(Point de vue :Harry)

« Slurrrp, slpg, glrpl, lurrrrrr »

Mon Dieu, mais qu'ai-je fait pour mériter ça ?

Je ne savais pas qu'un simple baiser pouvait faire autant de bruit que ça. Je crois qu'ils font exprès, c'est littéralement vomitif comme façon de faire. Je me demande si Lavande n'en rajoute pas pour affirmer sa position comme « petite amie de Ronald Weasley » surtout dans la mesure où Hermione est juste à coté. Heureusement qu'elle et Ron se sont réconciliés avant sa grande et passionée histoire d'amour avec l'autre cruche, sinon ça n'aurait jamais été possible. Et en plus ils se sont mis entre nous deux. Vous imaginez un banc, dans une cour, avec un couple en plein échange de sucs gastriques divers et variés, avec deux personnes de chaque coté faisant toutes deux des grimaces révulsées ? C'est très sympa.

La première à craquer fut Hermione, qui reprit son sac et lança

« Bon, le CDI va rouvrir, j'y vais, quelqu'un ?

- OUI !, criai-je presque. Ron et Lavande quant à eux semblaient ne rien avoir remarqué, et ce n'est que quand je lui annonçai « Euh, Ron, si tu nous cherche on est au CDI » qu'un « MMM » plus fort que les autres se fit entendre.

Hermione marchait trop vite pour que ce fût naturel, je la rattrappai.

« Hermione, tu es sûre que ça va ?

- Mais pourquoi ça n'irait pas ? Monsieur embrasse qui il veut, quand il veut et aussi proprement qu'il veut. Il a choisi de le faire dans la cour, à midi et avec autant d'élégance qu'une serpillère gorgée de matière fécale.

- Hem…..écoute on devrait peut-être….

- Bosser l'histoire, oui, c'est ce que je pensais. Faut que je te passe les cours ? Oui, je suppose. Je peux déjà te donner toute la quatrième république, je m'en suis occupée hier soir donc pour moi c'est bon. Après pour la cinquième je patauge complètement, je ne sais même plus qui a été le troisième ministre de Giscard d'Estaing."

Je ne fis pas de commentaire sur la non-existence de ce troisième premier ministre, estimant que ce serait la goutte d'eau pour elle. Je l'accompagnais donc jusqu'au CDI, où elle posa rapidement son sac sur la table où Luna était déjà installée. Elle lisait un recueil de poèmes surréalistes qu'elle devait sûrement parfaitement comprendre. N'ayant rien d'autre à faire, je lui demandai où était Charles, surprit de ne pas le voir avec elle.

Elle leva les yeux et me dit de son ton éthéré habituel :

« Son cours de Latin vient de commencer, d'ailleurs je pensais que pour toi aussi »

Oups.


J'arrivai légèrement essouflé dans la salle. Heureusement, Trelawney ne me demanda rien ; avec moi il n'y avait jamais de problème. Je m'assis comme d'habitude à coté de Charles qui sourit ;

« J'ai cru que j'allais passer l'heure tout seul, j'ai eu peur », dit-il à voix basse.

- Tu exagères, répondis-je, au pire il y aurait eu Draco.

….Et merde. J'avais réussi à me le sortir de la tête pourtant. Vous avez remarqué ? J'avais réussi à ne même plus en parler. Et voilà que je rechute, pour rien. J'osais à peine regarder vers sa place habituelle. Oh bien sûr il m'aurait ignoré, comme d'habitude, mais c'est vrai que c'est une drogue dure.

- Il ne vient plus depuis quelque cours, continua de murmurer Charles.

Ah oui. Je n'avais même pas réalisé que ça faisait deux jours que Draco ne nous honorait plus de sa présence. Peut-être était-ce pour ça que j'arrivais à penser normalement.

- Et puis bon, on aurait juste parlé, poursuivit-il d'une voix un rien plus amusée, voire carrément mutine."

J'esquissai un sourire. Charles est un garçon que j'apprécie beaucoup aujourd'hui, mais que j'ai eu beaucoup de mal à cerner. Au début, je le voyai comme le benjamin de la classe, un air innocent dans ses yeux verts, des cheveux gentiment ébourriffés. Toujours avec des airs angéliques, croyez-moi, il cachait bien son jeu. Car je découvris par hasard un jour à quel point il pouvait être lascif, diaboliquement lascif. Un jour qu'il avait appris que je regardai moi aussi une série télé peu connue, un brin érotique qui racontait les aventures de deux jeunes et beaux vampires dans un lycée tout à fait banal*. Ce jour-là, il avait alors recréé une des scènes les plus cultes de la série : celle où un des deux garçons fait tomber son stylo sous la table, une scène qui se terminait d'une façon atrocement exitante. Alors, non, je n'avais jamais été plus loin que ça avec lui, mais ces jeux, ces petites caresses, augmentaient sensiblement notre intérêt pour les cours de latin.

« Charles, tu pourrais nous traduire la phrase quatre ? demanda Trelawney qui venait de terminer de sortir ses fiches.

- Eh bien, commença Charles avec aisance, le premier « Et bene », je l'ai traduit par « Et c'est une bonne chose », c'est-à-dire « Et c'est une bonne chose que tu te tienne près d'elle autant que tu le peux », par rapport avec la phrase d'avant.

Je fis semblant de faire tomber quelque chose, et en me redressant je pressai mon bras contre la jambe de Charles, qui fit semblant de ne pas s'en apercevoir. Il continua :

- Et donc, le reste de la phrase donne « parce que la disposition des places te permet »….

Je profitai moi aussi de la disposition des places et des tables de la salle pour poser discrètement ma main sur sa cuisse.

- Et ce, « si nolis », sous entendu « etiam si nolis » ; même si on ne le veut pas, « bon gré mal gré »…..

Dans son cas, je n'avais pas à me poser la question de sa volonté, la tension du tissu de son jean m'en informa clairement. Sa voix commençai à faiblir, son aisance à diminuer…

- « Linea jungi », de te joindre à elle, « quod tibi tangenda est lege puella loci »….

Je posai carrément la main sur la bosse de son pantalon que j'étais le seul à voir. Charles avait du mal à aligner ses mots, mais en même temps il souriait. Le voir ainsi joyeusement soumis m'ehadit un peu plus, et mes gestes se firent plus appuyés, plus….précis.

Le pauvre rassemblait ses forces pour terminer son morceau de traduction.

- De la toucher, parce qu'elle doit être touchée par toi grâce à la loi du lieu », dans le sens ou c'est……la disposition du lieu qui de toute façon….force le contact…..et facilite les rapprochements.

Qu'il était mignon quand il se mordait les lèvres et le souffle court. Mais la prof et les autes élèves relevèrent la tête et je dus arrêter mon manège. Charles dut quant à lui plaquer son écharpe sur son bas-ventre pour camoufler les dégats que j'avais causé.

Que la vie était belle dans un monde libre et sans blond lunaires pour me faire perdre la tête !

C'est à ce moment-là qu'on frappa à la porte et qu'entra le démon aux yeux gris.

Inutile de préciser que mon monde s'écroula, et que je sombrai à nouveau sous des vagues de sentiment contradictoires. Désir. Fascination. Amour. Rejet. Méfiance. Tension.

Il s'assit, l'air de rien, sans même demander s'il devait aller prendre un billet de retard. Il avait toujours cet air altier, quasi impérial. Ce regard de fer le rendait à la fois glacial et envoûtant. Je ne pensai pas que qui que ce soit puisse dégager un tel magnétisme. J'essayai pourtant de garder la face, et de ne pas retomber dans les questionnements qui revenaient sans cesse à propos de lui.

Je me reconcentrai donc sur Ovide et sur l'Art d'Aimer, sans prêter plus attention que ça à la main que Charles avait posée sur mon épaule, comme pour compatir.


(Point de Vue : Draco)

Après avoir perdu une heure à mater Harry mon bel ange doré traduire les extraits de l'Art d'Aimer, je profitai de l'interclasse pour demander à la classe d'en face qui était le correspondant français de Viktor Krum, l'espèce d'armoire à glace bulgare en séjour linguistique. J'avais une idée assez précise de ce que je voulais en faire, mais je devais tâter le terrain, et je préférai d'abord savoir qui l'acceuillait chez lui. Il s'agissait de Cédric Diggory. Je faillis éclater de rire. Voir ces deux géants l'un à coté de l'autre pendant les cours, avec des dizaines de regards féminins braqués sur eux devait être tordants. Personnellement, je trouvai Cédric potable, mais la beauté bestiale et très « mâle dominant » de Viktor ne me touchait pas vraiment. En revanche, je connaissais son succès auprès des filles, succès qui était déjà assuré par son accent (Reconnaissez qu'un accent quelconque ça fait toujours son effet. Quand ça vient d'un pays parlant une autre langue bien sûr. Essayer de draguer dans le sud avec un accent québécois je sais pas ce que ça donne**).

Enfin bref, peu après j'étais en grande discussion avec Viktor à propos d'un vaste sujet qui semblait le passioner : les filles. Soyons honnêtes, c'est un sujet qui me passione aussi, mais passons.

Hermione eut l'aimable initiative de passer dans le couloir à ce moment-là, ce qui facilita son introduction dans la conversation. Je dois finalement reconnaître, avec le recul que j'ia maintenant, que la tâche fut autrement plus difficile que pour Lavande. Ceci dit, on avait donné un peu de personnalité à Viktor Krum, en tout cas assez pour me répondre quand je lui posais mes questions.

Oui, il trouvait Hermione jolie. Oui, elle lui plaisait beaucoup. Non, il n'avait jamais osé l'approcher. Non, il n'avait pas peur, elle l'impressionait, c'est tout. Non, il ne voulait pas de l'aide de ma part. Non, il ne voulait pas que je m'en mêle. Oui, il était décidé à se débrouiller seule. Oui, d'accord, il n'était pas contre un coup de pouce.

Plus difficile que pour Lavande, certes, mais l'un et l'autre étaient décidément maléables à souhait. J'espérai simplement pour Hermione que Viktor était un meilleur coup que Lavande, aussi active qu'un range-CD en plus d'être aussi banale et ennuyeuse qu'un cours de géo. Pardon de m'extasier encore une fois sur ses capacités désespérantes à l'amour mais ça me restait en travers de la gorge comme……je vais m'arrêter là.

Finalement, j'obtins très vite la garantie qu'avant la fin du mois un nouveau couple se serait formé. Je vous vois venir : vous me trouvez sans doute très sûr de moi, vous vous dites que je n'ai pas pris en compte l'état d'esprit d'Hermione, qu'elle cédera beaucoup moins facilement que Ron ? Les relations, les intrigues, les rôles d'entremetteurs, ça me connaît, suffit de voir comment ça s'est terminé dans mon ancien lycée.


Journal Intime de Luna Lovegood

Charles avait l'air triste aujourd'hui. Je lui ai demandé pourquoi, mais ça n'a pas été facile de savoir. Alors j'ai laissé tomber. Mais il a fini par me l'avouer, apparemment il avait besoin de e dire, et comme il sait que je n'ai jamais vu l'intérêt de révéler des secrets….enfin bref. Il pense qu'Harry est amoureux de Draco. Je fais pourtant confiance à Charles mais là pour le coup je ne sais pas comment il peut imaginer ça. Harry est tout le temps froid et distant dès qu'on mentionne Draco. C'est même limite si les deux se supportent, on dirait. En tout cas, il a l'air vraiment inquiet à propos d'Harry. Je ne comprends pas cette compassion exacerbée qu'il a pour Harry, ça ressemble à de l'amour, sans en avoir la force. C'est plus une tendresse diffuse, sans origine claire.

A part ça, je devais arrêter d'écrire tôt pour revoir The Hunger, et je suis en retard.


* Je me rends compte que ce n'est pas la première fois que je fais référence à des œuvres où à des faits qui ne seront compris que par des personnes se comptant sur les doigts de la main. Promis, je vais essayer de limiter^^

**Que les québécois ne se vexent pas, j'adore votre accent, c'est Malfoy qui se la joue langue noble :p

A part ça, je vous remercie de suivre mon histoire qui manque décidément de structure^^ (et de scènes chaudes ? xD J'ai prévu d'en écrire plus fréquemment, quel que soit votre avis =p)

Nous somme déjà le 31 Décembre O_o l'année est passée bien vite^^

J'espère que vous passerez un bon réveillon du nouvel an (là je me rattrape pour avoir oublié de vous souhaiter un Joyeux Noël^^) ; et comme disait l'autre humoriste-du-petit-oiseau-qui-n'a-pas-d'ailes : A l'année prochaine !^^