Bonjour bonsoir à tous et à toute!

C'est impardonnable ça des mois que je vous laisse dans l'attente d'une suite... Le pire c'est que je n'ai pas vraiment d'excuses si ce n'ai que je vous avez prévenu... Oui c'est nul comme comportement mais j'ai vraiment eu pas mal de déboires c'est dernier temps. Je ne peux que vous promettre de faire des efforts et vous assurez que la situation c'est assez apaisée pour me laisser plus de temps à moi (et à écrire).

Et pour me faire pardonner un chapitre un peu plus long que les autres...

Comme pour les autres chapitres les personnages ne sont pas de mon invention mais de J.K Rowling. Ensuite ceci bien une romance en Harry et Draco (qui sont, je le rappel tout les deux des hommes) même si pour l'instant on dirait pas (que c'est une romance hein, pas des hommes).


Chapitre 6

Aujourd'hui était un jour étrange. En grande partie parce qu'il était actuellement à cheval sur le dos d'un énorme loup gris. Un loup gris aux yeux jaunes qui avait la langue sortie comme un labrador diabétique la tête par la fenêtre d'un espace familial. C'était n'importe quoi! Le professeur Lupin n'avait cessé de hurler à la mort jusqu'à ce qu'excédé, Sirius vienne aux nouvelles. Après plusieurs minutes de délibérations avec l'Ordre au complet descendu voir ce qui se passait, il fut décidé de laisser sortir le "gentil Lupin". Le contenu de la dite discussion n'était pas le plus stimulant auquel il n'avait jamais assisté. En vérité il y avait eu plus de cris que de discussion. Draco avait supposé qu'il s'agissait là, de la seule manière civilisée que connaissaient les gryffondors pour communiquer. Il n'avait pas vraiment fait attention à ce qui avait été communiqué. Mais il avait surtout été question de la sécurité des moldus et du contrôle sur la "bête". Le terme l'avait juste fait lever les yeux au ciel tout en se gardant bien d'intervenir. Quoi qu'il aurait pu dire, de toute façon, ça aurait été mal interprété. Il resta donc dans son coin, attendant qu'une décision soit prise et qu'on le ramène dans sa chambre.

Sauf que non.

Une décision avait bien été prise, mais alors qu'ils avaient ouvert la porte de la salle de transformation, le loup l'avait chopé par la chemise et l'avait entrainé dehors.

Bien sûr, il ne se faisait aucune illusion, tout ceci lui serait imputé comme étant sa faute.

Sa seule et très grande faute. Les représailles le fatiguaient d'avance. Aussi pour le moment s'efforçait-il de ne surtout pas y penser… Ce qui s'avéra ne pas être une idée si brillante que ça, au mieux bancale. Car, rappelons-le, c'était la guerre là dehors et lui Draco Malfoy n'était pas M. Tout-le-monde. Il était même plutôt l'homme à abattre! Du côté de la lumière il n'était qu'un vil Mangemort essayant de pervertir leur monstrueux buveur d'hémoglobine de sauveur. Ce qui entre parenthèses, avait quelque chose d'ironique, vu que celui qui se faisait sucer (sans mauvais jeu de mot) c'était quand même lui! Qui pervertissait l'autre on se le demande! Ensuite, du côté du Lord, il n'était qu'un vil déserteur, traitre à son sang avec dans le dos un dragon potentiellement dangereux. Non, mais le pire dans tout ça c'était probablement qu'il voulait s'enfuir! Sauf que là, là! Il n'avait pas prévu de s'enfuir à dos de loup-garou. Mais alors pas du tout…

Non mais il fallait qu'il se rende à l'évidence quelqu'un, quelque part chez les puissances cosmiques, lui en voulait à mort ! Mais, pour le moment il ne voulait pas y penser, non ce qu'il voulait c'était descendre du dos de son ancien professeur. Requête on ne peut plus raisonnable de son point de vue, qui pourtant tardait à se réaliser. Une fois sortis du manoir, ils avaient foncé en ligne droite à travers une rangée de maison toutes semblables. Par miracle ils ne croisèrent personne jusqu'à ce qu'ils arrivent en rase campagne. Il y avait de l'herbe, un arbre tout rabougri, et quelques cailloux et encore de l'herbe. Des collines d'un vert passé et délavé par la pluie à perte de vue. Le vrai problème se poserait probablement au moment de rentrer. Car Draco pouvait bien l'avouer, trop préoccupé par sa survie et à rester en place sur le dos de Lupin, il n'avait pas particulièrement prêté attention au chemin. Sans le moindre doute, sa vie était magnifique! Il était perdu quelque part en Angleterre avec un loup-garou surexcité et certainement en pleine chasse au lièvre.

Comme la vie était bien faite, vraiment.

Sans le moindre avertissement préalable, Lupin stoppa sa course pour renifler avec beaucoup d'attention ce qui ressemblait à s'y m'éprendre à un caillou comme tous les autres. Preuve que ce n'était pas le cas, Lupin remuait la queue de bonheur. Draco lui ne remua rien du tout de bonheur. Le freinage l'ayant pris complètement au dépourvu il avait fait un magnifique vol plané par-dessus la tête de sa monture. La réception en semi-roulade qu'il effectua ne fut salvatrice que dans le sens où elle épargna son nez, mais pas son dos. Les plaies avaient toutes plutôt bien cicatrisé, cependant, il jugeait inutile de trop en faire tout de même. Une roulade dans les cailloux et lancé à trente kilomètres heures n'était pas ce qu'il avait espéré de mieux.

Le souffle coupé et la tête lui tournant encore un peu, il avait toutefois une vue imprenable sur la pleine lune. Pour être pleine elle était pleine. En penchant la tête en arrière il eut le privilège de voir le loup gris en pleine extase devant le même caillou. La truffe collée dessus et la queue en constant allez retour, il était probablement tombé amoureux. Draco abaissa la tête et poussa un long soupir. Bon au moins il était dehors.

Perdu au milieu de nulle part avec un loup-garou frappé d'amour pour un caillou mais dehors sans l'ombre d'un doute. Souriant doucement, le jeune homme ferma les yeux et savoura le bonheur de sentir le vent sur son visage. Bien, il était temps de se bouger!

Campagne paumée ou pas, libre ou pas, il ne pouvait pas rester à contempler les étoiles indéfiniment. Il devait se lever, examiner ses options et agir au mieux de ses possibilités.

Bon déjà il n'avait pas sa baguette, ni de veste, ni d'argent, ni de chaussures maintenant qu'il y pensait. Bien, donc ça c'était "le mieux de ses capacités". Ensuite que pouvait-il faire?

Un coup d'œil aux alentours lui apprit qu'il pouvait aller à peu près n'importe où. De toute façon il n'avait aucune idée d'où il était. Bien, de toute façon que ferait-il une fois qu'il aurait retrouvé son chemin? Retourner dans le monde magique n'était pas envisageable. Le monde moldu donc… Pour quoi faire? Partir de Grande-Bretagne en premier lieu. Pour ça il aurait plus que probablement besoin d'argent.

Ça c'était ses options… Honnêtement, c'était un peu minable.

Un petit pas à la fois. Il fallait d'abord qu'il trouve une ville et après seulement il aviserait! Pas la peine de se passer la rate au chaudron non plus.

Maintenant qu'il avait un but, Draco se remit debout et par réflexe épousseta son pantalon tout miteux. Au hasard, il décida de partir droit devant. Un coup d'œil au loup lui apprit qu'il aurait un compagnon pour quelque temps. En effet, le garou avait laissé de côté son caillou pour le regarder de ses longs yeux jaunes qui auraient pu être bien plus effrayants sans cette langue rose qui pendait sur le côté droit de sa mâchoire. Il lui faudrait se débarrasser du loup avant le lever du soleil mais pour le moment, le blond ne voyait pas d'inconvénients à un peu de compagnie. D'un sourire et d'une tape sur la cuisse, il appela son ancien professeur à lui et lui flatta le flanc une fois cela fait.

En avant toute! Il avait une évasion intempestive à réussir!

Il y avait pas mal d'inconvénients attenant au fait de marcher pieds nus de nuit dans la campagne. Déjà on ne voyait pas où on mettait les pieds mais aussi parce qu'il faisait froid et humide. Les petits cailloux pointus, les chardons et autres trucs non identifiés le faisaient trébucher tous les dix mètres. Le plus frustrant était surement que le loup à ses côtés, trottait lui, comme s'il marchait sur de la moquette. C'était injuste, le canidé aussi était pattes nues. En plus, il n'avait aucune idée d'où il se rendait en marchant ainsi ou même s'il se rendait quelque part tout simplement.

Il marchait depuis une petite heure quand une fois de plus sa vie vira en une désespérante succession de problème. Surgissant de nulle part dans leur si théâtrale fumée noire, trois Mangemorts lui tombèrent dessus. La chose était parfaitement grotesque.

Habillées tout en noir et cachées derrière leurs masques en tête de mort, les trois silhouettes avait omis un léger détail au moment de programmer leur atterrissage. En pleine campagne et de surcroît un mois d'octobre, les champs étaient imbibés d'eau et à moins de rester sur le chemin, on avait vite fait de s'embourber. Pour sa part, Draco en avait fait l'expérience un peu plus tôt avant de trouver le petit sentier sur lequel il se tenait. En revanche, les trois tueurs étaient tombés en plein milieu d'une tourbière et peinaient à conserver leur aura de terreur en pataugeant dans la boue jusqu'aux genoux. Celui que le jeune sorcier identifia comme était tombé à quatre pattes et jurait comme un charretier. À ses côtés, un homme qu'il ne reconnut pas gardait le plus de dignité en restant immobile la baguette braquée devant lui. Malheureusement, les bruits de succion produits par la terre autour de lui devaient gêner sa concentration puisqu'il ne pointait pas dans la direction du blond. Le troisième homme, quant à lui, marchait avec la robe retroussée jusqu'à la taille en faisant de grand pas et en pliant les genoux. D'où il était, Draco eut l'impression de voir progresser quelque étrange animal qui peuplait la terre et qui, par leur seule existence, démontrait que le Créateur avait beaucoup d'humour.

Mais l'heure n'était pas à la plaisanterie. Bien que pathétique, l'arrivée de ces trois Mangemorts raccourcissait de façon dramatique l'espérance de vie de Draco. Sans plus réfléchir, il partit en courant, prêtant à peine attention à Lupin qui lui, s'amusait comme un petit fou, trop heureux de se mettre à courir.

Derrière lui, les bruits de succions et les injures se multiplièrent. Tout en courant, le jeune sorcier se demanda brièvement s'il devait se considérer comme chanceux ou pas. Quelles étaient les chances pour qu'on le retrouve en moins d'une heure dans ce coin paumé? Quelles étaient les chances pour que le trio envoyé pour le capturer tombe dans un bourbier?

Dans un cas comme dans l'autre les probabilités étaient minces.

Tout en tentant de s'enfuir le plus rapidement possible, Draco découvrit que s'il était déjà hautement difficile de marcher pieds nus la nuit, ça l'était encore plus en courant. Au bout de quelques mètres il boitait déjà et malgré les jappements encourageants, ou joueurs, de Lupin il fut vite obligé de ralentir.

Derrière lui, l'étrange bête avait réussi à se dégager et avait commencé à se déplacer en grognant dans sa direction. Dès qu'il put, Draco obliqua vers un bois sur sa gauche espérant pouvoir se cacher parmi les arbres. Le problème principal fut qu'en pleine forêt il lui devint encore plus difficile de faire un pas sans se blesser la plante des pieds. En sus de cela, le loup-garou qui l'accompagnait avait mystérieusement disparu. Cette évaporation n'inquiétait pas Draco quant au sort du professeur canin… Non sur (« pour »(?)) l'instant, son sort lui importait beaucoup plus et il fallait bien avouer qu'un garde du corps garou n'aurait pas été du luxe!

La poursuite virait lentement à la traque pure et simple. Soufflant et jurant, son poursuivant gagnait du terrain et à part (sans) un miracle Draco ne voyait pas bien comment il allait pouvoir s'en sortir. Oh, comme il regrettait sa petite cellule tout d'un coup! De désespoir, il se baissa dans un petit massif, essayant au maximum de se faire discret.

Et soudain le ridicule de sa situation le frappa. Il était pieds nus dans une forêt en pleine nuit, perdu dans ce qui devait tenir du trou du cul du monde et un personnage physiquement proche du croque-mitaine lui courrait après. C'était parfaitement ridicule! Comment avait-il pu passer du fils arrogant et pourri gâté de Lucius Malfoy à Oliver Twist?

À plat ventre dans des buissons, couvert de boue et de feuilles en décomposition et le nez planté à deux centimètres d'une preuve bien odorante de la présence de mammifères dans la forêt, Draco sentit monter un fou rire nerveux. Un mille-pattes en vadrouille passant justement par-là acheva de déclencher son hilarité malvenue et il se vit contraint de plaquer ses mains sur sa bouche pour ne pas se trahir.

Il ne parvenait même plus se rappeler à quel moment exact sa vie avait tellement viré au grand n'importe quoi, qu'il se retrouvait à se bidonner tout seul dans un buisson.Métaphore humaine de la déchéance, Draco faillit définitivement passer la baguette à gauche lorsqu'une main décharnée le saisit par la cheville. Comme dans un cartoon il eut l'impression de sentir son cœur bondir hors de sa cage thoracique. Pris de panique, il se mit à se tortiller comme un beau diable et à ruer de toutes ses forces. L'esprit obnubilé par sa fuite, il mit plusieurs minutes à enregistrer un fait important : le grognement poussé par son assaillant avait quelque chose de familier. De très familier même.

Cessant ses gesticulations, il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Couvert de boue et de quelques bleus, le croque-mitaine prit soudainement les traits passablement désappointés de Severus Rogue. Pour une surprise, c'était une sacrée surprise.

Le professeur de potions avait l'œil peu amène et le brushing salement malmené. De même, ses robes avaient connu des jours meilleurs… Il y avait de ça quelques dizaines d'années. Face à un tel spectacle, l'hilarité qui l'avait déserté quelques instants plus tôt sous l'effet de la surprise et de la peur, fit son grand retour.

Tandis qu'il rigolait à s'en fêler les côtes, le jeune homme se rendit compte qu'il était en pleine crise de nerfs. Incapable de s'arrêter, l'air de profonde indignation qui s'était peint sur le visage de Severus ne fit qu'aggraver son état. Son parrain avait un potentiel comique totalement inattendu et inexploré.

Il allait véritablement de surprises en surprises ce soir!

Face à lui, Rogue roula des yeux exaspérés, son crétin de filleul ne lui faciliterait pas la tâche on dirait. Un coup d'œil à la ronde lui apprit que par chance Goyle et McNair ne s'étaient pas encore dégagés ou tout du moins ne les avaient pas retrouvés. Pas encore. Et cet abruti de Draco qui décidait brusquement de s'en payer une bonne tranche! Bien, son plan se passait donc à merveille.

Bien, donc la situation s'était sensiblement améliorée pour Draco Malfoy. Il ne comprenait pas exactement comment les choses avaient tourné ainsi mais sans conteste, il y avait là matière à se réjouir. Confortablement assis dans un fauteuil à dossier large, un thé chaud dans les mains, il aurait été difficile de se plaindre. D'autant que Severus était aussi doué en préparation du thé qu'en potion. Un vrai délice. Avec une économie de mouvement frisant la paresse, il porta la tasse de porcelaine finement ouvragée à ses lèvres et frissonna de plaisir. La sensation de chaleur de la boisson descendant dans son organisme entier l'amena aux portes de l'extase. La douceur du peignoir qu'il portait endormait ses sens, lui laissant penser qu'il touchait du doigt l'illumination divine.

Son parrain ne revenait pas avant une bonne heure d'après le petit mot laissé en évidence sur la table basse. Ce n'était franchement pas plus mal, Draco appréciait à sa juste valeur ce moment de plénitude qu'il était loin de penser vivre quelques heures plus tôt. Quand il avait reconnu son ancien professeur des potions, et avait mis fin à sa crise de nerfs, le jeune homme n'avait pas pensé que ça tournerait si bien. Un brin de cynisme lui fit admettre que les derniers évènements n'avaient pas contribué à lui donner foi en sa chance ou en l'avenir en général.

Aussi quand Rogue lui avait chuchoté qu'il était là pour l'aider tout en brandissant un portoloin, Draco n'y avait pas cru. Mais une fois propulsé dans les appartements bien connus de ce cher Sev', il avait bien dû admettre qu'il avait eu de la chance.

Quelques temps plus tard, le potionniste était passé en coup de vent juste pour le prévenir qu'il rentrerait tard et lui demander, avec toute la délicatesse qui le caractérisait, de se mettre à l'aise. Pour une fois, le blond n'avait pas cherché à comprendre et s'était écroulé dans le premier lit venu juste après une rapide douche.

À son réveil, Severus était déjà reparti et une tasse de thé fumant lui faisait de l'œil depuis un plateau chargé de quelques viennoiseries, tartines et fruits. C'était royal et même un peu exagéré mais il n'allait certainement pas s'en plaindre.

Une fois rassasié, Draco prit le temps d'analyser plus en détail sa situation. Il avait réussi à s'échapper des cellules du Lord noir puis du manoir de L'ordre. Il avait pacifié les relations entre un loup et son sorcier, sauvé un gnome qu'il n'avait pas revu depuis et lié un vampire à lui. De plus son héritage magique ou quelque chose dans le genre, s'était éveillé et un dragon aux pouvoirs étranges occupait tout son dos. Actuellement il était chez son parrain préféré, officiellement sous les ordres de son mage noir le moins aimé. Probablement que ce partenariat était mis à mal, vu que Severus n'avait pas hésité à lui sauver la mise.

Après, quelle était l'ampleur de ladite "mise à mal", il ne pouvait pas encore se prononcer. De toute façon il s'en tapait le coquillart par terre du moment qu'on le laissait en dehors de tout ça. Des problèmes il en avait déjà assez comme ça, merci bien.


Harry James Potter, était désappointé et pour reprendre une citation célèbre : S'il y avait bien une chose qu'il ne supportait pas, c'était d'être désappointé! Encore moins quand la source de son désappointement s'avérait être Draco Malfoy mais aussi sa seule source de subsistance actuelle. Double désappointement donc, la situation était critique. Remus était rentré quelques heures plus tôt, complètement nu, mais surtout complètement seul.

Le fils de Mangemort s'était fait la malle. Et Lupin de se répandre en excuses tout en étant bien incapable de cacher sa joie suite à cette nuit de transformation exceptionnellement agréable. Il n'en avait pas vraiment gardé de souvenirs, si ce n'était une sensation diffuse de liberté et de bonheur ainsi que quelques flashs.

Un caillou portant l'odeur très récente d'un lièvre, de la gadoue plein les pattes qui entravait sa course, Draco qui lui flattait le flan et enfin une mauvaise magie qui l'avait poussé à prendre la fuite. Cette dernière information apportait bien des questions ainsi qu'une constatation : Junior n'était ni courageux, ni agressif, ni même utile si on demandait l'avis de Harry.

Il grinça des dents et se renfrogna encore un peu plus sous l'œil de plus en plus alarmé des membres de l'Ordre. La "mauvaise magie" ne laissait pas beaucoup de doute sur l'apparition de Mangemorts lors de la petite balade de Lupin et de Malfoy. Toute la question était de savoir s'ils venaient en amis ou en ennemis. Dans un cas comme dans l'autre le vampire allait encore grincer des dents.

Il avait faim, très faim même, et pas seulement de nourriture. Le fils Malfoy était son lié et d'une manière ou d'une autre, ils avaient besoin l'un de l'autre.

Ce qui, outre l'inévitable malaise qu'il ressentait à être lié à un Malfoy, signifiait qu'une séparation trop prolongée pouvait amener des conséquences fâcheuses. Le serpentard ne devait pas en avoir complètement conscience mais quand Harry avait dû s'éloigner pendant plusieurs jours pour se renseigner sur les loups-garous, après la crise de la bibliothèque, ça n'avait pas été une partie de plaisir. Sans compter que s'il ne se nourrissait pas, il risquait une nouvelle crise de démence.

La dernière ayant eu pour conclusion son incarcération dans les prisons de Voldemort, il ne tenait pas à réitérer l'expérience. Surtout que cette fois-ci il n'aurait certainement pas autant de chance.

La dernière fois n'avait été qu'un heureux concours de circonstances doublé d'une situation politique floue. Son statut de vampire n'avait certes pas manqué d'étonner les Mangemorts qui l'avaient capturé. Mais plus que cela, C'était l'absence du Lord et les accords passés avec les vampires qui lui avaient sauvé les canines.

Léonard le lui avait expliqué, le Lord avait passé un pacte de "non-agression" avec les vampires. C'était pourquoi, lors de sa capture, on n'avait pas osé le tuer de peur de s'attirer les foudres de la communauté de la nuit. Sans compter que Léonard n'était pas n'importe qui non plus, en tout cas il avait été quelqu'un.

Son père vampire s'était retiré de la vie politique vampirique mais n'avait pas pour autant perdu toute son influence. Ça, plus le fait que Voldemort n'était pas dans les parages et que de toute façon seul ce dernier devait être capable de le tuer, il s'était retrouvé dans les geôles du manoir.

Ceci dit, il y avait très peu de chance que cela se passe aussi bien si l'expérience se répétait. En fait, il n'y avait aucune chance que ce soit possible. Particulièrement si face-de-serpent se prenait d'intérêt pour sa transformation. S'il commençait à se demander pourquoi Harry s'était prêté à une transformation magique, alors là il y aurait de sérieux problèmes. Sûr que cette vieille branche rabougrie ne prendrait pas bien le fait qu'Harry ait bazardé un bout de son âme pourrie grâce à un lien d'âme particulièrement possessif.

Au début l'idée était plus de le transformer en garou, nonobstant, Lupin s'y était violemment opposé et en sus de ce désaccord, la transformation en garou ne garantissait rien. Léonard avait donc été la solution la plus envisageable.

Vieille connaissance de Dumbledore, le vampire avait considéré cette solution avec le cynisme propre à son espèce. Harry ignorait comment le vieux directeur avait réussi à le convaincre et ne tenait pas à le savoir. Il l'avait rencontré un soir au mois de mai et ne l'avait pas trouvé particulièrement pittoresque. En vérité, il avait été passablement déçu.

Il avait beau avoir vécu six ans dans le monde sorcier, il était toujours surpris quand celui-ci s'avérait, une fois de plus, imprévisible.

En l'occurrence ce jour-là, Léonard n'était ni vêtu tout en velours, cape et catogan, ni en émo sexy et dépravé. De fait, le vampire s'était présenté au rendez-vous en jeans-même-pas-délavé et en pull-complètement-démodé.

Ses cheveux grisonnants, son nez légèrement tordu, et même son visage rond, lui conférait une aura d'une telle banalité qu'il en frôlait l'insipide. Son impression avait alors dû se lire sur son visage car le bonhomme avait lâché l'air de rien :

- La normalité, M. Potter, tutoie en amie la sécurité. À mon âge c'est une leçon qu'il est bon d'avoir apprise. Je vous invite à y penser sérieusement. ajouta-t-il en fixant sa cicatrice avec cette étincelle de malice au fond des yeux que Harry avait appris à associer à son créateur et à sa sagesse séculaire. Le court stage qu'il avait passé avec ce personnage avait achevé de convaincre Harry qu'il n'était absolument pas quelqu'un de banal. Sous ses airs de M. Tout-le-monde, se cachait un esprit vif et aiguisé comme une rapière. Il fallait dire que depuis le temps qu'il trainait ses nippes sur terre il en avait vu pas mal.

Dans ces conditions, vois-tu, même le dernier des imbéciles en vient à apprendre certaines choses. avait-il dit un jour.

Devenir vampire n'avait pas été le sacrifice odieux qu'il s'était imaginé de primes abords. Grâce à l'avancée des découvertes magiques, il pouvait sortir au soleil et son régime alimentaire lui garantissait de garder la ligne pour toujours.

Pour toujours, cette expression avait pris une dimension bien particulière depuis sa transformation. Léonard l'avait prévenu, l'immortalité était une chose très difficile à appréhender, d'autant plus quand il s'agissait de la sienne.

Secouant la tête pour chasser ce sujet hautement philosophique et par trop compliqué pour ses pauvres petits neurones fatigués, Harry se remémora le début de toute cette affaire.

Sirius était encore mort à l'époque et d'ailleurs officiellement, Voldemort l'était aussi. Dumbledore venait de faire une découverte pour le moins perturbante.

Pour le moins, en effet Harry en avait été légèrement perturbé. Non seulement face de serpent faisait une fixation morbide sur sa personne mais en plus il l'avait ortruxisé!

Il se tapait la causette avec des vipères et vivait encore chez les Dursley à cause de ça! Sans parler du léger dégoût attenant au fait d'avoir un bout de la pire âme damnée du siècle en train de se balader quelque part dans son cerveau. Non mais franchement, il y avait une limite à tout!

Enfin, en passant sur les détails de la crise de nerfs puis de rage, de dépression et enfin de nerfs à nouveau, il avait bien fallu trouver une solution. Il n'y avait pas tellement de possibilités en vérité il n'y en avait plus qu'une : la mort.

Alors sans mentir cette solution ne l'avait pas particulièrement enchanté de prime abord. Son cerveau encore largement pollué par l'esprit moldu de sa tendre enfance, il avait naïvement interprété la partie « mort » d'une seule manière. La fin de l'échéance de lui-même. Pourtant, il existait d'autres manières de se tuer bien moins violentes dans le monde magique. Entre autre, la transformation magique.

Pour la formation de certains liens magiques, il fallait en passer par la mort symbolique du corps. Oui, enfin pas si symbolique que ça pour ce qui était du lien vampirique mais il y reviendrait. Toujours était-il que suite au refus catégorique de Lupin, il avait fallu improviser.

Pour faire simple sa transformation en vampire avait été un exorcisme sous sa forme la plus belliqueuse. Le feu par le feu, comme avait dit Léonard, son sourire plein d'ironie plaqué au coin des lèvres.

Ainsi fut fait, nul n'était besoin d'attendre. A quoi bon de toute façon, c'eut été reculer pour mieux sauter. À la mi-mai, il était transformé et fin juin, il savait tout ce qu'il avait à savoir pour survivre par lui-même. Dans la mesure de tes capacités initiales, naturellement. avait cru bon de rajouter son mentor dégoulinant d'humour noir comme à son habitude. Harry en était d'ailleurs venu à penser que ce côté désenchanté que transpirait le vampire équivalait plus ou moins à la sagesse qu'apporte le grand âge.

Ce souvenir lui arracha un rictus tandis qu'il prenait finalement conscience de l'insulte sournoise qu'avait glissée son professeur vampirique. Pas qu'il ait eu tort de douter de sa capacité à éviter les ennuis, preuve en était : un mois plus tard il se retrouvait à croupir dans les oubliettes de son pire et mortel ennemi! Si sa bêtise s'était arrêtée là il aurait éventuellement pu avoir quelque chose à redire. Malheureusement, il s'était non seulement retrouvé contraint de se nourrir sur Draco Malfoy – Non mais Draco Malfoy quand même! – mais en plus, il l'avait lié à lui puis l'avait perdu dans la nature.

Non, mais il fallait se rendre à l'évidence, le Sauveur était un crétin accompli sur lequel le monde entier portait ses espoirs.

Dépité, Harry grogna autant pour se donner contenance que pour calmer sa magie vampire qui n'appréciait que modérément les remises en question. La situation était critique, aussi le jeune vampire obligea ses neurones, contre leur tendance naturelle, à s'activer dans le but de s'essayer à l'exercice délicat de la réflexion.

Harry avait peut-être changé mais il était encore capable de se rendre compte quand il agissait comme un gros con. Certains signes ne trompaient pas, il était en phase terminal. Aussi, pour sauver son cerveau de la débâcle et d'une atrophie irréversible, il s'assit bien droit dans un fauteuil et réfléchit sérieusement.

Il était un vampire, ce qui faisait de lui un buveur de sang et accessoirement un insupportable arrogant. Au-delà de ça, il s'était lié accidentellement au mec le plus antipathique qu'il n'ait jamais rencontré. Il s'était avéré par la suite, même si ça lui arrachait les canines de le reconnaitre, que le sus nommé Malfoy s'était avéré ne pas être si Mangemort que ça, ni si humain.

S'il était totalement honnête avec lui-même, il devrait reconnaitre que la version 2.0 de Malfoy était pas trop mal… En fait, s'il n'avait pas été lui (s'entendait l'abominable connard qui lui avait pourri une grande partie de sa scolarité) il aurait été très, très appétissant. Et pas que dans le sens vampirique du terme.

Ceci dit, il était définitivement lui et s'était même arrangé pour se faire la malle.

À grand coup de vagues de frustrations, son côté vampire lui signifia, à sa manière, qu'il l'avait prévenu. Cette histoire de sang en pochette n'avait enthousiasmé que Mme. Weasley. Ni lui, ni sa magie, en avaient été transportés.

Seulement l'autre option était de mordre la nuque blanche de Malfoy et même si son instinct lui hurlait que c'était la seule chose à faire, il s'y refusait catégoriquement. On ne mordait pas la nuque d'une personne à qui on refusait de serrer la main! C'était de la logique élémentaire!

Sans compter que le donneur, connaissant l'animal, ne risquait pas d'être des plus dociles.

Franchement un scénario où il se retrouvait à lutter contre Malfoy pour le mordre de force… Hé bien pour faire court Harry n'était pas persuadé que cela reste purement alimentaire très longtemps. Malfoy avait beau être chiant, une fois immobilisé sur un lit, il y avait de forte chance pour que le vampire oublie ce trait de caractère au bénéfice d'autre chose de plus plaisant.

Ses cheveux fins étalés en halo autour de sa tête ou ses yeux mercure brillants de rage, voire sa peau d'albâtre légèrement plus exposée que d'habitude, par exemple. Non franchement mordre son lié n'aurait pas été très raisonnable, d'autant plus à la lumière de ses récentes découvertes concernant la sexualité.

La sexualité et surtout ses multiples applications très diverses. En ce qui le concernait, Harry s'était particulièrement laissé émouvoir par la beauté du geste ainsi que par sa répétition. Sans devenir obsédé, le jeune homme avait tout de même réitéré l'expérience un nombre de fois tout à fait honorable.

Surtout que son nouveau charisme n'entretenait pas une atmosphère de saine retenue auprès de la gente féminine que lui aurait procuré un physique plus banal.

Ce fut aussi au court de ces pérégrinations du côté du plus doux des sept péchés capitaux qu'il apprit que l'amour (physique tout du moins) ne s'arrêtait pas aux frontières du genre. Bien au contraire.

Ivre de nouvelles connaissances, le Sauveur s'était donc laissé tenter par l'expérience et pour tout dire, y avait pris goût. Il n'avait pas pour autant renoncé à la douceur des rondeurs féminines mais un peu de fermeté ne lui déplaisait pas non plus.

Ainsi donc, Harry Potter s'était-il découvert une bisexualité des plus florissantes. La chose allait à bien et aurait pu le demeurer si le fils Malfoy ne s'était pas pointé avec ses jambes fines et son corps parfait. Dès lors, Celui-qui-avait-survécu n'en pouvait plus de vouloir planter autre chose que ses crocs dans le corps si appétissant de son ennemi intime.

De frustration en ressentiment (?), il avait tout reporté sur le dos de son lié qui avait alors probablement décidé que l'herbe été plus verte ailleurs et avait donc mis les bouts. Ce qui était non seulement inconscient mais aussi particulièrement stupide. Du fait de leur lien, ils ne pouvaient rester séparés trop longtemps.

Même sans cela, il valait tout de même mieux laver trois assiettes que finir empaillé vivant et intégré dans la collection de Voldemort.

En tout cas c'était ce que pensait Harry et bien que soupçonnant Malfoy d'être assez snob pour refuser de laver par terre, il le voyait mal mettre sa vie en danger pour pareille broutille. Il y avait donc quelque chose de louche là dessous.

Pour que Malfoy ait préféré risquer sa vie dehors plutôt que de rester avec l'Ordre il fallait que ça n'aille vraiment pas au pays des dindons magiques.

Supportant mal l'immobilité, il bondit de son fauteuil et se mit à arpenter la pièce de long en large dans l'espoir d'y voir plus clair. Réfléchir en profondeur sur une situation n'était pas à proprement parler dans ses habitudes et en fait il ne savait pas comment s'y prendre.

Devait-il retrouver Malfoy et lui demander directement? Chercher à comprendre par lui-même? Essayer de reconstituer le puzzle à partir de ce qu'il savait? Mais par où commencer?

Toute cette histoire accentua encore sa faim et sa mauvaise humeur. Les vitupérations de son estomac eurent tout de même l'avantage de trancher dans le vif. Il lui fallait retrouver Malfoy sans quoi il ne saurait être maitre de lui très longtemps.

Non, il fallait qu'il mette la main sur son lié, après quoi il le plaquerait contre la première surface plane venue pour le pomper de sa si délicieuse substance vitale. La suite, et bien la suite serait alors laissée à leur propre jugement.

Enfin, essentiellement au sien et au recouvrement éventuel de son sang-froid.

Il avait donc un plan… Bon une ébauche de plan.


Le nez plongé dans un bouquin sobrement intitulé "créatures magiques de nos contrées", Draco n'entendit pas Severus arriver par transplanage. Autour de lui s'étalaient pèle mêle de nombreux grimoires tout aussi vieux et poussiéreux les uns que les autres, traitant tous du même sujet : les créatures magiques. La bibliothèque du professeur n'était pas aussi fournie qu'aurait pu l'être celle de l'Ordre ou même celle de Poudlard mais Draco s'en contenterait. Il s'en satisfaisait d'autant plus que, pour une fois, il pouvait la consulter.

Bien décidé à découvrir ce qu'il était avant la prochaine catastrophe, il avait entrepris une recherche de grande envergure.

Une tasse de thé froide reposait sur la couverture de "1000 créatures pour des millions de potions" et les restes de son petit-déjeuner s'éparpillaient un peu partout. Face au spectacle, Rogue fit la grimace. Le désordre systématique que Draco avait instauré dans son salon n'était pas tout à fait ce dont il avait rêvé pour sa soirée.

Retenant une réplique bien sentie, l'homme laissa son regard tomber sur le jeune homme blond assis au milieu de ce capharnaüm.

Il avait toujours considéré Draco comme son neveu voir même son fils et se plaisait à penser que le garçon le lui rendait bien. Il se rappelait encore du petit garçon silencieux qu'il avait été. Une magnifique poupée de porcelaine que Lucius se plaisait à exhiber dans ses soirées. Il revoyait ces yeux gris voilés de fatigue à fixer le vide alors que son petit corps de cinq ans restait debout et bien droit aux côtés de sa mère.

Ça avait quelque chose d'effrayant, un petit garçon qui ne souriait pas. Ce n'était pas naturel, comme une fausse note dans une partition, un bouton sur le menton d'une jolie fille. Ce n'était pas choquant mais ça attirait l'œil, ça vous travaillait la conscience en quelque sorte. Rogue avait détesté ces titillements de culpabilité puis il avait haï ces yeux vides et finalement méprisé sa propre impuissance.

Draco était loin d'être un ange ou même quelqu'un de bien mais il était l'incarnation de ses erreurs ainsi que de ses joies. Sa famille donc. Il était temps de parler, il était temps de s'expliquer.

Ne sachant pas trop par où commencer et n'étant pas exactement un grand orateur, le professeur se contenta d'un raclement de gorge.

Il y avait des moments dans la vie où l'on ne savait pas quoi dire. Pire il y avait des moments où il fallait absolument parler mais les mots restaient coincés dans la gorge. Comme si brusquement chaque phrase paraissait dérisoire et chaque mot soit trop lourd soit trop léger. Draco le comprenait très bien et c'était pourquoi il attendait depuis près de quinze minutes que les mots de Severus se décoincent un peu. Il n'était pas à quelques minutes de toute façon.


Voilà, à suivre comme on dit.

"Sadique ! è_é TT_TT", dixit ma béta mais bien sur je vous laisse seul juge. N'hésitez pas à m'engueuler pour mon retard ou pour tout autre chose... J'accepte néanmoins les compliments et les conseils avisés.

Bien à vous et avec l'assurance de mes sentiments distingués.