Disclamer : Pas n'a moi. Je les emprunte juste honteusement à Square Enix. Mais je vous promets de ne pas trop les user.

Note : Dans le précedent chapitre, on voit que Seifer n'est finalement pas passée du côté obscur. (de la for-SBAM. Pardon, le f'rai plus, snif.) Les choses vont commencer à devenir marrantes, maintenant. ( Seifer (soupire) : ça dépend pour qui...). Je rassure toutes les fans d'Irvine ici présentes (si cette espèce existe), il s'est bien remis. Et je vous assure aussi que je l'aime bien. C'est juste que je voyais trop cette scène...

Remerciements à ma bêta flammula, à qui je serai toujours éternellement redevable et qui m'évite de faire des fautes plus grosses que moi. Et merci à ma fan de la première heure, Kaname-chan, qui me poste toujours un petit mot. Merci beaucoup, car cela me donne l'envie de continuer ma fic.


Un nouvel équipier. Pas sûr que ça plaise à tout le monde.

Si le rêve concernait de nouveau les trois soldats galbadiens, il ne se déroulait pas au même endroit que la dernière fois. En effet, Laguna, Kyros et Ward exploraient maintenant un étrange bâtiment presque entièrement fait de métal, perdu au milieu de nulle part. Squall n'avait aucune idée du lieu où il se trouvait. Tout au plus savait il que c'était une ancienne mine aujourd'hui désaffectée, selon les dires des trois hommes. Ils défaisaient d'étranges ennemis, des S-borgs, à l'allure humanoïde dérangeante. Leurs corps étaient semblables à ceux des humains, mais les combinaisons qu'ils portaient donnaient à leurs peaux un aspect plutôt monstrueux et leurs têtes horriblement difformes faisaient penser à celles de mouches, avec leurs gros yeux rouges globuleux. À l'échelle humaine, cela ressemblait plus à une répugnante absurdité contre-nature qu'à des soldats. Squall était troublé car ces S-borgs venaient d'Esthar. Or cela faisait presque deux décennies que la nation était complètement silencieuse, entièrement fermée au reste du monde ! Quand donc, au nom d'Hyne, cette scène se passait-elle ? Plus le jeune homme réfléchissait à ce problème insoluble, moins il y comprenait quelque chose.

Pendant qu'il cogitait, Laguna, Ward et Kyros se firent acculés en haut d'une falaise par un groupe d'ennemis qui n'étaient certainement pas là pour leur conter fleurette. Les trois hommes se regardèrent. Là, ils étaient vraiment très mal. Dégainant courageusement leurs armes, ils firent face à leurs assaillants. La bataille fut longue et éprouvante. À chaque fois qu'un estharien était abattu, deux autres prenaient sa place et les trois jeunes gens désespéraient de voir un jour la fin de ce massacre. Pendant le combat, Squall eut tout le temps nécessaire pour examiner les différentes manières de combattre des trois galbadiens. Qui sait, peut-être cela l'aiderait-il à les retrouver par la suite ? Laguna, le beau gosse à la chevelure de drag-queen, était armé d'une mitraillette qui lui permettait de faire beaucoup de dégâts chez ses opposants. Ward, le gros chauve, se battait avec un harpon qui semblait si lourd que Squall se demandait comment il pouvait le manier. Bon, ok, un Raijin numéro deux, ce gars. Et pourquoi diable utilisait-il un harpon ? On était pas à la pêche, ici ! Le dernier, Kyros, un beau black à la chevelure sombre nattée, manipulait deux épées courtes à la lame d'une forme étrange, arrondie et bombée. Ces mecs-là étaient décidément vraiment bizarres, se disait le type qui se battait avec une arme aussi archaïque qu'une gunblade.

Le combat s'acheva par la victoire des trois galbadiens, faute d'adversaires. Kyros et Ward s'effondrèrent sur le sol, épuisés. La bataille les avaient littéralement vidés de toute énergie. Le seul qui avait l'air toujours en forme était ce foutu Laguna, qui trouvait encore le moyen de positiver et de plaisanter sur leur situation. Bon, peut-être était-il juste content d'être encore en vie, mais c'était plutôt énervant et même écoeurant de le voir aussi plein d'énergie. Suite à une de ses vieilles remarques comme quoi c'est quand on parle du malheur qu'il arrive, Ward décida de ne plus jamais parler jusqu'à la fin du jeu. Toutes les provocations - plutôt puériles, il faut bien l'avouer - de Laguna ne le firent pas changer d'avis. Apercevant des bateaux qui naviguaient en bas de la falaise, le beau brun poussa des exclamations joyeuses, qui ne furent pas spécialement partagées par ses camarades. Eux voulaient surtout qu'on les laisse dormir ici pendant les quelques décennies à venir. Sans tenir compte de leur manque évident de coopération, Laguna les poussa du haut de l'escarpement. De toute façon, une fois dans l'eau, ils n'auraient pas d'autre choix que de nager en direction des navires pour se faire repêcher. Ils atterrirent dans la flotte avec un grand « plouf ! ». Laguna, resté en haut, jaugea d'un coup d'oeil la distance qui le séparer de l'étendue liquide en dessous de lui, plus très chaud à l'idée de sauter. Pour se donner du courage, il cria à ses amis que le modèle de bravoure qu'ils représentaient était un véritable exemple pour lui. Avant de s'élancer dans le vide.

Le moment de la chute de Laguna dans le vide correspondit précisément à celui du réveil de Squall, qui fut surpris de sentir la terre ferme sous lui. La sensation de tomber était vraiment si réaliste qu'il s'était vraiment cru en train de sauter. Il palpa le sol. L'herbe était humide, la terre souple sous ses doigts. Il pouvait sentir l'odeur fraîche d'une forêt. Il se redressa péniblement et porta une main à sa tête. Il avait une de ses migraines ! Et tout tournait autour de lui. Un soudain mouvement à ses côtés le fit sursauter. Il tourna brusquement la tête (aïe !) et croisa le regard un peu inquiet de Seifer, qui venait de s'asseoir à côté de lui. La jeune fille tendit une main dégantée et la posa sur le front du brun.

« Au moins, tu n'as pas de fièvre, c'est déjà ça.
– Squall, tu vas bien ? »

Linoa s'était aperçu de son réveil et se précipita vers lui. Un peu plus loin, Selphie et Quistis sortaient elles aussi de leur sommeil. Apparemment, elles avaient été du voyage. Zell les aida à se relever, Quistis semblait encore un peu comateuse. Squall se leva, dédaignant la main de Linoa. Il se sentait de mieux en mieux, sa migraine n'était plus qu'un souvenir. Selphie commençait à sautiller partout elle aussi. Quistis mettait plus de temps à s'en remettre, peut-être parce que c'était la première fois que ça lui arrivait.

Selphie se précipita vers Seifer et Linoa, impatiente. La blonde haussa un sourcil, l'autre fille sautillait presque sur place comme un jeune chiot. Enfin, Selphie se mit à battre des mains. Ils avaient revu Laguna ! Quistis les interrompit, perplexe. Elle les dévisagea, les bras croisés sur la poitrine.

« Ça n'a pas l'air de vous surprendre plus que ça… De quoi s'agit-il exactement ?
– Si j'avais été le seul, marmonna Squall pour lui-même, j'aurais appelé ça un rêve stupide.
– Leonheart ?
– Ça ne sert à rien d'essayer d'expliquer ce phénomène.
– Je ne suis pas d'accord, répliqua Seifer. J'aimerais bien qu'on m'explique un peu.
– Je ne sais pas trop comment expliquer ça. » Selphie eut une moue un peu boudeuse. « C'est comme si on passait dans une dimension parallèle dans ces rêves et qu'on voyait les actions d'autres personnes… ça nous est déjà arrivé dans le train pour Timber.
– Je ne comprends pas comment une telle chose est possible, fit Quistis d'un air songeur. Ça défie toutes les lois physiques et magiques connues jusqu'à présent. »

Seifer haussa les épaules. Ils n'étaient pas plus avancés.

« Qu'est-ce qu'on en a à faire, du pourquoi du comment ? Personnellement, je m'en fiche bien de savoir si théoriquement c'est possible ou pas. On a vu que techniquement ça marche et ça me suffit. Et je me soucie bien plus du « qui a lancé ce sort » que du « comment il a fait ».
– En attendant, t'étais sacrément inquiète quand Squall et les autres se sont effondrés, lui fit remarquer Zell.
– Excuse-moi, répondit d'un ton cinglant, mais c'est vrai que c'est super normal de voir trois de tes équipiers s'évanouir sans savoir pourquoi. »
– J'avoue avoir été plutôt inquiète moi aussi, ajouta d'une voix douce Linoa, qui se tenait toujours près de Squall. C'était assez effrayant et les explications de Zell étaient plutôt confuses. Squall, ça va ? » demanda-t-elle en voyant le jeune homme se lever et faire quelques pas.

« On discutera de tout cela plus tard à la GGU. On a encore du chemin à faire et la nuit va bientôt tomber. »

Une fois que le groupe fut sorti de la forêt, Quistis tendit le doigt. Un bout de la GGU dépassait de la falaise qu'ils longeaient. Ils étaient vraiment tout proches de leur destination. Zell bailla. Il espérait bien qu'ils arriveraient vite, il commençait à être fatigué, la journée avait été épuisante, au niveau physique et nerveux. Quistis lui tapota l'épaule avec un petit sourire. Ils étaient à environ une petite heure de marche.

Sur l'allée centrale de l'université, ils eurent la surprise de voir plusieurs personnes manier des espèces de motos volantes. Zell soupira de dépit, dire qu'à la BGU, on lui avait confisqué son aéro-skate alors que là, ils pouvaient l'utiliser. C'était vraiment pas juste, tiens. La GGU ressemblait beaucoup à sa sœur balambienne dans son aspect général mais les teintes dominantes étaient rouges, une couleur presque agressive par rapport au bleu pâle paisible de la BGU. L'université était entourée de larges jardins et terrains de sport, elle avait un plan semblable à celui de leur fac même si elle avait beaucoup l'air d'un grand stade sportif (à plusieurs étages et ultra-perfectionnés).

Ils arrivèrent à l'entrée où se trouvaient les mêmes portillons qu'à la BGU.

« Oh, quelle différence, rit doucement Selphie.
– C'est vraiment calme, » nota Zell. En effet, autant l'extérieur était animé autant le grand hall qu'ils apercevaient était tranquille et pratiquement désert.

« C'est agréable, acquiesça Squall.
– Je suis déjà venue plusieurs fois, intervint Quistis. Le proviseur me connait bien. Je peux m'en charger, si vous voulez. » Squall hocha la tête et la jeune femme passa les portiques. « Je vais lui expliquer notre situation. »

Elle disparut et les autres se regardèrent, ne sachant pas trop quoi faire. Zell regardait autour de lui pour noter les différences. La GGU n'avait pas de grand ascenseur central dans le hall. En fait, la rotonde n'avait pas de toit et était à l'air libre. En même temps, vu le climat chaud et plutôt sec de l'endroit, ce n'était pas très problématique. Seifer s'étira à ses côtés.

« On est enfin arrivé. On va pouvoir se reposer un peu.
– Oh ? » Selphie eut une petite moue. « J'aurais aimé explorer un peu la fac.
– Ce serait plutôt sympa, s'enthousiasma aussi Linoa. Allez, Seifer, dis oui !
– C'est pas moi l'chef, leur rappela-t-elle en levant les yeux au ciel mais un petit sourire amusé aux lèvres. Demandez à Leonheart. »

Squall lui envoya un regard noir, peu ravi la voir lui confier cette corvée mais une voix jaillit des haut-parleurs et coupa Selphie et Linoa dans leurs élans.

« Membres du Seed. Veuillez patienter dans le hall d'accueil au deuxième étage. »

Les filles soupirèrent et Seifer leva les yeux au ciel.

« Si vous voulez à ce point vous lancez dans l'exploration, on peut bien jeter un coup d'œil. Après tout, on n'est pas du coin, on peut très bien ne pas savoir où est la salle d'attente. »

Squall lui jeta un coup d'œil dubitatif mais la blonde le snoba avant de les diriger à travers les différentes installations. Ils sortirent dehors pour longer plusieurs terrains de sport.

« Tu as l'air de connaître l'endroit, fit remarquer Linoa à Seifer.
– Mouais, je suis déjà venue ici une ou deux fois l'été dernier, répondit la jeune blonde en regardant autour d'elle d'un air un peu blasé. J'ai jamais trop aimé cette fac. On dirait plus une école de sport qu'une académie de combat.
– Mais c'est ça qui est génial ! » s'enthousiasma Zell.

« C'est vrai que pour lui, ça doit être le paradis ici. » pensa Squall. Il échangea un regard blasé avec Seifer dans le dos du karatéka.

« Des terrains de basket, de foot, une patinoire qui sert aussi bien pour faire du hockey que du patinage artistique, des gens qui font des pompes dans le couloir, des instructeurs qui ont plus l'air de profs d'EPS, récapitula Selphie en comptant sur ses doigts. C'est vrai que ça fait beaucoup.
– Beaucoup d'athlètes galbadiens de haut niveau sont des anciens élèves de cette fac, » renifla Seifer d'un air dédaigneux. Elle n'avait jamais trop aimé le sport. Enfin, si le sport était bien. Pas les crétins qui faisaient ça juste pour être virils et parce que c'était le but ultime de la vie d'un homme de savoir jouer au foot. Ils se dirigèrent dans les escaliers. « Ah, on est arrivé. »

Un jeune homme en uniforme les salua et leur ouvrit la porte de la salle. Le hall d'attente était vraiment confortable, en même temps, ce n'était pas n'importe qui qui pouvait se payer les services des Seeds, les universités pouvaient bien faire quelques génuflexions devant l'autel du luxe. Les canapés étaient incroyablement moelleux et confortables, une épaisse moquette étouffait le bruit de leur pas et les meubles étaient finement sculptés dans un bois précieux. Soupirant d'aise, Seifer s'étira avec une grâce féline et s'allongea sur un sofa, sur le ventre, les jambes pliées avec les pieds qui battaient doucement dans l'air. Selphie vint s'adosser au siège et Seifer se mit à jouer distraitement avec les cheveux châtains de son amie. Linoa s'assit sur le fauteuil le plus proche et se pencha pour discuter à voix basse avec Selphie pendant que Seifer somnolait à moitié. Squall la dévisagea. C'était rare de voir sa rivale baisser autant sa garde, elle était d'habitude plus méfiante. Elle devait être vraiment fatiguée ou leur faire confiance… Le fait de se retrouver enfin dans un lieu sûr devait jouer, aussi. Il regarda par la fenêtre, pensif, et se mit à réfléchir pendant que Zell passait le temps en boxant derrière lui. C'était assez agaçant, il devait le reconnaître. Seifer se redressa.

« Quistis arrive. » annonça calmement Seifer, surprenant tout le monde. En effet et conformément à sa prédiction, la porte s'ouvrit pour laisser passer la Seed qui avait l'air à la fois préoccupée et soulagée.

« Comment ça s'est passé ? lui demanda Squall.
– Ils comprennent notre situation. » Elle s'avança vers Zell et lui tapota doucement sur l'épaule, avec un gentil sourire. « La BGU est hors de danger. Il n'y aura aucune poursuite, l'incident est vu comme un acte de terrorisme isolé commis par le groupuscule des Hiboux.
– Pardon ? manqua de s'étrangler Seifer, perdant pour une fois son imperturbable arrogance. Mais à quoi il joue, Deling ?
– Je n'en ai aucune idée, mais c'est vrai que c'est inquiétant, avoua l'ancienne professeur.
– Pourquoi accuser les Hiboux ? releva Linoa.
– Je ne sais pas trop… Vous aviez déjà tenté de l'enlever. Il était facile de vous mettre cet acte terroriste sur le dos.
– En tout cas, s'enthousiasma Selphie, c'est une bonne nouvelle pour la BGU, non ?
– Tout dépend de ce qu'il se cache derrière, répondit gravement Squall. Et je n'ai pas confiance en Deling.
– Moi non plus, soupira Quistis. Le proviseur aura à nous parler demain, il veut nous confier une mission. Apparemment, Cid et lui se sont mis d'accord ces derniers temps pour effectuer une mission commune. Nous passerons la nuit dans les dortoirs des invités. Sinon, Seifer, ceux qui ont apporté l'ordre de mission depuis la BGU sont Raijin et Fujin. Ils repartent ce soir. Si tu veux les voir, dépêche-toi !
– Vraiment ? sourit la jeune épéiste. Bon et bien, je vous laisse. »

Seifer leur adressa un petit geste joyeux de la main et quitta la pièce. Squall regarda la porte se refermer derrière elle d'un air songeur. Là, il retrouvait la Seifer qu'il connaissait, détendue, une première depuis des mois. Seifer avait toujours adoré agacer les gens et surtout lui, mais elle était enjouée et plutôt sympa et n'avait pas vraiment l'intention de blesser les autres… Enfin, ça, c'était avant. Squall n'arrivait pas vraiment à dater le changement mais Seifer était devenue beaucoup plus dure, agressive. Injuste aussi alors qu'elle avait toujours détesté qu'on s'en prenne aux plus faibles. Il n'avait pas compris et leur relation avait fini par… dégénérer. Ils en avaient maintenant la preuve sur le front. Il passa une main dans ses cheveux. Est-ce que c'était entièrement la faute de Drace ou quelque chose d'autre avait joué ? Il voulait revoir l'ancienne Seifer, elle était beaucoup plus agréable à vivre… Parfois, elle réapparaissait, comme aujourd'hui. Squall n'avait jamais été une personne très sociale et avait du mal à exprimer ses sentiments mais Seifer avait toujours paru s'en accommoder sans tenter de le changer. Maintenant, ils s'évitaient et ne se parlaient presque plus, à part pour se disputer, alors qu'avant, ils allaient parfois boire un verre ou manger ensemble… Leur relation lui manquait… Un petit peu.

Il sursauta quand Linoa s'accrocha à son bras. Elle avait le regard inquiet. Perdu dans ses pensées, il n'avait pas fait attention aux autres. Quistis le regardait aussi d'un air préoccupé.

« Hello, Squall. A quoi penses-tu ?
– A la situation, mentit-il. Les prochains jours risquent d'être compliqués.
– J'imagine que tu as raison, soupira Quistis. On ferait mieux d'aller à la cantine avant qu'elle ne ferme, si on veut pouvoir manger.
– Je sais pas vous, intervint Zell, mais moi, je suis affamé !
– Tu as tout le temps faim, de toute façon, se moqua Selphie. »

Au réfectoire, ils entendirent quelqu'un crier leurs noms. Ils se retournèrent et virent un grand colosse brun qui agitait le bras en l'air. A ses côtés, Seifer leva les yeux au ciel mais leur fit signe de les rejoindre. Les nouveaux venus s'assirent avec leur plateau.

« Vous avez presque fini de manger, remarqua Selphie.
– Vous êtes restés longtemps dans la salle, c'est pas ma faute, répliqua Seifer en haussant les épaules. Linoa, je te présente Raijin et Fujin… Et inversement. Vous avez déjà vu rapidement Selphie avant l'annonce des résultats.
– Enchantée ! sourit Linoa. Seifer m'a beaucoup parlé de vous quand on était toutes les deux. Je suis contente de vous rencontrer enfin.
– Ravie.
– Booyaka ! fit joyeusement Selphie en secouant la main pour les saluer. C'est sympa de pouvoir vous revoir.
– Je suis content de voir que tu as survécu à Seifer quand vous étiez colocataires. Elle peut être terrible, tu sais ? »

La blonde lui envoya un coup de coude mais avait un large sourire, absolument pas vexée. Selphie gloussa de rire avant d'entamer une conversation avec Raijin et Linoa. Fujin restait comme à son habitude à l'écart. Zell gardait le nez baissé dans son assiette. Il ne se sentait pas très à l'aise, près de Seifer et de ses amis, même s'ils avaient l'air de bonne humeur. Quistis regardait la scène, songeuse. Raijin et Fujin n'étaient pas du genre très expansif avec les inconnus, d'habitude, pourtant ils étaient détendus avec Linoa et Selphie… Parce que c'était Seifer qui les leur avait présentées ? Peut-être. Raijin et Fujin avaient une confiance absolument envers leur amie et ses amis étaient leurs amis. C'était tout aussi simple que ça. Seifer avait beaucoup de chances de les avoir. Quistis eut un petit sourire et s'apprêtait à entrer dans la discussion quand un souvenir lui revint.

« Je déteste qu'on me souhaite bonne chance, instructrice. Gardez ça pour les nuls qui en ont besoin.
Je vois. Bonne chance, Seifer. »

La jeune fille fronça les sourcils et se tourna vers Fujin et Raijin qui la suivaient.

« Ajoutez l'instructrice Trèpe à la liste. »

Son sourire disparut lentement et elle cacha ses mains sous la table pour ne pas montrer qu'elles tremblaient. Elle serra lentement ses poings et prit une profonde respiration afin d'étouffer sa rage. Espèce de sale peste ! Et eux, ils avaient obéi ! Elle croisa l'unique œil de Fujin qui la dévisageait. L'albinos se détourna pour regarder sa montre et se leva juste ensuite.

« Raijin. On doit y aller.
– Déjà ? » gémit son ami. Il aimait bien discuter avec Selphie et Linoa, elles étaient très joyeuses et bavardes. Et Seifer avait un grand sourire et ça valait tout l'or du monde. Mais si Fujin disait qu'ils devaient partir, alors il n'avait plus qu'à s'exécuter. « Désolé, faut qu'on retourne à la BGU.
– Je vous accompagne. » Seifer avait reposé ses couverts sur son plateau et s'était levée à son tour. Elle se tourna vers Squall. « Je vous rejoindrai dans les dortoirs. A plus.
- Au fait. » Fujin s'arrêta et regarda Zell. « Si tu veux récupérer ton skate, passe au bureau. »

Zell hocha la tête, trop surpris pour réussir à articuler un remerciement. Seifer le toisa brièvement puis, sans leur porter plus d'attention, elle attrapa son plateau pour le ranger et rejoignit Fujin et Raijin qui l'attendaient à la sortie de la cantine. Le petit groupe les regarda partir avant de continuer à discuter, Zell et Quistis l'âme bien plus légère. Les rires fusèrent vite entre les plus jeunes avant qu'ils ne se lèvent eux aussi pour aller dormir.

Seifer marchait d'un pas tranquille en direction des dortoirs. Raijin, Fujin et elle avaient continué leur discussion en marchant. C'était dommage qu'ils n'aient pu se voir qu'en coup de vent mais elle savait qu'elle pouvait être reconnaissante d'avoir quand même pu les voir. Parler avec eux lui avait fait beaucoup de bien, c'était fou comme les choses étaient plus faciles quand ils étaient là. Fujin lui avait conseillé d'être très prudente dans les jours à venir. La prochaine mission ne lui disait rien qui vaille. Seifer eut un petit sourire. Qui pouvait imaginer que Fujin était à ce point protectrice envers ses amis ? Certainement pas la plupart des gens. Mais ils ne savaient pas à quel point la jeune fille était merveilleuse. Seifer retint un gloussement de contentement. Avec Raijin et Fujin, elle avait vraiment les meilleurs amis du monde.

Son sourire se fana à l'entrée des dortoirs et elle resta plantée un moment devant la porte, à réfléchir. Elle pouvait entendre les voix de Selphie et Linoa à travers la cloison. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas revoir les autres Seeds, mais… si, un peu, en fait. Ils avaient une tendance certaine à lui taper très vite sur les nerfs. Elle ne savait pas si elle devait les laisser être ses amis ou pas. Elle ne leur faisait pas assez confiance. Elle mourrait pour eux et savait qu'ils mourraient pour elle, pour la protéger dans une bataille, mais être amis ? Elle ne savait pas. Elle avait déjà été une fois dessus, quand des gens qu'elle appelait ses amis n'avaient pas tenus leur promesse de rester unis, elle ne voulait pas tenter le diable une seconde fois. La première fois avait été une leçon suffisamment cuisante et elle n'était pas assez masochiste pour essayer une nouvelle fois. Elle soupira. Elle n'avait pas non plus envie qu'ils voient qui elle était vraiment, avec ses doutes et ses faiblesses. Elle portait son orgueil et son assurance comme une armure qui jusque-là avait fait ses preuves mais elle avait peur qu'ils puissent voir à travers quand même. Elle avait peur qu'elle finisse par déposer son armure à leur pied, comme elle l'avait fait pour Fujin et Raijin. Mais en eux, elle avait une confiance absolue…

La porte s'ouvrit brutalement devant elle et elle eut un pas de recul. Selphie lui adressa un large sourire et la tira par le bras pour la faire entrer. Un halogène répandait une lumière chaleureuse dans la petite pièce, meublée de quatre lits et d'une grande armoire. Une porte entrouverte donnée sur une salle de bains où Linoa s'affairait à coiffer ses cheveux humides. Du linge propre était posé sur les lits, des t-shirts et des sous-vêtements standards de rechange.

« On se demandait si tu t'étais pas perdue et on s'apprêtait à aller te chercher, fit Selphie en se laissant tomber sur une des couchettes. Mais apparemment, t'as réussi à trouver ton chemin. »

Seifer réussit à effectuer un sourire convenable.

« Je m'apprêtais à rentrer quand tu as manqué de m'envoyer la porte à la figure. »

Selphie eut un air penaud et Seifer sourit sincèrement cette fois. Elle avança le bras et lui ébouriffa les cheveux. Selphie eut un petit glapissement suivi d'un rire et tenta de chatouiller en représailles Seifer qui esquiva sans difficulté. La blonde renversa la plus jeune sur le lit et lui attrapa les poignets pour l'empêcher de se débattre.

« Mince, je suis eue, on dirait, gloussa Selphie.
– Seifer ! » Les deux jeunes filles se tournèrent vers Quistis, qui les regardait d'un air peu amène. Elles se levèrent, les vêtements débraillés. « Va à la douche et te changer pour qu'on puisse mettre nos vêtements à laver cette nuit et se coucher. »

Seifer fronça les sourcils devant le ton employé, qui ne lui plaisait guère et s'apprêta à répliquer lorsque Linoa sortit de la salle de bain. Elle adressa un léger sourire à son amie avant de la pousser gentiment dans la pièce d'eau. Seifer en sortit quelques minutes plus tard, les cheveux humides, juste enroulée dans une serviette qui laissait voir le haut de ses cuisses. Elle se dirigea vers son lit et ôta sa serviette pour se changer. Selphie soupira de dépit. Seifer était vachement bien foutue, beaucoup mieux que ce que ses vêtements laissaient voir ! De longues jambes fuselées, un ventre plat, des seins ronds juste de la bonne taille, des épaules un peu larges mais qui allaient bien avec le reste de son corps athlétique, des bras musclés comme il le fallait. Pas la moindre once de graisse. C'était vraiment injuste ! Quistis n'avait pas grand-chose à lui envier et Linoa ressemblait à une poupée. Selphie se sentait un petit laideron à côté d'eux. Seifer croisa son regard en enfilant son t-shirt et haussa un sourcil. Elle voulut lui demander ce qui se passait mais fut interrompu par Quistis qui passa devant elle, chargé d'un casier où l'ancienne professeur avait mis ses vêtements.

« Hé, attends, j'ai pas enlevé ce que j'avais dans mes poches !
– Je l'ai fait pour toi, répliqua Quistis sans même la regarder. J'ai tout mis dans un tiroir de la salle de bain. »

Seifer fronça les sourcils. Miss Parfaite semblait de mauvaise humeur ce soir. Tant pis pour elle, Seifer s'en fichait. L'air déprimé de Selphie était plus important mais sa cadette s'était déjà couchée, tournée vers le mur. Seifer haussa les épaules et s'enfouit à son tour sous les couvertures. Quistis éteint la lumière et Linoa manqua de se cogner au pied de son lit en voulant se coucher dans le noir. Seifer resta longuement assise, les bras autour de ses jambes repliées, à regarder les autres dormir.

Le lendemain matin, Seifer fut réveillée par deux piles surexcitées, l'une bleue, l'autre jaune.

« Kessquisse passe ? marmonna-t-elle d'une voix pâteuse.
– Quistis a dit que si tu te levais pas maintenant, t'auras pas le temps de petit-déjeuner ! »

Selphie chantonna en sautillant partout dans la pièce, au grand dam de la blonde, qui aurait bien aimé se rendormir. Ou tout du moins pouvoir se lever tranquillement, sans avoir deux chieuses à supporter dès le réveil. Elle bailla et s'assit sur le bord de son lit. Linoa lui tendit ses vêtements, tout propres et repassés. Seifer se frotta les yeux, la lumière l'éblouissait, et attrapa ses habits. Elle ne se leva pas pour autant et resta assise à bayer. Linoa tapa du pied, les mains sur les hanches.

« Dépêche-toi, on t'attend, nous ! »

Seifer s'étira et se leva enfin.

« Ouais, ouais, j'arrive. »

Elle avait vraiment la tête dans le coltard. A quelle heure avait-elle réussi à s'endormir, encore ? Elle se dirigea vers la salle de bain et passa rapidement sa tête sous le jet d'eau froide. Ça faisait du bien. Accompagnée des deux autres filles qui piaillaient à ses côtés, elle se traîna jusqu'à la cafétéria où un café serré acheva de la ramener vers le monde des vivants. Linoa pouffa d'un air moqueur.

« J'avais oublié à quel point tu es bien réveillée le matin.
– C'est bon, ça va ! Riposta la gunbladiste, appréciant pas spécialement qu'on se moque d'elle, surtout si tôt le matin.
– Ils sont moins bons les bretzels ici, remarqua Zell de manière tout à fait hors propos et la bouche pleine. C'est marrant que tu ne sois pas du matin. Moi, je pète la forme.
– Dis, tu es sûr à ce point de ne pas vouloir garder ta main intacte ? demanda innocemment (ou pas) la jeune fille en jouant avec sa fourchette.
– Seifer, gronda brusquement Quistis. Arrête ça tout de suite. On n'a plus que dix minutes avant le rendez-vous avec Martine.
– Tiens, je croyais que c'était Squall le chef de mission, pas toi, mademoiselle l'ex-instructrice, répliqua méchamment la plus jeune, insistant lourdement sur le mot « ex ».
– Arrête ton petit jeu, siffla l'autre refusant de montrer que les mots blessants de Seifer avaient touché juste.
– Dans ce cas, arrête de me donner des ordres ou de me faire la morale. Tu devrais le savoir, depuis le temps, que c'est inutile. »

Seifer fronça les sourcils, vraiment furieuse. Elle ne savait pas ce qu'avait Quistis, elle s'en fichait totalement, mais elle refusait d'être un exutoire à la mauvaise humeur de l'autre fille. La coopération au sein d'une équipe ? Oui, bon et alors ? Elle savait que plusieurs missions manquaient d'être foirées chaque année parce que les mercenaires envoyés ensemble ne pouvaient pas s'entendre, alors qu'on ne lui rabâche pas les oreilles avec la sacro-sainte fraternité des Seeds. Et puis, c'était Quistis, et elle ne pouvait pas la blairer quand elle lui donnait des ordres. Qu'elle aille se faire voir !

Une main douce, mais ferme, se posa sur son bras et Seifer croisa le regard pour rencontrer celui, désapprobateur et triste, de Linoa. Elle soupira et continua son repas en silence.

« C'est l'heure. »

Squall se leva et les autres l'imitèrent en silence. Linoa semblait inquiète et Seifer lui serra brièvement l'épaule pour la rassurer. Tout irait bien, qu'elle se calme juste. La brune eut un sourire un peu noué mais hocha la tête. Quistis les conduisit dehors, à leur lieu de rendez-vous.

Le petit groupe patientait dans l'allée principale. Zell boxait comme à son habitude dans le vide, Linoa et Selphie discutaient entre elles, assises sur le rebord de l'allée Seifer était juste à côté de Squall et leurs bras se frôlaient sans pour autant que ça les gêne. Un véhicule de fonction se dirigea vers eux. Linoa parut se souvenir de quelque chose et se dirigea vers les deux épéistes.

« Dites que je fais partie du Seed, sinon, ça va poser problème. »

Squall hocha la tête et le petit groupe s'aligna pendant que le proviseur Martine descendait de la voiture. C'était un homme de grande taille, avec une largeur d'épaule impressionnante, rehaussé par le vêtement qu'il portait et qui ressemblait à un uniforme de l'ancien temps. Deux cartouchières lui barraient la poitrine et un long fusil lui battait la jambe. Ses cheveux blonds étaient parsemés de gris mais tout indiquait qu'il avait dû être un adversaire coriace dans sa jeunesse… Et qu'il ne fallait toujours pas le sous-estimer. Les Seeds se mirent immédiatement au garde-à-vous et Linoa les imita avec un petit temps de retard, de manière plutôt convenable. De toute façon, Martine ne leur jeta qu'un coup d'œil superficiel avant de marcher de long en large.

« Salutations. J'ai un ordre de mission de votre proviseur pour vous. Notre université en confirme la validité. » Seifer fronça les sourcils. Depuis quand un ordre de mission émanant d'une fac devait recevoir l'approbation d'une autre université ? Le coup d'être sur le territoire d'un autre pays ne voulait rien dire, les facs étaient indépendantes du gouvernement en place et se vendaient au plus offrant. Les autres paraissaient perplexes aussi. « Après une longue réflexion, nous avons décidé de collaborer pleinement avec la BGU. » ça aussi, nota Seifer, c'était nouveau. « Cette opération nécessite la collaboration de nos deux académies. Pour comprendre votre mission, vous devez appréhender notre situation. » Le proviseur arrêta de tourner en rond pour les contempler. « Repos. »

Les jeunes gens sortirent de la position de salut et se détendirent tandis que Martine continuait.

« Vous savez que la prêtresse a été nommée ambassadrice de Galbadia. Mais c'est une supercherie, il n'y aura aucun processus de paix. »

Là-dessus, tout le monde était d'accord. Martine eut un ricanement cynique avant de croiser les bras dans son dos, l'air beaucoup plus sombre.

« De par sa nature inquiétante, la sorcière ne saurait créer un climat pacifique. Galbadia veut seulement utiliser ses pouvoirs maléfiques. Galbadia n'a qu'une ambition : conquérir le monde. Et nous sommes sur sa liste. La prêtresse souhaite récupérer l'infrastructure de notre université. Nos options sont donc limitées. Vous représentez notre unique chance de survie. Les détails de l'opération sont contenus dans l'ordre de mission. »

Le proviseur de la GGU s'avança et tendit un dossier à Squall. Le brun l'ouvrit et le feuilleta rapidement avant de relever la tête.

« Cette mission nécessite un tireur. Nous ne sommes pas qualifiés.
– J'attendais cette question. Laissez-moi vous présenter un élève de l'université galbadienne. Irvine Kinnéas. »

Il tourna la tête et les jeunes gens s'aperçurent qu'il regardait un garçon allongé sur la pelouse. Depuis quand était-il là ? Ils ne l'avaient pas remarqué en arrivant. Seifer fronça les sourcils. Irvine était un jeune homme élancé, qui portait un chapeau de cow-boy et un long manteau beige assorti à son pantalon. Il semblait tout droit sorti du Far West, d'autant plus qu'un fusil était posé près de lui. Les jambes croisées, il observait avec attention un petit papillon blanc posé sur son doigt. Il eut un petit geste de la main pour faire s'envoler l'insecte en s'entendant être appelé. Il décroisa ses longues jambes et se leva gracieusement. Il se tourna vers le groupe en posant son pistolet sur une épaule, dans une pose plutôt clichée mais qui n'était pas ridicule sur lui. Il avait un beau visage souriant, à l'ovale bien délimité et aux pommettes hautes, un rien efféminé. Sa longue chevelure rousse ondulée était attachée en une queue de cheval qui lui tombait dans le dos. Ses yeux violets devinrent sérieux lorsqu'ils se posèrent sur eux et il s'avança à longues enjambées vers eux.

Il s'arrêta devant eux.

« Poseur » siffla Seifer entre ses dents, résumant les pensées du groupe. C'était un garçon très beau et qui le savait. Les deux épéistes échangèrent un regard, ils sentaient que la mission allait être très longue.

« Irvine Kinnéas sera votre tireur d'élite, reprit Martine. Partez dès que vous serez prêts. Soldats, l'échec n'est pas une option. »

Le proviseur fit demi-tour et entra dans le véhicule. A la surprise générale, Irvine pointa deux doigts vers lui et…

« BANG ! »

Ok, alors soit c'était un vrai gosse tout court, soit c'était un vrai gosse et il n'aimait pas Martine.

« Qu'est-ce qu'on fait, Squall ?
– Nos ordres sont d'autant plus importants qu'ils proviennent non seulement de la BGU mais aussi de la Fac de Galbadia.
– J'aime pas ça, leur indiqua Seifer. Je sais pas, j'ai l'impression qu'un truc cloche.
– Comme quoi ? » Quistis pouvait être en froid avec Seifer, elle n'en sous-estimait pas pour autant ses remarques. La jeune fille était loin d'être idiote.

« C'est difficile à expliquer… J'ai l'impression qu'il s'est déchargé sur nous de la mission. Comment Cid aurait pu savoir qu'on serait là ? On est censé être à Timber. Pour que l'ordre de la BGU soit arrivé hier, Cid l'a envoyé tôt le matin, il ne pouvait pas savoir que notre mission tournerait mal et qu'on serait obligé d'aller à la GGU.
– Je pense que tu te montes la tête pour rien, fit Quistis après un temps de réflexion. D'accord, Cid ne pourrait pas savoir que la mission retomberait sur nous mais c'est courant que des groupes de Seeds fassent des allées et retours entre les universités. C'est tombé sur le premier groupe arrivé, voilà tout.
– Peut-être. » Seifer ne semblait pas tout à fait convaincue mais accepta l'explication.

« Nous n'avons pas le choix, de toute façon, remarqua Squall. Nous allons devoir assassiner la prêtresse. On l'abattra à distance. Irvine Kinnéas sera notre tireur d'élite.
– Oh joie !
– Boucle-la, Seifer, répliqua Squall sans même la regarder. Nous allons le soutenir dans cette difficile mission. Si le tir est raté, nous devrons attaquer la prêtresse nous-même.
– Si le tir est raté, je tue le cow-boy d'abord. »

Les lèvres de Squall se tordirent en un sourire bref. Seifer allait finir par effrayer leur tireur avant même que la mission débute.

« Merci du coup de main, répliqua Irvine en regardant Seifer sans se laisser démonter, mais je ne rate jamais un tir.
– J'espère au moins que ta vantardise est à l'échelle de ton talent.
– Tu t'en rendras compte quand j'aurais achevé la mission avec brio. »

Les autres Seeds lui donnèrent un bon point mentalement pour faire ainsi face à Seifer. Ou il était complètement inconscient et stupide ou il avait un certain sang-froid.

« Suffit, intervint Squall. Notre objectif : éliminer la prêtresse. On doit se rendre dans la capitale de Galbadia, Deling City. Là-bas, nous rencontrerons le major Caraway. Il nous expliquera son plan. »

Seifer eut une moue bizarre et jeta un regard à Linoa, qui s'était tendu. Irvine fut le seul à remarquer l'échange et le grava dans un coin de sa tête. Il fut tiré de ses pensées par Squall.

« Allons-y. »

Irvine se rapprocha de Linoa pendant qu'ils marchaient et discutait tranquillement avec elle. Selphie vint les rejoindre pour plaisanter avec eux. Zell grogna. Bellâtre, crétin… Qu'il arrête de les draguer, ils n'étaient pas là pour ça ! Pourquoi Squall avait accepté qu'il parte avec les deux filles ? Il ne voulait pas de cet abruti avec lui, il préférait encore Seifer.

Un cri soudain le fit sortir de ses pensées et il vit, une centaine de mètres devant lui, Irvine poussait Selphie sur le côté avant de sortir son arme. Un bogomile avait surgi juste devant la jeune fille et Irvine l'abattit sans sourciller. Le reste du groupe se précipita à ces côtés. Et bien, il n'était peut-être pas si inutile que ça, finalement. Seifer tança vertement une Selphie penaude. Elle aurait dû regarder où elle mettait les pieds, nom d'Hyne ! Elle voulait se faire tuer stupidement ou quoi ? Les jeunes gens repartirent mais cette fois, les filles restèrent près de Zell et de Seifer, pour le plus grand désappointement d'Irvine. Squall se tourna vers lui.

« Tu sais utiliser la magie ?
– Un peu… La GGU n'aime pas beaucoup les G-Forces ou la magie, à cause de toutes les controverses qu'il y a dessus. Et la magie est mal vue à Galbadia depuis la dernière guerre occulte.
– J'imagine.
– Quelles controverses ? demanda Linoa en se tournant vers eux.
– Certaines personnes accusent les G-Forces de faire perdre la mémoire à ceux qui les utilisent, expliqua Quistis en fronçant les sourcils. Je n'y crois pas trop, la BGU ne les utiliserait pas dans ce cas. »

Irvine détourna le regard pour croiser celui de Seifer. La jeune fille écoutait sans rien dire. Se sentant observée, elle accéléra le pas et prit la tête du groupe. Ils arrivèrent rapidement à la gare et grimpèrent dans le train qui venait d'arriver. Les portes se refermèrent en coulissant et le train partit pour Deling City. Seifer disparut sans un mot dans les méandres des wagons.

Irvine suivit Selphie dans un des couloirs. La jeune fille regardait le paysage défiler par la fenêtre, elle adorait ça, quand le roux commença à lui conter fleurette, pour son plus grand agacement.

« Selphie, nous sommes fait l'un pour l'autre, déclama Irvine d'un ton ardent.
– T'as qu'à croire. »

Selphie leva les yeux au ciel en soupira, excédée. Irvine pouvait être beau mais il était profondément énervant. Il ne pensait même pas ce qu'il disait, il draguait juste tout ce qui bougeait. Il avait déjà flirté avec Linoa pendant leur marche. Selphie se sentait à la fois gênée et en colère.

« Un soupir passionné ? demanda l'autre, se méprenant totalement sur les émotions de la jeune brune.
– Mais tu comprends rien, toi, trépigna-t-elle d'énervement, se retenant de gifler le sniper.
– Excuse-moi, » fit le roux en reculant prudemment, se doutant qu'il devrait arrêter d'insister.

Il passa devant Squall et rejoignit les autres dans la cabine. Selphie posa la main sur son coeur qui dansait la java dans sa poitrine et se tourna vers le brun.

« Mon coeur bat la chamade. Pourquoi ?
– C'est une mission importante, répondit d'un ton neutre le jeune homme. Il faut savoir se contrôler.
– Dommage, soupira l'amoureuse de Chocobos. Tu voulais me demander quelque chose ?
– Tu sais où est Seifer ?
– Je crois qu'elle est allée faire un tour pour se dégourdir les jambes. »

Squall acquiesça et se détourna. Selphie se remit à sa contemplation du paysage. Elle chantonna un refrain enfantin et essuya une larme qui coulait sur sa joue. Elle ne savait même pas pourquoi elle se sentait triste, crétin d'Irvine, c'était sa faute ! Il lui retournait le cœur avec ses déclarations puis il partait comme ça ! Idiot ! Elle n'avait jamais eu le droit à de grandes déclarations passionnées, parce qu'elle était jamais la plus jolie fille, c'était pas juste ! Linoa devait avoir plein de soupirants, elle devait avoir l'habitude des grandes déclarations, elle ! Selphie avala douloureusement sa salive et posa son front contre la vitre. Elle sursauta quand quelqu'un lui passa un bras autour des épaules. Elle releva la tête pour croiser le regard inquiet de Seifer.

« Tu pleures. »

La blonde tendit la main et essuya ses larmes avec douceur.

« C'est rien.
– Ce n'est pas rien. C'est Kinnéas qui t'a fait quelque chose ?
– Non, c'est pas ça ! » Selphie s'empourpra. « J'ai juste pas l'habitude qu'un garçon s'intéresse vraiment à moi, juste parce qu'il m'a croisé. Je ne suis pas assez jolie pour les attirer.
– Pas assez jolie ? Selphie, tu es vraiment très belle.
– Non ! Linoa est belle, Quistis est magnifique, tu as un corps superbe ! A côté de vous, je suis moche !
– C'est pour ça que tu faisais la tête hier ? »

Selphie refusa de croiser le regard de Seifer et la blonde, après un soupir, attrapa l'autre fille par les épaules pour la tourner vers elle.

« Crois-moi, tu es belle. Tu peux poser la question aux autres filles, elles te diront la même chose. Ne te sous-estime pas… Et moi, j'ai pas non plus reçu beaucoup de déclarations d'amour de la part des mecs. Je ne sais pas pourquoi, apparemment mes manières leur font peur. »

Selphie eut un petit gloussement de rire et Seifer lui ébouriffa gentiment les cheveux avec un petit air satisfait.

« Voilà, rire te va mieux. »

Dans la cabine, Squall regardait avec un certain agacement Irvine flirter avec Linoa. Il soupira. Seule la beauté féminine semblait attirer le sniper, il ne connaissait même pas les femmes qu'il draguait. C'était méprisable, il se moquait totalement de leurs sentiments ! Et si le tireur d'élite se mettait à draguer toutes les filles de l'équipe, la mission allait s'avérer encore plus difficile que prévu. Heureusement, Quistis mit vite le holà aux ambitions de conquête du jeune roux.

« Irvine Kinnéas ! s'exclama la Seed de son sévère ton professoral. Vous devez donner l'exemple au cours de cette mission ! Alors un peu de tenue ! »

Le jeune homme leva les bras au ciel dans la pose tragique de l'éternel incompris. Zell serra les poings et prit une profonde inspiration pour se calmer et éviter de boxer le tireur. Ce type lui sortait vraiment par les trous de nez, avec ses attitudes de poseurs et de playboy. D'abord Selphie, puis Linoa… Heureusement que Quistis l'avait arrêté, parce que sinon, Zell était sûr que le roux aurait tenté de la draguer aussi. Une idée lui vint, étrangement séduisante, et il se mordit les doigts pour éviter d'éclater de rire. Il se pencha vers Squall.

« J'ai hâte de le voir en train d'essayer de draguer Seifer. »

Squall eut un léger rictus moqueur. En effet, la réaction de la blonde risquait d'être aussi spectaculaire que violente. Bah, ça refroidirait peut-être les ardeurs d'Irvine, qui s'était entre-temps lancé dans un monologue tel un acteur dramatique de seconde zone. Et encore, même la seconde zone ne voudrait pas de lui.

« Je suis un incompris... Les tireurs d'élite font partie... hum, de l'élite. Notre personnalité est semblable à une balle incompréhensible, mais parfaite. personne ne peut comprendre la solitude d'une balle. Nul ne peut comprendre ma véritable personnalité. C'est dur, très dur. Alors, par pitié, laissez-moi m'exprimer... Je pense être clair, nan ? »

Squall haussa très haut un sourcil sceptique. Même Linoa dans ses plus belles envolées théâtrales n'atteignait pas le niveau de médiocrité d'Irvine. Il était juste pitoyable.

Horrible. Même Linoa dans ses plus belles envolées pathétiques n'atteignait pas le niveau de médiocrité de ce type. Zell tapa le mur pour se retenir de cogner l'autre débile, provoquant une violente secousse dans tout le train, faisant vaciller les personnes debout. Le punk entendit alors une personne éclater de rire derrière lui et se retourna. Seifer était prise d'une crise de fou rire, provoquée par les paroles d'Irvine, et devait se retenir à la porte pour s'empêcher de tomber par terre.

« Et blablabla blabla, ricana-t-elle une fois calmée. C'est bon, j'crois qu'on a compris que tu n'étais qu'un pauvre petit incompris, bordel d'Hyne. Pas la peine de nous emmerder avec ça pendant des heures ! T'as juste l'air complètement con. »

Le tact et le doux langage de la jeune fille étaient sidérants et auraient dû, en toute honnêteté, faire comprendre à Irvine qu'il ne devrait pas s'approcher d'elle. Mais il fallait croire que le jeune homme était stupide ou complètement inconscient ou qu'il perdait juste la tête dès qu'il avait en face de lui une jolie fille. Ou les trois à la fois. Il s'avança tel un prédateur vers la jeune blonde, tandis que Zell se frottait les mains, impatient de voir la réaction de l'épéiste.

« Je n'ai jamais vu une fille aussi belle que toi. Tu es une déesse descendue parmi les mortels pour leur apporter la beauté. Tu es telle une lumière radieuse rayonnant sur le monde. »

Seifer le laissa approcher avant de lui envoyer un violent coup de pied dans les parties génitales. Irvine se courba en deux sous la douleur, les mains crispées sur ses bijoux de famille. Les deux garçons compatirent. Ça faisait mal et en plus, Seifer n'avait jamais pris la peine de doser sa force. Elle cognait toujours à pleine puissance. Et elle portait de grosses bottes militaires à semelles épaisses. Zell avait presque pitié pour lui. La blonde eut un sourire sans joie et attrapa Irvine par les cheveux pour lui relever la tête.

« Tes tentatives de drague, tu les arrêtes tout de suite. Je m'en bats l'œil complètement de tes problèmes. Tu fiches la paix à Linoa et à Selphie, d'accord ? C'est mon unique avertissement et tu n'as aucune envie de savoir ce que je suis capable de faire quand je suis énervée. Si jamais une des filles doit pleurer, je t'en tiendrais pour seul responsable.
– T'es toujours aussi dure, p'tite tempête, grimaça-t-il et Seifer eut une expression bizarre sur le visage.
– Pour ta propre santé, on va faire comme si je n'avais pas entendu comment tu m'as appelé. N'utilise plus jamais ce surnom, il ne veut plus rien dire. »

Elle traversa la salle tel un vent furieux avant de sortir en claquant la porte. Zell devait reconnaître que le surnom que lui avait donné Irvine n'était pas totalement faux… Ouais, en fait, il lui allait carrément bien, même.

« Ça va, mon pote ? »

Zell aida Irvine à se relever, compatissant malgré tout à la situation du roux. Il était bien placé pour savoir à quel point les colères de la blonde pouvaient être dévastatrices pour ceux sur qui elle passait ses nerfs et combien ses coups pouvaient être douloureux. Surtout quand elle visait des zones stratégiques. Le roux avait l'air un peu troublé et regardait la porte que Seifer venait de claquer derrière elle.

« J'crois que je survivrais. »

Zell lui tapota l'épaule en signe de soutien. Seifer faisait souvent cet effet aux gens.

Le train arriva à Deling City en fin d'après-midi. Les jeunes gens débarquèrent sur le quai et sortirent de la gare, pour la plupart un peu perdus d'être dans une ville aussi grande que la capitale de Galbadia. En effet, la métropole était gigantesque et, dans la pénombre du soir, avait un aspect glauque et peu accueillant. Les grandes allées qui menaient vers le centre-ville étaient peu fréquentées à cette heure et, malgré les lampadaires qui éclairaient péniblement la route, les ombres envahissaient l'espace et donnaient à l'ensemble un aspect peu rassurant. Les arbres ressemblaient à de grandes fantômes sombres et vigilants, qui veillaient sur le chemin pour guider les voyageurs ou, au contraire, pour mieux les perdre. Le petit groupe était épuisé et l'aspect de la ville le démoralisa encore davantage, surtout que peu d'entre eux y avaient déjà mis les pieds. Ils se concertèrent rapidement pour savoir quoi faire.

« Je suis fatiguée, gémit Selphie. On pourrait pas aller à l'hôtel ?
– On doit voir le major Caraway, hésita Squall.
– Leonheart, bordel, on rend pas visite aux gens à dix heures du soir passées, soupira Seifer, tout aussi fatiguée que les autres. Y a un truc étrange, dont j'ai jamais compris vraiment l'intérêt, qui s'appelle les bonnes manières, tu connais ? On va pioncer, alors ?
– Hm, se renfrogna le jeune homme, un peu vexé.
– Si on veut aller à l'hôtel, on ferait bien de se dépêcher car le bus arrive, leur indiqua Linoa tout aussi fatiguée que les autres.
– Ça règle donc le problème, nan ? » L'épéiste blonde clôtura la discussion en faisant signe à l'autocar de s'arrêter, ce qu'il fit dans un crissement de freins très désagréable. Une dizaine de minutes plus tard, l'horrible bruit se fit à nouveau entendre quand le bus stoppa brutalement devant l'hôtel pour permettre aux sept jeunes gens de descendre. Le petit groupe ne perdit pas de temps à louer des chambres pour la nuit et ils s'endormirent dès que leurs têtes touchèrent l'oreiller.


Nied : elle est chiante Seifer, nan ? Mais c'est comme ça qu'on l'aime. Nied est fière d'elle pour ce chapitre.

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