Moi : Bonjour à tous ^^ Et cette fois ci on sera quatre, Reever ayant constaté que Johann était beaucoup plus gentil quand j'étais là ^^

Johann : * soupirant* Et si on était trois, je dirais pas non, moi... Voir même moins...

Reever :* frissonnant* Sans moi. Je préfères encore rester avec Komui. C'est pas pas peur. C'est juste que j'ai bien peur de te tuer .

Johann : En quelque sorte, tu as donc peur ^^

Komui et moi *choqués pendant que Reever râle dans son coin* Il a parlé avec des chapeaux O O Johann Elis Greimbaum a parlé comme un fou O o

Johann* râlant* C'est bon, On va pas en parler pendant deux cent ans, non ? Cela peut arriver des erreurs,non ?

Reever* mode sadique on* Oh si au contraire... Et toi reconnaissant faire une erreur... Jour à marquer d'une pierre blanche...

Johann : *se tourne vers moi* Je vais te tuer.

Moi : Mais je n'ai rien fait !

Reever : Hé pourquoi donc tu ne ne t'en prends pas directement à moi ?

Komui : Peut être parce qu'il sait qu'il va perdre contre toi ^^

Reever :*sourit à Komui pendant que l'auteur fantasme à mort et que Johann s'étrangle dans son coin*

Johann : *écumant de rage* Qu'est ce qu'il faut pas entendre, franchement...

Moi : *sérieusement* Il n' y a que la vérité qui blesse, mon tigron...

Komui et Reever *choqué* elle a osé l'appeler mon tigron O o Elle n'a pas froid aux yeux, dis donc...

Johann : Je ne sais pas si je préférai Jo-tan à mon tigron... j'hésite entre te tuer et..te tuer. Tu choisis ?

Moi : *sort le collier et la chaîne pour chien en s'exclamant *Ça. C'est parfait pour les tigres récalcitrants.

Johann *palit et pour faire bonne figure râle* Comme si cela m'effrayait...

Komui : On y croit terriblement...

Reever *sourit*

Moi : Vous êtes étonnamment raccords, vous deux.

Reever *rougissant un peu*: Quand Greimbaum dans l'air, plus de fous qui ne tiennent.

Johann : *rouge de fureur* Ça ne rime même pas. Et Komui j'en ai ras le bol de tes remarques désobligeantes.

Moi : On s'en fiche. Vous avez le droit de continuer tous les deux ^^

Reever: T'ai je déjà dit que je t'appréciais ?

Moi* touchée, voudrait le prendre dans ses bras mais connaissant Komui ne fait rien*Non.

Komui : On dirait que c'est fait alors. Et que ton proverbe marche aussi pour l'auteur...

*va dans le dos de l'auteur et la pousse directement dans les bras de Reever* Autorisation spéciale.

Moi:* tout sourire *Alligato Komui sama !

Johann : *soupire * Ce qu'il ne faut pas voir...

Komui : Johann ? Cours. * sort sa perceuse et le poursuit sous ses cris furieux et apeurés*

Reever *gêné *Bon voilà la suite de la fic *me lâche brusquement* et je vous laisser je vais encourag...Euh travailler... *s'enfuit*

Moi : Il est chou ^^

Chapitre 7 : Ces liens qui font mal

Reever ouvrit les yeux et remarqua tout de suite qu'il ne s'était pas vraiment couché de manière normale. Et sa tête lui faisait un mal de chien. En même temps à quoi s'attendait il en s effondrant hier soir en pleurant de la sorte ? Et le mal de tête, probablement sa punition pour ne pas avoir réussi à le retenir. Il soupira et avec une grimace se redressa en position assise, jetant un regard à son horloge. Trois heures du matin. Il eut un sourire. A cette heure ci, Greimbaum devait être couché. Enfin, si il était normal ce dont doutait Reever..Et puis il avait pris du retard dans sa paperasse, avec les événements de ces derniers jours. Et puis un peu de silence et de solitude réelle lui ferait du bien décida t'il. Il se leva, prit sa douche et songea avec agacement, qu'il n'avait pas d'aspirine. Et mince. Et à cette heure ci, l'infirmière devait dormir. « Bah songea t'il, il faudra bien que dans les jours à venir je m'habitue aux pires conditions sachant que je vais devoir travailler avec Greimbaum et sans Komui... » A cette pensée, son cœur se serra. Ce salaud de Greimbaum comment il avait joué sur ce souvenir...Comme si il l'avait connu. Peut être après tout. Tout ne pouvait pas relever du miracle.

Komui...A l'heure qu'il était, où pouvait bien il être ? Probablement déjà en France. Voir même déjà ailleurs. Il lui faudrait environ un mois pour être en Chine. Un mois de tranquillité au moins pour lui. Cela le soulageait un peu. Greimbaum ne pourrait pas trop le traumatiser. Mais il savait que comme lui, il souffrirait dans son coin et forcément il essaierait de se taire à ce propos et essaierait de ne pas lui écrire. Mais en tout cas, lui n'aurait de cesse de continuer à lui écrire, au moins pour ne pas couper entièrement ce lien profond de six ans qui les unissait et les mettait très souvent l'un à côté de l'autre. Ce lien que deux ordures avaient brisés d'un seul coup. Le poing de Reever se crispa et l'idée d'aller plutôt sur le terrain d'entraînement au tir lui passa par l'esprit. Cela lui permettrait de faire un peu le vide de son esprit, d'évacuer un peu sa tristesse, son écœurement, sa rage, son dégout. Au moins pour quelques minutes. L'idée effleura son esprit et bien qu'il en ai très envie, il dut se faire violence. Certes, Komui aurait été étonné de ce manque de zèle mais l'aurait accepté et ce serait même certainement incrusté(ce qui n'aurait pas été pour lui déplaire) mais pas Greimbaum qui cherchait le moindre prétexte pour lui tomber dessus. Et la paperasse en retard en était un magnifique et même si ses hommes, loyaux, essaieraient de le couvrir, forcément l'autre ne serait pas dupe et Peck le dénoncerait vu la haine (réciproque) qu'il entretenait à son égard et son envie de prendre sa place. Alors autant limiter la casse. Il soupira et se dirigea vers ses laboratoires. Alors qu'il allait y entrer il entendit une conversation qu'il le fit suspendre son geste quand il reconnut la voix de Peck qui s'était faite mielleuse:

« Grand Intendant, le Commandant a accumulé trois jours de retard sur son bureau. Il faudrait penser à le réprimander...

Comme il le pensait, cette punaise venait de cafter en beauté...Et donc pas de bol, Johann était là...Pas endormi.. Mais c'était un mutant ou quoi ? Sur ces pensées, et se préparant mentalement à affronter l'Intendant malgré son mal de tête,Reever allait rentrer pour leur montrer à tout deux qu'il venait rattraper son retard et les faire taire, lorsque soudain résonna la voix de Johann durement :

- Mêlez vous de ce qui vous regarde, Mr le Commandant de la section numéro 2. A ce que je sache la délation n'a causé que des torts et divisé très souvent. Or vous conviendrez avec moi que ce que nous devons faire est rester uni contre notre ennemi commun. Si nous commençons à nous tirer dans les pattes les uns les autres pour les hautes places, où va t'on ? De toute manière, je sais de source sûre que quelques dossiers en retard n'ont jamais été un gros problème pour le Commandant Reever. Alors ne vous inquiétez pas de la qualité de celui ci, je suis sûr qu'il sera fait avant que n'ayez eu le temps de dire «ouf » Ce qui n'est pas votre cas, vu que vous avez des dossiers en retard et trois fois plus que lui. Alors dénoncer quand on est dans le même cas... C'est pathétique. Et oui, Komui m'a bien informé avant de partir. Il n'était pas complètement idiot même si j'aime à le penser.

Reever en resta interdit. Le glaçon venait de le défendre ? Pourtant, il aurait pensé qu'il aurait plutôt eu tendance à le descendre en flèche... Il était décidément imprévisible.. Et soudain un évidence le frappa. Il attendrait certainement quelque chose en retour, ce qui expliquerait son geste. Parce qu'il le voyait mal faire quelque chose gratuitement... Et cela glaça son sang. Et soudain, Greimbaum se dirigea vers la porte du laboratoire qui était vitrée et l'ouvrit et avec un grand sourire il s'exclama :

- Alors Commandant vous restez à la porte, ou vous rentrez ?

Mais Reever n'eut pas le temps de rétorquer quoi que ce soit. En effet, Peck était devenu blême et muet et c'était un spectacle si amusant car si rare, lui toujours si sûr de lui qu'il chassait tout le reste. Johann en voyant qu'il ne répondit pas et qu'il souriait, se retenant de rire, tourna son regard vers ce que regardait Reever et vit Peck. Et un sourire sadique se dessina sur ses lèvres et il prit un ton compatissant:

- Vous ne vous sentiriez pas bien, Mr Peck ? Vous êtes blafard. Venez, allons voir l'infirmière en chef, je suis sûre qu'elle sera ravie de venir en aide à un pauvre scientifique en détresse qui n'a pas daigné se faire soigner alors qu'il était malade et qui a voulu se soigner lui même... Et pas de discussions possible. Je ne laisserai pas un employé sans soutien...

Là, Reever ne put se retenir de rire. Car de blafard, Peck était devenu livide, comme un cadavre. Car il savait que si il allait voir l'infirmière alors qu'il l'avait snobé toute la sainte journée d'hier, il allait au devant de TRES GROS problèmes. Il ne ressortirait pas intact du tout de sa confrontation avec elle,vu son sadisme et encore moins si l'on la tirait du lit à trois heures du Johann eut un léger sourire en entendant cela avant d'aller derrière Peck et de le pousser devant lui alors que celui ci s'était raidi et qu'il s'exclamait en pure perte :

- Mais Grand Intendant je vais bien.. je vous jure...

Johann eut un sourire paternel et s'exclama :

- Je préfères ne pas prendre de risques. Vous ne voudriez pas rendre malade toute la Section Scientifique avec un virus non guéri et encombrer encore plus votre bureau de dossiers ? D'autant que je tolère un peu de retard mais pas des masses non plus. Vous ne voudriez pas vous mettre d'emblée le Grand Intendant sur le dos, je me trompe?

Pour la première fois depuis qu'il connaissait Johann, Reever fut heureux que celui ci semblait connaître assez vite les gens qui l'entouraient et sache appuyer là où cela fait mal. Parce que là il réussissait un tour de force. Mettre dans l' embarras l'inhumain chef de la seconde section et en plus le remettre à sa place, quelque chose que Komui n'avait jamais osé avec autant de panache. Et rien qu'à la pensée de Komui, son rire mourut sur ses lèvres. Avant qu'il ne revienne lorsqu'il entendit soudain venant d'un couloir plus lointain un cri aigu :

- NON GRAND INTENDANT ! JE NE SUPPORTE PAS LES INFIRMIERES, JE VOUS EN SUPPLIE !

- Moi non plus. Et pourtant quand je suis malade j'y vais pour éviter que mes collègues ne tombent malades. Et j'évite de crier à trois heures du matin pour ne pas réveiller mes pauvres collègues qui n'ont que si peu de sommeil devant eux.

Reever éclata de rire seul dans les laboratoires en entendant le tout. C'était si rare de voir Peck en position de faiblesse vis à vis de quelqu'un d'autre. Et en plus Johann venait de lui livrer son point faible. Ainsi il avait peur des infirmières ? Remarque avec la sadique qu'ils avaient, c'était logique...

De quoi traumatiser à vie un individu. Mais c'était amusant de s'imaginer que le grand Peck, le prétentieux Peck avait peur d'une infirmière de rien du tout. Et qu'il criait comme une petite fille de dix ans. Et en cet instant, Reever aurait voulu que Komui puisse voir cela. Et qu'ils en rient ensemble. Et son rire mourut à nouveau sur ses lèvres. Et une petite larme solitaire échappa à son contrôle et se fraya un chemin le long de sa joue avant de se perdre dans son cou. Reever essuya d'un revers de main les suivantes et chassa avec un soupir les souvenirs de Komui qui s'agitaient maintenant en lui. Il le revoyait appuyé contre son bureau, lisant un rapport malgré les exhortations de Reever de s'asseoir sur une chaise comme tout le monde. Mais il n'était pas « tout le monde ». Oh non, il était lui. Komui Lee. Le vrai Intendant. L'homme qu'il aimait. Le frère de Lenalee. Son fou à lui et à elle. Celui qui lui manquait. Le maître de son cœur et de ses larmes. Le seul qui puisse illuminer ses journées comme il le faisait de par son sourire communicatif, ses bêtises incessantes. Et c'était tant mieux.

Mais tout cela, ne le ramènerait pas. Tout cela était vain. Alors que le travail, lui en plus de lui donner un échappatoire, lui permettrait d'éviter d'être viré et donc de pouvoir le ramener. Alors malgré la souffrance, il se dirigea vers ses dossiers et s'immergea dedans , même si son cœur et sa tête qui se rappelait maintenant à lui n'y étaient pas. Il était en pleine rédaction d'un paragraphe lorsque soudain résonna la voix de Greimbaum, le faisant sursauter.

- C'était vraiment quelque chose d'emmener cette punaise. Je n'oublierai jamais sa tête. C'était excellent. Dommage que vous n'étiez pas venu. Vous auriez encore bien ri, je vous assure.

Il était appuyé contre son bureau dans cette même pose que Komui prenait parfois. Les deux mains sur le bureau, regardant devant lui. Et cela serra le cœur de Reever en reconnaissant cette même manière de se positionner. Mais il refusa de laisser paraître sa douleur qu'il crut que Johann ne vit pas. Alors qu'il le perçut et qu'il se dégagea du bureau reculant. Et Reever sans se laisser faire s'exclama:

- Vous n'en avez pas assez de surgir de nul part ?

Johann sourit et s'exclama, reconnaissant ce moyen de se cacher comme Komui pouvait aussi sortir:

- Non. C'est vraiment amusant de surprendre un homme tel que vous.

- J'imagine grogna Reever, dont l'étonnement et la reconnaissance s'amenuisait quand il se rappelait à QUI il devait cela. Au voleur cynique. Qui allait lui demander quelque chose en retour certainement. Et qui agissait sans raison apparente alors que chez lui, il devait bien y avoir une raison. Tout chez lui respirait le calcul. Et avant qu'il ne puisse s'en empêcher, il s'exclama :

-Pourquoi ?

Johann qui déjà s'en allait s'apprêtant à lâcher son coup ultime en même temps, surpris, s'arrêta et le regarda. Son regard le regardait fièrement dans les yeux sans peur. Alors que si il le voulait, il pourrait le disputer de vouloir savoir. Il était vraiment courageux. Vraiment. Il commençait à comprendre la raison pour laquelle Komui avait été fasciné par cet homme. Il n'avait pas froid aux yeux et quand quelque chose ne lui plaisait pas, il le disait clair et net. Il savait bien que ce n'était pas la seule raison, mais l'une d'entre elles l'était. Et le courage était une chose qui avait toujours manqué dans les gens qui l'entouraient. A part Komui et cet homme tous les gens qu'ils avaient connus étaient des lâches ou de paranoïaques. Surtout LUI. Dont il portait encore sous le masque les terribles marques, ses terribles cicatrices qu'il avait laissé comme souvenir. Mais il se maudit lui même. Il ne devait plus penser à lui. Ou alors, il passerait un coup de fil pour qu'on le tue là où il est, tentation qui allait s'installer maintenant qu'il était le chef. Mais tout cela était du passé, non ? Et devant ce courage qu'il admirait, Johann murmura d'une voix douce :

- Parce que je n'ai que peu d'estime pour les délateurs. Et encore moins pour les lâches, ce qu'il est manifestement. Il a mérité sa punition.

Et il espéra que l'autre ne verrait pas au delà de sa carapace. Qu'il ne lirait pas en lui cette raison stupide et complètement humaine qu'il avait en plus des deux précédentes. « Protéger celui que Komui apprécie ». A laquelle il essayait de se persuader qu'il ne répondait pas. Dont il était presque sûr que cela ne venait que parce qu'il n'avait pas dormi. Et pour lui ôter tout soupçon au cas où et se convaincre définitivement, il s'exclama, pour le blesser et éviter qu'il ne se rendre compte de cela, de cette humanité et qu'il continue à le détester:

- Je n'ai pas l'impression que Komui le faisait beaucoup, de le remettre à sa place... C'est injuste. Il te laissait sans protection...

Et cela ne manquât pas la douleur vint embraser son regard.,en même temps qu'un éclat d'un autre type. Qui laissa perplexe mais guère longtemps, Johann puisque Reever répliqua :

- Il avait d'autre choses à faire.

- Oh vous avez utilisé l'imparfait ! Vous me reconnaissez donc comme le nouvel Intendant dit il, avec un sourire suffisant.

- Jamais. Moi vivant jamais lança Reever le regard ardent et maintenant furieux. Et ses pensées apparurent presque claires comme de l'eau de roche à Johann. « Comment j'ai pu rire de ce qu'il a fait à Peck ? Comment j'ai pu croire que cet homme était capable de de défendre quelqu'un ? Il ne pense qu'à lui et la vraie raison ne va pas tarder à tomber j'en suis sûr... Il ne sait faire que le mal. Et dire que j'ai failli y croire à son histoire. Je suis vraiment trop bête...»

Johann en voyant cela ne put retenir un petit gloussement. Objectif atteint. Et maintenant il pouvait revenir au plan initial et lâcher le principal moteur de son action. Il ronronna :

- Vous me devez une FAVEUR maintenant, Commandant.

Au ton de sa voix, Reever se figea. Il n'aimait pas cela. Pas du tout. Il avait un très mauvais pressentiment. Et dire qu'il avait semblé à Reever que quelques minutes plus tôt, Greimbaum avait semblé humain, gentil et prévenant. Mais comment un individu pouvait il passer de la gentillesse à une telle méchanceté aussi vite ? Non tout devait être calculé et au ton de sa voix, il avait bien l'impression que tout ce qu'il avait fait DEVAIT mener à cela. Mais une part de lui, peut être la part trop gentille, continuait à persister à croire que cela ne relevait pas totalement d'une manipulation mentale. Que c'était encore cette part d'humanité qui se manifestait en lui. Et une ombre passa dans le regard de Johann qui s'exclama:

- Évidemment, j'avais tout prévu. Enfin, je vous l'ai dit je suis dangereux et j'aime à m'amuser. Et vous êtes un jouet assez intéressant à mettre en situation.

Ainsi il suivait le cours de ses pensées. Il essayait de le vexer et cela marchait. En partie. Parce qu'il avait toujours l'impression que c'était une comédie destiné à le monter plus contre lui.

- J'aimerai susurra t'il, que vous me serviez de soutien psychologique en allant voir le désastre de papiers dans le bureau de Komui, que vous m'aidiez à ordonner cela et que vous m'aidiez à transporter les papiers qu'il a du laisser à la Congrégation. Parce que même moi, devant des montagnes aussi colossales ait besoin de soutien. Et vous ne POUVEZ pas refuser. Ou je trouverai un truc bien PIRE à faire. Estimez vous chanceux et que je sois de bonne humeur après mon triomphe de ce soir.

Là toute reconnaissance s'effaça sous les sous entendus de victoires et les menaces qui lui chauffèrent et glacèrent le sang à la fois. Et l'horreur de l'action demandée le frappa et l'énerva. Il voulait qu'il effaça lui même Komui. Qu'il effaça l'homme qu'il aimait comme cela. Mais il ne le pouvait pas. Ne le voulait pas. Et soudain, il réalisa quelque chose Ce qui le fit rire en lui même. Ah, il croyait que Komui lui avait laissé quelque chose ? Il allait vite déchanter. Très vite.. Mais il se résolut à n'en rien laisser paraître et s'exclama, en soupirant :

- Je n'ai pas le choix, hein ? Et vous me harcèlerez si je ne fais rien ?

- Comment avez vous deviné ? S'exclama joyeusement Johann de ce ton à nouveau sadique à souhait, qui faisait maintenant douter Reever de cette possible humanité sous la surface.

- Je commence à vous connaître simplement commenta Reever.

- Tu ne me connaîtra jamais entièrement. J'y veillerai personnellement.

Son regard s'était fait dur et s'y entremêlait...de la peur ? Chez Johann ? Mais de quoi ? Qu'il le connaisse vraiment ? Reever intrigué aurait voulu l'interroger sur cela mais l'éclat avait déjà disparu, comme un rêve déjà effacé et l'autre lui attrapa le bras en lui susurrant à l'oreille:

- Allons y.

Mais Reever n'apprécia pas cette proximité. Et sa tête non plus. Mais il évita de montrer la douleur que lui provoquait ces mots si près de son oreille. Et ignora l'insanité qui se dégageait de ses deux mots. Il se dégagea précipitamment en s'exclamant :

- Je vous ai déjà dit de vous soutenir seul.

- Tu ne dirais pas cela si j'étais Komui, hein ? Tu adorerai qu'il te prenne dans ses bras et qu'il...

- LA FERME rugit Reever ivre de rage et de douleur. Il ne pouvait plus se contenir devant tant de sous entendus et de recherches de souffrance en évoquant quelque chose qu'il aimerait bien et que l'autre avait rendu impossible. Il était définitivement malsain. NE PARLEZ PAS DE CE VOUS NE SAVEZ PAS ET NE COMPRENEZ PAS, NE POUVEZ PAS COMPRENDRE !

Il ne pouvait pas comprendre. Non, il ne pouvait pas. Lui ce sans cœur, qui au fond en avait peut être un comme parfois cela semblait et comme Komui l'affirmait...Et si il savait, il était bien capable d'user cela comme moyen de pression, déjà qu'il en avait un magnifique. Donc deux dangereux vu que... Pas sûr en effet que Luberrier soit pour l'homosexualité...

Et Johann eut un petit rire en réponse un peu méprisant. Et ce fut en allemand qu'il s'exclama:

- Détrompez vous, je le sais. J'en sais même plus que vous, j'en suis sûr. Mais pas de panique, je ne vous dénoncerai pas. Parce qu'entre autres raisons je ne suis pas un délateur. Et puis aussi du au fait que bientôt, ce n'est plus qu'une question de temps, mon passé ressurgira car..hmm... Comment disait Komui ? ..Ah oui... Je suis un funambule qui ne vit que sur un fil fragile dans le présent car celui ci est entouré de fantômes qui sans cesse le poursuivent et manquent de le faire perdre pied à chaque pas. Et que j'ai payé très cher une errance du même type. Alors dénoncer parce que je suis dans le même cas..Désolé, j'ai fait la leçon à Peck, ce n'est pas pour ne pas appliquer à moi même cette chose.

Reever resta interdit. Ces phrases étaient lourdes de sens. Non seulement, il venait de révéler qu'il était aussi épris d'hommes, mais en plus qu'il avait déjà été amoureux et en avait souffert et son « j'en sais plus que vous », il le sentait d'instinct, avait un double sens et qu'il n'était pas non plus un délateur hypocrite complètement. Même si il ne comprenait pas vraiment ce que l'autre voulait dire. Et sa voix avait vibré encore une fois d'une légère souffrance, prouvant qu'il y avait bien un peu d'humanité qu'il n'avait pas imaginé et qui était resté assez longtemps pour qu'il la sente. Et tout ces renseignements avaient effacé la douleur et la jalousie de cette camaraderie qu'aurait pu amener la mention de Komui et de ses souvenirs. Qui devait être le but de Johann. Le torturer avec. Mais sur le coup il avait mal dosé cela et l'effet était nul. Mais à nouveau le masque se mit en place et d'un ton excessivement joyeux il s'exclama résolu à le blesser :

- Allez allons voir le désastre qu'à laissé mon prédécesseur que j'aimerai ne pas connaître !

«Prédécesseur » Komui réduit à un simple mot. L'homme génial, fou qu'il aimait tellement, réduit à un simple mot qui le désignait du passé. Qui effaçait en un instant tout le moments passés dans la Congrégation. Et Reever se prit de plein fouet cette douleur qu'il ne put contourner. Mais qu'il essaya de retenir du mieux qu'il put. Pour ne pas se montrer faible. Et puis il se souvient de la surprise qui allait attendre Johann. Et un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Que l'autre ne perçut pas, trop absorbé dans ce futur triomphe que c'était pour lui de bientôt obliger Reever à effacer lui même toute trace de Komui. Et il ouvrit la porte du bureau s'attendant à être submergé par des documents...et trouva le néant. Pas un document ne traînait dedans. Vierge. Il en resta hébété, d'une manière si amusante que Reever ne put retenir un rire. On aurait dit un poisson hors de l'eau qui suffoquait et c'était si peu commun que c'en était très amusant.

« Décidément songea Reever, la roue tourne » Le regard de Johann se tourna vers lui. Ses yeux s'étaient réduits à deux fentes et il 'exclama d'un ton dangereusement bas et sifflant, d'une colère qui couvait :

- Vous le saviez, hein ?

- Oui mais je dois avouer que vous voir attrapé comme cela est réjouissant même si je m'en doutais et on ne pourra nier que je vous ai rendu un service. Je vous ai accompagné et je vous aide en vous révélant qu'il n'y a rien qui traîne ici s'exclama Reever avec un grand sourire. Il avait conscience qu'il jouait avec le feu mais il n'allait pas s'en priver. Pas après toutes les misères qu'il lui avait déjà fait.

- A part cette feuille là bas s'exclama triomphant Johann en désignant le bureau sur lequel en effet traînait une feuille. Amenez là moi je veux voir ce que cet idiot à oublié. On va voir si il a oublié quelque chose de crucial, comme l'imbécile qu'il est.

Il avait un sourire mauvais. Reever comprit qu'il était à la recherche du moindre triomphe sur Komui. Et Reever se prit à espérer que ce n'était pas un document important, ce qui l'empêcherait d'exulter. Et donc adoucirait aussi sa peine et sa rage de l'avoir vu insulté. Et obéissant, puisque Johann semblait non loin de la crise de nerfs, il prit la feuille entre ses mains. Johann lança :

- Lisez là.

Et quand ses yeux se posèrent sur les premiers mots de la feuille, toute la rage disparut et il éclata de rire devant cette feuille et il murmura entre deux éclats de rire :

- Komui..Tu es un génie...

Même loin comme il était il l'aidait...

- Quoi ? Qu 'y a t'il de drôle ? Aboya Johann relativement agacé, ce qui n'arrangea pas le rire de Reever, tant sa tête furieuse était drôle. Reever planta son regard dans le sien montrant tout son amusement et quand son rire se fut un peu calmé il se mit à lire les mots tracés par Komui se mettant progressivement à chanter sans même s'en rendre compte.

Il était un petit Johann

Qui n'avait jamais jamais jamais dirigé

Ohé ohé Intendant, tu croyais m'attraper

mais au final ce sera toi qui sera pêché

Il partit pour la Congrégation sans se douter qu'il trouverait

Sur son chemin plus malin que lui

Ohé Ohé Intendant

que voici est attrapé

Lui qui croyait que je laisserai tout en plan pour qu'il s'installe

Ohé Ohé Intendant

les dossiers bleus ont pris la poudre d'escampette

vers d'autres horizons, c'est ballot

Et te voilà sur le parvis choqué, outré

A se demander où ce malade de Komui a encore été pêché

cette stupide chanson dont tu auras à cœur d'en prendre l'ombrage

Jo- Tan. (1)

Certes Reever ne comprenait pas vraiment ce que Komui entendait par ces dossiers bleus ni pourquoi il usait d'un surnom débile mais en tout cas...cela fit son petit effet qui fit rire Reever encore.

En effet à ces mots Johann blêmit et soudain arracha le papier des mains de Reever et dessus reconnut l'écriture de Komui. Et il poussa un cri de rage en criant ,:

- ESPECE DE... ESPECE DE... CA DOIT T AMUSER HEIN KO- NYAN DE LA OU TU ES ?

NON CONTENT DE TE MOQUER DE MOI, FALLAIT EN PLUS QUE TU USES DE CE STUPIDE SURNOM QUE TU M AS DONNE IL Y A LONGTEMPS ! ET EN PLUS...T AS LAISSE TRAINER SES SALETES DE DOSSIERS DE..JE VAIS LE TUER ! BON SANG CE QUE JE LE HAIS !

- Allons allons rit Reever vous connaissez Komui, il taquine toujours beaucoup, c'est le signe qu'il vous apprécie...

Si ces souvenirs étaient bons, il ne supporterait pas cela. Il lui rendait la monnaie de sa pièce, après tout. Pour une fois qu'il le tenait, il n'allait pas s'en priver...Et cela ne rata pas.

- ARGH DEHORS ! TOUT DE SUITE !

Et pour bien enfoncer le clou, Reever fit une révérence avec un grand sourire en s'exclamant :

- Avec plaisir, Jo Tan.

-ARGH N'USEZ JAMAIS DE CE SURNOM !cria Johann en empoignant une volée de plumes derrière lui et les jetant vers Reever qui les esquiva rapidement avec un grand sourire. (2)

- Vous ne savez pas viser, dis donc. Et quel sens de l'humour...Pathétique.

Johann furieux lui désigna la porte d'une plume. Reever ne put retenir un rire et sortit. Et tout le long du chemin pour retourner aux laboratoires, il ne put s'empêcher de rire. Et de remercier Komui pour ce moment d'anthologie. De lui avoir permis de se venger et de le venger en partie. Maintenant il était de bien meilleure humeur que ce matin...Mais sa tête toujours aussi douloureuse. Même plus. En même temps avec les cris... Mais cela en valait le coup...

Il sourit. Il ne valait mieux pas aller voir l'infirmière vu les dossiers en retard qu'il avait. Il avait assez joué avec le feu aujourd'hui. En tout cas, il avait un moyen de pression lui aussi. . La petite chanson et le surnom. « Merci Komui » songea t'il en riant. Cela ne serait peut être pas très efficace longtemps vu qu'il essaierait de s' immuniser contre cela pour ne pas se faire avoir deux fois vu qu'il ne semblait pas supporter la faiblesse, mais cela pourrait aider un peu. Et puis il devrait s'attendre à des représailles. Mais en tout cas, il s'était vraiment amusé avec cela. Trop pour qu'il pense aux séquelles maintenant. Il eut un sourire et s'immergea à nouveau dans ses dossiers. Mais le mal de tête se fit plus persistent au point que au bout d'une heure, Reever n'arrivait plus à se concentrer. Il soupira pensant déjà à Peck qu'il allait devoir rejoindre et dont il entendrait les commentaires désobligeants. Et bizarrement, une odeur bizarre commençait à remplir la pièce. Comme de la marjolaine. Mais ce n'était pas normal non? Et soudain, une tasse se déposa sur son bureau. Surpris, Reever releva la tête. Pour rencontrer le regard de Johann. Qui eut un sourire plutôt gentil.

- Une infusion de marjolaine contre les maux de tête est très efficace. Croyez en ma longue expérience.

Reever secoua la tête légèrement amusé et surpris par ce regard gentil et s'exclama :

- Vous n'en avez pas assez de m'espionner ?

- Non je suis solidaire des maux de tête. C'est pas pareil protesta Johann. Puis il s'éloigna déjà en lançant :

- Et c'est un service gratuit. Par solidarité pour les maux de tête qui empêchent de faire le travail, entendons nous bien. Pour que vous puissiez travailler. Et je ne l'ai pas empoisonné. Je me balade toujours avec de la marjolaine sur moi c'est pour cela que j'en ai.

Mais Reever avait vraiment l'impression que ce n'était pas que pour le travail, mais plutôt par gentillesse...Parce que ce sourire était trop sincère pour ne penser qu'au travail. Il y avait bien donc en lui un homme aussi... Et il s'exclama à voix forte et intelligible même si c'était à un ennemi parfois:

- Merci.

- Mais de quoi ? Je ne vois pas de quoi vous parlez se défendit Johann comme si il essayait de remettre ce masque.

- Si vous vous ne savez pas de quoi il retourne, moi je le sais sourit il.

-Tant mieux pour vous » s'exclama Johann en passant la porte.

Ainsi donc oui, Johann pouvait être gentil « On dirait bien Komui que tu ne t'es encore une fois pas trompé sur quelqu'un» sourit il.

OoO

« Commandant, vous venez on va manger ? Lança la voix de Johnny qui arracha Reever d'un dossier. Avec un grognement car n'aimant pas être interrompu dans ses dossiers et ayant perdu toute notion du temps , Reever grommela :

-Pourquoi ? Il n'ait même pas onze heures !

- Sauf votre respect, Commandant, il est près de une heure nota Rob amusé.

-QUOI ? S'exclama Reever sursautant et regarda l'horloge. Qui en effet indiquait une heure. L'heure à laquelle ils allaient en général manger, la section scientifique et le Grand Intendant. Qui comme d'habitude refuserait de manger, Lenalee étant au loin...Avant que Reever ne réalise. Cela ne se produirait plus jamais. Komui était parti. Et son cœur se serra à nouveau. Comment avait il pu oublier ce détail ? Cet énorme détail si triste ? Il était si impardonnable...Une ombre passa dans son regard et soudain une pensée le frappa. Celui qui viendrait manger à la place de Komui maintenant serait Johann. Et à n'en pas douter, il ne serait pas d'humeur aimable après ce qu'il avait fait. Il lui préparait certainement un coup fourré. Peut être valait il mieux ne pas aller manger, vu qu'il avait en plus de tout cela un mauvais pressentiment. Aussi fit il un signe de tête négatif avec un petit sourire. En plus, il ne sentait pas vraiment le cœur de manger alors que rien n'était comme avant. Mais Johnny et Rob ne le virent pas de la même manière. Chacun d'eux attrapa soudain un de ses bras, poussant Reever à s'exclamer surpris et se prenant à penser que c'était un complot de Greimbaum:

-On peut savoir ce qui vous prend ?

- Aucune personne dans la Scientifique n'a envie de vous laisser déprimer Commandant. Et Jeryy ce matin voulait vous parler expliqua Johnny avec un grand sourire sincère. Et un regard à tout le autres lui apprit toute la sincérité de ce geste. Reever eut un léger sourire pour les rassurer et s'exclama:

-D'accord, je me rends. Mais je peux me soutenir seul. Et je continue à maintenir que je vais bien.

Après tout il ne voulait pas les inquiéter avec tout cela. Mais les regards réprobateurs des autres lui apprit qu'ils n'étaient pas dupes. Et mince. Ils le lâchèrent mais le regardèrent en cas où il voudrait leur fausser compagnie. Comme il le faisait lui même avec Komui quand il allait l'obliger à manger.

C'était terrible de voir cette ressemblance entre avant et aujourd'hui et de savoir pourtant que que tout avait changé. La vie continuait malgré tout ealors que lui cela le blessait et qu'il était arrêté avec l'obligation de continuer encore. Pourquoi fallait il que cela soit arrivé ? Pourquoi le Seigneur jouait il ainsi avec son cœur ? Qu'il lui inflige de tel tourments ?

Ce n'était pas juste. Non...Il sentit soudain une main sur son épaule. En tournant la tête, il vit Johnny qui lui sourit avec douceur, lui prodiguant un peu de soutien. Mais celui ci avait un goût amer, puisque Johnny ignorait la raison de sa tristesse que si il connaissait, il ne prodiguerait certainement pas.

Mais il ne le saurait jamais, il se le promit. Et il fit semblant de s'intéresser à la conversation qui se déroulait au même moment. Et son sang ne fit qu'un tour quand il se rendit compte de qui on parlait:

- Vous croyez qu'il viendra manger avec nous ? Il m'a l'air si maigre qu'on dirait qu'il est anorexique... commenta un scientifique

-Peut être que le nouvel Grand Intendant s'estimera trop bien pour nous commenta Peck d'un air suffisant. Ah, apparemment il était revenu intact physiquement et mentalement de son séjour à l'infirmerie...Quoi que vu l'état de son oreille, pas si intact...Et n'avait pas apprécié ce moment vu la manière dont il parlait de Johann...Et il était poursuivi par Johann même absent. Qu'avait il fait au juste pour cela ? Il ne pouvait pas le laisser tranquille un peu ? Ou c'était amusant de le traumatiser même dans les discussions ? Reever avait envie de s'enfuir devant cela mais la curiosité de savoir ce que lui voulait Jeryy fut plus forte. Et ce n'était pas parce qu' une petite peste d' Allemand glacé était là qu'il devait oublier et mépriser ses amis. Enfin, les amis de Komui, vu qu'il était plus proche de Komui. Alors pourquoi donc voulait il lui parler ?

« Probablement à cause des événements d'hier réalisa t'il, savoir si j'étais au courant vu qu'à part les personnes encore présentes dans la Congrégation,lui et moi sommes les seuls très proches de Komui et que Komui ne lui avait pas dit » Enfin si c'était juste cela, cela le déprimerait puisque la moindre évocation de Komui à l'oral était douloureux et réveillait des souvenirs et qu'il serait obligé de lui mentir probablement.

Et ce lieu ne s'était pas encore débarrassé de la présence de Komui. On pouvait encore sentir cette aura de folie imprégner ses murs. Comme si il était toujours là. En même temps il n'était pas parti depuis longtemps. C'était comme si le bâtiment dormait encore d'un sommeil profond qui faisait de lui le seul ignorant de la nouvelle.. Mais ce n'était qu'une question de temps. Bientôt la présence de Komui s'effacerait de ce bâtiment comme il s'effacerait des cœurs. Et ces pensées faisaient mal. Mais Peck interrompit ce flot de pensées en s'exclamant un sourire vicieux aux lèvres:

-Au pire, nous enverrons le Commandant aller le chercher vu qu'ils ont l'air de s'entendre relativement bien...

Reever se figea d'un seul coup. Quoi, de l'extérieur, il avait l'air de l'apprécier ? Puis au sourire vicieux de Peck il comprit qu'il se vengeait. En retour un sourire sadique vient danser sur ses lèvres. Si l'autre croyait qu'il allait l'avoir comme cela... Il s'exclama à voix haute :

- Au fait quand est ce que l'on doit passer la visite médicale ?

Peck devient blême et soudain murmura :

- Vous m'excuserez, j'ai des dossiers en retard... avant de se sauver après un regard assassin à Reever qui ne put s'empêcher de rire.

C'était un coup bas, mais il l'avait cherché. Vraiment. Pendant ce temps,toute la section scientifique le regarda stupéfaite partir puis se tourna vers Reever unanimement interrogative. Alors Reever, voyant leur stupéfaction avec un sourire leur expliqua :

- Il a eu le malheur de tenter un sale coup et cela s'est retourné contre lui. Et j'ai récupéré grâce à cela son point faible. Les infirmières.

- Efficace en tout cas rit Johnny vite suivi par les autres. Et qu'est ce qu'il a fait au juste ? Rajouta t'il.

- Il a tenté de me dénoncer à Mr Greimbaum. Qui n'apprécie pas apparemment les délateurs et a exploité son point faible s'exclama Reever hésitant sur la manière d'appeler Johann. Avant de se décider de dire Mr Greimbaum. Puisque pour lui, il ne serait jamais le successeur de Komui.

Les autres le regardèrent stupéfaits en entendant cela et Johnny commenta avec douceur :

- C'est vrai ça fait bizarre de dire que Le Grand Intendant n'est plus Komui. Je comprends que vous ayez encore du mal. Mais vous verrez tout ira bien.

« J'en doute. J'en doute sincèrement songea Reever. » Mais il n'en laissa rien paraître. Et écouta les discussions des autres, faisant même semblant de rire à leurs propos. Mais le cœur n'y était pas. Il se sentait incompris. Mais c'était normal, vu le silence qu'il devait faire..« Est ce que c'est ce que tu as ressenti Komui ? Se demanda t'il. Et où es tu ? Est ce que tu penses à moi de là où tu es ? Est ce que je te manque ? » Et arriva en face d'eux soudain Johann qui tenait dans ses bras repliés contre lui un dossier. Près de lui se tenait Luberrier et..une femme étrange. Elle avait des yeux violets et des longs cheveux bruns attachés en couettes, un peu comme Lenalee et comme celle ci elle semblait toute frêle. Mais elle portait un uniforme très différent de ceux que pouvaient déjà avoir vu Reever. C'était un uniforme qui soulignait toute les courbes du corps, composé d'un leggins noir et d'une jupe assez courte, de grandes bottes noires très fines et d'une veste semblable à celle que pouvait porter des Exorcistes totalement unie. Dessus aucune nuance de blanc ni de rosaire. Et à la ceinture elle portait deux revolvers de gros calibres argentés, semblant couverts de volutes bleus. Pas le genre de personne avec qui plaisanter visiblement. Et pas si frêle qu'elle en avait l'air. A côté de lui, Johnny murmura :

-Commandant, vous avez déjà vu une telle personne avec un tel uniforme ?

-Non jamais et pourtant cela fait six ans que je travaille ici chuchota Reever.

Soudain la fille chuchota quelque chose à Johann qui eut un léger rire. Avant que Luberrier ne la foudroie du regard. Subitement elle se tut et regarda droit devant elle. Et ses yeux croisèrent ceux de Reever. Et ils s'écarquillèrent à la grande surprise de Reever. Et elle murmura quelque chose dans une langue étrange que Reever n'avait jamais entendu. Et pourtant il connaissait beaucoup de langues. Et quelle ne fut pas la surprise de Reever quand Johann répondit dans la même langue et que son regard se tourna vers Reever. Quand il le vit, il eut un petit sourire un peu étonné et son regard brilla d'une lueur intéressé qui ne rassura pas Reever. Puis ceux ci disparurent dans la cantine à l'exception de Luberrier qui tourna les talons au dernier moment en lançant un bonjour de circonstance à la section scientifique que celle ci lui retourna, bien qu'encore étonnée. Même Reever même si une haine farouche s'était réveillée en contemplant le visage de l'homme qui avait blessé et chassé Komui. Mais il eut été dangereux de ne pas retourner le salut de Luberrier. Alors il s'exécuta.

Soudain, Jeryy sortit de la cantine, peu après que Johann et la jeune femme y soit rentré et avisant Reever son visage s'éclaira et il se dirigea vers lui en s'exclamant :

- Enfin vous daignez vous montrer Commandant ! Je vous ai attendu toute la matinée et pourtant vous n'avez pas daigné venir...

Reever eut un sourire devant le trémolo dans la voix de Jeryy. Autour de lui ses homme sourirent devant l'excentricité reconnue du cuisinier meilleur ami de Komui. Ce qui serra le cœur de Reever rien que d'y penser. Et après avoir salué leur commandant en leur disant qu'ils allaient manger, ses hommes partirent les laissant seuls non sans lui sourire. Reever commenta quand le dernier fut disparu avec un sourire :

-Désolé. J'avais du retard dans mes dossiers.

-Mais ce n'est pas une raison pour se priver de manger protesta Jeryy avec une moue.

Reever eut un léger soupir. Voilà qu'il agissait en mère poule. Remarque comme d'habitude. Au moins une chose qui ne changeait pas. C'était rassurant bien qu'un peu agaçant. Et passant outre il s'exclama :

-Je saurai m'en souvenir à l'avenir. Alors de quoi s'agissait il ? Lui dit il avec un léger sourire.

- C'est un complot n'est ce pas ? Commenta Jeryy soudainement en Indien.

Mais la question fut si différente du contexte de départ que Reever étonné ne comprit pas d'où cela venait et s'exclama dans la même langue, engageant un dialogue en indien :

-De quoi ?

-Je suis sûr que vous êtes au courant et que vous vous sentez obligé de vous taire pour je ne sais quelle raison. C'est la seule explication au fait que vous ayez du retard dans vos dossiers, vu que vous n'en avez jamais. Vous avez passé trois jours à courir dans les tous le sens avant que cela n'arrive. Et puis, si je me souviens bien vous êtes carrément venu me demander où il était en m'assurant que vous lui diriez que je m'inquiètes pour lui. Or je ne l'ai pas revu depuis ce jour et tenant compte du fait que vous tenez toujours vos promesses et que vous n'oubliez jamais celles ci, je pense que vous avez appris la nouvelle et qu'ébranlé, vous l'avez oublié commenta Jeryy, laissant pantois Reever devant sa logique.

Il avait compris. Lui avait compris. Cela devait bien être le seul. C'était impressionnant. Impressionnant de voir comment il avait déduit tout cela sans avoir accès à d'autres renseignements que ceux de l'extérieur. « Komui tu as vraiment un ami remarquable » songea t'il.

-Et connaissant ma nature trop sensible, Komui se serait dissimulé à mes yeux car j'aurai senti ce qui se passait. Parce que à mon avis, il n'avait aucune envie de quitter la Congrégation. Et puis Luberrier est trop fier de lui ainsi que ce Greimbaum pour que ce soit naturel reprit Jeryy.

-Vous avez un sens de la déduction impressionnant, Jeryy nota Reever admiratif. Vous auriez pu avec un tel sens, rentrer facilement dans la section scientifique.

Jerry eut un petit rire et s'exclama :

-Oh non, la science est trop étriquée pour moi. Alors je suppose bien ?

Reever eut un léger sourire. Avant d'être frappé d'une évidence. Et si c'était un espion ? Mais, en même temps il voyait mal Jeryy trahir son meilleur ami..

-Oui, Jeryy. C'est un complot. Et non Komui ne le voulait pas. Pas du tout même.

Et il frémit au souvenir de ses larmes, de sa douleur de son silence. Et des larmes vinrent danser dans es yeux tandis que sa voix commençait à trahir cette douleur qu'il tenait enfermée, sous silence depuis des jours :

-Il l'a menacé..Il l'a menacé d'envoyer tous les gens ou presque de cette Congrégation dans une mission suicide si il ne renonçait pas à son poste et si il en parlait à qui que ce soit. Et ils en ont profité pour lui faire du mal...Lui dire des trucs ignobles comme quoi il était responsable des pires choses qui soient arrivées ici, qu'il attirait la mort et autre bêtises de ce genre. Et moi...je l'ignorai..Pendant qu'ils le torturaient à voix vive, moi j'étais dans mon laboratoire tranquille, inconscient de ce qui se passait. Et 'j ai eu aussi des mots durs pour lui..Mais il m'a quand même aidé...Il ne m'en a même pas voulu, cet imbécile..Et j'ai voulu m'excuser...Et là j'ai tout appris quand il en parlait avec Hevla qui m'a par la suite renvoyé au seul autre témoin de la scène avant que je n'aille voir Komui lui même pour le retenir..Mais je n'ai pas réussi..J'ai vraiment tout tenté.. Peut être pas de manière assez forte..Mais j'ai vraiment essayé...Je...

Et soudainement, la douleur depuis trop longtemps contenue explosa à la surface au fur et à mesure qu'il parlait, envahissant tout. Tout cela parce qu'elle avait eu le malheur de se montrer au dehors, une chose qui, si cela devait arriver et Reever le savait, exploserait de cette manière. L'autre raison e son silence. Et soudain, il sentit que Jeryy l'attirait contre lui dans une attitude purement maternelle en lui murmurant des mots apaisants. Qui bizarrement calmèrent un peu Reever. Qui ne sentait plus seul et un peu soulagé que quelqu'un d'autre soit au courant. Puis il lui murmura doucement :

-Et dire que vous vous taisiez depuis des jours comme cela...Que vous enfermiez cette douleur au fond de vous même..Vous avez bien du mérite...Moi à votre place je n'aurai peut être pas réussi à garder mon sang froid et j'aurai déjà cassé la figure de Greimbaum et de Luberrier...Vous n'aviez pas peur que cela explose de la sorte d'un coup ?

- Ce n'est pas ce dont a besoin Komui. Alors cela suffit à me retenir commenta Reever dans un murmure. Mais ce n'est pas toujours facile..Croyez moi...Et honnêtement, je n'y avais pas pensé, vu que je voulais me taire pour n'embarrasser personne et éviter que cela explose de cette manière et aussi parce que je pensais que personne ne pourrait me comprendre...Finalement plus le temps passe, plus je me comporte comme Komui...nota t'il avec un rire amer.

-N'en faites rien surtout. Quand cela ne va pas venez me voir. Parce que le masque que porte Komui comme celui ci est très dur à porter, même pour lui. Il se laisse si peu aller au chagrin avec des gens. Il garde tout en lui de peur d'embarrasser et me force à chaque fois à des interrogatoires assez poussés pour qu'il parle, même à moi son ami. Il a peur au fond de lui d'embêter encore plus les gens avec cela et il a tendance à penser qu'un Intendant doit supporter le tout seul, puisqu'il n'a jamais connu d'intendant qui avaient de soutien direct. Mais c'est très douloureux et même quand on y est habitué. A moi, vous pouvez parler librement de tout cela. Je ne vous trahirai pas. Je ne trahirai pas Komui.

Que cela lui faisait du bien d'être compris, apprécié, aidé, soutenu et que la personne en face de lui sache tout. Qu'elle usât du présent et qu'elle lui offrit son soutien sans peur,sans regret. Qu'elle appréciait autant que lui Komui comme la suite des paroles de Jeryy le confirma :

-C'est vraiment deux beaux salauds ceux là ! Pour l'avoir chassé juste parce qu'il ne lui convenait pas et le torturer psychiquement alors qu'il souffre déjà de sa condition ! Et en plus, il a l'air d'haïr Komui à un point pas croyable et donc vu que...s'exclama Jeryy rageant, résumant les pensées de Reever en ces quelques mots. Soudain 'il s'interrompit brusquement faisant sursauter Reever.

Ses yeux s'exeorbitèrent et il s'exclama :

-Il vous a pris pour cible n'est ce pas ?

Reever ne dit rien mais son silence était révélateur.

-Et je suppose que la plupart des gens ici, vu qu'ils sont venus plus tard ici ne savent pas ce que Komui a amené avec lui. Et le temps qu'ils réalisent...commença Jeryy.

-Je serai la cible de Johann, oui commenta Reever. Mais je ne plierai pas. On a des conversations houleuses et douloureuses mais je n'ai que très peu craqué devant lui. Et je ne le ferai pas. Je ne lui laisserai pas ce plaisir à ce sadique qui parfois, mais c'est plutôt rare peut être gentil. De toute manière il veut me briser pour blesser Komui.

-Évidemment, vu qu'il tient vraiment à vous commenta compréhensif Jeryy qui avait fini par le lâcher Mais ils finiront par réaliser que ce glaçon est inhumain et alors ce jour là, vous et moi et ceux qui auront réalisé, on mettra tout en œuvre pour ramener cet imbécile ici.

Soudain Jeryy en même temps qu'il parlait s'empara de ses deux mains et les pressa, le regard ardent plongé dans celui de Reever, signes d'une promesse qui toucha Reever qui murmura éperdu :

-Komui a vraiment de la chance de vous avoir pour ami, vraiment...

-Et il a de la chance de vous avoir pour ami aussi commenta Jeryy avec un sourire. Un ami loyal qui j'en suis sûr avait l'intention même sans moi de ramener Komui. Et puis les amis de Komui sont mes amis. N'hésitez pas à venir me parler si cela ne va pas, ma porte sera toujours ouverte.

Tant de sollicitude et d'amitié toucha Reever qui s'exclama :

-Merci.

-Mais de rien c'est normal. Entre amis, il faut se serrer les coudes, non, tu ne crois pas Reever ?dit Jeryy avec un grand sourire.

-Oui. Jeryy répondit Reever avec un sourire en réponse.

-Bon ce n'est pas tout cela mais mes cuisines attendent.. Comme d'habitude, Reever ?

-Oui mais pas...commença Reever avant que Jeryy qui commençait déjà à s'en aller se retourna et le coupa brusquement en s'exclamant :

-Si beaucoup vu que vous avez raté le petit déjeuner. Et que dirait Komui si je laissai l'un de ses meilleurs amis mourir en lui provoquant une anorexie ! D'autant que l'on a besoin de toi en pleine forme pour la lutte à venir protesta Jeryy.

«Retour du mode mère poule » nota amusé Reever en lui même avant de s'exclamer à voix haute :

-Bon je me soumets...Mais ce n'est pas parce que l'on ne mange peu ou pas à un repas que l'on va forcément devenir anorexique...

-Tu as intérêt lui dit Jeryy avec un sourire en pivotant vers lui avant de prendre la direction des cuisines. Reever sourit en le regardant disparaître. Pour ne pas éveiller les soupçons de Greimbaum,il résolut de rentrer après. De toute manière, il devait d'abord redescendre de son petit nuage, et sembler l'air moins heureux que ce qu'il avait l'air. Heureux d'avoir su soutien, de ne pas être seul et ce au sein de la Congrégation. Il était sur que Jeryy l'aiderait. Et il ne s'était pas trompé. Il serait volontiers resté sur ce petit nuage dans lequel l'avait mis cette nouvelle. Et tout cela était si encourageant pour la suite. Cela réchauffait son cœur de la meilleure des manières, contribuait à cette joie qu'il ressentait aujourd'hui qu'avait instauré les humiliations de Peck et de Greimbaum. Il reprenait un peu de forces après ce coup qui l'avait abatu. Alors il se força à chasser le sourire qui était sur ses lèvres et inspirant un grand coup après quelque minutes il poussa la porte de la cantine.

Et le silence fit place à un brouhaha constant. A cette heure ci, il y avait encore beaucoup de gens étonnamment. Ceux ci parlaient, riaient...vivaient comme si tout était normal. Et cette normalité blessa Reever qui eut l'impression qu'il était le seul à avoir conscience de oh combien le tout était anormal. Et il eut envie de s'enfuir d'un seul coup. Et puis, un regard à Jeryy qui semblait compatir et comprendre lui rappela que ce n'était pas le cas. Non, il n'était pas le seul à trouver cela anormal. Et c'était bien suffisant pour l'aider à tenir. Il s'avança jusqu'au poste de commande pour faire comme si il allait commander et que tout deux n'avaient pas parlé avant échangeant avec Jeryy ces propos badins de client/patron. En attendant sa commande, Reever promena son regard aux alentours. Et il se figea quand il vit à la table réservée habituellement aux scientifiques..Johann et la femme étrange ! Entouré comme si de rien n'était des scientifiques. Comme avant. Et cela sera encore son cœur ces ressemblances. Et ceux ci sentant le regard de Reever tournèrent le regard vers lui et lui sourirent. Voyant l'attention des autres se tourner vers ce qu'il y avait dans son dos, Johann tourna la tête comme les autres et lui adressa un sourire. Mais c'était un sourire mauvais. Un de ses sourires sadiques dont il avait le secret. Qui ne présageait pas le meilleur. Des vannes sous le couvert d'amabilité, des rappels de Komui pour bien le torturer voire même des insultes sur Komui.

L'envie de fuir le reprit. Avant qu'il ne se fustige. Il devait supporter cela, ne pas couper les ponts, ne pas les inquiéter et son absence, elle, les inquiéterait. Malgré la douleur que tout cela allait lui causer, que cela lui causer déjà cette normalité et cette ressemblance, il devait tenir. L'autre serait trop content de le voir faillir. Il n'attendait que cela.

Et soudain des murmures lui parvinrent. Ils lui semblaient venir de partout à la fois.

-Il ne ressemble vraiment pas à Komui

-C'est tant mieux qu'il soit parti, voyez comme le nouveau prend à cœur son travail...Il en emmène jusqu'aux repas...Alors qu'il fallait obliger Komui à travailler...Pour lui cela semble si facile...

-Comment il est parti en douce...Il a du faire une faute grave, c'est la seule explication...De toute manière, il les multipliait alors c'est tant mieux...

-En tout cas Luberrier ne devait pas l'aimer, vu qu'il a refusé d'user l'Arche pour le remmener...

- J'ai peur de l'avenir de l'aile de soutien...Et dire qu'elle était plutôt bien gérée par Madame Shenyann jusqu'alors...C'est la seule chose de bien qu'il est faite en la prenant pour lui succéder et maintenant c'est détruit. Tss...

Ses paroles glacèrent le sang de Reever. Et lui firent plus mal que des milliers de coups de poignards. Cela faisait hurler de rage et de tristesse son cœur. C'était très douloureux. En cet instant, c'était comme si il s'était effondré au sol et que personne ne le voyait. Il avait trop chaud d'un coup...il étouffait au milieu de ces gens qui racontaient de ces méchancetés et de ces on dits malsains. Il avait l'impression que chaque personne qui parlait ne parlait que de Komui. Et chaque parole venait se loger dans son oreille et le blesser encore plus. Il avit l'impression qu'il n'était entouré que de cela. L'envie de hurler « Mais fermez là et renseignez vous avant de parler ! » lui prit. Il ne voulait plus entendre. Il aurait voulu être sourd. Sourd et aveugle pour ne plus voir ces gens ni voir remuer leurs lèvres. Et soudain il vit le sourire narquois de Johann. Qui semblait lire son âme. Et à son sourire, il comprit que c'était de sa faute, tout cela. Il avait du lancer une remarque et les autres avaient embrayés dessus. C'était donc sa vengeance...Et malgré sa volonté de conserver ce lien avec les autres, il se tourna vers Jeryy et s'exclama :

-Est ce que vous pourriez me préparer pour emporter, s'il vous plaît ?

Il ne pouvait plus supporter une minute de plus d'être dans la même pièce que lui. Ni cette ambiance suffocante et malsaine. Il était si étouffé qu'il ne vit même pas le regard de compassion de Jeryy ni le regard réprobateur que déposa la fille étrange sur Johann. Il s'empara en toute hâte de son repas emballé et prit la fuite plus qu'il ne sortit de la pièce. Fuir. Fuir cette méchanceté qui l'attaquait, le faisait rugir en lui même. Il devait faire sortir de lui même cette rage, cette tristesse. Il avait besoin d'être seul et de défouler. Et le moyen lui vint tout naturellement. La salle d'entraînement au tir...

Sans hésiter, il en poussa la porte. Fort heureusement pour lui celle ci était vide. Mais de toute manière cela n'avait aucune importance dans son état. Il avait juste besoin de donner un exécutoire à sa rage, sa tristesse. Il posa le sac de son repas et sortit son arme, ôta son cran de sécurité et se positionna devant une cible et se mit à tirer sans relâche, visant le centre. Comme si c'était Greimbaum. Comme si c'était Luberrier. Comme si cela suffisait à effacer son chagrin, sa peine sa rage. Il avait juste besoin de ne plus se sentir étouffé balloté par cette rage. De se vider. De faire payer à quelque chose. Il ne pouvait pas garder tous ses sentiments. Il fallait qu'il efface de sa tête ces paroles persistantes. Qu'il se fatigue pour qu'elle sorte. Qu'il fasse payer à quelqu'un même si c'était inanimé. Il se fichait pas mal d'atteindre le centre ou non. Sous ses yeux, il y avait comme un voile rouge qui embrumait son jugement. Un voile composé de rage et d'une profonde tristesse que seul un épuisement certain ferait sortir. Il en avait besoin. Vraiment besoin. Juste d'aller mieux. Faire sortir toute cette horreur en énergie pure de cette sorte. Juste un peu, quelques instants volés à l'échelle du temps.

Et puis sans transition il s'écrasa au sol, épuisé d'un seul coup, les souvenirs affluant dans sa mémoire. Une fois comme celle ci où après un moment d'horreur intense, après ce massacre de traqueurs, déjà il avait pris refuge ici, sur ce terrain et faisait exactement la même chose. Jusqu'à ce qu'une voix vienne à ses oreilles avec un soupir :

- J imagine que c'est un bon moyen de se vider l'esprit...

A cette voix, Reever s'était figé. Il avait reconnu la voix de Komui. Il s'était retourné vers lui pour le trouver derrière lui. Il s'était alors exclamé :

-Grand Intendant, qu'est ce que vous faites là ?

-On pourrait dire que je fuis le travail, si l'on part du principe que je fuis mon bureau. Mais quelqu'un d'autre dirait que je cherche un moyen de traîner mon âme hors de l'endroit où je l'enferme. Et vous de quel côté vous situez vous ?

Il avait un petit sourire mais ses yeux, eux, pleuraient. Mais des pleurs intérieurs. C'était la première fois que Reever le voyait aussi mal en point et ce de manière si claire. La première fois qu'il se montrait comme cela à lui. A l'époque il n'avait pas su apprécier cela à sa juste valeur. Cette confiance qu'il lui faisait pour se montrer à l'époque il avait quand même su déceler cela, cette nuance. Il avait souri et s'était exclamé, en le taquinant un peu :

-Il est étrange que votre âme vous ait mené ici, tout de même.

Manière détournée pour dire qu'il se rangeait à la deuxième option. La réponse de Komui ne se fit pas attendre.

-Et je voulais vous remercier pour, vous savez leur avoir intimé le silence...

Ses joues déjà à l'époque lui avait cuit et il s'était exclamé étrangement gêné sans qu'il comprenne à l'époque pourquoi :

- Vous n'avez pas à me remercier pour cela. Après tout je n'ai fait cela que parce que leur manque de courage était une insulte aux morts. C'est tout.

Cette phrase avait elle aussi pour but de se convaincre. Komui avait eu un petit sourire et s'était exclamé d'un air un peu entendu:

-Si vous le dites...

-Hé ! Je n'ai pas pour habitude de mentir ! Avait il riposté, de plus en plus gêné. Mais bizarrement cette taquinerie, le fait de parler avec Komui l'avait déjà apaisé sans même qu'il s'en rende compte. A l'époque, il s'était convaincu que 'c était parce que tous deux souffraient de la même manière et qu'il se sentait moins seul. Aussi en entendant cela avait il refusé de laisser repartir Komui quand celui ci entendant cela avait tourné les talons en s'exclamant :

-Bon je vais vous laisser vous devez avoir besoin d'être seul, j'imagine.

-Attendez ! s'était exclamé en retour Reever, qui à l'époque ne savait expliquer le fait qu'il veuille sa présence que par deux choses: puisqu'il l'apaisait autant continuer et qu'il étaient dans le même état.. Vous ne voudriez pas essayer ? Cela pourrait vous aider, aussi, peut être.

Komui avait à moitié pivoté vers lui, l'air perplexe, semblant peser le pour et le contre et si il était sûr ou non. Agacé et gêné par sa propre audace, Reever s'était exclamé, le regard fuyant :

-Si je propose c'est que cela ne me gêne pas.

-Mais le fait est que je n'ai jamais tenu une arme de ma vie. J'ai toujours refusé avant commenta t'il avec douceur.

- Ce n'est pas grave. Je peux toujours vous apprendre un peu. Sauf si vous ne voulez pas toucher une arme, ce que je peux comprendre. Après tout c'est vrai que cela peut être sordide. C'est plutôt un triste symbole et...avait commenté Reever qui réalisait ce que venait de lui dire Komui.

-Pourtant vous en touchez une aussi et vous êtes quelqu'un de très bien. Et tous les Exorcistes aussi. Et tous les traqueurs aussi. Des gens biens ont à les manier alors de ma soi disant pureté, qu'en en ai je à faire ? Elle a déjà été souillée de si nombreuses fois par ces ordres de mort. Moi, je n'ai pas fait giclé du sang mais j'en ai ,quand même été le responsable parfois. Et je me demande même si celui qui est responsable du sang n'est pas plus prisonnier que celui qui la provoqué. Alors la pureté, je l'ai perdu depuis longtemps. Une chose que je n'aurai pas imaginée, il y a encore quelques années quand je refusais avec dégoût d'en user. Depuis, j'ai eu du sang sur moi et de l'impuissance. Assez pour ne plus être écœuré par les armes. Et j'ai connu des gens formidables obligés d'en user. Tout de suite, le dégoût s'efface dit Komui avec un léger sourire.

Son compliment l'avait fait rougir. Et ses propos plein d'amertume lui avait donné encore plus envie de soulager son âme. Komui s'était rapproché de lui doucement. Avec tout autant de douceur, Reever lui avait mis son pistolet dans la main sans pour autant ne pas soutenir sa main par en dessous, ce qui le fit rougir même si il savait cela nécessaire, vu que le poids de l'arme surprenait toujours les débutants et qu'ils lâchaient en général leur arme à cet instant, ce qui pouvait être dangereux. Et c'eut été bête de se blesser ainsi après tant de morts. Komui regarda l'arme et s'exclama :

-C'est étonnement lourd...

On aurait dit un enfant qui découvrait quelque chose. Ce qui était amusant à entendre cela de la part d'un adulte de près de trente ans. Reever eut un léger rire et s 'exclama :

-Oui c'est quelque chose qui surprend toujours la première fois. Mais le poids de la mort forcément exige cela je pense...

Komui hocha la tête en signe d'approbation. Et Reever gêné rajouta :

-C'est pour cela que je soutiens votre main. Uniquement pour cela. Parce que sinon vous pourriez lâcher l'arme et cela pourrait être dangereux. Mais déjà à l'époque, même si il ne le reconnaissait pas encore , il avait aimé ce contact entre les deux mains. Puis doucement, il avait pris l'autre main de Komui pour la positionner dessus correctement et était passé dans son dos pour l'aider à soutenir un peu le poids avant de positionner sur l'arme la deuxième main comme il le fallait. Et Komui s'était laissé faire sans un mot attentif aux moindres explications que lui fournissait Reever qui servaient aussi à masquer sa gêne d'être dans une position étrange. Comme si il enlaçait son patron dans son dos. Et doucement, il s'exclama :

-Vous relevez l'arme et vous visez un point précis. Imaginez vous que c'est le Comte, que vous avez l'opportunité de le blesser. Concentrez vous uniquement sur cela et vos sentiments intérieurs. Et puis vous tirez en appuyant sur la gâchette comme je vous l'ai expliqué juste avant. Je vais vous lâcher maintenant comme cela ce sera encore plus instructif.

« Et moins gênant » avait il rajouté en lui même, joignant le geste à la parole. Komui eut un léger soupir :

-Cela semble si facile...

-Détrompez vous. On n'obtient pas du premier coup l'endroit visé et le prix parfois en est dur à payer commenta Reever.

-J'imagine commenta Komui. Et puis ses yeux avaient semblé se vider, son visage se faire sérieux et il avait visé un endroit précis, apparemment le centre., ce qui avait étonné Reever qui avait pensé :« Il est bien ambitieux, dès le début dis donc... » Et subitement le coup de feu était parti et atteignit le centre, ce qui fit sursauter Reever qui s'étonna de sa réussite. Avant que Komui ne tire à nouveau. Toujours au centre. Et il en enchaîna deux ou trois coups. Toujours au centre. Puis doucement il rendit l'arme à Reever ébahi qui s'était exclamé:

- On dirait que vous avez fait cela toute votre vie !

Komui avait eu un sourire et s'était exclamé:

- La chance du débutant sûrement. Et puis j'ai eu un bon professeur sur le coup.

Le compliment avait fait rougir Reever et l'avait surpris. Et puis Komui avait embrayé sur cela en disant :

- Vous expliquez bien . C'est une chose que j'ai toujours remarqué chez vous. A la fin de la guerre, vous pourriez postuler à un poste de professeur. Je suis sûr que vous y feriez des merveilles.

- Ce n'est pas un peu tôt pour penser au futur ? Et d'ailleurs êtes vous sûr que l'on le connaîtra ? Avec ce qui y est arrivé aujourd'hui on pourrait en douter... avait commenté Reever, que le compliment avait encore gêné et qui avait fini par s'asseoir à même le sol. Komui s'était assis à côté de lui et lui avait souri avec chaleur et son sourire avait brillé de confiance tandis qu'il s'exclamait:

- Si on ne planifie pas maintenant, arrivé à ce jour, on ne saura pas quoi faire. Et, pour moi, c'est le moyen de tenir. De me dire qu'il n'y aura pas que cela. De m'imaginer dans le futur. Ça m'aide à tenir,à ne pas devenir fou à me vider parfois, comme le fait pour vous le tir. Vous, c'est le tir, moi c'est ça, même si j'avoue que votre technique est efficace aussi. Et le fait que l'on aura un futur, c'est l'une des seules choses à laquelle je crois de toutes mes forces.

- Et vous, si ce n'est pas trop indiscret, qu'est ce que vous avez prévu ? Avait demandé Reever, à la recherche de paroles, de discussions pour s'apaiser comme la voix de Komui avait cet effet sur lui sans qu'à l'époque il y eut su pourquoi. Komui avait eu un petit rire mais semblé comprendre comme il le montra en répondant à sa question :

- Je retournerai en Chine vivre dans la maison de mes parents avec Lenalee. J'essayerai probablement aussi de maintenir le lien avec tous les gens de cette Congrégation. J'essayerai de me réconcilier avec un ami de longue date et de l'aider même si j'essaye encore actuellement. Et puis, je dirai à une personne à laquelle je tiens beaucoup à quel point je tiens à elle. Ça a l'air de rien, comme cela, mais c'est très important.

Il avait eu un petit sourire mystérieux comme il en avait le secret. Reever s'était exclamé :

- La dernière chose vous pourriez déjà la faire, non ?

- La personne en question n'a pour le moment rien à faire de tout cela. Elle s 'ignore peut être elle même vu qu'on a d'autres choses à penser. Et ce n'est pas une chose facile du tout à faire. Ce n'est pas comme tamponner un document, pas du tout. Pour moi, c'est par contre plus facile à savoir puisque je ne peux pas me mentir à moi même si je veux me contrôler parfaitement pour éviter de perdre mon calme et mon contrôle sur moi même. Alors le message ne passerait pas je pense. Quand nos esprits ne seront plus mis en danger permanents, j'en parlerai certainement. Parce qu'on pourra y voir plus clair. Mais pas avant.

- C'est vous qui voyez avait dit Reever en haussant les épaules.

Après cela ils avaient parlé de tout et de rien. De tout sauf du travail. Pour la première fois de sa vie depuis qu'il était entré dans la Congrégation, Reever avait parlé librement de son passé, son enfance en Australie et tout le reste et Komui avait parlé de même, évitant juste de mentionner l'année précédent son entrée dans la Congrégation disant que cela ne valait pas la peine d'en parler.

Ils avaient ri, parlé pendant au moins des heures sans même s'en rendre compte,effaçant sur le coup leurs statuts d'employés et de patron, les rendant égaux. Si quelqu'un d'étranger à la Congrégation était passé par là, on aurait pu les prendre pour des amis de longue date. Et puis finalement, l'heure tardive s'était rappelée à eux et Komui l'avait quitté sur ses mots avec un clin d'œil :

- Ce sera notre secret.

Et ils avaient repris leur vie de tous les jours, même si pour sa part, Reever n'avait pas vraiment oublié cette sensation de se sentir mieux rien qu'en étant avec Komui. Que peut être lui aussi avait éprouvé.

Et maintenant il était revenu ici, dans le même état mais sans Komui. Et il ne viendrait pas pour lui parler, ni pour l'aider à nouveau. Non, il était loin. Très loin. Trop loin. Et cela lui fit mal encore une fois. Il avait si mal. De voir encore la ressemblance entre avant et maintenant. Et ce rêve qu'à l'époque Komui avait énoncé. Retourner en Chine chez ses parents qui tenait une aile de soutien, cela c'était réalisé. Mais tout le reste était tombé à l' n'avait certainement pas dit à la personne à laquelle il tenait à quel point, ni aidé ni s'était réconcilié avec cet ami qui maintenant qu'il y pensait devait être Johann, raison pour laquelle à l'époque il n'avait pas du parler de cette année avant son entrée ici. Et maintenant qu'il y pensait, il était capable maintenant de formuler un vœu pour l'avenir. « Être avec toi pour très très longtemps. Celui qui me calme, m'agace aussi, qui me fait me sentir vivant. Qu'on réapprenne à vivre normalement tous les deux. Avec Lenalee et Allen aussi. » Mais c'était un peu tard non ? Il eut un rire amer...Et se sentit soudain observé. Et son poing se crispa. Il n'était vraiment pas d'humeur. Il allait payer. Il se leva, et menaça Johann qui se tenait derrière lui de son arme en lançant :

- Vous n'en avez pas assez de me suivre comme cela ? Parce que cela pourrait devenir dangereux pour vous aussi, surtout si j'ai atteint ma limite...

Johann eut un mouvement de recul et de surprise face à cela. Mais déjà il se reprenait et un sourire, mauvais présage se dessina sur ses lèvres. Il s'exclama :

-Vous me menacez ? C'est un peu risqué pour votre plan de carrière...

- Si vous savez ce que j'en ai à faire de mon plan de carrière, en cet instant... riposta Reever le visage ardent.

Il avait l'air d'un fou en cet instant. Ce qu'il était, perdu qu'il était au fond de ses sensations. Et ce maque de folie, de rage et de tristesse pure ébranla Johann intérieurement. Il revit en son esprit ce même visage sur Komui quand avec rage il voulait faire payer le mal qu'il faisait. Qu'il lui avait cassé la figure, égratignant son nez pou toujours, détruisant pour toujours son visage d'ange, aux longs cheveux blonds avec ses yeux riants couleur du ciel certains jours, ce Norvégien..NON ! Il ne devait plus penser à lui, ni à Komui et à ce jour. Après tout c'était du passé. Pourquoi fallait il qu'il revienne toujours à ce passé...En fait, comme Reever. Ils faisaient la même chose mais à deux échelles différentes réalisa t'il horrifié. Ainsi, il n'était donc pas immunisé contres les sentiments puisuq'il réagissait comme quelqu'un qui ne les refoulait pas. Et la peur le reprit. Et si il retombait dans ce piège... Non, il ne devait pas redevenir ce naïf, ce doux rêveur, cet émotif...Vu que c'est cela qu'il l'avait perdu... Les sentiments étaient mauvais après tout... Avant de rassurer en se disant que ce n'était pas le cas, qu'il divaguait...Il savait qu'il n'aurait pas du accepter ce café de Tika vu sa tendance à toujours lui mettre de l'alcool dedans, pour lui faire avouer ce qu'il a vraiment sur le cœur... Pourtant il ne sentait pas saoul..Mais il refusa de laisser paraître le tout et réussit à rétorquer tandis que sa main partait à la recherche dans sa veste de ce pistolet qu'il n'avait plus touché depuis des années:

- Ce que je conçois aisément..Vous n'aviez juste pas prévu que, moi aussi, je sois armé. Et enfin il sortit ce pistolet couvert de volutes argentées, le signe qu'il l'utilisait peu et se mit à menacer Reever à son tour. Et nota avec délice sa surprise.

Reever en voyant l'arme se figea. Elle ressemblait étrangement à celle de cette fille étrange. A la différence que celle ci était blanche. Et captant ses questions dans son regard, Johann s'exclama :

-Ah avant Tika et moi, vous n'aviez jamais vu de telles armes n'est ce pas ? Ni jamais entendu parlé des Fallen Angels ou Spirals ? Remarque, cela ne m'étonne pas, vu que c'est un groupe sensé resté secret et que Komui n'apprécie guère leur chef. Sentiment que je partage, d'ailleurs.

Un étrange frisson parcourut Johann tout entier et sa main en vint à se crisper au niveau de son cœur, sans que Reever ne puisse se l'expliquer. Et ces noms l'intriguait. Fallen Angels, Spirals ? Bon «Tika » devait être le nom de la fille inhabituelle...Et Komui n'appréciait pas leur chef ? Alors qu'il ne haïssait jamais personne ? Il avait du mal à croire Johann, sur le coup...Et il n'avait en effet jamais entendu parlé de ces gens. Qui étaient ils ? Et Johann en faisait il partie ? En tout cas Johann avait réveillé sa curiosité et chassé un peu sa douleur. Paradoxalement sa curiosité l'apaisait un peu. C'était comme si il l'aidait, involontairement. Ou pas d'ailleurs, qui sait ? Il baissa son arme presque sans s'en rendre compte. Johann fit de même et captant les multiples interrogations dans son regard s'exclama :

- Oh quand vous voyiez Komui sur le point de casser la figure d'un homme avec un visage de fou comme celui que vous m'avez présenté il y a peu, vous ne pouvez douter du fait qu'il puisse haïr. A l'occasion je vous montrerai ce souvenir. Cela pourrait être amusant. Quoique, dans le genre compromettant pour moi, c'est pas mal... Alors peut être pas en fait...Mais il y a juste une seul personne qu'il haït. Une seule. Et moi, j'aimerai bien être la deuxième.

- C'est peine perdue. Quand il accorde sa confiance, quoi que tu fasses après il ne te l'enlève jamais et te soutient quoi qu'il arrive murmura Reever avec douceur encore ébranlé de la découverte qu'il existait un homme qu'il haïssait. Il regarda Johann avec un mélange de pitié et tristesse parce qu'il parlait de l'homme qu'il aimait, en le voyant engagé dans une mission qu'il savait impossible. Sur le coup, il semblait mieux connaître Komui que lui. Mais en même temps, il ne l'avait pas entendu dire : « J'essayerai de me réconcilier avec un ami de longue date et de l'aider même si j'essaye encore actuellement. »

Mais Johann balaya ses propos de la main et poursuivit :

- Quant aux Fallen Angels ou Spirals ce sont des scientifiques. Comme vous. Comme moi. Et des combattants. Comme vous. Comme moi. C'est un groupe travaillant pour l'administration Centrale, dépendant directement de l'inspecteur Luberrier et non du Grand Intendant. Il n'a aucun contrôle dessus. Ils ont des fonctions bien précises. C'est un groupe chargé d'arpenter le monde à la recherche d'informations sur les Innocences, de collecter des données d'ordre scientifique, de créer des liens avec la population pour en apprendre plus sur des faits paranormaux et les repérer. Et si ils en repèrent, ils sont tenus de contacter l'inspecteur qu transmet le dossier au Grand Intendant qui dépêche alors les traqueurs pour en savoir plus avant d'envoyer les exorcistes. Ils font simplement des listes et préparent le terrain pour les traqueurs. Une autre de leurs missions et de traquer et d'éliminer les Brokers sauf ci ceux acceptent de livrer des informations. Pour cela ils s'infiltrent régulièrement dans les réseaux de Brokers ou reçoit des instructions de l'inspecteur pour en tuer un spécifique. Ils sont tenus d'obéir aux ordre mais dans certains cas sont amenés à juger par eux mêmes. Il est impossible de savoir les noms de tous ceux qui en sont pour éviter que leur couvertures ne tombe. Ce sont des vrais machines à tuer. Armées jusqu'au dents. En mission, ils ont leurs pistolets sur eux dissimulés dont la couleur des volutes indique le nombre de fois que l'on l'use, plus c'est une couleur froide, plus il est usé avec en plus un fusil et une multitude de poignards dans leurs vêtements de ville sans que l'on se doute de rien. Ils ne portent un uniforme qu'à la Congrégation quand ils y passent ce qui est très rare et pour très peu de temps car ceux ci ne sont jamais vraiment considéré comme appartenant à celle ci, ceci du au fait de leur espérance de vie qui est en général très courte. Normal quand on est si près du Comte. Une couverture, ça grille facilement après sont choisis parmi les scientifiques qui savant de battre et après une formation assez solide, on leur fait subir une opération des yeux qui rend ceux ci attentifs aux moindre détails. On peut donc voir avec même au travers des vêtements. Ce qui est arrivé à midi avec Tika qui a vu ton arme, ce qui la beaucoup étonné. En effet chaque Intendant est tenu de signaler si un scientifique se débrouille plutôt bien avec des armes. Comprenez vous ce que cela signifie ? Déclara Johann avec un petit sourire un peu tordu.

Reever resta interdit devant ces révélations. Ainsi il existait un tel groupe au sein de l'administration Centrale? Des humains qui tuaient des humains ? Si Allen avait su cela, cela ne lui aurait pas plu...

Et comment Johann était en possession d'une de leurs armes ? Comment savait il tout cela ? Et la dernière chose...Maintenant il comprenait la dernière phrase de Komui ce jour où il l'avait surpris sur le terrain d'entraînement « Ce sera notre secret » Ce n'était juste pas par embarras. Il l'avait sauvé. Sauvé d'une vie courte et dangereuse.

-Komui m'a protégé réalisa t'il à voix haute.

-Et moi aussi. Il m'a aussi protégé. Et si je ne m'étais pas mis à haïr viscéralement leur chef, j'aurai été des leurs aujourd'hui. Mon maître est l'un des leurs. Le plus vieux de son ordre. Il a l'age de Komui. A l'époque quand je les ai rencontré cela m'avait beaucoup amusé. Celui du nord né le même jour que celui du sud. La même année. Des frères d'âmes dont l'un hait l'autre et l'autre est terrorisé par l'un depuis qu'il lui a cassé la figure malgré tout son talent guerrier. Tu l'avais remarqué, hein que je ne l'évoquais pas mon maître ? C'est parce que, si il n'avait pas été là et si Komui non plus aujourd'hui, j'aurai été des leurs et peut être que je serai enfin mort. D'une certaine manière, cela arrangerait les choses. Et si tu veux savoir son nom je te le donne : Bolskrin. Alexandre.

Reever tiqua à ce nom et ses révélations. Komui l'avait déjà évoqué peu avant son départ. Et il avait dit aussi qu'il haïssait cette personne, comme Johann l'affirmait. Car comme lui il était lié au passé de Johann. Et en effet si il avait été son maître cela s'expliquait. Et ce « Et peut être que je serai enfin mort. D'une certaine manière, cela arrangerait les choses. », plein de douleur. Pourquoi donc cherchait il à se détruire ? Pourquoi donc cherchait il à enfermer ses sentiments, jouer le méchant, le cynique ? C'était comme si il y avait deux parts en lui. Le mauvais qui servait à cacher le bon. En effet comme disait Komui il avait tout l'air d'un être brisé. Mais où et comment en était il venu à se détruire de la sorte et pourquoi Komui haïssait il cet Alexandre ? Johann, il pouvait comprendre. Il haïssait quelqu'un qui était lié à son passé et ce même si il était gentil comme Komui. Mais Komui, lui ne haïssait pas sans raison. Soudain Johann eut un petit rire nerveux et s'exclama :

- Vous avez un drôle d'effet sur moi, Wenhamm. Je me retrouve toujours à parler de mon passé alors que je ne voudrai qu'une chose : qu'il n'existe pas. Je me retrouve toujours à parler de moi alors que de même je n'existe pas. Alors que j'aurai déjà du respecter mes propres règles de jeu. Même moi je les enfreint. Cela n'aurait pas du être des douleurs de ce type que je devrais vous causer. Mais il faut croire que le fait que vous soyez trop lié à Komui doit certainement me menotter les mains. Mais bah, cela s'atténuera, et alors là, le pire arrivera, je vous le jure.

Et il eut un rire sadique avant de quitter la pièce,(3) glaçant le sang de Reever qui ne sentait vraiment pas tout cela. Et son regard se tourna vers le ciel, en une prière silencieuse :

« Komui, bon sang, j'ai besoin de toi sur le coup. Ne me déçois pas. Tu es le seul à savoir comment il brise les plus forts »

Et contre son bureau dans sa chambre, il y avait deux dossiers bleus gris qu'un Intendant Allemand cherchait désespérément, réponse à la supplication muette de Reever. Que Komui avait fourni par amour et par soucis de protection de son commandant préféré. Auquel il songeait au même instant, aux prises avec un rêve doux dont il s'étripa à grande peine soupirant et qui lui fit déchirer la précédente lettre pleine de morale qu'il préparait pour la remplir de cette douceur qu'il avait trouvé dans ce rêve. Malgré sa raison qui criait à la déraison. Mais il la fit taire comme il était si doué pour.

Et il posa sa plume et donna la lettre à Tim avec un sourire. Et le regarda s'envoler en murmurant :

- Je t'aime.

A côté de lui, le Spiral qui avait été désigné pour la route se réveilla brusquement et s'exclama :

- Vous avez dit quelque chose ?

Komui eut un sourire et s'exclama :

-Non » Avant de se replonger dans la contemplation du paysage et d'imaginer à nouveau Reever.

L'homme qu'il aimait et qu'il attendait peut être en vain, mais qu'il attendait quand même. Au nom de ce lien qui déchire parfois, l'amour...

1) Il était un petit navire... évidemment*chante*

Johann : J'y crois pas elle a perverti un chant d'enfant..Pour se moquer de moi ! je vais la tuer...

Reever : Et elle a ridiculisé Peck...Ma sauveuse... Moi je la sauve volontiers.

Moi* étoiles dans les yeux*

2) Alors c'est ça c'est une référence à un film avec Jackie Chan, Steeve Coogan et Cécile de France que j' ADORE qui est le tour du monde en 80 jours où le méchant quand il est agacé jette sur ces employés des plumes...Comme Johann. XD

3) Le rire typique du psychopathe, oui vous savez le méchant qui expose son plan puis qui rit et qui se fait battre...même si pour le moment on est loin de battre Johann...

Alors j'ai bien aimé écrire ce long chapitre qui j'espère vous plaira (même si je torture encore ce pauvre Reever... Niark Niark Niark...) On en sait un peu plus maintenant sur Alexandre et encore sur Johann dont la psychologie commence à apparaître doucement mais sûrement...

Et je suis très heureuse d'avoir torturé Peck (va crever dans un coin sale... BIIIIIIIIIIIIIIP Enfin vous aurez compris que je ne l'aime pas et quand je pourrai je torturait Luberrier aussi de la manière la plus horrible possible...

Et le jeu de chat et la souris c'est le fait qu'il essaie de l'éviter, mais qu'il finissent quand même par se croiser

Voilà bonne soirée et à bientôt (ce sera certainement Reever in Wonderland^^ Pour un Cierge pour Lenalee il faudra attendre un peu parce que de toutes mes fics c'est la plus longue à rédiger mais cela sera fait je le jure ^^)