Pomme en Or, épée de Glace

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Malicia : merci ! Venir en cours de cursus n'est jamais simple... à voir si tout va s'améliorer ou non !

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Vendredi 16 septembre 1994.

Chapitre 7 : L'Art des Potions

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- Ah tu es là, Eloïse.

- Oui, répondit Snape d'un ton cassant. Je lui ai demandé de venir dans mon bureau, elle avait quelques questions sur des potions.

Prenait-il la défense d'une Gryffondor ? Elle se doutait qu'en disant ça, il l'empêchait certainement d'avoir un beau sermon de son parrain pour avoir sécher les précédents repas.

- Bien. D'où vient tout ce sang ?

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- Je me suis cognée, monsieur. Rien de grave.

- Oh que si, répliqua immédiatement Snape avec une once d'inquiétude dans la voix. C'est une blessure importante, petite idiote.

- Tu as cours cet après-midi ? reprit Dumbledore.

- Oui, trois heures de Potions.

- Venez donc tous les deux dans mon bureau, vers dix-sept heures.

- J'ai une retenue avec le professeur Chourave à dix-sept heures.

- En quel honneur ? fit Snape en haussant un sourcil.

- Weasley a brûlé malencontreusement les racines d'un rosier blanc et a dit que c'était de ma faute. Malefoy et ses amis ont approuvé. J'ai pas cherché à contredire.

- Pourquoi donc ?

- Ils ne m'apprécient pas.

- Cela m'étonnerait, fit Dumbledore en souriant. Ils sont très aimables et loyaux envers leur maison. Essaye de t'intégrer au lieu de rester dans ton coin.

- Mais c'est ce que je fais !

Snape posa une main sur l'épaule de la jeune fille, ce qui la calma immédiatement. Elle n'aurait pas dû hausser le ton.

- Pourquoi sont-ils contre toi ?

- Ronald et Percy Weasley m'ont immédiatement annoncé de ne pas leur parler car je n'étais pas dans leur groupe ni amie avec eux. Harry est en colère parce que le professeur Dumbledore ne lui a pas beaucoup adressé la parole depuis la rentrée et qu'il ne lui a pas parlé de moi.

Snape leva les yeux au ciel. Potter l'énervait réellement, même s'il aidait Dumbledore pour le protéger du Seigneur des Ténèbres, il n'en faisait qu'à sa tête et ne semblait pas comprendre qu'il n'était pas le centre du monde malgré l'admiration que lui portait le monde magique pour avoir survécu au sortilège de la mort lancé par le Mage Noir en personne.

- D'accord, je parlerai à Pomona. Venez à dix-sept heures. Severus, pourras-tu lui donner à manger ? Je doute qu'elle ait avalé quelque chose depuis vingt-quatre heures.

- Bien sûr, je m'en occupe.

- Merci, à ce soir.

Eloïse aperçu la robe bleue du directeur du coin de l'œil, sortir de la pièce. Snape lui maintenait toujours la tête fermement.

- Monsieur ?

- Oui ?

- Pourquoi vous occupez-vous de moi alors que vous m'avez ignorée depuis la rentrée ?

Un long silence s'ensuivit. Il ne savait pas quoi répondre… Que Minerva lui avait demandé de ne pas tourner autour de ses élèves ? Qu'il trouvait s'être trop attaché à elle, et qu'il voulait mettre de la distance, mais qu'au final il ne pouvait pas, car Dumbledore lui avait demandé de toujours garder un œil sur elle ? Qu'il avait le pressentiment qu'il devait la protéger d'une menace encore inconnue ?

Il essaya de se concentrer convenablement pour ne laisser aucune cicatrice sur le cuir chevelu de son élève.

Mais ses pensées l'emportèrent à nouveau… Il s'était vraiment attaché. Ça lui faisait mal, en un sens. Mais elle lui ressemblait un peu, distante en apparence. Mais il avait l'impression qu'elle avait un grand manque d'affection qu'il ne saurait combler.

- Voilà. Fais attention à ta tête, et ne te lave pas les cheveux avant demain. La cicatrisation est presque terminée.

Elle chuchota un « merci », se retournant lentement vers Severus qui n'avait pas bougé. Il regardait les légers cernes sur le visage encore bronzé de la brune. Elle avait l'air de lutter contre la fatigue. Ses yeux verts le regardaient, l'observaient. Dans un geste hésitant, il passa la main sur le visage fatigué, l'attirant doucement contre lui. Son souffle dans les cheveux, elle passa timidement un bras autour de la taille de son professeur, afin de ne pas tomber du bureau où elle était assise. De son bras libre, il guida l'autre main d'Eloïse sur son dos et caressa à nouveau son visage.

Les battements de cœurs de la jeune fille se firent moins rapides, Severus la sentit se décrisper un peu. La jeune fille s'endormit ainsi, totalement épuisée et sous les effets du baume que lui avait administré le Directeur des Serpentard.

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- Hermione ! appela Ron dans le parc de l'école.

- Oui ?

- On a quoi à faire en métamorphose ?

- Un parchemin sur ce qu'on a fait mercredi, répondit Harry. Mais on a encore le week-end pour le faire.

- Vous n'avez pas vu la nouvelle ce midi ? fit Hermione.

- Non, pourquoi ? s'étonna Harry.

- Tu t'inquiètes pour la fille bizarre ? se moqua le roux.

Elle haussa les épaules puis répondit.

- Elle est dans notre maison, tout de même.

- Peu importe, répondit Harry. On dirait un fantôme, elle parle pas et a les mêmes tics que Snape, je ne vois pas pourquoi tu t'intéresses à elle. Surtout que Dumbledore ne m'en a jamais parlé, donc elle a certainement menti, elle ne peut pas être sa filleule.

- Je ne sais pas… Elle a l'air mal à l'aise dans notre maison, et vous n'êtes pas sympa avec elle, mais elle te ressemble un peu Harry.

- Quoi ? s'étrangla le concerné.

- Je pense que ça pourrait être bien de la connaître, c'est tout.

- Je ne pense pas, fit Ron.

- On va être en retard, coupa-t-elle.

Le groupe marcha en silence vers les cachots, et entrèrent derrière les Serpentard. Snape avait déjà écrit les instructions du travail à effectuer sur le tableau noir.

- Vous avez une heure et quinze minutes pour faire cette potion, puis quarante-cinq minutes pour écrire les aspects positifs et négatifs du liquide obtenu. Vous pourrez vous aider de la page 174 du manuel de Potions. Le prochain élève que j'entends parler ou chuchoter sans ma permission ira aider monsieur Rusard dans ses tâches passionnantes. Il va de soi qu'aujourd'hui vous travaillerez seuls, et non en équipe. Commencez, annonça le professeur de sa voix froide et lente.

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Le bruit des tabourets et des chaudrons rythma la première heure. Après quelques Evanesco et remarques déplaisantes concernant leur niveau pitoyable, le professeur distribua les parchemins. Il ne resta donc plus que le son des plumes grattant le papier et celui de la cape du professeur coupant l'air de la salle en passant dans les rangs.

Eloïse réfléchissait à ce qu'elle pourrait bien écrire. Des mots, des phrases se bousculaient dans sa tête. Par où commencer ?

Une main froide se posa quelques secondes dans son cou, fermement. Elle n'osa pas bouger la tête, mais cela la calma étonnamment. Elle trempa sa plume dans le petit pot d'encre alors que Snape retournait au fond de la salle.

- Tu as vu ? fit Harry à voix basse à sa meilleure amie.

- Non, quoi ?

- Snape est resté derrière la nouvelle et lui a touché les cheveux, répondit Ron. J'avais bien dit qu'on ne peut pas lui faire confiance, elle trafique avec un mangemort !

- Hum hum. Weasley. Rusard vous attend avec impatience dans la salle des Trophées. Malefoy, accompagnez-le, ordonna le professeur.

Hermione soupira alors que son ami lui lançait un regard noir qui en disait long sur ce qu'il pensait du professeur.

Eloïse la regarda, se demandant ce qui s'était passé. Snape ordonna à nouveau le silence, et l'heure passa calmement. A la fin du cours, chaque élève amena une fiole et leurs parchemins devant le bureau de Snape.

- Hermione ? chuchota Eloïse. Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Ronald ?

- Snape l'a entendu parler, simplement.

- Ok.

- A plus, fit-elle en rejoignant Harry.

Tous les élèves étaient sortis de la salle et la jeune fille observait les couleurs des potions obtenues.

- Comment peuvent-ils obtenir du rose ? chuchota-t-elle.

- En confondant de la poudre de vanille avec de la poudre de feuilles de Mandragore, marmonna le professeur. Prenez vos affaires, nous partons dans deux minutes.

- D'accord, monsieur.

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- Alors, ces Trophées ? fit Harry, moqueur.

- Je hais Rusard.

- Eloïse m'a demandé ce que tu avais fait pour te faire virer du cours.

- Depuis quand tu lui parles ?

- C'est elle qui est venue me parler, Ronald. Et je ne vois pas en quoi cela devrait te déranger que je lui réponde.

- Mouais.

- Hermy ?

- Oui, quoi Harry ?

- Tu as trouvé quelque chose à la Bibliothèque sur le joyau d'émeraude dont parlait Dumbledore ?

- Non, pas encore, soupira la jeune fille. Mais ce n'est pas bien d'écouter aux portes, tu sais ?

- Oui, mais ils disaient que ça avait un rapport avec vous-savez-qui !

Le trio entra dans la bibliothèque, comme chaque soir depuis le mardi précédent.

Quand Harry avait une idée en tête, mieux valait chercher des informations plus concrètes, sinon il risquait de se lancer à corps perdu dans une recherche d'informations qui pouvait se rendre inutile.

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Eloïse et Snape discutaient avec le Directeur, en buvant du thé. Dumbledore essayait de comprendre les insomnies de sa filleule, mais elle ne souhaitait apparemment pas en parler. Il n'avait pas pris le temps de lui parler depuis la rentrée et cela semblait jouer en sa défaveur. Il ne pouvait pas être présent pour tout le monde en même temps, et son travail à l'école n'était pas sa priorité pour le moment. Des choses plus importantes et plus graves se préparaient dans l'ombre qu'une discorde entre adolescents.

- Elle était en meilleur état chez vous, Severus, finit-il par admettre.

- En effet, répondit Snape sur le même ton sec et froid qu'il avait l'habitude d'employer.

- Je convoquerai messieurs Weasley et Potter, ainsi que miss Granger la semaine prochaine.

- Je doute fortement que Potter ait une bonne influence sur cette jeune fille, Albus.

- Harry n'est pas James, il serait temps de t'en apercevoir.

Le Maître des Potions laissa échapper un grognement.

- Peut-être, reprit lentement Snape, que votre filleule pourrait passer les deux prochains jours dans mon appartement ? suggéra-t-il en levant un sourcil.

Le regard bleu étonné de Dumbledore passa sur le visage du professeur puis il observa Eloïse qui tenta de cacher le sourire qu'avait provoqué la presque demande du professeur.

- Oui. Cela ne plaira pas à Minerva, mais c'est une bonne idée. Cela te conviendrait, Eloïse ?

- Oui.

- Dans ce cas, cette question est réglée. Un elfe ramènera tes affaires chez Severus.

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Elle regarda rapidement le visage fermé du professeur, puis le directeur continua ses explications pour Snape à propos de rapports des membres de l'Ordre. Un nom, Ilanie Merkwey, les avait orientés vers le sud de l'Espagne et semblait être une piste intéressante pour contrer Voldemort.

Eloïse pensa qu'elle n'avait pas à entendre ni suivre cette conversation et replongea dans ses pensées.

Dumbledore, lui, observait le comportement changeant de sa filleule. Il ne pouvait décidément pas s'en occuper, il avait trop de responsabilités, trop de travail. La mère de l'enfant l'aurait très bien compris… Il n'avait révélé l'identité de ses parents à personne. La jeune fille ne s'en était pas plainte jusqu'ici, mais Severus le lui avait déjà reproché une ou deux fois, malgré le respect qu'il portait vis-à-vis des décisions du directeur de Poudlard.

Ce dernier aimait, inconsciemment très certainement, ou peut-être imaginait-il, voir des liens se tisser peu à peu entre ses deux protégés.

Ce qui n'allait, techniquement, pas dans le sens de ses plans. Mais Severus était distant avec tout le monde, un éventuel départ d'Eloïse ne le fera pas souffrir. Eloïse souffrirait peut-être un peu, mais il fallait qu'elle s'endurcisse.

Snape, quant à lui, était attiré par l'aura de la jeune fille. Pas d'une manière mauvaise ou malsaine, mais comme s'il avait un rôle à accomplir à ses côtés. Et il sentait que cela risquait de déplaire au Directeur.

Directeur qui semblait avoir des plans bien précis pour un avenir meilleur, et qui en faisait part très régulièrement lors des dernières rencontres de l'Ordre du Phénix. Il se donnait l'image du protecteur. Il protégeait ainsi, aux yeux de l'organisation, Severus de toute réprimande quant à son passé. Il s'était mis à son service depuis la mort de Lily Evans-Potter, et ainsi contre Tom malgré la marque d'appartenance aux mangemorts. Marque qu'il pensait être, à tort, sous un charme d'invisibilité, car il ne l'avait pas vu depuis quelques années.

Et il devait protéger Eloïse, aussi, qui était revenue dans leur monde, maintenant.

Fumseck le rappela à la réalité alors qu'Eloïse souhaitait partir emprunter des livres au lieu de rester au milieu d'une conversation qui ne la regardait pas.

Dumbledore lui donna alors congé, en lui souhaitant un bon week-end, puis reprit sa conversation d'avant avec son enseignant.

- Tu t'inquiètes pour elle ?

- Je l'aurai préféré à Serpentard pour pouvoir mieux la surveiller, même si vous ne me l'aviez confiée que pour deux mois.

- Tu t'y es attaché on dirait, fit le vieil homme d'un ton paternel alors que Snape ne laissait passer aucun sentiment sur son visage ni dans sa voix.

- Possible.

- Ne soit pas si dur avec toi-même, Severus. Et elle a les mêmes yeux que Lily. Est-ce pour cela ?

Il sembla réfléchir. Était-ce plutôt justement pour cette raison que Dumbledore lui avait confié sa filleule ? Il ne savait lui-même pas pourquoi il s'était rapproché de cette fille arrivée de nulle part.

- Peut-être. Elle lui ressemble un peu, c'est vrai, répondit-il finalement d'une voix neutre.

- Oui. Prends soin d'elle, Severus. Je ne sais pas si je vivrai encore longtemps, et tu en connais les raisons. Elle a besoin de toi.

Snape n'aimait guère ce côté émotionnel qu'essayait de lui donner Albus. Neutre, il continua.

- Et ses parents ?

- Je ne peux pas encore te dévoiler sa réelle identité, coupa le directeur.

- Sont-ils en vie ?

- Sa mère n'est plus de ce monde, et je ne sais pas qui est son père, bien que j'ai ma petite idée.

Snape leva les yeux au plafond. Dumbledore et ses mystères. Décidément. Rien ne le changerait.

- Je regrette. Je ne dirai rien de plus aujourd'hui.

- Bien, je vais donc la chercher.

- Faites une petite sortie, avant la tombée de la nuit. Ça vous changera les idées et je vous excuserai pour le repas ce soir.

Le Maître des Potions se leva et sorti du bureau, puis se dirigea vers la bibliothèque.

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