Disclaimer : "Charmed" ne m'appartient plus et je ne touche pas d'argent. De plus, ceci est une traduction de l'histoire de ch4rm3ds3c0nds (liens dans mon profil).
A/N : Ch4rm3ds3c0nds dit que cette histoire s'est écrite au fur et à mesure. Au début, elle n'avait pas planifié de faire de Chris un bisexuel, ni même de le mettre en couple avec Skylar.
Enfaite, (et attention, Révélation !) Tyler était censé être une femme ! (hey ouais xD) Et Skylar, elle, était supposée être Bianca.
Canaan : Tout d'abord, je te remercie pour ta review, elle m'a vraiment fait super plaisir. Juste ce qu'il me fallait au moment où j'en avais besoin ! Merci beaucoup (c'est marrant, j'ai l'impression d'être une bouse en description mais merci quand même ^^) mais je rappelle que je ne suis que la traductrice, ce n'est pas "mon" histoire même si je m'y investis beaucoup.
C'est vrai que le fandom de Charmed n'est pas très fréquenté, même chez les anglophones. Mais tant qu'il y aura des lecteurs/revieweurs, il y aura des fan-auteurs et vice-versa.
Une autre fan de Chris... Bienvenue au club ^^
Eh bien voilà la suite, j'espère qu'elle sera à ton goût.
N/T : Une chanson que je trouve parfaite pour ce chapitre (et pour Chris en général) : "Sorry Seems To Be The Hardest Word", Elton John.
Encore une fois, quelques (petits) jurons, principalement sortis de la bouche de Chris... Quoique Tyler en sort pas mal aussi.
Merci pour les Alertes et/ou Favoris !
Sortez les mouchoirs !
Bonne lecture !
Chapitre 6 - Aperio
Piper regarda avec horreur la porte faire des allers-retours. Elle sentait son cœur battre dans sa poitrine. Il lui ordonnait de courir, de rattraper son bébé et de lui dire de retourner dans cette salle. Lentement, elle se tourna vers les cinq hommes présents dans la chambre d'hôpital. La prophétie de Chris faisait écho dans sa tête. Ses yeux, en plus de l'horreur, se plissèrent avec dégoût et colère. Un de ces hommes était la raison pour laquelle son fils avait quitté les bras réconfortants de sa famille. L'un d'eux était l'idiot qui avait forcé son fils de seize ans à voir le Manoir comme une prison et l'avait fait s'enfuir à L.A. Loin d'elle. Elle serra les poings. Elle allait découvrir qui…et lui botter le derrière.
Sans un mot, Chris ouvrit la portière puis la claqua violemment. Tyler regardait son ami avec peur et anxiété. Le jeune homme aux cheveux rouges pouvait sentir les pouvoirs de Chris bouillonner sous sa peau. Il craignait que le jeune homme en colère perde la faible conscience qu'il avait de lui et qu'il finisse à vingt mètres de l'endroit où il était assis. Chris avait encore du sang de Halliwell dans les veines, même s'il renonçait au nom, et n'importe qui avec ce sang devenait puissant. Ajoutez du sang de Fondateur, et vous obteniez Chris, un homme qui pourrait correspondre avec la puissante prophétie du Deux-Fois-Béni.
Les mains de Chris empoignèrent le volant ; ses jointures étaient blanches comme des os. Il ne pouvait pas y croire. Il venait officiellement de quitter sa famille pour de bon. Il ne pouvait pas revenir en arrière. Il avait brisé le cœur de sa mère en lui disant qu'il n'était plus Chris Halliwell. Avec un cri, sa paume droite frappa le volant.
« - Chris » murmura Tyler. Il prit la main du jeune homme qui contenait péniblement la colère en lui. « Tu dois te calmer. »
« - Oh, et comment diable suis-je censé faire ça, Tyler ? »
« - Je ne sais pas, mais tu le dois » grogna Tyler. « Tes pouvoirs sont liés à tes émotions. Et tes émotions sont de la colère pure qui menace la vie de toute personne se trouvant dans un rayon de dix mètres si tu ne parviens pas à les garder sous contrôle. »
Chris le foudroya du regard. « Je peux contrôler mes pouvoirs, Tyler. »
« - Pas quand tu es énervé au delà du raisonnable » rétorqua Tyler. « Maintenant, calme-toi. »
Chris continua à fixer son meilleur ami, les yeux plissés. Un ricanement dur s'échappa de ses lèvres. Sans un mot, il tourna la clef et quitta le parking. Tyler soupira fortement et posa sa tête pour regarder par la fenêtre. Il savait que dès que Chris se calmerait, il serait malheureux et maussade et que son job en tant que meilleur ami serait de le sortir de son gouffre obscur et de le traîner jusqu'au Manoir et jusqu'à sa famille. Ça ne pendrait que quelques coups et quelques gifles pour le ramener là où il devait être. Et puis, Tyler pouvait continuer à convaincre Chris de dire à sa famille l'horreur qu'a été son enfance.
Peu de temps après, Chris était arrivé dans le parking de l'hôtel. Il avait coupé le moteur et était sorti. Ses yeux observaient le mur blanc et sale de l'hôtel bon marché. Pour éviter d'attirer l'attention, avait dit Chris en réservant la chambre, au grand dam de Tyler. Chris ouvrit la porte puis la referma, ne prêtant aucune attention à son bassiste. Néanmoins, Tyler suivit avec hâte son ami en colère. Il regarda Chris pouffer en posant les clefs sur la petite table avant de se retirer dans la salle de bain. Tyler grogna en voyant la tentative d'isolement que le chanteur venait de réaliser. Refermant la porte d'entrée derrière lui, Tyler se dirigea vers celle de la salle de bain et y frappa. « Chris, sors ton cul de là. »
« - Ty… Va-t'en. »
Tyler soupira et posa sa tête contre la porte en chêne. « Je t'en prie, Chris. »
« - Je ne suis pas d'humeur à parler. »
« - Je veux juste m'assurer que tu ne fasses rien de stupide. »
Tyler entendit Chris soupirer. « Ça n'arrivera pas, Ty. »
« - Alors, ouvre. »
Il entendit un frôlement derrière la porte et aussitôt le 'clic' de déverrouillage de sa serrure. Rapidement, il ouvrit la porte et vit la forme déconfite de Chris. « Pourquoi je ne peux pas leur dire, bon sang… » entendit-il chuchoter.
Tyler fronça les sourcils. « Chris, arrête de te faire du mal. »
« - Pourquoi est-ce que je ne peux pas ? » répéta Chris. « Pourquoi diable ne puis-je pas leur dire que Léo était mon tortionnaire. Qu'il venait, me traînait hors de lit et me tabassait avant de guérir les blessures les plus évidentes. En plus, que je me taise met en danger tout ceux qui m'entourent. »
Tyler posa doucement les mains sur les bras de Chris. « Calme-toi, Chris. Tu vas faire une crise cardiaque. »
« - Pourquoi est-ce que je ne peux pas sortir ça de ma tête, putain ? » s'exclama Chris. « Ça fait cinq ans ! J'ai fait une thérapie. Merde, comment ça se fait que je puisse le dire à toi et à Sky, mais pas à mon propre sang ? »
« - Parce que nous ne sommes pas ta famille, Chris » dit calmement Tyler. « Tu as peur de briser leur sens de la réalité, leur sentiment de sécurité. Ils considèrent Léo comme une personne sûre et tu ne veux pas secouer le tapis sous leurs pieds. Tu ne veux pas remettre en question tout ce en quoi ils croient en leur disant qu'un Fondateur –la plus grande source du Bien dans le monde- battait son fils cadet presque chaque nuit. »
« - Je dois leur dire » murmura Chris. « Je dois le dire. Je ne veux pas qu'il…se retourne contre eux. »
« - Alors, retourne là-bas. »
Chris regarda Tyler avec de grands yeux qui brillaient de peur et d'horreur. « Je ne peux pas, Ty. Pas après ça. »
« - Wyatt est probablement en train de se lyncher pour ça » rassura Tyler.
« - Ça n'a pas d'importance, Ty. Il a dit que je ne faisais plus partie de la famille » rappela Chris avec un rire sans joie. « On dirait que j'aurais un tatouage à faire enlever, hein ? »
« - Arrête Chris, il a dit ça sous l'effet de la colère » déclara Tyler en resserrant légèrement son emprise sur le sorcier en détresse. « Il ne le pensait pas. Mets-toi à sa place. Son frère, son meilleur ami s'en va un jour et revient en parfaite santé et est un chanteur célèbre. Tu ne serais pas en colère ? »
Chris roula les yeux. « Oui. Tu n'as pas besoin de me parler comme si j'avais cinq ans, Ty. »
Tyler sourit. Chris recommençait à devenir comme d'habitude. « Vu ta manière d'agir, oui, j'en ai besoin. »
Chris fusilla légèrement Tyler le sentiment de "d'habitude" n'atteignait pas ses yeux, qui restaient tristes. Tyler sourit simplement à son meilleur ami. « Tu es exaspérant parfois. »
« - Ouais » plaisanta Tyler. « Et en tant que meilleur ami exaspérant, j'envoie ton petit cul au manoir te réconcilier avec ton frère et ta mère et parler à ta famille des ténèbres de ton passé. »
Chris plissa les yeux. « Réconcilier, oui. Passé, non. »
« - Réconcilier, oui. Passé, oui » réprimanda Tyler.
« - Tyler. »
« - Chris. »
« - Je n'ai pas cette discussion » gémit Chris en sortant de la salle de bain et en entrant dans le petit salon.
« - Oh si, tu l'as » rétorqua Tyler. « J'en ai marre de tourner autour de ce putain de pot. Encore une fois, tu te trouves des couilles et tu vas leur dire. »
« - Je ne peux pas, Ty ! »
Tyler croisa les bras et braqua son regard dans celui de l'homme en face de lui. « Et pourquoi pas ? »
« - Parce que…je ne peux pas, c'est tout ! »
« - Oui, tu le peux » gronda Tyler. Ses yeux prirent une couleur rouge sombre avant de revenir à leur couleur normal. « Ou je le ferai. »
Chris dévisagea Tyler. « Tu ne le feras pas. C'est mon passé. »
« - Et il te détruit ! » hurla Tyler. « Je refuse de voir mon meilleur ami dévoré vivant par un putain de secret qu'il refuse de confier à sa famille ! Tu dois te libérer, bordel ! Si tu ne le fais pas demain, quand je rentrerai du cimetière, je le dirai à ta famille. »
« - Je n'ai jamais dis que je retournerai au Manoir, Ty. »
Tyler sourit. « Oh si, tu iras. Oh si…tu iras. »
Il n'y est pas allé. Chris n'avait pas posé un pied au Manoir, au grand dam de Tyler. Il pouvait voir que le jeune homme voulait désespérément revoir sa famille, mais Chris savait que l'altercation entre lui et Wyatt était la goutte de trop pour son frère et pour son père. Il était sûr que Léo avait sali son nom dans le Manoir des Halliwell, l'avait déshonoré plus que ses actions ne l'avaient déjà fait.
Il était assis sur la chaise de l'hôtel bon marché et fixa le Blackberry noir qu'il tenait dans la main. Dix chiffres s'affichaient sur l'écran. Dix chiffres si familiers que ses doigts les avaient tapés sans même qu'il ne s'en rende compte. Son doigt plana sur la touche : Appel.
Faiblement, il pouvait entendre Tyler murmurer dans son esprit : « Fais-le. » Mais c'était impossible, car Tyler était au cimetière et se recueillait sur la tombe de ses parents. Aussi puissant qu'il soit, la télépathie de Tyler ne pouvait s'étendre sur une telle zone.
Il devait le faire. Il était temps d'arrêter de faire son bébé et d'affronter le passé qui avait fait de lui ce qu'il était aujourd'hui. D'une main tremblante, il appuya sur le bouton et colla le téléphone à son oreille.
« - Allô ? »
Chris prit une profonde inspiration. « Maman...peux-tu me retrouver avec Wyatt quelque part, s'il te plaît ? »
Une douce brise le caressa, le faisant empoigner son manteau de laine. Jefferson Park était un lieu cher à son cœur. C'était l'endroit où Tyler et lui s'était rencontrés pour la première fois, sur le terrain de jeux à l'autre bout du parc. Il y serait venu presque chaque jour, rien que pour s'asseoir et regarder les familles heureuses qui y jouaient. Surtout les fils et leurs pères. Il s'assit et se demanda pourquoi ils pouvaient être ensemble, mais pas lui et Léo. Il ne pouvait pas comprendre, même aujourd'hui, pourquoi cette friction entre lui et son père existait. Il n'y arrivait pas.
« - Chris ? »
Quittant l'aire de jeux des yeux, Chris se retourna et vit sa mère et son frère marcher sur le chemin d'argile noir. Chris sourit en se levant et embrassa sa mère. Elle se cramponna à lui comme s'il était de nouveau parti pour cinq ans et pas pour deux jours. « Salut, maman. »
Piper recula puis s'assit prudemment sur le banc. Ses petites mains tenaient encore celles de Chris, comme si c'était une manière douce de le garder là où il était. Les yeux chocolats de Piper se déplacèrent vers son aîné, lui disant d'un simple regard de s'asseoir aussi. Wyatt obéit et s'installa derrière Chris qui était toujours tourné vers sa mère.
« - De quoi voulais-tu nous parler, Peanut ? » s'enquit Piper.
Chris lui offrit un faible sourire. « Eh bien, tu voulais savoir pourquoi je suis parti, non ? »
« - Oh, tu vas enfin nous le dire ? » grommela Wyatt.
« - Wyatt » réprimanda nerveusement Piper. « Qu'en est-il, chéri ? »
Le regard de Chris descendit vers le sol et ses doigts commencèrent à se tortiller dans ceux de Piper. « Peanut, je t'en prie » supplia-t-elle, en resserrant les mains de Chris.
Il ferma les yeux. « Vous n'allez probablement pas me croire. »
« - Chéri, s'il te plaît, je veux juste savoir pourquoi mon fils est parti un beau jour sans prévenir » plaida Piper.
Chris dégluti. « Maman... »
Son attention fut détournée des implorations de sa mère par l'homme derrière lui. La main de Wyatt était posée sur son épaule et la même supplique brillait dans ses yeux bleus. La secouant légèrement, la tête de Chris s'inclina. Doucement, Piper le tira contre elle, il posa la tête sur son épaule. Piper passa lentement la main dans les cheveux de Chris. Ça calmait toujours son bébé, quelque soit son âge.
« - Peanut. Dis-le nous afin qu'on puisse t'aider. »
Piper sentit Chris se retourner afin de cacher son visage dans son chandail bleu. « Maman... Je ne sais pas si je peux. »
« - Tu le peux. Je sais que tu le peux, Chris. Dis-le nous. C'est pour ça que nous sommes ici. »
Chris poussa un profond soupir et se redressa. Il refusait de regarder sa mère ou son frère, son regard se posa sur le chêne en face de lui.
« - Ça a commencé quand j'avais trois ans » se lança-t-il. « C'était peu après que Wyatt ait sa propre chambre. Peut-être une semaine ou deux. »
« - Qu'est ce qui a commencé ? » demanda Wyatt en regardant brièvement sa mère. L'aînée des Halliwell secoua légèrement la tête pour lui faire comprendre qu'elle n'avait aucune idée de ce dont Chris parlait.
Chris prit une profonde inspiration. « Il venait tard dans la nuit,, me tirait par les cheveux hors du lit. Il me lâchait sur le sol, me donnait des coups de pieds, des coups de poings, des gifles. Parfois, il utilisait des objets pour amplifier la douleur. »
Faiblement, il put entendre Wyatt grogner. Ça lui faisait presque sourire que son frère ait encore de tels sentiments pour lui, bien qu'il l'ait trahit. « Qui ? » entendit-il sa mère chuchoter.
Chris secoua la tête. « Après...m'avoir battu, il me disait que si j'en parlais à quelqu'un, il se débarrasserait de moi pour toujours. Et s'il se débarrasserait de moi, je ne serai pas en mesure de continuer avec Wyatt et ma destiné de poursuivre le travail des Halliwell. Ainsi, il serait probablement mort. Il me disait aussi que si je lui en parlais, il commencerait à battre Wyatt, ou toi, maman. C'était stupide pour moi de croire ça, je ne sais pas pourquoi je l'ai fait. » Il pouffa sans joie en secouant la tête. « Ça a continué jusqu'à mes seize ans. » Il entendit sa mère haleter. « Oui, j'ai tenu pendant treize ans. Pour une raison quelconque, le jour où je suis parti...j'ai regardé dans le miroir. D'habitude, le...l'attaquant se...débarrasserait des blessures évidentes, mais cette nuit là, pour une raison que j'ignore, il ne l'a pas fait. Je regardais l'œil au beurre noir en me demandant pourquoi. Pourquoi je subissais ça depuis treize ans ? Pourquoi je n'avais dis à personne ce que je vivais nuit après nuit ? » Chris ravala les larmes qui menaçaient de couler. « Pourquoi n'ai-je pas pu vous dire que mon propre père me battait presque chaque nuit pendant que tout le monde dormait profondément ? »
Tout se figea pendant un instant. Il sentit sa mère et son frère s'immobiliser à la mention de Léo. « Non » souffla Piper. « Non. »
Chris hocha la tête et rouvrit les yeux. Il laissa ses larmes couler librement. « Maman, tu dois me croire. »
Piper secoua la tête. « Il n'aurait jamais fait ça. C'est Léo. C'est un Fondateur ! »
Chris se tourna vers son frère. « Wy, je t'en prie. »
« - Comment peux-tu accuser papa de te...de te battre ? » gronda Wyatt, furieux.
Chris serra les yeux. « Parce qu'il la fait ! »
« - Pourquoi l'aurait-il fait ? » demanda Piper. « Il n'y a aucune raison... »
Chris se leva brusquement. « C'est pour ça que je ne voulais pas vous le dire ! Je savais que vous ne me croiriez pas ! »
« - Comment le pouvons-nous ? » rétorqua Wyatt. « Pourquoi diable papa t'aurait-il battu ? Ça n'a aucun sens ! »
Chris prit une inspiration tremblante. « Adieu. Je suis désolé que ma vérité soit tombée sur des oreilles sourdes » dit-il. Après un rapide coup d'œil autour de lui, il s'éclipsa.
Tyler arriva devant l'hôtel et la crainte emplit immédiatement son âme. Il savait simplement que la rencontre entre Chris et sa famille ne s'était pas bien passée. Rapidement, il coupa le moteur et se dirigea vers la chambre. En déverrouillant la porte, il vit Chris remballer furieusement ses affaires. «Wow, wow, que se passe-t-il ? » demanda-t-il.
« - Ils ne me croient pas » cracha Chris.
Tyler cilla. « Tu ne savais pas ça ? Leur esprit a besoin d'un peu de temps pour s'y faire, Chris. »
« - Leur esprit ne devrait pas en avoir besoin » gronda Chris en jetant au hasard un tee-shirt dans le sac. « Ils devraient me croire. Je suis son fils ! Et son frère ! »
Tyler s'approcha prudemment du sorcier. « Chris. Respirations profondes. »
« - Ils ont juste balancé ça par la fenêtre, Ty ! Ils n'y ont même pas pensé ! » explosa Chris. « Ils agissent comme si j'avais imaginé ces foutues contusions ! »
Tyler posa doucement une main sur l'épaule de son ami, le conduisit jusqu'au lit et le fit asseoir. À genoux devant lui, Tyler posa les mains sur les genoux de Chris. « Chris, respirations profondes. Je peux entendre ton cœur battre d'ici. »
Chris continua de prendre des respirations haletantes. « Merde. »
Tyler resserra son emprise sur les genoux de Chris. « Inspire. Expire » ordonna-t-il en tentant de remettre la respiration du sorcier sous contrôle. « Inspire. Expire. Voilà, c'est ça. Inspire. Expire. »
Rapidement, la respiration de Chris redevint normale. L'homme gémit et se pencha ; il posa les coudes sur les genoux et s'attrapa la tête. Tyler sourit et s'assit sur le lit. Il jeta un bras sur les épaules de son ami fatigué et attira l'homme maigre contre lui.
« - Tu es allé voir ta famille ? » murmura Chris en reposant sa tête sur l'épaule de Tyler, les yeux fermés.
Tyler sourit et lissa la franche de Chris sur son front ; sa peau était légèrement moite à cause de la récente attaque de panique. « Ouais. Ils te saluent. »
Chris sourit, un faible rire s'échappa de ses lèvres. « J'espère qu'ils s'amusent dans l'au-delà. »
Tyler acquiesça et continua à lisser les cheveux de Chris. En baissant les yeux, il vit les mains de son ami trembler. Tyler fronça les sourcils, Chris était toujours troublé. Doucement, il lui attrapa la main droite, leurs anneaux de métal s'entrechoquèrent silencieusement.
« - Calme-toi, Chris, avant d'en avoir une autre » murmura calmement Tyler.
Chris soupira. « J'essaye. Mais je...ne peux pas. »
« - Tu peux essayer encore » chuchota Tyler. « À l'enterrement. »
Chris secoua la tête. « Je ne peux vraiment pas me montrer maintenant. Je ne peux pas. »
« - Il y a d'autres façons. »
« - Comment ? »
Tyler sourit en continuant de réconforter l'homme en détresse. « On verra ça plus tard. Maintenant, tu as besoin de calmer ton cœur. Concentre-toi sur ta respiration. »
Chris bâilla. « Je suis plus concentré sur le fait d'éviter de m'endormir sur ton épaule. »
Tyler rit et aida Chris à s'allonger. « Ce ne serait pas la première fois. »
« - J'avais sept ans » rappela Chris. « Et on était dans la voiture. Je n'avais pas beaucoup de choix sur l'endroit où poser ma tête quand je m'endormirais. »
« - Je voulais dire quand nous étions pauvres et qu'on n'avait pas d'argent » expliqua Tyler en se déplaçant avant qu'ils puissent s'allonger confortablement. « Ces Auberges de Jeunesses étaient horribles. »
Chris acquiesça. « Et ces putains d'hôtels où les lits étaient dégoulinant de liquides douteux. Seigneur, je ne regrette pas ces jours. » Il bâilla encore. « Il n'y a aucune raison qu'on reste ici plus longtemps. Autant partir demain ou après-demain. »
« - On parlera de ça après une bonne sieste. »
Chris rit. « Tu as ton propre lit pour faire une sieste, monsieur. »
« - Mais il est si loin » gémit Tyler. « Tu vas me faire me lever, marcher avant de pouvoir être à nouveau confortablement installé. »
« - Ty, on ne va pas encore faire ça » soupira Chris.
Tyler sourit légèrement en continuant à plaquer les mèches noires. « Je n'ai pas dit ça, Chris. Simplement dormir. »
« - Je devrais te fiche dehors. »
« - Mais tu ne le feras pas. »
Chris sourit. « Uniquement parce que je n'en ai pas la force. »
Tyler rit. « Mais oui, bien sûr. Crois ça. »
Piper se regarda dans le miroir. Aujourd'hui était le jour où elle dirait adieu à Derek pour de bon. Elle portait une jupe mi-longue noire et un chemisier noir avec un peu dentelle sur les manches et le col. Des boucles d'oreilles en diamant que Léo lui avait offertes pour leur quinzièmement anniversaire de mariage étincelaient à la lumière du Soleil qui passait par la fenêtre de sa chambre. Elle jeta un coup d'œil à la porte fermée de la saille de bain ; Léo prenait sa douche derrière. Léo. Ses yeux se troublèrent tandis qu'elle fixa à nouveau le miroir. L'homme rassurant qu'elle portait dans son cœur depuis si longtemps pouvait-il battre son plus jeune fils jusqu'à la fugue ? Mais pourquoi Chris mentirait sur un sujet comme ça ? Il savait que Léo était important pour elle et que lui et Wyatt étaient proches. Chris n'aurait jamais formé ces mensonges à partir de rien. Mais pourquoi sont âmes et son cœur lui criaient de croire son fils, mais que son esprit le refusait ?
« - Maman ? »
Piper cilla et redescendit sur Terre. En sortant de sa chambre, elle se dirigea vers son fils. « Oui ? »
Wyatt tenait une enveloppe dans les mains. « Ça vient juste d'apparaître. »
Piper leva un sourcil et referma la porte. « Est-ce de... »
Le jeune homme hocha la tête. « C'est apparu dans une éclipse, je connais une seule personne qui pourrait envoyer de lettres comme ça, en dehors, bien sûr, de tante Paige. Mais pourquoi elle m'enverrait une lettre ? »
« - Tu l'as déjà ouverte ? »
Il secoua la tête. « J'ai pensé que tu le devais. »
Piper prit l'enveloppe des mains de son fils et l'ouvrit. Lentement, elle découvrit une lettre manuscrite, écrite sur un calepin.
Maman et Wyatt,
Je sais que vous n'avez probablement pas envie d'entendre parler de moi, mais j'ai pensé que je devrais plaider ma cause une dernière fois. Je sais que vous refusez de croire que Léo -ton mari, maman et ton père parfait, Wyatt-, ait pu entrer dans ma chambre la nuit et me battre. Il l'a fait, maman. Je suis persuadé que, dans ton cœur, tu sais que je ne mentirais pas à ce sujet. Je voudrais savoir pourquoi ton esprit ne me croit pas ?
Wyatt, tu es probablement débout là, énervé au-delà du possible. Je ne te blâme pas. Je déteste avoir à faire ça. Ruiner l'image de Léo que tu avais. Je déteste éloigner ton père de toi. Mais crois-tu sincèrement que j'aurais quitté ma famille pour une raison aussi stupide que la recherche de la célébrité ?
Je n'avais aucune envie d'être célèbre. J'ai dû le faire par nécessité. Oui, maintenant, j'adore ça. C'est amusant. C'est excitant. J'arrive à faire ce que j'aime tous les jours et je travail dur pour garder Pariah au sommet.
Cependant, quand je me suis enfui à seize ans, je n'ai jamais pensé gagner ma vie grâce à la musique. Je voulais simplement partir. Je devais sortir de cette maison avant d'être tué des mains de mon propre père.
Cette nuit là, maman, il a franchi une barrière que je n'aurais jamais cru qu'il traverserait.
Il a utilisé sa Foudre sur moi.
Je n'avais jamais ressenti une telle douleur avant ça. C'était comme s'il me brûlait de l'intérieur. J'ai crié, je l'ai supplié d'arrêter. Je souhaitais que l'un de vous vienne et arrête cette torture. Enfin, il a arrêté et il est parti. Je suis resté allongé des heures à attendre de pouvoir bouger sans douleur. J'ai marché jusqu'à la salle de bain, j'ai vu mon visage et je suis parti. Je ne pouvais plus le supporter. Je refusais d'être battu.
Maman. Je t'aime. Wyatt. Je t'aime aussi. Et je suis persuadé qu'au fond, vous savez que je dis la vérité. Je vous en prie, croyez-moi.
Durant ces cinq années, vous m'avez tellement manqué, tous les deux. Vous m'avez tous manqué. Mais je savais que si je revenais, je ne ferais que semer le chaos. Alors, je suis resté loin. J'ai vécu ma vie pendant que vous viviez la votre. Et...je vais continuer à vivre ma vie.
Au moment où vous lisez ceci, je suis déjà sur la route de L.A et dans deux petits jours, je serai parti pour le Royaume-Uni. Quand j'arriverai à Londres et me poserai pour la nuit, je vous appellerai. Si vous ne voulez pas me parler, ne répondez pas et vous n'entendrez plus jamais parler de moi. Jusque là.
Avec beaucoup d'amour,
Christopher Halliwell.
Ou Damon Payne.
-Deux jours plus tard-
Bruit. « Maman ? »
Reniflement. « C'est vrai ? »
Soupir. « …Oui. »
Sanglot.
« - Maman ? »
« - Considère-le comme parti. »
Profond soupir. « Pas encore. »
N/T : Je trouve que Wyatt manque de tact et ferait bien d'apprendre à contrôler sa colère.
Quant à Chris, il faudrait vraiment qu'il attende la fin d'une conversation avant de partir. Ça devient une vilaine habitude xD
Ce chapitre m'a brisé le cœur. Un des plus difficiles à traduire pour moi. Et j'ignore si je l'ai déjà dit, mais j'aime Tyler.
Quelles sont vos impressions ? Qu'avez-vous pensé de cette scène de révélation ? De la réaction de Wyatt et de Piper ?
Fiche de traduction :
Traduction : 5h30
Début-Fin : 27-28/06/11
(chapitre terminé à 1h30 de mon oral ! Si ce n'est pas de la stupi...dévotion, ça !)
Relecture : 3h00
Nombre de pages : 10
Nombre de mots : 5 203
Date de publication : 16/09/11
Dernière mise à jour : 21/02/12
