Coucou tous le monde ! Aujourd'hui je suis à la bourre et je n'ai malheureusement pas le temps de répondre à vos rewiews mais un grand MERCI à toutes ! Voici donc le chapitre 7. BONNE LECTURE.
Chapitre 7 :
Il n'y eut pas même une alarme, juste le bruit du déclenchement en cascade des sprinklers, qui pulvérisèrent instantanément vers le sol et les invités de grands parapluie d'eau tiède.
Partout dans l'atelier, ce fut la stupeur, puis la panique à l'idée qu'un incendie s'était déclaré.
Des cris aigus fusèrent ça et là, tandis que chacun tentait comme il le pouvait d'échapper à la pluie artificielle ; les uns, comme Draco avec ses amis dockers, courant s'abriter sous les tables du buffet, les autres piétinant à la recherche d'une issue.
DJ Black ôta son tee-shirt pour couvrir sa stéréo, avant de se rendre compte qu'il était apparemment le seul épargné par les sprinklers.
Harry assistait à la scène par écrans interposés, tout à la fascination de voir se concrétiser – allait-il réussir à l'expliquer, c'était une autre histoire – sa tentative « conceptuelle » d'établir une relation directe, physique, avec un public, et d'enregistrer sa réaction. Il reprenait là, en la poussant plus loin, l'idée d'un artiste américain des années soixante-dix, Tom Marioni, dont la plus célèbre « performance » traitant de la communication s'intitulait « L'art de boire une bière avec ses amis est la plus haute forme d'art ». Les restes de la soirée-évènement de Marioni – les bouteilles vides et autres rebus – avaient été abandonnés et exposés tels quels.
Harry vit Hermione relever sa veste de tailleur et s'en couvrir la tête.
Ron Weasley se tenait les bras en croix, le menton levé, comme s'il s'abandonnait à une pluie salvatrice, cependant que sa petite amie Pansy était accroupie à côté de lui, comme si cette position basse changeait quelque chose au fait qu'elle allait être trempée de toute façon.
Harry compta vingt secondes, ainsi que le lui avait demandé Draco, avant d'appuyer sur le bouton d'arrêt d'urgence des sprinklers.
Il appuya une fois, puis une deuxième.
Rien.
Il essaya une troisième fois, mais le système anti-incendie ne répondait pas.
La pluie dura au total quarante-cinq secondes.
Un déluge.
Une éternité.
Enfin, tout s'arrêta aussi soudainement que cela avait commencé, et Harry, qui était revenu précipitamment dans l'atelier pour crier à la fausse alerte et rassurer les invités, entendit sa propre voix résonner dans un silence assourdissant et abasourdi :
-… alerte, fausse alerte, c'est une performance, une performance…
Il baissa la voix jusqu'au murmure en croisant les regards incrédules des invités trempés jusqu'aux os.
-… il n'y a pas d'incendie. Je… je vous demande pardon, le système n'a pas fonctionné. Personne n'aurait dû être…
Il chercha désespérément Draco du regard.
-… mouillé à ce point, termina-t-il piteusement.
Le peintre, qui était sorti de son abri, intervint pour dire :
- Je ne vous demanderai pas d'applaudir. Vous êtes surpris, c'est compréhensible. Mais j'espère que vous vous consolerez en sachant que vous avez été, et Harry et moi-même tenons à vous en remercier… eh bien… les acteurs involontaires d'une œuvre d'art.
- Ça de l'art ? demanda un docker.
- Un sacrilège, plaisanta un de ses amis en levant son verre de whisky pour l'offrir aux regards de tous. De l'eau dans un « vieille réserve » écossais pur malt, c'est une profanation.
Draco sourit de la plaisanterie, mais il fut bien le seul.
Si la performance avait un mérite, tentait de se consoler Harry, c'était, semblait-il, de ne laisser personne indifférent.
Les invités pataugeaient dans l'eau d'un air consterné, se demandant comment ils allaient bien pouvoir sécher leurs vêtements.
La plupart renoncèrent à trouver un moyen et gagnèrent la porte de sortie, bien décidés à rentrer chez eux.
Harry, confus, s'excusait auprès de qui voulait bien l'entendre. Une petite blonde, du nom de Milicent Boulstrode, journaliste dans un célèbre magazine d'art, le fusilla du regard en sortant.
Même Hermione, qui s'était mise sur son trente et un et sortait de chez le coiffeur, était furieuse.
- La prochaine fois, préviens-moi, lui dit-elle avant de sortir au bras de son ami Blaise. J'enfilerais un maillot de bain. Non, mieux : une tenue de plongée ! J'espère que tu as prévu un seau et une serpillière.
- Pas une goutte, c'est trop cool, répétait dans son coin, l'air éberlué, DJ Black, qui avait échappé avec son matériel hi-fi au sinistre, installé sur les deux mètres carrés du loft à l'abris des sprinklers.
En moins de dix minutes, l'Atelier fut totalement déserté.
En dehors de DJ Black qui remballait, il ne restait plus que Hagrid, le portier. Il avait aussitôt appelé un de ses amis travaillant à l'entretient de l'immeuble, qui allait arriver d'une minute à l'autre avec un aspirateur à eau professionnel.
Les serveurs envoyés par le traiteur tentaient de sauver sur les tables ce qui pouvait l'être, mais presque tout était fichu. Harry les voyait remplir des sacs poubelles à tour de bras.
- C'est une catastrophe, se lamenta-t-il, assis sur une chaise près du buffet, ou ce qu'il en restait, l'air accablé. Le bouton d'arrêt n'a pas fonctionné.
- Je m'en suis douté, dit Draco en s'emparant d'une chaise pliante et en prenant place à coté de lui. Mais ce qui est fait est fait.
-J'ai gâché votre soirée. A cause de moi et de mon stupide égoïsme, qui sait combien d'amis vous avez perdu ce soir ?
- Je n'ai perdu aucun ami, n'ayez crainte, assura Milan en essuyant ses mains sur son pantalon. Je les appellerai un par un demain. Un peu d'eau, ce n'est pas si grave, après tout.
- Vous appelez ça un peu d'eau ?
Le peintre paru y réfléchir un instant en se massant les tempes du bout des doigts, avant d'être pris lentement, irrésistiblement, d'un fou rire incontrôlable.
Harry tourna la tête et le regarda se tenir les côtes comme s'il avait perdu la raison.
- Quoi, mais… ça vous fait rire ?
- On, Seigneur, oui ! s'esclaffa le peintre en essuyant ses larmes. Je n'ai jamais vu une chose pareille de toute ma vie.
- Et vous n'êtes pas près de la revoir, avoua Harry en se laissant contaminer par la bonne humeur inespérée du peintre et son rire agréable.
- J'aurais dû me douter qu'on courrait à la catastrophe, commenta ce dernier.
- Moi le premier, précisa Harry, le dos bien droit, les deux mains posées à plat sur ses cuisses, comme prostré. C'est une chose se susciter la réaction d'un public ; c'en est une autre de le ficher en rogne.
Pris d'un nouvel accès de fou rire, dans un geste de complicité amicale, Draco posa machinalement une main sur l'une des siennes.
A son contact, totalement pris au dépourvu, Harry sentit un frisson lui électriser la nuque, cependant que ses joues s'empourpraient violemment à la vue de cette main au modelé viril qu'il fixait d'un air tout à la fois incrédule et troublé.
Relevant la tête, le peintre se rendit compte de son geste involontairement audacieux, et il reprit doucement sa main, qu'il passa dans ses cheveux blonds avec une désinvolture feinte, avant d'essuyer ses yeux humides. L'espace d'une seconde, il songea à s'excuser, mais, incapable de formuler cela, il renonça.
Deux heures plus tard, grâce notamment à l'intervention de l'ami de Hagrid employé à l'entretien de l'immeuble, l'Atelier avait retrouvé son aspect de tous les jours. Il était un peu plus de onze heures du soir, et Draco et Harry, qui n'avaient pas ménagé leurs efforts pour nettoyer, se retrouvèrent seuls dans la cuisine commune autour d'un café – ou du moins presque seuls, Draco tentant d'expliquer au téléphone à Severus Snape, l'administrateur de la Fondation, « l'incident ». Snape venait d'en être informé par un de ses assistants, lui-même prévenu directement par la centrale d'alarme à distance sur son portable, en même temps que les pompiers, qu'il avait fallu renvoyer.
- Oui, une « performance », monsieur… Je sais ça paraît un peu étrange, mais vous connaissez le travail original d'Harry Potter. La presse ? Eh bien, il y avait deux ou trois journalistes présents, mais il s'agissait avant tout d'une soirée entre amis, le but recherché n'était pas de médiatiser l'événement… Oui, je suis d'accord, si la presse s'en fait l'écho, tant mieux. Quoi ? Oh… eh bien, euh…
Harry croisa le regard du peintre et le sentit brusquement embarrassé. Il répondit :
- Oui, monsieur, au beau fixe, c'est ça… Non, non, nous travaillons désormais… (Un petit sourire le coin de ses lèvres)… côte à côte.
Comprenant la nature de la question posée par Snape, Harry sourit à son tour, et se sentit rougir légèrement.
Draco raccrocha et revint s'asseoir à la table de la cuisine. La lampe de style « billard » qui descendait au dessus de la table diffusait un éclairage agréable, et Harry se prit à admirer le modelé délicat du visage du peintre. Il lui trouva à cet instant une vague ressemblance avec cet acteur anglais qui avait débuté sa carrière au théâtre puis à onze ans au cinéma, Tom quelque chose.
- Vous ne devriez pas sucré autant votre café, lui dit-il soudain en voyant Harry mettre un troisième morceau de sucre dans sa minuscule tasse. C'est impressionnant.
- Quoi ? Oh, je sais… c'est plus fort que moi, admit Harry. Je suis un « bec sucré », comme dit ma mère.
A son grand étonnement, Draco s'étendit sur la question en véritable spécialiste. Il évoqua l'intérêt de régulariser sa glycémie, lui expliqua dont Harry n'avait encore jamais entendu parler, comme les « biguanides », qui favorisent le captage du glucose dans l'organisme, ou encore les « sulfamides », des hypo-glycémiants qui stimulent la production d'insuline, expliqua-t-il. L'espace d'une seconde, Harry eut l'impression d'être projeté dans un épisode de la série Urgences.
La petite parenthèse était si inattendue, si décalée, et même si étrange d'une certaine manière, qu'Harry fut presque soulagé lorsque, changeant de sujet, Draco suggéra :
- Que diriez-vous de mettre un peu de musique ?
Harry jeta machinalement un coup d'œil à l'horloge de la cuisine, et nota l'heure déjà tardive.
- C'est vous qui demandez cela ?
- Je vous l'ai dit, j'aime la musique.
- Je crois surtout que c'est votre heure, n'est ce pas ? L'entrée de la nuit vous inspire.
- Vous n'imaginez pas à quel point, avoua Draco d'un ton qui laissait planer un doute sur ce qu'il entendait exactement par là.
Harry se leva et glissa un CD du chanteur « gangsta » Snoop Doggy Dogg dans le poste CD-cassettes qu'il avait installé quelques jours plus tôt sur le plan de travail.
- Le Barry White de la côte Ouest, commenta Draco en écoutant les premières mesures sensuelles de la chanson Beautiful.
- Hum… connaisseur, en plus, dit Harry, en arquant un sourcil impressionné.
Il revint s'asseoir et s'adossa, ou plutôt s'étendit de tout son long sur sa chaise en baillant.
Draco appuya un coude sur la table, puis son menton dans le creux de sa main, et fixa Harry pensivement.
- Quoi ? fit ce dernier.
- Je vous regarde et… plus je vous trouve séduisant.
- Qu'est ce que c'est ? Une plaisanterie ? rigola Harry.
Mais en voyant l'air sérieux du peintre, il se redressa sur sa chaise et rougit à retardement.
- Non, dit Draco en se levant à son tour, avant de passer lentement derrière Harry.
Avant que le brun ne comprenne ce qui se passait, il sentit les mains du blond se poser délicatement sur ses épaules, et leur chaleur se communiquer à sa peau à travers l'épaisseur de sa chemise.
- Draco, qu'est ce que vous ?... réussit-il à articuler, avant que les mots ne s'étranglent dans sa gorge.
- Chut !
Harry ferma les yeux, inclina mollement la tête en arrière.
- Vous ne devriez pas, je ne sais pas ce que…
Il s'interrompit net en sentant un baiser effleurer sa joue comme une caresse. Puis un autre sa nuque, et un autre encore.
- Oh, Draco…
- Je te propose une « performance » unique, sans caméra cette fois lui souffla-t-il à l'oreille en l'enlaçant par les épaules. Cette nuit est à nous, et à nous seuls.
- Je te préviens : comme tout artiste, j'ai des exigences.
- Je les satisferai toutes, se vanta le blond en souriant.
EtDraco tint largement ses promesses...
A suivre...
Désolée pour celles qui sont frustrées de ne pas avoir de lemon, mais au moment de l'écrire...pas d'inspiration. Promis ma prochaine fic (que j'ai déjà commencée en comporteraet même plus d'un !). Pour vous consoler quelque peu,le prochain chapitre comporte un lime ! En attendant... REWIEWS !
Et à demain...
