Note de l'auteur :
Hellooo ! =)
Comme annoncé précédemment, le chapitre 7 sort aujourd'hui ! Et tout ça dans les temps, si c'est pas beau ;)
Comme pour le chapter 6, il est plus long que ceux que j'ai écris avant et ce sera normalement le cas pour les prochains chapitres qui sortiront (sauf à quelques exception près ^^')
Petite précision, c'est la suite directe du passage précédent ;)
Voilààà,
Envoy, and good read ! =)
Chapitre 7
Devant moi se dressait une Ambre furieuse, bras croisés, et appuyant son poids sur sa jambe droite. Elle était seule. Je ne savais pas trop si c'était une bonne ou une mauvaise chose, par contre, vu l'expression que la sœur de Nathaniel affichait, il y avait fort à parier que je l'avais contrarié. Maintenant la question était, en quoi ? Qu'est-ce que je lui avais fait ?
– De quoi veux-tu qu'on parle Ambre ? demandai-je empli de lassitude.
– Du bracelet que tu m'as volé ! Rends-le moi tout de suite ou je te dénonce à la Directrice et à mon frère !
Je n'en crus pas mes oreilles ! Elle était sérieuse là ? Non seulement elle venait de m'avouer qu'elle avait volé le bracelet de Dajan, mais en plus elle avait le culot d'inverser les rôles ? Trop c'est trop ! À un moment faut arrêter !
Si la séance de sport m'avait vidé de toute énergie, je peux vous dire que l'intervention de Blondi venait de me donner un sacré coup d'fouet ! S'il y a une chose qui peut me mettre hors de moi, c'est bien l'injustice !
– Oh je vois ! Tu parles bien du bracelet de Dajan ? Celui qui n'aurait jamais dû se trouver dans ton sac. Le bracelet que tu as volé et que j'ai rendu à son propriétaire ? Ben si c'est ça, te gènes pas ! Dis à tout le monde que je te l'ai repris ; je serai bien curieuse de savoir comment tu expliqueras cette histoire au prof et à Dajan. Il devrait tout particulièrement aimer le passage où tu lui dis comment le bracelet, que sa copine lui a offert, a miraculeusement finit dans ton sac !
Le visage d'Ambre vira au rouge en même temps que ses sourcils se froncèrent au point de presque se toucher. Elle tremblait de rage, ses poings serrés à un tel niveau que ses ongles devaient sûrement lui rentrer dans la peau. Toutefois, Blondi ne bougea pas et ne souffla mot, mais la lumière meurtrière qui passait dans ses yeux faisait parfaitement office de discours…
– Crois-moi, Smoak, t'as pas idée de qui t'as affaire, finit-elle pas lâcher.
– C'est une menace ? demandai-je en levant un sourcil alors que l'autre se fronçait.
– Une constatation, me corrigea Ambre en me tournant le dos sans me laisser le temps de répondre.
Le moins que l'on puisse dire c'est que cette issue me laissa perplexe. Très perplexe. Ambre n'était pas du genre à partir comme ça. Ça ne lui ressemblait pas ! Ça, plus le fait que Li et Charlotte n'étaient pas avec leur maîtresse vénérée ne présageait rien de bon.
D'un mouvement de tête je chassai ces idées peu joyeuses. Je n'allais tout de même pas me pourrir la tête avec ces histoires maintenant ! Ma semaine s'était bien passée, enfin dans son ensemble… J'habitais chez ma tante, une tante super cool ! Sans compter que je commençais déjà à me faire de nouveaux amis qui m'appréciaient, plus ou moins, pour ce que j'étais réellement, et ça, ça c'était au combien rafraîchissant ! Alors Princesse Ambre pouvait me menacer autant qu'elle le voulait, si c'était le prix à payer pour avoir tout ça, j'étais prête à l'accepter ! Quitte à en devenir paranoïaque !
J'ouvris mon casier. Mes affaires et la peluche que l'on m'avait offerte ce matin étaient toujours bien à leur place, restait à rentrer l'ours dans mon sac sans l'abîmer… Le plus simple était de le mettre dans celui de sport, même si ça voulait dire qu'il serait en contact avec le T-shirt et ma serviette… Tant pis ! Je n'aurais qu'à le mettre dans la machine à laver en rentrant, avec le reste de mes affaires. De toute manière tante Carla devait faire une lessive…
Je l'entendais déjà me dire : « Ma chériiie ! Qui t'as donc offert ce siii charmant présent ?! Je suis sûr que c'est un garçon. Oui ça ne peut être que ça ! Tu as un fiancé ! Vilaine cachotière ! Donne-moi tout de suite le nom de ton Roméo !... » ou un truc dans le genre… Du Carla dans toute sa splendeur quoi. Rien que de m'imaginer la scène j'en eux le sourire jusqu'aux oreilles. Le gardien que je croisais en me rendant dans le hall d'entrée me regarda étrangement lorsque je passais à côté de lui. Il faut dire que je rigolais presque toute seule aussi. Il dû en pensée de belles à mon sujet ! À part lui, je ne croisais personne dans les couloirs. Tous les élèves avaient déserté à cette heure… La magie du Vendredi soir ! On ne peut lutter contre !
Arrivée devant l'atrium de l'aile administrative, je m'arrêtai un instant, perturbée par un bruit étrange. On aurait dit des griffes grattant du bois… Oui c'est ça ! Quelque chose grattait à l'une des portes. Je fis quelques pas pour me rapprocher de la source du bruit et m'arrêtai net en voyant un museau dépasser du bureau de la directrice. Madame Shermansky sortie, une laisse bleue et verte à la main, suivit de prêt par un Corgi un peu agité. Un chien au lycée… On aura tout vu ! Est-ce qu'on se balade avec un perroquet sur l'épaule ou avec notre poisson rouge sous le bras, nous?
Ma curiosité assouvit, je repris la direction de la sortie, que je n'atteignis jamais… Je n'avais pas fait deux pas qu'un cri sur aiguë me vrilla les tympans :
– KIKIIIII !
Le temps que je me retourne, le petit chien de la directrice m'était passé à côté, sa laisse traînant à côté de lui. Comment avait-il fait pour lui arracher des mains ?! Un chien si petit ! Je veux bien que la directrice ne soit plus toute jeune, mais quand même : un Corgi ! C'est pas comme un Dogue allemand ou je sais pas moi ! … un…un…un Danois !
J'amorçai un nouveau geste, mais fut arrêter par…un dragon ?! La Directrice m'avait rejoint, le chignon totalement en bataille, le visage pourpre, et des yeux lançant des éclairs. Je crois que si elle avait eu quelque chose entre les mains, elle aurait essayé de le briser en deux. Et au regard qu'elle m'adressait, ma tête devait être ce qui la tentait le plus sur le moment.
– Mademoiselle !
Je restai là, les yeux grands ouverts, choquée, incapable de réagir. Choquée de voir cette dame que j'avais trouvé si sympathique et accueillante lors de mon premier jour, se transformer en furie prête à me tordre le cou alors que je n'avais rien fait. Rosalya avait raison, je comprenais mieux pourquoi tout le monde la respectait et la craignait dans l'établissement ! Jamais je n'aurai dû me fier à ma première intuition…
– Mademoiselle, pourquoi n'avez-vous rien fait pour l'attraper ?!
– Qu'… ?
– Mon pauvre petit Kiki ! Il est seul maintenant, perdu dans l'établissement…S'il se sauve ce sera votre faute ! Vous en subirez les conséquences !
– Quoi ? Mais madame ! Je n'y suis pour rien moi ! protestai-je, mes esprits retrouvés. J'allais rentrer chez moi et votre chien…
– Taisez-vous ! Retrouvez mon petit Kiki, un point c'est tout ! Sinon… !
La directrice laissa planer sa menace et me tourna le dos. Le temps qu'elle regagne son bureau, je l'entendis murmurer plusieurs fois le nom de son chien, la voix de plus en plus tremblotante.
Comprenant que je n'avais plus le choix et que j'étais obligé de retrouver ce maudit Corgi, je sortis mon portable et composai le numéro de ma tante, qui décrocha dès la première tonalité.
– Un problème mon trésor ? me demanda-t-elle tout de suite.
– Non ! Non ! T'inquiète Tata ! Je voulais juste te dire que je risque de rentrer plus tard que prévu. J'ai un petit imprévu à régler. J'te raconterai quand je serai rentrée.
– Oh très bien mon cœur ! De toute manière j'allais t'appeler pour te dire la même chose. Fabien, dans sa grande bonté… Oui ! Oui ! C'est bien de toi que je parle mon grand !... a pris la liberté de nous arranger un rendez-vous de dernière minute avec les services administratifs… Je rentrerai sûrement très tard, donc si je ne suis pas là pour le dîner, ne m'attend pas. Ma puce, je dois te laisser. Mais s'il te plaît, rentre avant la tombée de la nuit ! Bye mon cœur !
– OK. Bye Tata et bon courage !
Je soupirai en rangeant mon portable en ma poche. Maintenant j'allais devoir donner la chasse à un petit chien, dans un bâtiment immense… Autrement dit, la partie était loin d'être gagnée !
Après être repassée par la case casier pour ne pas être encombrée de mes deux sacs, je me mis à arpenter les couloirs en appelant le fugitif qu'on m'avait ordonné de retrouver. Couloirs après couloirs, je pris soin de regarder si Kiki ne s'était pas caché dans les salles restées ouvertes, les atriums ou même les placards à balais…Trente minutes s'écoulèrent ainsi sans que je trouve la moindre trace de son passage, jusqu'à ce que je repère sa piste dans l'aile d'Histoire/Géo. Le petit monstre avait dû marcher sur le sol fraîchement lavé avec ses pattes pleines de poussière.
– Kiki ! Kiki ! Allez sois sympa ! Montre-toi ! Kikiiii ! Montre-toi espèce de sale petite saucisse à quatre pattes ! finis-je par m'énerver voyant que ce nigaud restait obstinément introuvable.
– Anita ?
Je me relevai brusquement, me cognant la tête contre un bureau. J'étais rentrée dans une salle dont la porte était encore ouverte, et m'étais accroupie pour vérifier que le chien de la directrice ne se cachait pas sous les chaises.
– Outch ! grognai-je en me massant la tête. Salut…Nathaniel…
– Ça va ? Tu ne t'es pas fait mal ?
– T'inquiète, c'est rien, répondis-je en me mordant la langue pour ne pas lui sortir la réponse cinglante qui m'était tout de suite venue en tête.
– Qu'est-ce que tu fais encore ici ? À cette heure-ci je t'aurai cru chez toi, comme tout le monde…
J'eu un sourire amer. J'étais tellement obnubilée par cette histoire de Corgi que je ne relevai même pas sa dernière phrase…
– Figure-toi qu'on m'a demandé, ou plutôt devrai-je dire ordonné, de retrouver le chien de la directrice. Et lui ne semble pas décidé à me faciliter la tâche… Tu l'aurais pas vu par hasard ?
– Kiki ? Je ne savais pas que madame Shermansky l'avait amené aujourd'hui… Non, désolé, il n'est pas passé par là. Peut-être que tu devrais aller faire un tour du côté de l'atrium, près des ateliers de cuisines. Je sais qu'il aime bien ce coin-là.
De mieux en mieux…Ce chien avait même ses habitudes ici…
– OK. J'y file dans ce cas. Merci pour le renseignement Nath ! Passe un bon week-end ! lâchai-je en courant dans la direction que le délégué m'avait indiqué.
C'est toute essoufflée de ma course que j'arrivai dans le couloir. Prudemment, j'avançai à petit pas vers la structure en verre où nous pouvions nous reposer entre deux cours. Kiki était bien dedans, couché sous le banc en bois, près de l'une des deux entrées. De là où je me trouvais, je pus voir que ce vaurien avait toujours sa laisse autour du cou. Parfait ! Comme ça, il sera plus facile à attraper !
– * Toi, crois-moi, on a fini de jouer à Cache-cache *
Très doucement, je me penchai sur le chien pour saisir sa laisse sans le réveiller…
– Attention Gamine, il mord !
Kiki se réveilla et fila comme une flèche en passant entre les jambes de Castiel qui ne se donna même pas la peine d'essayer de le stopper.
Trop c'est trop !
– Espèce d'enflure ! T'as pas vu que j'essayais de l'attraper non ?! Ça va faire presque trois quarts d'heure que je lui cours après ! Bon sang ! Si ça continue comme ça je vais y passer la soirée !
Je fusillai Castiel du regard. Franchement, là, il l'avait fait exprès ! Et ça le faisait rire en plus ! Je venais de l'insulter et de lui crier dessus, et monsieur ne trouvait rien de mieux à faire que sourire bêtement ! Il aurait pu se monter mal à l'aise, ou moins faire semblant…
– Ahahah, mais ce chien te fait perdre ton sang-froid, mademoiselle ! Laisse-moi deviner, la directrice l'a encore perdu, et la première personne qu'elle a croisé dans les couloirs pour lui ramener, c'est toi.
– Dans le mille ! Non mais sérieux, t'aurais au moins pu faire l'effort de lui barrer la route ! Je fais comment moi maintenant ?!
– Ça, c'est pas mon problème, Gamine.
– Ça ne serait plus le mien non plus si t'étais pas intervenu ! S'il te plaît, aide-moi à le retrouver…
– T'es sourde ou quoi ?! J't'ai dit que ce cléb's n'est pas mon problème ! s'emporta-t-il en me fusillant du regard.
– Mais…Oh et puis laisse tomber ! Rentre chez toi, j'vais m'débrouiller…
Furieuse, je passai à côté de Castiel, qui s'écarta de justesse, et me lançai à la poursuite de Kiki en espérant qu'il ne soit pas parti trop loin. Espoir dérisoire… C'est qu'il avait beau être petit, il cavalait drôlement vite le bougre ! Après un nouveau quart d'heure de recherches infructueuses, à pester à la fois contre Castiel et Kiki, je commençai vraiment à désespérer… J'allais devoir me résoudre à annoncer à la directrice que je n'arrivais pas à retrouver son chien, et en subir les conséquences… Dépitée, je commençai à prendre le chemin de retour, en me demandant ce qui allait m'attendre. Devoirs supplémentaires ? Travaux d'intérêt généraux ? Heures de colles ?... Renvoi ? Non, elle n'avait pas le droit de me renvoyer pour ça ! En fait, en y réfléchissant, elle n'avait pas le droit de me punir pour avoir laissé son chien partir… Elle n'allait tout de même pas faire de l'abus de pouvoir ? … Si. Bien sûr que si. Ce chien avait l'air d'être son trésor adoré, trésor perdu par ma faute d'après elle dans ces cas-là, la raison l'emporte rarement sur l'émotion… Comment allais-je expliquer ma punition à ma tante et à mes parents… ? À la première, je pouvais dire toute la vérité, farfelu ou non, elle me croirait, mais mes parents, eux, seraient bien plus difficile à convaincre…
– Gamine ! Attends !
Je me retournai vivement. Visiblement, Castiel avait couru dans les couloirs pour me rattraper. Il s'était arrêté, les mains posées sur les genoux pour reprendre son souffle.
– Qu'est-ce que tu veux encore, Castiel ? Je dois…
– Je sais où est le roquet d'la Directrice, me coupa-t-il. Il est rentré dans une salle d'étude, pas très loin de là où on était tout à l'heure.
– Qu-qu'est ce que tu dis ?
– Pas l'temps de t'expliquer ! Tu viens ou pas ?
Un peu hébétée, j'acquiesçai. Castiel avait vraiment cherché Kiki pendant tout ce temps, alors nous nous étions disputés justement parce qu'il ne voulait pas m'aider ?
Sans perdre une seconde, lui et moi partîmes en courant pour rejoindre Kiki avant qu'il ne se fasse à nouveau la malle. Devant la salle, Castiel me fit signe de m'arrêter et passa la tête dans l'entrebâillement pour voir si notre proie était toujours là.
– OK. Je l'vois. Il est dans le fond. On rentre dedans, je me poste à la porte pour lui couper la route, et toi, tu l'chope.
– Ça marche, soufflai-je.
Le plus silencieusement possible, nous entrâmes dans la salle. Castiel avait pris la peine de fermer la porte du fond pour couper la sortie à Kiki, sa seule issue était l'entrée, où l'attendait mon camarade. Cette fois-ci, il n'avait pas la moindre chance de s'en tirer ! Mais le fourbe n'était pas bête ! Lorsqu'il comprit qu'il ne pouvait plus nous échapper, il alla se cacher directement sous le bureau du prof, le rendant lui et sa laisse hors d'atteinte…
– Kiki, viens mon chien… Allez sort de là, petit…Je te promets de pas t'étrangler… Petit, petit…
Malgré mes appels, le Corgi ne bougea pas d'un iota. Déjà d'un naturel pas très patient, je décidais qu'il était temps d'opter pour une autre méthode, plus radicale.
– Bon tu veux la jouer comme ça, très bien !
Devant un Castiel médusé, je me glissai par terre et m'allongeai de tout mon long sur le carrelage glacé, de manière à pouvoir passer mon bras sous le bureau. Je dus tirer plus que de raison sur mes articulations pour effleurer la laisse, déclenchant un lancement douloureux dans le haut de mon épaule, mais en forçant encore un peu, je réussis à me saisir de la corde.
– Je le tiens ! Mais qu'il est lourd ! constatai-je en essayant de le ramener vers moi. Elle lui donne quoi à manger ?!
Je tirai, mais Kiki exerçait un mouvement inverse, ça plus ma posture pas très avantageuse, je n'arrivai pas à le ramener vers moi.
– T'es vraiment pas douée…, soupira Castiel en s'allongeant à mon côté. Pousses-toi d'là…
Ses bras étant plus longs que les miens, il eut moins de mal que moi à atteindre la laisse. Ses doigts effleurèrent les miens quand il referma sa prise. Voyant qu'il avait la situation en main, je repliai mon bras, un peu douloureux, et m'assis.
Castiel tira de toute sa force, et contrairement à moi, lui entraîna le chien de la directrice hors de sa cachette, en dépit de ses jappements ou tentatives désespérées pour attirer Spicy dans l'autre sens. Kiki glissa tout simplement jusqu'à nous, au fur et à mesure que mon camarade se relevait. Le Corgi, comprenant sûrement qu'il ne pouvait pas lutter contre Castiel, décida alors de courir vers nous et sortie comme un diable de sa boîte pour se jeter dans mes bras. Il se mit alors à gémir et à me lécher le visage tout en essayant d'enfouir son museau dans mon cou. Littéralement assaillis par le petit chien, je ne pus rien faire d'autre que de le caresser pour le calmer un peu.
– On peut dire que t'as la cote avec les chiens toi, constata mon camarade en nous regardant d'un drôle d'air Kiki et moi.
– Moi je crois plutôt qu'il essaye de me prendre par les sentiments… J'adore les animaux, en particulier les chiens…
– Et ça marche ? demanda Castiel en se relevant.
Kiki s'était un peu calmé à présent. Il ne cherchait plus à se cacher dans mon cou, mais me regardait de ses petits yeux bruns adorable. En plongeant dedans, toute la colère que j'avais éprouvée à devoir donner la chasse à ce petit monstre s'envola, pour laisser place à l'envie irrésistible de le cajoler…
– Oui…, admis-je un peu honteuse de me faire avoir aussi facilement.
– Pff…, allez le chien ! Bouges de là !
D'un coup de laisse, Spicy se fit obéir et Kiki recula pour que je puisse me relever. Quand je fus sur mes deux pieds, Castiel me regarda d'un air lasse avant de lever les yeux au ciel en se dirigeant vers la sortie de la salle. Je ne fis aucun commentaire et le suivit. Nous marchâmes côté à côte dans un silence gêné. On avait récupéré le chien, ça c'était une bonne chose de faite, mais je ne comprenais toujours pas pourquoi il m'avait aidé…
– Dis, Castiel, pourquoi t'es revenu m'aider ? demandai-je alors que nous regagnons le hall.
J'avais les yeux rivés sur le carrelage, ayant trop peur de voir la colère apparaître sur ses traits. Tout à l'heure j'étais trop énervée pour m'en rendre compte, mais en me rejouant la scène, je pris conscience que Castiel pouvait être véritablement effrayant lorsqu'il était de mauvaise humeur…
Il poussa un soupir, et répondit :
– Parce que j'ai pas été cool avec toi, alors que toi si… Je sais que Nathaniel t'a fait son speech à mon sujet… Il le fait à chaque fois que quelqu'un de nouveau débarque ici et pourtant, t'as pas cherché à m'éviter… Tu m'as même empêché de me péter la main hier… J't'en devais une.
Je rougis un peu. Il n'y avait pas vraiment de quoi, mais, comme Violette, il m'arrivait de m'empourprer facilement.
– Tu ne me devais rien… C'est même sympa de ta part d'être revenu surtout que je n'ai pas été très agréable. Désolée de t'avoir crié dessus tout à l'heure. La patience n'est pas mon point fort…
– J'avais cru comprendre, remarqua-t-il d'un ton narquois. Tiens, prend le et ramène le à Shermansky. On n'est plus très loin de son bureau.
– Merci, dis-je en prenant la laisse qu'il me tendait.
Lui tourna à gauche pour sortir de l'établissement, alors que je continuai tout droit pour rejoindre l'administration, quand il me rappela.
– Hé ! Fillette ! Tu sais, si tu veux qu'on passe plus de temps ensemble, t'es pas obligé de t'attirer des ennuis ou de me rentrer dedans !
– Fais attention, tu risques de regretter ces paroles Spicy, répliquai-je en souriant d'un air taquin.
– Ah ! J'aimerai bien voit ça ! lâcha Castiel en poursuivant son chemin, sans se retourner.
Je secouai la tête en souriant.
– Allez Kiki, on y va. Je dois te ramener à ta patronne avant qu'elle ne décide d'accrocher ma tête à un piqué en guise de représailles…
Le petit chien inclina la tête de côté, comme s'il voulait me faire comprendre qu'il ne saisissait pas un mot de ce que je venais de dire. Je lui souris en guise de réponse et tirai un peu sur sa laisse pour qu'il me suive.
Madame Shermansky nous attendait devant son bureau. Visiblement, sa colère avait laissé place à une profonde inquiétude. Elle serait contre elle un jouet en plastic en jetant des coups d'œil dans tous les sens, sûrement dans l'espoir de voir apparaître son petit chien adoré. En la voyant aussi préoccupée, je ne pus lui en vouloir plus longtemps de s'être emportée contre moi. Elle tenait vraiment à cette boule de poils aux yeux brillants et à la petite bouille craquante. En me mettant à sa place, je compris un peu mieux son emportement…
Lorsque Kiki repéra sa maîtresse, il tira sur sa laisse pour que j'avance plus vite et commença à aboyer joyeusement.
– KIKI ! Oh mon chéri, j'étais si inquiète ! s'exclama la directrice en s'avançant vers nous. Merci mademoiselle ! L'idée que je puisse perdre mon pauvre trésor me stresse énormément. Ce petit coquin et moi avons rendez-vous chez le vétérinaire, et il n'aime vraiment pas ça. Grâce à vous, nous arriverons peut-être à l'heure… Vous pouvez rentrer chez vous à présent, mon enfant.
– Bonne soirée madame, me contentai-je de répondre avant de prendre la poudre d'escampette, des fois que son chien lui fausse de nouveau compagnie.
Les portes du lycée franchis, je poussais un immense soupire. Enfin le week-end ! Trop heureuse, je ne pus résister à l'envie de tournoyer sur moi-même pour admirer le magnifique ciel bleu que nous avions, espérant qu'il resterait comme ça pour les jours à venir. La démarche un peu chancelante, je descendis tranquillement les marches pour atteindre le portail avec l'intention de m'arrêter un petit moment au parc. L'endroit que m'avait montré Ken était vraiment un lieu idéal pour lire tranquillement, ou juste se poser et prendre de belles photos… Certes, mon portable n'avait pas une résolution géniale, mais c'était toujours mieux que rien.
En bas de l'escalier, je fis une pause, histoire de vérifier si la batterie de mon téléphone tiendrait la route, ou si je devrais vraiment repasser par l'appart' pour y prendre l'appareil photo que mes parents m'avaient offert avant que je ne parte. L'écran affichait 70 %, largement assez ! Lorsque je relevai le nez, une surprise m'attendait. Castiel et Démon se tenaient à côté des grilles, visiblement en train de patienter.
– Castiel ? Mais… Qu'est-ce que tu fais là ? demandai-je un peu surprise. Je pensais que tu serais déjà chez toi à cette heure-là…
– Je eus le temps de faire l'aller-retour, éluda-t-il avant d'enchaîner. Démon et moi allions faire notre promenade journalière, et j'me suis dit que comme t'aimes bien les chiens, ça te dirait de venir avec nous. En plus Démon a l'air de t'apprécier, sinon il t'aurait pas sauté dessus comme ça l'autre jour. Ça t'tente ?
J'hésitai un peu. Bien que Castiel n'ait pas l'air aussi mauvais que Nathaniel me l'avait présenté, il n'en demeurait pas moins que ses colères pouvaient être vraiment intimidantes. Même si jusque-là j'avais réussi à lui tenir tête, je n'étais pas sûre d'être capable de le faire à nouveau si nous venions à nous énerver tous les deux. De plus, si comme l'avait dit le délégué, Castiel s'attirait vraiment des ennuis en dehors des cours, je n'avais pas vraiment envie d'y être mêlée… Si mes parents venaient à apprendre que je commençais déjà à faire des vagues à mon arrivée, ce n'était pas chez Carla la laxiste, mais chez mon grand-père maternel, ex militaire, que j'allais atterrir. Entre lui et ma tante excentrique, le choix me paraissait évident ! Pourtant, je décidai d'écouter mon instinct. Bien que coléreux, Spicy n'avait pas l'air d'être méchant, et j'avais vraiment envie de le connaître mieux que ça pour me faire une opinion sur lui raison pour laquelle je répondis :
– Avec plaisir ! Mais comme tu le vois, je suis un peu chargée… Ça te dérange si on passe d'abord chez moi pour que je puisse laisser mes affaires ? J'habite de l'autre côté du parc à tout casser on en a pour un quart d'heure.
– Nous te suivons, fillette, répondit Castiel en faisant un geste de la main pour m'indiquer de passer devant.
Je remis mon sac de sport en équilibre sur mon épaule, et me mis à avancer d'un bon pas. Au lieu de passer par le parc, qui nous ferrait faire un petit détour, je choisis de faire au plus court et de passer par un raccourci dont m'avait parlé tante Carla lors du d'un dîner. Durant les dix minutes qui nous séparaient de la maison et du lycée, Castiel et moi gardâmes le silence. Il ne rouvrit la bouche que lorsque nous arrivâmes au loft de ma tante.
– Hé ben dis donc, ça a l'air de bien marcher pour tes parents…, constata-t-il après un long sifflement.
– Ahahaha ! Mes parents ne sont pas à plaindre, mais là, c'est chez ma tante. Bouges pas, j'en ai pour trente secondes, l'informai-je en ouvrant la porte principale.
En un rien de temps je fus dans ma chambre. J'y lassai mon sac de cours en prenant soin de ne pas oublier mon portable, et de mettre mon lecteur mp3 sur mon lit. Ensuite je descendis en courant à la buanderie pour y déposer mes affaires de sport, passai à la cuisine pour écrire un mot à l'intention de ma tante, au cas où elle rentrerait plutôt et voudrait me faire la surprise d'un repas préparé par ses soins, et sortie rejoindre Castiel et Démon. Je ne serai vous dire qui du maître où du chien était le plus mal à l'aise. Castiel regardait ses pieds, jouant avec les cailloux blancs qui composaient l'allée, alors que son chien lui regardait dans tous les sens en reniflant un peu partout.
– Me revoilà !
Deux tours de clés, et hop ! Nous voilà partie pour une promenade dans le parc.
– Alors fillette, tu vis chez ta tante ? me demanda mon camarade alors que nous venions de faire déjà quelques mètres en silence.
– Oui, répondis-je rapidement.
– T'étais pas bien chez tes parents ?
– Non ! Non ! C'est pas du tout ça, me précipitai-je de rectifier. En fait, ils sont tout le temps en déplacement, du coup comme cette année on passe nos examens pour la fac, ils se sont dit qu'avoir quelqu'un qui rentre tous les soirs, au lieu d'être là une fois par semaines, ne pourrait pas me faire de mal. Du coup, ils m'ont expédié chez ma tante.
La mine de Castiel s'assombrit, mais ce n'était pas de la colère cette fois. Cette expression, je ne l'avais pas encore vu chez lui mais elle fut si fugace que je n'eus pas le temps de l'identifier. On aurait dit de la… peine ? Non. Pas de la peine… De la compassion peut-être ? Après tout, pourquoi pas ? C'était possible, mais de ne pas être sûre me taraudait l'esprit.
– J'comprends… Mes parents aussi bougent pas mal.
– Ah ? Tu vis chez un parent proche du coup ?
– Nope. Je suis émancipé… C'est plus simple lorsqu'il faut remplir de la paperasse pour l'autre débile de délégué, ça a certains inconvénients aussi, mais globalement, c'est plutôt cool…
Cette fois ci, c'est moi qui m'assombris. Bien que sa condition n'avait pas l'air de trop le déranger, je ne pouvais m'empêcher de l'imaginer, rentrant seul le soir après les cours… Je ne connaissais que trop bien ce sentiment d'intense solitude qui pouvais nous prendre au cœur en ouvrant la porte, pour y découvrir une maison encore dans le noir, sans aucun éclat de voix pour vous accueillir, ni même la chaleur d'un sourire pour vous rassurer, vous montrer que ce n'est pas parce que la journée a été mauvaise, que la suivante le sera…
– …et avec Démon, j'ai pas vraiment le temps de m'ennuyer. Pas vrai mon grand ?
En réponse à son maître, le Beauceron donna un puissant aboiement qui fit sursauter un couple en train de se promener bras dessus, bras dessous. Ils regardèrent le chien d'un air méfiant, mais voyant qu'il n'avait rien de méchant, poursuivirent leur chemin sans plus faire attention à nous. Je choisis cette intervention de Démon pour ramener la conversation vers lui. Comme ça, elle serait plus légère !
– Ton chien fait un peu peur quand même, remarquai-je en regardant le chien d'un air un peu méfiant.
– Ahahaha. C'est le but, mais t'inquiète pas, il est vraiment pas méchant.
– * Un peu comme son maître, songeai-je en souriant. Il aboie fort, mais, au fond, il ne m'a pas l'air méchant…*
Arrivés sur une grande étendue d'herbe, où d'autres maîtres et leurs compagnons à quatre pattes s'amusaient, Castiel détacha son chien et sorti une balle de tennis de sa poche. En la voyant, Démon devient immédiatement tout fou ! Il avait compris que c'était l'heure de jouer pour lui. Spicy ordonna d'une voix ferme à son chien de s'asseoir. L'animal obéi, bien que l'on puisse très clairement voir qu'il était impatient de courir après sa balle. D'un puissant mouvement de bras, Castiel envoya la balle très loin de nous. Démon démarra au quart de tour et partie la chercher à toute vitesse.
– Hé ben… T'as un sacré lancé, commentai-je en regardant le Beauceron qui venait juste d'atteindre son jouet.
– Merci. Ça te dit d'essayer ?
– Mmmm… Okay, mais je te préviens, je suis vraiment pas une bonne lanceuse…
Démon revient fièrement vers nous, la balle entre les dents. Sur ordre de Castiel, il relâcha le jouet à mes pieds. Je crois que le message était clair…
Je ramassai la balle, et tentai de reproduire le geste de Spicy avec autant de force que je pus, mais ça ne fut bien évidement pas suffisant pour l'égaler. Loin de là… Toute fois, je fus assez satisfaite de moi ! Ma tentative n'était pas non plus désastreuse ça n'empêcha pas Castiel de se moquer ouvertement de moi…
– Je t'avais prévenu, lui rappelai-je avant qu'il n'ouvre les hostilités. J'ai pas autant d'expérience que toi.
– Tu lances vraiment comme une fillette ! s'esclaffa-t-il en renvoyant une nouvelle fois la balle à son chien. Enfin…Tu lances peut-être comme une fillette, mais si j'ai bien compris ce que tu m'as dit hier, tu cognes pas si mal que ça, si ?
– Toi, tu fais allusion à ma main cassée, j'me trompe ? répliquai-je en lui rendant son sourire malicieux.
– Peut être… Alors ? Tu m'racontes ?
– Si tu y tiens… La première fois, c'était dans un mouvement de foule. J'étais tombée part terre, on m'a écrasé la main, et comme je n'avais pas plus de cinq ou six ans, ça a suffi. Le deuxième coup, s'était au ski. C'est d'ailleurs là que mon père a jugé bon de m'apprendre à reconnaître les signes de fractures… Et enfin la dernière fois que ça m'est arrivée, et je n'en suis pas très fière, c'est quand j'ai collé un crochet du droit à un type qui l'avait bien cherché. À ce sujet, je n'en dirai pas plus ! Pas la peine d'insister, précisai-je alors que je le voyais venir avec ses questions.
Castiel n'insista donc pas, bien que je pus lire dans ses yeux une multitude d'interrogations et d'émotions qui passèrent de l'étonnement à l'amusement. Heureusement d'ailleurs, parce que je me voyais mal lui expliquer qu'à l'âge de dix ans j'avais commencé à suivre des cours de boxe française, et que cinq ans plus tard, j'avais mis mon premier copain KO parce que ce traître m'avait vendu aux journalistes en leur révélant ce que je lui avais confié… Et je me voyais encore moins lui dire que la semaine suivante, je m'étais inscrite au Body Combat, en plus du jogging que je me mis à faire tous les week-ends…
Désireuse de le taquiner un peu, lorsque Démon lui ramena à nouveau la balle, je ne lui laissai pas le temps de la ramasser, pour m'en emparer. Je courus alors le plus vite possible pour distancer le chien qui me rattrapa en un rien de temps. Nous jouâmes ainsi sous les yeux de Castiel qui ne savait apparemment pas s'il devait nous rejoindre, ou nous laisser seuls. Il choisit de rester en retrait et alla s'assoir sur un banc. Très vite Démon se désintéressa de sa balle et préféra se rouler sur le dos en quête de caresses que je ne pus lui refuser. C'est vrai qu'il n'était pas méchant, mais plutôt très attachant…
Je ne m'arrêtai de jouer avec lui que lorsqu'un autre chien vient nous voir, visiblement désireux de s'amuser avec un compagnon. À mon tour, je choisis de me mettre en retrait pour laisser les deux animaux batifoler entre eux, et rejoins Castiel en essayant de reprendre mon souffle, devenu un peu court à cause de mes galipettes dans l'herbes.
– On dirait qu'il t'a adopté… D'habitude il est plus méfiant que ça avec les étrangers…, constata Castiel.
– Que veux-tu ? Ça doit être mon charme naturel.
– Je vais être sympa, et pas faire de commentaire, se contenta-t-il de railler. Pourquoi t'as jamais pris de chien si tu les aimes tant que ça ?
Sa question me pinça un peu le cœur. Si ça n'avait dépendu que de moi, des chiens nous en aurions eu plusieurs à la maison… Seulement, il fallait savoir se montrer raisonnable, et vu la vie que mes parents et moi menions, avoir un animal de compagnie était impossible…
– Parce qu'avec mes parents, nous déménageons souvent pour leur travail, alors avoir un animal devient vite compliqué… Et ma tante est allergique aux poils de chats et de chiens… Le calcul est vite fait…
– C'est sûr que c'est pas cool… Bon, Gamine, c'est pas tout, mais ça va être l'heure se rentrer. Démon !
Castiel se leva et siffla son chien pour qu'il puisse l'entendre. Lorsque le chien comprit que son maître l'appelait, il accourut aussitôt et s'assit bien sagement, le temps que Spicy lui remette sa laisse. En plus qu'être gentil, ce chien était également très bien dressé…
– Dis, Castiel ? Tu veux bien que je tienne la laisse, s'il te plaît ?
– Toi ?! Même pas en rêve en Gamine ! T'as même pas été capable de tirer le roquet de Shermansky ! J'suis sûr qu'au moindre coup de collier, il te traîne derrière lui.
Je n'insistai pas. Spicy s'était montré assez clair et je n'avais pas envie de gâcher une sortie qui se passait si bien, à cause d'une demande dérisoire. En plus, c'est lui qui avait raison. Démon est un Beauceron. Un Beauceron adulte qui plus est ! Entre lui, et moi, il ne devait pas avoir une différence de plus de cinq à dix kilos à tout casser… Je me contentai donc de marcher à côté de Démon, admirant sa robe noire et or, luisante malgré notre arrêt dans le parc. C'était vraiment un très beau chien… Peut-être que le jour où j'arrêterai enfin de déménager, maman et papa consentiront à…
Je n'eus pas le temps de finir le cours de ma pensée. Un groupe de trois joggeurs, visiblement en train de faire la course, venait de nous passer à côté à vive allure. Il faut croire que l'un d'eux tenait absolument à gagner, parce que, étant sur son chemin, il ne se donna même pas la peine de m'éviter et me poussa un peu trop rudement sur le côté pour pouvoir rattraper ses amis. Surprise, je perdis l'équilibre et tombai par terre en glissant sur quelques centimètres.
– AÏE ! * Crétin ! Abruti ! Va te faire… ! * jurai-je intérieure, lançant un regard meurtrier au crétin qui venait de me jeter dans le décor.
Castiel m'aida à me relever, lui aussi visiblement énervé par ce qui venait d'arriver. Il n'avait insulté personne, ni même dit quoique ce soit, mais à son regard, et aux tremblements de ses mains, je pouvais facilement en déduire son état d'esprit… Je crois qu'il était autant contrarié par ce qui venait d'arriver, que par le fait de n'avoir rien fait pour retenir le joggeur. Spicy était de ceux qui agissent, et non pas l'inverse. D'être resté m'aider plutôt que de courir après mon agresseur devait franchement l'agacer… En tout cas, Démon, lui, ne se retient pas et aboya à l'attention du groupe, sans pour autant tirer sur sa laisse.
Je n'avais pas finis de me redresser qu'une douleur vive me fit plier le genou droit, en sang… Clopin-clopant, j'atteignis un banc et m'assis pour faire l'état des dégâts. Je m'étais vraiment pas loupée ! Mes paumes avaient un peu morflées, mais rien de trop méchant comparé à mon genou et mes avants bras… Eux étaient couverts de poussière et de coupures dans lesquelles je pouvais deviner la présence de petits cailloux quant à mon genou, tout ce que je pouvais dire pour le moment c'est qu'il saignait beaucoup et qu'il me lançait horriblement… Pourquoi avait-il fallu que ça arrive le jour où j'avais sport ?! Tous les autres jours de la semaine je porte un jean, et il fallait que l'on me pousse à terre l'unique jour de la semaine où mes jambes sont exposées ! Bon d'accord, de temps en temps il m'arrive de mettre une jupe ou une robe, mais là n'est pas la question ! Raaaaah ! Ce type n'a plus jamais intérêt à croiser ma route parce que sinon, je n'hésiterai pas une seule seconde à lui rendre la politesse !
– Bon…ben… heureusement que j'habite pas à l'autre bout de la ville, tentai-je de relativiser, bien qu'au fond je fulminais.
– Ça va ? Si tu veux, je peux lâcher Démon. J'suis sûr qu'il se fera un plaisir d'aller chercher ce crétin, proposa Castiel sur un ton tout ce qu'il y a de plus sérieux.
– Oui, oui. T'inquiète, je suis pas en sucre et ne te donne pas cette peine. Démon ne mérite pas d'avoir des ennuis pour des abrutis pareils ! En tout cas merci de la balade c'était vraiment sympa.
– T'es sûre que tu veux pas qu'on te raccompagne ?
– Parfaitement. Ah moins que… Tu serais pas en train de te faire du souci pour moi, toi ? le taquinai-je en sachant parfaitement qu'il faisait justement tout pour ne pas avoir cette réputation de garçon serviable qui lui aurait trop fait ressemblé à Nathaniel.
– Pff ! N'importe quoi ! s'empourpra-t-il.
J'éclatai d'un rire franc, qui se transforma en grimace lorsque j'essayai de marcher en m'appuyant un peu trop sur ma blessure.
– Allez, à plus Spicy ! À plus Démon ! lâchai-je en m'éloignant, la démarche de moins en moins boiteuse.
– Fillette ! Attends !
Je m'arrêtai et me retournai. Castiel et son chien n'étaient pas encore assez loin pour que j'aie besoin de crier.
– Oui ?
– On se promène tous les Vendredi après les cours, alors si ça te tente, tu peux venir avec nous la semaine prochaine…
La surprise m'écarquilla un peu les yeux. Si je m'y attendais à celle-là ! L'homme qui s'énerve plus vite que son ombre qui m'invite à passer plus de temps avec lui, alors que l'on ne fait pratiquement que s'envoyer des pics ! Il n'empêche que j'avais vraiment passé un bon moment. Castiel venait de me montrer une autre facette de sa personnalité, et je dois dire que je la trouvais assez sympathique. Peut-être en avait-il d'autres ?
– Ça marche pour les Vendredi ! répondis-je dans un sourire. Bon week-end !
Je fus rentrée chez moi en dix minutes. Tata n'était toujours pas là : tant mieux ! J'allais pouvoir désinfecter et panser mes blessures en paix. Le temps des questions viendrait bien assez tôt, avec elle on pouvait en être sûr ! Ma douche me permis de nettoyer le sang qui avait noirci autour de mes blessures. Je mentirais en disant que je n'eus absolument pas mal en passant l'éponge sur mon genou. Bien au contraire, se fut la zone la plus délicate à rincer. À chaque passage, je ne pouvais m'empêcher de laisser échapper de petit cris, mais ce mal était nécessaire si je voulais, de une, éviter l'infection, et de deux, évaluer l'ampleur de la blessure. Il s'avéra qu'elle était moins grave que ce que je pensais. L'entaille n'était pas profonde, mais longue c'est sûrement pour ça que ma jambe c'était retrouvée couverte de sang… Un peu de Bétadine et un pansement devraient suffire, en voyant tout ce rouge, j'ai eu peur que des points de sutures soient nécessaires et en ce qui concerne mes mains et mes avant-bras, un simple antiseptique ferait parfaitement l'affaire !
Ma toilette terminée, mes blessures pansées, et tante Carla n'étant toujours pas de retour, je descendis à la buanderie pour lancer la machine et me mis au fourneau avec une folle envie de manger indien. Ce soir se serait donc poulet au curry avec du riz blanc ! Un plat que j'étais destiné à manger seule… La réunion de Tata s'éternisa. Elle ne rentra à la maison qu'à vingt-deux-heures, heure à laquelle mon film se terminait. Sa journée avait d'ailleurs dû l'épuiser : elle entra de manière très posée, vient déposer un baiser dans mes cheveux, pendant que je regardai la fin du film, et me remercie pour le dîner. Pour la première fois depuis mon arrivée, elle semblait si à plat qu'elle ne resta même pas avec moi pour parler de notre journée, comme nous l'avions fait tout le reste de la semaine. Ça m'inquiéta un peu, mais avant d'étreinte la lumière pour gagner le pays des songes, je finis par me dire qu'elle avait juste besoin de sommeil et que demain, elle serait de nouveau d'attaque. En plus, nous serions Samedi, et une Carla en forme plus un jour de repos, avait tout l'air d'une combinaison gagnante…enfin…selon les points de vu…
J'espère que ce chapitre vous a plu ! =) Le prochain sortira normalement dans deux semaines ;) N'hésitez pas à me donner votre sentiment, ça fait toujours plaisir (encore un grand, grand merci à ceux qui le font !) =)
Je voulais aussi vous remercier d'être de plus en plus nombreux à venir lire ce que j'écris ; ça me touche beaucoup ! Alors même si vous ne laisser pas de reviews, je suppose que si vous revenez pour chaque nouveau chapitre, c'est que ce que j'écris vous plaît un minimum et ça, c'est déjà énorme =)
Je vous promets de faire de mon mieux pour maintenir ce rythme de sortie et la qualité de mes chapitres, qui je l'espère vraiment, vous satisfait !
See you soon for a new chapter ! =)
Yuki Hunter
