Auteure : Tch0upi.

Titre : Jusqu'au bout de l'azur

Disclamer : Tous les petits personnages présents dans cette fanfiction appartiennent à Masashi Kishimoto.

Rating : T (Pour le "lemon")

Couples : Naru/Sasu. Saso/Dei.


Un baiser pour guérir

Une fois seul, Sasuke tenta de contrôler sa respiration. Il se dirigea vers l'intérieur où il émergea sur la salle à manger. Il la traversa en cherchant le blond des yeux, mais les jeunes hommes ne passaient pas leur après-midi ici. Il eut l'idée d'aller voir au salon fumoir, mais il n'y trouva que son frère et Kakashi, qui parlaient. Il les contourna, longeant le mur pour ne pas se faire voir et continua dans le navire, jusqu'à ce qu'il arrive au Café Parisien, à tribord. Il y entra, le cœur pompant plus vite, certain qu'il y trouverait ce qu'il cherchait.

Le Café Parisien était une petite salle privée, décorée joliment dans un style typiquement français, qui serra le cœur de Sasuke. Éclairé par les fenêtres donnant sur le pont B, il y avait de nombreuses tables munies de magnifiques chaises façon terrasse, les murs décorés en tapisseries de couleur vert, marron foncé, également équipées de plantes grimpantes pour donner l'impression des réels cafés parisiens. Le plancher était de la tuile, à carreaux blanc et orange. De l'autre côté des fenêtres, se trouvaient de grands miroirs qui reflétaient la lumière et qui agrandissaient le lieu. Tout était si clair et si jovial que Sasuke ne put s'empêcher d'admirer le tout avant de chercher celui qui était tout aussi illuminé que l'endroit.

Exactement comme il l'avait cru, Naruto était là. Assis avec Inuzuka au milieu de la pièce, il parlait et fumait tout en jouant aux dames. Sasuke resta à l'entrée à le regarder, avec admiration.

Naruto riait et souriait. Qu'est-ce qu'il était magnifique... C'était comme s'il le voyait pour la première fois.

Quand les yeux bleus tombèrent sur lui, il sursauta et se figea complètement. Le blond le regarda en haussant les sourcils, si longuement que Monsieur Inuzuka finit par se retourner et le saluer. Naruto sembla lui dire quelque chose tout en se levant et vint finalement vers lui.

Du calme, du calme, se répéta mentalement Sasuke.

- Bonjour, dit Naruto poliment, prenant une bouffée de sa cigarette.

- S-Salut, marmonna Sasuke. Euh, je veux dire, bonjour !

- Tu es venu me redonner mon manteau ? demanda Naruto en baissant les yeux sur ce que tenait entre ses bras le jeune brun.

- Oui. Tiens.

Naruto reprit son manteau en le remerciant chaleureusement. Il demeura ensuite debout devant lui, comme s'il avait deviné que Sasuke n'était pas uniquement venu pour ce foutu manteau. Le plus jeune se mordit l'intérieur des joues, se forçant à ne pas se perdre dans la contemplation de son visage magnifique, avant de cracher le morceau :

- Tu... euh... Tu veux bien venir avec moi ?

- Où ça ?

- Juste... se balader. C'est une belle journée, allons en profiter...

Sasuke pria intérieurement pour que le blond gobe cette minable excuse et comprenne qu'en réalité, il voulait juste parler en privée et qu'une balade à ses côtés lui donnerait la force et le temps nécessaire pour se préparer à dire tout ce qu'il avait à dire.

Naruto le considéra longuement, le fixant intensément et Sasuke soutint son regard du mieux qu'il put, essayant de se faire fort pour une fois dans sa vie. Finalement, il accepta et se détourna pour aller avertir Kiba qu'il s'absenterait un petit moment. Sasuke attendit patiemment, un peu soulagé tandis que Naruto remettait son manteau à son ami, se débarrassant les mains.

Puis il revint vers lui, et lui indiqua de passer devant.

Ils traversèrent le Café, longèrent le hall, revinrent vers le grand escalier qu'ils montèrent et sortirent à l'extérieur. Sasuke l'attira sur le pont à tribord, où il avait laissé ses amis et entreprit sa longue promenade. Il se tourna vers Naruto qui l'avait suivit sagement.

- Alors, euh... Est-ce que ça va ? dit-il enfin.

Naruto se plaça à ses côtés plutôt que derrière et mit ses mains dans ses poches. Il envoya un regard amusé à Sasuke avant de répondre.

- C'est moi qui devrais te poser cette question.

- Quoi ?

- Tu avais une tête à faire peur, hier soir. Est-ce que ton frère t'a fait la vie dure ?

- Il m'a fait un sermon. Mais rien qui ne soit pas tout à fait légitime. Je l'ai inquiété, c'était de ma faute.

- Je vois. Et oui, Sasuke, je vais bien.

Sasuke regarda Naruto après cette réponse et fronça les sourcils. Encore cette voix et ce visage détendu, ces yeux heureux et doux !

Il fit la moue et rebaissa la tête, fixant ses pieds avancer sur le pont étincelant du soleil encore aussi fort.

- Tu n'as pas trop eu la gueule de bois, au fait ? ricana Naruto, attirant un regard surpris vers lui.

- Euh... Non, ça va.

- C'était sur le compte de l'alcool, aussi, les larmes ? demanda Naruto.

Sasuke sursauta.

- Je te demande pardon ? s'exclama-t-il. C-Comment sais-tu que j'ai pleuré ?

Sasuke était pourtant certain d'avoir bien essuyé ses yeux avec une serviette humide. Et de toute façon, personne ne savait qu'il avait pleuré, il s'était caché sous ses couvertures pour le faire, puis s'était endormi là...

- Tu pleurais quand je t'ai ramené à ta chambre, affirma Naruto.

Et voilà, encore une fois toutes ses barrières s'effondraient. Il se mordilla les lèvres et se détourna, continuant à marcher en s'efforçant de regarder devant.

- J'étais vraiment, vraiment bourré, tenta-t-il d'expliquer.

- Mouais. Et pourquoi, d'ailleurs ? Tu t'es enfui aussitôt le dîner terminé. C'est moi qui t'ai mis mal à l'aise ?

- Non. C'est juste que... J'ai été surpris. Que tu sois là.

Sasuke s'arrêta et fit quelques pas vers la balustrade. Il s'y appuya avant de se retourner vers Naruto qui s'était aussi arrêté, un peu plus loin, le visage tourné vers l'océan. Les côtes d'Irlande étaient loin maintenant, on ne les voyait plus. Il n'y avait que l'azur infini, son azur chéri, sa couleur fétiche, la nuance pour laquelle son cœur battait. Il semblait apprécier le doux vent frais de l'Atlantique sur son visage. Il était plus beau que jamais...

Quand il se retourna vers lui, Sasuke crut sursauter de nouveau.

- Moi aussi j'ai été surpris de te voir ici. Tu disais toujours que tu souhaitais partir, mais j'ai aussi toujours cru que tu en serais incapable.

- Pourquoi est-ce qu'on a tous les deux cru la même chose ?

- Peut-être qu'on était fait pour partir en même temps. J'imagine que le destin nous a juste réunis, alors que l'on n'a jamais eu le courage de le faire quand on était ensemble, déblatéra Naruto de sa voix grave en s'approchant de Sasuke.

Le jeune brun s'efforça de ne pas perdre pied, mais les yeux bleus étaient si profondément ancrés en lui qu'il ne put se résoudre à se battre contre cette contemplation qui hypnotisa tout son corps. Tant de souvenirs, dans ce simple visage. Dans ces simples traits. Il oublia alors où il se trouvait, il oublia le passé, oublia le futur, oublia l'Amérique qui les attendait, oublia absolument tout ce qui l'empêchait de se jeter dans les bras forts de cet homme.

Il n'y avait que lui au monde.

- Tu as peut-être raison, finit par souffler Sasuke, baissant ses yeux noirs vers les lèvres du blond.

Blond qui s'était rapproché, venant poser ses mains de chaque côté de Sasuke sur le bord du navire. Leur rythme cardiaque accéléra, tandis que leur regard louchait tout deux sur leur bouche. Ne pas s'embrasser releva d'une telle difficulté qu'ils durent relever les yeux et continuer à se regarder. Ils étaient tranquilles, là, dans la petite allée du pont entre la promenade privée des premières classes et le passage menant à la proue, mais ils ne devaient quand même pas faire exprès pour attirer des regards indiscrets. Un tel scandale se propagerait comme la peste sur le navire...

N'était-ce pas, d'ailleurs, la raison pour laquelle ils s'étaient séparés, deux ans plus tôt ? N'était-ce pas de ça que Sasuke avait essayé de le protéger ?

- Qu'est-ce que tu fais ?... murmura celui-ci, paniqué par leur proximité, jetant des coups d'œil ici et là.

- Je ne te laisserai pas t'échapper de là, Sasuke, répondit simplement Naruto, pas tant que tu ne m'auras pas dit...

Il inspira et se pencha un peu plus, allant respirer tout contre la gorge de Sasuke qui retint quelques frissons.

- ... À quoi ça rime tout ça ? Pourquoi, ce soir-là, est-ce que tu m'as supplié de te faire l'amour ? Alors que tu avais l'intention de me laisser après ?

Un seul petit reniflement retentit et Naruto refit face à Sasuke, s'attendant à y voir des larmes mais le brun ne faisait que le regarder. Et il avait l'air si désemparé et si déboussolé que Naruto eut presque pitié. Mais il était surtout confus, il n'avait toujours aucune réponse.

- Pourquoi, Sasuke ?

- J'avais peur...avoua-t-il enfin.

- Peur de quoi ?

- Que tu aies des ennuis, qu'on risque d'être séparés autrement et que cette fois, on ne puisse jamais se revoir. Tu comprends pourquoi j'ai tant voulu qu'on s'échappe ? Qu'on parte vers le bout du monde, là où l'on ne risquerait plus d'être séparé ? Je sais que c'était stupide, que l'on en a souffert comme deux idiots chacun de son côté pendant deux ans, mais... je ne savais vraiment pas quoi faire d'autre. J'espère vraiment que tu pourras me pardonner un jour.

Naruto s'était un peu reculé, tout en gardant ses mains accrochées au bord du paquebot, entourant Sasuke, désormais décidé à ne pas le laisser s'échapper. Ses sourcils froncés, les yeux sérieux enfoncés dans ceux de Sasuke tandis qu'il écoutait sa douce voix tremblante expliquer les raisons de ses actes. Le brun sentait son cœur se compresser alors qu'il laissait sortir tout ce qu'il gardait caché au plus profond de lui. Tout lui semblait tellement irréaliste, tellement incroyable qu'il ne savait plus s'il était réellement là, en train d'expliquer à Naruto ce qu'il avait tenté en vain d'expliquer dans sa lettre. Comment en étaient-ils arrivés là ? Lui qui avait été si effrayé d'aller le retrouver lors de ses nombreuses escales à Paris avec son frère, lui qui avait été si paniqué à l'idée de le revoir. Ils étaient là, aujourd'hui, face à face, sur le plus grand navire du monde, à se laisser aller l'un à l'autre, à se dire les vraies choses, en direction du bout du monde, là où il avait toujours rêvé de s'enfuir.

Le destin les avait-il en effet réunis, puisqu'ils n'avaient jamais eu le courage de le faire ? Naruto avait-il raison ?

En aurait-il le courage maintenant ?

- Mais tu m'aimais... ? chuchota Naruto, des mots qui semblèrent balayer tout son discours d'excuses, comme s'il n'y avait que ça qui importait.

Sasuke se figea à l'entente de ces mots, mais rapidement il secoua la tête et sourit.

- Je t'aime encore. Mais tu sais, parfois, prendre de la distance permet de mieux revenir plus tard...

Entendant ses propres mots, Sasuke rougit et sourit bêtement en baissant la tête.

- Enfin ! C-Ce n'est pas ce qui va m'excuser... Je sais que je t'ai fait du mal... Mais...

Une main sur son menton lui fit doucement relever le visage.

- Tu m'aimes ? répéta Naruto.

- Oui, avoua Sasuke, d'une voix ferme.

La seule chose dont il eut conscience, par la suite, fut du visage de Naruto qui se pencha et ses yeux qui se fermèrent lorsqu'il sentit sur ses lèvres celles fines et chaudes du blond. Un baiser bref, chaste, qui ne dura que quelques secondes, mais qui raviva des passions et des incendies jamais complètement éteints au fond de son corps, au fond de son âme.

Sasuke se figea de tous ses membres, et rouvrit deux yeux éperdus sur un Naruto qui souriait vaguement.

- Qu'est-ce que tu fabriques ?

- Je t'embrasse, répondit nonchalamment Naruto. C'est ce que font les gens qui s'aiment.

Naruto pouffa lorsqu'il remarqua l'état dans lequel ces quelques mots plongèrent Sasuke. Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, l'appelant presque pour un nouveau baiser, il le fixait comme une statue figée.

- On aurait pu nous voir ! Idiot ! s'exclama-t-il une fois son souffle revenu, une fois son cœur repartit.

- T'inquiète, il n'y avait personne.

- C'est ça... grommela Sasuke.

Naruto eut un nouveau sourire, assez large, avant de tendre la main et gentiment ébouriffer les cheveux de son cadet.

- Tu m'as manqué espèce d'enfoiré.

Un seul fin sourire apparut sur les lèvres du brun, en guise de réponse.


- Ils se sont réconciliés ? demanda Sasori.

- Je sais pas, j'essaie de voir.

- Descends de là, Deidara, soupira le rouquin en roulant des yeux. Tu vas te casser la gueule.

Le blond était accroché à la balustrade du pont supérieur et tentait de voir la scène, aidé du roux qui lui prêtait de sa force pour grimper. Ils avaient tous les deux entendus Sasuke et l'autre homme s'approcher, marcher et ils les avaient entendus parler aussi, mais leurs voix étaient emportés par le vent qui soufflait dans l'autre sens et ils étaient trop loin encore pour qu'ils puissent capter une quelconque parole.

- Ah je les vois ! s'exclama-t-il alors.

Sasori tendit la tête, pour essayer de voir l'expression sur le visage de Deidara, qui lui traduirait sans doute ce qu'il se passait là haut.

- Woow il est plutôt beau !

Deidara reçut un coup de poing dans les côtes et grimaça.

- Aye Sasori !

- Crétin ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Ils discutent. Oh ! Ils s'embrassent !

En s'agitant d'excitation, le blondinet perdit équilibre et s'écroula. Sasori, surpris, ne put rien faire d'autre que s'effondrer à son tour, recevant son ami sur lui. Il lâcha un cri de douleur tandis que Deidara se redressait sur lui.

- Ça va ? Pardon !

- Ouais. J'imagine que ça s'est bien passé avec son... « ami », alors.

- Ouais. Heureusement aussi que le pont est désert à cette heure. Je suis content pour lui. Hé ! Tu crois qu'on devrait l'inviter à faire la fête ce soir ?

Sasori haussa les épaules, ne rétorquant qu'un :

- Si tu me laisses me lever !

Le blond eut un sourire adorable avant de lâcher un petit « oups ! » et de se lever. Il tendit la main à Sasori et l'aida à se lever.


Sasuke sursauta en entendant deux voix qu'ils connaissaient bien lâcher un cri de douleur. Il se tourna vers la source du bruit. Naruto, toujours devant lui, lui demanda :

- Un problème ?

- Je... Attends une minute.

Sasuke longea la rampe et s'approcha de là où il avait laissé ses amis tout à l'heure. En se penchant, il vit Deidara qui se relevait et Sasori étendu de tout son long au sol, que le blond aidait à redresser en s'excusant. Il pouffa.

- Hé oh, les gars ! Vous n'étiez pas en train de m'espionner, j'espère ?

Ils se tournèrent aussitôt vers lui, levant la tête.

- Oh Sasuke ! Bien sûr que non, ce n'est pas dans nos habitudes, lança le plus petit des deux.

Sasori lui adressa un faible sourire, mal à l'aise. Le brun roula des yeux, au moment où Naruto s'avança derrière lui, se penchant aussi, curieux de voir ce qui avait attiré Sasuke.

- Qui est-ce ? demanda-t-il.

- Ce sont... des gens que j'ai rencontré en troisième classe. Ils sont super sympas, expliqua Sasuke.

Naruto hocha du menton, toujours en regardant les deux jeunes hommes.

- Eh bien, salut ! fit-il.

Le blond et le rouquin levèrent de concert leur main pour saluer le nouveau venu, certes intimidé par son allure de riche homme d'affaires.

- Naruto, voici Deidara puis Sasori. Les gars, je vous présente Naruto. Mon... ami, dit-il, même si dans son regard et dans sa voix le mot « ami » signifiait autre chose.

Naruto le comprit et eut un petit sourire amusé.

- Dites, continua Deidara. Ce soir, on renouvelle notre petite fête. Vous serez là ? Ce serait amusant de faire connaissance.

- Je ne sais pas si... commença Sasuke, mais il se fit interrompre par Naruto qui passa un bras autour de ses épaules.

- On sera là, sans fautes !

- Quoi ? souffla Sasuke en se tournant vers lui.

Un immense sourire et un regard bleu étincelant de joie de vivre apparurent devant ses yeux. Naruto paraissait heureux et excité comme un enfant.

- C'est toujours plus intéressant que rester assis dans la grande salle à discuter de sujets et d'autres qui ne changeront rien à mon existence. Désolé, Sasuke, mais ton frère peut être très ennuyant.

Il ne sut quoi dire. Observant le visage parfait du blond et ses traits, ses traits qu'il connaissait par cœur, passant par la courbe de ses lèvres qui le rendait dingue et par ses yeux, son front sur lequel se déposaient en douceur quelques mèches blondes, Sasuke ne put que se rappeler du bonheur intense auquel il s'était abandonné la veille. Il s'était tellement amusé, et à s'imaginer recommencer, mais avec Naruto dans les parages, Naruto près de lui, Naruto rien que pour lui dans cet environnement où les gens semblaient se foutre complètement de leur sexe et de leur âge, il ne put qu'accepter, accepter avec toute la volonté du monde.

- Rendez-vous au pont D après le dîner ! C'est d'accord ? demanda Deidara. Sasuke sait où c'est, il t'y conduira, Naruto.

- Ouep. Vous pouvez compter sur nous, répondit à sa place Naruto.

- Génial, fit Sasori. À plus tard les gars.

Naruto les salua et les deux garçons de troisième classe disparurent au bout du pont avant d'entrer à l'intérieur du navire.

De nouveau seul avec Naruto, Sasuke inspira profondément et replongea dans le regard bleu de celui qui faisait encore battre son cœur.

- Alors...

- Quoi ? s'intéressa Naruto.

- Qu'est-ce que mon frère va penser si on disparaît tous les deux après le dîner ?

- Ne pense pas à ça, s'enquit Naruto, balayant ses craintes d'un mouvement de main. On est sur le plus grand paquebot du monde, Sasuke. Au beau milieu de l'océan. Amusons-nous et profitons du moment présent. T'es pas d'accord ?

Mais alors que Naruto se détournait, prêt à reprendre leur balade, Sasuke ressentit soudain un élan de culpabilité et d'incertitude, aussi se sentit-il obligé de le retenir à la dernière minute pour lui poser cette question qui lui brûlait les ailes depuis qu'il l'avait revu hier soir au dîner :

- T'es pas fâché après moi ?

Le jeune homme se retourna, le vent dans les cheveux, les mains dans les poches et les yeux plissés par le soleil qu'il recevait en plein visage.

- Tu sais... d'être parti. Alors que tu m'as tout donné, alors que tu m'as donné tout l'amour que tu pouvais me donner. Tu... tu m'en veux encore pas vrai ?

Quelques secondes furent nécessaires à Naruto avant de répondre. Quelques secondes qui furent terriblement longues pour Sasuke.

- Je t'ai dit d'oublier ça et de profiter du moment présent. Viens, on va continuer notre balade.

La main tendue sembla briller comme si elle appartenait à un ange tombé du ciel.


À SUIVRE...