Bonjour tout le monde.

Pour commencer, Bonne Année 2015.

Merci beaucoup pour vos reviews, ça fait toujours très plaisir. Maintenant, place au chapitre.


Chapitre 7

Ce matin, je me levai relativement tôt afin de profiter de mes dernières journées avec les hobbits car j'avais décidé de partir dans deux jours, le temps de préparer mes affaires. Cependant pour commencer, il fallait que j'avertisse le Seigneur Elrond de mon départ prochain, mais j'étais un peu nerveuse de me trouver seule avec lui. Mais comme je lui annonçais que je partais, avec un peu de chance, il pourrait oublier de me châtier suite à ce qui c'était passé avec Lindorië. Je quittais donc ma chambre et partis en direction de son bureau. Je passais devant la grande salle où se déroulait le petit déjeuner et vis mes amis hobbits en sortir.

- Bonjour messieurs, leur dis-je en arrivant à leur hauteur.

- Caitlyn, me dit Frodon, je suis content de vous voir. C'est dommage, on ne vous a pas vu hier au festin.

- Ah oui, je avais complétement oublié, mentis-je.

- Surtout que je voulais vous présenter quelqu'un, me dit-il. Donc si vous avez le temps, j'aimerai vous le présenter maintenant.

- Oui, bien sûr, lui dis-je en le suivant, heureuse de repousser à plus tard mon entrevue avec l'elfe.

Nous arrivâmes dans un petit jardin et nous approchâmes d'un banc sur lequel était assis un vieil hobbit.

- Bilbon, dit-il à l'intention du hobbit, je voudrais vous présenter Caitlyn. Caitlyn voici mon oncle Bilbon Sacquet.

- Je suis enchantée de faire votre connaissance Mr Sacquet, dis-je au vieil hobbit.

- Moi de même jeune fille, me dit-il avec un sourire, mais appelez- moi Bilbon. Alors, c'est donc vous la sorcière dont j'ai entendu parler par les elfes.

- Oui c'est moi.

- Vous n'avez pas l'air aussi redoutable que ce qu'on m'a dit.

- Heu merci, je suis ravie de l'apprendre.

- Venez-vous asseoir, comme ça nous pourrons parler, me dit-il en tapotant à côté de lui.

- Mais qu'est ce qu'ils ont contre vous ? demanda Pippin qui avait pris place sur l'herbe à côté du banc.

Je haussais les épaules.

- Je ne sais que très peu de choses sur les sorcières d'ici, expliqua Bilbon. Tout ce que je sais c'est qu'il y a longtemps, il y a eu un conflit, majoritairement entre les elfes et les sorcières, ce qui explique la mésentente entre vous.

- Oui, sauf que moi je ne suis pas de ce monde, donc ça serait bien qu'ils évitent de faire l'amalgame entre moi et celles d'ici, rétorquai-je.

- Ce n'est pas forcément évident pour eux de le faire, car beaucoup d'elfes d'ici ont vécu pendant ce conflit, expliqua le vieil hobbit. Et en plus, ils ne vous connaissent pas. Mais avec le temps cela va s'améliorer, vous verrez.

- Ouais. J'ai quand même quelques doutes là-dessus.

Cette réponse fît hausser les sourcils de l'oncle de Frodon.

- Vous savez, il y a quelqu'un chez moi qui a dit un jour " qu'il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé" (1), expliquai-je.

- C'est sans doute vrai. Mais qu'est ce que c'est un atome ? me demanda Bilbon très intéressé.

J'essayai donc d'expliquer le plus clairement possible ce que c'était quand nous fûmes brusquement interrompus par Gandalf.

- Veuillez me pardonnez cette interruption, nous dit-il, mais Caitlyn j'ai besoin de vous parler assez urgemment.

Quoi, encore ?

- Très bien. Excusez-moi Bilbon, je reviens rapidement.

- Faites ma chère, faites, me dit-il.

Gandalf et moi nous nous éloignâmes des hobbits et nous nous dirigeâmes en direction du bureau du Maître des lieux.

- Vous savez que cela fait deux jours que le Seigneur Elrond et moi, nous vous cherchons. Mais où étiez-vous ? On ne vous a presque pas vu depuis votre arrivée.

- J'étais ici et là, répondis-je évasivement.

Ce dernier haussa un sourcil à ma réponse. Nous continuâmes à marcher un moment et nous nous retrouvâmes dans le bureau du Seigneur Elrond. Ce dernier nous attendait et n'avait pas l'air content du tout.

Oh Oh ! Ca va chauffer.

- Bonjour Mademoiselle, me dit-il un peu froidement. Asseyez-vous, s'il vous plaît, rajouta-t-il en m'indiquant un fauteuil.

Je pris place et attendis.

- Lindorïe m'a raconté une histoire bien étrange, il y a deux jours. Quand elle serait entrée dans votre chambre, elle se serait retrouvée face à une énorme bête orange et noir qui, semble-t-il, avait l'intention de la tuer. Pourriez-vous nous donner quelques explications ? me demanda-t-il assez en colère.

- La grosse bête s'était moi. J'ai utilisé un sort pour me changer en animal, Lindorïe a débarqué à ce moment-là dans ma chambre et elle a eu peur. Mais, je vous jure que je n'ai jamais eu l'intention de lui faire du mal, sortis-je d'une traite.

- De quel animal avez-vous pris l'apparence ? demanda curieusement Gandalf.

- Un tigre. C'est un très gros chat, rajoutai-je devant son incompréhension.

- Vous voyez Seigneur Elrond, comme je vous l'avais dit ce n'était qu'un simple accident, rien de bien méchant, lui dit Gandalf.

Les deux se fixèrent un moment, puis l'elfe hocha de la tête.

- Mais rassurez-vous Seigneur Elrond, je ne vous dérangerai plus très longtemps, repris-je avant que l'un d'eux puisse rajouter quelque chose.

- Comment ça ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.

- Je pars dans deux jours pour Minas Tirith, expliquai-je.

Je crus percevoir une onde de stress émaner de mes deux interlocuteurs, mais cela devait probablement être mon imagination.

- Comme l'a dit Gandalf c'était un accident. Vous pouvez rester Mademoiselle, je ne vous jette pas dehors, me répondit l'elfe sur un ton plus chaleureux qu'avant.

- C'est bien gentil à vous, mais ça n'a rien à voir avec cela. J'essaie juste de trouver un moyen de rentrer chez moi et il y a plus de chance que je le trouve là-bas qu'ici, expliquai-je

- Oui euh très bien…bredouilla le Magicien. Le Seigneur Elrond et moi voulions vous dire qu'aujourd'hui, dans quelques heures, il y aura un conseil au sujet de l'anneau. Et nous aimerions que vous y assistiez, me dit-il après avoir finalement repris contenance.

- Vous êtes sérieux là ?

- Oui, tout à fait.

- Gandalf, je ne veux pas paraître désobligeante mais je ne vois pas exactement pourquoi je devrais y aller. Mon rayon à moi, c'est les démons. Je ne connais strictement rien de votre monde, ni de la guerre. Alors, je doute que ma présence soit utile.

- Cela pourra vous apprendre déjà plus sur notre monde et vous avez peut-être une autre façon de voir les choses qui pourrait nous aider. Et en plus, comme l'anneau est magique et que vous vous y connaissez …

- Vous aussi, je vous le rappelle, lui rétorquai-je, et probablement plus que moi.

Je l'examinai attentivement et pouvais voir qu'il ne me mentait pas, mais je sentais qu'il ne me disait pas tout pour autant.

- Et c'est quoi l'autre raison ? demandai-je suspicieuse.

- Il n'y a pas d'autre raison, pourquoi dit-vous cela ? me demanda-t-il sérieusement.

- Parce que je sens clairement que vous me cacher des choses, rétorquai-je

Toutefois, il ne me répondit rien de plus.

S'il vous plaît Caitlyn, pensa-t-il en sachant que je l'entendais, vous ne serez pas obligée de dire quelque chose si vous ne le voulez pas, mais écoutez au moins.

Bon, étant donné qu'Elrond m'accueillait chez lui et que tous les deux essayaient de m'aider, je pouvais quand-même bien leur accorder ça, c'était la moindre des politesses. Même si je trouvais que ça n'avait pas de sens et que par respect, je ne voulais pas fouiller dans sa tête pour connaitre ses raisons.

- Ok, lâchai-je finalement en levant les yeux au ciel.

- Dois-je comprendre que ceci veut dire oui chez vous ? me demanda le Seigneur Elrond.

- En effet.

- Bien, me dit-il.

Je retournai alors vers les Hobbits et repris notre conversation. Bilbon entreprit alors de me narrer ses aventures mais cela ne dura malheureusement pas très longtemps car nous perçûmes un son de cloche et ce n'était pas celle du dîner.

- Je suis désolé de vous quitter maintenant, Demoiselle Caitlyn, mais mon neveu et moi avons un conseil qui nous attend, me dit Bilbon.

- Ah. Vous aussi ?

- Oui, me répondit-il. Puisque vous aussi y êtes conviée, accepteriez-vous d'y aller en notre compagnie, me demanda-t-il en me tendant galamment son bras.

Je lui fis un sourire, pris son bras et nous partîmes avec Frodon en direction de la salle du conseil. Une fois arrivé là-bas, Frodon et Bilbon allèrent s'asseoir à côté de Gandalf, quant à moi, je pris la dernière place de libre à côté du rôdeur. Je pus voir qu'il y avait à ce conseil des personnes de tout peuple et parmi elles des gens que je connaissais. Parmi les elfes, il y avait Glorfindel, des conseillers d'Elrond dont Erestor et un autre venant des Havre Gris dénommé Galdor. Et pour finir, il y avait celui que j'avais percuté la veille, un certain Legolas de la Forêt Noire qui était accompagné de plusieurs elfes de sa région. Quand son regard croisa le mien, je lui fis un petit sourire et ce que j'eus en retour ne fut qu'un regard noir avec une pointe de dégout.

Bon, le message est clair au moins.

Il y avait aussi des nains, Gloin et son fils Gimli. Et finalement, plusieurs hommes étaient aussi présents dont un au visage noble, aux cheveux bruns et aux yeux gris, appelé Boromir. Les autres hommes semblaient l'accompagner et le conseiller.

Comme nous étions tous là, le seigneur Elrond se leva de sa chaise et s'adressa à nous.

- Etrangers venus de terres lointaines, amis de toujours. Vous vous êtes rassemblés ici afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction, nul ne peut y échapper. Vous vous unirez ou vous serez vaincus. Chaque race est liée à ce destin, à ce sort commun. Montrez leur l'anneau Frodon.

Frodon se leva et déposa l'anneau sur un socle en pierre, présent au milieu de la pièce.
La réaction à la vue de l'anneau fût assez semblable chez tout le monde. La majorité éprouvait soudainement le désir de le posséder. Mais, c'était plus marqué chez certains que chez d'autres. Cependant, au bout d'un moment, ils luttaient tous à leur manière contre cette envie.

- C'était donc vrai, murmura Boromir qui finit par se lever. Lors d'un rêve, j'ai vu à l'est le ciel s'assombrir mais à l'ouest, une pâle lueur persistait, dit-il en marchant lentement vers l'anneau comme s'il était hypnotisé par ce dernier. Une voix s'écriait : votre fin est proche, le fléau d'Isildur a été retrouvé, murmura-t-il en tendant lentement la main pour s'emparer de l'anneau.

-Boromir ! s'exclama le seigneur Elrond en se levant brusquement.

- Ash nazg durbatulûk, ash nazg gimbatul, ash nazg thrakatulûk agh bruzum-ishi krimpatul, dit au même moment Gandalf en se levant dont la voix étant devenue menaçante, puissante et dure.

A ses paroles, le ciel commença à s'assombrir et l'obscurité nous envahit. Tout le monde tremblait, se sentait oppressé et les elfes se bouchèrent les oreilles. Boromir recula et rejoignit son siège apeuré.

- Jamais de mots n'ont été prononcé dans cette langue, ici à Imladris, réprimanda le Seigneur Elrond.

- Je n'implore pas votre pardon, Maître Elrond, car le parler noir du Mordor peut déjà être entendu dans toutes les régions Ouest.
L'anneau est totalement maléfique, conclut-il et alla se rasseoir.

- Cet anneau est un don, un don fait aux ennemis du Mordor, reprit Boromir. Pourquoi ne pas s'en servir ? Depuis longtemps, mon père l'Intendant du Gondor a tenu à distance les forces du Mordor. C'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité. Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi et laissez-nous l'utiliser contre lui, dit-il avec conviction.

Pendant qu'il parlait, je sentis Grand-Pas s'agiter sur son siège. Il commençait à être agacé par le Gondorien, Gandalf et Bilbon aussi apparemment.

- On ne peut le contrôler, aucun de nous ne le peut. L'anneau unique ne répond qu'à Sauron, il n'a pas d'autre maître, finit par dire le rôdeur.

- Et qu'est-ce qu'un rôdeur connait à ses choses-là, lui demanda Boromir avec une pointe de mépris.

- Ce n'est pas un simple rôdeur, dit Legolas en se levant outré. C'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance.

Boromir se tourna surprit vers Aragorn.

- Aragorn, le descendant d'Isildur ?

- Et l'héritier du trône du Gondor, ajouta l'Elfe de la Forêt Noire.

- Havo dad Legolas, dit Aragorn mal à l'aise.

- Le Gondor n'a pas de roi, reprit Boromir avec mépris en retournant à sa place, il n'en a pas besoin.

Bilbon qui s'était tût jusque-là, s'agitait de plus en plus n'appréciant guère le ton du Gondorien à l'encontre de son ami rôdeur. Il se leva et s'exclama alors soudainement:

- Tout ce qui est d'or ne brille pas,
Tous ceux qui errent ne sont pas perdus;
Le vieux qui est fort ne se dessèche pas,
Le gel n'atteint pas les racines profondes;
Des cendres un feu sera réveillé,
Une lumière des ombres surgira;
Renouvelée sera la lame brisée :
Le sans-couronne de nouveau sera roi

Ce n'est peut-être pas très bon, mais en tout cas c'est approprié, si vous avez encore besoin d'entendre quelque chose après les paroles qui ont été prononcée ici. Et puisque vous avez fait un long voyage pour venir jusqu'ici afin de prendre conseil, vous feriez mieux d'écouter ce qui se dit, rajouta le vieil hobbit avant de renifler de dédain et de se rasseoir.

- Aragorn a raison. Nous ne pouvons l'utiliser, finit par dire le magicien.

- Vous n'avez pas le choix. L'anneau doit être détruit, annonça Elrond.

- Alors qu'attendons- nous pour le faire, s'exclama Gimli en prenant sa hache et en l'abattant avec force sur l'anneau.

Une explosion retentit alors. Nous retrouvâmes Gimli par terre avec sa hache en mille morceaux. Quant à l'anneau, il trônait toujours sur son socle de pierre, pas même ébréché.

- L'anneau ne peut être détruit, Gimli fils de Glóin par aucun moyen en notre possession, expliqua le Seigneur Elrond qui s'était relevé. L'anneau a été forgé dans les flammes de la montagne du destin, il n'y a que là qu'il puisse être détruit. Il faut l'emporter dans les profondeurs du Mordor et le jeter dans l'abîme flamboyant où il est apparu autrefois. L'un de vous doit le faire.

- On n'entre pas si facilement en Mordor, dit Boromir en brisant le silence qui s'était instauré. Ces portes noires ne sont pas gardés que pas des orques. En ces lieux, il y a un mal qui ne dort jamais. Et le grand œil est toujours attentif. C'est une terre dévastée et stérile. Recouverte de braises, de cendres et de poussière. L'air que l'on y respire n'est que vapeur empoisonnée. Même dix milles hommes n'en viendraient pas à bout, c'est une folie.

Eh bien, décrit comme ça, ça donne vraiment envie d'y aller.

- N'avez-vous pas entendu ce que le seigneur Elrond a dit ? s'exclama Legolas révolté, l'anneau doit être détruit.

- Et je suppose que vous croyez être celui qui doit le faire, répliqua Gimli qui commençait à s'énerver.

- Et si nous échouons, qu'arrivera-t-il ? Que se passera-t-il quand Sauron récupérera son anneau ? cria presque Boromir.

- J'aime mieux mourir que de voir cet anneau dans les mains d'un elfe, cracha Gimli à l'intention de Legolas.

Ceci fût la goutte d'eau qui fit déborder le vase. L'échange houleux entre les trois protagonistes avait déjà bien chauffé de tout le monde. Mais, les dernières paroles du nain entrainèrent la libération d'un véritable raz de marée de colère. A l'exception des hobbits, du magicien, du Seigneur Elrond, d'Aragorn et moi, tout le monde s'était levé et se hurlait dessus.

N'importe quoi ! On dirait vraiment des gosses dans la cour de récré.

Je commençais alors à être assailli par la colère que je canalisai des autres et tentais de la maitriser au mieux. Je pouvais la sentir monter en moi jusqu'à m'envahir complétement, brûler dans mes veines comme un feu ardent et ne demandant qu'une chose: s'exprimer. Je m'agrippai mon siège lorsqu'elle finit par exploser littéralement en moi.

- Vous allez bien ? me demanda Aragorn me voyant crispée à ma chaise.

Mais, je ne parvenais pas à lui répondre, tellement j'essayais de contenir ma pyrokinésie qui voulait se déchainer, exacerbée par la colère qui bouillonnait en moi. Les accoudoirs commencèrent alors à noircir sous mes mains qui rougeoyaient de plus en plus. Les traînées noirâtres recouvrirent petit à petit ma chaise et en descendirent lentement les pieds pour rejoindre le sol. Aragorn me fixait autant éberlué qu'apeuré.

- Je vais le faire, s'exclama fortement Frodon.

Son intervention cessa automatiquement la dispute, la colère retomba et je parvins à me ressaisir. Encore heureux pour moi, hormis le rôdeur, personne n'avait remarqué, pour le moment, que j'avais brûlé ma chaise et le sol.

- Je vais porter l'anneau en Mordor, affirma-t-il sous le regard étonné de tous. Bien que …. je ne connaisse pas le moyen, rajouta-t-il d'une plus petite voix.

- Je vais vous aider à porter ce fardeau Frodon Sacquet, aussi longtemps que vous aurez à le porter, lui dit Gandalf en posant une main sur son épaule pour le rassurer.

- Si par ma vie ou ma mort je peux vous protéger, je le ferai, lui dit Aragorn en se levant. Mon épée est votre, rajouta-t-il en s'agenouillant face à lui.

- Et mon arc est vôtre, lui dit Legolas.

- Et ma hache, ajouta Gimli, ce qui ne plût pas du tout à Legolas.

- Vous avez notre destin à tous entre les mains, petit homme. Et si telle est la volonté du conseil, le Gondor se joindra à vous, ajouta finalement Boromir.

- Hey ! Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi, dit Sam en surgissant de derrière les buissons, d'où il nous espionnait.

- Non, en effet, il n'est guère possible de vous séparer. Et cela même, lorsqu'il est convoqué à un conseil secret en vous non, dit le seigneur Elrond avec un sourire.

Sam ressentit de la gêne et de la honte à ses paroles mais elles furent abrégées par l'arrivée de Merry et Pippin.

- Oh ! Nous venons aussi, dit Merry en criant, suivit de près par Pippin. Il faudrait nous renvoyer chez nous attachés dans un sac, pour nous en empêcher, rajouta-t-il.

- Quoi qu'il en soit, vous avez besoin de gens intelligents pour ce genre de mission…quête….chose, renchérit Pippin.

- Bon, alors ça te met hors course Pippin, lui dit Merry.

C'est alors que Frodon se mit à me fixer de manière insistante. A cet instant, tout le monde était en train de nous regarder et certains commencèrent à froncer les sourcils en voyant les traces de brûlure sur le sol, juste sous mes pieds.

- Vous voulez que je vienne avec vous, c'est ça ? lui demandais-je après un petit moment.

Selon toute vraisemblance, il n'arrivait pas à me le demander clairement vu que n'étant pas de leur monde, un problème d'une telle ampleur ne me concernait pas. Ce dernier se contenta donc de hocher la tête, me sourit timidement, mais ne dit absolument rien. Il continua juste de me fixer de ses yeux de chat potté.

Non mais franchement Gandalf ! Si c'était un coup de main que vous vouliez, ce n'était pas plus simple de me le demander directement, au lieu d'y aller par quatre chemins et d'attendre que Frodon me fasse des yeux des chiens battus ? demandai-je en dirigeant mes pensées vers le magicien.

Non, car je ne savais pas quelle décision le conseil allait prendre et je voulais que vous soyez consciente de tous les enjeux que cela impliquait. Mais le choix reste le vôtre, vous êtes libre de dire non, me répondit-il.

- Très bien, je viens, finis-je par dire, ce qui n'était pas pour plaire à tout le monde. Puis, je me levais pour rejoindre mes futurs compagnons de route.

- Dix compagnons, déclara le Seigneur Elrond. Qu'il en soit ainsi. Vous formerez la communauté de l'anneau.

- Chouette ! Où est-ce qu'on va ? demanda Pippin.

- Pas à Disneyland en tout cas, murmurai-je.

Une fois que nous nous étions présenté chacun les uns aux autres, je rejoignis Bilbon suivi par les autres Hobbits.

- Donc, vous me disiez que vous avez joué aux devinettes avec cette créature, dis-je à Bilbon en espérant partir rapidement d'ici.

- Oui et il m'en a sorti quelques-unes qui m'ont donné du fil à retordre je dois dire, me répondit-il en se dirigeant hors de la salle du conseil.

Il continua à me conter ses aventures pendant toute la journée. Et je devais avouer que j'étais quand même impressionnée par ce qu'il avait fait. Nous mangeâmes dans ses appartements, puis je repartis en direction des miens.

Le lendemain du conseil, Aragorn partit en éclaireur avec plusieurs elfes, afin de voir quelles seraient les routes les plus sûres. Ce matin-là, je pris mon petit déjeuner dans ma chambre, puis sortis me promener un peu. J'empruntai plusieurs chemins que je ne connaissais pas ou peu et une heure plus tard, je me retrouvais sur ce qui semblait être un terrain d'entrainement, apercevant un peu plus loin de moi des Elfes ou des Hommes qui se battaient.
Je les observai un moment puis décidai de passer mon chemin quand, à ma grande surprise, Boromir s'approcha de moi malgré la désapprobation de son compagnon d'armes qui me regardait d'un mauvais œil.

- Bien le bonjour ma Dame, me dit-il avec un sourire. Ce n'est pas souvent qu'on voit une femme par ici.

- Je passais juste par là, lui répondis-je.

- Savez-vous vous battre, ma Dame ?

- Avec une épée ? Non, pas du tout car c'est une arme obsolète chez moi.

- Si vous n'utilisez pas d'épée alors avec quoi vous battez vous ? me demanda-t-il intéressé.

- On appelle ça des armes à feu. C'est un peu similaire à l'arc mais en moins encombrant, enfin pour la plupart.

- Accepteriez-vous de croiser le fer avec moi ? Car il serait un tort de nier que notre quête sera de tout repos. Et nous ne serions pas forcément en mesure de toujours vous protéger, je pense donc qu'il sera utile pour vous de savoir vous défendre.

- Je doute que cela réjouisse particulièrement votre ami que je m'entraine avec vous, dis-je en désignant le Gondorien derrière lui, qui avait sa main crispée sur le manche de son épée.

- Ne faites pas attention à Damrod, me répondit-il. C'est un homme fier et brave qui ne cherche qu'à protéger les siens, mais qui parfois prend trop au sérieux les rumeurs.

- Oh, vous n'avez donc pas peur que je tente de vous tuer pendant que nous nous entraînons ? demandai-je malicieusement.

- Non. Vous savez, une personne chère à mon cœur m'a dit un jour d'éviter de juger les gens que je ne connaissais pas. Ce n'est pas toujours facile et je n'y arrive pas forcément très souvent, mais j'essaie au mieux de suivre ce conseil. Alors malgré tous ce qu'on dit sur vous et les sorcières, je préfère me forger ma propre opinion. Et sans vous offenser, vous n'avez pas l'air si effrayante que cela. Alors, désirez-vous vous entrainer avec moi ?

- Ce serait avec plaisir Seigneur Boromir. Mais sachez quand même ceci. Je n'ai pas besoin qu'on me protège, lui répondis-je.

Il partit chercher deux épée en bois et m'en tendit une.

- Bien, repris-t-il, pour commencer, vous allez m'attaquez afin que je puisse évaluer votre niveau.

- Comme je vous l'ai dit, je ne sais pas m'en servir, donc autant commencer directement par la base, lui sortis-je désirant m'éviter la honte d'une raclée, car certains elfes avaient cessé de s'entrainer et commençaient à nous regarder.

- Ne vous occuper pas d'eux, me dit-il en voyant mon malaise. J'ai besoin qu'on procède de cette manière afin de voir ce qui est plus problématique et ce qui l'est moins, ma Dame, m'expliqua-t-il.

- Ok. Comme vous voulez. Mais, vous savez, vous pouvez m'appeler Caitlyn. Parce qu'honnêtement, je n'ai rien d'une Dame et en plus, j'ai l'impression d'être un vieille croute quand vous m'appelez comme ça.

- Comme vous le souhaitez. Mais dans ce cas, appelez-moi seulement Boromir.

Je me mis alors à regarder mon épée. Devais-je la tenir à une ou à deux main ? Aucune idée.
Je la saisi donc à deux mains et me concentra. J'attaquai Boromir mais le Gondorien me para facilement et riposta. Je parvins à éviter de justesse son coup et me remis en position. Pour moi, la défense était plus simple que l'attaque parce que je savais ce que le Gondorien prévoyait de faire. Toutefois, mes façons de le contrer étaient assez tordues et bizarres car j'avais de la peine à manier correctement mon épée.
Ça ne faisait que quelques minutes que l'on se battait, mais j'avais l'impression que ça faisait des heures. Mon cœur battait la chamade et ma respiration était un peu erratique. Le combat pris fin au moment où, n'ayant pas pu parer assez rapidement son attaque, il me mit un coup sur la main avec le plat de sa lame, ce qui me fit lâcher mon épée.

Ouch

- C'était pas mal pour une débutante. Vous êtes plutôt douée en défense. Vous avez des techniques assez bizarres pour parer, par contre vous anticiper très bien. Mais quand vous attaquez, vous dévoiler trop votre flanc gauche. Cependant, la première attaque que vous avez faites, bien que hésitante était plutôt élaborée. Où l'avez-vous apprise ?

- D'un Nazgul. J'ai essayé de reproduire les mouvements qu'il faisait lorsqu'on se battait à Amon Sûl.

- Ce n'est pas le pire des exemples que vous pouviez prendre, me dit-il. Ils sont connus pour être d'excellents bretteurs.

Le Gondorien passa alors une bonne partie de la journée à m'apprendre des mouvements d'attaque et de défense. J'avais l'impression d'être en train d'apprendre une chorégraphie, c'était assez amusant mais fatiguant.

Les jours passèrent puis les semaines. Avec Boromir, de qui j'étais devenue proche, on s'entrainait tous les matins. Mais malgré tous mes efforts, j'avais toujours l'impression d'avoir deux mains gauches.

- Attraper une épée avec la main n'est pas vraiment recommandé, si vous tenez à vos doigts, me dit-il un jour alors que j'avais stoppé son coup en saisissant, par réflexe, la lame de son épée à pleine main.

- Oui merci, je suis au courant, lui rétorquai-je.

Nous nous assîmes quelques instant pour boire un peu d'eau car cela faisait plusieurs heures que l'on s'entrainait.

- Je peux vous poser une question ? me demanda-t-il.

- C'est exactement ce que vous venez de faire, lui dis-je avec un grand sourire. Mais vous pouvez recommencer.

- Pourquoi est- ce que vous vous êtes joint à cette quête ? N'y voyez aucune offense dans mes propos, mais en principe, les femmes ne participent jamais aux quêtes. Et comme j'ai cru comprendre vous n'étiez pas de ce monde, je ne vois pas ce que ça vous apporte de nous aider.

- Je suis arrivée dans votre monde il y a un peu plus d'un mois, expliquai-je. J'étais complètement déboussolée et Frodon a accepté de m'aider alors qu'il ne me connaissait absolument pas et qu'il avait lui-même déjà de gros problèmes. Et une fois à Bree, quand on a compris que Gandalf ne viendrait pas, il ne m'a pas laissé tomber pour autant. Il a essayé de tout faire pour que je puisse rentrer chez moi, alors, j'aimerai moi aussi pouvoir lui rendre l'appareil.

- Et vous savez comment rentrer chez vous ?

- Oui et non. Il y aurait peut- être un endroit où je pourrai trouver quelque chose qui puisse m'aider. Et de ce que j'ai vu de votre géographie, ce n'est pas trop loin de notre destination, donc j'irai après notre escapade.

- Et quel est ce lieu ?

- Minas Tirith.

- Minas Tirith ? Vraiment ? me demanda-t-il avec joie. C'est ma cité. Je pourrai vous faire visiter si vous voulez.

- Avec grand plaisir. Vous seriez d'accord de m'en parler un peu ?

Il me sourit et passa le reste de la journée à me parler avec passion et fierté de la Cité Blanche. Et la manière dont il la décrivait, ça avait l'air magnifique.

Environ un mois après leur départ, les éclaireurs et Aragorn revinrent de leur mission. Un itinéraire fût choisi et un départ décidé pour le lendemain soir.
En début de matinée, ma nouvelle femme de chambre Linaewen, Lindorïe ayant trop peur de moi depuis l'épisode du tigre, m'apporta des affaires pour le voyage. Elle déposa sur mon lit un sac, deux tuniques, des sous-vêtements et des leggings, ainsi qu'une paire de botte de marche et une cape. J'eus droit aussi à un linge et du savon car il était hors de question que je passe des mois sans me laver. Elle me donna aussi une petite fiole contenant une décoction infâme à prendre une fois par semaine afin d'éviter que les anglais ne débarquent.

Après son départ, je jetai à mon sac un sort digne de Mary Poppins. Autrement dit, un sortilège d'agrandissement et d'allégement. Je pus ainsi mettre les affaires que Linaewen m'avait apportées ainsi que tout mon barda provenant de mon monde. Et finalement, j'y mis mon nouveau grimoire.

En début de soirée, Linaewen frappa de nouveau à ma porte. Bien que je la connaissais encore peu, Linaewen faisait partie du peu d'elfe que j'appréciais et en plus, je la trouvais beaucoup moins coincée que le reste de ses semblables.

- Entrez, criai-je

- Bonsoir Caitlyn, me dit-elle enfin, après que je l'ai supplié pendant des jours de cesser de m'appeler ma Dame.

- Bonsoir, lui dis-je. Que me vaut le plaisir de votre visite ?

- Je viens de la part du Seigneur Elrond, qui tenait à vous rappeler que ce soir, il y a un banquet en l'honneur de la communauté pour leur dernier jour ici. Ce qui fait que votre présence est requise et il tient que, pour une fois, vous soyez là .

- Vous savez, je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure des idées que j'y aille.

- Et pourquoi cela ?

- Ben si vous n'avez pas remarqué, ce n'est pas l'amour fou entre votre peuple et moi.

- Ce qui est le cas aussi avec les nains, je vous rappelle. Et eux, ils seront présents.

- Peut-être, mais les elfes ne souhaitent pas forcement voir leur tête au bout d'une pique.

- Vous exagérer un peu quand même, me répondit-elle.

Ça se voit bien que tu ne sais pas ce qu'il y a dans la tête de tes semblables.

- Ok, je viendrai, finis-je par dire en capitulant car cette conversation n'allait mener nulle part.

- C'est parfait. Vous savez déjà ce que vous allez porter ?

- Euh non. Mais, j'irai voir s'il y a un truc sympa dans la commode.

- L'armoire vous voulez dire. Vous n'allez quand même pas porter un pantalon à une soirée ? me dit-elle en fronçant les sourcils.

- Et pourquoi pas ! Il existe de très joli pantalon vous savez, il faut juste savoir les couper.

- Vous savez les robes c'est quand même plus féminin.

-Peut-être que vous vous êtes fan des robes, mais moi ce n'est pas mon cas.

- Mais qu'est ce que vous reprochez aux robes ?

-C'est pas pratique du tout et en plus ça ne me va absolument pas.

- Mais non, ne dites pas de bêtises, dit-elle en ouvrant mon armoire. Tenez, essayez au moins celle-là, pour me faire plaisir, me dit-elle avec un grand sourire en me tendant une jolie robe brune avec des manches évasées blanche et une paire de chaussures.

- C'est vraiment pour vous que je le fais, mais après je l'enlève illico presto, dis-je avec exaspération.

J'allais dans la salle de bain pour me changer, m'attachai les cheveux avec ma pince histoire d'avoir l'air potable et revint vers l'elfe.

- Alors comment vous sentez-vous, me demanda-t-elle.

- Franchement ? C'est absolument pas moi. Je me sens complétement ridicule accoutrée de cette façon, répondis-je en grimaçant.

En fait, j'étais attifée comme une princesse de conte pour enfant sauf que le résultat rendait beaucoup moins bien.

-Moi, je trouve que ça vous va bien.

Si vous le dites.

- Bien ! Maintenant que le défilé est fini, je vais me changer, dis-je en repartant vers la salle de bain.

- Désolé c'est trop tard, on a plus le temps, dit-elle en me prenant rapidement par le poignet et en me tirant dehors avec une poigne plutôt impressionnante. Le banquet va commencer et le Seigneur Elrond n'aime pas que les gens soient en retard.

- Quoi ? Non mais Linaewen, je ne veux pas y aller dans cette tenue enfin, gémis-je.

- Mais si. Ne vous en faites pas tout va bien se passer, dit-elle en me trainant jusqu'à la salle de réception.

Je crois que sur ce coup, je me suis bien fais avoir.

Nous débarquâmes les dernières dans la salle de réception et je me dépêchais de rejoindre mes amis car tous les regards s'étaient tourné vers nous. Je m'installais donc à côté des Hobbits et des Nains.

- Vous êtes très en beauté ce soir, Caitlyn, me dit Bilbon.

- Merci, vous êtes bien aimable, répondis-je.

Je discutais pendant tout le repas avec les Semi-Hommes, repas qui me parut interminable d'ailleurs. Une fois le festin terminé, le Seigneur Elrond se leva et accompagné de sa fille, ils traversèrent la salle. Tout le monde se mit à les suivre et donc nous aussi.

- Où va-t-on ? demandai-je à Bilbon.

- Dans la Salle du Feu. Dans cet endroit, vous pourrez entendre maintes chansons et récits. Elle est souvent vide mais beaucoup de personnes y viennent juste pour penser.

Nous entrâmes donc dans cette fameuse salle. Il n'y avait aucune table, mais des sièges et coussins y était répartis. Un grand feu brûlait dans l'âtre projetant des ombres dansantes sur les colonnes. Une fois le Seigneur Elrond assis sur son siège, des elfes commencèrent à chanter, et leurs voix claires et cristallines emplirent totalement la pièce. C'était plutôt joli, mais au bout d'un moment ça devenait un peu casse-pieds quand même, car c'était toujours le même genre de rythme assez lent. Clairement, ça n'avait rien à voir avec du Rock and Roll.

J'écoutais donc d'une oreille et regardais les gens autour de moi. Je tombais sur Boromir qui m'adressa un sourire, puis sur les nains qui parlaient à voix basse avec des hommes du Gondor. Puis, je vis Aragorn qui était en train d'envoyer des regards remplis de tendresse et d'amour à quelqu'un. Je suivis donc son regard pour savoir qui était la destinataire et fût surprise de voir que c'était Arwen. Et apparemment, l'amour que lui portait le rôdeur lui était retourné.

Oh, c'est trop chou.

Au bout d'un moment, Bilbon se leva pour chanter une chanson qu'il avait composée avec l'aide de Grand-Pas. Il eut d'ailleurs toutes les félicitations de Lindir, le ménestrel de Fondcombe. Une fois, sa chanson terminée le vieux hobbit revint vers nous.

- Caitlyn, vous pourriez nous chantez quelque chose de chez vous, me dit Bilbon à voix basse pendant qu'un autre elfe chantait.

- Hein ? Mais enfin, je chante comme une casserole.

- Ce n'est pas grave. On ne va pas juger votre voix.

- Bilbon, pour le bien-être des oreilles de tout le monde, y compris les miennes, je préfère vraiment m'abstenir. De plus, je tiens à garder ma propre estime intacte.

- Vous êtes sûre ? C'est dommage, répondit-il un peu déçu.

J'écoutais encore un moment les chants puis quittai mes amis pour aller me coucher afin d'être en forme le lendemain.


1. Albert Einstein