés pour laisser la place de passer tout en ayant un espace libre au centre de la pièce. Une petite plante verte était disposée à un coin de la pièce.

La pièce était belle mais Severus remarqua qu'il n'y avait aucune photo… tout comme toutes les autres pièces qu'ils avaient visitées jusqu'à présent.

Harry touchait à tout lui aussi mais dans un tout autre but que celui de Severus : il voulait se rappeler.

Sans pouvoir s'en empêcher, Snape s'assit sur le lit, caressant les draps puis l'oreiller. Il savait que celui-ci étant à Harry car le jeune homme dormait toujours du même côté dans un lit.

Ce lit avait-t-il connu une autre personne que l'Elu ? se demanda-t-il brusquement en se relevant. Cette pensée le mettait tellement au supplice qu'il la chassa au plus tôt sous peine de se remplir de rage.

Harry faisait glisser ses mains sur les ouvrages qui composaient sa petite bibliothèque mais pas un seul souvenir revenait à son esprit. Il soupira, déçu.

« Ca ne sert à rien d'essayer de me rappeler, pour le moment parce que rien ne me vient ! » dit-il à son mari qui se tenait debout non loin de lui.

« Ne te force pas surtout, ça serait pire ! » le prévint Severus.

Harry acquiesça et lui reprit la main. « Viens ! On retourne aux cuisines ! Je vais voir si on peut trouver quelque chose à grignoter, j'ai faim ! »

OOOoooOOO

Harry s'attendait à ne rien trouver dans les placards destinés au rangement des denrées mais fut étonné de voir que ceux-ci étaient pleins.

« Tu as vu, il y a tout ce qu'il nous faut ! »

« C'est peut-être Henry… peut-être pense-t-il vraiment qu'il est ton majordome et que personne ne veut le détromper… après tout, il ne fait de mal à personne… »

« Peut-être, oui… » répondit Harry en sortant des aliments. « En tout cas, il doit venir régulièrement parce que je viens de trouver un pain de mie qui vient d'être fait, suivant la date de fabrication ! »

« Harry ! » appela Severus en se postant derrière le jeune homme et en étreignant ses deux bras de ses paumes. En laissant glisser ses mains le long des bras de son compagnon, Snape posa ses lèvres sur la nuque de son mari qui fut surpris de ce brusque revirement de situation. Il se laissa faire, pourtant, fermant les yeux lorsque les dents du professeur se mirent à mordiller sa jugulaire. Il soupira de contentement lorsque la langue chaude de son époux caressa son cou tandis que ses mains arpentaient sensuellement son torse. « Harry ! »

Harry pivota brutalement sur lui-même et captura avec passion les lèvres de son ancien enseignant. Ils s'embrassèrent à en perdre haleine, Severus pressant ses mains contre les fesses fermes de son ex-mari.

« Harry, j'ai envie de toi ! »

Ces mots, soupirés d'une voix rauque au désir contenu, furent la douche froide pour le jeune homme qui repoussa rapidement son ardent partenaire.

« Non ! » balbutia-t-il avec fébrilité. « Je ne suis pas encore prêt ! Je suis désolé Severus ! Tellement désolé ! »

Harry était rouge et, honteux, n'osait levé les yeux vers son mari.

Snape fut aussitôt pris de remords. Il avait autant envie du corps de son ancien élève maintenant que jadis mais ce qui exacerbait son désir était le fait qu'il se trouvait là où il n'aurait pas dû être et marqué Harry de son corps et de sa passion en ce lieu symbolique signifiait, pour Severus, une confirmation mêlée de vengeance. Cela lui confirmerait sa possession sur la personne de Harry et lorsque le jeune homme l'aurait jeté dehors, Severus pourrait lui targuer qu'il avait bien profité de son corps.

Bien sûr, en son fort intérieur, Severus avait en partie honte de cette pensée immorale mais il avait été tellement blessé par le départ injustifié de Harry du foyer conjugal et de son abandon qu'il voulait lui faire regretter de lui avoir, un jour, fait tant de mal.

« C'est moi qui suis désolé, Harry. Je n'aurais jamais dû aller si loin ; tu n'as pas à t'excuser. »

« Mais je sais que je suis ton mari, que c'est moi qui suis amnésique – pas toi – et que tu as des envies et des besoins… »

« Ne viens pas me sortir de telles fadaises, Harry ! » répliqua Snape d'un ton un peu dur. « Une personne qui force une autre personne – physiquement ou mentalement – à avoir des rapports sexuelles sous couvert de n'importe quelle excuse simpliste n'en vaut pas la peine ! Je ne veux pas que tu t'excuses pour ton comportement mais plutôt que tu me pardonnes pour le mien. Je souhaite juste que tu me tiennes au courant le jour où tu voudras que notre relation redevienne charnelle. Je ne te cache pas que j'y aspire plus qu'ardemment mais je ne veux pas plus que tu te forces à venir vers moi pour cela en étant pas prêt que tu te forces à te rappeler tes souvenirs. Chaque chose en son temps, mon amour ! »

Harry acquiesça, visiblement encore gêné mais soulagé. Severus lui prit alors le pain de mie des mains et proposa « Un sandwich ? »

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Ils passèrent la soirée à fouiner dans la maison, cherchant tout et rien et se couchèrent tard dans le grand lit de la chambre de Harry.

Le sommeil du jeune homme fut fortement perturbé par le rire sardonique et démoniaque qu'il associait à celui de Draco Malfoy mais, pour une raison obscure, il savait que ce n'était pas celui du jeune homme. Ce rire le faisait frissonner de mal-être, le maintenait tendu comme une corde d'arc, lui glaçait le sang et lui transperçait cœur et entrailles.

Il se réveilla en sursaut, ruisselant de sueur, le prénom de Severus sur les lèvres.

D'un geste vif de la tête, il regarda son époux à son côté et vit que celui-ci dormait d'un sommeil paisible. Il se rallongea, l'esprit bouillonnant et fut incapable de se rendormir. Il se leva donc tôt et alla préparer le petit déjeuner et le déjeuner. Il avait décidé d'emmener son époux en pique-nique.

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La journée passa très rapidement. Le matin, ils avaient petit-déjeuner en discutant avec animation d'intérêts communs. Harry avait beaucoup appris sur lui-même en découvrant les objets de la maison, ses livres, ses documents et les publicités et catalogues qu'il avait gardé. Il en avait parlé avec Severus qui lui avait raconté quelques anecdotes sur leur passé : ce qu'ils avaient fait, où ils étaient allés…

Ensuite, dans la matinée, ils avaient redécouvert avec davantage d'approfondissement les pièces de la maison et ce qu'elle contenait. Il ne leur restait que quelques pièces à voir (ou analyser, comme disait Harry) dont le grenier qu'ils n'avaient fait que survoler la veille.

Ils étaient sortis et avaient marcher aux alentours du domaine, puis étaient revenus pour prendre un balai comme le terrain était trop important pour le couvrir à pied. Harry avait donc volé bien au dessus des arbres avec son éclair de feu, Severus sur le balai, derrière lui.

L'homme lui avait avoué ne pas savoir se débrouiller avec virtuosité dur un balai alors son mari lui avait proposé de n'en prendre qu'un. Aux dires des autres, il savait qu'il était doué sur un balai mais avait vraiment pu le constater lorsqu'il était monté sur le manche en bois sur lequel il s'était senti totalement à l'aise, en harmonie avec ce qui l'entourait : en quelque sorte dans son élément.

Ils avaient pique-niqué sur une étendue de verdure et de fleurs et s'étaient reposés dans la chaleur du début d'après-midi.

Ils avaient rejoint la maison à l'heure du dîner, ayant profité de cette journée clémente.

Harry avait ri lorsque Severus s'était extasié toutes les trente secondes sur les ingrédients pour potions qu'il voyait au gré de leur promenade et leur panier, qui avait été plein de victuailles le midi, était maintenant rempli d'herbes, champignons, feuilles, fleurs, branches ou écorces.

Après s'être occupé de la bonne conservation de ses trouvailles, Severus retrouva Harry qui avait préparé le dîner. Ils s'attablèrent et mangèrent en discutant de cette journée qui avait représenté pour eux un moment hors du temps.

Après avoir lancé le charme qui nettoyait la vaisselle, Harry proposa à Severus d'aller investiguer les dernières pièces de la maison.

« Tu peux commencer à t'occuper du grenier pendant que je finis les pièces du bas, s'il te plaît Severus ! Je te rejoindrai ensuite, ça ira plus vite ! »

Et c'est ainsi que Snape se retrouva à ouvrir placards et malles se trouvant dans le grenier. Celui-ci était propre. On voyait très bien que Henry et certainement Harry s'occupaient correctement de la maison, du haut en bas.

Comme l'avait deviné Severus, la maison n'était pas dotée d'un laboratoire. Il se demandait si Harry ne l'avait pas choisi également pour ce motif. Peut-être devenait-il paranoïaque : Harry avait peut-être acheté cette maison, après leur divorce, uniquement parce qu'elle était à son goût et qu'elle ait ou non un laboratoire n'avait pas influencé son choix…

« Je me donne peut-être trop d'importance » se dit-il à haute voix. « Harry se contrefichait déjà pas mal de moi à cette époque sinon, il ne m'aurait pas quitté ! »

Severus ne trouva pas d'éléments particuliers dans le grenier et il doutait que le moindre de ces objets aident le jeune homme à se souvenir de quoi que ce soit. Il ne lui restait qu'une malle à ouvrir et ce serait tout.

« Alohomora ! » dit-il en pointant sa baguette sur la malle.

Une seconde après avoir déclaré l'incantation, il se retrouvait propulsé contre un mur.

Etourdi, Severus haletait – totalement déconcerté. Heureusement qu'un matelas s'était tenu à l'endroit même où il avait été projeté sinon il se serait fait très mal.

S'approchant de nouveau de la malle, le regard méfiant, il se lança un sort de protection avant de tenter de l'ouvrir encore une fois à l'aide de plusieurs sortilèges.

Au bout de dix minutes, il continuait toujours de lancer des sorts sans que le verrou ne bouge.

Intérieurement, il pestait mais se demandait aussi ce qu'il pouvait bien y avoir dans cette malle pour que le système de fermeture ne lui permette pas l'accès à l'aide d'un sort de base.

« C'est certainement plus intéressant que les autres objets que j'ai trouvés ici ! »

Il lui fallu encore cinq minutes avant de réussir à faire sauter le cadenas. A bout de patience, il grogna, arrêta toute magie et se rua sur le verrou d'un geste de colère. Vengeur, il tira dessus et… le cadenas céda. C'était…

C'était…

… Tout simplement ingénieux !

Les seules personnes pouvant entrer dans cette demeure étaient des sorciers et il n'y avait que peu de sorciers qui auraient pensé ou eu la volonté d'ouvrir une malle à la manière des moldus. Un sorcier était bien trop habitué à l'usage de la baguette (ou, certains étaient bien trop arrogants pour s'abaisser à utiliser leurs mains) pour ne pas en avoir recours.

« C'est simple mais si brillant ! » s'exclama Severus en ouvrant la malle avec curiosité.

Ce qu'il découvrit le fit se figer et il tomba à genoux.

Sa respiration se bloqua dans sa gorge et ses yeux se mirent à le piquer. Il haletait maintenant aussi fort que lorsqu'il venait de se faire projeter contre le mur par le souffle magique de son propre sortilège.

Sa lèvre inférieure trembla et il gémit de douleur.

Les larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu'il ne puisse rien faire pour les endiguer.

Son poing droit se serra et alla se plaquer fortement contre sa poitrine, au niveau de son cœur qui lui faisait atrocement mal.

Son autre main alla prendre le premier objet qui se trouvait parmi cet amas de souvenirs douloureux.

Ses doigts tremblants caressèrent le cadre poli et argenté qui entourait une photo. Severus la prit en gémissant encore et regarda les deux individus qui, souriant de bonheur, venaient de se marier. Il caressa les contours du visage heureux de Harry avant d'agripper le cadre des deux mains et de venir le serrer contre son cœur.

Ses yeux embués se fixèrent sur le costume de marié qu'avait porté Harry et qui se trouvait tout à l'heure sous la photo de leur mariage.

L'homme déposa la photo avec soin sur le parquet et attrapa le costume dans lequel il enfouit son visage en respirant le léger parfum de son mari qui subsistait encore au sein des fibres du tissu.

Il lissa avec douceur les pans de la veste noire et la maintint sur ses genoux afin de la garder à proximité tout en pouvant découvrir ce que cachait encore cette vieille malle.

Une pile de photo en noire et blanc ou en couleur se trouvait dessous – souvenirs d'une vie à deux.

Les yeux de jais, avides, ne perdaient rien de ce qu'ils voyaient, notant tout ce que Harry avait gardé de leur histoire.

'Mais je ne comprends pas' se dit-il brusquement. 'Dans sa lettre, il me disait qu'il allait détruire tout ce qu'il avait emmené et qui nous montrait ensemble. Il disait qu'il ne resterait plus aucune preuve de notre mariage alors pourquoi a-t-il gardé tout ça ! Alors que c'est lui qui m'a quitté !'

En proie à une intense confusion, c'est à peine s'il eu le temps d'entendre des pas monter les escaliers. Il se lança un sort pour camoufler les traces de sa douleur, se força à relâcher la tension de son corps et accueilli Harry comme il le put. Il tenta un sourire qui disparu aussitôt et demeura silencieux, n'ayant pas encore confiance en le timbre que prendrait sa voix.

« Alors, tu as trouvé quelque chose ? » lui demanda Harry, inconscient du tumulte qu'avait vécu ici son ex-mari. « Parce que moi, je n'ai rien trouvé de palpitant ! »

Le jeune homme s'agenouilla à côté de son mari, poussant du mollet le cadre où était glissé la photo de leur mariage et, en entendant le bruit du métal contre le parquet, Harry le saisit et le retourna. Il se figea brièvement avant de laisser éclater sa joie.

« Tu as retrouvé notre photo de mariage ! »

Puis, il aperçut la malle ouverte et sa tête lui tourna.

Il se revit, le visage sombre et douloureux, agenouillé comme aujourd'hui devant cette même malle. Le ciel n'était pas aussi lumineux que celui d'aujourd'hui et l'on pouvait entendre la pluie frapper les carreaux et la foudre claquer contre la terre.

Son visage aux traits tordus étaient ravagés. Il ne savait pas pourquoi et il n'en apprit pas la cause comme sa réminiscence prit fin.

Il prononça alors à voix haute ce qu'il venait de constater.

« J'ai pleuré lorsque j'ai mis cette photo dans cette malle ! »

A suivre…