Disclaimer : Les personnages sont à Masashi Kishimoto.

Pairing : Sasunaru

Rating : M

Note : Tout d'abord, bonne année à tous, que la chance et la réussite soient avec vous en ce début 2012.

Un très grand pardon à mes lecteurs qui ont attendu cette publication. À cause des soucis avec mon ordi, j'ai dû retaper tout le chapitre. Du coup, niveau motivation, ce n'est pas trop ça non plus… Merci à tout le monde pour vos messages de soutien, mes partiels de mi-semestre se sont bien passés.

Pour les revieweurs enregistrés, je vous ai répondu par MP ( j'espère que j'ai sauté personne ? ). Et pour les revieweurs anonymes Kirua, Mianon, Angel, Tobii-chaan ( tu as désactivé tes MP, du coup, j'ai pas pu te répondre directement par message privé ), YuuriRei, Midnight, ...( anonyme), SasunaruXD, Annonyme, rendez-vous sur mon profil =)

Je remercie également SenseiAerlinne de m'avoir apporté son aide sur l'égyptologie. Et, encore une fois, merci du fond du cœur à mes revieweurs grâce à qui cette histoire est toujours « en ligne ».

Sans plus attendre, je vous livre le chapitre 5 de SDP. ( En fait, je trouve que ça ressemble plus à un chapitre de transition ...)

501 bisous à mes bêtas chéries et bonne lecture à vous tous.

Chapitre 5 : Retour

Dans la chambre silencieuse, une fragrance subtile fit légèrement bouger le garçon endormi. Son corps remua et ses doigts s'animèrent d'un léger tic au contact doux du matelas, chose insignifiante qui lui rappela pourtant un confort familier. Tout paraissait calme et paisible au dessus de la tête du dormeur. Plongé dans sa torpeur, Naruto, parce que c'était bien lui dont il était question, n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait. Seule persistait dans sa tête brumeuse cette envie de se blottir encore et encore dans la couche douillette qui épousait parfaitement les parcelles de sa peau nue.

Un léger parfum floral vint titiller ses narines. Où se trouvait-il ?. Cela également, il ne savait plus. Son corps semblait dériver dans une mer inconnue. Et quelle était étrange cette impression d'être une épave au milieu d'un océan de murmures à la fois familiers et lointains, comme s'ils accompagnaient les vagues et résonnaient en écho dans son esprit confus.

- « Naruto ? »

Une voix familière. Parviendrait-il à y mettre un nom ?

Une et puis plusieurs personnes se déplacèrent telles des ombres chinoises devant ses paupières mi-closes. Amenant une main récalcitrante qui ne voulait pas quitter la chaleur de la couverture devant son visage, le jeune adulte s'arcbouta contre les rayons chauds et farceurs.

La femme remarqua son geste. Quelques secondes passèrent avant qu'elle ne se précipite vers la couche. Prenant la main libre qui reposait sur le ventre couvert du garçon, elle hésita, la voix rendue aiguë par l'émotion.

- « Mon bébé »

Ce terme affectueux …tel celui de ses souvenirs. Naruto ouvrit brusquement les yeux. Les images devinrent plus nettes au fur et à mesure qu'il voyait les personnes qui étaient présentes autour de lui.

Devant ses yeux ébahis se trouvaient ses deux frères Kyosuke et Deidara dont la mine inquiète et surprise submergeait leurs traits. Tournant le menton vers la personne qui serrait nerveusement sa main, Naruto découvrit le visage anxieux de sa mère incliné au dessus de son oreiller. Juste derrière, les mains agrippées sur son vieux torchon, Iruka eut un hoquet stupéfait.

Le bonheur irradiait des yeux de Kushina, brisant l'inquiétude et le chagrin qui la rongeaient depuis la disparition de son fils, cet enfant qu'elle avait craint de ne plus pouvoir embrasser un jour.

- « Naruto », souffla-t-elle en amenant ses doigts vers la joue ronde qu'elle caressa avec un sourire tremblant, son esprit n'osant toujours pas croire qu'il était bien là devant son regard. Ne résistant plus, la mère passa ses bras autour de son garçon et le serra à l'en étouffer.

- « Maman » …, murmura celui-ci.

Malgré tout ce qu'il voulait dire, ce furent ces simples mots qui sortirent de sa bouche. Et puis, que pouvait-il lui dire de plus ?. Les mots étaient vains tout comme ses pensées étaient vides. En son âme s'éleva un blanc impénétrable, comme s'il y avait une fausse note quelque part. Quelque chose clochait, pourtant, il n'arrivait pas à y mettre un terme.

Sur le qui-vive, Kyosuke attrapa le téléphone posé sur la commode et composa le numéro de leur médecin traitant. Ignorant les pensées confuses de son petit frère, Deidara s'approcha et s'assit près de ce dernier après qu'Iruka ait regonflé les coussins pour qu'il puisse s'y adosser.

- « Naru, tout va bien ?. Mais qu'est ce qu'il s'est passé pendant tout ce temps ? », s'enquit impatiemment l'homme aux cheveux longs attachés. « On était mort d'inquiétude ».

- « …Comment m'avez-vous retrouvé ? », demanda le blond d'une voix interdite.

Devant le regard interrogateur de son frère, Deidara fronça légèrement ses sourcils comme s'il ne s'attendait pas à ce que son frère lui retourne la question.

- « Comment on t'a retrouvé ?. C'est presque par miracle. Hier, Kyosuke et moi, on visitait un site près du port quand il y a eu des bruits incroyables du côté du marché. Je ne sais plus comment, mais quelqu'un criait qu'il y avait un noyé ou un truc du genre. On s'est approché par curiosité, et là, le choc quand on t'a vu inconscient entre les bras de ce pêcheur. Dieu soit loué, ton cœur battait encore », relata-t-il en poussant un soupir de soulagement, la mémoire lui rejouant la frayeur éprouvée à cet instant passé.

- « Vous m'avez retrouvé près du port ? », répéta Naruto, médusé.

- « Oui, sur le bord du Nil, là où il y a le marché tous les deux jours dans la semaine tu te rappelles ? »

- …

- « L'important c'est que tu nous sois revenu sain et sauf », renchérit Iruka de l'autre côté du lit. « Mais où est-ce que tu étais pendant tout ce temps ? ».

Les prunelles bleues se firent soudain plus troubles, ses yeux oscillant dans les deux sens, trahissant son malaise manifeste. Voyant la mine à la fois surprise et désarçonnée de son petit frère face à cette question ô combien essentielle, Kyosuke s'approcha à son tour du lit. Se plantant à côté du blond dont le visage exprimait son agitation, il caressa affectueusement les mèches dorées, ce simple geste qui lui avait paru à jamais irréalisable après des semaines d'impuissantes recherches.

- « Cela fait bientôt trois mois que tu as disparu sans donner signe de vie. On a fait tout ce qu'on a pu pour te retrouver, mais il ne restait aucune piste, comme si tu t'étais évaporé de ce monde ».

- « Kyo ...

- « Que s'est-il passé pendant tout ce temps, mon bébé ? On t'a fait du mal ? », s'exclama Kushina d'une voix blanche d'appréhension.

Son visage devenait plus cireux au fil des secondes alors qu'elle imagina les pires calvaires qui auraient pu arriver à son enfant.

- « Oui, raconte-nous ce qu'il s'est passé depuis le soir de l'exposition au Muséum, Naru, maman va mourir d'angoisse sinon, et comment ça se fait que tu te sois retrouvé à demi noyé au bord du Nil » dit Deidara.

Devant les regards à la fois inquiets et désorientés des membres de sa famille, le cœur de Naruto se serra. Les battements martelèrent son cerveau dans des échos sourds et déstabilisants. Desserrant ses lèvres, il voulut parler. Mais que dire si pour lui-même cela paraissait tellement incroyable et étrange. Comment leur raconter quelque chose dont lui-même il n'était pas tout à fait sûr.

- « Naruto, que t'arrive-t-il ? », répéta Kyosuke dont les yeux se rétrécirent devant l'hésitation transparente de son cadet. Celui-ci tenta de nouveau de fouiller dans les recoins de sa mémoire. Mais perdu et désemparé, il finit par relever ses yeux céruléens vers son aîné qui y décela une lueur de panique.

- « Kyo, je...je ne me rappelle plus de rien…», souffla-t-il enfin, cette fois ci, pleinement conscient de son amnésie.

Devant les mots lâchés par le blond, les quatre personnes présentes dans la chambre se regardèrent, le visage interdit. Qu'était-il arrivé à Naruto pendant ces trois mois inconnus ?

.

.

Loin du beau quartier paisible et tranquille, la vie continuait son cours. Dans cette ville grouillante de monde et de commerces, qui se soucierait d'un disparu ?.

Il faisait doux cet après midi au Caire. Quelque part sur cette terre se trouvait le Muséum, le noyau scintillant qui faisait la fierté de tout un peuple, ce bâtiment solennel qui abritait les secrets les plus enfouis de la belle Égypte ancienne.

Dans le grand hall du bâtiment, les touristes suivaient religieusement leur guide tout en accrochant des regards admiratifs aux trésors exposés à leur contemplation. Transportés, ils flânaient dans les allées. Cependant, ivre d'extase devant mille et une merveilles toutes plus belles les unes que les autres, les gens feraient-ils réellement attention à un pauvre petit morceau de pierre gisant sur un écrin de velours sombre ?

Cette vitrine là, c'était celle dans laquelle on avait déposé la statuette cassée de la fouille dans la Vallée des Rois. Cette minuscule partie qui s'était détachée du talisman sacré, aussi insignifiante soit-elle, était à présent le terrible déclencheur de la boucle infernale qui s'acharnait sur la tête d'un garçon passablement amnésique.

Quelque part, dans son inconscience, Naruto se retournait continuellement au son de cette voix qui l'interpellait. Pourtant, cet être mystérieux de ses rêves, il lui semblait qu'il n'arrivait jamais à le voir entièrement. Des traits noirs sur un fond blanc, cette silhouette inconnue revenait sans cesse dans ses sommeils lointains. La connaissait-il ?. Le jeune étudiant ne saurait le dire. Seulement, dans ses rêves, il voyait l'ombre aller et retourner au bord du fleuve encore et encore, mais … qu'espérait-elle trouver dans la profondeur des flots ?

_S.U_N.U_

Après deux semaines de convalescence, Naruto put enfin retourner à sa faculté qui se situait au centre du Caire. Sa soudaine réapparition avait, bien évidemment, fait du bruit auprès de toute personne le connaissant de près ou de loin et les questions mêlées de suppositions allaient de bon train sur le mystère de l'affaire. Tout avait commencé avec une série de morts atroces au sein de l'équipe des chercheurs, suivie de près par le décès de l'actionnaire principal des fouilles. Ensuite, son fils disparaissait subitement sans laisser de trace, la police s'enlisait dans ses recherches sans aucune piste concrète, et alors que tout le monde avait fini par croire qu'une sombre malédiction s'était abattue sur cette expédition, le disparu redonnait signe de vie. Il réapparaissait de nulle part, sain, sauf et en bonne santé si ce n'était sa mémoire qui était devenue mystérieusement lacunaire.

Ce détail n'était-il pas étrange et déstabilisant ?. À part Naruto lui-même, qui pourrait savoir réellement ce qui s'était passé pendant ces longs mois où on avait été persuadé de l'échec des recherches. Néanmoins, les curieux taisaient leur avis, préférant garder sous silence leurs commérages indiscrets. Et ceci, pour deux raisons essentielles : ils avaient peur, peur de cette malédiction qui s'abattrait sur eux comme elle avait réussi à chambouler la vie de toute une famille. Et ils avaient peur, peur que les murs aient des oreilles et qu'ils risquent dans ce cas des représailles de ce qui était l'une des plus puissantes compagnies de la région.

De son côté, protégé contre ces regards lourds d'indiscrétion et de racontars, Naruto retrouvait peu à peu ses repères auprès de son entourage. Dissimulé soigneusement dans les limbes de sa mémoire imparfaite, son obscure disparition n'était plus qu'un lointain souvenir que lui même aurait aimé découvrir. Malgré le temps qui s'était écoulé depuis son réveil, il se sentait toujours incapable de raconter ce qu'il s'était réellement passé pendant ce laps de temps.

Pourtant, inexorablement, plus il y réfléchissait, plus le blond avait l'impression de déboucher à un ressassement sans issue dont les questions revenaient en boucle infinie. Par moment, il se sentait devenir fou à s'acharner continuellement contre les barrières obscures de sa mémoire. Dans ces moments là, Naruto se félicitait d'avoir sa famille et ses amis à ses côtés, ceux sur qui il pouvait se reposer sans se soucier de rien d'autres.

- « Kiba, le ballon ! Je suis là ! », s'écria le blondinet à son ami en se démarquant d'un adversaire qui lui barrait le chemin.

Le dit Kiba jeta un coup d'œil complice dans sa direction. Agrippant fermement le ballon qu'il tenait dans ses mains, il fit un pas sur le côté pour esquiver un joueur défenseur. Un pas. Deux pas. Puis trois. Il envoya le ballon dans les airs sous les cris d'encouragement de Sakura et des autres étudiants qui assistaient à leur partie de basket. C'était le premier match que Naruto disputait depuis son retour à l'université.

Jouant des coudes, Naruto bondit du sol et attrapa le ballon qui lui était destiné. Barrant la voie au joueur adverse avec un bras, il fit plusieurs dribbles tout en courant vers le panier.

- « Vas-y, marque le dernier point Naru ! »

Celui-ci eut un sourire amusé face au cri excité de son ami. Attrapant le ballon à deux mains, il fit une feinte et envoya le ballon tout droit au panier. L'objet fendit l'air et vola vers le panneau. L'arbitre siffla un coup. Panier !

Ravi, Kiba courut vers le blond et l'étrangla par derrière avec son bras, lui donnant par la même occasion une bise sur la joue qui fit hurler au scandale celui-ci, provoquant ainsi l'hilarité de tout le groupe.

- « Hey Naru, tu joues toujours aussi bien ».

- « Ouais ! T'as vu ?. Je suis en super forme. Dire que Kyosuke ne voulait pas me laisser sortir avant », brailla-t-il d'un air boudeur tout en faisant semblant de montrer ses faux muscles à l'amoureux des chiens.

Mais son rire joyeux se transforma instantanément en hurlement strident lorsque Sakura lui asséna un coup sur la tête. Se retournant vers son amie, il leva la voix à tue tête, les mains collées à la bosse sur sa tête.

- « Mais Sakura ! T'es violente !»

- « Non mais je rêve ! Il vient à peine de revenir qu'il joue déjà l'idiot de service ! », marmonna la rosée en se massant le front, désespérée de voir les bêtises du blond.

- « Mais euhh, Sakura ! C'est vrai quoi ! », s'époumona celui-ci dont la bouche se pinça en une moue boudeuse.

La jeune femme soupira. Son ami d'enfance n'avait pas changé, peu importait les circonstances, il arrivait toujours à trouver une occasion pour plaisanter. Pourtant, cette fois-ci, elle ne pouvait s'empêcher de sourire. Naruto était revenu et c'était cela qui était important. En fin de compte, le sourire doux et espiègle qui ornait ses lèvres n'était pas moins idiot que celui de son ami.

- « Et si on allait boire un verre avant de passer voir Jiraya », proposa-t-elle finalement tout en attrapant un bout du t-shirt du blond pour le tirer vers la sortie du terrain.

- « Sakura, je t'aime ! », s'écria Naruto dont les yeux s'agrandirent en deux soucoupes éclatantes à la lueur gourmande. « Tu restes ici ? On va aller se rafraîchir, Kiba et moi ».

- C'est bon, vas-y. Je reste avec Sakura, je n'ai pas trop transpiré je pense », répliqua le concerné en se reniflant d'un air suspicieux.

- « Comme tu veux », rigola-t-il. « Dans ce cas, donnez-moi cinq minutes, je reviens tout de suite ».

Sur ces paroles, le blond courut vers le bâtiment où se trouvaient les toilettes et les vestiaires pour garçons. Poussant la porte qui était à demi ouverte, il entra en trombe dans la salle. Il n'y avait personne dans la pièce et l'intérieur était suffisamment éclairé. Par la lumière qui s'infiltrait de la petite fenêtre du haut du mur, le jeune garçon pouvait se diriger sans difficulté vers le lavabo sans rentrer dans les affaires et matériels divers éparpillés sur le sol.

Se plantant devant la rangée de robinets, il tourna le volant et rassembla ses mains en coupe pour recueillir l'eau qu'il amena à sa bouche, ravissant ainsi sa soif intenable après l'effort physique. Puis, laissant le courant couler à flot, il se baissa et mit sa tête sous l'eau fraîche, chassant la sueur de son visage grâce au jet puissant.

Étrangement, ses pensées se troublèrent à cet instant. Les vagues d'eau lui faisaient un bien incroyable, mais au même moment, la sensation de l'eau inondant son visage lui évoqua un flash indistinct. Il ne comprenait pas pourquoi, toutefois, cette impression était bizarre. Comme si c'était un vestige de sa mémoire perdue. Curieusement, ce matin encore, Naruto s'interrogeait sur le laps de temps où personne n'avait réussi à retrouver sa trace. Aucun malfaiteur ou groupe de truands n'avait revendiqué l'acte, et à part la tunique étrange qu'il portait au moment où on l'avait retrouvé, il n'y avait pas d'autres indices qui pourraient les aider à éclaircir ce mystère.

Kyosuke lui avait néanmoins fait part de ses soupçons. En réalité, il pensait qu'Itachi, l'ancien assistant de Jiraya, avait un lien direct avec sa disparition, le brun s'étant volatilisé presque au même moment que lui. Et le fait que son petit frère ait légèrement blêmi à l'entente du nom d'Itachi confortait Kyosuke dans cette voie là. Cependant, étant donné l'amnésie de Naruto, ils n'avaient pas de preuves ni de témoins pour incriminer ce jeune et mystérieux égyptien à l'allure distinguée. Malgré tout, le nom d'Itachi continuerait à figurer sur la liste des recherches tant que l'enquête ne serait pas déclarée fermée.

Du côté de Naruto, depuis plus de deux semaines qu'il restait cloîtré à la maison, aucune réminiscence ne lui revenait nullement à l'esprit, comme si sa mémoire avait été remplacée par un blanc absolu et indicible. Le docteur de famille avait attribué ses symptômes à une sorte d'autodéfense qui lui permettait d'oublier le traumatisme subi. Mais, en dépit de tous les diagnostics qu'ils pouvaient faire, Naruto savait inconsciemment que ce n'était pas de cela dont il était question. Cette voix inconnue, jailli du plus profond de son être, lui grondait une autre vérité à laquelle il ne cessait de songer.

Soudain, une voix résonna dans la salle silencieuse, faisant sursauter le blond depuis le fond de la pièce. Ce dernier se retourna. Seulement, la salle était toujours aussi vide. D'où venait alors ce murmure qu'il avait cru entendre ?

Haussant les sourcils, il se dirigea vers la machine à essuie-tout, pourtant, ses mains n'atteignirent nullement la boite. Le garçon s'arrêta net, le cœur battant à tout rompre.

- Naruto !

Quelqu'un l'appelait. C'était son nom que la voix prononçait. Le visage halé perdit de la couleur au fur et à mesure que son nom se répétait en un martèlement sourd et affolant. Cette voix.

- Pourquoi veux-tu me fuir ?.

Des spasmes parcoururent affreusement son corps devenu tremblant. Cette voix sortie de nulle part l'appelait. Sa tête lui faisait mal, et il avait froid malgré la sueur qui recommença à perler sur son front. Perdu et incapable de se souvenir à qui appartenait cette voix, Naruto se tint la tête à deux mains, fouillant son cerveau à la recherche de ce morceau de vie qui manquait au puzzle.

- « Naruto ? »

Une autre voix parvint à son esprit en transe avant que deux bras ne l'agrippent pour le secouer fortement. Relevant les yeux, la lueur de folie demeura plusieurs secondes au fond de ses prunelles avant qu'il ne voie réellement le visage inquiet de ses amis. Ce fut à ce moment là qu'il se rendit compte d'être tombé à genoux pendant sa crise.

- « Naruto, qu'est-ce qu'il y a ? »

Mais, ne prêtant guère attention à la question posée, le blond bouscula son ami sur le côté et scruta l'ensemble de la salle d'un regard affolé et hagard.

- « Kiba, tu as vu quelqu'un en entrant ? »

Le garçon et la fille se regardèrent sans comprendre avant de lui faire non de la tête. Pourtant, la réponse ne parut pas satisfaire leur ami qui gardait les yeux fixés sur la salle vide.

- « Tu es sûr que tout va bien ? », s'inquiéta Sakura en posant une main sur son avant bras.

Les lèvres de Naruto demeurèrent silencieuses. Dans sa tête résonnait encore cette voix vibrante et impénétrable. De quoi parlait cette personne ?. Avait-il eu une hallucination ?. Le jeune garçon n'arrivait pas à formuler de réponse. Tout ce qu'il savait se résumait à cette voix qui lui était incroyablement familière. Mais de qui s'agissait-il ?. Un nom lui échappait, et cela, il en était sûr et certain.

Finalement, plus frustré qu'autre chose, Naruto se tourna vers ses amis, forçant sur ses lèvres un sourire idiot qu'il espéra plus naturel.

- « Désolé…j'ai dû rêver... On peut y aller », s'excusa-t-il auprès de Kiba et de Sakura. Ces derniers hochèrent silencieusement la tête, non sans avoir remarqué le malaise de leur ami.

Lorsque les trois étudiants remontèrent la cour du Musée, Sakura re-songea à un événement dont elle avait oublié de parler à Naruto.

- « On t'a dit que nous aurons une sortie la semaine prochaine ? »

- « C'est vrai ?, s'étonna le blond ayant retrouvé un comportement normal. « C'est où ?. Je ne savais pas ».

- « Ça a été décidé pendant ta dispari…ton absence », reprit-elle à la fin. « Cette année, la fac a choisi le site de Gizeh comme destination », informa-t-elle avec un clin d'œil complice.

- « Gizeh ? Sérieux ? Mais c'est génial ! Il n'est pas loin du Caire non ? »

- « Non, pas du tout »

- « Jiraya a réclamé à cor et à cri auprès de la direction pour qu'on puisse avoir plusieurs sorties cette année », ajouta Kiba.

- « Je le vois déjà en train de nous sortir sa chanson habituelle le jour de la sortie », plaisanta Naruto.

Arrivé à l'étage, le blond bondit gaiement en avant et se retourna vers ses amis, le visage prenant l'expression chétive de leur professeur.

- « Mes chers enfants, vous voilà bien chanceux de pouvoir toucher du doigt ces trésors de l'Égypte Antique … », fit-il en imitant le ton rauque presque caverneux de Jiraya, faisant bouffer de rire ses deux amis de sa bêtise.

Mais pendant qu'il achevait sa phrase, le blondinet se prit une pichenette sur l'arrière de son crâne. Pivotant sur lui-même, prêt à en découdre avec celui qui oserait se moquer de lui, sa bouche se ferma comme par magie en découvrant son frère Kyosuke en compagnie de …Jiraya.

- « Naruto ! », réprimanda son aîné. Cependant, dans son regard, Naruto aurait juré avoir décelé plus d'amusement qu'autre chose.

- « Gamin, je t'ai tant marqué que ça ? », fit Jiraya d'un sourire sadique alors qu'il fit craquer ses doigts devant les yeux abrutis de son élève.

- « Non, pas du tout ! », s'écria celui-ci de mauvaise foi avant de se volatiliser derrière le dos de Kiba.

Kyosuke fit un pas vers eux. Et alors que le blond se rétracta en s'attendant à recevoir une nouvelle pichenette, il n'en fut rien de tel.

- « Tu ne m'as pas dit que tu avais cours avec Jiraya aujourd'hui », fit remarquer le jeune entrepreneur en réajustant le col de la chemise de son cadet.

- « Non, nous sommes juste passés le voir. Et toi, tu fais quoi ici ? »

- « ... Tu oublies que notre compagnie est en partenariat avec le Musée ? », rétorqua Kyosuke en fronçant suspicieusement les sourcils comme s'il s'agissait de quelque chose d'évident.

Boudeur, Naruto dut reconnaître que son frère venait de marquer un point. Esquissant un sourire amusé, Kyosuke laissa son cadet avec ses marmonnements et se retourna vers Jiraya avec qui il parla des choses dont aucun des trois amis ne comprenait guère le sens, probablement des problèmes administratifs et autres du projet.

Sentant des regards autour de lui, le blond se retourna et vit que certaines visiteuses s'étaient arrêtées momentanément, les yeux allant dans la direction où se trouvait son frère. Cette réaction et cette lueur de désir qu'il surprit dans leurs regards, Naruto la connaissait parfaitement pour l'avoir déjà vu des années auparavant dans les prunelles de Sakura.

Son frère était sans conteste ce que l'on appelait un bel homme. À seulement vingt-deux ans, il se retrouvait déjà à la tête d'une compagnie conséquente. Les femmes voyaient en lui un mari parfait, au vu de son physique et de sa fortune. Néanmoins, Naruto tout comme la famille ne lui connaissait aucune petite amie attitrée. Séducteur sans être flatteur, il restait courtois auprès des femmes sans pour autant leur donner d'espoir. Plus le temps passait, plus leurs parents se désespéraient que Kyosuke ramène un jour une femme à la maison. Car malheureusement, par une philosophie qui échappait totalement à tous les membres de la famille, le brun préférait rester célibataire, et cela, au grand dam de la gente féminine qui se pâmaient pour une seule de ses attentions.

À l'époque, son amie Sakura était également folle amoureuse de Kyosuke, et ce ne fut que des années plus tard qu'elle décida subitement d'y renoncer sans que Naruto lui-même n'en connaisse la raison. Depuis, la relation entre Sakura et son frère demeurait amicale, voire fraternelle. Le blond soupira. Quand est ce donc que son frère regarderait vraiment une femme et cesserait d'être sur-protecteur envers lui ?

Pendant ce temps, le jeune directeur avait invité Jiraya à le suivre. Une fois entré au bureau de celui-ci, Kyosuke se dirigea vers le plan de travail sur lequel il déposa la valise qu'il tenait dans sa main droite.

- « Professeur, je viens d'acquérir un papyrus ancien ce matin. D'après les premières analyses faites sur place par mon expert consultant, il semblerait que le morceau soit authentique. Toutefois, j'aimerais avoir votre avis », dit-il en déverrouillant la mallette contenant le fameux objet.

Contournant son bureau, le vieil homme farfouilla dans les tiroirs pleins avant d'en extirper une paire de gants qu'il enfila lestement. Attrapant la manette de la planche pivotante sur laquelle le papier ancien avait été déposé, il tourna le plateau plusieurs fois sous sa loupe. À la fin, il finit par relever furtivement son nez vers son interlocuteur.

- « Kyosuke, tout ce que je peux te dire pour le moment est que tu as fait un bon investissement. Bien sûr, il faudrait le repasser aux tests chimiques et la méthode par imagerie aux rayons UV, mais mon expérience et mon petit doigt me disent bien que ce papyrus est authentique. Le vendeur t'a donné une traduction de ce qui est écrit dessus ?", demanda le professeur en désignant les hiéroglyphes figurés sur le parchemin.

- "Non, mon vendeur ne connait pas l'ancien égyptien".

- " Bon, alors...on va tenter de le faire nous même. Les mots qu'on voit là veulent dire … », marmonna-t-il tout en étudiant les signes noirs sur le papier jaunissant.

Spontanément, les trois étudiants curieux s'approchèrent de vieil homme. Se frayant une place à côté de Jiraya et Kiba face à son frère et Sakura de l'autre côté du plan de travail, le blond s'attarda sur les hiéroglyphes inscrits sur le vieux palimpseste. Et alors, l'incroyable survint devant les yeux interdits des personnes présentes dans la pièce. Des mots sortirent de sa bouche sans que le blond lui-même ne s'en rende compte.

- « Le Nil…monte. Allons travailler… la moisson, ô peuple courageux d'Amon … » déchiffra-t-il lentement, les yeux suivant les graphèmes plus par souci de visibilité que de compréhension.

- « Naruto ? », s'exclama Jiraya, le visage ahuri devant les progrès inimaginables de son élève. Et pour cause, lui-même, après quarante ans de carrière, devait toujours confronter plusieurs papyrus avant de pouvoir proposer une traduction. « Depuis quand tu arrives à lire l'ancien égyptien ? »

- « L'ancien égyp… »

Les mots s'interrompirent dans sa bouche, il ne sut que répondre. Ses yeux s'arrondirent alors qu'il porta machinalement une main songeuse à ses lèvres. Que venait-il de dire ?. C'était incroyable. Comment avait-il pu traduire aisément un texte d'ancien égyptien avant même son professeur ?

Déconcerté, Naruto tenta de se rappeler d'où il avait pu voir ces mots pour être parfaitement à l'aise devant ce genre de texte. Mais encore une fois, ce blanc impénétrable l'empêchait de se souvenir. Que s'était-il réellement passé durant ses mois d'absence pour qu'il y ait tant de bouleversements dans sa vie. Énervé par son impuissance, le blond s'acharna encore et encore, même si quelque part, il savait ses tentatives vaines.

Une main affectueuse se posa sur son épaule. Tournant sa tête, Naruto vit Kyosuke lui sourire doucement alors qu'il le poussait légèrement vers la porte :

- « Jolie traduction. Et si tu me laissais discuter avec Jiraya maintenant ?. Va faire un tour avec tes amis, je t'appellerai plus tard. On rentre ensemble quand j'aurai fini ».

Lorsque le brun acheva sa phrase, sans comprendre comment, Naruto se trouvait déjà de l'autre côté du seuil de la porte. Résigné, le blond alla rejoindre ses amis, non sans avoir jeté un ultime regard vers le papyrus au milieu de la pièce.

Une fois que les trois étudiants partis, le sourire de Kyosuke disparut. Pensif, il demeurait immobile contre le pan de mur, les yeux fixant son autre main posée sur la manchette.

- « Professeur, j'aimerais que vous m'aidiez à examiner ceci ", dit-il en sortant un autre paquet de sa mallette.

Retirant ses verres, Jiraya inspecta l'objet avant d'interroger le brun du regard.

- « Naruto le portait au moment où on l'a retrouvé », répondit celui-ci tout en plantant ses orbes noires sur la tunique brodée de simples motifs.

_S.U_N.U_

Le soir même, à la propriété des Namikaze.

L'esprit évasif depuis les événements qui s'étaient passés plus tôt dans la journée, Naruto contemplait distraitement son verre de lait, le dos calé au fond d'un fauteuil confortable. Relevant le nez de sa tasse, il s'adressa à Deidara et à Kyosuke, qui, eux, avaient droit au café noir, chose qu'avait décrété injustement Iruka.

- « Dites, vous avez des nouvelles sur l'affaire du sarcophage ? »

- « Non, nous n'avons pas encore de pistes concrètes. Certains de nos détectives penchent plus pour une organisation de « néo royalistes » qui sont contre les recherches archéologiques, et donc, ils auraient volé le sarcophage pour leur culte. D'autres nous ont soumis l'hypothèse que notre pharaon aurait été piqué par un trafiquant du marché noir, mais là encore, nous n'avons pas encore de preuve concrète ».

- « Vous pensez que cela a un rapport avec ma disparition ... », devina Naruto, quelque peu anxieux et mal à l'aise.

- « Je crains que oui », répliqua Kyosuke en quittant son fauteuil pour la commode sur laquelle il s'appuya nonchalamment. « ...Maman, j'ai pris ma décision.", reprit-il abruptement en regardant sa mère.

- " Ah ...

- " Il est préférable que Naruto rentre avec toi aux États-Unis », admit-il d'une voix calme.

Les regards se tournèrent vers l'aîné, plus ou moins surpris par la parole de ce dernier.

- « Quoi ? », s'écria le concerné qui releva brusquement le nez de son verre. Tout éclat de gourmandise s'était envolé face à la décision subite de son frère. Contre toute attente, la voix de sa mère dans son dos le fit se raidir.

- « Naru… je suis d'accord avec Kyosuke, ce serait préférable pour tous que tu rentres avec moi aux États-Unis. En réalité, cette idée vient de moi. J'en ai fait part à ton frère, et ce n'est qu'aujourd'hui qu'il a tranché sur la question », plaida-t-elle.

- « Mais je n'ai pas encore fini ma licence maman ! », protesta le blond. « On s'était mis d'accord sur le fait que je terminerai ma licence ici », argumenta-t-il d'une voix qui montait dans les aigus, proche de l'explosion, les mains venant tirer la manche de la chemise de sa mère.

- « C'était avant toute cette histoire. Ne discute pas notre décision Naruto », coupa son frère d'une voix ferme. « J'ai cédé à ta demande la dernière fois, et voilà que tu disparais sans laisser de trace. Il est hors de question que cela se reproduise. Dès que maman et Iruka auront réservé un vol, tu rentreras à New York avec eux. Et si possible, commence à te renseigner sur d'autres études » dit-il en plantant ses yeux inflexibles dans ceux furibonds de son petit frère.

- « Comment ? », suffoqua Naruto en bondissant de son fauteuil. Cette fois-ci, la colère envahissait les prunelles bleues lorsqu'il s'adressa effrontément à son frère. « Kyo, tu ne peux pas faire ça, l'archéologie est ce que j'aime par-dessus tout, je ne veux pas rentrer à New York ! »

- « Je ne reviendrai pas sur ma décision. Cette fois ci, tu quitteras le Caire, un point c'est tout », statufia celui-ci.

Chopant son paquet de cigarette, le brun quitta la pièce, sourd aux vociférations du blondinet. Le regard abasourdi par la décision injuste de son frère, Naruto se retourna brutalement vers Deidara, les mains crispées de hargne.

- « Dei ! Dis quelque chose ! Tu ne vas pas te liguer contre moi toi aussi ! »

Lâchant un soupir, le jeune homme à la couette haussa les épaules à regret et considéra son frère d'un air sérieux.

- « ...Il vaut mieux que tu commences à dire au revoir à tes amis ».

À ces mots, Naruto se leva promptement. Secouant la tête, il quitta la table et le salon d'un pas raide. Aveuglé par la révolte et la colère qu'il sentait bouillir dans son cœur, il se mit à courir dans le couloir, cherchant à expulser le feu qui rageait dans sa tête. Sans vraiment regarder où il allait, il finit par tomber sur le jardin de la demeure. Suffoquant, il s'appuya contre une colonne de marbre, le visage rouge de colère.

Ainsi, sa mère, Deidara et même Iruka s'étaient ligués pour le renvoyer aux États-Unis. Et Kyosuke, comment avait-il pu lui faire ça ?. Son frère travaillait lui aussi dans ce domaine et il savait combien Naruto se passionnait pour l'archéologie. Alors comment pouvait-il prendre une telle décision sans même le consulter ?.

Sa famille ne comprenait pas, elle ne savait pas à quel point il lui était impossible de quitter l'Égypte. Le Caire, cette ville aux milles facettes, son fleuve mystique, ses parts d'ombre tout comme sa beauté, tout en elle l'interpellait.

Reprenant contenance, Naruto poussa un lourd soupir avant de caler sa tête contre la pierre froide. Que devait-il faire à présent ?. Le jeune garçon connaissait très bien le caractère implacable de son grand frère. Lorsque celui-ci avait décidé quelque chose, il le faisait bien, peu lui importait le reste. Le blond n'avait aucune chance de le faire changer d'avis si tout le monde s'était rangé de son côté. Il n'avait pas envie de partir, et ce, juste à cause d'une éventuelle menace qui planait au dessus de sa tête. Levant des yeux tristes vers le firmament noir du Caire, Naruto soupira, tourmenté par certaines raisons qu'il ne comprenait guère.

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- « Naruto n'oublie pas de dire au revoir à tes amis aujourd'hui. On a déjà réservé le vol, d'ici quelques jours, tu seras trop occupé pour les voir »

- « Oui, oui, je le leur dirai après la sortie », grogna le blond de mauvaise grâce.

Mais, ne prêtant point d'importance à l'air ronchon du blondinet, Kyosuke passa une main dans les cheveux clairs et les ébouriffa, s'attirant ainsi le grognement de Naruto qui avait mis un temps fou à les dompter.

- « Amuse-toi bien là-bas. Et fais attention à toi pendant le voyage » recommanda-t-il en donnant au blond son sac à dos.

- « Et toi, commence ton sevrage de tabac après mon départ, tu mourras jeune sinon », rétorqua celui-ci avec une pointe de provocation.

Tirant la langue à son frère , Naruto courut vers le car sous le sourire amusé de celui-ci.

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Après plusieurs heures de route, les roues de la navette ralentirent enfin dans le parking réservé du site. Tel des abeilles fuyant leur ruche, les étudiants de la promotion s'échappèrent du véhicule presque en bondissant, précédé par un professeur non moins excité que ses jeunes apprentis.

Quand vint au tour de Naruto et ses amis de descendre, leurs yeux s'allumèrent instantanément devant le magnifique tableau qui s'offrait à leurs regards ensorcelés. Tout droit devant l'allée sinueuse se dressait la grande pyramide de Khéops, et un peu plus sur sa gauche, on pouvait apercevoir les deux autres monuments, un peu plus petits que le premier mais tout aussi imposants.

Ces trois pyramides étaient connues sous le nom de pyramides de Gizeh, et aujourd'hui encore, elles étaient la seule merveille du monde qui ait encore subsisté. Les édifices formaient le cercle d'une constellation qui devait être au nombre de quatre, malheureusement, malgré les recherches, les archéologues n'avaient jamais réussi à trouver le point de chute du quatrième monument.

Les yeux allant entre la pyramide et la carte que leur avait préalablement distribuées Jiraya, Naruto repéra sans difficulté l'endroit où ils se trouvaient. Après un dernier rappel, Jiraya donna le signal de départ. L'expédition commençait enfin. D'après le plan de leur professeur, la visite se ferait de l'extérieur vers l'intérieur, allant de la pyramide du roi jusqu'à celles des reines. Le cœur subjugué par la splendeur des vestiges du temps, notre jeune héros oublia ses préoccupations personnelles et s'immergea dans sa joie immense. Mentalement, il n'était plus avec les autres à cet instant là.

La visite se déroula sans encombre, Jiraya retrouvant sa chanson habituelle sous les éclats de rires des étudiants. Certains prenaient des notes, d'autres prenaient des photos, l'un montrait à l'autre d'une exclamation surexcitée les inscriptions sur les murs. L'extase et l'émerveillement régnaient en maître sur l'ambiance de la visite. Dans le regard des jeunes apprentis archéologues, il y avait cette étincelle là, cet éclat exalté de quelqu'un qui vivait pour sa passion.

Fidèle à lui même, Naruto errait à l'arrière du groupe avec son petit calepin sur lequel il redessinait consciencieusement le moindre signe étrange de l'allée sinueuse et labyrinthique. Ils se trouvaient encore loin de l'entrée de la grande pyramide, pourtant, rien que le fait de la regarder procurait au blond une joie indescriptible.

Avec surprise, le jeune garçon nota que l'allée sur laquelle il se trouvait conduisait à une petite branche du fleuve, lui qui avait toujours pensé que le site de Gizeh se trouvait en plein cœur d'une terre déserte. D'ailleurs, sur les indications de la carte, la partie approchante du Nil était interdit d'accès, si on se fiait au triangle rouge " Warning" dessiné sur le plan.

Un peu trop pris dans ses dessins cabalistiques, Naruto ne se rendit compte qu'au bout d'une dizaine de minutes qu'il avait perdu de vue Sakura et Kiba. Hésitant, il jeta quelques regards autour de lui, à la recherche de ses amis. Il se trouvait à la toute fin du fil de visiteurs, s'il se dépêchait, il croiserait sûrement ses amis d'enfance dans la cohue.

Ses yeux accrochèrent alors un dessin particulier sur le mur. Aussitôt, ses sens se focalisèrent exclusivement sur la figure ancienne, oubliant subitement tout le reste. Consciencieusement, Naruto recala le feuillet sur le plat de son poignet et retraça des yeux les contours de l'hiéroglyphe. Certains traits lui posaient quelques problèmes, ceux ci étant si abîmés que le jeune étudiant hésitait beaucoup avant de les reproduire sur son carnet. Sa main traça légèrement les premiers traits du croquis. Une fois le dessin fini, Naruto balaya sa feuille d'un geste de main afin de chasser les dernières traces de gommage, l'œil satisfait du résultat.

Pivotant sur lui même, son sourire content se transforma en une moue ébahie lorsqu'il se découvrit seul dans l'allée. Le chemin était vide et il avait visiblement perdu le cortège de son professeur. Se sermonnant mentalement de son inattention, Naruto finit par emprunter un chemin dans le dédale, ne sachant quelle voie il fallait prendre et se localisant uniquement avec la pyramide qu'il apercevait un peu plus loin.

Malheureusement, plus il marchait, plus il avait l'horrible conviction de s'être perdu malgré l'aide de la carte. Il ne voyait guère de panneaux de directions ni de touristes sur son passage. La certitude de s'être trompé d'allée devint réalité lorsque ses pieds se heurtèrent à la ligne jaune d'avertissement. Pas de chance, il avait complètement loupé le plan et se retrouvait à présent devant la zone interdite d'accès aux touristes, celle qui était marquée d'un triangle rouge sur sa carte.

Naruto se hâta de reculer, la branche du fleuve devait se trouvait non loin d'ici. Si les autorités avait jugé le terrain instable, il valait mieux qu'il s'en éloigne le plus vite possible. Chagriné par sa gaffe, il fourragea nerveusement sa main dans ses cheveux lorsqu'une ombre attira son attention.

Curieux, le jeune adulte s'en approcha avec l'espoir de tomber sur quelqu'un qui pourrait le guider hors de cette maudite allée. Il contourna le mur et ses pas s'arrêtèrent brusquement en voyant la silhouette qui se dessinait au dessus de l'ombre, celle de cet homme qui était la dernière personne qu'il s'attendait à voir à cet endroit.

_ « Itachi », hoqueta-t-il, à moitié surpris et interloqué par la présence de l'égyptien.

Pourtant, ce dernier ne répondit rien. S'avançant vers Naruto de sa démarche éternellement gracieuse et noble, l'homme aux cheveux de jais continuait à sonder silencieusement le jeune blond qui recula instinctivement face au mouvement de l'apparition déconcertante.

- « Bonjour Naruto » , dit-il enfin de sa voix calme et posée comme dans ses souvenirs pendant que le chien qui l'accompagnait jadis offrit à son vis-à-vis des grognements menaçants.

Des martèlements sourds se mirent à tambouriner dans le cœur de Naruto. Étrangement, il ne se sentait pas en sécurité face au regard de glace qui le jaugeait, sans parler des mises en garde de son frère à l'encontre de cet homme qu'il avait cru connaître. Ce pressentiment d'un danger imminent, c'était la première fois que Naruto le ressentait depuis son réveil. Se pourrait-il qu'Itachi ait un lien quelconque avec sa disparition, comme l'avait supposé Kyosuke ?

Face au blond sidéré d'incompréhension, le visage du prince égyptien s'assombrit. Naruto semblait dérouté de le retrouver ici, et comble d'ironie, sa proie jurée semblait bien se porter malgré tout ce qui s'était passé. Que possédait-il de si particulier ?. Comment faisait-il pour s'en sortir à chacun des pièges qui se refermaient au dessus de sa tête ?

Le visage de marbre, Itachi continua à observer le jeune étudiant désigné coupable à ses yeux.

- « Sasuke est plus que jamais refermé sur lui même depuis que tu as disparu cette nuit là dans le Nil », dit-t-il sans élever le ton, pourtant, chaque lettre transpirait la haine et l'hostilité envers le blond hébété.

Ce dernier le regarda sans comprendre. Ou plutôt, il était persuadé de comprendre quelque chose. Pris d'une panique soudaine, il porta une main à sa tête. Sasuke. Ce nom, ce nom ne lui était pas inconnu. Mais de qui s'agissait-il ?. Son cerveau n'arrivait pas à saisir. Quelque chose lui échappait.

Pourquoi Itachi lui parlait de cette personne ?. Qui était ce Sasuke à qui il aurait fait du tord ?. Ses prunelles se relevèrent vers celles du brun, ces yeux, cette nuance profonde, il l'avait déjà vu quelque part, sur quelqu'un ...

Insensible à l'œil interrogateur de Naruto, Itachi conservait sa posture immobile. Qu'il maudissait ce garçon qui avait métamorphosé son fier et orgueilleux frère. Depuis que celui-ci avait disparu, Sasuke était devenu l'ombre de lui même, plus froid et sarcastique que jamais. Les banquets ne l'amusaient plus. Outre ses prétendues excursions solitaires qu'Itachi soupçonnait dans le but infime de retrouver l'esclave étranger, Sasuke se jetait à corps perdu dans le travail. Jamais encore, le prince n'aurait cru son frère capable d'être transformé à ce point, en si peu de temps, et pire, par un garçon dont il avait lui même condamné le destin.

Durant la période de temps qui avait suivi l'incident au palais, il avait préféré se retirer dans ses appartements afin d'éviter de voir l'insupportable, cette vision des regards captivés de son frère et de ceux subjugués de toute la cour envers son ennemi.

Qu'il avait été présomptueux de prétendre connaître Sasuke, celui avec qui il avait été élevé depuis la plus tendre enfance. Son petit frère était devenu un homme intelligent et ambitieux, arrogant et non moins fier, il n'avait jamais toléré que l'on remette en cause son autorité suprême. De ce fait, Itachi était persuadé que le caractère téméraire du blond d'une autre époque ne ferait que le précipiter vers la sentence de mort. Ainsi, il avait pris son mal en patience, attendant que Naruto se jette lui-même sous l'épée farouche du jeune pharaon.

Lorsque Tobi lui avait annoncé la disparition de son ennemi juste après la manifestation de Sothis, il avait cru voir dans ce hasard un signe des cieux. Mais, plus le temps passait, plus sa jouissance se muait en colère froide en voyant son frère se renfermer sur lui même, hanté continuellement par un songe chimérique.

Contre toute attente, Itachi avait été étonné de voir que le passage au 21ème siècle lui était accessible. Mais rien n'avait égalé sa fureur lorsqu'il avait vu de ses propres yeux son ennemi riant inconsciemment auprès de son entourage, pendant que, quelque part, son frère se noyait dans un silence malheureux.

Il était temps que cette histoire prenne une fin tout comme lui même, il devait mettre un terme à la faute commise. Ainsi, la boucle serait bouclée. Sasuke oublierait ce garçon qui avait bouleversé le palais depuis son arrivée devant les murailles de Thèbes.

- « Je te ramènerai à mon frère »

Les mots sortirent implacablement d'entre ses lèvres en accord avec ses yeux froids et pertinents fixés sur le jeune garçon dérouté. Tel un aigle impitoyable, il se délectait de la peur et l'incompréhension qui se bousculaient dans les prunelles bleues de sa proie.

- « Itachi…es-tu lié à ce qui m'est arrivé pendant ces trois mois ? », demanda le blond dont le cœur arrêta momentanément de battre alors qu'une panique blanche s'empara de tout son être.

Muet à la question du garçon, l'égyptien aux cheveux longs s'avança d'un pas.

- « Je montrerai à Sasuke que ses espoirs secrets sont vains », continua-t-il. « Tu mourras à ses pieds. Ton corps s'échouera sur les rives du Nil, et seule cette mort sortira mon frère de cette obsession maladive qui le hante depuis votre rencontre ».

Naruto en fut horrifié. Mais qu'avait-il fait au juste pour attiser cette haine que le brun ressentait à son égard ?. Fouillant son environnement, il ne vit personne derrière Itachi. Ses amis, pourquoi ne les voyait-il pas ?. Il avait peur, tout comme il assumait ce terrifiant émoi qui grondait depuis les tréfonds de son cœur face aux paroles haineuses.

Il recula encore d'un pas à la vue du brun qui s'approchait de lui, l'air prédateur. Son visage se crispa. Un coup d'œil furtif vers l'arrière, Naruto aperçut le fleuve coulant dans son dos. Il était au bout du chemin.

Paniqué par la vue du courant sous ses pieds, il ne vit pas venir le mouvement vif et sec de la part d'Itachi. Un geste, il bascula par dessus bord avant même d'émettre un cri. Le Nil le reçut dans un bruit sourd, enfonçant son corps dans les vagues bleutées.

Soudain, une image fugace revint à sa mémoire. La chute lui rappela quelque chose, quelque chose qui lui était arrivé dans des circonstances semblables … mais cette fois là, il y avait quelqu'un avec lui.

Des flashs paralysèrent son sang alors que ses membres se dépêtraient dans le courant puissant des profondeurs du fleuve. Une force indistincte le tirait irrémédiablement vers le bas ténébreux. Naruto suffoqua, il ne pouvait plus respirer.

Tout d'un coup, l'étudiant se revit une nouvelle fois dans l'eau. La lumière ondulante qui aveuglait ses yeux lui donnait vaguement l'impression de ne pas être au fond du cours d'eau. Et là, juste au dessus de sa tête, une paire de yeux anthracite le fixait d'un air moqueur. Cet homme. Celui qui l'avait presque noyé près de la berge de Goshen.

Une nouvelle image vint bousculer le souvenir précédent. Celle de lui-même assis près d'un petit feu dans une hutte de brique, à côté d'une femme et d'un jeune garçon. Leurs noms lui parvinrent instantanément dans la tête. Un autre flash. C'était le visage fascinant de l'homme qui retenait sa main, penché par-dessus bord d'un mur sombre et étoilé. Était-il celui qui hantait ses rêves ?.

Sasuke.

Le pharaon qui dormait dans le sarcophage de la Vallée des Rois. Son nom tout comme son visage lui revinrent enfin à la mémoire. Le frère d'Itachi. Cet homme pour qui il éprouvait des sentiments contradictoires, ce pharaon qu'il avait fui.

Les dernières bulles d'air s'échappèrent de sa bouche alors que ses paupières se refermaient lentement. Petit à petit, ses bras retombèrent mollement dans l'eau, fatigués de s'escrimer contre les flots silencieux.

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Le soleil éclatant grimpait de nouveau vers son zénith sur la terre égyptienne, parcourant et offrant aux champs de blés sa couleur et son essence. À la grande joie des paysans et des agriculteurs, depuis plusieurs semaines, le niveau d'eau restait considérablement haut par rapport aux autres années, preuve qu'ils auraient une belle récolte. Sur le bas côté du fleuve, à l'endroit où se tenait le marché sur l'eau, comme le voulait la routine, les thébains naviguaient en barque et s'échangeaient produits et bétails.

Dans toute cette foule grouillante, un couple dérivait sur un côté de la rive, là où le niveau d'eau était habituellement bas. Avec un peu de chance, ils trouveraient de quoi enrichir leur repas du jour.

L'homme poussait lentement la rame, et, accroupie à l'avant place de la barque, la femme plongea sa main dans l'eau troublée sous l'agitation. Enfin, elle extirpa une patate de la terre boueuse avant de la brandir triomphalement à son mari. Riant, ses yeux s'accrochèrent sur un éclat particulier. Elle poussa un petit cri de frayeur.

- « Regarde ! Il y a un noyé là bas ! », s'écria-t-elle en pointant le doigt vers la masse inerte empêtrée dans les buissons d'herbes humides.

Le paysan suivit du regard la direction que lui indiquait sa femme. Il vit alors ce qu'elle lui avait montré. C'était le corps d'un homme retenu dans les feuillages et sur lequel l'eau clapotait dangereusement à mi cou. Le thébain sauta de la barque, ses pieds s'enfoncèrent dans la couche molle de vase , il courut vers le noyé pour lui porter secours, suivi de près par sa femme, mais lorsqu'il tourna le corps du garçon inconscient vers eux, lui et sa femme ne purent retenir un mouvement de surprise.

- « C'est …

- « Le garçon aux cheveux blonds ! Mais c'est lui ! », s'exclama la femme en tirant le bras de son mari comme pour lui demander confirmation.

- « Oui…oui, c'est bien lui. Il n'existe pas un autre qui ait les mêmes cheveux ici. C'est le garçon que cherche sa Majesté ».

L'homme releva la tête de l'inconnu. Approchant son oreille du torse de ce dernier, il chercha un infime battement de cœur.

- « Il respire encore », pensa-t-il, soulagé. Se retournant vers sa femme, il lui recommanda l'ordre : « Vite, va chercher les soldats, dis-leur qu'on a retrouvé le garçon. Dépêche-toi. Il faut le mettre au chaud le plus vite possible. »

La femme acquiesça scrupuleusement. Retournant à leur barque, elle la poussa énergiquement vers le carrefour marchand de Thèbes, là où elle pourrait trouver de l'aide auprès des soldats.

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Fermant le rapport que lui avaient remis ses hommes, Kakashi se renversa sur la chaise, les notes de ses dossiers défilant progressivement dans son esprit pensif. Il fallait qu'ils finissent ce chantier le plus vite possible pendant que le niveau d'eau restait encore haut. De cette façon, le transport de pierres d'une rive à l'autre serait beaucoup plus facile et leur coûterait moins de ressources. À part cela, il lui restait quelques petits détails à régler, mais il aurait tout son temps pour consulter l'avis de Shikamaru qui se trouvait actuellement sur un autre site avec leur seigneur.

Un soldat entra en trombe sous sa tente, provoquant un froncement de sourcil suspicieux chez le bel homme aux cheveux gris. Mettant de côté le manque de discipline de son subalterne, il l'interrogea du regard.

- « Général, nous avons retrouvé l'esclave Naruto », se hâta de répondre celui-ci entre deux respirations saccadées.

- « Comment ? ». À son tour, Kakashi bondit de sa chaise en bois.

- « Oui, mon général. Un couple de paysans l'a retrouvé sur le côté Est du fleuve. Le garçon est inconscient mais vivant. La femme est venue prévenir les soldats. Ils attendent vos instructions. Que devons-nous faire à présent, général ? »

- « Toi, va prévenir tout de suite sa Majesté. Sa grâce est sur le chantier Nord. Trouve-moi un homme pour me conduire jusqu'à Naruto ! »

Sur ces derniers mots, Kakashi abandonna ses dossiers en cours et sortit précipitamment de la tente. Repérant le cheval que l'on avait mis à sa disposition, il l'enfourcha habilement et s'élança hors du chantier en pleine construction.

Lorsque la bête ralentit brusquement son allure, Kakashi sauta au sol et s'approcha du groupe d'hommes qu'il avait aperçu de loin.

- « Laissez-moi le voir », apostropha-t-il.

Se retournant vers la direction de la voix, les soldats s'écartèrent immédiatement et lui firent la révérence. Se plaçant à côté du noyé que ses hommes avaient déposé sur une bande d'herbes sèches, Kakashi le détailla de la tête au pied. Le soulagement se lisait sur les traits de l'homme lorsqu'il retourna le visage du garçon. À un moment, il avait craint que ses soldats s'étaient trompés de personne ...

Mais il n'y avait plus de doute, c'était bien Naruto, le garçon dont son seigneur s'était grandement épris. Le petit semblait indemne et ne présentait aucune blessure apparente. Et plus que tout, son souffle était régulier malgré ses vêtements et son corps trempés.

S'il était étonné par les vêtements que portait le blond, l'homme ne s'en formalisa pas. Ce n'était pas ce qui le préoccupait le plus pour le moment. Accroupi à côté du corps endormi, Kakashi songeait de nouveau au mystère qu'était ce garçon blond aux yeux bleus.

Toute cette histoire semblait vraiment invraisemblable. Naruto était-il réellement un être particulier ?. Derrière ce visage angélique, se cachait-il donc une force incroyable dont aucun d'eux ne soupçonnait guère l'existence ?. Le jeune garçon avait disparu dans les vagues depuis plus de trois semaines, or aucun humain ne pouvait se vanter de pouvoir endurer de telle extrémités. Lui-même, en voyant les soldats revenir bredouilles cette nuit là et les jours suivants avait fini par croire que le blond avait malheureusement péri dans les flots ténébreux. Pourtant, il se trouvait là devant lui, tout en chair et en os.

Se tournant vers ses hommes, l'homme masqué ordonna d'une voix réjouie :

- « Rapprochez mon cheval !. Je le ramènerai à mon pavillon en attendant l'arrivée de sa Majesté. Et donnez une récompense à ces braves gens qui ont sauvé le garçon ».

Sur ces derniers mots, passant ses bras sous le corps trempé, il le transporta jusqu'à son cheval sans que le blond ne s'éveille, profondément perdu entre ses rêves et ces mondes.

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Sur l'estrade qui surplombait le chantier grouillant de monde, solidement campé sur des sandales de cuir dont les cordelettes remontaient sur le bas de ses mollets, Sasuke observa l'avancement des travaux d'un œil aiguisé.

Les ouvriers travaillaient bien, ce qui leur avait permis de gagner beaucoup plus de temps par rapport aux délais calculés. Les chefs de chantiers l'avaient prié de rester au palais, mais le jeune pharaon préférait de loin visualiser l'avancement des projets de ses propres yeux. N'était ce pas à lui de faire de cet empire une grande puissance ? Pour cela, il avait besoin de voir lui même comment évoluait son pays.

- « Votre Majesté, regardez les modifications que nos architectes viennent d'apporter au plan », appela Shikamaru qui apparaissait dans son dos.

- « Hum »

Se tournant vers son bras droit, il lui prit les papyrus et commença à parcourir des yeux les modifications apportées sur le premier support . Par moment, ce qu'il voyait lui faisait froncer les sourcils d'un air sceptique.

- « Cette statue va prendre beaucoup plus de pierres que dans les prévisions. Combien de temps faudra-t-il pour transporter ce dont il leur faut de la mine jusqu'ici ? »

- « Trois à cinq jours tout au plus »

- « Bien. Et ...

Le jeune homme s'interrompit à la vue du cavalier qui fonçait vers leur campement à contre courant. Rapidement, celui-ci remonta jusqu'à leur endroit, sautant de sa selle, il s'agenouilla en bas des escaliers qui conduisaient à l'estrade.

- « Votre Majesté, nous avons retrouvé l'esclave aux cheveux blonds. Il se trouve actuellement sous la garde du général Kakashi, côté chantier Est »

Les perles noires s'agrandirent de surprise avant que l'information n'arrive réellement à son cerveau.

Le garçon aux cheveux blonds ?. Naruto !.

- « Soldat, répète ce que tu viens de dire » ordonna Sasuke d'une voix empressée alors que ses doigts se crispaient sur le papyrus.

Il n'y avait que lui pour posséder un tel physique.

- « Oui, votre grâce. Le général m'a dépêché pour vous avertir. Naruto est vivant »

Sasuke n'attendit pas plus. Bondissant de l'estrade, il attrapa prestement les rênes de son alezan sur lequel il sauta habilement.

- « Shikamaru, surveille le chantier ! », ordonna-t-il à l'adresse de l'homme aux cheveux hérissés avant de lancer sa monture par un coup sur les flancs de l'animal. La bête sauvage s'élança dans la poussière sous les directives de son maître qui se moquait bien de brusquer les ouvriers sur son passage.

Son cheval fila comme une flèche argentée, sa belle cape virevoltant dans l'air sec du midi. Cambré sur le dos de son cheval, Sasuke répéta ce qu'il venait d'entendre. Ainsi, Naruto était toujours vivant. Vivant et plus très loin de lui. Gardait-il des séquelles de ce qui lui était arrivé après la nuit de sa disparition. Comment l'avait-on retrouvé ?. Le garçon allait-il bien ? Et puis, le haïssait-il toujours ?.

Les paroles du blond lors de leur dernière altercation serrèrent l'âme du jeune pharaon incertain. Quoi qu'il fasse, devant le regard bleu de l'autre, il se sentait comme un homme désarmé qui mettait pour la première fois le pied sur un champ bataille.

Des sentiments confus s'élevèrent dans sa poitrine. Cette nuit là dans le fleuve, lorsqu'il avait été incapable de ramener Naruto vers lui, Sasuke avait vécu cet échec comme une gifle brutale. Pour la première fois de sa vie, il se rendait compte de son impuissance, cet ubris dérisoire face au pouvoir monstrueux de la nature et des dieux. Et pour cela, Hapy l'avait bien puni sévèrement.

Jours après jours, malgré les recherches incessantes et son entêtement à ne pas croire que le blond était mort, ses soldats étaient revenus bredouilles et sans aucune trace de lui. Dévoré de remords et de colère contre le blond et contre lui-même, il s'était jeté à corps perdu dans le travail, soumettant le palais à sa mauvaise humeur.

Son silence, son obstination, son égoïsme et sa violence s'étaient accrus. Pourtant, Sasuke savait très bien que tout ceci n'était qu'un masque, qu'au fond, la colère grondait encore, et ce, contre lui même et ce mal être qu'il ressentait face à cette situation insupportable.

Qu'adviendrait-il d'eux si aujourd'hui Naruto lui revenait ?. Cela, le jeune souverain l'ignorait. Sa fierté de pharaon lui interdisait de perdre contre un esclave. Pourtant, Sasuke le savait, cette vérité qui s'ancrait dans sa poitrine qu'un jour, si jamais Naruto lui échappait, il se battrait pour récupérer ce garçon aux yeux rieurs qui hantait ses pensées.

À la fois fébrile et impatient, Sasuke donna un autre coup de talon à sa monture, la poussant à filer plus vite sur sa terre mère.

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Naruto papillonna des paupières après que son corps ait fait un léger mouvement. La gorge lui brûlait désagréablement et il se sentait quelque peu nauséeux. Passant une main distraite dans ses cheveux encore humides, il ouvrit lentement les yeux avant de tomber sur une scène qui le figea sur place.

Un homme dont le visage était masqué se trouvait au bout de ses pieds. Il semblait le surveiller tout en parcourant distraitement le papyrus d'une ligne à l'autre.

Le blond frémit. Kakashi. Un autre nom qui lui revenait à l'esprit.

Bondissant rudement de sa couche, il recula sur ses fesses à l'autre bout du lit, les mains crispées nerveusement sur le drap sur son ventre. C'était impossible! Il devait avoir rêvé. Était-ce possible qu'une telle chose puisse arriver ?

Kakashi, cet homme de l'autre époque se trouvait devant son regard abasourdi et ce soldat illustre n'était autre que le bras droit de …Sasuke. Une peur sans nom s'empara de tout son être, les souvenirs revenaient dans son esprit affolé. Ces mois d'absence et de questions n'étaient plus teintés de blanc introuvable, car il en avait ici les réponses.

Ses yeux hagards se perdirent dans l'observation de la tente sobre qui masquait mal la lumière du soleil tandis qu'il réalisait l'endroit où il se trouvait. Ce n'est pas possible, se répéta-t-il, sidéré. Il ne pouvait pas être de retour dans l'Égypte Ancienne ?

Cherchant désespérément une évidence qu'il espérait autre, Naruto se leva tant bien que mal de son lit de fortune.

- « C'est pas vrai ! Nom de dieu ! Dis-moi que ce n'est pas vrai !, pria-t-il, les yeux troubles parcourant frénétiquement l'intérieur de la tente à la recherche d'une « échappatoire ».

- « Que comptes-tu faire ? », demanda calmement Kakashi tout en s'approchant du lit. Subtilement, il attira l'attention du blond de telle sorte que celui-ci ne voie pas la sortie de la tente.

- « Kakashi, vous ! Je … merde !. Je comprends même pas pourquoi je suis ici... Itachi ! Mais bien sûr que c'est lui !», s'agita-t-il, nerveux.

L'homme aux cheveux gris fronça ses sourcils. Le garçon délirait-il ?. Était-ce un effet secondaire suite à son séjour dans l'eau ?.

- « J'ai fait prévenir sa Majesté Sasuke que tu es ici », crut-il bon de l'informer.

Le visage de Naruto perdit spontanément la couleur et ses dents grincèrent.

Sasuke.

Peu importait ce qu'il faisait, pourquoi fallait-il qu'il soit toujours ramené vers cet homme tant craint dans ses souvenirs. Ce nom, il n'avait pas espéré le réentendre de sitôt. Que lui ferait le pharaon une fois qu'ils se seraient revus ?. Son esclave ? Son amant ? Son concubin ?. Cela, il en doutait fort au vu du souvenir de leur dernier accrochage avant qu'il ne se retrouve projeté dans son époque.

- « Kakashi, je vous suis très reconnaissant pour tout ce que vous avez fait pour Haku et sa mère, mais vraiment, je ne peux pas rester ici. Et même, je ne devrais pas me trouver ici », débita-t-il à toute vitesse, emmêlant ses pensées.

- « Dans ce cas, ré explique-moi mieux la situation. Comme tu es un étranger, je conçois que certaine coutume de notre empire t'échappe. Mais, l'endroit d'où tu viens est-il si différent de l'Égypte ?. Et puis, réfléchis bien Naruto, ton nouveau statut te sortira de ta condition d'esclave. Vraiment, je ne comprends pas pourquoi tant de refus de ta part alors que tout le monde espère un regard de sa Majesté ».

- « Bien sûr que vous ne pouvez pas comprendre ! », s'écria-t-il en s'arrachant nerveusement les cheveux. Le blond se sentait à bout, acculé au mur par ce prince égyptien qui avait bouleversé sa vie, par ce pharaon - son frère !-, qui le hantait, mais aussi par toutes ces personnes qui gravitaient autour d'eux et qui le poussaient sans raison vers l'héritier du trône. « Que dois-je dire pour que vous tous comprenez que je ne fais pas partie de votre société, de votre monde. Et quoiqu'il se passe, je ne pourrai jamais être heureux ici !"

- « Et pourquoi donc Naruto ? », retentit une troisième voix depuis l'entrée de la tente, provoquant un frisson irrépressible chez le blond dont les mots se suspendirent devant ses lèvres.

Kakashi, qui était face à l'ouverture de la tente, se décala légèrement en entendant la voix du nouveau venu.

- « Votre Majesté ? », fit-il, surpris, alors que dos face à la porte, Naruto sentit ses muscles tressaillir, pleinement conscient du regard lourd et pénétrant qu'il devinait juste derrière son dos.

À suivre …

Le chapitre n'était pas censé se finir sur ce passage. Au début, j'ai pondu une quarantaine de pages ( eh oui, encore...^^' ) mais après le bug de mon ordi, faute de temps et de motivation, je n'ai pas eu le courage de réécrire le tout.

Le dessin qui va avec ce chapitre ( si vous trouvez que l'image en elle même est bizarre, c'est normal, mon imprimante a beugué elle aussi ...) :

*h*t*t*p*:/*i44*.*servimg*.*com/u/f44*/*12/84/77*/*56/*img*00510*.*j*p*g*

Merci beaucoup de m'avoir lue. J'espère que cette suite ne vous a pas trop déçu ...

À bientôt et bonne soirée à vous.

Baby love ya love ya love ya ~~