Riza vivait sur un petit nuage depuis quelques jours. Roy l'aimait et il allait bientôt revenir. Que demande le peuple ? Qu'il revienne vite sans doute, et qu'il puisse retrouver son apparence. Riza trouvait ça un peu dommage, Roy était tellement craquant en chat. Tout à coup, elle entendit un son familier :
" Miiiiaaaaooouuuuu !"
Riza alla voir dans son salon, d'où Hayate sortait en vitesse, pour découvrir une forme perchée sur la rembarde de son balcon.
" Roy !"
Elle ouvrit, et il entra la queue relevée, lui frôlant les jambes. Riza referma et se tourna vers lui.
" Riza !" s'exclama Roy en se redressant.
Il posa les mains sur ses épaules, et lui donna plusieurs coups de langue sur la joue.
" Oh euh ... désolé c'est le ..." fit-il rougissant.
" L'instinct oui je sais. Je suis si contente de te revoir !" s'exclama-t-elle en le serrant.
" Et moi donc ma puce ! C'est si bon de revenir ! Rrrronrrronrrron !"
" Tu es de nouveau mon supérieur alors. Tant mieux." devina-t-elle.
Roy posa la joue sur ses cheveux, ronronnant comme un moteur. Riza passa la main dans la chevelure ébène, avant de l'embrasser sur tout le visage.
" Tu es venu plus tôt que d'habitude, je n'ai même pas encore dîné." dit-ele.
" Moi non plus. Mais j'avais tellement hâte de te voir, j'ai juste posé ma valise et Rune et me voilà."
" Rune ?" s'étonna Riza.
" Une petite chatte que j'ai recueilli à West City." expliqua Roy en frottant son nez contre celui de la blonde.
" Ah d'accord. Eh bien puisque tu n'as pas mangé, tu peux dîner avec moi si tu veux." proposa Riza.
" Avec plaisir ma chérie."
Après dîner, ils se retrouvèrent sur le canapé du lieutenant. Roy se blottit contre elle, et recommença à ronronner. Riza sourit tout en lui caressant la tête. Hayate passa prudemment la truffe à la porte du salon.
" Il est encore là ce monstre ! On peut même plus être tranquille chez soi !" pensa-t-il.
Riza le remarqua, et l'appela. Roy redressa la tête, et fixa l'animal. Hayate s'avança lentement, sans quitter le chat Mustang des yeux. Ce dernier remua la queue avec déplaisir. Riza vit même ses oreilles se replier.
" Il est temps de commencer à vous réconcilier, tous les deux." annonça-t-elle.
Elle se pencha vers son chien qu'elle prit sur ses genoux. Roy se recula un peu. Hayate avait la queue entre les jmabes, pas rassuré qu'il était à l'idée d'être aussi près de celui qui avait manqué de le réduire en lambeaux. Riza tenta de le rassurer par des caresses, et suggéra à Roy d'en faire autant.
" C'est top tôt. Il a tellement peur qu'il risquerait de me mordre. Et là ça finirait très mal. Laisse-le donc s'habituer à ma proximité." répondit Roy en se plaçant assez loin d'Hayate.
" Mouais, je crois que t'as raison." approuva Riza.
Elle garda Hayate sur ses genoux. Lui et Roy ne se quittèrent pas des yeux durant un moment. Enfin, Roy se décida à l'ignorer, et Hayate finit par déstresser un peu. Deux heures plus tard, Riza se demanda si son petit ami allait partir.
Roy ouvrit ses beaux yeux noir et la regarda.
" Oui ?" dit-il.
" Euh ... je me demandais ... si tu ... c'est un peu tôt pour ça ... c'est vrai mais, je voudrais beaucoup ..." hésita-t-elle rougissante.
Roy sourit, les yeux plissés. Riza se grattait la tête, au comble de l'embarras. Et l'expression plus que charmeuse de son interlocuteur n'arrangeait pas les choses. Un troupeau d'anges en migration passa, sans qu'elle parvienne à formuler sa demande. Roy la regardait toujours, sans avoir bougé un cil.
" ..."
Allez, un p'tit effort Riza.
" ..."
Bon les filles, sortez les banderoles et les pompons qu'on l'encourage un peu.
" ..."
Elle compte nous faire une pyramide ou quoi ?
" ..."
Ca s'éternise ... tiens je me mets aux p'tits points moi aussi. Vais essayer autre chose, comme des points d'exclamations tiens. Oh Roy, bouge-toi un peu parce que sinon on est pas couchés là !!! ( paf, trois d'un coup.)
" Que veux-tu me demander, mon amour ?" fit Roy.
Tu le fais exprès ou quoi ?
" ..."
Roy releva la tête, étonné de son silence et de sa rougeur persistante.
" Riza ? Exprime-toi sans crainte ma chérie, je vais pas te manger."
" Mais moi sans problème je suppose." se dit Hayate.
" Je ..." commença-t-elle.
Ouuuuiiiii ?
" Je voulais savoir si tu ... ne voulais pas rester dormir ici ce soir."
WHOOOOOPIIIII ! Champagne pour tout le monde !
" C'est ça que tu avais peur de me demander ? Je ne me savais pas si intimidant." sourit Roy.
" Non c'est pas ça. Je ne voulais pas que tu croie que ... c'était pour ... enfin tu vois ce que je veux dire." répondit-elle.
" Ouais, je ne suis donc qu'un gros obsédé à tes yeux." dit Roy les yeux en billes.
" Mais non, pas du tout !"
Mais si. Remarquez elle a pas tort.
" Hm ! Bon sinon, oui je veux bien rester. Je n'osais pas te le demander, de peur que justement, je passe pour un pervers." répondit-il.
Ben c'est un peu tard entre nous. Enfin. Donc après avoir passé une nuit toute douce dans les bras l'un de l'autre, nos deux tourteraux se présentèrent au Q.G, où tout le monde fut heureux de revoir Roy. Naturellement, ça n'empêcha pas qu'il faille se mettre au boulot, au grand dam de M. Mustang. Quelque temps plus tard ...
" Allons bon, où est-il encore allé se planquer, cet animal ?" demanda Riza en revenant de sa pause.
Ses yeux se portèrent automatiquement sur une des armoires, où Roy était déjà grimpé pour pioncer. Personne, ni sur les autres armoires.
" Le colonel a disparu ?" devina Breda en entrant suivi des autres.
" Bingo." répondit Riza.
" Minou minou minou minou minou !" appela Havoc.
" Tu tiens à finir en griffoir toi !" lança Kain.
Riza alla voir derrière le bureau, personne là non plus. Tout le monde se mit à le chercher, sous les tables, derrière les rideaux, en haut des armoires ... nada. Les soldats regardèrent autour d'eux, perplexes. Là, il était bien caché.
" Bon, moi j'avais des trucs à ranger." dit Havoc.
Il attrapa quatre dossiers, et ouvrit une armoire.
" C'est pas possible !" dit-il.
" Quoi ?" demanda Riza.
Jean s'écarta alors, et tous purent voir Roy roulé en boule dans l'armoire.
" Purée mais comment peut-il dormir dans un truc aussi étroit ?" s'étonna Breda.
" Oh tu sais les chats dorment souvent dans des endroits insolites." répondit Vato.
Riza s'approcha et s'accroupit, regardant un instant son supérieur tout mignon faisant dodo. Elle attrapa une poche en plastique traînant là, la gonfla et l'éclata. Bong !
" AIE !" s'exclama Roy, qui venait de se cogner la tête contre l'étagère au-dessus de lui.
" Debout paresseux ! " fit Riza.
Roy baîlla, et sortit de l'armoire à quatre pattes. Il s'étira exactement comme le ferait un chat : les mains tendues loin devant, puis tension des jambes.
" Vous n'avez pas mal au dos colonel ?" demanda Fuery.
" Non pourquoi ?" répondit Roy en se mettant debout.
Il alla se poser à son bureau, non sans plier les oreilles devant la pile de dossiers qui était venue l'envahir.
" Au fait, j'ai une bonne nouvelle pour vous : on a retrouvé Torrello." annonça Havoc.
" C'est vrai ? Et où est-il ?"
" Lerchen, un petit village assez éloigné de Central."
" Dans ce cas, allons-y avant qu'il ne nous file encore entre les pattes. Je veux dire les doigts." décida Roy.
Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit en grand ... pour découvrir Edward le doigt en l'air. Tous deux écarquillèrent les yeux en se voyant. Le blond parce qu'il remarqua les oreilles de chat de son supérieur, ce dernier n'ayant pas encore eu le temps de les dissimuler, et Roy parce que le FullMetal avait percé son petit secret. Le colonel tira vivement Ed et Al dans son bureau, et ferma la porte.
" Colonel ... mais qu'est-ce qui vous est arrivé ?" demanda Al en montrant les oreilles de Roy.
" Un petit accident alchimique." répondit Roy en remuant la queue.
Ed, les yeux grand ouverts, inclina la tête sur le côté pour mieux voir la chose noire qui se balançait derrière Roy. Le colonel guettait la réaction du blondinus, les oreilles déjà en arrière.
" Comment est-ce arrivé ?" reprit l'armure.
" Un docteur complètement malade m'a croisé avec un chat. Il a fait ça à pas mal de gens apparemment. Du coup, me voilà avec des oreilles pointues et une queue en permanence, et des griffes et des crocs qui poussent quand je m'énerve." expliqua Roy.
Avertissement non déguisé lançé à Edward, dont un sourire étirait les lèvres. Le blond appuya un coude sur un bras, et une main sur sa bouche, pour masquer l'éclat de rire qui menaçait d'exploser.
" Je suppose que vous êtes pour votre dernier rapport. Posez-le sur le bureau, nous devons aller retrouver le docteur qui pourra rendre au colonel son état normal." annonça Riza.
Ed obtempéra en silence. Puis lui et son petit frère se dirigèrent vers la porte. Al sortit en premier, pendant que Roy retenait Edward.
" Pas un mot de tout ceci à quiconque, FullMetal. Autrement, c'est la cour martiale." avertit Roy.
" Ouais ben ça va ! De nous deux c'est pas moi la commère il me semble !" riposta Ed en se dégageant.
Roy soupira, et enfila sa casquette et son manteau, avant de sortir suivi de son équipe. Ils se rendirent à la gare, pour rendre le train en direction de Lerchen. Dans quelques heures se dit Roy, il aurait retrouvé son apparence. Il résista à la tentation de se rouler en boule sur sa banquette pour dormir, et aussi à celle de prendre les cuisses de Riza pour un coussin. Trois heures plus tard, les militaires étaient à Lerchen. Pour éviter de se faire remarquer, tant par les villageois que par Torrello, ils éaient habillés en civils.
Dans une grange à l'autre bout du village, un sifflement de rage retentit.
" QU'EST-CE QUE VOUS M'AVEZ FAIT !"
" Du calme, ce n'est qu'une petite expérience." répondit Torello.
" Mais je vous ai rien demandé moi ! Vous êtes un grand malade vous !" répondit un homme qui se tenait devant lui.
" Allons ! Vous vous rendrez vite compte des nombreux avantages que vous procureront votre nouvelle condition." reprit Torello.
" Et vous, vous allez vite vous rendre compte que je n'aime pas du tout qu'on me prenne pour un rat de laboratoire !"
L'individu se jeta sur le médecin, qui prévoyant sa réaction s'était tenu éloigné de son dernier patient. Torrello s'enferma dans une pièce voisine. Mais l'autre défonça la porte, sifflant comme un serpent. Il se précipita vers le toubib, qui se protégea avec une chaise. Son patient la brisa d'un coup de patte, puis se retourna vivement et lui flanqua un coup de la longue queue verte qui se trouvait en bas du dos. Torrello buta contre le mur derrière.
Grâce à son ouïe féline, Roy perçut les bruits de bagarre. Aussitôt il s'élança vers la grange. Il vit le médecin passer à travers une fênetre, et une espèce d'homme reptile en sortir l'instant d'après. Il empoigna Torello, s'apprêtant très nettement à lui flanquer une correction.
" Lâchez-le !" cria-t-il en bondissant sur le type.
Une fois au sol, l'autre se débarrassa prestement de Roy en l'envoyant en l'air. Roy retomba sur ses membres. Après quoi, l'individu prit la fuite. Le colonel se tourna vers Torrello, pour constater que lui aussi fichait le camp. Roy n'eut plus qu'à le poursuivre. Grâce à sa vitesse animale, il n'eut aucun mal à le rattraper. Il le fit chuter et l'immobilisa.
" Tiens ! Mais c'est le chat des militaires !" fit Torello.
" Exact, et il a une petite réclamation à vous faire." répondit Roy.
" Pas concernant votre état j'espère ?"
Roy se leva et le souleva du sol.
" BIEN SUR QUE SI ! J'AI JAMAIS DEMANDE A ÊTRE COMME CA !" rugit-il.
Emilio vit ses canines se rallonger, et sa queue qui remuait vivement de gauche à droite, gonflée de colère.
" Roy du calme ! Tu va finir par ameuter les villageois !" intervint Riza derrière lui.
Son petit ami lâcha brusquement Torrello. Puis il lui attrapa une cheville, et le traîna jusque dans la grange. Roy le jeta dans la paille. Après quoi, il ôta sa casquette et son manteau avant d'attraper à nouveau le toubib par le col.
" Vous allez immédiatement réparer les dégâts, compris ?" dit Roy.
" Pourquoi, c'est plutôt sympa d'être un chat non ?"
" RAAAAAOOOOOW !"
BAM ! Emilio alla s'écraser au sol après un beau vol plané. Les subordonnés de Roy le regardèrent faire, assez impressionnés par la colère de leur supérieur. Emilio se releva, et Roy le frappa avec sa queue, l'envoyant une fois de plus au tapis.
" Faites ce que je vous dis ou je vous lacère." avertit le brun en lui montrant ses griffes.
Torrello soupira, et dit qu'il était d'accord. Roy le relâcha alors. Le médecin qu'il avait besoin d'aller chercher un peu de craie, pour le nouveau cercle. Il sortit donc de la grange. Roy alla quand même le surveiller. Bien lui en prit, car il vit le médecin dévaler la pente menant à la grange à bicyclette, et sans Paulette.
" PUTAIN !" rugit-il avant de sauter par la fenêtre.
Roy s'élança à toutes pattes, mais le doc avait une sacrée avance. Tout à coup, Emilio tomba brutalement de son vélo.
" Je te tiens espèce de malade mental !" s'écria son dernier patient.
Il commença à le rouer de coups. Emilio se défendit comme il put, mais hélas sa force était bien insuffisante face à celle animale de l'homme. Ce dernier finit par lui déchirer la gorge de ses griffes. Roy arriva pour le découvrir dans une marre de sang.
" NON NON ! Mais qu'est-ce qui vous a pris de faire ça !" s'exclama-t-il.
" Ca lui apprendra à me transformer en monstre !" répondit le meurtrier.
" Mais il était le seul à pouvoir nous guérir espèce de crétin ! Maintenant tout est fichu !"
L'autre sembla comprendre son erreur. Roy se mit à genoux, tête basse. Il n'eut même pas le courage de poursuivre l'assassin, et entendait à peine les cris d'horreur des villageois. Il sentit deux mains se poser sur ses épaules.
" Riza ! Qu'est-ce que je vais faire maintenant ?" demanda-t-il.
" Je n'en ai aucune idée, mon chéri." répondit-elle.
Même si Riza l'appréciait en chat, elle n'était pas contre le fait qu'il redevienne comme avant. Or là, ça semblait impossible à présent que Torrello était mort.
