Disclaimer : une grande partie de ce qui suit appartient à Pratchett, Baudelaire et Thomas de Quincey pour le titre. Voui, ce n'est plus La Fontaine, mais je n'avais pas envie de mettre ce petit délire tout seul... (Mirliton sentimentale)

Le texte original est lisible ici, en enlevant les espaces :

www. site- magister. com/ spleen. htm

Rappel (pour ceux qui ne viennent pas de 'Et ils changèrent l'or en plomb'): le café klatchien, à peu près aussi liquide que l'Ankh (il vaut mieux avoir une cuillère très solide pour touiller), a de singulières propriétés. Il fait voir la réalité telle qu'elle est, l'idéal pour en finir rapidement avec une gueule de bois carabinée - et se mettre à hurler. Mais si le malheureux buveur en prend trop, il verra vraiment le monde dans toute sa... euh... splendeur (??) et risque fort d'en être traumatisé (certains préfèrent devenir fous). D'où la nécessité de bien doser le tout et, si besoin, de rééquilibrer le mélange avec quelques gorgées d'alcool.

Ce qui suit est le délire de Laidelalaire, shooté à ce curieux breuvage.

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Confessions d'un buveur de café

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Quand le couvercle lourd pèse comme un ciel bas
Sur la cafetière à l'étain dépoli,
Que montent les volutes, dans un entrelacs
Plus noir que les idées ressassées dans la nuit ;

Quand le filtre suinte ce terreau humide
D'où Sire Café, comme une chauve-souris,
S'échappe goutte à goutte, avec un bruit timide,
Et sonne tel un glas au fond du métal gris ;

Quand le breuvage se glisse dans mon gosier
Emprisonnant ma tête dans un grand étau,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de mon cerveau,

Le Réel tout à coup bondit avec furie
Et lance vers sa proie un affreux hurlement,
Mais j'ai beau résister et à cor et à cri,
Je ne peux plus que geindre lamentablement.

Ô buveur, amateur de ces tendres noirceurs,
Ne résiste jamais, laisse-toi emporter
Par le corbillard brun de l'atroce café :
En ton âme le Spleen s'installera, vainqueur.

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Et de toutes façons: vive le chocolat, à bas la dictature des machines à café!

(non, mais!)