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Abby sursauta à chaque éclat, chaque coup de feu, à chaque fois elle ne put s'empêcher de crier, de serrer ses mains sur ses oreilles, avant de se forcer, dans sa frayeur, à s'occuper de Tony. Celui perdait toute couleur de son visage, et alors qu'elle le voyait mourir doucement devant elle, Abby que la panique envahissait se demandait si elle n'allait pas tomber dans la même folie que lui. Il ne cessait d'appeler Ziva et la seule chose qu'elle pouvait lui dire est qu'elle allait venir. Il criait parfois, semblait pleurer mais se murait dans un silence, il murmurait des choses qu'elle ne comprenait pas...
Elle avait compris le départ de Ziva, son ami avait besoin de se reconstruire, mais n'avait pas su saisir à quel point ça avait atteint Tony. Elle avait fait attention à lui, mais n'avais pas su, n'avais pas suffit à l'aider. D'autres coups de feu, elle serra les mains à nouveau sur ses oreilles, ne voulant plus entendre Tony supplier à chaque fois. Elle ne bougea plus, peu importe ce qu'il se passait là-bas il ne resterait plus longtemps ici… Elle entendit à peine la porte s'ouvrir.
Ils foncèrent tous les trois dans la salle, et dans un mouvement presque frénétique, un cri étranglé de Ziva se jetant sur le sol, Gibbs resta le souffle coupé, il se sentit soudainement trop vieux. McGee partagé entre ces deux amis, pris Abby dans ses bras alors que celle-ci craqua dans des sanglots désespérés. Il s'accroupit à côté de son agent, son état était inconcevable, du sang sur tout son visage des trous dans sa chemise, révélant des plaies terrifiantes, et son regard presque vide, bien trop triste pour le comique de service qu'il était. Ziva n'était plus que l'ombre d'elle-même, appuyer sur Tony pour arrêter son hémorragie, des larmes sur ses yeux, encore plus quand Dinozzo se mit à se débattre contre elle, et celle-ci semblait de plus en plus désemparer. « Tony s'il te plaît, calme toi, on est là. ». Il murmurait des choses, et ce n'était pas de la peur qu'il entendait, mais de la colère, et la douleur.
Il s'approcha de lui et posa sa main sur sa joue. « Dinozzo, Reprend toi ! » Et son agent réagit et bloqua son regard sur son patron.
Il était épuisé, il ne savait plus où il était, ce qu'il faisait, il était perdu entre douleur et flou, il y avait des bruits, effrayants, des cris, Abby pleurait mais il ne pouvait rien faire, et Ziva qui tournait autour de lui.
« Je ne resterais pas Tony » pourquoi ? Il pleurait ? Il ne savait pas, Pourquoi Ziva ? « Tony il n'y a rien entre nous, n'as-tu pas compris ? » Ziva… Elle ne savait pas ce qu'elle disait, ils étaient blessés, elle se jeta à ses cotés « Je ne t'aime pas Tony, comprend le maintenant. » Elle commença à disparaître.
« Non ! » ce n'était pas un cri mais plutôt une plainte. Ziva réapparut. Elle appuyait sur sa plaie, voulait-elle le blesser, encore plus ? Il voulait qu'elle s'éloigne, la repousser, « s'il te plait… »
Il voulut hurler mais sa gorge était sèche, il ferma les yeux et supplia, la repoussa comme il pouvait, elle était soudainement gentille, mais non... .
« Dinozzo reprend toi ! » le flou disparut, Gibbs était là, il regarda fixement l'agent, puis à côté de lui Ziva, était-elle la ? Il regarda Gibbs, réalisant ce qu'il se passait, un peu prêt. « Ne me dit pas que je rêve de toi Patron… » Sa voix était trop faible pour que cela soit amusant, mais c'était déjà ça. Gibbs souriait et secoua la tête « Non Tony, reste avec nous maintenant » Nous ? Était-elle-la ? Ce n'était pas possible. Il se retourna vers elle et la fixa, ne se décrocha plus d'elle. Il voulut lui demander mais eu peur qu'elle ne s'efface. Elle lui sourit alors que Gibbs prenait sa place pour appuyer sur la plaie et porta à son tour sa main à son visage. « Je suis là Tony. » Elle lui sourit tendrement, et il ne brisa pas le lien, il y avait des larmes dans ses yeux. Il voulut les sécher, mais n'en avait pas la force, il se contenta de la regarder, sentant alors une chaleur dans son torse, le sortait-elle de la mort?
Mais l'ambulance arriva, et des hommes masqués prirent sa place, il voulut crier, pourquoi la lui arrachait-on encore, n'avait-il pas assez souffert? Il se mit à trembler, une larme coula sur sa joue, la frustration s'emparait de lui, mais heureusement elle réapparut, assise dans l'ambulance et lui saisit la main, pour l'empêcher de trembler, oui elle battait la mort.
