Chapitre 7 : Orgueil et circonstance.
Hermione était si habituée à remplir et tamponner les papiers dans le Bureau de la Loi Magique et International qu'elle était à peu près sûre qu'elle aurait pu continuer de le faire même si elle s'était endormie. Alors ce n'était pas un petit exploit –du moins, à son avis- d'être capable de continuer à suivre le fil de ses pensées même alors qu'elle marchait à travers le bureau pour collecter les papiers des Boîtes d'envoi avant de revenir à son bureau pour faire ce qu'elle avait à faire avec.
Alicia Malfoy était arrivée au Manoir une semaine plutôt, plutôt à l'improviste. Elle avait débarqué et traité Draco comme un petit-frère –ce qu'il était sans aucun doute pour elle. Après avoir été présentée, Hermione avait découvert qu'Alicia était la tante de Draco –i.e. : la sœur de Lucius. Le fait qu'une femme si gentille puisse être apparentée de façon si proche à Lucius, c'était presque inconcevable pour Hermione. Elle avait immédiatement apprécié Alicia –après qu'elle est compris qu'Alicia et Draco était apparentés bien sûr. Pas qu'elle aurait admis être jalouse.
Alicia logeait à présent à quelques portes de la suite du maître, où sa chambre avait été gardée spécialement pour elle pour toute sa vie. Dans une « maison » aussi grande que celle des Malfoy, Hermione ne pouvait pas dire qu'elle était surprise.
C'était tout un cérémonial que de prendre le dîner : Draco et Hermione étaient assis aux extrémités opposées de la table avec Alicia au centre, à la droite d'Hermione et à la gauche de Draco. On mangeait le petit-déjeuner quelque soit le moment où on se levait puisque les elfes de maison gardaient les plats chauds. De ce que pouvait dire Hermione, Draco se levait avec le soleil et partait au travail peu de temps après. Elle se levait toujours aux alentours de sept heures du matin et partait au travail par le Réseau de la poudre de cheminette, atterrissant au second étage du Ministère. Elle prenait son déjeuner à la cafétéria du Ministère, et quelquefois aux Trois-Balais avec Ginny, où cette dernière avait trouvé un boulot en tant que serveuse.
Penser à Ginny fit sourire Hermione. La jeune femme s'épanouissait merveilleusement : la grossesse lui faisait définitivement du bien. Hermione ne pouvait qu'espérer que ce serait la même chose pour elle… Quelque soit le moment où ça lui arriverait bien sûr. Pas que ce soit pour bientôt –mais elle savait que ça lui arriverait à un moment dans le futur. Oui, dans le futur.
Bon, au moins, Ginny avait Neville –non correction. Au moins, Ginny aimait Neville et n'avait pas passé sept ans à le haïr et à savoir que ces sentiments lui étaient retournés. Au moins Ginny et Neville avaient été dans la même maison à Poudlard. Au moins…
Hermione secoua la tête et essaya de se concentrer sur la tâche qu'elle devait accomplir. Ceci, cependant, était difficile, vu qu'elle n'avait jamais eu besoin de se concentrer sur cette tâche. Surtout depuis qu'elle était revenue de ses… vacances en fait. Le travail avait semblé être réduit de moitié et, bien que personne ne lui ait parlé avant, maintenant, personne ne lui parlait plus du tout. Il semblait que les conversations étaient abruptement interrompues dès qu'elle entrait dans un périmètre où elle aurait pu entendre, et ça commençait à lui taper sur les nerfs.
Elle savait qu'elle avait provoqué le scandale de l'année en s'enfuyant avec Draco pour se marier mais est-ce que tout le monde devait en parler autant ? Et en chuchotant, pas moins ! Franchement ! Elle était une adulte –elle pouvait s'arranger de quelques commérages.
Il semblait que plus personne ne lui faisait confiance. C'était la seule réponse possible puisque chaque fois qu'elle demandait « aimeriez-vous que je fasse quelque chose pour vous ? » ou quelque chose du genre, la réponse était toujours « Oh non ! Je peux le faire moi-même. » Elle n'avait aucune idée de ce que pouvait être le problème à part qu'ils ne lui faisaient plus confiance. Avant elle faisait tout pour tout le monde dans ce département. Bon, sauf pour M. Mason, le chef. Depuis qu'elle avait été embauchée, elle ne l'avait jamais vu. Il était toujours dans son bureau quand elle arrivait et était parti avant qu'elle n'ait finit son travail.
Hermione haleta tandis qu'un avion en papier cognait sur son front et tombait sur son bureau. Elle fronça les sourcils et secoua la tête. Elle n'était toujours pas habituée à ces stupides choses, bien qu'elle dût admettre que c'était mieux que des hiboux.
Hermione Granger,
Veuillez vous présenter s'il vous plaît au bureau de M. Mason à 10 heures 30.
-Amy Rosenbaum, secrétaire de Bob Mason, Chef du Département de Loi Magique et International.
Bien. « Quand on parle du loup », marmonna-t-elle dans sa barbe, en regardant l'horloge. Il était presque dix heures vingt-cinq, elle ferait aussi bien de se diriger vers son bureau.
« Bonjour, M. Mason », sourit nerveusement Hermione, droite comme un i, les mains dans le dos.
« S'il vous plaît », répondit-il avec un grand sourire, « appelez-moi Bob. »
Hermione pencha sa tête sur le côté. « Bob, alors », répéta-t-elle. Elle n'était pas tout à fait sûre qu'elle devrait l'appeler par son prénom mais s'il lui disait de le faire… « De quoi vouliez-vous me parler, monsieur ? »
Bob agita la main. « Pas de 'monsieur' non plus : ça me fait me sentir vieux. » Jetant un coup d'œil à une pile de papiers sur son bureau assez désordonné, Bob dit : « Melle Granger, ou devrais-je dire Mme Malfoy maintenant ? » Ses yeux gris pétillèrent en la regardant tandis qu'elle lui adressait un petit sourire.
« Officiellement, c'est Mme Granger-Malfoy, je suppose, mais si je vous appelle Bob, » dit Hermione en prenant une inspiration et décidant de prendre un tour figuratif, « vous devriez m'appeler Hermione. »
Bob eut un petit rire. « Vous avez raison, jeune fille. Bien, alors, Hermione, je vous ai fait venir à mon bureau aujourd'hui, parce qu'un certain nombre de gens est venu me trouver pour me parler de votre position au sein du Département de Loi Magique International. » Le pouls d'Hermione accéléra : sûrement, il ne pouvait pas la virer ? « Ils ont mentionné le fait que vous êtes employée ici depuis cinq ans et demi au revenu minimum, n'avez jamais pris de vacances –sauf pour votre lune-de-miel, bien sûr- et malgré les nombreuses heures supplémentaires, vous n'avez jamais gagné plus que votre salaire de base. »
Le visage de Bob se contracta en un froncement. « Maintenant, je ne m'implique pas normalement dans les affaires des plus petits employés –leurs supérieurs immédiats s'en chargent- mais il m'apparaît que quelque chose ne va pas. Je ne sais pas s'il s'agit de quelque chose que votre superviseur a fait délibérément ou si c'est un cas de négligence mais pour votre dur travail, vous auriez dû avoir une promotion il y a quatre ans et si vous aviez continué sur cette voie, encore une il y a deux ans et encore une cette année.
De façon assez incroyable, un de mes Assistants Juniors, vient juste de prendre un congé maternité, et a exprimé son avis comme quoi elle ne reviendrait probablement pas. Ainsi donc, je crois que vous êtes prête pour une promotion. Assistante Junior du chef du Bureau de Loi Magique International, voilà votre titre officiel, bien qu'ici vous ne serez mentionnée que comme A.J. Cette nouvelle position implique un doublement de votre salaire annuel, votre propre bureau et, » il marqua une pause en souriant, « beaucoup de travail.
Au total il y a trois assistants juniors en vous incluant, » continua Bob, se penchant en avant pour attraper quelques feuilles de papier sur son bureau et les tendant à Hermione. « Si votre travail est satisfaisant et que je crois que vous faites du bon boulot, vous pouvez vous attendre à une promotion dans un petit total de deux ans. En tant qu'assistant junior, on attendra de vous que vous fassiez beaucoup de ce que vous faisiez à votre précédent poste mais aussi à ce que vous parliez avec les assistants juniors d'autres départements, et quelquefois –comme c'était le cas l'année dernière- voyager avec moi dans des pays étrangers. Nous travaillons après tout dans le Bureau de Loi Magique International. Dans ce cas, nous aidons généralement quelqu'un à sortir de prison s'il a fait quelque chose d'illégal dans un pays étranger. Ou du moins, à le transférer à Azkaban.
Je pense que c'est tout ce que vous avez vraiment besoin de savoir pour le moment. Ma secrétaire va vous montrer votre bureau, et vous pouvez commencer à déménager vos affaires. Mandy, une autre assistante junior avec qui vous allez travailler, va vous faire une visite des lieux après déjeuner. » Regardant sa montre, Bob dit « C'est-à-dire maintenant en fait. Donc vous pouvez déménager vos affaires après que Marie vous ait expliqué tout ce que j'ai oublié de vous expliquer et vous ait familiarisée avec votre nouveau travail. Vous avez des questions ? »
Hermione cligna des yeux. « Non, monsieur, » dit-elle calmement en se levant. « Merci beaucoup ; certainement, je travaillerai très dur. Vous êtes sûr que je ne devrais pas déménager mes affaires maintenant… »
« Et rater le déjeuner ? » Bob haussa les sourcils. « Non, non, vous pouvez déménager vos affaires après la pause-déjeuner. J'ai entendu dire qu'il y avait une nouvelle spécialité aux Trois-Balais grâce au nouveau chef : vous devriez l'essayer. Vous y allez alors ? », lui sourit-il.
Hermione opina du chef, quittant rapidement la pièce. Dit simplement, elle était choquée. Emerveillée. Stupéfaite. Elle avait eu une promotion. Pas juste une promotion d'ailleurs : elle avait été promue à un poste qui aurait requis qu'elle ait trois promotions séparées. C'était presque incroyable… Et encore, pourquoi ? C'était la seule chose qui l'empêchait de sauter partout en criant tout ce qu'elle pouvait. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle été promue pour la première fois après cinq ans et demi ?
Et son salaire avait été doublé ?
« Melle Granger ? », appela la secrétaire.
Hermione cligna des yeux, faisant le point sur la petite secrétaire rousse. « Oui ? », répondit-elle, furieuse contre elle-même de perdre son contrôle si rapidement.
« Mon nom est Amy, je suis la secrétaire de M. Mason. Voulez-vous bien me suivre, s'il vous plaît ? Votre bureau est juste par là », dit-elle tandis qu'elle tournait et passait devant l'entrée du bureau de Bob, ses talons claquant sur le sol carrelé. C'était une femme jeune mais clairement fière de son poste. Elle était habillée de façon immaculée et, Hermione le nota après avoir jeté un coup d'œil à son bureau, extrêmement ordonnée. Au bout du couloir, après deux portes… « Troisième porte sur la gauche », dit Amy en ouvrant la porte. « Ceci est votre nouveau bureau. Si vous avez quelque problème que ce soit, n'hésitez pas s'il vous plaît à m'en informer. Je ne suis pas seulement la secrétaire de M. Mason, mais la vôtre et celle des autres assistants juniors aussi. Les assistants ont leurs propres secrétaires. » Hochant la tête comme pour s'assurer qu'elle n'oubliait rien, Amy sourit fugitivement et disparut au bout du couloir.
Hermione entra dans son bureau. Il possédait une fenêtre. Elle se rappelait Harry lui disant que M. Weasley n'avait pas de fenêtre. Elle avait une fenêtre.
Elle avait une fenêtre et cette pensée –et cette vue- lui donnait presque la chair de poule de bonheur.
Se secouant, Hermione regarda autour d'elle. Le bureau était profond d'à peu près trois mètres et large de quatre (selon ses estimations du moins), et n'avait pas d'ouverture à part sa fenêtre et sa porte, qui étaient toutes deux placées au milieu de murs se faisant face. Il y avait un bureau (en métal) au milieu de la pièce et une chaise derrière. Des étagères pour ranger les dossiers étaient alignées sur les murs à sa droite et à sa gauche, et des bibliothèques vides derrière elle.
Hermione sourit en tournant doucement sur elle-même puis de plus en plus vite jusqu'à ce qu'elle virevolte et rie joyeusement.
« Bonjour, Hermione », vint une voix de la porte ouverte.
Hermione se figea. « Ron ; qu'est-ce que tu fais là ? », demanda-t-elle, se tournant pour le regarder. Il était le même que dans son souvenir. Les mêmes cheveux roux, les mêmes taches de rousseur, la même carrure… Rien ne semblait avoir vraiment changé.
Ron haussa les épaules, mal à l'aise, jetant un coup d'œil sur la pièce vide. « Je voulais voir comment tu allais. » Il marqua une pause. « Joli bureau. »
« Merci », répondit rapidement Hermione. « Je viens juste d'être promue. »
Ron hocha la tête. « Bien sûr » fut tout ce qu'il dit.
« Ron », répéta Hermione. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Je ne peux pas rendre visite à ma meilleure amie ? », demanda-t-il se passant la main dans les cheveux.
« Ron, nous ne nous sommes pas parlé depuis que tu m'as dit que tu étais amoureux de quelqu'un d'autre », lui dit Hermione dans un sifflement, croisant les bras de façon défensive.
Ron tressaillit. « Euh, oui, à propos de ça… »
« Quoi à propos de ça ? », l'interrompit Hermione. « Entre nous, c'est fini. Tu t'en es assuré il y a plus de deux ans. Dis-moi pourquoi tu es là avant que j'appelle la sécurité. »
Ron leva les mains en signe de défense. « Hermione, calme-toi. Je voulais t'inviter à déjeuner, c'est tout. J'ai pensé qu'on pourrait rattraper le temps perdu au nom du bon vieux temps. Enfin, Harry vient juste de se marier avec Parkinson, et je me suis dit… J'ai pensé qu'on devait essayer d'arranger ce qui c'était passé entre nous deux. »
Hermione regarda son ancien meilleur ami. Elle n'avait vraiment pas envie de lui parler à cause de toute la souffrance qu'il lui avait causée mais en même temps…
Il lui manquait. Son sourire, son étrange sensibilité, son presque culte d'Harry, son envie de faire quelque chose de sa vie, lui avaient manqué… « Oh, Ron », soupira-t-elle tristement. Elle fit un pas en avant, étendant les bras pour les entourer autour de son cou. Il l'enlaça à son tour, plaçant un léger baiser sur son front. « Bien sûr que je vais déjeuner avec toi », murmura-t-elle dans son oreille, avant de se reculer pour le regarder dans les yeux. Elle sourit malgré le fait que ses yeux étaient pleins de larmes.
« Hermione, pleure pas… » Ron lui offrit un sourire tremblotant, essuyant le coin de ses yeux avec son pouce.
Elle secoua la tête, reniflant doucement. « Je vais bien. Où est-ce qu'on va ? », demanda-t-elle.
« Je me suis dit que le glacier Florian Fortarôme ferait l'affaire », dit-il, hésitant. « T'en penses quoi ? »
Hermione sourit, prenant le bras de son meilleur ami. « D'accord », répondit-elle. « Qu'est-ce que tu as fait dernièrement ? » demanda-t-elle tandis qu'ils s'engageaient dans le couloir.
« Oh, ci et ça, vraiment », dit-il lentement, regardant le sol. « Je joue toujours pour les Canons de Chudley comme gardien, pas qu'ils se débrouillent mieux de toute façon avec l'équipe de Harry qui les écrase toujours », sourit-il tournant la tête vers elle pour la regarder.
Hermione répondit à son sourire, ressentant un pincement au creux du ventre tandis qu'elle regardait son meilleur ami. Ils s'étaient peut-être quittés en mauvais termes, et une part d'elle pouvait bien le haïr encore pour ça, mais pour elle, il était toujours son meilleur ami.
Arrivant chez Fortarôme, ils avaient cette forme de camaraderie qu'on pourrait attendre d'un couple marié. Beaucoup de clients du glacier étaient les plus âgés à ce moment de l'année, ceux qui n'avaient vraiment rien d'autre à faire que de s'assoir et de lire des articles parlant de ce que leurs enfants et les enfants de leurs enfants faisaient dans le monde. Ce fut donc une très grande surprise quand Hermione Granger-Malfoy entra au bras de Ron Weasley, tous deux riant comme s'ils n'avaient aucun autre souci dans le monde.
Ron et Hermione avait été un couple très médiatisé quand ils sortaient ensemble, pas pour quelque chose qu'ils avaient fait en particulier, mais plus parce qu'ils étaient les meilleurs amis d'Harry Potter. Tous leurs anciens camarades de classe avaient cru que ce n'était qu'une question de temps avant que Ron et Hermione réalisent qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. La façon qu'ils avaient eue de se battre quand ils étaient encore à l'école en avait fait soupirer plus d'un en s'émerveillant sur combien deux personnes pouvaient sembler faites pour être ensemble.
C'était donc très intéressant pour toutes les personnes se trouvant chez glacier Florian Fortarôme pour déjeuner de voir ces deux-là entrer ensemble. Personne ne s'était attendu à ce qu'ils rompent, tout le monde s'attendait à ce qu'ils se remettent ensemble.
Pourtant, ce n'était pas arrivé. Et maintenant, il semblait que c'était finalement arrivé –le seul problème étant le fait largement connu qu'Hermione Granger était maintenant marié à Draco Malfoy.
Hermione était seulement partiellement consciente des regards qu'elle recevait. Elle pouvait sentir les regards sur elle, mais elle n'avait aucune idée de la raison pour laquelle elle les recevait. Dans bien des domaines très innocente, elle n'avait simplement pas réalisé combien tout le monde se plaisait à lire les articles concernant les vies amoureuses des gens riches et célèbres –ou, dans son cas, juste les célèbres. Ou plutôt, maintenant qu'elle était mariée à Draco…
Oh, oubliez tout ça.
Le fait était que, Hermione décida d'ignorer ceux qui la regardaient et de se concentrer sur un seul regard : celui de son meilleur ami, Ronald Weasley. Présentement il lui expliquait les anecdotes de ses coéquipiers, particulièrement celles sur leur terrible malchance avec les filles. « … et il ne l'a jamais rappelée ! », s'exclama-t-il, faisant des grands gestes de sa main libre.
Hermione rit, elle ne pouvait pas se rappeler Ron lui raconter des histoires aussi drôles avant. Mais peut-être qu'il ne les connaissait simplement pas alors. « Oh, Ron, c'était hilarant ! », haleta-t-elle tandis qu'ils s'asseyaient sur une des banquettes.
« Je me disais que c'était ce que tu te dirais », lui sourit-il. Il leva les yeux vers le comptoir. « Je vais te chercher ton déjeuner. Qu'est-ce que tu prends ? »
« Oh, du fish and chips, ce sera bien (Note de la traductrice : il s'agit d'une formule rapide en Angleterre bien connue alors je ne l'ai pas traduite…) », dit Hermione, toujours souriante. Laissant sa main glisser le long de son bras tandis qu'il se levait, elle le regarda aller au comptoir. Il n'avait pas vraiment changé… A part le fait qu'il avait beaucoup gagné en confiance en soi, en fait. Elle se demanda si ça serait arrivé s'ils étaient restés ensemble…
Hermione soupira. Ce n'était vraiment pas le moment de penser au passé, mais elle ne pouvait vraiment pas arrêter d'y penser ! On –quel qu'il soit- dit toujours qu'il faut laisser le passer derrière et avancer avec sa vie, mais le fait était que tout ce qu'elle avait fait, c'était du passé. Ou plutôt, tout ce qu'elle avait fait avait rapport avec le passé. Tout ce truc avec Draco… Ce ne serait jamais arrivé si elle n'était pas sortie avec Jeff. Jeff avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Elle aurait probablement pu s'en sortir avec le problème d'argent s'il n'y avait pas eu son orgueil. Le prix pour avoir satisfait son orgueil avait été élevé, semblait-il.
Présentement, elle prenait son déjeuner avec un de ses meilleurs amis. Il n'avait pas été son meilleur ami pendant un temps pourtant, pas depuis leur dernière tentative raté de romance.
Hermione sortit cette pensée de sa tête, souriant tandis que Ron revenait avec la nourriture. Il avait pris la même chose. « Le déjeuner est servi », dit-il en souriant.
« Merci, Ron », lui sourit-elle.
Ils restèrent assis en silence pendant quelques minutes, tous deux assez affamés après le travail. Après que Ron ait avalé la moitié de son poisson (bien qu'il n'ait pas encore touché aux frites), il parla. « Hermione, je voulais te parler de quelque chose. »
Hermione haussa un sourcil. « Oui ? »
« C'est à propos de ce truc avec Malfoy », dit-il mal à l'aise, reposant son couteau et sa fourchette avant de poser sa tête dans sa main droite. « Je comprends pas. Tu le haïssais à l'école, comme nous, et maintenant, tu es mariée avec lui ! »
Hermione remua sur son siège. « C'est assez compliqué », dit-elle avec précaution.
Ron plissa les yeux. « Si tu m'avais dit que tu l'aimais », dit-il, l'observant pour surprendre une quelconque réaction, « j'aurais laissé tomber ce problème. Mais tu dis que c'est compliqué et je n'aime pas ce que j'entends, Hermione. »
Hermione soupira. « C'est, bien, c'est compliqué, Ron. C'est un très grand concours de circonstances et, à la fin, d'orgueil. »
« D'orgueil », répéta Ron sèchement. « Je comprends pas. Pourquoi diable l'as-tu épousé ?! », demanda-t-il.
« Baisse d'un ton », interrompit Hermione, ses yeux lançant des éclairs alors qu'elle jetait rapidement un regard aux autres clients. Ils n'avaient pas l'air de les regarder –mais on ne savait vraiment jamais. Prenant une grande inspiration et desserrant les poings qui enserraient sa serviette, elle continua. « Je suppose que je devrais commencer du début. La seule raison pour laquelle cette possibilité a été envisagée en premier lieu a été parce que Lucius Malfoy, dans son testament, a déclaré que le seul moyen pour Draco de toucher son héritage était de se marier avec moi. » Vu le regard incrédule de Ron, elle développa, agitant une main en l'air. « Je suis presque sûre que le père de Malfoy a découvert qu'il espionnait pour nous et a décidé de 'récompenser' son fils de la pire façon possible –en m'épousant. De toute façon, je n'aurais jamais considéré cette affaire si le loyer n'avait pas augmenté et puis qu'Elizabeth, ma colocataire ne m'avait pas annoncé qu'elle partait en France dans deux mois. Je n'avais pas eu d'augmentation depuis que le salaire minimum a été augmenté et je n'avais définitivement pas été promue.
Maintenant, j'aurais probablement pu m'arranger de tout ça, mais à ce moment-là… Ben pas longtemps après que j'aie rompu avec toi, j'ai rencontré Jeff. C'était un Serdaigle quelques années au-dessus de nous à Poudlard et il travaille au Ministère maintenant. Je l'ai rencontré à l'un de ces galas qu'ils organisent de nos jours. » Hermione soupira, déchiquetant son poisson avec sa fourchette. « On est sorti ensemble pendant presque deux ans et demi. Je pensais… » Elle renifla, portant sa main à ses yeux pour essayer de retenir ses larmes. « Je pensais qu'il m'aimait et je sais que je l'aimais. »
Ron fit le tour de la table, s'agenouilla en face d'elle et la prit dans ses bras où elle commença à sangloter. « Je suis désolée », murmura-t-elle, sachant qu'elle mouillait ses robes et qu'elle faisait une scène. Ron dit juste « Chut », et continua à lui caresser le dos. Après qu'elle ait repris le contrôle sur ses larmes, elle soupira, se reculant.
« Merci », murmura-t-elle. « Je n'ai pas eu la chance de le dire à quiconque encore. » Elle haussa les épaules, regardant le plafond. « Enfin, je pensais qu'il m'aimait… Mais le lendemain de la lecture du testament, je revenais du Terrier –je venais de rendre visite à Ginny- et j'ai décidé de passer par chez lui. » Elle prit une grande inspiration, retournant son regard sur Ron, toujours à genoux devant elle. « Il me trompait, Ron », murmura-t-elle. Bien que ses yeux fussent toujours pleins de larmes, elle fut capable de les retenir en clignant. « Et j'ai craqué. J'ai dit que ce n'était pas si grave qu'il me trompe puisque je faisais la même chose et que je me mariais avec Draco Malfoy de toute façon. C'était une décision prise en une demi-seconde, mais je ne pouvais pas revenir dessus encore. » Hermione rit amèrement. « Je suppose que c'est le prix de l'orgueil, non ? »
Note de la traductrice qui n'a pas vraiment traduit depuis longtemps mais qui a une bonne nouvelle ^^ : accablée de honte de vous avoir laissés en plan comme ça, j'ai pris la décision de passer mes vacances à finir cette traduction. Aussi, vous pouvez vous attendre à des postes réguliers à la rentrée après celui-là (oui parce que la vie est terriblement bien faite : je n'ai pas internet en vacances... Sauf là... Mais j'ai pas fini de tout traduire... terriblement bien faite, la vie... Il faudra donc attendre la rentrée).
Bref, à très bientôt (bon, si vous êtes encore là bien sûr) !!!
