22 Juillet.
Je décide de quitter le Magnus' Manor, malgré les objections d'Helen. Je ne me sens pas du tout à l'aise avec son père qui rôde autour de moi. Je me demande s'il me veut du mal. Je préfère rentrer chez moi et rester seul. J'ai prétexté un amoncellement de dossier sur mon bureau au cabinet. Bien qu'Helen m'ait juré avoir prévenu ma secrétaire. J'ai besoin d'être seul, peut-être est-ce la flamme qui me pousse? C'est comme si malgré mes effort pour la repousser, la refouler elle et tous les sentiments qu'elle m'inflige commençaient à se fusionner avec moi, plus que je ne le pensais. J'ai peur qu'elle n'y arrive car je sais qu'elle est incapable d'aimer, et je préfère mourir que de perdre Helen.
Je sors dans la rue. S'il fut une époque encore toute récente où j'appréciais l'activité et la vie dans la rue, elle est aujourd'hui révolue. Elle me fait peur, les gens m'oppressent, la flamme n'a que dédain pour eux, je croise une lady et sa fille, je dois retenir mes mains, la flamme les veut voir pendus, je regarde une vieille dame traverser la rue; la flamme veut m'envoyer lui tordre le cou. Pourquoi diable ai-je refusé à Helen de prendre la voiture?
Le peuple vit, cri, discute...J'ai peur, d'eux et de moi. Je me hâte. Le moyen le plus court pour atteindre ma demeure est de passer par les docks...Que des gros bras occupés à décharger du poisson, je préfère cela à couper par Whitechapel. Ce lieu est malfamé et peu sûr en ces temps.
Je traverse le port sans regarder les dockers, qui sont eux même bien trop occupés pour me voir.
Soudain une bourrasque, ciel nous sommes en été et le temps est toujours si hasardeux! Je me sens suivi, épié je me retourne pour ne trouver...Que le vide. Bizarre, j'ai senti quelque chose, comme si quelqu'un venait de me rentrer dedans. Je réprime un frisson et continue mon chemin, hâtant mon pas toujours un peu plus.
Soudain, le soleil m'est caché, je me retourne à nouveau pour voir la silhouette majestueuse d'un trois mâts brésilien entrant dans le port. Le voilier est sublime, mais je ne m'attarde pas. Je me sens toujours suivi. Un sentiment étrange traverse la flamme....Que nous arrive t-il?
