Hey !
Petite réponse à une review anonyme :
Guest : Super chapitre. J'adore suivre cette fic par contre je sais pas si je suis la seul mais je crois avoir deviné depuis le chapitre 2 la fin et là avec celui-ci mon hypothèse confirme. Sinon continue ainsi.
Je crois que tu n'es pas la seule à avoir des soupçons, et ne t'inquiète pas ceux-ci seront confirmés/repoussés dans quelques chapitres ;)
Sinon merci à tous ceux qui lisent cette fanfiction ;) N'hésitez pas à me laisser une review, ça fait toujours plaisir !
Je ne sais plus si je l'ai précisé précédemment, mais bien évidemment les vidéastes qui apparaissent dans cette fic' ne m'appartiennent pas, à l'inverse de tous les autres personnages ^^
Bonne lecture ! :)
En revenant dans sa chambre après son entrevue avec Alexis, Mathieu trouva Antoine assis en tailleur sur son lit.
- Alors, ton petit tour à la bibliothèque ?
- Comment tu le sais ?
- C'est la règle. Après un certain temps passé ici, les nouveaux vont voir Alexis, qui leur explique un peu comment fonctionne l'organisation. Il t'as proposé l'exposé ou la discussion ?
- Ouaip'
- Tu as choisi quoi ?
- La discussion.
Antoine partit d'un grand rire.
- Pauvre Alexis ! Depuis le temps qu'il est là, tout le monde a toujours choisit la discussion ! Il désespère de le faire un jour, son exposé.
Mathieu joignit son rire à celui de son condisciple.
- Il t'a demandé des choses sur ton passé ?
- Oui. Mais je ne lui ai pas répondu, fit Mathieu, cessant brusquement de rire.
Antoine le regarda. Il ne supportait pas de voir Mathieu se renfermer, comme à cet instant.
- Pourquoi ?
Mathieu ne lui répondit rien.
- Tu me le racontera... Un jour ? Demanda Antoine d'une toute petite voix.
Mathieu le regarda fixement. Sembla l'évaluer, l'examinant de la tête aux pieds. Puis finalement, il répondit :
- Oui... Un jour.
Sa réponse sembla illuminer Antoine, qui eut un sourire resplendissant. Un sourire qui faisait chaud au coeur de Mathieu.
Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
- Bon, Alexis t'a parlé de l'arrangement ?
- De... Quoi ? Balbutia Mathieu, revenant brusquement à la réalité.
- L'arrangement. Pour les cours de combat à l'épée.
- Oh ! Oui, il m'en a parlé.
- OK. Bon, rendez-vous ce soir, vers 18 heures, dans la salle d'entrainement.
Sur ce, Antoine quitta la chambre, laissant derrière lui un Mathieu perplexe.
Mais comment je saurais quelle heure il est, moi ?
Jusqu'ici, il n'avait aperçu aucune horloge dans la Résistance.
Pour ne pas risquer de manquer l'heure, Mathieu passa tout son après-midi dans la salle où devait avoir lieu le rendez-vous. Pour passer le temps et ne pas avoir l'air trop ridicule quand Antoine arriverait, il décida de s'entrainer avec un mannequin portant l'armure de l'armée noire. Il prit une épée, qui pesait encore trop lourd dans sa main, et s'en approcha. Pendant longtemps, il le dévisagea, essayant de trouver une manière de s'y prendre.
Il tenta un coup sur le flanc gauche, ce qui eut pour effet de faire pivoter le mannequin, qui lui envoya son bras droit dans la figure. Mathieu fut éjecté sur le côté. Honteux de s'être fait avoir comme un débutant, ce qu'il était, finalement, Il réitéra ses efforts, mais rien n'y faisait. Quoi qu'il fasse, le mannequin finissait inévitablement par lui revenir dessus, tournant sous l'impact de ses coups. Finalement, excédé, il se jeta sur le morceau de bois et le roua de coups de poings. Malheureusement, cela eut pour seul effet de faire se renverser le mannequin, qui lui tomba dessus et l'écrasa sous son poids. Le souffle coupé, il voyait des étoiles s'agiter devant ses yeux et entendit un grand rire derrière lui.
Oh non, pitié, faite que ce ne soit pas quelqu'un que je connais...
Avec dépit, il reconnut alors la voix d'Antoine :
- Alors Mathieu, on perd la face contre un mannequin ?
Mathieu, rouge de honte, ne répondit pas. Charitablement, Antoine l'aida à se dégager et à se relever en lui tendant une main secourable. Mais il ne put résister à l'envie de taquiner encore un peu le jeune homme :
- Qu'est-ce qu'il t'a fait, le pauvre, pour que tu l'attaque comme ça ? Il a insulté tes parents ?
Cette phrase avait été prononcée d'un ton amical et dénué de perfidie, cependant Antoine vit le visage de Mathieu se fermer immédiatement et prendre une expression de rage.
- Ne t'avise jamais d'évoquer mes parents.
Sa voix n'avait été qu'un murmure, emplit de colère et de violence.
Oh non, qu'est-ce que j'ai dit... Pensa Antoine.
- Du calme, Mathieu, je voulais juste plaisanter...
- Ne parle pas de ce que tu ne connais pas ! Cria presque le jeune homme en face de lui.
- Je suis désolé, Mathieu, je... Je ne voulait pas te blesser...
C'était au tour d'Antoine d'être rouge de honte. Voyant le jeune homme baisser la tête d'un air penaud, Mathieu prit une grand inspiration et hocha la tête pour lui montrer qu'il ne lui en voulait plus.
- C'est bon, c'est pas grave. On passe à l'entraînement ?
Antoine acquiesça.
- Oui, heu... Alors pour commencer, on va voir comment tenir une épée. Il faudra t'en trouver une bien équilibrée, et conforme à ta main et à ta force.
Pendant un long moment, le jeune échevelé enseigna au petit brun les rudiments de la défense. Quand il s'arrêta, Mathieu était en nage, alors qu'Antoine ne paraissait pas plus fatigué que s'il venait juste de se réveiller.
- On recommence demain, même heure même endroit ? Questionna-t-il
-Je... Ça... Ça marche, haleta Mathieu.
Mathieu posa son épée sur le râtelier avec soulagement et partit, mais Antoine resta un peu plus longtemps pour se battre seul contre le mannequin. Arrivé à la porte, Mathieu se retourna et observa le jeune homme. Il se battait avec grâce, se déplaçant et assenant ses coups avec rapidité et fluidité.
On dirait presque qu'il danse...
Il n'aurait pu rêver d'un meilleur instructeur.
Les jours se suivaient, toujours avec la même routine. Le matin, les deux jeunes hommes rejoignaient leurs pairs dans la salle d'entraînement. Puis ils mangeait, généralement avec la bande d'amis d'Antoine, qui avait accepté Mathieu de bonne grâce depuis qu'il avait défendu Antoine. L'après-midi, ils lisaient à la bibliothèque, s'entrainaient en salle d'armes ou simplement se reposaient. Quelques-fois, deux ou trois des personnes présentes devaient se rendre dans le bureau du doyen, qui leur demandait alors de prendre part au raid qui aurait lieu le soir pour ramener la nourriture nécessaire à la Résistance. Mathieu n'y avait encore jamais participé, et il attendait avec impatience sa première sortie. Puis, à 18 heures environ – du moins le supposaient-ils – Antoine et Mathieu se rendaient en salle d'entrainement. C'est d'ailleurs ici que se trouvaient nos deux protagonistes, deux mois après leur premier face-à-face, en train de se battre. En deux mois Mathieu avait fait des progrès étonnants, s'entrainant avec hargne et ténacité, et Antoine maintenant ne retenait plus ses coups, mais continuait de lui donner des conseils pendant leurs combats. Si le jeune homme aux yeux bleus était encore loin de l'élégance avec laquelle Antoine se battait, il réussissait presque à désarmer son adversaire. Presque. Cependant, il soupçonnait Antoine de ne pas donner toute la puissance et l'agilité qu'il pouvait. En effet, Mathieu se rendait compte que plus il progressait, plus Antoine semblait lui aussi avancer, mais il se doutait que ce dernier se conformait au rythme du plus petit pour ne pas le décourager.
- Lève... Pare...Attention... Ta garde !
Leurs épées s'entrechoquèrent et restèrent croisées devant le visage des deux garçons. Chacun des adversaires poussait de toute ses force sur la garde de son arme. Mathieu faisait de son mieux, mais Antoine était plus grand et plus fort. Petit à petit, la lame de ce dernier se rapprochait des yeux bleus du jeune homme. Un filet de sueur coulait sur le côté de son front. Soudain, Antoine lâcha la pression. Mathieu, emporté par son élan, partit en avant. Antoine n'eut qu'à exercer une faible poussée sur son dos pour le faire basculer. Puis il saisit le bras du plus petit, le plaqua contre le mur sans le lâcher et lui mit son épée en travers de la gorge.
- Tu es mort, dit simplement Antoine. Encore une fois.
La mâchoire serrée, Mathieu ne répondit rien. La lame était encore sur sa pomme d'Adam et, même s'il savait qu'Antoine ne lui ferait pas de mal, hocher la tête aurait été dangereux. Il leva ses yeux bleus vers ceux, marrons, de son vis-à-vis. Ce qu'il y vit le déconcerta. Antoine le fixait avec attention, presque avec... Curiosité ? Il était proche, trop proche, et semblait poser une question silencieuse au plus vieux des deux. Mathieu ne dit pas un mot, de peur de briser le moment.
Qu'est-ce qu'il...
Puis Antoine posa sa bouche sur la sienne. Comme ça, sans prévenir, sans parler. Mathieu ne savait pas quoi faire. Une petite voix dans sa tête souhaitait le repousser, mais une grande partie de son cerveau semblait paralysée. Le plus grand commença alors à bouger ses lèvres, doucement. Presque sans réfléchir, Mathieu l'imita. L'épée tomba à terre bruyamment quand Antoine la lâcha pour passer le bras autour de la taille de Mathieu. Ce bruit sortit le plus petit de sa transe et il repoussa brusquement Antoine, avec plus de forces qu'il ne le souhaitait, l'envoyant rouler au sol.
- Mais t'es complètement malade ! Qu'est-ce qu'y t'a prit ?
Antoine ne répondit pas, se contentant de le fixer, toujours au sol. Désemparé, Mathieu s'enfuit en courant.
De longues, très longues heures après, Mathieu se décida enfin à se lever du recoin sombre dans lequel il s'était abrité et se dirigea vers sa chambre. Devant la porte, il hésita. Antoine dormirait-il ? En entrant, il vit que oui. Il se sentit soulagé, mais en même temps, une pointe de regret lui déchira l'estomac. Il se coucha dans son lit, ne sachant toujours pas quoi penser de ce qui s'était produit quelques heures plus tôt. Antoine l'avait embrassé. Antoine. L'avait embrassé. Lui, Mathieu. Et Mathieu ne pouvait pas se mentir, il avait aimé ça. Mais en même temps... Cela faisait si longtemps que rien de bien n'était arrivé à Mathieu que ce dernier n'arrivait pas à se persuader de la réalité de sa situation. Après tout ce temps, avait-il le droit d'être heureux à nouveau ? Il se retourna dans son lit avec un grognement de frustration. Il n'était pas amoureux d'Antoine. Non, ce n'était pas possible. Depuis longtemps, il avait abandonné l'idée de s'attacher aux gens. Trop de souffrances. Il ne devait pas éprouver autre chose que du respect pour Antoine, lié à sa façon de se battre, et de la reconnaissance pour l'aider à progresser. C'était tout, et c'était bien suffisant. Mathieu ferma les yeux.
Antoine, les yeux grands ouverts, avait entendu Mathieu se tourner et se retourner dans son lit. Il l'avait attendu avant de s'endormir, car il savait qu'il ne parviendrait pas à trouver le sommeil sans être bercé par le souffle régulier du jeune homme de l'autre côté de la chambre.
Mathieu a cinq ans. Il joue avec son nouveau jouet, un petit panda en peluche. Tout est tranquille.
Et soudain son monde bascule.
Mathieu court vers maman. Il lui prend la main. Il ne comprend pas, mais maman est là.
Maman et lui se précipitent dans les couloirs, vers une pièce où Mathieu n'a pas le droit d'aller d'habitude. Ils entrent, et maman ferme la porte. Papa est là aussi, avec son frère.
Papa prend la parole.
- Dieu soit loué, tu l'as trouvé !
Mathieu est content, parce que papa à l'air heureux de le voir.
- Mathieu, écoute-moi attentivement. Tu vas te cacher là -il montre un endroit sombre. Tu vas rester caché jusqu'à ce que tu n'entende plus aucun bruit. A ce moment-là, tu sortira et tu courra dehors. Sans te faire voir, d'accord ? De personne.
- Mathieu, va te cacher.
- Pas encore, papa, s'il te plait !
Maman s'accroupit pour se mettre à sa hauteur.
- Mathieu, mon chéri, je t'en prie. Fais ce qu'on te dit.
Alors Mathieu obéit, parce que maman pleure, et maman ne pleure jamais.
Mathieu se cache. Il voit tout.
Mathieu veut crier. Mathieu veut pleurer. Il veut oublier.
Mais cette fois, il n'est pas seul dans sa cachette. Antoine est là aussi.
Mathieu a dix-huit ans, mais il se blottit contre Antoine comme un enfant apeuré. Antoine lui passe le bras autour des épaules.
- Je suis là, Mathieu. Ça va aller...
Soudain, Mathieu se réveille en sursaut. Il regarde autour de lui, hagard. Comme d'habitude, il ne se souvient plus où il est. Comme d'habitude, il regarde autour de lui. Comme d'habitude, il lui faut un certain temps pour reprendre pied dans la réalité.
Comme d'habitude, il se met à pleurer.
