Salut,

Je sais, beaucoup de temps entre deux publications et je m'en excuse. Mais mes vacances de Noel ont été plutôt chargés.

Enfin bref, les chapitres sont de plus en plus long et j'espère que vous serez satisfait de celui-ci :)

Afin d'être original : Bonne année ;)

Tout ça pour dire, Bonne lecture !

Bises

Ps: je reposterais plus tard les chapitres 6 et 7, il faut juste le temps de les faire corriger par ma bêta.


Chapitre 7

Epuisé, Harry se précipita dans sa chambre tout en ignorant la voix dans son dos qui criait son prénom. Il commençait à en avoir assez. Certes, Mrs Weasley était, à ses yeux, le meilleure modèle de mère qui puisse exister. Aimante, affectueuse, chaleureuse, attentionnée…Mais affreusement exaspérante.

A peine soixante-douze heures dans cette maison et il regrettait déjà… Non, quand même pas les Dursley, mais Poudlard certainement.

A croire qu'elle ne connaissait pas le terme vacances. Mrs Weasley les submergeait de travails tout aussi fastidieux qu'inutiles. A quoi donc servait de nettoyer le grenier de fond en comble puisque personne n'y allé jamais ? Tout comme le bureau du troisième étage qu'ils avaient dû dépoussiérer alors que personne n'en avait usage puisque tous travaillaient dans leur chambre personnelle…

Avec un soupir, il s'effondra sur son lit, priant pour que personne ne vienne le déranger. Il avait remarqué que tous les habitants du Square Grimmaud gardaient un œil plus ou moins discret sur lui, à son plus grand dam. Il s'en était aperçu après la conversation qu'il avait eu avec Ron et Hermione, quelques jours plus tôt. Sur le coup, il ne s'en était pas inquiétait plus que cela, mais il avait rapidement surpris quelques regards inquiets lui picoter la nuque ou louchant sur son assiette désespérément pleine.

Sirius passait le plus clair de son temps à lui raconter des anecdotes amusantes sur son père, à l'époque des Maraudeurs. Mrs Weasley essayait de lui changer les idées à grand renfort de javel et de sorts nettoyants. Et Ron le suivait partout, tel un chien limier. La veille, Harry l'avait sèchement rembarré en lui demandant s'il voulait aussi l'accompagner aux toilettes, mais il s'était tout de suite senti coupable en voyant l'éclat blessé dans les yeux bleus de son meilleur ami.

Alors, à contre cœur, Harry les laissait faire. Si après tout ça pouvait les rassurer…

Il soupira derechef en entendant des pas dans l'escalier, indiquant que quelqu'un montait à l'étage. Tout en cherchant une excuse à sortir à Mrs Weasley sur la raison de sa fuite, il se redressa. Il fut surpris en voyant Ron entrer dans leur chambre tout en grommelant après sa mère. Il accueillit ce comportement avec un sourire, satisfait de voir que le roux en avait aussi marre que lui.

-« Ron, ta mère est un monstre. »lança Harry paresseusement.

Un rire accueillit sa déclaration, il leva la tête de son oreiller pour voir son ami roux s'effondrer sur son lit, comme il l'avait fait quelques minutes plus tôt.

-« Et dis-toi que, moi, ça fait quinze ans que je dois la supporter. » Répliqua Ron.

-« Mon pauvre… »

Ron émit un rire bref avant de se taire. Ils restèrent ainsi tous les deux fixant le plafond dans un silence reposant. Le regard ancré à une tâche du plafond, Harry se perdit dans ses pensées. Ces derniers jours avaient été revigorant pour lui. Pouvoir enfin être auprès de ses proches lui avait fait un bien fou. Il savait bien que ses amis lui avaient manqué durant le mois qu'il avait passé chez les Dursley, mais ce n'était que maintenant qu'il réalisait à quel point.

Malgré cela, Harry était toujours nerveux. Il avait du mal à être continuellement détendu. Beaucoup trop de choses encore lui tournaient en tête et c'était souvent la nuit que ses mauvaises pensées ressurgissaient. Ron s'était habitué à ses cauchemars récurrents et se contentait de le réveiller quand il s'agitait trop dans son sommeil. Son meilleur ami avait bien compris que ses questions étaient vaines.

Pourtant, ce n'était pas son état de fatigue qui stressait le plus Harry. Non, ce qui faisait de lui une véritable petite boule de nerfs était les rares fois où il avait le malheur de croiser Severus Snape. En effet, ce dernier ne se montrait qu'occasionnellement à Square Grimmaud, les adolescents avaient bien compris qu'il faisait des missions dangereuses pour l'Ordre. Ils avaient d'ailleurs déjà aperçu leur professeur de Potions rejoindre discrètement sa chambre, souvent blessé. Harry n'était pas certain de savoir quoi ressentir à l'égard de l'homme. Son professeur avait été étonnement discret vis-à-vis de lui et de ce qu'il avait découvert à Privet Drive, de plus l'homme semblait jouer un rôle important dans la guerre. Tout cela était un peu confus.

-« Harry, ça va ? »

La voix de Ron le tira assez brutalement de ses pensées. Le ton était sérieux, son ami semblait soucieux. Harry soupira.

-« Oui, pourquoi ? » demanda-t-il avec nonchalance.

-« Je sais pas… C'est ton anniversaire aujourd'hui, tu devrais être content… Et pourtant t'as l'air préoccupé. »

Son anniversaire… Il avait maintenant quinze ans. Il eut un léger sourire. Oui, son anniversaire lui remontait un peu le moral. Dans peu de temps Mrs Weasley les appelleraient pour qu'ils viennent dîner. A ce qu'il avait compris, une petite fête aurait lieu ce soir pour fêter l'évènement et cela lui remontait le moral. Bien qu'il ne soit pas trop d'humeur ces temps-ci pour ce genre de festivité, il n'aurait pas quinze ans tous les jours et était bien décidé à en profiter !

-« Ça va, je t'assure. » assura-t-il tout en se levant énergiquement « Bon, c'est bien beau tout ça mais si on reste la plus longtemps ta mère va nous faire manger un plumeau ! » Dit-il en riant tout en se dirigeant vers la porte.

-« Un plumeau ? C'est quoi ça ? C'est bon ? » Demanda Ron en lui emboitant le pas.

Harry ne réussit pas à retenir le rire qui lui traversa les lèvres.

-« Pas vraiment mon vieux ! C'est un truc Moldu, je te déconseille d'en gouter un ! »

Ron le regarda suspicieusement ce qui ne fit que provoquer de nouveau le rire d'Harry qui se prit rapidement une taloche amicalement derrière la tête en guise de représailles.

-« Te moque pas de moi sinon je ne t'offrirais pas mon cadeau ce soir ! » Menaça Ron mi- amusé, mi- vexé.

_-« Tu m'as donc acheté un cadeau ? » Demanda innocemment Harry avec un grand sourire.

Ron grogna en réponse. Les deux garçons arrivèrent bientôt devant la pièce qu'ils avaient lâchement fuis quelques minutes plus tôt. Derrière la porte close, ils entendirent les grommellements des jumeaux et la voix énergique de leur mère qui les rappelé à l'ordre. Apparemment, les frères de Ron n'avaient pas réussi à fuir, eux.

C'est avec un soupir qu'ils ouvrirent la porte et ils furent immédiatement accueillit par la voix suspicieuse de Mrs Weasley.

-« Ou étiez-vous tous les deux ? Il reste encore plein de choses à faire! »

-« Aux toilettes ! » scandèrent en cœur les deux amis en tentant tant bien que mal de retenir leur sourire.

Leur déclaration fut accueillie par un regard sceptique de la seule adulte présente tandis que les jumeaux pouffèrent discrètement, seule Hermione leur jeta un regard agacé.

Sans se démonter, Harry emboita le pas de son meilleur ami et ils continuèrent la tâche qui leur avait été assignée un peu plus tôt, sans grand enthousiasme, il devait bien se l'avouer. Qui aurait aimé dépoussiérer tout un meuble et les milliers de petites babioles qui étaient à l'intérieur ? De plus, ils ne pouvaient user de magie puisqu'ils étaient encore des sorciers de premier cycle.

Ils passèrent la fin de l'après-midi ainsi, se noyant sous des kilos de poussières et se battant contres des araignées furieuses d'être délogées de la sorte.

Ce ne fut que quand la nuit commença à tomber que Mrs Weasley les remercia et leur demanda d'aller se nettoyer et se faire beau pour le repas du soir. Chacun quitta alors la pièce, laissant en plan leur travail qu'ils allaient devoir reprendre le lendemain et c'est épuisé que Harry se jeta sous la douche.

Quelques minutes plus tard, il descendit dans la cuisine, escorté par Ron et Hermione. C'est avec un grand sourire qu'il observa la grande banderole qui flottait paresseusement à quelques centimètres du plafond et qui scandait « Joyeux anniversaire Harry ! ».

Il fut heureux de voir toute la famille Weasley, déjà attablait, ainsi que quelques membres de l'Ordre qui l'accueillirent avec de grands sourires. Il prit place à côté de son parrain qu'il lui souhaita de nouveau un bon anniversaire.

Rapidement, Mrs Weasley fit léviter les plats au centre de la pièce et Harry fut émerveillé par le spectacle qui lui faisait face. De grands plats trônaient au centre de la table, une bonne odeur de viande grillé et de caramel remplit rapidement la cuisine, donnant l'eau à la bouche à Harry. Oui, il avait faim, et cela ne fit qu'accentuer son sourire déjà bien large. Alors qu'il commençait à se jeter sur son assiette, il croisa le regard ravi de Dumbledore qui lui adressa un clin d'œil. Le jeune homme lui rendit son sourire et se reconcentra sur son assiette.

Il sentait bien les regards satisfaits de ses proches sur lui mais il était bien décidé à les ignorer. Après ce petit moment de flottements où tous avaient regardé Harry manger et où Mrs Weasley essuyait discrètement une larme au coin des yeux, tout ce petit monde replongea dans son assiette respective. La suite du repas se passa dans une ambiance festive et bon enfant où chacun faisait de son mieux pour oublier la guerre qui se jouait dehors et se concentrer sur des sujets bien plus frivoles.

Mais c'était principalement les pitreries de Fred et George, aidaient par les imitations de Tonks qui amusèrent les différents convives. Albus Dumbledore éclata littéralement de rire lorsque la jeune Auror prit l'apparence du professeur McGonagall, l'imitation était si bien réussie qu'Harry en cracha son jus de citrouille par le nez. La Mémorphomage rougit un instant devant l'air pincé du professeur de métamorphose qui se trouvait à l'autre bout de la table, non loin de Molly Weasley, mais la lueur amusée dans ses yeux rassura immédiatement la jeune femme.

Une fois que les assiettes eurent été consciencieusement vidés, Mrs Weasley débarrassa la table d'un coup de baguette et d'un second mouvement du poignet fit apparaitre un immense gâteau au chocolat.

Harry vit Hermione rire sous cape, il suivit alors son regard et eu un sourire amusé en voyant le regard gourmand du directeur de Poudlard qui ne voulait pas lâcher des yeux le gâteau en face de lui. Tous deux s'éclaffèrent quand ils virent le vieil homme tendre une main vers le gâteau pour se servir tandis que Mrs Weasley lui donnait une tape sur cette même main avec une cuillère en bois. L'expression de petit garçon pris en faute sur le visage de leur professeur face au regard sévère de la matriarche valait bien tout l'or du monde.

Si c'était possible, le sourire d'Harry s'agrandit encore lorsque les jumeaux qui s'étaient discrètement éclipsé revinrent avec tout un tas de cadeaux qu'ils posèrent su la table, non loin de l'énorme gâteau, tout en scandant un 'Joyeux anniversaire'.

-« Tiens ! » lui lança Ron tout en lui donnant le paquet qui se trouvait tout en haut de la pile. « C'est le mieux celui-là »

-« Merci ! »

Sans plus de cérémonie, il déchira le papier rouge qui recouvrait le cadeau de son ami. Il poussa un léger cri de joie en voyant que son meilleur ami lui avait offert tout un kit d'entretien de balai. La boite en bois lustré devait coûter une vraie petite fortune… Il serra affectueusement l'épaule de Ron et le remercia chaleureusement. Il savait bien que les Weasley ne roulaient pas sur l'or alors un tel présent venant d'eux le touchait énormément.

Il continua ainsi d'ouvrir tous ses présents et fut très satisfait de tout ce qu'il reçut. Tout un assortiment de friandises de chez Honeydukes, un livre sur les Quidditch à travers les âges, une boite de farces et attrapes de chez Zonko, une magnifique plume, de nouveaux gants de Quidditch…

Harry était heureux. Bien plus heureux qu'il ne l'avait été depuis la fin de sa quatrième année. Il avait autour de lui toutes les personnes qu'il aimait et avait oublié pendant un temps la guerre qui faisait rage à l'extérieur. Bien qu'il eut un petit pincement au cœur en pensant à Remus qui se trouvait en ce moment dans une forêt à des kilomètres d'ici au milieu de plein de lycanthropes, cela ne mina pas son moral pour autant.

Ils mangèrent le gâteau qui était, sans grande surprise, absolument délicieux, dans une ambiance agréable et bienveillante. Hermione et Harry échangèrent un regard amusé en voyant le bonheur du professeur Dumbledore, et sa barbe blanche et soyeuse recouverte de tâches de chocolat.

La soirée prit finalement fin après que les jumeaux aient manqué de peu de faire brûler la table en bois en essayant de faire exploser, avec l'étonnante complicité de Dumbledore, des pétards du Docteur Flibuste.

Mrs Weasley les renvoya dans leur chambre après un long sermon. Elle leur promit de leur faire avaler leurs farces et attrapes si jamais elle tombait sur le moindre pétard.

Après cet incident qui était, dans le fond, assez comique, chacun regagna sa chambre respective. Tous étaient exténués par le travail qu'ils fournissaient ces derniers temps. Les adultes pris dans la guerre et les adolescents dans le grand ménage de printemps.

Allongé dans son lit, un léger sourire aux lèvres, Harry observait le plafond. Il se sentait bien, détendu. Et Merlin savait depuis combien de temps cela ne lui était pas arrivé. Il se sentait plein, plein de tout. De nourriture, de chaleur, d'amour. Cela lui avait manqué…

Le jeune homme fit de son mieux pour trouver le sommeil en se repassant encore et encore cette magnifique soirée dans sa tête mais rien n'y fit. Visiblement, son corps était bien trop habitué à ses insomnies. Après avoir tourné des dizaines de fois dans son lit et s'être empêtré dans la couverture, Harry décida de quitter cette chambre. Il avait chaud et était tout bonnement incapable de fermer l'œil.

Il se leva et marcha sur la pointe des pieds jusqu'à la porte, craignant que le craquement du parquet ne réveille son ami. Il se retourna, la main sur la poignet et vit Ron ronfler comme un bienheureux. Chanceux…

Harry prit la direction de la salle de bain et bu un grand verre d'eau frais qui atténua immédiatement la sécheresse de sa bouche. Il prit le temps de regarder un instant son reflet dans le miroir. Il était pâle. Bien moins pâle que ces derniers jours mais tout de même plus que la moyenne. D'autant plus que son teint légèrement cireux était accentué par de profondes cernes bleutées qui creusaient son visage.

Il passa sa main sous l'eau du robinet puis la passa sur son visage. Il se sentit soudain mieux, un peu moins hagard et bien plus frais.

C'est avec un soupir qu'il quitta la salle d'eau pour se rendre dans la cuisine. Il se souvenait avoir vu dans les placards toutes sortes de thé et d'herbes. Après tout, s'il se faisait une tisane, cela l'aiderait sans doute à trouver le sommeil. Il se souvenait que Tante Pétunia en prenait des fois le soir, souvent quand elle était préoccupée. Il secoua la tête, il ne voulait pas penser aux Dursley. Il ne les verrait pas avant douze mois et il s'en portait très bien.

Il arriva rapidement devant la cuisine mais il constata bien vite que celle-ci était allumé, chose qui l'étonna puisque tout le monde était allé se coucher il y avait plus d'une heure maintenant.

Harry passa une tête curieuse par l'entrebâillement de la porte mais il regretta rapidement son geste lorsque ses yeux émeraude se heurtèrent à deux orbes onyx.

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Le froid s'était rapidement insinué en lui. Malgré la chaleur de cette fin juillet, Severus Snape tremblait. De froid ? De peur ? Lui-même l'ignorait…

Ses tremblement avaient disparus seulement après avoir quitté le Manoir Malefoy. Il avait dû passer tout son après-midi, ainsi que sa soirée, à confectionner des potions pour le Seigneur des Ténèbres. Or, devoir se concentrer sur un chaudron bouillonnant et potentiellement dangereux relevait quasiment de l'impossible lorsqu'un regard rougeoyant lui brulait le dos.

Ses membres lui faisait mal, aussi bien à cause de sa fatigue croissante que des quelques Doloris qu'il avait reçu en début séance. Voldemort était impatient. Rien de bien nouveau… Or, le travail qu'effectuait Severus à Poudlard mécontentait son Maitre. Les informations qu'il avait le droit de divulguer ne semblaient pas rassasier le Mage noir… Quoi de plus normal ? Il n'avait rien de bien passionnant sur la vie de Dumbledore à partager avec lui.

D'ailleurs, pensa-t-il distraitement en arrivant devant les grandes grilles du Manoir Malefoy, il allait vite devoir en parler au directeur de Poudlard. Severus n'était pas sûr de pouvoir subir encore longtemps la colère croissante du Seigneur des Ténèbres. Ses muscles commençaient à devenir douloureux et sa patience s'effritait…

Enfin, ce n'est pas s'il avait déjà était patient une fois dans sa vie.

Severus soupira. Ce ne serait pas ce soir qu'il pourrait avoir une conversation avec le directeur, celui-ci lui avait bien rappelé la fête d'anniversaire du gamin Potter… Fête à laquelle il l'avait d'ailleurs conviait. Il eut un frisson de dégout.

Merlin savait qu'il ne mettrait jamais un pied à Square Grimmaud lors d'une soirée griffondorienne. Déjà qu'il avait eu le malheur de voir, avant son départ, Molly Weasley confectionner un gâteau …

A grand pas, il traversa la grille qui se transforma instantanément en fumée, sa cape tourbillonnant fidèlement derrière lui. Il arriva devant une route et après avoir vérifié qu'il était bien seul il transplana sans plus attendre devant porte du Quartier Général de l'Ordre.

Posté devant, la main sur la poignée, il vérifia rapidement l'heure. Vingt-trois heures quarante-deux. Avec un peu de chance les festivités seraient terminées et il n'y aurait pas d'Albus le forçant de prendre une part de gâteau au chocolat.

Il ferma un instant les yeux de soulagement en constatant que la cuisine et le salon étaient bel et bien vides. Sans plus attendre, il se dirigea vers la cuisine et s'avachie sans grande retenue sur une chaise branlante. Il donna un rapide coup de baguette en direction de la théière afin que celle-ci lui prépare un thé chaud et fort qui lui permettrai de se remettre les idées en place.

Durant le temps de préparation, son regard se perdit dans une tâche noir sur la table en bois. Brûlé ?

Il était soulagé que tous soient allé se coucher, il n'avait pas vraiment envie de voir du monde, encore moins le gosse Griffondore… Il avait fait de son mieux pour l'éviter ces derniers jours. Bien évidemment, le fait de vivre si nombreux dans une même maison ne facilitait pas les choses mais tout de même, il avait réussi à ne quasiment pas le voir. De toute façon ses missions pour l'Ordre lui prenaient la majeure partie du temps.

Depuis leur petite entrevue d'il y a quelques jours, il était tout sauf à l'aise avec Potter. De nombreux préjugés venaient de s'écrouler sans délicatesse dans son esprit et le gamin avait soulevé des questions auxquelles il ne voulait pas répondre, auquel il ne pouvait pas répondre.

Severus ne voulait qu'il sache, il l'avait fait promettre à Dumbledore, il y a de nombreuses années maintenant, de garder le silence…

Garder le silence.

Dumbledore savait se taire lui aussi quand cela l'arrangeait. Il avait fui le Directeur aussi, ne le voyant que sommairement lors de ses comptes rendus de missions… Severus ne s'était toujours pas décidé à avoir cette conversation, pourtant crucial, avec le vieux sorcier. Albus était son mentor, celui qui l'avait tant aidé par le passé, qui le soutenait et qui lui faisait confiance. Or, Severus savait pertinemment que si jamais cette discussion tournait en dispute –ce qui était plus que probable- tout serait fini, il n'y aurait pas de retour en arrière possible. Le sujet était trop grave et tous deux en étaient conscients.

A vrai dire, il avait fui Square Grimmaud ces derniers jours, il y venait seulement pour y dormir, comme ce soir-là…

Il passa une main lasse sur son visage, se frottant les yeux dans le but vain de se réveiller.

Ses cachots lui manquaient terriblement…

Un sifflement le tira brutalement de ses pensées. Le thé était prêt. Mais alors qu'il tendait la main pour attraper l'anse de la théière, un craquement le fit soudainement se retourner. Cette maison était dangereuse, elle berçait depuis des années dans la Magie noire et ce n'était pas les pauvres sorts de nettoyage de Molly Weasley qui allaient la rendre accueillante. Qui sait quelles créatures rodaient la nuit dans les couloirs ? A moins que ce ne soit cet elfe timbré…

Une tête brune passé en travers de la porte répondit à ces questions. Ebouriffé et les lunettes de travers, Harry Potter venait de faire son apparition.

Tous ces efforts réduit à néant par la stupidité d'un jeune sorcier…

-« Oh ! » s'exclama le Griffondore, surpris. « Je… Je ne pensais pas qu'il y aurait quelqu'un… »

Le bafouillage le fit sourire intérieurement. Il se décida à ne rien dire et ils se dévisagèrent un instant.

Le gosse semblait en meilleur forme que ces derniers jours, ils ne s'étaient croisés que rarement depuis l'épisode de la bibliothèque mais Severus avait bien évidemment notait ses cernes et sa maigreur. Il n'avait pas commenté, d'autres personnes, bien mieux placé que lui, devaient s'en soucier.

Potter avait les yeux légèrement plus brillant et il avait repris quelques couleurs.

Resté à savoir ce qu'il fichait là au beau milieu de la nuit…

-« Vous n'êtes pas à Poudlard ici Monsieur Potter, vous n'avez rien à faire dans cette cuisine au beau milieu de la nuit. » Assena-t-il.

Le ton fit froncer les sourcils du Griffondore qui semblait soudain sortir de sa stupeur. Il eut la décence de rougir après avoir enregistré ce que venait de lui dire son professeur. Car oui, Severus savait bien que lui et ses amis avaient pris l'habitude de vagabonder dans les couloirs de l'Ecole depuis leur première année. La cape d'invisibilité de James Potter lui avait à de nombreuses fois sauvé la mise.

-« Je suis dans la cuisine de mon parrain, je ne vois pas vraiment en quoi cela pose problème. » dit-il tout en avançant d'un pas conquérant dans la cuisine.

Severus le fusilla du regard et le Griffondore arrêta son cinéma, l'air légèrement coupable. Qu'est-ce qu'il exécrait cette insolence…

Ils étaient tous deux conscients que le gamin lui en devait une. Après tout, Severus avait gardé le silence sur ce qu'il avait vu au 4, Privet Drive… Même s'il ne s'était pas tu pour cette raison… Mais ça, il se gardait bien de le révéler au gosse.

-« Pardon. » murmura le jeune sorcier tout en baissant les yeux au sol.

Severus le fixa un instant en arquant un sourcil, là, debout, au milieu de la cuisine, Potter ne disait pas un mot. Il semblait… humble ? Cela ne lui ressemblait tellement pas que ce comportement de soumission agaça Severus.

Il redonna toute son attention à la théière qui émettait maintenant un joyeux sifflement. Il la prit et la posa sur la table. Il hésita un instant puis, avec un soupir, fit apparaitre deux tasses qu'il servi généreusement. Sans un mot, il posa une des deux tasses devant le Griffondore dans une invitation tacite.

Potter le regarda une seconde avec des yeux ronds, comme choqué de son geste mais visiblement il n'osait pas protester puisqu'il s'assit docilement sur la chaise la plus proche.

Appuyé contre le comptoir de la cuisine, Severus commença à siroter doucement le liquide chaud, songeur. La chaleur que lui procura le thé lui fit tout de suite du bien, il se sentait bien plus détendu et nettement plus apte à avoir une conversation posée. Il regarda un temps le jeune garçon qui fixait la table et qui semblait perdu dans ses pensées.

Severus but une nouvelle gorgée.

-« Professeur ? »

La voix qui n'était pourtant qu'un murmure n'empêcha pas de surprendre Severus.

-« Oui Potter ? » demanda-t-il du même ton.

-« Je voulais juste hum… » Le garçon se racla la gorge et était visiblement gêné. « Je voulais vous remercier de n'avoir rien dit à personne par rapport à… ça. »

Severus haussa légèrement les sourcils, surpris. Il ne s'attendait pas à ça…

-« De rien. » lança-t-il négligemment.

Il était soulagé que le garçon n'est toujours pas relevé les yeux de le table en bois, il n'appréciait vraiment pas cette conversation.

Le silence revint dans la pièce, bien qu'il soit nettement moins lourd que précédemment.

Severus se décida malgré tout à continuer la conversation, qui était malgré tout nécessaire.

-« Acceptez-vous de répondre à mes questions maintenant ? »

La réaction ne se fit pas attendre, Potter releva immédiatement sa tête et le regarda suspicieusement de ses deux grands yeux verts.

Direct, il avait été trop direct.

-« Pourquoi voulez-vous savoir Monsieur ? » Demanda le Griffondore, un peu plus fort que précédemment.

Severus soupira, encore.

-« Ecoutez Monsieur Potter, j'ai réalisé il y a quelques jours que votre mode de vie ne correspondait pas à celui que j'imaginais… Pourquoi garder cela pour vous ? »

Non, il ne reconnaitrait pas qu'il s'était lourdement trompé sur son compte. Trop de fierté.

-« Et qu'auriez-vous fait à ma place ? » Demanda sèchement le jeune sorcier.

La même chose que toi…

Il avait été à sa place, il y a de nombreuses années maintenant, et à l'époque il n'en avait jamais parlé à personne. Seul Lily avait deviné. Alors, il était bien placé pour comprendre le fils Potter.

Encore une chose qu'il ne pourrait pas lui dire bien sûr…

-« Je ne suis pas dans ta situation. »

Le retour au tutoiement les surpris tous les deux mais heureusement pour Severus le garçon ne commenta pas.

-« Monsieur, puis-je vous poser une question ? » demanda timidement le Griffondore.

-« Vous venez d'en poser une, mais allez-y si vous voulez… » Dit-il avec un signe de la main pour l'inciter à poursuivre.

-« Pourquoi avoir réagi ainsi dans le couloir de Privet Drive ? » Chuchota Potter rapidement, il se concentra immédiatement sur la anse de sa tasse qui semblait soudain passionnante.

Severus resta un moment interdit, il ne s'était pas attendu à ça. Il était tout simplement incapable de répondre à cette question. Lui-même n'était pas sur de connaitre la réponse. Il observa un moment le jeune sorcier qui lui jetait de temps en temps des regards furtifs, attendant visiblement une réponse.

-« Vous avez le droit de poser cette question tout comme j'ai le droit de ne pas y répondre. » répondit-il sérieusement.

Le Griffondore se renfrogna et lui jeta un regard noir, comme un jeune enfant boudeur. Cette réaction laissa un instant perplexe le Maitre des Potions. Il avait de nombreuses fois remarqué ce paradoxe chez Harry Potter, il agissait souvent comme le grand héros de la communauté sorcière, le chef de bande, le vaillant Griffondore prêt à se jeter au-devant des ennuis pour protéger ses proches. Mais parallèlement, il agissait souvent comme un enfant de huit ans turbulent et qui aimait faire des bêtises.

Ce n'était qu'aujourd'hui qu'il commençait à comprendre ce comportement. Il était aisé de deviner que le jeune sorcier n'avait pas eu une enfance épanouie. Voir même particulièrement malheureuse. Ceci expliqué beaucoup de choses.

-« Cela vous soulagerez d'en parler. » continua Severus malgré tout. Il se détesta pour cette compassion qui lui laissait un gout amer en bouche.

-« Qui vous dis que ce n'est pas déjà fait ? »

-« Nous savons aussi bien l'un que l'autre que vous n'avez soufflez mot de cela à personne. » rétorqua-t-il.

Potter baissa de nouveau les yeux. Et cela l'agaça au plus haut point.

-« La politesse exige de regarder son vis-à-vis dans les yeux lors d'une conversation. »

Le jeune homme leva de nouveau vers lui un regard contrarié mais Severus ne s'en formalisa pas, il ne supportait pas l'impolitesse.

-« Pourquoi ne répondez-vous pas à mes questions Professeur ? Je ne vois vraiment pas pourquoi moi je devrais répondre alors que vous vous ne faite aucun effort ! » Protesta le Griffondore d'une voix agacé.

-« Votre ton ! » exigea-t-il, décidemment l'insolence était génétique. « Néanmoins… » Continua le professeur tout en dédaignant le soudain espoir qui s'était éclairé dans les prunelles émeraudes « … je suppose en effet que ce ne serait que justice. »

Un petit sourire prit place sur le visage du jeune sorcier, ce qui eut don d'énerver au plus haut point le Maitre des Potions.

-« Que faisiez-vous dans ce placard ? » Demanda Severus. Voilà, il commençait les hostilités et le sourire satisfait sur le visage de Potter avait fait place à de l'irritation.

-« Mon oncle m'y avait enfermé parce que j'avais fait une bêtise. » Concéda cependant l'adolescent mais il enchaina bien vite. « Pourquoi avez-vous réagi ainsi ? »

Severus le scruta un instant, réfléchissant sur ce qu'il pouvait révéler à son vis-à-vis, c'est-à-dire pas grand-chose.

-« Vous êtes le Survivant » lança-t-il moqueusement« Vous n'aviez rien à faire dans ce placard. »

Non, ce n'était pas un mensonge. Pas tout à fait. Il y avait malgré tout une part de vérité dans ce qu'il venait de dire, une légère part certes, mais suffisante pour que Severus ait la conscience tranquille. Néanmoins, il ignora consciencieusement la moue sceptique de l'adolescent.

-«Pourquoi avoir gardé le silence toutes ces années ? Je suis sûr que votre fan-club s'en serait donné à cœur joie. » Railla-t-il.

Sarcasmes. La meilleure défense était l'attaque.

-« Evidemment que je n'ai rien dit ! » Pour la première fois de la soirée, le garçon semblait en colère. « A quoi vous attendiez vous ? J'ai grandis avec les Dursley, on s'habitue à tout, surtout enfant… Je suis leur Survivant, je n'ai pas le droit de me plaindre de vulgaires Moldus… »

-« En bon petit Griffondore… » Compléta Severus dans un murmure absent.

Potter se contenta de grogner en réponse, visiblement très mécontent. Il vit le garçon réfléchir un instant, apparemment il ne savait pas jusqu'où il pouvait pousser l'interrogatoire. Il eut l'air de prendre soudainement une décision et Severus se crispa, redoutant la question fatidique.

-« Votre magie… Elle est différente… »Demanda le garçon au bout d'un certain temps de réflexion, perplexe.

Severus eut un léger soupir de soulagement, ce n'était pas pour le moment. Toutefois, son soulagement laissa vite place à l'agacement. Que lui avait-il prit d'accepter cette conversation stupide qui le menait vers une pente dangereusement glissante ?

-« Vous auriez dû comprendre depuis longtemps Mr Potter » Répondit-il sèchement. « Ne vous souvenez pas de la merveilleuse scène qui s'est déroulé dans l'infirmerie en Juin ? Vous étiez pourtant aux premières loges. » Railla Severus, mais même lui constata que le sarcasme sonnait faux. Trop de mauvais souvenir de cette soirée.

Au rappel des évènements de Juin, Severus vit son élève blêmir dangereusement et il remarqua nettement l'ombre qui voila un temps son regard émeraude. Oui, trop de mauvais souvenir. Il observa l'adolescent qui s'était perdu dans sa mémoire, cela ne devait pas être beau à voir… Il revint soudain à la réalité et Severus se sentit mal à l'aise sous son regard grave.

-« La Marque… » Murmura le garçon en le scrutant d'un regard grave.

Severus plissa les yeux dangereusement, ils y étaient, Potter avait atteint la limite en abordant ce sujet tabou.

-« Ce petit jeu a suffisamment duré. Allez-vous coucher maintenant. »

-« Eh ! » commença à protester l'adolescent, apparemment il avait encore beaucoup de questions. Mais Severus n'était pas un de ses amis griffondores, aussi il le rembarra sèchement, lui aboyant de retourner dans sa chambre sur le champ.

Severus regarda Potter lui lancer un regard noir, visiblement mécontent, puis le garçon marmonna un vague bonne nuit au quel le professeur ne se donna pas la peine de répondre.

Après avoir entendu le claquement de la porte à l'étage supérieur, signe que le garçon avait finalement obéi, Severus se laissa tomber sur une chaise et poussa un nouveau soupir de lassitude.


Les avis reçus enrichissent la réflexion.