Harry roula sur le côté et gémit de douleur alors qu'une vague de feu remontait le long de son dos. Son cul le lançait et les muscles de son dos se contractaient et tressautaient. "Aïe," souffla-t-il doucement. Il resta immobile dans l'espoir que la sensation de brûlure disparaisse.
La nuit dernière avait été merveilleuse. Il n'avait pas trop su à quoi s'attendre mais Lucius avait été très patient et aimant avec lui. Un sourire tendre apparut sur son visage tandis qu'il regardait son mari dormir. Son mari. Harry aimait la façon dont ces deux mots s'écoulaient naturellement de sa bouche. Une aura de félicité se dégageait de sa poitrine et il soupira de bonheur malgré l'inconfort.
"Je t'aime," souffla-t-il.
Des yeux d'argent liquide s'ouvrirent brusquement à cette affirmation. "Tu ne l'avais jamais dit à voix haute auparavant," dit Lucius. "Je t'aime aussi."
Le sourire sur le visage d'Harry était gigantesque. Il n'avait jamais entendu ces mots adressés à lui sur ce ton. L'émotion brute et sincère valait plus que tout au monde. Pour Harry, ces mots étaient sans prix.
Harry se pencha et embrassa doucement Lucius, incapable de cacher la grimace de douleur qui traversa ses traits lorsqu'il changea de position. "As-tu mal ?" s'enquit Lucius.
"Un peu," répondit prudemment Harry. Il ne voulait pas que Lucius se sente coupable d'avoir consommer leur union.
"Tu aurais dû me le dire," réprimanda le blond. Il se leva rapidement et se dirigea à pas feutrés dans la salle de bain; Harry pouvait entendre le son de fioles s'entrechoquant. Lucius revint dans la pièce et tendit deux potions à Harry. Une de soin et l'autre pour soulager la douleur.
Le sorcier aux cheveux d'ébène les accepta et but le liquide, soupirant de soulagement lorsqu'elles commencèrent immédiatement à faire effet, apaisant la douleur de ses muscles. "Beaucoup mieux," affirma-t-il.
On put soudain entendre des coups à la porte et Lucius arqua un sourcil blond d'agacement. "Quoi ?" cingla-t-il. Qui était assez ignorant pour les déranger le lendemain de leur union ? Quelle impolitesse insupportable !
"Je m'excuse de mon impolitesse insupportable," pépia joyeusement Luna. "Néanmoins, Hermione est là et elle dit qu'elle a des informations qu'elle pense que vous voudrez immédiatement entendre."
"Peut-elle lire dans les pensées ?" demanda Lucius à son époux.
"Je ne serais pas surpris si elle le pouvait," répondit Harry. "Nous serons là dans quelques minutes, Luna. Nous devons nous habiller."
"Je sais," cria-t-elle à travers la porte.
Harry rougit à la remarque mais se leva avec précaution; il trébucha et Lucius le rattrapa. "Tu es sûr que tu vas bien ?" voulut savoir Lucius. Ses yeux tourbillonnaient d'inquiétude.
"Je vais bien," marmonna Harry; son visage était en feu.
Le blond aida Harry à passer un pantalon habillé et une chemise, enfilant lui-même des habits similaires. Il passa ensuite un bras possessif autour de son nouvel époux et conduisit le garçon plus petit dans la Salle Commune où Luna et Hermione les attendaient.
"Bien dormi, Harry ?" demanda Hermione avec un petit sourire pervers.
"En effet," répondit Harry d'une voix traînante sans la moindre trace de rougeur.
"Qu'est-ce qui est si important, Mlle Granger, pour que vous veniez nous déranger à une heure comme celle-ci ?" gronda Lucius.
Le sourire de la Gryffondor disparut et ses yeux devinrent sérieux. "Je pense avoir trouvé quel sort vous a touché pendant la bataille finale," déclara-t-elle.
Le visage d'Harry était l'image du choc.
"Dîtes toujours," ronronna Lucius.
Hermione hocha la tête et commença son récit. "J'ai effectué beaucoup de recherches ces derniers jours et n'ai rien trouvé dans les livres habituels. Hier, j'ai obtenu du Professeur Snape la permission de chercher dans la Réserve."
"Tu as trouvé quelque chose," dit Harry.
"Oui, et bien, je pense tout du moins que c'est ce sort. L'anomalie de votre âge serait expliquée par le fait que vous utilisiez un portoloin quand ça s'est produit et..."
"Le sort, Mlle Granger," incita Lucius, tentant de brider les bredouillements de la fille.
"C'est vrai. Le sort sur lequel je suis tombé est appelé 'Deleo Vita' dans le livre."
"Deleo Vita ?" demanda Harry.
"Effacer Vie," traduisit Lucius pour le jeune homme.
"Ah, s'il-te-plaît, continue, Mione," suggéra Harry.
Elle renâcla pendant un instant d'avoir été interrompue mais continua son explication. "Comme l'a dit Lucius, l'incantation veux dire 'effacer la vie'. Le sort a une nature des plus sombres et n'a rien à envier au sort de mort. Il est létal."
"Mais il n'est pas mort !" proclama Harry.
"De toute évidence," serina Hermione tout en levant les yeux aux ciel. "Puis-je continuer maintenant ?"
"Oui," répondit Harry d'un ton humble.
"Merci. Le sort altère l'existence d'une personne dans la ligne du temps." Elle vit les yeux de jade confus d'Harry et amena son explication à un autre niveau. "Pense au temps comme à une ligne. Une personne y est toujours à un endroit spécifique et avance. De la même façon, en utilisant un retourneur de temps, une personne peut reculer. Tu me suis jusque là ?"
Harry hocha la tête pour montrer sa compréhension.
"Bien. Maintenant, le sort affecte la ligne du temps de façon négative. Il bloque le corps d'une personne à son emplacement actuel mais crée une espèce de bulle temporelle qui agit comme une partie de la ligne que tu as déjà vécue. Puis, il renverse le temps que tu as vécu, tout en gardant ton corps dans le présent, donnant ainsi l'impression que tu n'as jamais existé," conclut-elle.
Les sourcils d'Harry se froncèrent pensivement. "Donc en gros, il l'aurait rajeuni jusqu'à ce qu'il n'existe plus si je n'avais pas utilisé le portoloin."
"Oui Harry, c'est ce que je veux dire," résuma-t-elle.
Harry s'appuya plus contre Lucius. Dolohov avait essayé de le tuer; il avait essayer de lui voler Lucius. Des bras forts s'enroulèrent autour de ses formes tremblantes et l'attirèrent contre un torse musclé. "Chh, mon petit, je vais bien," murmura Lucius.
"Il a essayé de..." Harry ne pouvait pas finir la phrase; il ne pouvait même pas penser à Lucius mort.
"Nous allons bien tous les deux, Harry. Il n'y a pas de raison de s'inquiéter." Il déposa un baiser sur les boucles noir corbeau et frotta le dos d'Harry avec un mouvement circulaire apaisant. Il détestait voir son époux s'inquiéter et s'alarmer comme cela. Tout allait bien pour le moment.
"Et si il y a des effets secondaires, et si le sort se réactive ?" cria Harry.
"Ça n'arrivera pas," lui assura Hermione. "Le sort a un effet cumulatif, il serait déjà mort s'il était toujours actif. Tu l'as sorti de là avant ça, donc maintenant, il est parfaitement sain et sauf. Il n'y a aucune chance que le sort se réactive."
"Tu es sûre ?" voulut-il savoir avec des yeux ardents.
"Oui Harry, je suis sûre," promit-elle.
"Très bien dans ce cas," grommela-t-il de résignation. Harry se calma légèrement et entrelaça ses doigts avec ceux de Lucius, guidant le petit groupe de leurs appartements jusqu'à la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Ils entrèrent dans la pièce et levèrent les yeux au ciel lorsque certains commencèrent à s'exclamer sur la beauté de leurs bagues d'union.
"Pourquoi ne les portiez-vous pas hier ?" demanda Blaise Zabini quand ils s'assirent.
"Elles étaient gardées dans un endroit sûr," fit Lucius d'une voix traînante. "Nous les avons récupérées dans la soirée d'hier."
"Puis-je les voir ?" couina Pansy avec excitation.
Harry sourit à sa question enthousiaste et tendit la main, ignorant les cris de joie qui sortirent de la bouche de la fille lorsqu'elle vit la magnifique facture.
"Qui les a réalisées ?" interrogea Théodore Nott.
"Nous sommes liés par runes," répondit distraitement Harry tandis qu'il tendait la main vers un morceau de bacon.
Les Serpentards se figèrent un instant avant que l'activité ne reprenne. Seuls les sorciers et sorcières les plus puissants avaient la capacité d'être liés par runes. Impressionnant. Ils auraient dû s'attendre à cette réponse, après tout c'étaient Harry Potter et Lucius Malfoy.
Quand le petit-déjeuner fut terminé, ils se levèrent et se dirigèrent vers la sortie de la salle. Comme le directeur était toujours absent de l'école, personne n'était dans son bureau pour entendre les hurlements des sorts de protection. Quatre animaux sortirent des ombres à pas de loup et regagnèrent leur forme humaine.
Dolohov bondit en avant et attrapa Harry, l'attirant contre son torse. Bellatrix avait sa baguette pointée sur Lucius et les frères Lestranges avaient leurs baguettes pointées sur le corps des élèves. "C'était une décision stupide que tu as prise, Lucius. Tu aurais dû être assez intelligent pour ne pas trahir notre Seigneur," railla Dolohov. Il se pencha et sentit les cheveux d'Harry.
"Ne touche pas à mon Sang-Mêlé," siffla Lucius de rage, les yeux brûlants de mercure haineux comme s'il avait complètement perdu le contrôle de lui-même.
"Et si je n'ai pas envie ?" demanda Dolohov.
"Alors tu vas regretter avoir posé tes mains sur un Malfoy," gronda Lucius.
Harry ne put stopper le sourire satisfait qui apparaissait sur son visage. Il n'était pas inquiet et il n'était sûrement pas effrayé. Il savait que n'importe qui d'autre dans sa position aurait très certainement été terrifié mais il n'avait aucun raison de l'être. Après tout, Luna Lovegood était de son côté.
"Derrière vous !" cria Luna "Un Ronflak Cornu est en train de manger un Nargle !"
Bellatrix, Rodolphus et Rabastan se retournèrent d'un bond, pensant qu'elle essayait d'aider Harry. À l'instant où ils eurent tournés le dos, Draco, Neville et Blaise lancèrent une série de sorts de stupéfixtion et d'attache; ils avaient capturé avec succès les trois Mangemorts.
"Même moi, je ne suis pas assez stupide pour me faire avoir par ça," ronchonna Ron de façon désobligeante.
"Alors pourquoi as-tu regardé ?" railla Hermione.
Le garçon rougissant se tourna pour lui lancer un regard furieux. "Je n'ai pas regardé," rechigna-t-il.
"Bien sûr que non, Ronald," répondit-elle avec un sourire.
"Comment as-tu remarqué que je n'ai pas regardé si tu ne regardais pas ?" contra-t-il.
Cela fit se taire la fille.
Dolohov foudroya du regard les trois silhouettes au sol, ignorant le fait que lui aussi avait brièvement regardé derrière lui. Après tout, on ne pouvait jamais être certain d'être en sécurité à proximité de Ronflaks Cornus.
Le Mangemort restant tomba soudainement au sol entraînant Harry avec lui
"Fascinant," marmonna Dumbledore tout en enjambant les corps au sol. Il fixait intensément un morceau de parchemin. "Vous êtes réellement mariés à Mr. Potter." Sa remarque était adressée à Lucius.
"En effet, je vous ai dit que je l'étais." répondit-il tandis qu'il dégageait le corps d'Harry de Doholov.
"C'est vrai, vous l'avez fait," conclut Dumbledore. Ses orbes bleus pétillants quittèrent le parchemin et s'abaissèrent sur les quatre Mangemorts. "Ah, vous avez réussi à capturer le reste d'entre eux, bon travail mes garçons !"
Les yeux d'Harry et de Lucius se fermèrent avec un grognement presque inaudible. Dans leur monde étrange en perpétuel évolution, il y avait au moins une constante. Un Albus Dumbledore fou, manipulateur, bizarre, dingue, obsédé par les chaussettes, mâcheur de bonbons, porteur de robes hideuses et aux yeux bleus pétillants.

- Fin -