Disclaimer : Tout appartient à Tolkien, sauf quelques OCs.
Rappel : homme sans une majuscule = individu de sexe masculin. Homme avec une majuscule = être humain. Parfois c'est même les deux en même temps, dans ce cas-là je ne mets pas la majuscule. Je m'y perds des fois ^^
Allez, je suis sympa, je vous donne la suite maintenant. Au programme : de la peur et des câlins. Enjoy :)
Chapitre VI
Face à son ennemi qui semblait prêt à la tuer, Idril se mit en garde. L'Orc était plus grand qu'elle, plus imposant. Mais aussi plus lourd. Il comptait sur la force, elle sur l'agilité. Le combat promettait d'être intéressant. Azog descendit du dos de son warg et attaqua. Idril s'y était attendue et parvint à parer le coup. Son adversaire était plus redoutable qu'elle ne l'avait imaginé. Il faillit plusieurs fois la blesser, et la jeune Elfe regrettait de ne pas avoir fui avec Aeluin. Quitte à parler à Thranduil.
Elle se retrouva désarmée, à terre, la pointe de l'épée de l'Orc contre sa gorge. L'humiliation était trop grande : elle avait tué quinze Orcs sans difficulté mais était vaincue par un individu seul. Son épée était trop loin, et elle ne pouvait faire un seul mouvement sans risquer de mourir. De toute façon, c'était ce qui l'attendait. Elle planta son regard dichrome dans celui azurin d'Azog.
L'Orc resta désarmé par ces yeux qui semblaient dire «tu n'en es pas capable». Pour la première fois de sa vie, il hésitait. Il se rendit compte alors qu'il n'avait pas remarqué la différence de couleur, et trouvait ça plutôt charmant… Il serra les dents, pestant silencieusement contre les divagations de ses pensées. Quelque chose l'empêchait de mettre à mort la jeune Elfe. Maudissant sa faiblesse, il l'empoigna par le bras et la força à se relever. Qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'en retournant au campement, il vit tous les autres morts, baignant dans une mare de sang.
-Tu es bien plus monstrueuse que je ne l'avais imaginé, dit-il à Idril.
-Tu aurais fait la même chose.
-J'aurai du tuer ton fiancé dès le début…
-Mon fiancé ?
-Oui ! Le blondinet que tu as essayé de tuer pour le faire fuir. Mais je te comprends, un lâche pareil ne saurait te protéger contre…
-Arrête ! Ce n'est pas mon fiancé, c'est mon cousin ! Je ne suis pas amatrice d'inceste, non merci.
Sans savoir pourquoi, Azog était soulagé.
-Mais la question n'est pas là, répondit-il en taisant ses sentiments. Vous avez tué tous mes hommes dans leur sommeil.
-C'est bête, tu es tout seul maintenant. Toujours déterminé à me livrer en pâture à ton roi ?
-Plus que jamais, désolé de te décevoir ma petite. Je ne veux pas te tuer maintenant, je veux que tu te sentes éternellement souillée, humiliée, soumise. Je veux qu'il te détruise à petit feu jusqu'à ce que tu le supplies de t'achever pour ne plus endurer tout ça.
-Charmant.
-Et c'est tout ce que ça te fait ?
-Je relativise. Inutile de me mettre dans des états catastrophiques, je m'en sors toujours. Je sortirai de Gundabad aussi immaculée que je le suis aujourd'hui. Mais maintenant que nous sommes à pied d'égalité, puis-je réquisitionner un des wargs qui ont dévoré ma jument et récupérer mes affaires par la même occasion ?
Et avant qu'Azog n'ait pu réagir, elle attacha son baluchon à la selle d'un warg dont elle grimpa sur le dos. Hormis l'odeur et la différence de hauteur des pattes, ce n'était pas si différent que sur un cheval.
-Pour ta gouverne, lança Azog alors qu'elle réorganisait sa robe une fois assise, si tu essayes encore une fois de t'échapper, je t'égorge. Mais sache qu'avant de te faire subir ce que tu as fait à mes compagnons, autant te dire que tu vivras sur le champ le supplice qui t'attend aux côtés du roi.
Idril resta aussi impassible qu'elle le pouvait, mais en réalité, elle était terrifiée. Azog était tout à fait capable de mettre sa menace à exécution. D'autant plus qu'il lui avait de nouveau confisqué son épée.
Ils continuèrent le voyage en silence. La nuit tomba, et avec elle, la pluie. Si la jeune Elfe n'avait rien contre un peu d'eau, son geôlier trouvait ça horriblement ennuyeux. Il n'y avait malheureusement aucun endroit pour s'abriter. Jetant un œil à sa prisonnière, il remarqua alors que l'eau collait ses vêtements à sa peau. Dans cette situation, les tissus bleus montraient plus qu'ils ne cachaient. Assombries par l'averse, ses boucles retombaient sur son dos. Le tout lui donnait un air de guerrière sauvage. Devant cette vision, il sentit une drôle de sensation au niveau du bas-ventre.
Se sentant observée, l'Elfe tourna la tête vers lui et dut comprendre quel genre de pensées tournait dans son esprit au vu de son expression.
-Si tu tiens à tes yeux, conseilla-t-elle d'un ton tranchant, détourne-les avant que je ne te les arrache.
Azog ricana devant la naïveté de l'Elfe, mais regrettait aussi qu'elle ait pris l'initiative de prendre sa propre monture, maintenant qu'il savait ce qu'il ratait… Ce n'était pas parce qu'elle était issue d'un peuple différent qu'il ne pouvait imaginer certaines choses. Autant l'admettre, sans être la plus belle femme qu'il ait vue, elle était désirable.
La beauté était un trait relatif changeant selon les cultures. Les Nains préféraient les femmes à barbe, par exemple, et à la taille ronde. Les Hommes et les Elfes avaient à peu près les mêmes idées, mais à certaines différences près : les canons de beauté Humaines avaient des rondeurs suggérant la fertilité, la bonne santé, alors que les femmes Elfes étaient plus sveltes et élancées. Pour les Orcs, le modèle féminin avait bien sûr quelques courbes (surtout au niveau des hanches, éternelle particularité féminine, au grand dam de la plupart des concernées) pour prouver leur capacité d'enfanter, mais aussi des muscles, certes plus fins que ceux de leurs partenaires masculins, mais tout de même assez puissants pour se battre. Mais l'amour et le désir étant des choses que l'on ne pouvait maîtriser, il arrivait que l'on puisse être charmé par quelqu'un d'un autre peuple. Un Homme et une Elfe, un Nain et une Elfe… et dans le cas présent, c'était un Orc qui ne pouvait s'empêcher d'observer une Elfe trempée jusqu'aux os dont les formes discrètes mais «appétissantes» se dessinaient sous le tissu bleu de sa robe.
L'averse s'arrêta enfin, et bientôt la lune brillante fit son apparition dans le ciel sombre. Idril, qui se sentait partiellement lavée par la pluie, demanda à Azog l'autorisation de se changer. Celui-ci le lui permit (à contrecœur), et attendit quelle se soit cachée derrière un tronc d'arbre le temps d'enlever sa robe et de mettre des vêtements de voyage plus confortables. Lorsqu'elle revint, elle portait un pantalon brun foncé rentré dans des bottes de cuir souple, ainsi qu'un une tunique verte sous un corset brun. Finalement, songea l'Orc, elle a bien fait, pas besoin d'attendre la prochaine pluie.
Ils mangèrent un peu (surtout Azog, Idril n'ayant pas très faim), et repartirent. Ce n'est que le lendemain soir qu'ils s'arrêtèrent pour dormir. L'Orc fit un petit feu, ou plutôt maintenait des braises en vie, puis tous deux restèrent assis en silence. L'Elfe, fatiguée, s'endormit contre le flanc de son warg. Azog aussi somnolait, et il se serait laissé prendre par le sommeil si un bruit n'avait pas attiré son attention. Délaissant son épée, il empoigna sa chère masse noire et observa les alentours. C'est alors qu'une dizaine d'hommes armés surgirent des arbres et encerclèrent les deux voyageurs. Menacés par des flèches et des pieux, ils n'eurent pas d'autre choix que de rester à genoux sans bouger.
-Un Orc et une Elfe qui voyagent ensemble, commença l'un des brigands. Jamais vu plus étrange. Alors, Orc, malgré la race immonde à laquelle tu appartiens, tu te permets de prendre du bon temps avec une Elfe ?
Azog serra les dents, et Idril se retint de vomir aux brigands le flot d'insultes qui lui venait à l'esprit. Comment pouvait-il penser et dire de telles choses ? Pourquoi toute cette haine ?
-Je reconnais la fille, dit un autre, c'est cette salope d'Idril.
-Idril ? La mercenaire ?
-Oui, celle qui a coupé la tête de Wellan et l'a échangée contre son volume en argent avec le Seigneur de Dale.
«Et merde», jura mentalement la concernée. Le chef des brigands la regarda avec haine, puis une étincelle meurtrière s'alluma dans ses yeux gris.
-Occupez-vous de l'Orc, j'ai affaire avec celle-là…
-Vous ne pouvez pas la toucher, intervint Azog, elle est liée au roi de Gundabad.
-Eh bien Sa Majesté devra se trouver une nouvelle vierge pour s'amuser, une plus noble, même.
Idril recula, mais le brigand la frappa au ventre et la fit chuter. Il extériorisa toute sa haine en donnant des coups de pied dans son abdomen et son visage. L'Elfe se retenait de plus en plus difficilement de hurler, mais la douleur et la sensation du sang étaient insupportables. Azog comprit alors qu'il ne pouvait permettre à cet homme de faire plus de mal à sa compagne forcée. Il réalisa qu'il n'était pas vraiment sérieux quand il l'avait menacée, et que cette petite peste était quand même attachante. Il ne pouvait pas regarder sans agir. Vite, il parvint à prendre sa masse et tua avec rage ses assaillants. Puis il avança vers Idril qui faiblissait sous les coups du brigand, prit ce dernier par les cheveux et le décapita. Lâchant la tête au sol, il vit qu'Idril tremblait de douleur et de peur. Il posa son arme et s'agenouilla près d'elle, afin de voir s'il pouvait la soigner. Elle avait des bleus au visage et le nez en sang.
-Tu ne peux rien faire, parvint-elle à articuler. Il faut attendre que ça passe.
-Mais…
-Les Elfes guérissent rapidement. Ne t'en fais pas, j'ai connu pire. Merci de m'avoir sauvée.
-De rien.
Idril se redressa et contre toute attente, serra l'Orc dans ses bras. Ce dernier ne sut pas comment réagir face à cette démonstration de reconnaissance. Les bras fins autour de sa nuque, le corps d'apparence fragile contre le sien, les cheveux caressant sa joue… C'était une sensation peu familière, mais tellement délicieuse. Ce n'était pas la première femme qui faisait ça, mais Idril n'était pas une Orc. Hésitant, Azog lui rendit son étreinte.
-Je ne te savais pas si affectueuse.
-Moque-toi, je n'en ai cure. Profites-en bien, c'est la seule fois que ça arrive.
Il resserra ses bras, mais au fond, il savait que la jeune Elfe sourirait. Finalement, elle s'éloigna de lui et le regarda dans les yeux.
-Maintenant, il y a une chose que l'on pourrait faire, dit-elle avec l'air le plus sérieux du monde.
Le cœur d'Azog cogna dans sa poitrine. Elle n'allait pas non plus… Déglutissant, il reprit son calme et feignit l'innocence :
-Et c'est ?
-Retrouver nos wargs qui se sont enfuis.
Pauvre Azog, ce n'est pas pour tout de suite…
Une petite review ?
