Voilà le chapitre 6 ! Sorry pour le retard... J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop ^^ Sur ce, bonne lecture !


Rouge.

Tout était rouge. L'atmosphère elle-même semblait saigner. Le sol, les arbres, tout paraissait blessé, à l'agonie. Mitsuki cligna quelques instants des yeux. Il essaya de bouger, en vain. Ses pieds et ses mains étaient cloués sur une croix, rendant tout mouvement impossible. Étrangement, le jeune homme ne ressentait aucune douleur. Pas encore.

Il savait qu'il était piégé dans le genjutsu de l'ennemi et il n'avait aucun moyen d'en sortir. Des sueurs froides coulèrent le long de son dos dans l'attente de sa prochaine torture. Ce serait un mensonge de dire qu'il n'avait pas peur. La renommée du Sharingan dépassait même les frontières du Pays du Feu. Les rumeurs à son sujet se faisaient nombreuses et il ne pourrait même pas les compter sur ses doigts...

Soudain l'homme apparut devant lui. Une grande cape noire couvrait l'intégralité de son corps et son capuchon camouflait son visage. Seul le son de sa voix prouvait qu'il s'agissait d'un homme.

– « Et maintenant, Mitsuki Sayuki, si tu ne veux pas souffrir, tu vas me donner la position exacte de ton clan. »

Pour toute réponse, le jeune homme le fusilla du regard et garda ses lèvres scellées.

– « Je vois... »

Tout à coup, un katana apparut dans la main de l'inconnu. D'un geste vif, il l'enfonça dans le ventre de Mitsuki, arrachant une grimace de douleur à ce dernier.

– « Je repose ma question : où est le clan Sayuki ? »

A nouveau, le prisonnier ne parla pas, se contentant de faire passer sa haine par ses pupilles vertes. Un deuxième katana vint se planter dans son abdomen. Il ne saignait pas, mais la douleur était bien réelle. Mais, jamais Mitsuki ne trahirait le clan qui l'a recueilli et accepté.

Ce petit manège dura une éternité pour lui. Le détenteur du Sharingan lui demandait où se trouvait les Sayuki, il ne répondait et finissait avec un katana de plus dans l'estomac.

Au bout de six katanas, l'homme se recula. Mitsuki, lui, haletait. Il lui semblait que ses entrailles brûlaient. Chaque respiration le faisait atrocement souffrir et terribles nausées l'envahissaient. Pourtant, il ne parlerait pas et ce, même s'il devait mourir.

– « Tu es coriace. Ça ne m'étonne pas que Butsuma n'ait pas réussi à te briser. Je vais devoir passer à la vitesse supérieure... »

Le jeune homme frissonna à ces mots. A présent, il en était sûr. Il ne reviendrait pas en vie au clan... Ses pensées dérivèrent vers Eirin, Aiko et Seijuro. S'il devait mourir, il aurait aimé passer ses derniers instants avec eux...

Soudain, l'atmosphère changea du tout au tout et Mitsuki fut libéré de ses chaînes. Il se prépara à l'impact avec le sol, mais ne ressentit rien, aucune souffrance. Le jeune homme regarda ses mains. Ses doigts n'étaient plus cassés et il en allait de même pour ses chevilles. Quant à son abdomen, aucune trace des katanas ne s'y trouvaient...

Il releva la tête et ses yeux s'agrandirent de surprise.

Il était de retour au clan.

Perplexe, il se mit debout doucement. Il ne devait surtout pas baisser sa garde. Tout cela est l'œuvre du Sharingan, ne l'oublie pas ! Et pourtant, tout paraissait tellement réel. Mitsuki voudrait croire que son emprisonnement ne fut qu'un mauvais rêve... Si seulement.

Brusquement, une tignasse bleue apparut dans son champ de vision et courut dans sa direction. Souriant doucement, il voulut l'accueillir, mais elle lui passa simplement au travers. Interloqué, le jeune homme se retourna.

Sa mâchoire se décrocha alors et une intense terreur imprégna son visage.

Au loin, Eirin, Aiko et Seijuro faisaient difficilement face à une quinzaine d'hommes vêtus de noir. Ils semblaient tous les trois grièvement blessés.

Son sang ne fit qu'un tour. Mitsuki se rua pour les aider, mais plus il courait, plus ils s'éloignaient. Un des hommes en noir s'approchait dangereusement d'Eirin. La jeune fille, terrifiée, se reculait. Impitoyable, l'homme fonça vers elle et Mitsuki ne pouvait qu'assister à la scène, impuissant.

La scène se déroula au ralenti. Son katana bien en main, la silhouette transperça le cœur d'Eirin alors que ses parents tentaient de la secourir. La jeune fille s'écroula en crachant une gerbe de sang sous leurs cris. Puis, en un salto parfaitement contrôlé, le meurtrier se retrouva derrière eux. D'un geste violent et vif, il trancha la gorge d'Aiko et réserva le même sort que sa fille à Seijuro. Ils tombèrent mollement au sol tels des poupées de chiffon.

Mitsuki tomba à genoux devant le massacre de sa seule et unique famille. En état de choc, seule une larme silencieuse roula le long de sa joue.

– « Ceci sera ton quotidien jusqu'à ce que tu parles, Mitsuki Sayuki... ».

Sous ses yeux horrifiés, les trois Sayuki reprirent vie et refirent face à leurs agresseurs. Comprenant qu'il serait condamné à voir ce carnage se répéter indéfiniment, Mitsuki cria. Il cria de toutes ses forces, espérant secrètement être entendu. Il hurla son désespoir alors que sa famille se faisait une nouvelle fois assassiner. Il hurla encore et encore, jusqu'à ne plus avoir de souffle.

Les Sayuki furent tués une fois de plus sous ses yeux. Les larmes dévalèrent son visage.

–« Kamisama... » chuchota-t-il.

Mais, existait-il encore un Kami pour écouter ses prières ?


Après une heure à prier les Kamis, Eirin sortit du temple. Elle poussa un soupir las et marcha d'un pas lent. L'inquiétude la rongeait, mais que pouvait-elle faire ? Affronter le clan Senju à elle seule ? Il faudrait être fou et suicidaire pour s'y risquer ! La jeune fille secoua la tête de dépit. Si Mitsuki était là, il lui dirait sans doute qu'elle ne devrait pas se soucier de choses pareilles à douze ans à peine. Elle avait toujours été très mature pour son âge, voire peut-être trop, ce qui effrayait certains adultes et la plupart des enfants...

Elle repensa à Hashirama et Madara. Eux, elle ne semblait pas les effrayer. Peut-être accepteront-ils de devenir ses premiers amis hors du clan ? Pour ça, elle devait réussir à les pouvait toujours s'esquiver maintenant et revenir le soir. Avec un peu de chance, ses parents ne se rendront compte de rien... Mais avant ça, elle devait se changer ! La jeune fille reprit la direction de sa maison d'un pas un peu plus joyeux. Elle pénétra la demeure et s'apprêtait à monter les escaliers quand elle entendit des cris depuis le bureau de son père. Fronçant les sourcils, Eirin s'approcha discrètement. Jamais elle n'avait entendu son père et sa mère se disputer.

Collant son oreille à la porte, l'héritière du clan écouta.

- « Seijuro, tu n'y penses pas ! »

- « Si nous n'avons pas le choix, nous devrons utiliser ça »

- « Et Eirin ? Tu sais ce qu'elle va ressentir ?! Si cette technique est interdite, c'est pour une bonne raison ! »

- « Aiko, calme-toi ... »

- « Me calmer ?! Comment veux-tu que je me calme après ce que tu me dis ?! Bon sang, Seijuro, c'est de la folie ! »

Quelques pas se firent entendre. Eirin supposa que son père avait pris sa mère dans ses bras. Elle déglutit. Elle ne comprenait rien à cette conversation, mais elle avait un très mauvais pressentiment.

- « Chuuut, ça va aller »

Aiko se mit à sangloter doucement.

- « Je ne veux pas la perdre... »

- « Moi non plus, Aiko, moi non plus... »

Perplexe, Eirin se releva. De quoi pouvaient-ils bien parler ? Il était question d'une technique interdite, mais pourquoi ? La jeune fille connaissait bien ses parents. Son père, surtout, ne prendrait jamais le risque d'utiliser un tel jutsu. Et quel était le rapport avec elle ?

Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas les planches grincer derrière elle. Lorsqu'une main vint s'abattre sur son épaule, elle sursauta, manquant de crier, ce qui aurait alerté ses parents.

Une femme d'un âge assez avancé se tenait devant elle. Ses longs cheveux gris cendré étaient retenus en un élégant chignon par deux baguettes roses. Un long kimono aux motifs blancs habillait sa frêle silhouette. Le poids des années marquaient son visage, autrefois lisse et sans imperfection.

- « Grand-mère Kaoru ! Je ... Ce n'est pas ce que vous croyez ! Je voulais seulement aller me changer, puis... » bégaya péniblement Eirin.

Les orbes ébènes de Kaoru la jaugeaient. Comme son fils, Seijuro, elle était réputée assez implacable et sévère. Cependant, ce fut avec un doux sourire qu'elle répondit à sa petite-fille.

- « Tu ferais mieux de ne pas faire attendre tes amis, jeune fille. »

Surprise que sa grand-mère soit au courant, Eirin ne bougea d'abord pas, se contentant de regarder dans le blanc des yeux son aïeul. Avec un sourire en coin, Kaoru l'examina. Elle ressemblait tellement à Seijuro au même âge... C'en était presque effrayant.

- « Dépêche-toi avec que je ne change d'avis ! »

La jeune fille fila alors sans demander son reste.

Une fois dans sa chambre, Eirin opta pour un haut de kimono bleu foncé aux manches amples ainsi que pour un short blanc afin de faciliter ses mouvements.

Elle sortit ensuite par la fenêtre de sa chambre pour ne pas croiser ses proches et atterrit souplement au sol.

J'ai hâte de les revoir, se dit-elle sans savoir que, depuis le rez-de-chaussée, Kaoru l'observait pensive.

Eirin, tu ne le sais pas encore, mais le monde changera grâce à toi...


Et voilà ! Pour me tuer, veuillez prendre votre numéro au guichet et faire la file, merci beaucoup ! Et si vous voulez me torturer, ... *s'enfuit en courant*

Lecteurs : Attrapez-la !

Auteur : Mwhaha, jamais vous ne m'aurez !

N'oubliez pas ! Une review = un auteur sauvé de la déprime (ou de ses lecteurs enragés en l'occurrence xD)