Chapitre 7 : Gone
"Eh, Mello ! faudrait p't être qu'tu descendes manger." ose le geek.
"Fous-moi la paix, Matt."
"Mello... ça fait des heures que ça dure..."
"La ferme ! j'en ai presque terminé, là."
"Mais qu'est-ce que tu fiches, bon sang ?" s'interroge le no-life devant les notes prises frénétiquement par son camarade.
Le blond termine de griffonner une page et se redresse : "Cette fois, je suis sûr de frapper dans le 1000 avec Near. Crois-moi, après un coup pareil, il ne se relèvera pas." annonce triomphalement le blond, s'attendant presque à des applaudissements.
"J'y crois pas... t'en es encore à ruminer cette histoire ?" s'exclame le video gamer en se laissant tomber sur son lit : "On ne peut plus parler de rancune dans ton cas."
"T'y piges rien, Matt."
"Si, je capte. Ton orgueil, toujours ton orgueil. Tu ne distingues même plus ce qui est important. Je trouve ça profondément regrettable." annonce amèrement Matt en se saisissant de sa console de jeu.
"Ne me dis pas de quelle manière je dois me conduire. Là, je m'occupe de Near et ensuite..."
"... ensuite, tu te rendras compte de la valeur des choses que lorsque tu les auras perdues."
"Matt ? Matt !"
Mello balaie la chambre du regard.
"Matt ! abruti, arrête ça !"
Aucune réponse.
"Matt ?"
Hope se glisse derrière Mello : "Pourquoi tout ce raffut ?"
Mello referme la porte de la chambre : "T'as vu Matt ?"
"Non. Pas aujourd'hui."
Mello s'installe sur le bord du lit.
Matt demeure introuvable.
"... se rendre compte de la valeur des choses... lorsqu'elles ne sont plus là... Enfoiré !"
Parcourant du regard la chambre, il remarque un papier qui dépasse d'un bouquin sur lequel figure l'inscription suivante : "Mail : 00447778153368".
Aux actions dévastatrices s'ajoute à présent une mélancolie qui ne quitte plus Mello depuis le départ de Matt.
Ce soir là, l'oreille du blond était collée à la porte du bureau du directeur.
"Mello est insupportable ! il faut le reprendre, ce gamin, et vite !"
"Il faut comprendre qu'il a des circonstances atténuantes..."
"Vous ne pouvez continuer à agir de la sorte, même s'il est le deuxième prétendant appelé à succéder à L."
"Deuxième..." grogne Mello, serrant les dents de rage "Toujours deuxième."
"Monsieur Roger, il faut sévir à l'égard de Mello avant qu'il ne soit trop tard !"
"Je... je vais tâcher de prendre les mesures nécessaires."
Les poings de Mello se serrent, faisant saillir les veines bleutées sur la peau blanche.
"Arrête ça, Mello !"
Le gamin attrape la balle qui vient de frapper violemment son crâne pour la renvoyer à son expéditeur.
Un geste jamais accompli... qui coûterait trop cher en conséquences... on ne répond ni verbalement ni physiquement à Mello.
La pause est terminée et le groupe d'enfants regagne les salles de classes. Mello se trouve en queue de peloton. Il en profite pour attraper les cheveux d'un camarade plus jeune.
"Mello..." intervient le directeur en libérant les cheveux du gamin de la poigne du blond.
"Hein ?"
"Et toi aussi Near. Venez dans mes appartements."
"Que se passe-t-il, Roger ?"
"L. est mort."
