j'ai l'impression de faire des chapitres de plus en plus longs xD
alors c'est cet épisode que j'ai eu bien du mal à écrire (peut-être parce que j'ai plus de mal à me mettre dans la peau d'Edward...)
Il permet juste de reposer l'action (quoi, il y a de l'action dans ma fic o_O, ah bon ?) avant de passer à des choses plus sérieuses dira-t-on...
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* POV Ed *
Le printemps pointait son nez, remplaçant un hiver incroyablement court mais rude. Déjà la neige n'était plus qu'un vague souvenir. Bientôt la chaleur reviendrait, et les promenades seraient une vraie partie de plaisir. C'est à ça que pensait Edward en observant les nuages par la fenêtre de son lieu de travail. L'hôpital de Central. Son affectation avait été sensée être de courte durée, mais ses supérieurs médicaux avaient tant vanté ses mérites qu'il s'était vu de nouveau ré-employé à l'hôpital, dans un service différent, mais au même étage. L'alchimiste avait l'impression d'être devenu la nouvelle coqueluche de tout le service. Et ce n'était pas pour lui déplaire.
Bon, évidemment, il n'était pas fait pour rester secrétaire toute sa vie, mais en attendant mieux il prenait du bon temps. Il faut dire que voir tous les jours cette charmante infirmière, Léna... Il fallait dire qu'elle était bien jolie ! Enfin bon, il était l'heure de rentrer à la maison. Le jeune blond prit donc congé et sortit, d'humeur guillerette. Il faisait de nouveaux projets dans sa tête, tandis qu'il avançait d'un bon pas vers l'appartement commun qu'il partageait toujours avec Alphonse. La santé de son frère s'améliorait chaque jour, au dire des médecins, aussi il pouvait désormais re-flâner dehors sans danger. Il voulait même reprendre leurs anciennes batailles quotidiennes ! Mais Edward avait encore trop peur de blesser son faible corps, aussi préférait-il attendre un peu.
Il s'étira un peu dans la rue, sous un beau soleil de début de soirée. Son boulot le fatiguait plus qu'il ne se l'avouait, mais il aimait pouvoir s'occuper des autres, être entouré de personnes agréables et intéressantes... Bientôt il devrait pourtant partir du service. Ce n'était pas sa vocation. Le jeune homme ne savait d'ailleurs pas trop quelle était sa vocation, son but, depuis que ses objectifs avaient été remplis. Ils devaient aller à Resembool pour revoir Winry et Mamie, poser des fleurs sur la tombe de leur mère, et aussi passer à Dublith pour discuter avec leur maître. Pour ça il n'était vraiment pas pressé ! Au moins il pourrait se vanter d'avoir réussi l'exploit de rendre son corps à son frère, sans avoir eu à créer une nouvelle pierre philosophale... Mais il préférait ne plus y penser à vrai dire. Heureusement qu'Alphonse n'était pas au courant. Le grand frère doutait que le jeune adolescent accepte aussi bien la vérité que lui. Et Edward aurait du mal à mentir s'il venait à lui poser des questions. Mais Alphonse ne lui en avait jamais posé, se contentant de croire à ses demi-vérités.
Depuis la fin de leur quête, l'alchimiste n'avait cessé de s'inquiéter au sujet de son petit frère, d'autant plus depuis que celui-ci avait adopté un comportement étrange. Edward en avait parlé avec Joseph, le médecin qui s'occupait d'Alphonse, et il l'avait rassuré en lui affirmant que c'était une réaction normal, pour une personne qui venait à peine de retrouver un corps en pleine transformation. Mais le jeune blond aurait juré que le docteur lui cachait quelque chose... Bah, il n'allait pas devenir parano quand même ! Il verrait bien au jour le jour. Ce n'était pas comme si Alphonse faisait des crises de nerfs ou se mettait à pleurer. Non, il était juste... bizarre... Edward ne savait pas trop comment gérer la chose, aussi faisait-il semblant d'ignorer cette attitude.
Il arriva enfin à l'appartement, où il entra. La première chose qu'il remarqua était l'absence du manteau de son frère, la seconde l'absence évidente du frère en question.
- Alphonse ? Alphonse ?! Merde, c'est la troisième fois qu'il me fait ce coup-là !
S'indigna Edward pour lui-même, tout en rangeant ses affaires et en soufflant bruyamment. Il s'affala sur le canapé, bien plus énervé qu'il ne l'aurait souhaité. Alphonse lui avait promis de ne pas sortir sans le lui dire ! D'habitude, il était toujours là pour l'accueillir avec son grand sourire d'enfant, à lui débiter un flot de paroles qu'Edward adorait écouter. Ils se posaient alors tout deux sur ce même canapé, à se parler jusqu'à l'heure du repas, voire plus. Pourquoi je m'énerve au fond ? Alphonse n'est pas une femme au foyer, pas plus qu'il n'est mon esclave attitré, il fait ce qu'il veut... Mais il pourrait au moins me dire où il va, merde ! Il devait bien avouer que dans ces moments où il attendait la rentrée de son petit frère, il se sentait terriblement seul, et même, bien que c'était stupide de le penser, abandonné. Était-ce donc cela que ressentait Alphonse lorsqu'il le guettait chaque soir ? Ah, il aurait donné beaucoup pour pouvoir être capable de psychologie et de compréhension. Mais Edward se révélait incapable d'aborder des sujets comme ceux-ci, tout comme il ne savait pas exprimer son affection à ce nouveau frère de chair qu'il lui était venu. Trop habitué à la boîte de conserve. La différence était majeure. Parfois l'alchimiste avait l'impression d'avoir un étranger sous son toit, tellement cela lui faisait bizarre de reconnaître Alphonse dans ce corps d'adolescent déjà plus grand que lui. Ça au moins ça ne l'avait pas changé, l'armure le dépassant de deux ou trois bonnes têtes... Cette armure, il l'avait gardé d'ailleurs, sans le dire à Alphonse... Elle se trouvait dans le QG général de Central, au sous-sol, sous l'autorité de Mustang...
Le jeune blond fixait la porte d'entrée depuis dix bonnes minutes, les pensées ailleurs. Il se décida finalement à se lever pour préparer le repas du soir. D'habitude c'était son frère qui le faisait, étant bien meilleur cuisinier que lui (et surtout bien plus patient et calme), mais puisqu'il n'était pas là et qu'Edward avait faim... Va pour les spaghettis bolognaises, un plat simple et reconstituant ! Tout en faisant cuire les pâtes, il se demandait pourquoi il pensait tout le temps à son frère. Peut-être était-ce lui qui était devenu bizarre, et non l'inverse ? Sinon pourquoi penserait-il à des allusions suspectes à travers les agissements d'Alphonse ? Ses soudains rougissements, ses silences gênés, ses sorties en cachette... Cela lui faisait penser à... Ah mais oui ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ?! Son frère s'était trouvé une petite amie, ça paraissait évident ! Alphonse avait tout d'un amoureux transi en ce moment, et comme il était naïf et doux, il était gêné d'en parler à son frère. Voilà qui répondait à toutes ses interrogations !
Restez encore à savoir où il aurait pu rencontrer une fille et comment parvenait-il à faire suivre leur relation... Vu que depuis leur réussite, tout deux ne fréquentaient que l'hôpital central, il n'y avait pas foule de jeunes filles à croiser. Bah, tant que ce n'était pas Léna... C'est marrant, il pensait qu'Alphonse aurait attendu de voir Winry, pour qui il semblait pourtant pincer depuis leur enfance... Edward se rendit compte qu'il en serait presque jaloux si son petit frère avait déjà réussi à se trouver une copine. Alphonse avait un an de moins que lui, avait vécu dans une armure pendant des années, et déjà en quelques mois il le dépassait en tout. C'était un jeune adolescent absolument parfait et adorable, tout à fait l'inverse de son frère irascible et colérique... Et Alphonse avait un charme indéniable. Oui, il était beau, Edward n'en disconvenait pas. Tout deux se ressemblaient énormément, mais son petit frère avait aussi un léger détail physique que son aîné lui enviait bien : il était plus grand ! (oui Alphonse avait encore pris plusieurs centimètres depuis, à croire qu'il allait devenir un géant) Le seul défaut dont je suis affublé, pensa-t-il avec dérision, c'est ma petite taille... Argh, je me le suis avoué ! Pourquoi faut-il donc que tout le monde se moque de moi ! Je ne SUIS PAS petit ! Juste euh... de taille moyenne...!
C'est en continuant à tergiverser avec lui-même qu'il finit de préparer les spaghettis, dont il referma le couvercle pour les garder au chaud, en attendant Alphonse. Lequel ne tarda finalement pas à arriver, entrant dans l'appartement sur la pointe des pieds, comme pour ne pas être pris en flagrant délit de fugue. Il sembla encore plus gêné en voyant qu'Edward était déjà rentré, et combien il semblait énervé. Il tenta de faire diversion en lui adressant son sourire le plus candide.
- Ça sent super bon dis donc ! Pour une fois que c'est toi qui fais la cuisine !
- Al, tu ne couperas pas à la conversation ! Tu étais passé où ?!
- Euh... Je me promenais, c'est tout...
Un ange passa. Si on pouvait voir la scène du haut, nous pourrions admirer deux jeunes garçons blonds dans une salle à manger, où attend patiemment un bon plat de pâtes, et qui sont tous les deux debout à poireauter. L'un a les bras croisés, et pourrait presque taper du pied. Il scrute de biais son frère, attendant une explication plus plausible à cette petite fugue dont il pense pourtant avoir une idée. Le second regarde d'un air très intéressé le sol, en se grattant la tête, rougissant sous le regard inquisiteur de l'aîné, mal à l'aise, et il se creuse les méninges pour trouver une explication plus plausible à sa petite fugue. Pendant ce temps au dehors les oiseaux gazouillent dans les parcs, les fleurs s'épanouissent en toute beauté et les enfants jouent à cache-cache dans la rue, sous un ciel bienveillant et un air clément, tandis que le coucher de soleil promettait d'être une splendide palette de couleurs dans les tons dorés, ce qui nous fait d'ailleurs penser à certains cheveux nattés et...
Enfin bon, revenons aux protagonistes ( et pardonnez la digression de la misérable auteur !). Pour l'heure Edward attendait simplement un aveu de son frère. Après tout, s'il sortait en cachette, ce devait bien être pour une fille non ? Alors il n'y avait pas de quoi être gêné.
- Eh bien Al, je sens que tu me caches quelque chose...
- Mais... mais non pas du tout !
- ... Bon, viens t'asseoir, on va manger. C'est que j'ai eu faim moi à t'attendre !
Ils s'installèrent, l'un en face de l'autre, et Edward les servit tout deux, en priant pour ne pas avoir raté un plat aussi simple. Ils commencèrent à manger, et son frère le complimenta aussitôt sur le repas. Alphonse commença alors à lui poser des questions sur sa journée à l'hôpital, comme s'y attendait son frère, qui le coupa immédiatement, en faisant toujours semblant d'être fâché.
- Ne tente pas de changer de conversation. Tu as quelque chose à m'avouer là...
- Quoi ? Mais de quoi tu parles ?
Edward pensa avoir visé juste. Son frère avait un secret, il en était sûr maintenant. Il suffisait juste de voir son visage si expressif pour sentir qu'il n'était pas à l'aise. Alphonse n'avait jamais su mentir de toute façon. Le grand frère sourit et continua dans son objectif.
- Allez... Tu peux tout me dire Al. Entre frères, il n'y a aucun problème. Tu es désormais un jeune homme, donc il est normal d'avoir des... envies.
Alphonse, qui était en train de boire, faillit s'étouffer purement et simplement. Tandis qu'il toussait, il rougissait comme jamais encore l'alchimiste ne l'avait vu, à tel point qu'il dut se retenir de rire, et tenter de garder un air sérieux. C'est vrai qu'ils n'avaient jamais parlé ni filles ni sexe, mais après tout, ils étaient tous deux bien assez vieux pour avoir des conversations de ce genre... d'autant plus maintenant qu'ils n'étaient plus en vadrouille, et qu'ils pouvaient enfin penser à leur vie personnelle.
- Alors petit frère, tu peux bien me le dire !
- ... Nii-San... euh...
- Comment elle s'appelle ?
- ...Hein ? Qui ça ?
- Eh bien, cette petite amie que tu me caches !
Si Edward avait cru avoir déjà vu son frère si embarrassé, il devait bien convenir qu'il ne l'avait jamais vu troublé à ce point. Il s'agitait sur son siège et regardait tout autour de lui sans oser le regarder. L'aîné le trouvait absolument adorable de cette façon, on aurait dit qu'il était un tout jeune garçon qui devait avouer son amour à la fille qu'il aimait.
- Je, je n'ai pas de... petite amie...
- Hmm, alors c'est UN petit ami ?
- QUOI ?! Non mais ça va pas ?!
S'indigna vertement le plus jeune Elric en se levant de table sous le choc. Dire qu'Edward avait juste voulu faire une blague... Il dut faire tout les efforts du monde pour ne pas être plié de rire. Il faut dire que la vue d'un Alphonse perdant tout ces moyens à la simple évocation d'une relation amoureuse, et homosexuelle, ça valait le coup d'oeil. Enfin bon, le grand frère voulait quand même savoir le fin mot de l'histoire. Son frère n'était pas très bavard sur ce sujet...
- Plus sérieusement Al, si ce n'est pas pour une fille, où et pourquoi es-tu sorti ?
- Bein... comment dire...
Alphonse semblait hésiter, en proie à des sentiments et émotions qu'Edward se jugeait incapable de reconnaître. Le jeune adolescent s'était rassis, mais semblait toujours agité. Enfin il regarda son frère droit dans les yeux.
- Il y a bien une fille... mais je ne connais pas son nom... Elle se promène dans le parc du QG, presque tous les jours.
- Ah ah ! Je savais bien qu'il y avait une histoire de coeur derrière toutes tes manières !
Edward jubilait presque. Il avait eu raison ! Si son frère était bizarre depuis tout ce temps, c'était pour des causes amoureuses. Rien à voir avec lui. Donc il n'avait plus lieu de s'inquiéter. Pour faire court, nous dirons que le reste de la soirée s'écoula entre les questions posées par l'alchimiste et les réponses embarrassées de son petit frère au sujet de la belle inconnue. Une joyeuse soirée quoi. Mais pas pour Alphonse. Si Edward avait eu un peu plus l'oeil aguerri et s'il avait été moins fatigué, il aurait remarqué le visage contrit de son frère, et il aurait remarqué son air d'enfant coupable lorsque celui-ci était parti se coucher... Mais il ne vit rien, et alla à son tour se coucher, l'esprit tranquille, et bien loin de toutes ces inquiétudes et mortelles angoisses qui d'habitude lui collaient à la peau.
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Pour une fois, j'ai tenté un peu plus d'humour et de quiproquo (y en a bien besoin avec une fic aussi dramatiquement angoissée...),
mais comme je suis vraiment pas douée pour ça, dites-moi donc si vous avez trouvé ça drôle ou... vraiment consternant ! X3
ah et oui, bien fait à tous ceux qui ont cru que le couple printanier c'était nos deux frères favoris xD !! mais que les fans de lemon ne s'impatientent pas, je ferais PEUT-ETRE un truc dans le genre, mais seulement si on me le demande gentiment, et encore, il faudra attendre quelques épisodes, et ce ne sera pas ce à quoi tout le monde s'attend ^^ (quoi on comprends plus rien ? c'est peut-être parce que je poste à presque deux heures du mat...)
