«-Non sérieux?

-Puisque je te le dis!

-J'aurais jamais imaginé ça. Shinohara se faire sévèrement péter la gueule par Aomine... Eh bah pour une fois y'en a un qui gagne!

-Ouais! Mais je crois que Shinohara a été salement amoché et qu'ils ont même fait venir un médecin sur place!

-Tant que ça? Il était en forme l'Aomine!

-Paraît que Shinohara avait insulté sa fiancée un truc du style...»

Telle est la conversation que Yukio se surpris à écouter alors qu'il accompagnait les détenus au réfectoire. Alors comme ça, Aomine avait blessé Shinohara? La conscience professionnelle de Kasamatsu aurait voulu l'empêcher de se réjouir mais il ne put pas se retenir. En effet, en seulement deux semaines, Shinohara en avait fait voir de toutes les couleurs au jeune gardien. Puis, il se dit que pour qu'un établissement tel que celui-ci fasse appel à un docteur, les dégâts devaient être conséquents. Sur ces pensées coupables, –bien que terriblement agréables– Yukio s'installa avec son plateau composé de bouillie de riz et d'un verre de jus d'orange, auquel il finirait bien par s'habituer (du moins c'est ce qu'il pensait), quand une voix l'interpella :

«-Le nouveau, euh, Kasamatsu c'est ça?

-Oui?

-Y'a le médecin qui est à l'entrée, montre lui où est l'infirmerie, le blessé y est déjà. Après tout, tu devrais bien connaître l'infirmerie, non?»

Yukio grogna à la pique mais ne dit rien et se dépêcha d'engloutir son plateau, pour ensuite courir à l'entrée, où un homme en blouse blanche, de grande taille, aux cheveux verts et aux lunettes rectangulaires l'attendait.

«-Euh, bonjour? Vous êtes le médecin qui est là pour le détenu blessé?»

Le concerné remit ses lunettes en place, et répondit d'un ton presque méprisant:

«-Évidemment.

-Je vais vous conduire à l'infirmerie, le blessé s'y trouve déjà. Par contre, j'espère que vous avez apporter de quoi le soigner, parce que, autant vous le dire, le matériel n'est pas très avancé.

-Je sais, je suis déjà venu une fois. Cependant, j'espère que cela s'est un peu amélioré.»

Si le ton du grand vert avait énervé Yukio, il ne le montra pas.

Pendant tout le chemin, l'homme aux cheveux verts n'ouvrit pas la bouche mais observa attentivement les moindres recoins de la prison. Arrivés devant la porte, il prit finalement la parole:

«Ce n'est pas très hygiénique, ni bien entretenu ici... J'espère que l'infirmerie est quand même plus propre que la dernière fois que je suis venu.

- C'est à dire que... Ne vous attendez pas à quelque chose d'extraordinaire, d'accord?

-Je crains le pire.»

Yukio ouvrit la porte avec un soupir. Le docteur eut un regard désapprobateur mais ne dit rien. Tous deux s'approchèrent du brancard où reposait Shinohara. Dire qu'Aomine avait été violent était un euphémisme. Yukio se promit de ne jamais l'énerver. Même le médecin, que rien ne semblait affecter, esquissa une expression de surprise.

«-Est-ce que je dois rester, monsieur...?

-Midorima. Midorima Shintarô. Non, vous pouvez partir, je préfère le calme pour travailler, et je risque d'en avoir besoin.

-Très bien, dans ce cas je m'en vais.»

Le dénommé Midorima parut hésiter un instant puis finit par dire:

«-Cela vous dérangerait-il de revenir dans à peu près 45 minutes? J'aurais une requête pour vous.»

Yukio acquiesça sans trop comprendre où il venait en venir. Mais bon, dans 45 minutes, ça tombait sur sa pause, alors ça ne coûtait rien, même si l'air hautain du docteur lui tapait sur les nerfs.

Aoki lui avait assuré qu'il conduirait les prisonniers dans la cour à sa place, mais il se dépêcha quand même, bien sûr pour les surveiller, mais surtout pour ne pas rater sa conversation habituelle avec Takao et Kise.

Quand il arriva devant eux, ils avaient tous les deux une mine assez déconfite.

«-Salut! Qu'est-ce qu'il vous arrive à tous les deux? Vous n'avez pas l'air très bien.

-Oui, c'est à cause d'Aominecchi...

- Ah oui! J'ai entendu parler de l'histoire avec Shinohara. Mais ce n'est pas une bonne chose qu'Aomine l'ai remis à sa place une bonne fois pour toutes?»

Le blond lui adressa un sourire à la fois triste et amer. Un sourire que Yukio n'aurait jamais pensé voir sur son visage. Normalement, Ryôta avait toujours un sourire joyeux au lèvres, et s'il était parfois un peu arrogant, jamais il n'avait eu une telle expression de tristesse. C'est là qu'il s'aperçut à quel point le bleuté était un ami important pour eux. Le détenu aux yeux perçants répondit à sa place :

«-Ah là là... On voit que tu es nouveau... Aomine ne va s'en tirer comme ça, pas après ce qu'il a fait à Shinohara. En temps normal, le responsable laisse passer leurs petites disputes habituelles, mais celle-ci n'a rien de petite. Aomine n'avait déjà pas un comportement de prisonnier exemplaire, mais là, il risque de de prendre une des années qu'il avait en sursis...

-Hum... c'est légal ça?»

La vérité c'était que Yukio n'en savait rien mais préférait se renseigner.*

«-Aucune idée. J'ai dis "risque". Mais en tout cas, là, il est en cellule d'isolement. Pas besoin de préciser que c'est pas la joie.

-J'imagine bien... Et, j'ai vu le médecin qui est venu pour Shinohara.

-Ah oui? Il est comment?» s'exclama Kise

«-Grand, des lunettes, un air assez supérieur et sérieux, des cheveux verts.»

À ces mots, un grand sourire se dessina sur les lèvres du brun tatoué.

«-Et il avait l'air consterné par l'état de l'infirmerie et du bâtiment.

-Sinon, il avait l'air sympa?

-Je vous l'ai déjà dit, il avait l'air assez méprisant et supérieur, toujours en train de remonter ses lunettes. Il m'énerve un peu à vrai dire.»

Takao sourit malicieusement:

«-J'aimerais bien le voir!

-Tchh... Enfin bon, je vais le voir à ma pause, je vous en dirais plus après.

-Sérieux? Je peux venir?»

Yukio afficha un air consterné. Qu'est ce qui les intéressait tant dans la simple venue d'un médecin? Le besoin de voir de nouvelles personnes était-il si fort que ça? Il n'osa pas poser la question, de peur de les vexer.

«-Bien sûr que non! C'est contraire au règlement, imbécile!

-T'es pas drôle!

-Allez Kasamatsucchi! Soyez sympa, s'il vous plaît!»

L'interpellé tiqua une nouvelle fois au surnom, décidément, il n'arrivait pas à s'y faire. Devant les yeux plein d'étoiles de Kise, il avait du mal à résister. Et puis si Takao voulait absolument venir, il y avait probablement une raison à cela, non?

Il finit par accepter, non sans un soupir, et ils mirent en place un stratagème pour emmener Kazunari avec lui. Il fut convenu que le jeune homme ferait semblant d'avoir de terribles migraines et que Yukio l'accompagnerait à l'infirmerie, ce qui au final lui donnait aussi une véritable raison d'y aller. Takao avait l'air très heureux et Yukio se dit qu'il demanderait pourquoi à Ryôta plus tard.

Finalement, l'heure de sa pause arriva et Kasamatsu, accompagné du prétendu malade, se rendit à ce qui était censé être une infirmerie.

Il y trouva le médecin, tellement concentré sur son patient qu'il ne prêta presque pas attention.

«-Je suis là!»

Midorima se retourna et aperçut Kazunari; il écarquilla les yeux. Le visage de Takao se fendit en un grand sourire.

«- Salut, Shin-chan!»

Yukio fronça les sourcils.

«-Shin-chan? Vous vous connaissez?

-Bien sûr que oui! Pourquoi j'aurais voulu venir sinon?»

Le docteur prit finalement la parole:

«-Bonjour Takao.

-Tu pourrais montrer un peu plus de joie, Shin-chan!

-Hum, sans vouloir être indiscret, comment vous êtes vous connus?

-C'est pourtant simple. Je vous ai dit que j'étais déjà venu ici une fois et j'y ai rencontré cet imbécile de Takao.

-Shin-chan est un tsundere, il m'aime beaucoup en vérité.

-Tais-toi.»

Yukio hésita entre éclater de rire ou afficher un air blasé. Il opta pour la deuxième option. Takao, quant à lui, choisit la première, en se moquant affectueusement dudit "Shin-chan". Même si Kasamatsu se demandait fortement quelle était la relation entre ces deux-là, il n'osa pas réellement poser la question, voulant respecter le cercle privé des autres.

«-Bref. Qu'est ce que tu fais ici Takao? Tu as l'air en pleine forme.

-C'était pour te voir Shin-chan! Tu pourrais montrer un peu plus d'enthousiasme.

-Je vous jure. Feindre la maladie pour venir ici.»

Il ponctua sa phrase en remontant ses lunettes. Le brun pensa que malgré leurs différences évidentes de caractère on ressentait une certaine complicité dans leur discussion.

«-Bon, pourquoi vouliez-vous me voir?

-Hum... C'est à dire que...»

Le médecin, qui paraissait pourtant si assuré, était en pleine phase d'hésitation. La présence de Takao le perturbait-il? Yukio su qu'il avait touché le bon point en voyant le léger regard en biais que Midorima jeta en direction de Kazunari.

Il se repris rapidement :

«-J'aimerais bien que vous me fassiez voir l'ensemble de l'établissement.»

Takao ricana et dit d'un ton chantant:

«-Alors comme ça, Shin-chan est préoccupé de l'état des lieux, là ou j'habite? Donc Shin-chan s'inquiète pour moi? Je suis flatté!

-Tais-toi Takao.»

Le jeune homme aux yeux perçants chantonna et on distinguait parfaitement le mot "Tsundere".

«-Eh bien, M. Midorima, si vous voulez. Il faudrait juste que mes supérieurs soit d'accord avec ça.

-Il vaudrait mieux ne pas les prévenir je pense. Est-ce que ça vous dérange?

-C'est à dire que je suis nouveau ici... Et je préfèrerais ne pas trop me faire remarquer.

-Ne vous inquiétez pas, je dirais que je vous ai emmené contre votre gré.»

Yukio finit par accepter en soupirant.

Il demanderait à Aoki de le couvrir pendant la pause déjeuner. Puis il changea d'avis en se disant qu'il de reposait trop sur lui et c'est là que lui vint l'idée d'utiliser une nouvelle fois le prétexte des migraines de Takao. Il prétendrait aller chercher celui-ci pour déjeuner, et ils feraient un rapide tour de la prison. Quand il exposa son plan aux deux autres, Midorima acquiesça sobrement et Takao lui adressa un sourire éclatant en comprenant qu'il resterait toute la matinée à l'infirmerie avec le docteur. Ce dernier soupira et remonta une nouvelle fois ses lunettes

Yukio sortit. Dans quoi s'était-il encore embarqué? Son envie d'aider les autres prenait souvent, trop souvent à son goût, le dessus sur son sérieux. Il compris soudain le sens de la conversation qu'il avait entendu en passant devant la salle des gardiens; il était trop gentil et cela le perdrait. Cet exemple et de nombreux autres pouvaient illustrer cette phrase. Enfin, pour l'instant, même si Yukio ne l'avouerait pas, réaliser des plans et faire des choses en secret avait un côté excitant. Un côté film d'espionnage pas si déplaisant que ça.


*Non, la vérité c'est que l'auteur n'en savait rien et qu'elle devra se renseigner plus tard. (ma conscience me fait mal là)

Saluut les amis (les pas amis aussi d'ailleurs) ! J'espère ne pas avoir été trop longue à poster !

Vous avez vu qui s'incruste dans ce chapitre ? :D Midorima Shintarô, médecin de profession, dont l'expression favorite est nanodayo, et dont l'être humain préféré sur cette Terre est Kazunari Takao, mais chut, c'est un secret (pour absolument personne).

Vous observerez les magnifiques raccourcis scénaristiques que je prends (en évitant de trop partir dans les détails pour éviter les incohérences, en incrustant Midorima comme ça (parce que le MidoTaka mais chut) alors que c'est pas vraiment plausible, et j'en passe :D). Mais bon, sans eux, mon histoire n'aurait pas la même valeur à mes yeux (pas de MidoTaka = tristesse). Arrêtons de dire n'importe quoi.

Comme d'habitude, laissez une review, méchante ou pas, constructive ou pas, comme vous voulez ^-^

Sur ce, bye bye o/

Ah oui, je répond donc à Chrome83, qui se cachait sous le nom mystérieux de Guest:

Merci pour ta review! Eh oui, je sais que le AoMomo n'est pas un couple particulièrement populaire mais je l'affectionne beaucoup ^^ Et puis, comme tu dis, je trouve Aomine très mignon sur ce coup (Aomine, mignon? comment ça un problème? xD)