Le soir arriva vite. Elle avait préparé son plan. Elle avait à présent pour but de remettre sur pied cet orphelinat. Ces enfants n'allaient pas souffrir plus longtemps. Elle allait tout d'abord améliorer leur vie. Leur donner de meilleurs vêtements. Plus de douche, de nourriture et de meilleures chambres. Il fallait également qu'elle mette en place des activités sportives et animés pour sortir ces enfants de la déprime. Mais surtout, arrêter ce gros pervers ! Elle allait lui rendre la vie dure à lui et ce foutu gardien. Elle pouvait voir dans son regard qu'il ne portait pas ces enfants dans son cœur. Elle ne les portait pas dans son cœur non plus et allait leur faire payer. On payait toujours pour ses péchés un jour ou l'autre. Elle voulait voir tous les enfants de cet orphelinat rire de bon cœur! Elle prit ses clés, son sac à main, son manteau et ses gants puis ferma à clé derrière elle. Elle ne s'en faisait pas ayant posé beaucoup de protection sur sa boutique. Elle partait le cœur léger. Elle ouvrit de nouveau ce portail et ne prit même pas la peine de frapper. Elle ne voulait pas voir de nouveau cet affreux personnage. Malheureusement pour elle, il était dans le hall, l'attendant sombrement. Elle lui adressa un regard froid et un sourire hypocrite. Ils ne s'aimaient pas. La guerre était à présent déclarée. Il se rapprocha brusquement d'elle et lui attrapa le col de sa chemise, rapprochant son visage du sien. Son haleine était insoutenable. Hermione eut du mal à ne pas se boucher le nez et sortir du parfum. Elle ne se priva quand même pas de le rappeler à l'ordre :
«_ Veuillez me lâcher. Je ne suis pas une enfant sans défense que vous pouvez effrayer si facilement.
_ Ne vous prenez pas pour une star. Vous êtes autant sans défense qu'eux.
Elle lui lança un regard hautain.
_ Premièrement, écartez votre visage. Vous ne pouvez pas imaginer combien l'odeur qui se dégage de votre bouche est insoutenable. Je commence à avoir des doutes sur votre rencontre avec monsieur le dentifrice et madame la brosse à dent. Une visite annuelle peut-être. Paix à leur âme lors de ce malheureux événement. Deuxièmement, continua-t-elle en posant une main ferme sur son poignet, je suis loin d'être aussi faible que vous le pensez, finit-elle d'une voix lente et inquiétante tout en brisant d'un coup sec son poignet.
Le gardien la lâcha et se mit à hurler à plein poumons. Plusieurs enfants furent alertés par ses cris ainsi que le directeur. Tom se tenait dans un coin, caché depuis un moment. Il avait admiré la scène avec fascination. Il vit l'un de ses bourreaux se diriger droit vers Alice en demandant des explications. Elle prit un visage inquiet et des larmes se mirent à couler. Elle allait avouer ce qu'elle venait de faire?
«_ Alice, que signifie tout cela? Pourquoi Fred se tient-il le poignet ainsi?
_ Monsieur c'est elle qui...!
_ Roger! Oh mon cher Roger! Je suis coupable! J'allais perdre l'équilibre. Ce brave Fred m'a rattrapé à temps mais est très mal tombé. Lorsqu'il a brutalement touché le sol, j'ai entendu un affreux crac et il s'est mit à hurler à pleins poumons. Je suis tellement désolé! Je commence tout juste aujourd'hui et je vous cause déjà des problèmes. Pardonnez-moi!
Tom avait les yeux écarquillés. Elle jouait tellement bien la comédie! Il vit le directeur la prendre dans ses bras, la réconfortant. Le gardien essayait tant bien que mal de se justifier mais Alice rajoutait sans cesse des excuses. Il n'avait aucune chance de rivaliser avec cela. Elle ressemblait à un ange. Rien ne pouvait l'égaler. Elle se sécha maladroitement ses larmes et demanda à Roger de la conduire dans sa salle de travail. Il se retourna une dernière fois vers Fred en voyant qu'il envoyait un mauvais regards sur Alice.
_ Le sujet est clos. Que je ne te prenne pas à lui en tenir rigueur surtout!
_ Mais...!
_ Le sujet est clos! Venez ma chère, je vais vous montrer la nursery. Vous vous mettrez au ménage demain. »
Alice le suivit après avoir fait un discret doigt d'honneur au gardien. Tout le monde le remarqua sauf le directeur qui était trop occupé à contempler sa beauté. Elle venait de faire bonne impression devant les enfants. C'était bon signe. Elle entra dans une petite pièce où étaient disposés plusieurs lits en piteux état où des bambins pleuraient à pleins poumons. Elle prit un air horrifié. Ils n'aéraient même pas la pièce ! Les bébés allaient s'intoxiquer. Elle remercia vaguement Roger et le mit dehors, lui priant de la laisser travailler. Elle sortit sa baguette et se mit à nettoyer les matelas, les couvertures, les rendant également plus chaudes et douces. Elle ouvrit en grand les fenêtres et nourrit les enfants. Elle fit apparaître des veilleuses qu'elle disposa un peu partout dans la pièce et chanta une berceuse. Ils ne méritaient pas un tel traitement. Trois heures étaient passés et elle venait d'endormir le dernier enfant. Elle devait mettre de nouveaux meubles! Le seul moyen de ne pas se faire remarquer était de le faire à la façon moldu. Elle ferait venir de nouveaux meubles qui se feront livrer. Elle devait à présent aller rendre visite aux plus grands. Elle visita les chambres une par une. Saluant chaleureusement les enfants tout en se présentant. Elle vérifia d'un rapide coup d'œil leur état. Beaucoup présentaient des signes de malnutrition et des hématomes importants. Elle ouvrit légèrement une porte et trouva enfin la chambre où dormait Tom et constata qu'il était bel et bien isolé. Celui-ci était plongé dans un de ses livres. Elle en avait parlé avec lui et avait décidé de leur faire prendre une autre forme aux yeux des moldus. Des livres de toutes sortes mais de sujets à leur portée. Un enfant se dirigea avec énergie vers Tom et lui arracha son livre des mains. Il semblait être bien plus âgé que les autres enfants de la chambre.
«_ Mais dis moi, tu te mets à lire le monstre? Je savais pas que tu savais lire.
Son cœur se serra lorsqu'elle entendit de quelle façon on l'appelait. « Le monstre »...Elle repensa automatiquement aux récits de Harry. On l'avait également appelé ainsi toute son enfance. Dumbledore n'avait pas tellement tort...Tom se leva lentement, une colère sourde le traversa.
_ Tu es sûr que c'est à moi qu'il faut poser la question? Je dirais plutôt que tu devrais te la poser à toi-même.
Le garçon se crispa.
_ Ferme la! Tu sais que c'est ton tour encore ce soir d'aller dans le bureau du dirlo. Alors qu'est ce que tu vas faire ce soir? Une petite pipe? Ou tu vas écarter les cuisses comme la pute que tu es?
_ Alors nous sommes tous des putes Gary, toi y compris. Je me rappelle bien tes cris l'autre soir. Il a été violent hein? Et pourtant j'entendais également des gémissements. Tu aimes qu'il te prenne comme une chienne en chaleur.
Le fameux Gary se mit à blêmir.
_ Tu l'aimes sa bite en toi n'est-ce-pas? Tu la suces bien j'espère. Et puis, j'ai remarqué qu'il te demandait de moins en moins. Aurais-tu prit un peu trop de poids pour que tu n'aies plus un corps assez appétissant à ses yeux?
Gary ne put en entendre plus et fut sur le point de frapper brutalement Tom. Elle referma délicatement la porte et tapa. Elle ouvrit, faisant comme si elle venait tout juste d'arriver. Elle leur adressa un grand sourire et vit le regard soulagé que Tom lui envoya.
_ Bonjour les garçons. Vous devez être les six neuf ans ici. Je me présente. Alice pour vous servir.
Un garçon devant avoir le même âge que Tom leva la main timidement. Elle lui accorda la parole, complètement touché par son air mignon.
_ Vous travaillez ici madame?
_ Oui. A partir d'aujourd'hui je travaille ici pour vous rendre la vie plus belle. Justement à cette occasion, je demande à tous les enfants de se réunir dans la cantine. Descendez maintenant, j'arriverais dans dix minutes le temps que je rencontre tout le monde. Merci, à tout de suite.
Elle sortit après avoir discrètement lancé un sort sur Tom. Il était intouchable. Si quelqu'un tentait de lui faire du mal, il lui arriverait toujours malheur. Un lacet défait. Un trébuchement subite, un objet tombant de nul part sur la tête et bien d'autre. Un sort de sa conception qu'elle avait prit plaisir à tester sur Draco lors de sa septième année lorsqu'ils étaient tous les deux Préfets. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas pensé à lui. Elle se l'était interdit. C'était trop souffrir de repenser à un autre ami perdu pendant la guerre. C'était son propre père qui l'avait tué en apprenant qu'il était passé du côté de Harry et qu'il était devenu un espion. Fait que Rita Skeeter avait divulgué dans un de ses articles. Cette sale harpie ! Elle fourrait son nez de partout. Elle avait envi de l'écraser comme le cafard qu'elle était. C'était de sa faute si Draco était mort...Il n'avait pas réussi à tuer son père. Peu importe les parents, ils n'en restaient pas moins ceux qui nous avaient donné la vie. Malheureusement, Lucius n'eut pas autant de compassion que son fils et le tua dans sa faiblesse. Ce fut une lourde perte pour tout le monde. L'homme qui avait enfin pris sa vie en main sans la poigne de fer de son père. Elle l'avait énormément pleuré. Difficile à croire en repensant à leurs affreuses années à Poudlard. Mais le jeune homme avait su se faire pardonner et montrer une tout autre personnalité, joyeuse et drôle. Même Ron et Harry réussirent à l'accepter avec quelques réticences. Il avait été son confident, son soutient et elle n'avait pas pu le sauver face à ses peurs. Depuis lors, elle fut impitoyable envers elle même et se mit à progresser au combat en inventant également de nombreux sorts qu'elle seule connaissait l'existence. Elle maîtrisait également à merveille les poisons de tous genres. Cours particuliers du professeur Rogue, un homme également qui se cachait derrière un masque en fer mais qui n'en restait pas moins un homme charmant et prévenant lorsqu'il celui-ci tombait. Elle se mit à la conquête des autres chambres et constata que tous les enfants étaient dans un état inadmissible. Elle descendit finalement à la cantine et fit face à une cinquantaine d'yeux brillants de curiosité. Elle prit son souffle et se lança :
«_ Bonjour tout le monde! Comme je vous l'ai déjà dit, je m'appelle Alice et je vais à partir d'aujourd'hui m'occuper de vous. Il sera maintenant établi des activités tels que le sport, des films, des jeux, des sorties et pour ceux que ça intéresse des livres à votre disposition. Je vous prêterai tout les livres de ma librairie se trouvant juste à côté de l'orphelinat. Bien, j'aimerais donc que vous me donniez des propositions. Je vous laisse une boîte, du papier et des crayons. Dés qu'une idée vous passe par la tête, n'hésitez pas à venir l'écrire et le déposer dans la boîte. Toutes les activités proposées seront essayées et adaptées si elles vous plaisent. Pour ce soir j'ai apporté quelques films, lequel préférez-vous?
Elle écrit les quatre titres sur un tableau noir et les cris s'élevèrent. Ils se prenaient tous au jeu autant les jeunes que les grands. Elle faisait quand même face à des garçons de tout âge. Allant de bébé à 17 ans. Les élèves dés 18 ans étaient exclus, et devaient se débrouiller. Elle s'assurait à partir de maintenant qu'ils ne soient pas renvoyés sans un sou. Il fut finalement conclu qu'ils regardent un film de Chaplin. Ils rirent de bon cœur, assit par terre, les uns sur les autres à regarder l'image renvoyée par le rétroprojecteur. Elle avait discrètement lancé un sort pour les réchauffer. En cette période de l'année, l'Angleterre était impitoyable et les moyens pour se chauffer minables. Ils passèrent tous un bon moment et retournèrent tous se coucher avec le sourire. Elle fut contente de ce premier pas. Plusieurs garçons vinrent la remercier, petits comme grands. Elle alla dans toutes les chambres leur souhaiter bonne nuit tendrement. Une même pensée traversa l'esprit de tous les garçons « elle était un ange envoyé pour les sauver. » Elle rentra chez elle, remplie de fierté. Elle les sauverait, foi de Hermione Granger ou plutôt Alice Standel dans ce cas là.
